Presses des Mines via OpenEdition

  • Émeutes de Villiers-le-Bel, affaire Kerviel, péripéties de l'Arche de Zoé, fiasco de la France à l'Euro de football, élection de Barack Obama, crise financière : des sujets qui se bousculent à la une des journaux télévisés, la sociologie a-t-elle quelque chose à dire ? Sa vocation première n'a jamais été de s'exprimer dans l'urgence et l'immédiateté. Le temps, souvent très long, de l'enquête lui est nécessaire pour réussir à éclairer d'une intelligibilité nouvelle le monde social qui se bâtit sous nos yeux. Restent pourtant les attitudes et les tournures de pensée qu'elle nous enseigne. Restent ces connaissances, si nombreuses, qu'elle accumule patiemment depuis ses débuts. Autant de ressources pour nous aider, face à un quotidien incertain et opaque, non pas à produire dans l'instant un discours de vérité mais, plutôt, à nous distancier des analyses propres à « l'air du temps » et ainsi, peut-être, à mieux saisir des enjeux demeurés inaperçus et à éviter certaines erreurs de jugement. C'est un tel pari émancipateur que poursuit ce livre, où le lecteur retrouvera les chroniques que l'auteur donna, selon un rythme hebdomadaire, sur l'antenne de France-Culture entre août 2007 et juillet 2009. Un fait d'actualité brûlant y est à chaque fois placé sous l'éclairage d'une théorie, d'un concept ou d'un raisonnement sociologiques. Manière de revisiter notre époque et, d'un même mouvement, d'éprouver les pouvoirs de distanciation qu'offre la pratique de la sociologie.

  • Qu'est-ce que bien soigner? Dans ce livre provoquant et original, Annemarie Mol montre que ce n'est pas, comme on l'a beaucoup dit, laisser les patients choisir. À partir de l'exemple des personnes atteintes de diabète, l'auteur propose une nouvelle manière de prendre soin des personnes, qui ne les transforme pas en citoyens ou en consommateurs, mais qui les reconnaît comme corps et âmes souffrants, comme individus investis dans leur propre prise en charge, comme membres de collectifs multiples. Ce livre-manifeste n'est pas une critique de la médecine ou des pratiques de santé mais il en appelle à une transformation radicale de notre regard. Soigner, c'est prendre en compte la vie des personnes, leurs capacités et leurs incapacités, leurs entourages et leurs modes de vie. Remet-tant en cause les vertus trop consensuelles du libre choix, s'interrogeant sur les bonnes pratiques, Ce que Soigner veut dire non seulement intéressera les spécialistes de sciences sociales ou les patients actifs, mais il pourra aussi faire réfléchir les professionnels de la santé, les responsables de la politique sanitaire tout comme les militants et membres des associations.

  • Le gouvernement des hommes use et abuse de « l'argument statistique ». Avec l'émergence d'un État néo-libéral, l'action publique s'appuie de plus en plus sur des indicateurs chiffrés qui fournissent des évaluations de la performance des différentes actions politiques. Des « palmarès » variés connaissent une grande diffusion (souvent sous l'appellation anglo-américaine de benchmarking), en hiérarchisant les lycées, les Universités, et même les nations. Ce passage par la quantification, loin de fournir une image neutralisée des phénomènes, les transforme et les performe. Ce livre propose des études de cas précis, enquêtes sur le budget des familles, commissions du plan, statistiques locales ou comptabilité nationale, analysant la production des statistiques publiques et leur usages par les autorités publiques. Et l'on verra comment la statistique s'est imposée à la fois comme un outil de preuve, dans les sciences empiriques, et comme un outil de gouvernement, selon l'intuition que Foucault avait déjà présentée dès les années 1970 sous le nom de « gouvernementalité ».

  • L'engouement pour le bio se confirme. La qualité environnementale des vins interroge donc des producteurs, revendeurs, consommateurs, journalistes, restaurateurs, fonctionnaires, chercheurs : la vigne est en effet une très grande consommatrice de produits phytosanitaires. Comment vivent et agissent ceux qui veulent conduire la viticulture vers un plus grand respect de l'environnement ? En s'appuyant sur des centaines de témoignages, cet ouvrage rend compte des approches et des pratiques, couronnés ou non de succès, de tous ceux qui se sont engagés d'une façon ou d'une autre dans l'agriculture raisonnée ou intégrée, l'agrobiologie ou la biodynamie, ou encore ceux qui cherchent à revenir à une plus grande authenticité de terroir.

