Presses universitaires de Rouen et du Havre

  • Dès l'été 1940, les entreprises havraises sont contraintes de répondre aux commandes des autorités allemandes. Métallurgie, construction navale, bâtiment et travaux publics, commerce et artisanat : plusieurs dizaines d'unités productives sont mises au service de l'occupant. Bientôt, une main d'oeuvre importante sera conduite vers les chantiers du Mur de l'Atlantique ou vers les usines en Allemagne. Le Havre est un bon observatoire de l'économie d'occupation en France. La micro-histoire d'entreprise et les archives de l'épuration révèlent la coexistence, ici comme ailleurs dans la France occupée, des adaptations à la contrainte, des conduites zélées, et des attitudes de résistance. Comment les milieux patronaux et le monde syndical ont-ils accueilli les initiatives de Vichy qui incitaient le monde de l'entreprise à se soumettre aux volontés de l'occupant ? Quelle a été l'ampleur de l'aryanisation des entreprises ? Loin du jugement moral rétrospectif, ce livre propose une lecture des situations et un bilan de la collaboration économique.
    Avec la Libération et le retour de la République, vient l'heure de l'épuration. Il s'agit de sanctionner « ceux qui ont favorisé les desseins de l'ennemi ». Est-il vrai, comme on le dit parfois, que seuls les « lampistes » ont payé ? Quelles sont les sanctions qui ont été appliquées ? Les entreprises utiles à la reconstruction ont-elles été relativement épargnées comme ce fut le cas dans d'autres villes ? La reconstruction urbaine et portuaire et la reconstitution des entreprises sinistrées se sont-elles effectuées au même rythme ? Aujourd'hui, le souvenir de la tragédie du bombardement allié de septembre 1944 et la célébration du patrimoine de la reconstruction ne font-ils pas écran, dans l'imaginaire du Havre, aux réalités de l'Occupation et de la sortie de guerre ?
    Claude Malon est docteur en histoire de l'université Paris IV-Sorbonne. Il a reçu en 2006 le prix Luc Durand-Réville de l'Académie des sciences d'outre-mer pour son livre Le Havre colonial de 1880 à 1960.

  • La draperie, la fabrication des tissus de laine foulés, a été une des principales industries du Moyen Âge. La Normandie, une des grandes régions productrices, reste aussi parmi les moins connues. Nous sommes ici aux origines d'une tradition régionale textile, qui durera bien au-delà du Moyen Âge. En étudier le premier essor, c'est aussi tenter de comprendre comment fonctionne alors le monde du travail, avant la grande industrie, avant même la proto-industrie. Un monde où l'innovation doit se frayer son chemin quand s'affirment parallèlement les corporations, où la concurrence se déploie dans un univers de la très petite entreprise et de l'endettement chronique, où se nouent de nouvelles relations entre villes et campagnes. En cette fin du Moyen Âge, la peste, en bouleversant le marché du travail, offre aussi à l'historien une occasion exceptionnelle d'en approcher les rouages; et la crise de la fin du xve siècle à Rouen annonce le temps où l'artisan entrepreneur va s'effacer devant le capitalisme marchand. Un monde à la fois très différent du nôtre, mais aussi très proche, où règnent la précarité et les délocalisations, où les conflits portent déjà sur les heures de travail.

  • L'intérêt pour le microcrédit et la microfinance ne faiblit pas depuis le sommet de Washington en 1996, depuis que l'ONU a déclaré 2005 l'année internationale du microcrédit, depuis que Muhammad Yunus a reçu le prix Nobel de la paix en novembre 2006. Les débats sont même plus nourris que jamais, avec la croissance accélérée que connaissent certaines institutions et les difficultés qui parfois en résultent. On oublie trop souvent que le secteur de la microfinance en est à ses débuts, c'est pour cela qu'il soulève tant de problèmes et suscite tant d'analyses. On se penche souvent sur l'impact social de la microfinance qui ne semble pas se concilier facilement avec les performances financières des institutions concernées. C'est cette dimension-là que privilégie cet ouvrage qui considère également la nouvelle activité que constituent les transferts de fonds ainsi que les relations qui deviennent parfois très étroites entre ces institutions et les banques. Les dimensions culturelle et sociale de la microfinance ne sont pas oubliées pour autant.
    Cet ouvrage, qui reprend certaines des communications présentées aux Journées scientifiques de Brazzaville en juin 2011, nous emmène au Bénin, au Mali, au Congo (celui de Brazzaville et celui de Kinshasa) ainsi qu'au Cameroun.

