Presses de l'Université du Québec

  • Au moment où le médicament dépasse les frontières nationales et celles de la médecine thérapeutique, il est essentiel de s'interroger sur les nouveaux espaces sociaux dont il redéfinit les limites. Cet ouvrage présente les effets sociaux du médicament à partir du brouillage et du déplacement de trois de ces frontières, celles entre le normal et le pathologique, entre l'inclusion et l'exclusion sociale, entre la nature et la culture.

    L'extension du domaine pharmaceutique s'est réalisée de manière inédite à l'échelle planétaire par la diffusion des médicaments et des essais cliniques, mais aussi sur les plans plus quotidiens et individuels de la vie sociale : travail, relations sexuelles, réussites scolaires. L'élargissement de l'usage des médicaments et les usages non médicaux montrent aujourd'hui combien le médicament échappe au seul contrôle médical. Le terme « pharmaceuticalisation » désigne précisément la façon dont des moments de la vie deviennent des opportunités pour l'industrie pharmaceutique.

    Le médicament est toutefois, comme le montrent les contributions de cet ouvrage, plus complexe qu'un simple objet pharmaceutique. Il est plus particulièrement analysé dans ce livre comme un objet permettant de faire évoluer non seulement les frontières du normal et du pathologique, mais aussi celles de l'inclusion et de l'exclusion sociale, sans nécessairement passer par le pouvoir médical. L'évolution technologique de ces dernières années et les effets matériels du médicament invitent également à étudier comment celui-ci contribue à faire évoluer la frontière entre nature et culture. Les textes rassemblés dans cet ouvrage, issus de l'anthropologie, de l'histoire et de la sociologie, présentent ces nouvelles frontières du médicament comme objet social dans les sociétés du Nord ou du Sud, à partir de problèmes liés à la santé mentale, au tabagisme, au VIH ou au cholestérol.

  • La pratique du travail social en santé mentale s'est transformée et dépasse maintenant les frontières des organisations rattachées exclusivement à ce domaine. Les travailleurs sociaux sont quotidiennement en situation d'intervention auprès de personnes ayant des troubles mentaux, diagnostiqués ou non, et dont la gravité varie.

    Aujourd'hui, cette pratique se déploie principalement dans la communauté, à proximité des personnes atteintes et des familles qui les soutiennent. Elle allie différentes méthodes d'intervention et s'appuie sur des approches variées, avec comme ancrage transversal la perspective du rétablissement. La complexité et la richesse de cette discipline proviennent des multiples aspects devant être considérés dans un contexte d'intervention, soit la personne et ses vulnérabilités, de même que les environnements familiaux, groupaux, communautaires et collectifs, et leurs interactions.

    Cet ouvrage, qui s'adresse tant aux étudiants qu'aux intervenants des milieux institutionnels et communautaires, vise à fournir des repères pour bien apprendre, comprendre et s'engager dans ce champ d'action du travail social désormais multiforme.

    Christiane Bergeron-Leclerc est travailleuse sociale et professeure au Département des sciences humaines et sociales de l'Université du Québec à Chicoutimi. Ses recherches portent sur les processus et les pratiques d'inclusion sociale et de rétablissement des personnes ayant des troubles mentaux.

    Marie-Hélène Morin est travailleuse sociale et professeure au Département de psychosociologie et travail social de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR). Ses activités de recherche et de formation
    portent sur l'intervention familiale et les proches aidants dans le domaine de la santé mentale.

    Bernadette Dallaire est professeure titulaire à l'École de travail social et de criminologie de l'Université Laval. Elle combine des expertises en santé mentale et en gérontologie, et a étudié l'approche du
    rétablissement en santé mentale, de même que les interventions psychosociales et médicales auprès des jeunes en difficulté.

    Cécile Cormier est travailleuse sociale spécialisée en santé mentale et professeure au Département de psychosociologie et travail social de l'UQAR. Elle est aussi responsable de la formation pratique
    du campus de Lévis et membre du Collectif de recherche participative sur la pauvreté en milieu rural.

