Presses universitaires de France (réédition numérique FeniXX)

  • Les contributions de la psychanalyse et de l'anthropologie à la psychopathologie interrogent aujourd'hui le geste en son lieu de nomination, au centre du langage, là où s'engendre temporellement le figurable. C'est pourquoi ce qui est au lieu du geste, absence de gestes, relève d'une analyse accordant au négatif la ressource d'une action de dire. Une contribution à une théorie du geste.

  • La dynamique qualitative et l'oeuvre de R. Thom permettent-elles un approfondissement de la théorie psychanalytique? La lecture proposée de la métapsychologie freudienne constitue une remise en chantier de ses concepts et propositions : transfert, pulsion, narcissisme et moi-plaisir, vie et mort, le féminin...

  • Cette monographie, coordonnée par Alain Braconnier et Joël Sipos, fait le point des connaissances actuelles et des interrogations qui concernent le bébé et les processus psychiques précoces. Depuis quelques années, les recherches sur la vie psychique du bébé sont -sous diverses influences conjuguées - fortement stimulées par l'affinement de l'observation, la valeur confirmée des modèles, tant ethnologiques que psychodynamiques et cognitifs, ou encore l'enrichissement des références contextuelles. D'où la transformation des questions : quels décentrements subit le modèle d'un lien mère-bébé ? Comment les fonctions de la communication précoce interviennent-elles sur ce qu'on a l'habitude d'appeler des compétences innées ? Et, jusque dans sa dépendance biologique, quelle valeur accorder aux anticipations dont fait preuve le tout jeune enfant dans son rapport à l'environnement ? La compréhension enrichie des interactions précoces doit beaucoup à la psychopathologie des liens. On est sorti de l'alternative de sa majesté le bébé et de l'être en survie, entièrement dépendant de sa mère. Et, sans doute, se glisse dans les travaux contemporains une conscience critique de la détermination idéo-culturelle des modèles en usage. La richesse des contributions de ce volume doit beaucoup à la compétence des auteurs, ainsi qu'à la mise en discussion de leurs contributions.

  • L'image de notre corps se donne, apparemment, comme la représentation la plus immédiate et la plus évidente qui soit. Nous la reconnaissons, nous la nommons, nous l'identifions, en principe sans difficulté. Pourtant, la psychopathologie de la vie quotidienne montre, avec la même évidence, que notre rapport à cette image n'est ni simple ni assuré : le plus familier peut devenir le plus étrange. Ce livre traite des atteintes de l'image du corps, à partir des principales pathologies où elles se présentent, en psychiatrie et en neurologie. Ce sont, en effet, les formes de la pathologie qui éclairent, ici comme ailleurs, la normalité. Ces formes révèlent, notamment, de quelles manières la reconnaissance de l'image et sa nomination peuvent être complètement séparées : l'image est alors reçue comme étrangère et autonome. S'appuyant sur des travaux qui, notamment en France, ont profondément renouvelé l'approche de ces questions, l'auteur en reprend les concepts fondamentaux dans une problématique cohérente. Cette problématique s'attache à relever, dans chaque cas, les incidences subjectives des pathologies de l'image du corps. Elle interroge aussi leur fréquente réduction, contemporaine à une causalité seulement neurobiologique. C'est en quoi cet ouvrage restitue à ce champ clinique sa portée psychopathologique, en indiquant des voies de recherches fécondes, et encore peu explorées. Rigoureux et clair dans sa démarche, il s'adresse autant aux étudiants, aux cliniciens et aux spécialistes, qu'à la curiosité du public en général.

  • Sur le modèle de l'expression freudienne de métapsychologie a, depuis longtemps, été inventée celle de métabiologie. Elle était alors, il est vrai, censée rendre compte d'une espérance de transformation des sciences de la vie par la psychanalyse. Ferenczi y a cru ; Freud non. Était-ce la première illusion ? L'illusion métabiologique aujourd'hui ferait, en vérité, bien peu cas des développements cliniques et théoriques de la psychanalyse. Idéologiquement animée par une volonté de puissance, elle consisterait en la croyance de pouvoir réaliser, sans limites, des choix sélectifs en vue d'une néo-adaptation - y compris dans le champ des comportements humains. Après l'échec de la psychiatrie biologique, la psychopathologie deviendra-t-elle un jour génomique ou génétique ? Prenons acte que les recherches les plus sérieuses dans les sciences de la vie et de la santé, n'ont guère besoin de revendiquer l'appel à une métabiologie et, pour nombre d'entre elles, ne contesteraient pas la place accordée à la psychanalyse. Dans cet ouvrage, Gérard Huber traite tout d'abord des rapports entre neurosciences et métapsychologie : il s'interroge sur les conditions psychiques d'une réalité neuronale. Dégageant les principales réponses de l'humanisme philosophique contemporain face aux avancées de la biologie, il détecte en celles-ci les formes de méconnaissance des apports de la métapsychologie freudienne. Serait-ce alors sur cette seule voie, Spinoza-Freud, que peuvent valablement se trouver questionnées la biologie et la neurobiologie aux fins d'intégrer leurs apports incontestables - en deçà ou au delà de tout réductionnisme métabiologique ?

  • Ce livre engage la question suivante : comment penser les formes cliniques de pathologie mentale en termes de logiques de filiation ? Et quel rôle accorder à la puerpéralité ? Logiques de représentations psychiques et logiques de filiation semblent se répondre. En écoutant un malade, le clinicien ne dispose pas seulement de données générationnelles, il prend la mesure de la façon dont généalogiquement sont affectées les pensées, les émotions et tout le langage. De ce point de vue, la paranoïa a valeur de modèle théorique ainsi que l'avaient déjà noté de nombreux auteurs. Mais l'ouvrage jette aussi un pont avec les apports de la biologie et de la médecine d'aujourd'hui. L'auteur a une longue fréquentation clinique des services de médecine spécialisés en génétique et dans le domaine de la procréation. Il s'interroge ici sur la fonction du nom dans la filiation biologique. Alors qu'il ne s'agit guère de tenter une synthèse entre des approches aussi distinctes que celles de la biologie et celles de la psychanalyse, on ne saurait éviter de se demander si les représentations de la maladie mentale ne se trouvent pas modifiées par leur éclairage réciproque. Cette anthropologie psychiatrique que Jean Guyotat appelle de ses voeux trouve par ce texte - et les exemples qui l'illustrent - la dynamique de son projet novateur.

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