  • Dans ce recueil de poèmes, Percival Everett poursuit son audacieuse exploration du langage et de ses surprises. L'on y découvre une sensualité aux idées, un goût et des couleurs à l'abstraction, une qualité tactile, l'effluve d'un parfum. Lire ces poèmes, c'est éprouver que la pensée est une expérience - agréable ou déroutante, qui rassure ou inquiète.
    Le langage est sans limite: Everett nous le rend étranger, pour mieux nous inviter à le redécouvrir et nous l'approprier - tâche jamais achevée, le langage restant en partage, notre mode d'être au monde.

  • Negativity's Kiss is a noir poem, with characters and a story, violence, cops, everything one likes about the crime novel, minus its robotic, skippable detail. Plus language that rocks.
    However the poet doesn't know how to be straight enough to just do it-tone and genre-so this is pretty crooked. Satirical and feral, written at the time of Hurricane Katrina.
    The world of the poem is an international city that slides- everything slides-between being like Paris and being like New York. But maybe it's more like Gotham City, where everyone knows everyone, and even a poet can be in the media spotlight, if someone tries to kill her. . .

  • Dès la fin du XVIIIe siècle, Santiago de Cuba accueillit des milliers de réfugiés de Saint-Domingue qui fuyaient les violences des révolutions française et haïtienne. Les colons espéraient s'installer pour développer des plantations. Ils furent expulsés en 1809, en raison de la guerre franco-espagnole, mais certains d'entre eux revinrent quelques années plus tard, suivis par d'autres Français, venant parfois directement de métropole. Ces mouvements migratoires furent essentiels pour la région orientale de Cuba. Les colons purent se redresser et jouer le rôle de moteur de la transformation économique de la région d'accueil. Leur réussite s'appuie sur la reconstruction d'une communauté sur le modèle de la société coloniale de Saint-Domingue, unie par un sentiment partagé d'être Français.

  • Traditionnellement considéré comme un chef-d'oeuvre comique et un modèle de l'esprit français, le théâtre de Beaumarchais prétend aussi, plus profondément, éclairer l'homme et explorer ce que La Mère coupable appelle « le secret de l'âme ». Cette ambition anthropologique, au coeur de la présente étude, nuance la prétendue légèreté de ce corpus: fondée sur le principe de la trilogie, qui privilégie la maturation des personnages et l'entrelacs des registres dramatiques, elle puise dans le mélange des émotions l'art de mettre à nu le mécanisme des passions et la loi du désir. Beaumarchais renoue dès lors avec les grandes tragédies du monde antique: bâtardise, parricides symboliques, inceste, filiations, aucune des grandes étapes de l'aventure humaine n'échappe à son théâtre abrasif. Figaro, apothicaire mélancolique transformé, par le secret de sa naissance, en spécialiste des humeurs et de la catharsis, y marche sur les pas d'OEdipe et affronte à nouveau l'énigme du Sphinx: qu'est-ce que l'homme ? L'identité est-elle réductible au visible et au dicible, au masculin et au féminin? La découverte de soi n'implique-t-elle pas de consentir à l'existence de forces immaîtrisées qui agissent indépendamment de la conscience et révèlent, au coeur de la trilogie, la fascinante puissance du rêve et de la folie ?