  • Le partage des espaces publics des grandes villes industrialisées avec les personnes en situation d'itinérance et de marginalité représente plusieurs défis autant pour les acteurs de la vie quotidienne que pour les intervenants sociaux et les responsables politiques. Ces défis sont en phase avec les enjeux contemporains associés non seulement aux transformations des normes de socialisation à la vie collective, mais aussi à celles du développement urbain des centres-villes. Compte tenu des tensions sociales et politiques générées par les effets des contextes de revitalisation urbaine, l'analyse des enjeux traversant les pratiques de partage de l'espace public avec les personnes en situation d'itinérance constitue un travail essentiel à l'identification de pistes d'intervention et d'actions pouvant améliorer la cohabitation.

    Cet ouvrage présente les résultats d'une étude de deux cas - celui de Montréal (Quartier des spectacles) et celui de Québec (Nouvo Saint-Roch) - sous l'angle d'analyse des logiques normatives guidant les pratiques de partage de l'espace public entre les acteurs concernés. Cette analyse repose sur trois modes d'investigation : 1) deux enquêtes qualitatives à Montréal et à Québec ; 2) une analyse des discours médiatiques visant à relever les imaginaires sociaux alimentant les représentations sociospatiales des acteurs sur les pratiques des personnes marginalisées dans les espaces publics ; 3) une analyse comparative des politiques publiques municipales de six villes canadiennes, dont Montréal et Québec. Enrichie d'une perspective historique, l'analyse transversale des résultats de ces modes d'investigation permet de dégager une synthèse des diverses logiques normatives guidant les pratiques de gestion des acteurs et propose une piste d'orientation de l'intervention sociale. Avant tout destiné aux gestionnaires municipaux, aux intervenants sociaux ainsi qu'aux étudiants, ce livre se veut une contribution interdisciplinaire aux réflexions entourant les enjeux de cohabitation urbaine, offrant aussi une grille d'analyse pouvant s'appliquer à d'autres contextes urbains.

    Michel Parazelli est professeur à l'École de travail social de l'Université du Québec à Montréal et membre du réseau interuniversitaire Villes Régions Monde (VRM). Il s'intéresse aux rapports espace- société, en particulier aux questions de cohabitation sociale dans l'espace public avec les personnes en situation de marginalité et d'analyse de pratiques communautaires visant l'autonomie des citoyens.

  • Ce livre vous convie à la découverte de la pensée singulière d'une intervenante dont la pratique en intervention collective s'est construite sur une période de plus de 45 ans, auprès de différentes communautés et populations marginalisées, tant en milieu urbain que rural. Cette pensée constitue l'héritage d'une vie avec ses révélations, ses défis, ses certitudes et ses doutes. L'auteure offre ainsi une synthèse de ce qu'elle a appris, compris, reçu, découvert, créé ou cocréé à travers sa pratique. Les éléments-clés de cette pratique sont rassemblés sous dix dimensions considérées comme fondamentales par l'auteure, pouvant ainsi servir de repères peu importe l'approche ou le modèle d'intervention privilégié sur le terrain.

    Alliant théorie, récits d'expérience et outils pédagogiques, ce livre intéressera toute personne qui intervient collectivement, que ce soit au sein d'organismes communautaires, en économie sociale et solidaire, en défense des droits sociaux, dans des projets communautaires alternatifs, dans des territoires dévitalisés ou dans le réseau de la santé et des services sociaux. Il inspirera celles et ceux qui s'engagent ou s'engageront dans le changement social dans une perspective d'action et de transformation fondée sur la justice sociale et la promotion du bien commun, venant ainsi combler leur désir d'humanité et actualiser leur solidarité avec les personnes qui portent lourdement le poids des inégalités et des iniquités sociales.

