Presses de la Renaissance (réédition numérique FeniXX)

  • Fanfan et Petite-Fleur, inséparables frère et soeur. Leur enfance est un monde à part, magique et fragile comme une bulle de savon. Pour les consoler du deuil de la Babouchka, grand-mère tant aimée, la mère leur a raconté : Aux grandes marées, ceux qui n'ont pas oublié ceux qu'ils ont aimés, sont appelés par les sirènes. Cette nuit, Grand-Père est venu chercher Grand-Mère pour l'épouser pour l'éternité. Je te protégerai toujours, a dit Fanfan. On se quittera jamais, a promis Petite-Fleur. Un soir, tout bascule. Petite-Fleur rentre en retard. Chargé de la punir, Fanfan obéit et surtout il rit. Le coeur brisé, Petite-Fleur se sent étrangement vide et seule. Rejoindre sa Babouchka au pays des sirènes devient son but. Comment résister à l'appel des sirènes ? Dans la solitude, quel mât assez solide peut nous retenir à la vie ?

  • Placé sous l'invocation d'Éros, le livre de Jacques Mazel nous initie, à travers une galerie de personnages empruntés à l'Histoire et à la mythologie (Aspasie, Socrate, Épicure, Aphrodite...), à toutes les formes de l'amour pratiquées dans la Grèce antique. Il en dévoile les rites et les secrets, depuis la couche conjugale, dominée par l'épouse - avant tout mère des enfants et gardienne du foyer - jusqu'au monde de la prostitution, du lupanar sordide, au luxe effréné des grandes courtisanes. Mais c'est sur la palestre, ou au cours du banquet, haut lieu de la convivialité chez les Grecs, que l'homme atteint peut-être l'absolu de la volupté. Pleinement et librement vécu, l'amour pédérastique suscite cet échange d'un genre unique entre l'homme mûr et le jeune garçon, où s'exprime l'essence d'une civilisation. Toujours attentif à l'exactitude archéologique, et cela dans les moindres détails, l'auteur ne sacrifie pas pour autant l'art du récit. Cette fresque de l'amour en Grèce nous est restituée à travers une écriture élégante et sensible.

  • Comme chaque année, Lucile Séverac passe ses vacances dans la propriété de sa belle-famille. L'été, ici, est moite, oppressant, l'ordre des choses immuable, à peine ponctué par l'espoir, toujours déçu, de l'orage. Égarée dans cette vie de bourgeoise aisée, Lucile arrache au temps des bribes de vertige, vaines tentatives de reprendre possession d'elle-même. En un seul et bref été, elle recompose un monde, dont elle avait perdu la vérité, et se l'approprie par la grâce de Lorenzo, l'adolescent, dont la beauté viole son regard assoupi. Hallucinée dans son désir, Lucile Séverac fait le choix du plus fou des actes d'amour. La nuit fauve est le roman d'une passion, d'un assouvissement absolu, au-delà des limites où l'on peut encore continuer à vivre.

  • Victime de la terreur d'État orchestrée par le régime communiste de Pékin, le peuple tibétain, bouddhiste et non-violent est, depuis un demi-siècle, plongé dans l'horreur. Monastères rasés, transferts de population, répression sanglante, désastre écologique : dans l'indifférence des nations, la Chine étrangle le Toit du Monde et bafoue les droits de ses habitants. La civilisation tibétaine est en danger de mort. En 1959, le Dalaï-Lama dut fuir vers l'Inde. À Dharamsala, où il établit son gouvernement en exil, un combat s'est engagé, par l'éducation et la transmission de la culture, contre cette mort programmée. Le chef spirituel et temporel du Tibet n'a jamais pu retourner dans son pays. Cependant, celui pour qui le seul vrai garant de la paix est en soi, ne cesse d'adresser au monde un message de tolérance et de compassion. Menée à partir de rencontres avec le Dalaï-Lama, son entourage et des réfugiés tibétains, cette enquête mêle de bouleversants témoignages à la réflexion historique et philosophique. Ces paroles d'hommes et de femmes, révèlent que la puissance de l'esprit est une forme essentielle de résistance à la barbarie. Enrichi de nombreuses photos inédites, ce document sans concession, pose la question cruciale de l'avenir du peuple tibétain, et lance un appel au monde occidental. Au risque d'ébranler nos consciences tranquilles. les auteurs s'interrogent sur le double langage en matière de droits de l'homme en Chine et au Tibet, Un plaidoyer à lire de toute urgence !