  • Alors que des bouleversements majeurs affectent les universités françaises, il est aujourd'hui plus que nécessaire de connaître leur fonctionnement pour en décrypter tous les enjeux.
    Cet ouvrage s'adresse à tous ceux qui ont des responsabilités au sein des universités ou sont appelés à en prendre, aussi bien qu'aux étudiants et aux chercheurs, français ou étrangers, qui s'intéressent à l'enseignement supérieur. On y trouvera un état des lieux, des problématiques et une présentation du champ universitaire, abordés de manière à la fois synthétique, mais exhaustive, et rigoureuse, mais accessible.
    Des spécialistes et des acteurs de l'enseignement supérieur et de la recherche y présentent l'histoire de l'université, son environnement institutionnel, son organisation et sa gouvernance, la recherche, les politiques de formation, les relations internationales, la politique documentaire, la vie étudiante et les étudiants, les finances, les ressources humaines, l'immobilier, les systèmes d'information et le management.

    Sommaire

    Préface par Éric ESPÉRET
    Introduction : Les universités françaises au sein de l'enseignement supérieur par Frédéric FOREST

    1re partie

    Chapitre 1 : Brève histoire des universités par Christine MUSSELIN
    Chapitre 2 : L'environnement institutionnel par Éric PIOZIN
    Chapitre 3 : La gouvernance et l'organisation par Jean-Pierre FINANCE


    2e partie

    Chapitre 4 : Les politiques de formation supérieure universitaire par Daniel FILÂTRE
    Chapitre 5 : La recherche universitaire par Jean-Richard CYTERMANN
    Chapitre 6 : Les étudiants et la vie étudiante par Guillaume HOUZEL
    Chapitre 7 : Relations et politiques internationales par Éric FROMENT
    Chapitre 8 : La politique documentaire par Pierre CARBONE


    3e partie

    Chapitre 9 : Pilotage, management et systèmes d'information par Claude RONCERAY
    Chapitre 10 : Les finances par Jean-Sébastien VALET et Gwenaëlle VERSCHEURE
    Chapitre 11 : Les ressources humaines par Frédéric FOREST
    Chapitre 12 : Le patrimoine immobilier par Nicolas GAILLARD et Franck JOYEUX

  • Cet ouvrage lit le premier livre des Fables, fable après fable, selon son ordre, pour montrer que l'on gagne à reconnaître et à sentir la composition de l'ensemble des Fables de La Fontaine, sans rupture, mais en plis divers. S'il se veut d'abord un lanceur de lecture, qui esquisse l'analyse de plusieurs livres, il tente de penser un « art qui cache ce qu'il est et ressemble au hasard ». Il en montre les principes et les modèles physiques, éthiques et poétiques, qui permettent de se représenter la puissance créatrice de La Fontaine. En donnant un sens actif à la notion de diversité, en la plaçant dans le contexte de l'épicurisme chrétien et en multipliant les études de détail, il invite à renouveler, avec patience, audace et imagination, les approches d'un chef d'oeuvre trop inconnu.

    Sommaire

    Introduction
    Dans le courant du livre I
    La Cigale et la Fourmi, Le Corbeau et le Renard
    La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le Boeuf
    Les Deux Mulets
    Le Loup et le Chien
    La Génisse, la Chèvre et la Brebis, en société avec le Lion
    La Besace
    L'Hirondelle et les petits Oiseaux
    Le Rat de ville et le Rat des champs
    Le Loup et l'Agneau
    L'Homme et son image
    Le Dragon à plusieurs têtes et le Dragon à plusieurs queues
    Les Voleurs et l'Âne
    Simonide préservé par les Dieux
    La Mort et le Malheureux, La Mort et le Bûcheron
    L'Homme entre deux âges et ses deux Maîtresses
    Le Renard et la Cigogne
    L'Enfant et le Maître d'école
    Le Coq et la Perle
    Les Frelons et les Mouches à miel
    Le Chêne et le Roseau
    Retour à La Cigale et la Fourmi
    Conclusion
    Supplément à la lecture du livre I
    Livre II
    Premières fables du livre III
    À l'aventure du livre VI
    Bibliographie indicative
    Éditions des oeuvres de La Fontaine utilisées dans cet ouvrage
    Livres sur La Fontaine et les Fables
    Travaux intéressant particulièrement la composition des livres des Fables