    Lorraine Gaudreau, Ph. D. en service social, est professeure au Département de psychosociologie et travail social de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR). Organisatrice communautaire de formation, elle a déployé sa pratique à travers un engagement dans les mouvements populaire, communautaire et coopératif, en économie sociale et solidaire, en solidarité internationale et en tant que consultante, entre autres, dans le secteur de la santé et des services sociaux. Ses projets de recherche s'actualisent, depuis 2013, au sein du Collectif de recherche participative sur la pauvreté en milieu rural de l'UQAR ayant comme mission de coproduire des connaissances au carrefour des pratiques sociales, de la ruralité et de la pauvreté en vue de contribuer au mieux-être des personnes et des collectivités rurales.

  • De nos jours, la notion de réseau occupe une place cruciale dans le système de santé québécois et dans les recherches sociales en santé. Il s'agit à la fois d'un mode d'organisation de services sanitaires et communautaires, d'une méthode d'investigation de ces services et d'une théorie plus générale d'appréhension du monde social.

    Le présent ouvrage fournit des exemples pratiques de la manière dont la notion de réseau est mobilisée, au Québec, pour mieux comprendre les processus à l'oeuvre dans le domaine de la santé. Pour ce faire, il rassemble des auteurs d'horizons disciplinaires variés. Sociologues, psychologues, anthropologues, chercheurs en travail social, en administration publique, spécialistes en évaluation de programme y présentent leur usage spécifique du concept de réseau comme méthode de recherche, inspiration théorique ou objet d'étude.

    L'ensemble de ces contributions offre ainsi le premier ouvrage francophone en la matière. Il sera utile aussi bien aux étudiants cherchant à se familiariser avec « l'approche réseau » qu'aux chercheurs plus expérimentés souhaitant se renseigner sur les recherches contemporaines dans ce domaine, aux professionnels de la santé, du travail social et du communautaire à l'affût de pistes d'innovations sociales, ainsi qu'aux citoyens s'interrogeant sur le monde de la santé aujourd'hui.

  • Dans les années 1970, l'anorexie et la boulimie ont fait une entrée fracassante dans l'espace public. Dès le départ, on leur suppose un fort ancrage social. Toutefois, les différentes disci-plines mobilisées autour de la question ne parviennent jamais vraiment à comprendre la teneur de la relation entre troubles alimentaires et société. Par l'examen d'une variété de discours scientifiques sur la dimension sociale de l'anorexie et de la boulimie, issus entre autres de la psychiatrie, de la psychologie, des gender studies et des neurosciences, l'auteure de cet ouvrage présente les diverses conceptions de l'individu et de son rapport à la société qui organisent cette littérature.

    L'un des principaux enjeux qui se présentent aujourd'hui consiste à penser ensemble les troubles alimentaires comme expérience intime et située ainsi que les traits dominants des sociétés contemporaines. Dans ce cadre, l'auteure se penche entre autres sur la relation entre le corps et la santé mentale pour dégager des pistes de réflexion qui pourraient permettre de lier l'intime et le social.

    Cet ouvrage intéressera les étudiants, les chercheurs et les intervenants. Il propose un état des savoirs sur la dimension sociale des troubles alimentaires, une analyse sociologique des représentations de l'individu et de la société imbriquées à ces discours et un examen des possibilités qu'offre l'intégration du corps vécu et ressenti à la sociologie de la santé mentale.

  • On assiste aujourd'hui à une prolifération, dans l'espace public, de récits personnels portant sur la sexualité, l'intimité et l'inclusion sociale. Ces récits abordent l'orientation sexuelle, l'expression de genre, la séropositivité au VIH, le travail du sexe, etc. Leurs thèmes sont tabous et les sujets parlant sont couverts d'opprobre, que ce soit à travers la criminalisation, la pathologisation ou la stigmatisation. Cependant, les histoires véhiculées participent à l'expansion d'un discours sur la justice sociale, lequel s'inscrit dans le sillage des différentes formes d'intervention et d'action sociales menées par des groupes minoritaires. Au-delà des individus et à travers le récit au « je » s'exprime une parole collective qui porte non seulement des identités et des valeurs singulières, mais aussi des manoeuvres politiques et une volonté de changement. Émergent des « cultures du témoignage » qui impliquent les témoins, les personnes qui sollicitent les témoignages, celles qui les consomment et l'environnement social et médiatique dans lequel ces récits prennent effet.

