Presses universitaires de France (réédition numérique FeniXX)

  • S'attache à mettre en application les principes définis pour analyser l'un des mythes qui nous touchent le plus aujourd'hui, celui de Pasiphaé, en s'appuyant sur les concepts de mythe littérarisé et de syntagme minimal du mythe.

  • De l'idéal de la Sainte-Russie au Moyen Age, jusqu'au foisonnement actuel des utopies sur les décombres de l'utopie au pouvoir, la Russie semble avoir été gouvernée par l'utopisme religieux, politique, social ou idéologique. Cet ouvrage permet de revisite

  • En rapprochant le commentaire du premier chapitre de la Genèse du récit de vie des «Confessions» qui le précède, l'auteur fait apparaître la dépendance poétique et existentielle entre ces textes. Dépendance qui se retrouve dans «Circonfession» de J. Derrida où la tentative autobiographique conduite en bas de page tient lieu de commentaire.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Histoire des idées et histoire littéraire se conjuguent ici pour rendre sensibles, sous la multiplicité des idéologies et des formes narratives, la cohérence et la complémentarité des représentations du tiers-monde forgées par l'imaginaire français.

  • Ce livre retrace brièvement la naissance et le développement du roman au Moyen Âge, d'abord en français, puis dans toutes les langues européennes. Son originalité est dans son approche synthétique. Il prend en compte l'ensemble de la production romanesque médiévale, dans toutes les langues et à travers tout l'espace européen. Il touche ainsi la littérature générale et comparée autant que les études médiévales, et s'adresse aussi à tous ceux qui s'intéressent à l'unité culturelle de l'Europe.

  • La série « Écrivains » est parallèle à la collection « Écriture ». Comme elle, elle voudrait être un lieu où se rencontrent et se confrontent des critiques dont les méthodes peuvent être très diverses. Tandis que chaque volume d'« Écriture » aborde un problème théorique illustré par l'analyse de textes émanant de créateurs différents par leur époque et leur tempérament, chaque essai de cette seconde collection est essentiellement centré sur un écrivain dont il entend éclairer des aspects nouveaux, dans des perspectives elles-mêmes neuves.

  • Quatre angles d'approche sont appliqués ici au genre romanesque : Une première partie de critique génétique, une seconde s'attache au temps et à l'espace à travers Zola, Maupassant, Céline, puis viennent cinq études sur la relation du romancier et de l'hi

  • Dans les années cinquante, le roman africain explore une voie novatrice qui lui permet d'entrer dans le champ du roman contemporain. A condition d'inventer une poétique magique, le roman peut raconter l'événement pur, dégagé de toute représentation : l'enjeu est d'importance pour le roman africain qui, dès l'origine, a dû se débattre avec une image imposée de l'Afrique et de son histoire.

  • Cet ouvrage aborde, en un développement continu et avec une grande liberté de ton, des problèmes très variés, de l'analyse dramaturgique aux systèmes autoréférentiels, en passant par les mythologies et symboliques anciennes ou modernes. Explicite ou non, le théâtre y apparaît comme la voix des philosophies et l'image d'une conception du monde et de la pensée. Ici, le vrai-faux théâtral conquiert moins un terrain qu'il ne s'ébahit des étranges végétations qui s'y sont développées. Qui dit : ce livre n'est pas sérieux, il a tort. Dit-il alors : ce livre est sérieux, il a tort aussi. Il a cru s'appuyer sur la logique binaire, mais le mécanisme épiménidien l'a agrippé. Ce livre, comme tous les livres, est vrai-faux.

  • Peu de littératures ont connu un sort aussi tributaire des péripéties politiques que celle de la Chine populaire. Depuis la prise du pouvoir par les communistes en 1949, ce sont les multiples campagnes de rectification idéologique qui ont donné le ton de la création littéraire. Sous les consignes et la censure, le roman constitue un témoignage original de la réalité politique et sociale du pays. En évoquant les parcours mouvementés, et parfois tragiques, des écrivains, en s'attachant d'abord au contenu des romans et à leur contexte, ce livre privilégie les faits sur les commentaires. C'est ainsi, par exemple, que la Révolution culturelle apparaît sous un jour inhabituel, non pas à cause d'éléments nouveaux et sensationnels, mais parce que, pour la première fois, c'est la description objective du roman qui en donne une lecture directe et incontournable. En même temps, ce livre nous indique, au lendemain du printemps de Pékin, que la littérature est, à coup sûr, une clé pour bien comprendre l'évolution de la Chine dans les années qui viennent.