  • Dans le débat sur l'euthanasie, la passion l'emporte souvent sur la réflexion. Donner la mort, ou se donner la mort : voilà des actes qui sont loin d'être anodins. Le développement technologique des soins intensifs, place aujourd'hui le médecin devant la possibilité, sinon l'obligation, de gérer la vie finissante. Au-delà des difficultés issues de cette situation nouvelle, le terme même d'euthanasie est lourd d'ambiguïtés. S'il désigne, communément, les procédés destinés à rendre la mort plus douce, diverses pratiques s'en inspirent, qui peuvent être radicalement opposées d'un point de vue éthique. Geste de liberté individuelle, suicide, meurtre ou délivrance : la violence des arguments fait écho à celle de l'enjeu. Pour tenter d'y voir clair, une vingtaine de spécialistes d'horizons divers - médecins, psychologues, juristes, infirmières, psychiatres et représentants des religions - ont constitué, pendant plusieurs années, un groupe de travail collectif. Confrontant leurs convictions et leurs approches, parfois éloignées, souvent complémentaires, dans une volonté de dépassionner le débat, ils ont construit une réflexion approfondie sur la fin de vie, les soins palliatifs et l'accompagnement des mourants. Original et accessible à tous, cet ouvrage propose, face au désarroi des soignants et à la détresse des familles, une vision apaisée de la fin de vie, qui s'appuie sur la dignité de chaque personne.

  • Dans la ville grise, couturée de chantiers, rôdent des bandes de chiens fous. Leur instinct les pousse à attaquer, de préférence, ceux-là même - passants égarés, mendiants de tous ordres - que leur solitude, leur innocence aussi, exposent à la sauvagerie de la horde. Ainsi en est-il de Thomas. Peintre raté, Thomas a décidé de représenter, sur une palissade de chantier, le Jardin des Délices de Jérôme Bosch, cette célébration païenne, colorée et joyeuse de la vie. Les événements le forcent à s'interrompre et à fuir... Dans ce qui devient une véritable descente aux Enfers, Thomas, cependant, n'est pas seul : une jeune Algérienne de dix-sept ans, Malika, l'accompagne, partagée entre cette folie qui l'emporte elle aussi, et la volonté de ne pas s'en laisser conter. Dans ce décor de cauchemar, où les chiens figureraient l'Esprit du mal, dans cette ville inhabitable, incompréhensible, surgit un enfant, Typhus. Lui veut sauver ce qui peut l'être des palissades, avant leur démolition. C'est d'ailleurs avec son regard, que l'auteur nous incite à voir dans le dénouement, tout autant que la promesse de l'aube, la fin d'un sortilège. D'une écriture tendue, dense et obsédante, ce roman singulier révèle un véritable écrivain.

  • Généticien réputé, Giovanni Collodi est un homme austère, comme cette Italie du sud dont il est originaire. Après des études à Rome et à Berkeley, il est nommé à l'Institut Pasteur, à Paris, où il rencontre Hélène, qui mène avec passion une vie partagée entre la recherche et le piano... Profondément amoureux, ces deux êtres vont s'installer en Provence. Mais, absorbés par leurs recherches, ils voient leur désir d'enfant brisé net par le cancer qui emporte prématurément la jeune femme. Désespéré, Giovanni, l'homme d'une seule femme, n'en renonce pas pour autant à leur projet. Un enfant ? Après tout, il sait en faire, dans son laboratoire... Mais son désir se heurte à son sens moral. À qui confier ses doutes et ses interrogations ? Au moment de transgresser et de créer un Pinocchio moderne, Giovanni, en proie à la plus vive inquiétude, se tourne vers les figures mythiques des origines de la vie : Prométhée, Narcisse, Pygmalion... Quelques mois plus tard, naît Clara...