    Le présent collectif réunit des textes mobilisant des savoirs scientifiques et des expériences du terrain ainsi que des extraits d'entrevues menées avec des personnes ayant témoigné publiquement de leur vécu dans les communautés sexuelles et de genres au Québec. Les auteur.e.s, issu.e.s de milieux variés, exposent les jalons théoriques et méthodologiques du témoignage sexuel et intime comme ceux d'un important levier de changement social.

  • Dans quels contextes se manifestent les violences dans la vie des enfants et des adolescents ? Comment ces jeunes définissent-ils eux-mêmes leur expérience de ces violences ? Le développement des recherches et des interventions témoigne-t-il d'une reconnaissance de ces jeunes comme des acteurs sociaux importants ? Nos façons de définir et de mesurer les violences sont-elles adéquates ? Y a-t-il lieu de revoir les fondements théoriques et méthodologiques de notre étude de ce phénomène ? Les politiques sociales et les programmes d'intervention sont-ils adaptés aux besoins des jeunes victimes de violences ?

    De tels questionnements, qui émanent de la multiplication des écrits sur les violences dans la vie des enfants et des adolescents des dernières décennies, sont cruciaux et constituent l'essence du présent ouvrage. L'analyse qui en est faite se veut entière ; elle cherche à inclure plusieurs formes de violences vécues dans différentes sphères de vie des jeunes et elle désire interpeller les divers acteurs en sciences humaines et sociales qui s'intéressent à la question. Ce livre - qui offre un espace de réflexion critique par l'analyse de certains enjeux théoriques, méthodologiques ou sociaux eu égard aux connaissances et aux pratiques actuelles dans le domaine - s'adresse donc autant aux chercheurs et aux étudiants qu'aux praticiens, aux gestionnaires ou aux politiciens.

  • La valorisation des savoirs expérientiels, la coproduction et l'évaluation des effets sont des concepts de plus en plus présents dans les réflexions touchant l'intervention médicale ou psychosociale. Ces notions forment un nouveau paradigme : rattachées à des approches générales comme la personnalisation ou à des méthodes de travail comme le patient partenaire ou l'éducation thérapeutique, elles favorisent les partenariats et les échanges entre la recherche, la clinique, les utilisateurs de services et l'enseignement.

    Le présent ouvrage est né des Rencontres scientifiques universitaires Montpellier- Sherbrooke, tenues en juin 2015, pendant lesquelles chercheurs, gestionnaires, intervenants et bénéficiaires se sont réunis pour réfléchir et débattre sur le thème de la participation et de l'engagement des usagers dans leur propre expérience d'intervention médicale ou psychosociale. Il met en perspective des pratiques, des recherches, des projets et des expériences issus du champ de la santé et de celui des services sociaux, tant en France qu'au Québec. Il saura intéresser les praticiens, chercheurs, étudiants et gestionnaires de ces deux domaines d'intervention.

  • La violence sexuelle est un grave problème de santé publique qui touche chaque année des millions de personnes dans le monde. Elle est due à de nombreux facteurs, se manifestant dans des situations sociales, psychologiques, culturelles et économiques très variées. La violence sexuelle a de profondes répercussions sur le bien-être physique, émotionnel, mental et social des victimes, en plus de générer un grand coût pour la société.

    Le présent ouvrage, rédigé par une trentaine de chercheurs et d'intervenants issus de disciplines diverses, propose plusieurs approches pour la compréhension du phénomène et une critique réflexive pour l'affronter. Les auteurs définissent les violences sexuelles, analysent leurs nombreuses facettes - médiatisation, prise en charge par les centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, typologie et fonctionnement psychorelationnel des agresseurs, spécificités dans la relation conjugale, complexité dans les communautés autochtones, présence sur les campus, traitement judiciaire et rôle du corps policier - et décrivent différents types d'intervention.