  • La poétique du langage Heidegger et de ses effets sur la philosophie, la littérature, les sciences humaines, est le travail de ce livre. Seule la poétique du statut et du traitement du langage chez Heidegger, et dans tout ce qui en est issu, tient ensemble ce qui est sans cesse disjoint par la tradition dualiste du signe : la pensée de Heidegger et le politique. Par là est montrée l'illusion d'une époque qui a pris un réalisme logique et une rhétorique d'auto-apocalypse pour une pensée originale de l'art, de la poésie, de la société alors qu'ils empêchent de les penser, et de penser la modernité. Penser à neuf la relation du langage et du temps, du langage et du sujet, en tenant par le poème l'éthique et l'histoire. C'est parce que le monde actuel de la pensée n'a pas de place pour elle, que la critique est la nécessité la plus urgente, et que son utopie ouvre un monde nouveau.

  • Contribution à l'étude du roman historique, ce livre interroge les concepts d'Histoire (passé et discours sur le passé) et de roman (histoire, récit de fiction), en faisant appel au concept médiateur de mythe. Le roman de la Vendée et de la chouannerie met en jeu les notions de révolution (révolution-mutation, révolution-rotation), d'évolution et de contre-révolution, dans un XIXe siècle ponctué de soulèvements populaires et de réactions - le roman historique restant bien sûr tributaire de son histoire contemporaine. Centré sur un moment de l'histoire exclu, à en croire les romanciers, de l'historiographie, il élabore, sur la page blanche des écrits officiels, un mythe romanesque, à deux composantes : l'une ethnologique, puisque le Vendéen, et surtout le Chouan, font figure de sauvages au sein du monde moderne, l'autre proprement historique, les insurgés donnant lieu à des interprétations divergentes et idéologiquement tendues de l'histoire (comme passé et plus généralement comme devenir), ainsi que de la pratique discursive la mieux à même de re-présenter cette histoire. Si, pour Balzac, Hugo et Barbey d'Aurevilly, Vendée et chouannerie apparaissent comme l'autre refoulé de la culture post-révolutionnaire, aujourd'hui l'histoire a découvert l'intérêt du minoritaire et du marginal, et la théorie littéraire l'importance de l'altérité et de l'altération dans la constitution de l'identité textuelle : les analyses du Chouan romanesque s'inscrivent dans ces préoccupations.

  • L'essor du roman et de la fiction narrative en prose est un aspect essentiel de la littérature française du XVIIIe siècle. Ces seize études monographiques soulignent la fonction critique qu'assume le roman. Fictions, idées, société : le croisement de ces trois approches de 16 chefs-d'oeuvre, des «Lettres persanes à «Adolphe», aide à donner un sens à la capacité d'invention du XVIIIe siècle.

  • La nostalgie de ce que nous portons de plus ancien en nous, de ce moment sans souvenir où l'on a pris langue avec le monde sans langage, renvoie à cet autre moment de l'histoire des hommes, où ce qui n'était plus tout à fait un animal, par un premier balbutiement, s'est séparé du monde. Cette nostalgie est au coeur d'une écriture régressive, une écriture archaïque, qui mime parfois la vraie-fausse. Parole du mythe, pour mieux y renoncer et exprimer son désir - au-delà du fait littéraire - d'un silence qui n'est pas une absence, d'une vérité supérieure qu'elle ne peut atteindre, mais dont elle tient à montrer, toutefois, qu'elle en espère l'efflorescence. En s'appuyant, notamment, sur des situations principielles (comme l'égarement ou le face-à-face avec l'animal) et sur des images primordiales (la montagne, la forêt), l'auteur analyse des traits d'écriture qui touchent à tous les aspects du texte littéraire, puis en montre les effets dans neuf chefs-d'oeuvre contemporains japonais (Fukazawa Shichirô, Ôé Kenzaburô, Abé Kôbô), péruvien (Vargas Llhosa), cubain (Carpentier), brésilien (Lispector), portugais (Ferreira) et français (Brion, Le Clézio).