  • La ville se reconfigure lors des grands événements (festival, manifestation, match de foot, etc.), les foules sont contenues par le cadre bâti urbain et s'en emparent, les publics vibrent au rythme des attracteurs proposés par les organisateurs ou créés par eux-mêmes. Un climat s'installe, qui doit toujours être unique pour faire événement, qui attire ou qui repousse, qui se prépare, qui va crescendo mais qui doit aussi savoir progressivement descendre pour revenir au calme puis laisser des traces dans les mémoires et dans les médias. Les spécialistes de la sécurité urbaine et du maintien de l'ordre, qu'ils soient publics ou privés, ont appris à anticiper sur ces états toujours instables, à pré-positionner des forces et des moyens opérationnels, mais aussi à réviser leurs plans car des incidents viennent toujours ponctuer ces grands événements urbains. Trois événements (un match de foot, un festival de musique, une manifestation syndicale) ont été suivis grâce à des méthodes d'observation originales et minutieuses permettant de restituer tous les points de vue, sans jamais les totaliser mais en montrant leurs articulations. L'ouvrage permet ainsi de restituer « l'art du bon moment » (le kairos) qui fait l'expertise de ces professionnels du climat urbain et de leurs équipements.

  • Que n'a-t-on dit de l'emprise qu'exerce sur les médias français l'actuel Président de la République ? Ce serait grâce à des réseaux tissés de longue date parmi les patrons de presse et à de subtils jeux d'intimidation/séduction avec les journalistes que le candidat UMP, lors de la campagne présidentielle de 2007, serait parvenu à capter à son profit le jeu médiatique et, par ce biais, à persuader une majorité d'électeurs de le porter à la tête de l'État. La sociologie peut-elle nous aider à démêler ce que ces thèses comportent de vrai ? Elle en est capable assurément, si l'on considère la quantité impressionnante de connaissances qu'elle a accumulées, depuis une soixantaine d'années, au sujet des relations entre médias et pouvoir politique. Qu'il s'agisse des processus d'inscription de certains thèmes sur l'agenda médiatique, des effets qu'ont sur le vote la publication de sondages et les mises en scène médiatiques de l'actualité, ou encore, du rôle que Internet joue désormais dans les débats publics, de telles connaissances peuvent permettre aux citoyens de résister aux effets d'imposition propres aux discours médiatiques aussi bien qu'aux amalgames trompeurs que véhicule la critique des médias souvent caricaturale. Ce livre applique et explique ce que les sciences sociales nous apprennent de ces questions en reprenant le contenu d'un blog invité du monde.fr (www.lemonde.fr) dans lequel l'auteur analysa à chaud, d'un point de vue inspiré par la sociologie, le traitement médiatique de la campagne présidentielle.

  • « Amateur de sciences » comme on dit « amateur d'art », Bruno Latour a rédigé chaque mois pour la revue La Recherche son journal de passion en nous parlant de la science en train de se faire, du travail des disciplines, de la profession de chercheur, mais aussi de politique des sciences, de controverses, de vaches folles, de momie... D'un ton vif, tantôt allègre et tantôt polémique, ces courtes chroniques très imagées sont une initiation plaisante et synthétique pour ceux qui voudraient goûter à cette nouvelle approche des sciences sociales, la sociologie de la traduction, qui remet en cause l'ennuyeuse distinction entre « littéraire » et « matheux ».

  • Le domaine de la santé a été largement transformé depuis une vingtaine d'années par l'action des associations de patients. Ces associations s'impliquent dans la production et la diffusion de connaissances sur les maladies et les questions de santé ; elles jouent un rôle actif dans l'émergence et la consolidation des mobilisations collectives autour des problèmes de santé ; elles sont reconnues comme des acteurs à part entière de la démocratie sanitaire aux côtés des pouvoirs publics, des professionnels et des acteurs économiques. Face aux mutations pressantes du domaine, elles pensent et explorent de nouvelles formes d'action associatives, de nouveaux modes d'intervention publique. Cet ouvrage rend compte directement de l'expérience des associations, à travers une série de discussions collectives conduites avec une cinquantaine d'entre elles. Ces témoignages éclairent la compréhension du fonctionnement associatif et permettent d'appréhender les défis auxquels les associations sont aujourd'hui confrontées ; ils sont destinés à favoriser le dialogue entre les usagers, le monde politique et les professionnels.