  • Depuis 2008, l'économie mondiale est confrontée à une crise majeure, la plus grave qu'elle ait connue depuis la grande dépression des années 1930. Initiée par la déréglementation financière, elle s'est propagée des Etats-Unis au monde entier et affecte particulièrement l'Europe avec la montée de l'endettement public. Refonder l'action publique et sa gouvernance est devenu un enjeu majeur pour l'avenir de l'Union européenne et son modèle de société. Comment résorber les dettes européennes ? Comment réguler efficacement les marchés ? De quels nouveaux outils faut-il doter les Etats pour restaurer leur capacité à agir ? Comment repenser la gouvernance européenne, renforcer les solidarités et la démocratie ? Telles sont les questions essentielles auxquelles ce livre apporte des réponses.

    Sommaire

    Introduction : Crise et besoins de renouveau de l'action publique par Philippe BANCE
    1re partie : Les interventions publiques après 2008
    Chapitre 1 : Les politiques budgétaires dans la crise : krach, sauvetage, boomerang. . . trappe à intervention publique ? par Philippe BANCE
    Chapitre 2 : États et systèmes financiers européens : une relation biaisée par Nathalie REY
    Chapitre 3 : Les entreprises publiques européennes et la crise économique : l'occasion manquée par Luc BERNIER
    2e partie : La crise de l'action publique en France et en Europe
    Chapitre 4 : L'administration française dans la tourmente : changer de mode opératoire et de politique par Jean-Claude BOUAL
    Chapitre 5 : Politiques publiques et développement territorial en France : quid des activités tertiaires ? par Hugues JENNEQUIN
    Chapitre 6 : La libéralisation des industries de réseau: débat théorique et application aux télécommunications par David FLACHER et Hugues JENNEQUIN
    Chapitre 7 : Les partenariats public-privé en Europe ? par Cathy ZADRA-VEIL
    Chapitre 8 : Quelle contribution des services d'intérêt général à la politique de cohésion de l'Union européenne ? par Mihaela M. SIMILIE
    Chapitre 9 : Richesse et inégalités sociales en Europe par François ABALLÉA
    3e partie : Quelles refondations de l'action publique en France et en Europe ?
    Chapitre 10 : Repenser l'action publique à l'aune de l'Union européenne par Pierre BAUBY
    Chapitre 11 : La coordination des politiques budgétaires européennes : pour une coopération renforcée géométrisée proactive par Philippe BANCE
    Chapitre 12 : La stabilité de l'espace monétaire européen et le rôle international de l'euro par Faruk ÜLGEN
    Chapitre 13
    La difficile reconquête des fonctions collectives par Jacques FOURNIER
    Chapitre 14 : Économie sociale et action publique : élargissement, substitution, ou aiguillon? par Danièle DEMOUSTIER
    Chapitre 15 : De nouveaux indicateurs de convergence pour une Europe durable ? par Florence JANY-CATRICE
    Conclusion : L'impérative métamorphose de l'action publique en France et en Europe, par Philippe BANCE et Jacques FOURNIER

  • Ces 105 lettres inédites de Juliette Drouet à Victor Hugo, récemment retrouvées dans les universités américaines de Yale, Harvard et Syracuse, et à la prestigieuse Pierpont Morgan Library, retracent plus de quarante ans d'une liaison passionnée, de 1835 à 1878, depuis la naissance d'Olympio jusqu'au dernier séjour des vieux amants à Guernesey. Elles témoignent des réelles qualités d'épistolière de Juliette Drouet, amoureuse éperdue mais lucide, fidèle et dévouée corps, coeur et âme à son « cher bien-aimé » à qui elle sauva la vie au lendemain du coup d'État du futur Napoléon III. Elles illustrent aussi ce qu'on a appelé "le style Juju" : figures d'amplifications, effets d'oralité, néologismes, détournements d'expressions, métaphores filées, notamment.