    Adressé aux chercheurs, aux étudiants et aux intervenants, ce livre montre que les vio­­lences sexuelles désignent une réalité complexe qui résulte d'un ensemble de problématiques et qui nécessite une approche pluridisciplinaire.

  • Un discours institutionnalisé sur la maternité prédomine dans notre société et dicte ce qui fait d'une femme une « bonne » mère. Les auteurs de cet ouvrage résistent à ce discours en présentant l'expérience de la maternité sous ses multiples visages, y compris ceux en contexte d'itinérance, de toxicomanie, de violence et de pauvreté.

  • Véritable traité de gérontologie sociale, il s'agit du premier manuel francophone traitant des différents aspects sociaux des vieillissements. Il porte le projet d'une société plurielle et inclusive, d'une société pour tous les âges où il fait bon vieillir._x000D_

  • La question du travail du sexe fait toujours, aujourd'hui, l'objet de polémiques où le moralisme et les bons sentiments prévalent sur la discussion ouverte. La traite des femmes pour fins de « prostitution » et leur vulnérabilité physique face à la violence et à l'homicide débouchent souvent sur des demandes de répression accrue, et ce sont les travailleuses du sexe qui font les frais de ces discours prohibitionnistes et moralisateurs. Soucieux de véhiculer auprès d'un large public une vision différente de la « prostitution » dans le respect des travailleuses du sexe et de remettre en question les bases du message néo-abolitionniste qui présente ces dernières essentiellement comme des victimes de souteneurs ou de leur fausse conscience, cinq spécialistes ont entrepris la rédaction collective d'un livre pour démystifier plusieurs préjugés liés au travail du sexe. Sont abordés dans ce livre original les fondements du débat actuel de la « prostitution » comme travail, les différentes réponses des régimes juridiques, la variété de pratiques et d'expertises mises en oeuvre par les femmes elles-mêmes, incluant celles des migrantes illégales, et l'action collective des regroupements qui luttent pour une reconnaissance du travail du sexe. Mais oui c'est un travail ! invite donc à déconstruire certains mythes et stéréotypes, et à étayer la preuve à l'effet qu'il est non seulement possible de défendre la légitimité du travail du sexe tout en luttant contre la violence, mais que cela est nécessaire.

  • Le propos du présent ouvrage s'inscrit dans un champ de recherche aujourd'hui largement étayé qui met de l'avant le cercle vertueux de la valorisation des savoirs des usagers dans les différents axes d'intervention des politiques publiques. Nous assistons de ce fait à un vaste mouvement de remise en cause de la hiérarchie traditionnelle des savoirs qui tend à valoriser, c'est-à-dire à reconnaître, la plus-value de la prise en compte de l'expérience des citoyens « ordinaires » dans les processus de prise de décisions qui les affectent directement.

    À partir de témoignages de locataires, de résultats de recherches participatives menées dans des habitations à loyer modique (HLM) au Québec et de mises en perspective historiques et thématiques, ce livre met en évidence les savoirs d'usage basés sur l'expérience dont sont porteurs les résidents des HLM familles au Québec. Il montre les processus d'appren­tissage et de mobilisation de ces connaissances par les locataires et la manière dont elles sont valorisées par les institutions, en particulier les offices. Il veut faire comprendre comment la prise en compte de ces savoirs peut contribuer à l'amélioration des conditions de vie et au développement de la capacité d'agir des locataires dans le milieu HLM.

  • Au Québec, la formation pratique occupe une place centrale dans le parcours scolaire des étudiants en travail social. Elle se situe au coeur du processus d'intégration théorie-pratique et s'avère essentielle au développement de praticiens réflexifs, engagés et critiques. L'accompagnement en formation pratique est complexe, notamment au regard de ses enjeux - diversité des lieux de stage, nombre élevé d'acteurs impliqués, situation de vulnérabilité de certaines clientèles, etc. - et de ses défis.