  • Le code est parmi nous pour toujours, et le droit n'est pas prêt de nous quitter. En effet, il suffit de voir le code comme l'une des instances d'une architecture plus générale pour comprendre que le code a accompagné la loi depuis très longtemps déjà : que l'on pense seulement aux grands boulevards à Paris, construits afin de mieux protéger le pouvoir contre la Révolution. Il en est de même pour les luttes qui vont définir la prochaine étape des relations entre le code et le droit. C'est ce que montre la métaphore qui est au coeur de ce livre, écrit par l'une des théoriciennes les plus prometteuses de ce nouveau champ. Depuis le début de la science du droit, la loi, sous toutes ses formes, s'est inquiétée de l'application irréfléchie des règles. L'internet a-t-il appelé le Golem à la vie ? Est-il capable d'être plus juste, ou au moins d'apporter plus d'intelligence, que son seul mythe ? Avec ce livre, Mélanie Dulong fait évoluer la théorie et la pratique de cette relation vers sa prochaine étape. Y a-t-il un moyen pour que ces deux forces coexistent, et qu'elles respectent mieux leurs domaines respectifs légitimes ? Y a-t-il des moyens pour que le droit puisse infecter le code, en y (im)portant ses valeurs et aspirations, et en les laissant se développer de manière native ? Quelles sont les limites de cette stratégie ? Quelles en sont les promesses, au delà de la lutte insensée qui a défini tant d'interprétations (au moins de la part des hommes politiques) de cette inéluctable relation ?

  • L'innovation ouverte exige des échanges permanents entre science et marché ; les start-up issues de la recherche en sont un véhicule privilégié. Si la création de ces « jeunes pousses » valorisant des travaux scientifiques a été fortement encouragée par les politiques publiques depuis une dizaine d'années, on sait peu de choses des effets qu'elles induisent sur leurs marchés. Que valent-elles ? Comment comprendre leur rôle et saisir leur impact ? Qu'apportent-elles aux entreprises avec lesquelles elles coopèrent ? Cet ouvrage propose une approche originale : pour rendre compte de la portée de ces start-up, il traque les réseaux d'innovation qu'elles construisent et animent. Il analyse les formes et les effets des partenariats avec des start-up par une double perspective : l'analyse statistique des innovations produites dans un vaste échantillon de collaborations inter-firmes et l'observation fine des pratiques d'évaluation mises en oeuvre par les entreprises partenaires. L'enquête met en lumière la dynamique exploratoire de ces partenariats, la diversité des résultats qu'ils génèrent et la spécificité des dispositifs sur lesquels ils s'appuient. L'ouvrage intéressera aussi bien les chercheurs en sciences de gestion et en sociologie que les acteurs publics impliqués dans la valorisation de la recherche et les acteurs industriels qui sont amenés à coopérer avec des start-up technologiques.

  • La résurgence de l'open source a provoqué une transformation de l'industrie informatique sans précédent. Cet ouvrage, à travers une démarche alliant étude documentaire approfondie, enquête de terrain et modélisation en termes de régimes, propose la première synthèse du phénomène open source. Ainsi, l'auteur y expose : o la généalogie du modèle à l'origine du premier logiciel libre à envergure internationale (Linux) ; o les formes organisationnelles issues d'interactions inédites entre les sphères marchandes et non marchandes ; o la manière dont les logiciels libres sont utilisés dans le but de créer et capturer de la valeur ; o les capacités d'innovation des organisations de cette industrie. Destiné à la fois à un public académique et professionnel, ce livre offre tous les éléments nécessaires pour gérer et comprendre l'open source.

  • MICHEL CALLON a marqué les sciences humaines et sociales par sa production académique, par ses activités d'animateur de la communauté scientifique et par son rôle de médiateur entre la recherche et le monde de la politique, de l'administration et de l'entreprise. Il a multiplié les espaces d'entente et de confrontation, en se déplaçant aussi bien sur le terrain de la sociologie que sur celui des politiques de recherche et d'innovation, de l'anthropologie économique, de la scientométrie, de la science politique ou de l'anthropologie de la médecine.

