Presses Universitaires du Septentrion

  • Pourquoi la santé, régulièrement qualifiée de « bien public mondial », demeure-t-elle un domaine où les inégalités internationales sont si profondes ? Analyser ce paradoxe constitue l'objectif de cet ouvrage. Au-delà des travaux polémiques ou techniques sur l'accès à la santé, cet essai s'attache d'abord à expliquer les fondements théoriques des biens publics mondiaux et leur application à la santé. Les faiblesses et contradictions de ces fondements théoriques débouchent sur l'ambiguïté de la notion de santé comme bien public mondial et remettent en cause la légitimité de l'agenda de la santé impulsé par les acteurs de l'aide au développement. L'analyse proposée ici se démarque également en étudiant la façon dont les normes internationales ont abouti à des programmes de santé, dits coopératifs, aux effets mitigés sur les terrains africains. Cet ouvrage participe alors aux débats sur le devenir de la santé comme objectif mondial. Il s'inscrit résolument dans une approche d'économie politique de la santé et du développement, étudiant les processus de production de la santé, traversés par des rapports de forces qui n'ont rien à voir avec un quelconque optimum technique. Les acteurs dominants - firmes, organisations internationales, think tanks - façonnent en effet les modes de pensée et les programmes. Ce livre s'adresse aux spécialistes de la santé et du développement mais également aux acteurs de terrain - ONG, professionnels de santé - et aux lecteurs intéressés par la santé comme enjeu de solidarité internationale.

  • Les transformations économiques et sociales d'une Chine devenue capitaliste suscitent des commentaires fascinés ou craintifs. Quand les uns soulignent l'enrichissement de la population, le pragmatisme des dirigeants, et la grandeur retrouvée du pays, les seconds insistent sur les risques d'instabilité sociale, l'autoritarisme, la corruption et l'ampleur des dégâts environnementaux. En cherchant à renouveler l'analyse du développement chinois et de ses conséquences, cet ouvrage collectif et pluridisciplinaire encourage le lecteur à se défaire d'une vision manichéenne des mutations en cours. Pour ce faire, la transition économique est analysée au prisme des transformations institutionnelles et juridiques des entreprises et du rapport salarial. Si l'abandon des anciennes structures socialistes et le développement du secteur privé ont permis d'atteindre des taux de croissance inégalés sur plus de trois décennies, ils ont également conduit à la déstabilisation du monde du travail, avec l'émergence de conflits et de revendications qui menacent la stabilité sociale. Tout l'enjeu est alors de savoir avec quels acteurs (États, organisations de travailleurs, entreprises multinationales, « société civile ») et à partir de quels compromis sociopolitiques peut se construire une régulation « à la chinoise » du capitalisme.

  • Envisager la mesure des performances sur le registre impératif de la métrologie, comme c'est de plus en plus le cas dans les économies contemporaines, n'a pas uniquement un effet « réducteur ». En opérant par les nombres, ce sont les formes même de la prescription politique et de la vie en société qui sont transformées. Ignorer les formes pluralistes de l'évaluation (notamment de l'évaluation des politiques publiques), revient à faire disparaitre des registres de l'efficacité ce qui faisait valoir l'intérêt général. Exit des mesures de la performance d'un État « prestataire de services » les dimensions civiques ou civiles d'accès aux services pour tous, de bien-être par le travail, de maintien et de consolidation des droits du public. Un État prestataire de service agit selon une modalité qui se caractérise par une injonction permanente à l'incitation au travail et à l'accroissement de son intensité ; par une représentation économiciste et non citoyenne de l'individu : par une injonction à l'évaluation des performances de ces homo oeconomicus ; et par la fin de la reconnaissance et de la garantie des valeurs républicaines à l'instar de celle de l'égalité et de la citoyenneté. Comment a-t-on pu en arriver là ? C'est ce que propose d'explorer cet ouvrage qui fournit aussi des pistes de réflexion pour sortir, transitoirement et définitivement, de la performance totale.