    Comment accompagner les étudiants dans l'acquisition de compétences professionnelles et dans le processus de responsabilisation ? Comment les soutenir quand des enjeux personnels et professionnels émergent au contact de personnes, de familles, de groupes ou de communautés en situation de vulnérabilité ? Comment les aider à faire face aux défis que posent les conditions actuelles de la pratique ?

    Dirigé par un collectif d'enseignants et de chercheurs universitaires, le présent ouvrage s'inscrit dans une perspective andragogique et se veut une contribution à un champ de formation et de recherche en développement. Il propose des pistes de réflexion et des outils pour mieux accompagner les étudiants, et ses propos, appuyés par des témoignages pédagogiques et cliniques, révèlent une vision originale de la formation pratique en travail social - à partir du sens que lui accordent ses principaux acteurs. Ce livre saura intéresser l'ensemble des personnes impliquées dans la formation pratique en travail social : étudiants, enseignants, superviseurs et professionnels des milieux d'enseignement et d'intervention.

  • Qu'est-ce qu'une institution aujourd'hui ? Les conceptions théoriques de l'institution sont aussi variées que les représentations mobilisées par les intervenants sociaux dans le feu de l'action. Le mur fermé est allié à la rue ouverte, la coercition à l'autonomie, l'encadrement à l'accompagnement, le tribunal au thérapeutique, l'hôpital à l'art, le médicament à la toxicomanie, la responsabilisation à la liberté. L'institution actuelle semble éventrée de sa substance normative qui se redistribue inégalement sur une série d'instances et de dispositifs intermédiaires qui intègrent autant des fonctions classiques (éduquer, contrôler, soigner, punir, etc.) que des stratégies novatrices (accompagner, autonomiser, responsabiliser, réduire les méfaits, etc.). Toutefois, ces nouvelles instances et dispositifs ne dessinent-ils pas les contours communs d'une individualité sociale qu'on veut soutenir et promouvoir ? Dans le présent ouvrage, théoriciens et intervenants du domaine social tentent de mettre en lumière, de comprendre et de problématiser le « nouvel esprit » de l'institution.

  • LE DÉVELOPPEMENT CONTEMPORAIN du champ d'analyse des problèmes sociaux se heurte à une difficulté récurrente : rendre compte de phénomènes qui mettent radicalement en tension les pratiques et les discours dominants, tels que la mort, la folie, l'excès, l'errance. Comment nommer et définir ce qui, a priori, est inclassable, innommable et ingouvernable ? Comment intervenir sur des problèmes aux contours flous, qui relèvent des domaines social, médical et pénal ? Comment décloisonner le silo des services ou conjuguer les expertises pour saisir des situations qui ne sont liées ni à l'un ni à l'autre de ces domaines de pratique ?

    C'est pour prendre à bras-le-corps ces figures innommables, inclassables et ingouvernables qu'ont été conviés à contribuer au présent ouvrage des auteurs en sciences sociales (sociologie, travail social, anthropologie) et spécialistes d'objets de recherche variés (itinérance, toxicomanie, santé mentale, soins palliatifs, mouvements sociaux, aide à l'enfance et à la famille). En analysant de front ce qui échappe aux théories et résiste aux pratiques dominantes, ils attirent l'attention sur le caractère problématique du vivre-ensemble au sein duquel « l'autre », sous ses diverses failles et vulnérabilités, se débat contre les frontières normatives du social.

    Ce livre s'adresse aux chercheurs en sciences sociales et aux divers acteurs de la pratique oeuvrant dans le domaine des problèmes sociaux.