  • The ways in which the Internet is managed and controlled -often labeled as Internet Governance- are usually considered as standing on four main pillars: Technology, Market Laws, State Regulation and Uses. Nevertheless, its specific features, the consequences of the plurality of norms it involves and of the decision-making processes it entails are rarely addressed in a comprehensive analysis. This book explores the Internet's functioning both as a practical-intellectual experience and a political challenge. By means of several case studies, it proposes a substantial and reflexive treatment of multileveled, formal or informal Internet Politics. The book's overall endeavor is to outline an understanding of what is -or may be- a "digital common good". The authors are members of a European academic team gathered by the Vox Internet research program's meetings. They adopt a multi-disciplinary approach, embedding technological innovation in the field of social sciences (communication studies, sociology, law, political science and philosophy).

  • Les installations industrielles peuvent-elles provoquer des cancers ? C'est en tout cas la perception de certains acteurs locaux : ils signalent aux autorités publiques que leur environnement recèle des risques pour la santé. Les épidémiologistes ont tendance à récuser les hypothèses relatives à une origine environnementale de ces pathologies, surtout lorsque l'on en fait la cause unique, et ils assurent que ces craintes ne sont pas fondées. Pour faire reconnaître l'existence de risques et en obtenir le contrôle ou la suppression, les acteurs locaux en viennent à se mobiliser et à médiatiser leur cause. L'ouvrage présente et discute trois de ces signalements : Saint-Cyr l'École et ses relais de téléphonie mobile, Vincennes et la pollution d'une ancienne usine chimique, Nivillac et son incinérateur. L'approche comparative permet de développer une analyse de ces signalements par les populations concernées et ouvre sur la question de l'ancrage culturel des risques.

  • Les technologies de l'information et de la communication jouent un rôle de plus en plus essentiel dans la structuration et les transformations de l'ordre social. Ce livre propose une approche critique de cette importance et de la manière dont il est fait aujourd'hui usage d'Internet. Partant de la théorie de la reconnaissance d'Axel Honneth, il montre comment ces usages s'insèrent dans la définition des identités et participent des univers sociaux des sujets. Les pratiques de l'informatique connectée ne peuvent en effet être réduites à la simple manipulation d'artefacts techniques. Elles s'inscrivent dans la matérialité des dispositifs, mais relèvent également des conditions sociales, des sens pratiques et des dispositions des utilisateurs. Ces ajustements sociotechniques peuvent habiliter le sujet, mais également le contraindre. La démonstration s'organise en trois étapes : elle porte d'abord la focale sur les discours accompagnant le développement des TIC et l'émergence de la « société de l'information » ; elle s'intéresse ensuite aux inégalités numériques et aux usages de l'informatique connectée que développent les populations socialement défavorisées ; elle traite, enfin, des pratiques récentes de mise en visibilité et de mise en récit de soi sur Internet.

  • Au sein des sociétés capitalistes avancées, la question de l'appropriation des technologies numériques d'information et de communication (TNIC) s'impose comme une problématique centrale. Si le facteur technique n'est pas une préoccupation majeure de la raison sociologique contemporaine, les sciences sociales peuvent néanmoins se prévaloir d'un nombre très important de travaux conduits ces trente dernières années sur les usages de l'informatique connectée, tant dans la sphère domestique que dans les espaces professionnels. Réunissant les contributions de dix chercheurs réputés, cet ouvrage n'a pas pour objectif de proposer une dissertation théorique mais, dans une démarche résolument polyphonique, d'offrir un ensemble de travaux pertinents et originaux.

  • Repérer des victimes, confondre des suspects : les mobilisations dans le domaine de la santé environnementale se présentent désormais comme de véritables enquêtes policières. À la différence près que, dans ce domaine, les investigations ne sont pas menées uniquement par des enquêteurs professionnels. Les « profanes » cherchent eux aussi à rendre visibles les menaces auxquelles ils pensent être exposés et à établir la réalité des dommages dont ils s'estiment les victimes. Cet ouvrage rassemble une série de travaux anglo-saxons pionniers sur des affaires célèbres qui illustrent le rôle crucial joué par les non-spécialistes dans les controverses portant sur les liens entre l'environnement et la santé.