  • Ce manuel d'histoire des institutions présente au moins deux particularités :
    Il prétend d'abord effacer la frontière classique entre les matières relevant du droit public (organisation de l'État et de l'administration) et celles qui tiennent au droit privé (famille, travail, propriété). Séparation dont la critique est passée en lieu commun, mais qui, dans les ouvrages rédigés à l'usage des étudiants en droit, est encore et toujours strictement.
    La formule du mémento a été délibérément écartée. Pas question pour nous d'accabler la mémoire du lecteur, de l'égarer dans la broussaille des détails, de multiplier les énumérations sans substance et sans interprétation. Les faits, les événements, les institutions, les dates viennent simplement à l'appui d'une démonstration : celle qui consiste à mettre en évidence la poussée au cours de ces deux siècles (1750-1945), d'une démocratie à la fois raisonnable et exigeante, opposée à l'hydre constamment renaissante, de l'oligarchie : lutte éternelle qui est de l'essence même de la politique.
    Jacques Bouveresse est professeur d'histoire du droit à la faculté de droit de l'université de Rouen. Outre de très nombreux articles, il est notamment l'auteur de deux ouvrages publiés aux Presses universitaires de France dans la collection « Droit fondamental » : Droit du développement et de la coopération (1990) et Introduction historique au droit du travail (1996). Il a aussi écrit un grand ouvrage sur l'Algérie coloniale, publié par les PURH : Un parlement colonial ? Les Délégations financières algériennes 1898-1945, I, L'Institution et les hommes (2008) ; II, Le déséquilibre des réalisations (2010).

  • n examine ici les paradoxes exprimés par le voisinage d'un titre poétique, Le Rouge et le Noir, avec deux sous-titres renvoyant à l'histoire contemporaine, Chronique du XIXe siècle et même Chronique de 1830. Le premier n'a certainement pas délivré encore tous ses mystères, tandis que les seconds semblent limpides, et leur coexistence intrigue. On développe l'hypothèse que Stendhal, en faisant coïncider le temps du récit avec celui de son écriture, se consacre aux conditions de possibilité même du roman lorsqu'il tend au lecteur cet étrange miroir qui, suivant la manière dont il l'oriente, tantôt « reflète l'azur des cieux, tantôt la fange des bourbiers de la route ». Tandis que la chronique se déroule dans la boue du temps historique, Le Rouge et le Noir, réalisation d'un éternel présent de l'écriture, s'en extrait - Stendhal évolue librement parmi les êtres de sa création, les fait agir et penser à mesure, sans autre justification que le rêve héroïque si mal accordé à l'esprit du temps qu'il réalise avec eux.

  • Amilec ou la graine d'hommes est, dirait-on aujourd'hui, un roman de science-fiction, de génétique-fiction plus précisément. D'une grande liberté de ton, entraîné par une curiosité universelle, ce roman inclassable, publié en 1753, est nourri des connaissances en matière de physiologie et des lectures savantes de son auteur, Charles Tiphaigne. La singularité de ce dernier est de ne pas être un homme de lettres comme les autres, mais d'être docteur en médecine de la faculté de Caen. Le roman, précédé d'une préface particulièrement éclairante, est ici replacé dans son contexte et accompagné de la première biographique de l'auteur, reconstituée avec minutie et comportant de nombreux documents.