  • Dans la communauté charismatique de Gethsémani, la vie s'écoule paisiblement, entre prières et visites de prisonniers, quand survient David. Ancienne figure médiatique d'un mouvement étudiant, celui qu'on appelait le roi David, a choisi de donner un sens nouveau à sa vie. Pour obtenir d'être admis dans la communauté, il fait voeu de silence. Peu de temps après, des policiers viennent arrêter le novice. On l'interroge sur ses relations avec Sélim, terroriste algérien recherché pour des attentats commis sur le territoire français. David se tait, muré dans son silence. Soupçonné de collusion avec un réseau islamiste, pris au piège de son mutisme, David emporte avec lui, dans la tourmente, les membres de sa communauté. Mais quels sont les vrais motifs de son silence ? David cherche-t-il à respecter un voeu ? Ou bien n'est-ce qu'un prétexte pour cacher de terribles faits ? Quel est ce secret que David refuse de trahir, et au nom duquel il risque l'emprisonnement ? Au-delà de ces questions, se profile celle des liens entre islam et christianisme. Car, tout au fond de ce silence, réside l'énigme Sélim, alias Malik. David et Malik : une amitié jusqu'à la mort. Ou la prison... Fidélité et trahison, intégrisme et martyre, conversion et vocation se mêlent, s'opposent et se bousculent. De manifestations étudiantes en vagues d'attentats, ce thriller spirituel confronte les exigences de la foi, aux tragiques réalités contemporaines.

  • À l'instar de ses célèbres parents, Pierre et Marie Curie, Irène Joliot-Curie a mené son combat personnel avec un talent prodigieux et curieusement méconnu. À dix-sept ans, elle est sur le Front pour radiographier les blessés de la guerre de 1914. Décorée de la médaille militaire en 1918, elle commence sa carrière de chercheur à l'Institut du radium, où elle rencontre Frédéric Joliot, qu'elle épouse quelque temps plus tard. Ensemble, ils découvrent la radioactivité artificielle qui leur vaut un prix Nobel en 1935, mais c'est Irène, seule, qui est à l'origine de la découverte de la fission, premier pas vers la puissance nucléaire et la bombe atomique. Reconnue comme une des leurs par des personnalités de la taille d'Einstein ou de Perrin, première femme ministre en 1936, défendant la cause des femmes et la paix (mais désapprouvant Munich), Irène Joliot-Curie sera de tous les combats contre le fascisme, les injustices sociales, la lâcheté et la bêtise... Une vie riche et forte, une époque passionnante, que ressuscite Noëlle Loriot, en s'appuyant sur de nombreux témoignages et une documentation approfondie.

  • À l'instar de ses célèbres parents, Pierre et Marie Curie, Irène Joliot-Curie a mené son combat personnel avec un talent prodigieux et curieusement méconnu. À dix-sept ans, elle est sur le Front pour radiographier les blessés de la guerre de 1914. Décorée de la médaille militaire en 1918, elle commence sa carrière de chercheur à l'Institut du radium, où elle rencontre Frédéric Joliot, qu'elle épouse quelque temps plus tard. Ensemble, ils découvrent la radioactivité artificielle qui leur vaut un prix Nobel en 1935, mais c'est Irène, seule, qui est à l'origine de la découverte de la fission, premier pas vers la puissance nucléaire et la bombe atomique. Reconnue comme une des leurs par des personnalités de la taille d'Einstein ou de Perrin, première femme ministre en 1936, défendant la cause des femmes et la paix (mais désapprouvant Munich), Irène Joliot-Curie sera de tous les combats contre le fascisme, les injustices sociales, la lâcheté et la bêtise... Une vie riche et forte, une époque passionnante, que ressuscite Noëlle Loriot, en s'appuyant sur de nombreux témoignages et une documentation approfondie.