  • La musique des romantiques s'inscrit à la suite de La musique des Lumières (de Béatrice Didier), dans la conception de la collection « Écriture » qui se préoccupe de la façon dont naissent les styles, les poétiques, dont les genres non répertoriés dans la rhétorique classique peuvent exister. Le développement de la musique en France, approximativement dans toute la première moitié du XIXe siècle, a provoqué, d'une part, un goût nouveau (qu'on va appeler romantique) dominé par les Classiques viennois et l'opéra international, d'autre part, une façon renouvelée d'écrire, la naissance de genres inédits (le livret d'opéra, la poésie à mettre en musique, la « sonate de poésie ») ; par-dessus tout, le roman a voulu être soit le roman de l'artiste musicien (G. Sand), soit le roman de la musique dans son mystère (Balzac), soit le roman qui recrée pour un lecteur dilettante le même plaisir que l'on éprouve à l'opéra (Stendhal). En d'autres termes, le romantisme français est très largement dominé, dans sa genèse comme dans ses formes, par le cosmopolitisme musical.

  • Pour caractériser la nouvelle de la fin du XIXe siècle, on songe traditionnellement à deux traits : la brièveté et la parution en journal. Mais ils sont superficiels. Leur lien profond est un troisième trait, constamment occulté par la critique. La nouvelle est monologique : refusant toute polyphonie, elle ne laisse respirer qu'une seule vérité, une seule « voix ». Le lecteur contemple un spectacle étrange, dont l'auteur dégage pour lui toutes les potentialités pittoresques. Ensemble, ils jettent un regard exotique sur la réalité, même la plus proche. Les Normands sont bestialisés, les employés et les provinciaux sont épinglés dans leurs ridicules, pour des lecteurs de la capitale ou du grand monde. Pareille absence de polyphonie n'est pas un accident ou le fait d'auteurs mineurs, elle est constitutive du genre. Pour le démontrer, on s'appuie ici sur un millier de textes en cinq langues, dont la totalité des nouvelles de Maupassant, Tchékhov, Verga, James et Akutagawa, le maître de la nouvelle japonaise.

  • Pour imaginer le Japon de l'après-guerre, il faut savoir que la majorité des grandes villes avaient été rasées par les bombardements aériens. Les Japonais ont pris un nouveau départ dans l'immensité désolée des ruines - des ruines qui ont aussi joué, pour les écrivains, le rôle d'un laboratoire très fécond. La deuxième partie de cet ouvrage traite des changements suscités par l'essor économique ; mais la prospérité, qui s'est amorcée dans les années soixante, reste hantée par l'image des destructions de l'après-guerre. La fécondité dans le désert et l'ombre des ruines dans la prospérité, tels sont les deux grands thèmes étudiés ici. Cet ouvrage contribue à dissiper les malentendus qui pèsent sur la littérature japonaise contemporaine, car les noms bien connus de Mishima, Kawabata et Tanizaki sont loin d'en représenter toute la richesse et la variété. Mais il s'agit aussi de participer au débat actuellement en cours sur la réévaluation de cette « littérature du tournant historique » : un débat essentiel qui concerne l'avenir du Japon.