  • Les transformations organisationnelles qui accompagnent l'évolution du capitalisme depuis 30 ans donnent une place centrale à la communication. Celle-ci est généralement appréhendée dans une optique descriptive d'étude des organisations, ou comme dispositif au service de la performance. Il existe cependant une tradition de recherche qui l'aborde dans une perspective critique. C'est à cette orientation que cet ouvrage est consacré : Qu'est-ce qu'une recherche critique en communication des organisations ? Quelles catégories de la critique (aliénation, exploitation, domination...) sont convoquées ? Quels sont les fondements théoriques et épistémologiques d'une telle démarche ? Quelles sont les méthodes utilisées ? Sur quels objets portent les travaux ? Et quels en sont les enjeux ? Sur ces thèmes, cet ouvrage a le mérite de réunir pour la première fois, et de faire dialoguer entre eux, plus de trente chercheurs de pays et de disciplines différentes principalement en sciences de l'information et de la communication, sciences de gestion et sociologie. Les orientations de la critique y sont variées : de la critique épistémologique à la critique socio-politique, de la critique d'une organisation particulière à celle du capitalisme, de la nuance prudente à la radicalité « ouvrante »... Son ambition est d'être une référence ou un repère, d'encourager le débat sur une démarche plus que jamais nécessaire. Il intéressera un large public : chercheurs, enseignants et étudiants en particulier en gestion, SIC ou sociologie des organisations ; acteurs impliqués dans le fonctionnement des organisations (syndicalistes, DRH, communicants...).

  • Le monde contemporain doit affronter plusieurs défis majeurs : deux d'entre eux apparaissent particulièrement prégnants et pour certains contradictoires ; il s'agit, d'une part du développement des agro-ressources pour faire face aux besoins alimentaires d'une population mondiale de plus en plus nombreuse et aux besoins énergétiques également croissants, d'autre part de la nécessité de préserver des écosystèmes particulièrement fragilisés, du fait notamment des activités humaines de production intensive. Cet ouvrage collectif analyse ce dilemme et apporte des réponses positives. Après avoir situé les enjeux internationaux du management environnemental et des agro-ressources, sont analysés successivement les discours, outils et pratiques du management environnemental, la gestion des territoires agricoles et ruraux et les flux économiques dans une perspective de développement durable. Enfin, quelques applications industrielles des agro-ressources sont présentées, à l'exemple du pole de compétitivité IAR (Industrie et agro-ressources) Champagne-Picardie. L'ouvrage est en effet issu d'un « École doctorale internationale d'été » qui s'est tenue à Amiens et Paris, en juillet 2010, à l'initiative de l'université de Picardie Jules Verne, en partenariat avec l'université de Paris Dauphine et les réseaux scientifiques internationaux RIODD (Réseau international de recherche sur les organisations et le développement durable) et IFSAM (International Federation of Scholary Associations of Management) et avec l'appui de plusieurs institutions (Académie d'agriculture, Ministère français de l'enseignement supérieur MESR-DREIC, pôle de compétitivité IAR, Région Picardie)

  • La Responsabilité Sociale des Entreprises est une énigme : mode passagère relevant de la communication ou réelle inflexion dans la régulation du capitalisme ? L'ouvrage est conçu dans le double but d'analyser et d'éclairer ce phénomène, et rédigé d'une manière accessible au non spécialiste. Une trentaine de spécialistes de sciences sociales (droit, sociologie, économie, gestion, histoire, sciences politiques...) interrogent ces contours, sa dynamique et son potentiel régulatoire. Trois axes de lecture (théorique, empirique et socio-politique) permettent de rendre plus intelligible ce mouvement hybride (entre obligation légale et engagement volontaire) qui bouleverse actuellement le champ habituel de la négociation salariale et environnementale. Un apport décisif à la réflexion sur la régulation du capitalisme, en un temps où la nécessité de cette régulation n'a jamais paru plus patente, et sa complexité plus désarmante.