  • Les très petites entreprises font l'objet d'une attention croissante de la part des décideurs économiques et politiques. Comment ces « petits acteurs » de l'économie, qui emploient près du tiers de la population active et produisent une part considérable de la richesse nationale, parviennent-ils à trouver leur place dans le marché ? Cet ouvrage nous invite à entrer dans l'univers des micro-organisations et à suivre la manière dont elles tissent les liens avec leur environnement. Il étudie les pratiques ordinaires du commerce et de la communication par lesquelles elles mettent en oeuvre des prestations spécifiques et développent une relation marchande originale. Basé sur des enquêtes qualitatives et quantitatives qui permettent d'appréhender les très petites entreprises dans toute leur diversité, il apporte une contribution importante au courant français de la sociologie économique.

  • Depuis la redécouverte de Le Play, un vaste chantier de recherches internationales s'est ouvert, qui, peu à peu, mettent au jour les multiples facettes de son oeuvre, d'une richesse sous-estimée. En effet, Frédéric Le Play s'avère, à la fois, statisticien et enquêteur, forestier et chimiste, minéralogiste et métallurgiste, conseiller d'État engagé et sénateur discret, organisateur d'expositions universelles et fondateur d'une science sociale mondialiste, militant prosélyte et observateur des familles ouvrières, conservateur-réformateur en matière sociale et révolutionnaire en matière scientifique. Anticipateur de la modernité, le parcours atypique de cet ingénieur inclassable interroge, au-delà des sciences sociales, les sciences de la nature et leur épistémologie.

  • Patient organizations today play a major role in the scientific, economic and political arenas. They have become the quasi-obliged partners of researchers, industrialists and political authorities. This book investigates this quite recent configuration by offering an in-depth exploration of three thematic issues: To what social and political stakes are patient organizations confronted as regards the transformation, production, circulation, and governance of knowledge? The involvement of patient organizations in the economic world is acknowledged as confrontational, especially when it comes to relationships with the pharmaceutical industry. To what extent do opposition, "instrumentalization", or cooperation constitute relevant models if we are to account for the multifaceted relationships between patient organizations and economic actors? Patient organisations are the structuring actors of networks, coalitions, and collectives throughout Europe. What social and political concerns arise from these particular forms of collective action on a national or European scale? Each question is first examined through an academic and grey literature review. Then the emerging topics and critical issues are identified and discussed, drawing upon exchanges of experiences, viewpoints, and reflections between actors involved in patients' and users' movements and social scientists. The dynamics of patient organizations in Europe raises a number of questions of interest for all actors from the health system, as well as for social scientists. This book intends to contribute to the reflection on further research agenda setting and policy-making.

  • L'étude du travail des designers prend place dans une interrogation générale, qui vise le travail de construction nécessaire pour que la situation de marché apparaisse. Les designers, obligés de réaliser physiquement l'objet et d'anticiper sur un marché futur, sont particulièrement intéressants pour qui veut comprendre les mécanismes complexes de l'incorporation de la demande dans les produits. Le design est pris dans des définitions divergentes. Mais les designers partagent une définition commune de leur travail : celle d'une articulation entre l'usager et l'objet. C'est à ce titre qu'ils ont été étudiés, comme sociologues pratiques de l'usage. Trois équipes de designers industriels, choisies pour la complémentarité de leur conception du design et de leur cadre de travail, ont été suivies sur le terrain. L'étude de leurs pratiques, de leurs modes d'organisation et des techniques de représentation utilisées a dégagé les modalités possibles d'une anticipation de l'usage. Par opposition au marketing, les designers sont soumis à une contrainte pressante : leur tâche de " réalisation " de l'objet souligne tout ce que l'objet comporte d'indéterminé par rapport à un cahier des charges idéal portant les desiderata de la demande. Cette indétermination impose la nécessaire condensation de ses dimensions, esthétiques, techniques, fonctionnelles, marchandes. C'est ce moment indécis où l'objet prend forme, qui refait surgir des esquisses la pluralité des solutions possibles, et l'indétermination structurelle de l'offre par rapport à la demande.