  • Comme on dit science-fiction. Pour indiquer que les objets ou les faits dont il s'agit n'ont pas d'existence à part entière. C'est en effet entre absence et présence, sur la page ou sur l'écran d'une image, que le fantastique se joue. Des objets et des faits interviennent comme ils ne devraient pas. Ils suscitent l'effroi, puis, par on ne sait quelle magie narrative, visuelle, ils disparaissent. Ce va-et-vient de l'invisible au visible, du visible à l'invisible est toute la matière de ce livre. Ce travail puise aux meilleures sources : grands auteurs, auteurs peu connus, ouvrages populaires, littératures françaises et étrangères. Il a recours aux icônes et aux mirages que suscite l'écran. Il offre, successivement, une théorie de la Fantastique-fiction, des explications sur les mécanismes de dédoublements et les évanescences, sur les lieux fantastiquement propices, sur le monstre, sur le spectre, sur ce qui n'a pas de nom. Il inclut dans son propos les merveilles et les « cadavres exquis ». A tant d'effervescence, il découvre une source : l'écriture.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • L'abri (coquille, terrier, hutte, tente ou maison), voilà un besoin primordial aussi bien pour l'animal que pour l'homme. Lieu sacralisé par l'usage et la durée, indispensable foyer de la vie commune, élément de base de la collectivité sociale... Les perpétuels changements de domicile, la mutation moderne de nos logements ne vont-ils pas influer sur notre psychisme. La « poétique » de la maison n'est pas seulement un grand thème littéraire : cela va plus profond, cela touche, au niveau des racines, notre bonheur de vivre.

  • Le récit du génocide des juifs connaît, quarante ans après sa révélation, une vogue inquiétante. Les oeuvres romanesques qui le mettent en scène abondent, soulevant avec une intensité particulière le problème des rapports entre l'histoire et la fiction  Auschwitz, phénomène irrationnel qui ne s'inscrit dans aucun système ni modèle structuré, remet en question la conception occidentale de l'homme et du monde et donc de la littérature qui la traduit. L'écriture du génocide pose à l'écrivain sans expérience concentrationnaire des problèmes éthiques et esthétiques inconnus jusqu'alors dans la représentation de l'histoire et qu'il convient de cerner. Des romanciers aussi différents par leur origine, leur idéologie que Gary, Bellow, Bll et Styron proposent des solutions et des techniques d'écriture diverses dont l'analyse et l'étude comparative permettent de déterminer la valeur quant à la représentation de ce chapitre honteux entre tous de l'histoire occidentale.

  • Les stéréotypes de l'histoire littéraire ont défiguré l'oeuvre des grands romanciers de la « représentation » psychologique et sociale. Maupassant, le premier, avait pourtant démonté le concept de réalisme et de naturalisme et montré que l'effet de réel est en littérature le produit d'une illusion construite. L'impression de vérité naît des artifices de la fiction. L'observation des grands romans de la tradition dite « réaliste », de 1850 à 1940, montre en tout cas que leur survie et leur statut d'oeuvres tiennent à la virtuosité de leur recette technique et stylistique autant qu'à la validité de leur savoir sur l'homme et la société. Il arrive de ce fait que leur écriture les apparente à des oeuvres que la tradition scolaire et parfois leurs auteurs eux-mêmes leur ont opposées, et qu'elle recèle des éléments d'invention formelle et de modernité que la critique a inconsidérément attribués aux successeurs. Que valent, dans ces conditions, les mots et les classifications de la vulgate ? Le réalisme de doctrine a été mis en pièces par les réalistes eux-mêmes...

  • Si toute poésie chante, toute musique voudrait prendre la parole. Le phrasé mime dans la mélodie sans texte l'usage de la langue, il ajoute à la musique vocale le geste de parler, il concentre à tout moment l'interprète sur un besoin d'exprimer des sens, il donne à l'auditeur l'illusion que la musique est un langage. Pour faire comprendre cela de façon intuitive, Éloge du phrasé examine dans des oeuvres toutes sortes de rapports de la musique et du texte - ils se présentent sous presque autant de types qu'il y a de cas ! Quand ils sont directs, c'est la question du sens du texte et des possibilités de signification du musical qui est posée. Quand ils sont indirects, comme dans le poème symphonique ou dans la poésie « du signifiant », c'est la question des moyens de formuler le sens qui se présente. Analysant ces rapports, l'essai propose une méthode qui tende à ramener toute forme isolable à un principe organisateur, et cela aussi bien pour une mélodie ou un lied que pour une chanson ou pour l'oeuvre ambitieuse d'un grand compositeur « savant ». Il aborde ensuite le musical et le textuel quand ils sont dans une relation indirecte, et y dégage des formes parfois virtuelles ou abstraites, toujours idéales. Tout cela afin de célébrer le phrasé comme figure de tous ces rapports, avant que la conclusion n'en fasse une sorte de théorie d'inspiration plus littéraire que musicale.

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