  • Lassés d'une guerre absurde, façon picrocholine, et de l'hypocrisie régnant dans leur petit village, quatre jeunes gens partent pour la capitale, à la recherche d'un destin. Zélie, Décembre, Ernest et le narrateur, tenteront de s'y découvrir par des moyens aussi différents que la médecine banale, la prostitution inspirée, la théologie appliquée, ou la poésie académique... Mais arrêtons-nous là, car un roman comme Le couteau court de Décembre n'est pas de ceux qui supportent d'être réduits à un résumé. Il faudrait, plutôt, parler de virtuosité stylistique, d'humour décapant, d'érudition même. Dans cette fable philosophique, ou ce conte surréaliste, comme on voudra, il s'agit, d'abord, de se fier à l'ironie qui, sous un propos d'apparence primesautière, titille de manière ravageuse certaines des préoccupations les plus aiguës de notre temps.

  • Imaginez que Louis XVI soit mort d'une chute de cheval, survenue le 3 juillet 1789, lors d'une partie de chasse, au lieu d'avoir été guillotiné le 21 janvier 1793. Eh bien, l'Histoire de France, et même la face du monde, en eussent été changées ! À commencer par la suppression - ni plus ni moins - de la Révolution française ! Bernard Quilliet, historien et romancier, s'est donc amusé à reconstruire une Histoire de France, selon un scénario parfaitement vraisemblable, qui nous mène jusqu'à l'élection de Mitterrand en 1981, mais avec bien des changements, cocasses et inattendus, par rapport à l'histoire officielle. Le livre qui en découle, est d'une drôlerie rare. Rendez-vous compte : Robespierre devenu saint et docteur de l'Église, Napoléon passé aux oubliettes, Victor Hugo pas même conçu puisque, faute de guerre de Vendée, son père ne put rencontrer Sophie Trébuchet !... Quant à Hitler, il devient un peintre français contemporain de Picasso, et la France, le pays qui a récolté le plus de médailles d'or aux Jeux olympiques. Si l'on ajoute que la langue française se retrouve langue universelle, à la place de l'anglais, et que les trois premiers hommes à marcher sur la Lune s'appellent Dupont, Durand, Dubois, voilà de quoi faire rêver et s'interroger. Au-delà du gag, s'impose une réflexion sur la manière de faire, défaire et contrefaire l'Histoire.

  • Des centaines de milliers de femmes vivent, actuellement, avec un homme qui est déjà un papa. C'est un véritable phénomène de société. Hier, ces femmes auraient épousé des veufs ; aujourd'hui, elles épousent des divorcés. Cela change tout : la maman des enfants, qui est aussi la première épouse du père, existe encore et sa place n est pas à prendre... Envers les enfants de son compagnon, comment les deuxièmes épouses doivent-elles se définir : marâtres, belles-mères, secondes mamans, copines... ou, tout bonnement, femmes de papa ? Le propos de ce livre est d'énoncer, à voix haute, les problèmes communs à toute cette nouvelle génération de belles-mères, qui n'a encore ni modèle (hormis la marâtre de Cendrillon), ni mot exact pour se présenter... On parle de famille reconstituée, mais quel rôle la belle-mère moderne doit-elle y jouer ? Le temps d'un week-end (cas le plus répandu), ou tous les jours de la semaine, comment établir un modus vivendi agréable, et une relation affective réelle avec l'enfant du père ? Quels sont les droits, les devoirs... et les désirs profonds de nos nouvelles marâtres ? Cet ouvrage est une enquête, où tous les membres du cercle familial tentent de répondre à ces questions : s'y expriment les belles-mères concernées, les papas, les beaux-enfants... et les vraies mamans. Chacun témoigne ici de son expérience, livre sa pensée et le fond de son coeur. Quel que soit le point de vue, le constat est le même : on élabore, ensemble, une nouvelle cuisine familiale.