  • OEuvre exigeante que Les Tragiques d'Agrippa d'Aubigné, qui peignent la France en mère affligée, contemplant la querelle sanglante d'Ésaü et Jacob, ses deux fils ennemis. Il a fallu le recul du classicisme pour que soit revalorisée une poésie âpre et sans concession, indifférente aux chocs qu'elle porte et aux blessures qui la modèlent.
    Cette réhabilitation va de pair avec la formidable ouverture critique que le poème a suscitée. Où placer d'Aubigné, cet enfant du siècle égaré hors de son aire? Que faire de ce contemporain de Malherbe, qui écrivait pour déplaire et parce que la vérité qu'il prônait paraissait vaincue? Comment dans un siècle qui l'a ignoré comprendre son monumental poème qui se posait comme la fin de toute poésie? Les quatre volets de ce recueil, « Genèses », « Les étages du monde », « Du brame au concert », « Errants et prophètes », dessinent un étagement progressif qui éclaire de proche en proche l'architecture des Tragiques. Dix-sept études transversales réunissent autour du poème le faisceau d'interrogations consubstantielles au chef-d'oeuvre de la poésie militante.

  • Les monnaies, comme les médailles, sont fréquemment ornées d'images armoriales provenant des autorités qui les émettent. L'étude de la numismatique, médiévale ou moderne, est donc difficilement concevable sans le recours à l'héraldique. Il ne semble pourtant pas exister d'ouvrage d'ensemble, ni national, ni international, fondé sur les rapports entretenus par ces deux sciences. Le présent volume se propose de pallier une telle lacune en réunissant les travaux d'universitaires et de conservateurs de musées, italiens, anglais et français. Il s'articule en deux volets, l'un consacré aux monnaies, l'autre aux médailles. De la France à l'Italie, de la Provence à la Lorraine, la diversité des approches et la variété des résultats y révèlent la richesse de la collaboration entre deux disciplines.

  • Les European Studies in Sport History, issues de l'European Committee for Sports History, sont une revue scientifique reconnue, à comité de lecture international, consacrée à l'histoire du sport. Elle paraît annuellement. Chaque livraison accueille des articles dans les principales langues européennes, ainsi qu'une rubrique d'actualité et des comptes rendus de lecture.

  • Ce nouvel ouvrage de la série « Shakespeare à l'écran » révèle la présence remarquable de Macbeth dans le paysage filmique shakespearien à l'échelle mondiale. Comment expliquer qu'une pièce dont l'intrigue est ancrée dans une nation, l'Écosse, ait pu être absorbée par des cultures aussi diverses? Les multiples adaptations de Macbeth suggèrent-elles, de manière paradoxale, une moindre pertinence de la pièce originelle? Après avoir exploré la représentation des éléments surnaturels (les sorcières et le fantôme), le volume revisite les films américains « canoniques », les productions anglophones plus récentes et les versions d'autres aires culturelles (Asie, France, Afrique du Sud, Inde, Japon, etc.) Les questions de lignée et de descendance sont abordées, puis prolongées dans des articles sur la représentation du genre. Les versions dansées, les appropriations, les citations et les mises en abyme de Macbeth sont ensuite analysées, et ce parcours mène à un étrange objet - un scénario non filmé.

  • Le dramaturge viennois, Johann Nestroy, demeure en France, comme dans les pays de langue latine du reste, un auteur confidentiel. Le numéro 75 d'Austriaca se devait donc de remplir une fonction double, à la fois informative et scientifique. D'une part, il vise à faire mieux connaître en France ce maître incontesté du théâtre de langue allemande, dont l'oeuvre se nourrit en profondeur du théâtre européen, en particulier du répertoire français et anglais du vaudeville. D'autre part, ce numéro tente de donner une vue d'ensemble de la recherche actuelle sur Nestroy.
    Les articles réunis mettent l'accent, chacun à sa manière, sur un chapitre particulier de la recherche sur Nestroy: le rapport aux sources françaises, le traitement par Nestroy de la langue française, l'inscription de son oeuvre dans le théâtre européen du XIXe siècle - ce qui soulève également la question des transferts croisés entre la France et l'Autriche. Ces contributions soulèvent en somme des questions ayant trait aussi bien à l'oeuvre et à la genèse de l'oeuvre nestroyennes qu'à la réception du théâtre sur le plan européen, voire international.