  • De façon plus marquée que d'autres groupes d'Amérique du Nord, la société québécoise exprime sa solidarité par l'entremise d'organismes communautaires, de coopératives, d'associations syndicales et d'initiatives collectives visant l'intérêt général. Elle se distingue également par la pratique de l'intervention collective, une profession ayant soutenu l'action citoyenne et le développement des services publics depuis les années 1960. Le présent ouvrage propose de suivre l'itinéraire de cette profession à partir de trois enquêtes, menées en 1988, en 2003 et en 2015. Il en résulte un essai original sur un métier atypique, qui se situe entre diversité et convergence - bien qu'il touche une variété de secteurs -, entre transformation et continuité. Les dynamiques d'influence et les enjeux analysés par les auteurs concernent non seulement l'intervention collective, mais également l'action communautaire et le développement des collectivités. Ce livre intéressera les personnes concernées par la mise en place de conditions favorables à la mobilisation et à la participation citoyennes, qu'elles soient dans le métier, aux études ou à la direction d'organisations de santé et de services sociaux ou de relèvement économique et social.

  • Le présent ouvrage aborde la violence familiale et conjugale en milieu autochtone dans ses dimensions systémique et historique, essentielles à la compréhension de ce phénomène si étroitement lié aux effets dévastateurs de la colonisation et des politiques assimilatrices réservées aux Autochtones du Canada. La désorganisation des structures familiales traditionnelles, les multiples traumatismes - notamment ceux engendrés par le régime des pensionnats - et le cumul de problèmes socioéconomiques illustrent la complexité du contexte dans lequel cette violence s'inscrit et se reproduit, tant dans les communautés autochtones qu'en milieu urbain.

    Structuré autour de 33 témoignages d'hommes des Premières Nations et inuits, cet ouvrage est novateur en matière d'études sur la violence conjugale au Québec - dont le point de vue masculin, fondamental, est en quelque sorte l'«angle mort». Dans des entretiens d'une rare authenticité, ces hommes se livrent en toute humilité. Ils dévoilent à la fois d'immenses souffrances et des aspects peu glorieux de leur vie. En dépit de la dure réalité qu'ils décrivent, leurs propos nous aident à mieux comprendre comment les séquelles du passé continuent d'affecter la vie de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants autochtones. Surtout, cette libération de la parole se double d'une volonté réelle d'aller de l'avant et de retrouver la confiance et l'harmonie au sein de leur couple, de leur famille et de leur communauté. C'est cet espoir que révèlent cinq parcours inspirants d'hommes qui, tout en surmontant la honte et la culpabilité, ont entamé un processus de guérison qui leur a permis de rompre avec la violence.

  • Les pratiques de recherche et d'intervention dans le champ des sciences sociales sont assujetties à des changements structuraux et sociohistoriques majeurs dans nos sociétés. Des développements théoriques et méthodologiques issus, entre autres, de la psychologie sociale, de la sociologie et de l'anthropologie ont défini une approche clinique du social. Les pratiques qui en découlent peuvent être associées à des formes de résistance, voire à des réponses aux orientations et aux institutions sociales dominantes. Ce qui caractérise cette nouvelle approche est le travail de proximité avec les personnes et les groupes, la réponse à leur demande sociale et l'implication des intervenants.

    Le présent ouvrage, qui présente les contributions de nombreux collaborateurs du Québec et d'ailleurs, témoigne de la vivacité et de la nécessité de la clinique en sciences sociales. Sont ainsi explorés les fondements théoriques et méthodologiques de la posture clinique, les pratiques d'intervention sociales éclairées - en particulier par des contributions brésiliennes - et les pratiques innovantes d'une recherche clinique du travail et des organisations.

  • En examinant l'impact des politiques sociales et l'évolution du marché du travail, les auteurs évaluent les pratiques professionnelles d'intervention ainsi que les enjeux suscités par les notions d'intégration et d'insertion des chômeurs, des assistés sociaux, des jeunes de la rue, des toxicomanes et des ex-détenus.

  • Comment le travail social est-il modulé par les nouveaux mots d'ordre de la nouvelle gestion publique : responsabilisation, performance et rentabilité ? Cet ouvrage rend compte de la modification des politiques et des cadres de l'intervention sociale, mais aussi des mutations des pratiques des travailleurs sociaux ainsi que des effets sur la formation et sur l'identité professionnelle.