  • Lorsque Jeanne, après vingt ans de vie citadine, revient au village de son enfance, les habitants veulent voir en elle l'héritière de sa mère, qui fut une guérisseuse réputée dans cette province conservatrice. À cette confrontation avec des souvenirs pesants et ambigus, s'ajoute l'énigme de Daniel. Avant de mourir, cet homme, qui fut son amant, lui a transmis un journal intime. Jour après jour, Jeanne cherche à déchiffrer le mystère enfoui au creux de ces pages brûlantes. La trame romanesque se tisse, au rythme d'une double quête d'identité, celle de Daniel, celle de Jeanne. Le jeu des personnages fait affleurer des parcelles d'un univers secret : Jeanne, Daniel, Ida, Paul, Anne-Marie, Louis, Belette, autant d'êtres différents, réunis un instant par le destin, mais au travers desquels s'énonce une tyrannie de la mémoire qui nous concerne tous. Meurtrie par le présent, prisonnière du passé, Jeanne réussira-t-elle à rompre cette emprise du temps sur sa vie ? De la réponse à cette question, dépendent sans doute son salut et sa survie...

  • Xavier Lacroix s'est fichu dans un beau guêpier ! Chargé de procéder au contrôle financier d'une caisse de retraite guadeloupéenne, ce cadre métropolitain découvre rapidement de graves irrégularités. D'importantes sommes d'argent ont été détournées. À quoi et à qui ont-elles servi ? Lacroix enquête. Et il soulève de jolis lièvres. Des histoires politiques, des règlements de compte, des embrouilles. Il se retrouve, malgré lui, au centre d'un gigantesque imbroglio. Pire, pour les maîtres de l'île, il devient désormais une cible. L'homme à abattre... Aventure et action, sensualité et violence : dans la nuit créole, tous les coups sont permis. Un récit à couper le souffle, où les rebondissements les plus imprévisibles se succèdent à un rythme d'enfer. Le roman d'un homme. Le roman d'une île.

  • Cette histoire folle commence dans un lit. Situation banale : un monsieur vient de faire l'amour à son épouse. Il entend alors une voix. Une voix réprobatrice, surgie du centre de lui-même. Mi-griffe, mi-miel... Une voix unique, inoubliable. La voix de Zob qui lui dit : Plus jamais celle-là ! Embêtant, lorsque celle-là est votre femme ! Dès le lendemain, le monsieur quitte la dame. En Zob s'incarne son destin. Tout cela ne peut que mal finir... La chronique humoristique vire à la tragédie grecque, empruntant, chemin faisant, les allées buissonnières de la comédie de moeurs, du conte moral indécent à la Diderot, du récit biblique légèrement monstrueux ou monstrueusement léger, comme on voudra, du roman érotique moderne, où l'on retrouve l'ironie d'un Philip Roth ou la verve d'un Miller... En un mot, Le Livre de Zob est tout simplement de la littérature.

  • Roman d'aventures et roman d'une vie, fresque historique et politique, Souvenirs de guerres mortes est aussi l'une de ces oeuvres ambitieuses qui, au-delà de l'intrigue, donnent à réfléchir sur le sens de notre destinée, en ce XXe siècle de folie destructrice. De la guerre de Quatorze, aux ultimes guérillas d'Amérique latine, Jossef - héros né dans un shtetl des confins russo-polonais, orphelin victime d'un pogrom - traverse une époque déchirée entre les espérances en un monde meilleur, et les tourments de la violence. Il s'engage dans l'Armée Rouge, déserte, émigre en France, où il rencontre le grand amour, et milite en faveur du Front populaire, avant de partir pour l'Espagne défendre Madrid et la République. Jossef, devenu Pablo pendant la guerre d'Espagne, est loin d'en avoir terminé avec son existence errante, et ses rêves idéalistes qui le mèneront jusqu'au fin fond des Amériques. Attentif à tous les drames, à toutes les souffrances dont il est témoin, il continue, envers et contre tout, à prendre parti, à s'engager sans calcul ni réserve, afin de demeurer d'abord fidèle à lui-même. Dans cette démarche, sans cesse répétée, et jusqu'au dernier souffle, il reste lucide et refuse le leurre d'une quelconque vérité. Parfois seulement, il se sent emporté par l'ivresse de l'action... En ce sens, Jossef, alias Pablo, incarne, à la manière de certains personnages de Malraux, l'ambiguïté héroïque du XXe siècle.