  • La protection de l'environnement a un coût. Mais si l'environnement a une valeur, il n'a pas de prix de marché. Le décideur doit donc arbitrer entre deux plateaux d'une balance aux contenus hétérogènes : d'un côté, le coût de la protection, et de l'autre l'environnement lui-même. D'un côté la construction d'une autoroute rentable, de l'autre la beauté d'un paysage? D'un côté une quantité, de l'autre une qualité. Comment mener à bien ce type d'arbitrage ? Comment choisir entre ce qui a un prix et ce qui n'en a pas? Combien faut-il investir pour améliorer la qualité de l'air, la propreté d'une ville ou assurer la survie d'une espèce ? L'économie de l'environnement propose des méthodes destinées à résoudre ce type d'arbitrage. Elles consistent à mesurer monétairement la valeur des biens environnementaux - qu'il s'agisse d'un simple arbre de bord de route ou d'une vallée sauvage - de manière à transformer ces arbitrages en calculs économiques. Cet ouvrage propose une analyse fortement critique de ces méthodes via l'examen de leurs présupposées théories et des résultats expérimentaux disponibles. Leur validité y est interrogée «de l'intérieur» et ceci sans intervention d'aucun à priori idéologique. Cette analyse débouche sur une clarification des frontières existant entre calcul économique, droit et choix politique.

  • On sait la contribution des ingénieurs des mines à la découverte du monde physique, leur apport à la connaissance de la matière et leur part dans l'invention de procédés pour son exploitation et sa transformation. On connaît moins leur participation, au cours du XIXe siècle, à la définition des sciences sociales. Frédéric Le Play (1806-1882), par ses recherches statistiques et métallurgiques, comme par son oeuvre de science sociale, a marqué de son empreinte l'École des mines. À sa suite, des ingénieurs, qu'ils soient du corps ou civils, entreprennent des enquêtes sur la condition ouvrière et les conflits sociaux, mais aussi concourent à la naissance des politiques sociales en faisant connaître les institutions de prévoyance du secteur industriel. À la croisée de la science et de l'action, ils dessinent un type nouveau d'ingénieur capable d'associer rationalité technique et sciences de la société : l'ingénieur social. Naissance de l'ingénieur social regroupe un choix de textes significatifs de la contribution des ingénieurs à cet essor des sciences sociales dans le monde industriel. Publiés entre 1856 et 1906, sous la signature de Frédéric Le Play (avec Albert de Saint-Léger et Adolphe Focillon comme collaborateurs), Lucien Fèvre, Jacques de Bellefond, Maurice Bellom, William Bertheault et Émile Cheysson, ils témoignent d'une conception originale où la saisie directe des faits sociaux est la pierre angulaire de l'interprétation des relations sociales et de leur transformation.

  • John Maynard Keynes regrettait que les hommes politiques appliquent les recommandations d'économistes morts depuis longtemps. En stratégie aussi, les théories sont souvent une rationalisation de ce qui semble avoir réussi à un certain moment et dans un certain contexte. Professeurs et conseillers les colportent, encourageant les dirigeants d'entreprise à appliquer leurs recettes, même lorsqu'elles ne sont plus pertinentes. Heureusement, ils ne sont pas toujours écoutés, car la stratégie d'entreprise est un art d'exécution, où la pratique est souvent en avance sur la théorie et où la rationalité n'apparaît parfois que dans l'analyse rétrospective. Ce livre, comme le souligne Claude Riveline, n'est ni un cours théorique, ni un manuel pratique, ni une anthologie. Il présente quelques modèles de stratégie, en faisant réfléchir aux limites de leur validité. Ces représentations servent de référence aux chefs d'entreprise et surtout aux analystes qui commentent et critiquent leurs décisions. Leur connaissance permettra au lecteur de mieux apprécier l'action des dirigeants et les attentes de leurs interlocuteurs. Cet ouvrage est tiré du cours enseigné aux ingénieurs des corps des mines et des télécommunications à Mines Paristech (auparavant École des mines de Paris). Il intéressera notamment les étudiants d'instituts d'administration des entreprises, d'écoles d'ingénieurs ou d'écoles de commerce ainsi que les professionnels - cadres, consultants ou dirigeants d'entreprise.

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