  • Étudier tous les rouages de la lutte contre la tuberculose en Normandie entre 1879 et 1939, telle est l'ambition de cet ouvrage. La tuberculose succède à la phtisie, qui n'avait de romantique que le nom, et devient le fléau social par excellence au tournant du XXe siècle.
    Confrontées à la contagion exponentielle dans les tranchées et au retour des militaires poitrinaires dans leurs foyers, les autorités françaises prennent enfin la direction de l'action sanitaire et sociale en 1915, le spectre de la dépopulation hantant les esprits patriotiques. L'engagement du pays se veut dès lors total. Les aménagements d'infrastructures sont à la hauteur des ambitions: on ouvre des dispensaires, des sanatoriums, des pavillons d'isolement hospitaliers et des préventoriums. La protection de l'enfance en danger devient une priorité. Le combat contre la tuberculose est engagé.
    Il n'est toutefois pas question seulement ici de réalisations politiques, médicales et sociales, mais aussi d'hommes et de femmes, de citoyens ordinaires porteurs de la tuberculose. Désorientés par l'annonce de la maladie, soumis à des préceptes hygiéniques, isolés de leurs proches et devenus des parias, ils n'ont parfois d'autre choix que de dissimuler leur état de santé à la collectivité.

  • L'impact de l'esclavage à Saint-Domingue et de la révolution qui donna naissance à la première république noire sont au coeur de ce numéro de la Revue du Philanthrope qui prolonge la publication des Cahiers de l'Histoire et des mémoires de la traite des noirs, de l'esclavage et de leurs abolitions en Normandie. Fidèles à la vocation de publications soucieuses de restituer l'histoire de la traite en Basse-Seine et de valoriser son patrimoine, ce numéro propose d'aborder cette question par le biais d'approches issues de l'aboutissement de recherches récentes ou d'études en cours réalisées par des spécialistes reconnus de l'histoire de Saint-Domingue ou de la traite en Basse-Seine.

  • La partie thématique de ce dixième numéro de la Revue Fontenelle (« Le siècle pastoral ») est consacrée au « moment Fontenelle » dans l'histoire de la pastorale, réévalué et replacé dans un temps long allant du XVIe au XVIIIe siècle: quelle cohérence construisent les oeuvres apparemment contradictoires que lui ont inspirées les débats sur l'églogue et le changement de goût de la société de son temps? quelles problématiques nouvelles et quels nouveaux débats initient-elles ?

  • Qui suis-je? Voilà ce qu'il me reste à chercher. . .
    L'autoportrait a-t-il encore un sens aujourd'hui? Sans doute si je comprends que je ne sais toujours pas quel autre je suis, quel autre est moi, quel moi est un autre. . . Qui es-tu donc, toi qui te peins, toi qui t'écris, toi qui te prends en photo, toi qui te figures que tu es un autre, toi qui crois que l'autre est toi-même?
    Soi-même comme un autre? Je est un autre? Je suis l'autre? Qui est je?

  • Enfant du siècle, « romantique né classique », Musset est l'une des figures les plus originales du romantisme français. La postérité l'a défini comme l'un des grands lyriques de son siècle, mais a parfois mal jugé le dessein du poète comme ses idées sur la littérature ; c'est que l'oeuvre de Musset échappe à toute lecture univoque. Dans ce volume, se dessinent les contours d'une imagination créatrice nourrie d'une vaste culture, étrangère et nationale. Musset participe en effet à la refonte des genres dramatiques, investissant le proverbe, la comédie, le conte et la nouvelle, mais aussi les différentes formes poétiques. L'étude des motifs signale enfin une conscience aiguë des formes, notamment dramatiques. L'ouvrage lève le voile sur le caractère novateur de Musset, mais aussi sur les rapports paradoxaux qu'il entretient avec les innovations. Musset, l'idéaliste blessé, le fantaisiste nostalgique, le joueur dipsomane, apparaît dans ce volume qui dresse un état des lieux de la critique mussétienne.

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