  • Quand sa mère eut disparu, Diego, un vague goût de culpabilité sur la langue, se retrouva seul maître de lui-même, adulte enfin et malheureux de l'être. Plein d'effroi devant l'existence, il considérait son écrasant héritage : une beauté fastueuse et la fortune inépuisable, amassée par son père austère et redouté. Dès les premières lignes, le malaise s'installe. Traumatisé par la mort d'une mère qui ne l'aimait pas, Diego devra, pour trouver le chemin de la vie, faire le détour par les abîmes. S'enfermant en lui-même, faisant retraite, il s'emploie à construire cette personnalité qui lui manque. Mais devenir soi-même, se révèle un projet illusoire et dangereux : d'étranges mutations physiologiques entraînent Diego toujours plus loin, au point de se dédoubler, de se réincarner sous les traits de Fausto, un personnage qui vise à la sainteté, ignore la notion d'individu, et se consacre à l'altruisme absolu. L'instinct de conservation du vrai Diego pourra-t-il reprendre ses droits ? Ce récit faustien montre comment l'homme d'aujourd'hui, conduit aux portes de la folie, peut et doit retrouver le moyen de continuer à vivre.

  • De 1870 à nos jours, la Picardie a connu trois guerres, trois occupations. À partir des souvenirs, des Mémoires de sa famille, l'auteur nous fait revivre, au quotidien, l'existence rude et pittoresque de trois générations de Français. À moins de cent kilomètres de Paris, du côté de Noyon et Chauny, où tir à l'arc et paillardise tiennent lieu d'art de vivre, on a toujours aimé les histoires de cocufiages, les rixes dans les estaminets et, surtout, le petit blanc sec de Soissons, au goût de pierre à fusil... Au coeur du livre, la guerre de Quatorze naturellement, avec Ernest, grand-père et merveilleux conteur, Manlaïde l'arrière-grand-mère qui, à la veillée, raconte aux enfants des contes abominables sur le Kaiser Guillaume. Une fois encore, les Picards résistent, à leur manière, à l'envahisseur. Leur arme principale : l'humour, la force décapante du rire... Et, à cet égard, les aventures de la famille Quilliet sont d'une drôlerie irrésistible. Écrit avec une verve pétillante, un rare sens de l'humain, Un goût de pierre à fusil fera date dans l'histoire de la France profonde.

  • Sans doute le personnage central de ce roman - le cinquième de Salvat Etchart - peut-il être considéré comme un fou. Mais, si folie il y a, sa folie est bien banale, et sans doute n'est-il pas seul au monde à connaître de telles souffrances. Tout au long du roman, nous voyons le héros accomplir, sans faille, les tâches qui lui sont imposées. Ravagé par une passion amoureuse comme on croyait qu'il n'en existait plus, chacun de ses gestes, chacune de ses obligations, chacun de ses devoirs, cet homme déjà vieillissant les accomplit sans faiblesse. Salvat Etchart (Prix Renaudot très controversé en 1967), a rendu sensible cet enfermement mental où, de nuit comme de jour, les incertitudes d'une pensée souffrante et d'une souffrance que le personnage tente de penser, tissent la trame d'une obsession douloureuse. Ce roman soulève, avec le plus grand naturel, le voile qui cache toujours le principal de notre vie : Comment pensons-nous nos amours ? Rien n'est expliqué, rien n'est analysé, rien même n'est narré ou montré. Cependant, non parfois sans une grande gêne, on voit tout.