  • Tout le monde parle de la RSE mais qui sait vraiment à quoi renvoie ce phénomène ? Si chacun s'accorde sur le fait qu'il bouleverse le mode traditionnel de négociation sociale et de médiation publique, il n'existe en revanche aucune forme de consensus clair quant à ses contours et limites. Avancée pour les uns, recul pour les autres, phénomène intriguant pour tous, la RSE interpelle, mobilise, divise... sans que l'on dispose d'un minimum de référent commun concernant le sens, la nature, l'extension, le potentiel, le contenu de la « Responsabilité Sociale de l'Entreprise ». C'est ce vide que ce premier dictionnaire, critique, réflexif, pluridisciplinaire, vient combler. Ouvrage collectif constitué de contributions des spécialistes reconnus de cette question dans le champ des sciences sociales, il se présente comme un outil de référence pour les praticiens et les analystes de ce phénomène qui change la donne en matière de régulation sociale. Avec cet outil, la discussion peut commencer sur des bases communes.

  • Depuis 2007, la crise financière a bien évolué et a donné lieu à un nombre considérable d'analyses et de commentaires. Beaucoup de pays ont vu leur économie redémarrer, avec des hausses parfois spectaculaires des marchés financiers. On sait toutefois que le marasme économique se poursuit, notamment en Europe du Sud et de l'Est, malgré des politiques monétaires incitatives ; maints comportements étant restés les mêmes, le monde n'est pas à l'abri d'une nouvelle crise financière encore plus violente que la précédente. Il est donc central de s'intéresser aux politiques d'investissement, c'est-à-dire du financement des anticipations d'activités, tant du point de vue des entreprises et firmes, que des financeurs eux-mêmes à travers leurs stratégies de gestion de portefeuilles. Dans ce contexte, nous proposons une réflexion critique du paradigme soutenant le modèle théorique de la finance moderne. L'Investissement Socialement Responsable (ISR) n'est pas seulement l'expression de la politique de gestion d'un portefeuille mais bien la déclinaison opérationnelle de la politique de Responsabilité Sociale de l'Entreprise (RSE) qualifiant sa politique d'investissement non financière, reflet de la conception qu'elle a de sa responsabilité citoyenne, sociale.

  • Il est devenu courant de dénoncer les dérives de l'idéologie managériale. On constate néanmoins que leurs méfaits perdurent. Il reste encore à concevoir et développer une approche socialement responsable des sciences de gestion. Un tel défi nécessite de repenser des questions aussi centrales et variées que l'épistémologie des sciences de gestion, le rôle des instrumentations de gestion et des discours managériaux, l'interdisciplinarité et sa place dans la régulation d'une économie mondialisée génératrice d'inégalités croissantes. Un tel défi exige aussi d'interroger une pratique professionnelle dans laquelle l'encadrement de thèse constitue un enjeu majeur pour l'avenir de la recherche. À partir de la réflexion et de la posture incarnées par Julienne Brabet au travers de ses travaux et de sa pratique singulière de l'encadrement de la recherche, des spécialistes de comptabilité, de stratégie et de GRH plaident à leur tour pour des politiques et des pratiques de gestion au service des hommes et de la société, et pour une démarche scientifique et une vision du monde clairement affichées et assumées.

  • Mobilisant une variété de cadres théoriques issus des sciences sociales, les auteurs, membres de l'Association des Études Sociales de la Finance, font le point sur quinze années de recherches interdisciplinaires. Ils proposent une perspective critique des représentations portées par le paradigme dominant de la finance contemporaine, en les confrontant aux réalités financières. À travers une étude fine de ses instruments, du fonctionnement de ses intermédiaires financiers et de ses institutions, ils analysent la fabrique de la finance : la structuration des dispositifs bancaires et financiers, leur capacité à prescrire l'action et à la contrôler, les modes et les pratiques de régulation mis en oeuvre et, plus globalement, le processus de financiarisation. Ils s'adressent ainsi à toutes celles et tous ceux qui souhaitent mieux comprendre cet étrange et si puissant univers.

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