  • Le présent ouvrage offre un portrait contrasté et critique de l'offre de services en santé mentale au Québec en s'appuyant sur les données d'une recherche ethnographique portant sur l'expérience des personnes qui utilisent ces services. Afin de découvrir la manière dont l'identité du patient se transforme à travers le parcours de soins, l'auteure de ce livre a développé un cadre conceptuel (liant les théories « goffmanienne » et « foucaldienne ») lui permettant de comprendre comment les discours dominants et l'organisation concrète des services agissent sur l'expérience des sujets de sa recherche.

    L'étude présentée ici montre que l'offre de services en santé mentale et connexes engendre chez les usagers des enjeux identitaires - qui passent par des contraintes structurelles qui occasionnent une transformation du rapport à soi, à l'autre et à la société. Ces contraintes résultent de relations de pouvoir sous-jacentes à l'organisation des services et se situant à l'extérieur de la vie quotidienne des usagers. Un continuum identitaire se développe au fil du parcours, aboutissant, à son extrême, à une identité « docile » qui correspond aux besoins de fonctionnalité de la structure et qui contribue au maintien de relations de pouvoir asymétriques, au détriment du mieux-être des personnes psychiatrisées. Celles-ci demeurent donc dans un état de marginalité institué.

    Cet ouvrage se veut un outil de dénonciation des modalités de traitements destinés aux individus dont l'état mental est jugé déviant. Il s'adresse à tout lecteur concerné, qu'il le soit par sa fonction professionnelle ou par son statut d'aidant ou de pair, ou parce qu'il est lui-même psychiatrisé. L'auteure propose, entre autres vecteurs de changement, la réactualisation des approches d'intervention visant la conscientisation critique des personnes psychiatrisées, afin que ces dernières puissent contrer la modulation de soi engendrée par le dispositif de services en santé mentale et se réapproprier les dimensions multiples de leur pouvoir d'agir.

    Katharine Larose-Hébert est titulaire d'une maîtrise et d'un doctorat en travail social de l'Université d'Ottawa. Depuis 2016, elle est professeure adjointe à l'École de travail social et de criminologie de l'Université Laval. Ses recherches portent sur l'offre de services et les pratiques d'intervention en santé mentale et auprès des populations marginalisées ainsi que sur les acteurs, les processus et les pratiques de judiciarisation et de déjudiciarisation de ces populations.

  • LE PRÉSENT OUVRAGE A POUR OBJET L'ENGAGEMENT DES JEUNES DITS « EN DIFFICULTÉ » : jeunes de la rue, en « sortie de rue », en parcours de réinsertion, placés en centres jeunesse, en quête identitaire ou fréquentant des organismes communautaires.

    Si on observe une modification des référentiels d'action publique concernant la jeunesse, le type d'engagement considéré lors des prises de décisions est souvent limité au domaine socioculturel, angle qui exclut la relève des décisions touchant les secteurs clés de l'insertion sociale. Du côté de l'expérience d'engagement, la tendance consiste à souligner l'apathie des jeunes, qui s'explique par leur faible participation électorale, maintenant largement documentée. Or, nombre d'actions collectives correspondent à des mobilisations organisées, notamment grâce au rôle fondamental joué par les organismes communautaires et les intervenants dans la mise en action de la jeunesse.

    Des travaux récents ont montré combien les jeunes s'engageaient autrement, dans des domaines aussi variés que possible. C'est notamment le cas des trois projets de recherche à l'origine de cet ouvrage. Rédigé par autant de chercheuses investies depuis plusieurs années dans ces champs d'étude, ce livre a pour but de mieux comprendre les contours et les processus particuliers de l'engagement des jeunes en difficulté. Au-delà de son utilité en matière de réflexions théoriques, méthodologiques et empiriques, cette mise en commun se veut également une véritable prise de position épistémologique qui consiste à replacer le discours de la jeunesse au centre de l'objet de recherche.

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