  • Inspirée librement du personnage de Louis Jouvet et d'un épisode de sa vie, L'odyssée du crocodile nous fait pénétrer dans les coulisses du théâtre, nous révèle les passions vécues derrière le masque du comédien. Le crocodile, c'est le surnom affectueux que ses amis donnent à Laurent Guérin, la cinquantaine, star de cinéma, metteur en scène et comédien de théâtre, parvenu au faîte de la renommée internationale lorsqu'éclate la Seconde Guerre mondiale. Pour échapper aux pressions qu'exercent sur lui les Allemands et le gouvernement de Vichy, et pour arracher sa maîtresse, Béatrice Valmont, aux assiduités amoureuses d'un célèbre cinéaste autrichien, le Crocodile va se lancer dans une odyssée peu banale. En 1941, il entraîne toute sa troupe dans un long périple en Amérique du Sud, exil riche en rebondissements tragiques ou cocasses, et qui durera presque cinq ans... Roman d'une aventure personnelle, portrait d'une star exceptionnelle, L'odyssée du crocodile dépeint aussi la saga de comédiens confrontés à des événements historiques, où Molière et Marivaux devraient paraître bien légers. La planète flambe autour d'eux mais le théâtre passe avant tout...

  • Je me présente : Sébastien Bonnace. La quarantaine. Métier : entrepreneur de pompes funèbres. En clair, rien pour faciliter les contacts quand on vient de perdre la femme de sa vie dans un stupide accident. Veuf, timide et inconsolable, je ne voyais pas bien, dans ces conditions, comment, ni pourquoi, refaire ma vie sentimentale. Car, le pire, c'est que, depuis la tombe, ma chère épouse Gaby ne cesse de m'inviter à secouer mon inertie. Ce qu'il te faudrait, Sébastien, c'est une femme. Alors, malgré tout, j'ai fini par me lancer. Tout ce qui est humainement possible de faire pour tenter ma chance, je l'ai fait. Depuis les petites annonces du Chasseur français jusqu'à celles de Libération, sans oublier bien sûr Le Nouvel Observateur, ni de m'inscrire dans une agence matrimoniale. Six mois de rencontres, aussi imprévues que variées, ça vous change la vie d'un homme. Parce que, à moins d'être un cas absolument désespéré, vous êtes bien obligé d'apprendre les premiers rudiments de l'art de séduire ! Et je dois avouer que, sans les conseils de Gaby, je ne serais jamais arrivé à rien de très sérieux. En tout cas, jusqu'au jour où j'ai croisé le regard de la veuve blonde. Elle était le portrait craché de Katharine Hepburn. C'est vous dire si elle m'intimidait...

  • Un XVIIIe siècle étrange et neuf. Inquiétant même... Ni dentelles, ni galanteries, ni parties fines, ni même Casanova, mais une troublante obsession qui, vers 1750, s'empare des médecins et des pédagogues, et les conduit à une étonnante invention, celle d'une maladie plus ravageante que la petite vérole : la masturbation ! Contrairement à l'idée reçue, ce fut, en ce siècle des Lumières, le discours scientifique qui s'avéra plus répressif que celui de l'Église. L'un des grands mérites de ce livre, vient de ce qu'il refuse de céder aux préjugés à la mode : le discours du théologien, celui du mystique, du médecin, du philosophe, du pédagogue, sont analysés avec un parti pris d'objectivité, qui les préserve des réductions abusives, et des anachronismes intellectuels. Combien, après sa lecture, paraît simpliste la vision d'un passé uniformément répressif, et combien dérisoire notre bonne conscience libérale ! Ce non-conformisme (qui est aussi une leçon de probité) ne manquera pas de susciter débats et polémiques chez les adeptes du prêt-à-penser. Ce siècle des Lumières, revisité par le biais de sa morale sexuelle, nous vaut un livre dérangeant et remarquable.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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