Langue française

  • Le patrimoine n'a jamais été aussi populaire de par le monde que depuis une génération. Mais s'il veut témoigner de l'authenticité de monuments et de souvenirs, son succès s'alimente surtout, pour ses critiques, de traditions inventées ou d'un présentisme des valeurs. Il paraît alors se confondre avec une pensée de l'air du temps, sinon avec un produit de consommation. Ce livre entend, au contraire, lui rendre justice en montrant combien la raison patrimoniale, inscrite dans une longue durée de la réflexion occidentale, importe à notre intelligence des formes du passé. Son véritable enjeu tient à la capacité de nourrir un ensemble de représentations à la fois utopiques et conservatrices, nées de la conviction d'un développement de l'art dans l'histoire.

  • Comment Rome de cité-Etat devient-elle capitale d'Empire ? Que signifient les entrées solennelles, les funérailles publiques des empereurs et leur divinisation, les triomphes et les jubilés ? C'est ce qu'explique ce livre passionnant sur une longue période historique, il permet de comprendre comment la légitimité de l'empereur dépend de sa capacité à conjuguer son destin et celui de la cité impériale. Le souverain incarne un passé qui l'assimile à Romulus et devient le garant de l'éternité de la ville, cité où réside le prince.

  • La liaison entre l'affirmation d'un Etat et celle d'une langue et d'une culture n'est pas seulement une coïncidence chronologique. Un Etat moderne ne se développe et ne se renforce que par l'adhésion que lui apporte la société politique dont il est à la fois l'expression et l'instrument. Il y a entre le développement et renforcement du pouvoir et les mots qui permettent de concevoir, de défendre ou d'attaquer ce développement, un rapport étroit et consubstantiel, à la fois de l'ordre du penser et de celui du faire. D'où le choix de l'auteur d'analyser cette émergence de l'Etat moderne à partir de l'exemple classique de l'Angleterre entre 1300 et 1600, non par l'étude des institutions ou celle des armées, mais par celle de la culture et de la société politique, à travers les écrits qui expriment les idées de ceux ayant laissé des traces de leurs pensées et de leurs actions. Ce travail ici publié s'accompagne de la publication sur un site internet (lamop.univ-paris1.fr) d'un Dictionnaire répertoriant les auteurs et les textes importants dans les domaines de l'histoire et du politique en Angleterre entre 1300 et 1600. L'auteur envisage de compléter cet énorme travail de réflexion par un volume consacré à l'analyse des productions linguistiques et de leur contenu sémantique, des stratégies discursives et des choix lexicaux.

  • On assiste de toutes parts au « retour » de l´événement. Aux notions de structure, d´invariant, de longue durée, d´histoire immobile se sont substituées les notions de chaos organisateur, de fractale, de théorie des catastrophes, d´émergence, de mutation, de rupture... Ce basculement n´affecte pas la seule discipline de l´histoire. Il est général à l´ensemble des sciences humaines et atteste une préoccupation nouvelle d´attention à ce qui advient de nouveau dans une interrogation renouvelée sur l´événement. François Dosse, dont les travaux en historiographie sont connus, met dans cet ouvrage la notion d´événement à l´épreuve du regard de diverses disciplines pour en mesurer la fécondité potentielle. Comme l´a dit Michel de Certeau, « l´événement est ce qu´il devient », ce qui induit un déplacement majeur de l´approche de l´événement de ses causes à ses traces. Telle est la grande nouveauté que perçoit l´auteur et qui change radicalement notre rapport à l´événement en le défatalisant. On ne peut donc parler d´un simple « retour » de l´événement au sens ancien du terme.

  • L'actualité fait des jeunes un objet de débat, d'admiration ou d'angoisse. Une multitude de figures viennent s'intercaler entre le modèle du « jeune écrivain » et le contre-modèle du « jeune de cité ». Mais ces images sont des constructions dont les fondements plongent loin dans le passé. Elles contribuent à gommer la profonde diversité sociale de la jeunesse et escamotent les tensions qui existent en son sein. Dès lors, étudier la jeunesse exige de s'interroger sur la transmission des comportements et des savoirs. Comment les jeunes se conforment-ils aux rôles qu'on leur assigne ? Sujets de contraintes et cibles de politiques, ont-ils vocation à contester l'ordre établi ? Pourquoi une société se montre-t-elle taraudée par « ses » jeunes, cédant alors à la tentation de l'expertise ? La jeunesse apparaît ainsi comme un sujet-creuset permettant de multiplier les approches et les méthodes, de démêler un fatras de clichés, de fantasmes et de slogans. L'histoire, en dialogue avec la sociologie, offre la possibilité d'interpréter les discours médiatiques et politiques. Faire de la jeunesse un objet d'histoire permet de lui restituer sa dimension temporelle et son ambiguïté - tant il est vrai qu'elle n'existe que dans les mutations des discours, l'exercice des pratiques et le vertige des combats.

  • De la Renaissance aux temps de la Révolution, l'Europe apparaît comme le champ de guerres incessantes qui la conduit, au XVIIIe siècle, à inventer la diplomatie en perfectionnant l'art de la négociation, en adoptant des règles qui s'imposent peu à peu à tous les Etats. Cet ouvrage montre que la recherche de la paix marque la vie politique européenne et donne naissance à un monde original d'ambassadeurs et d'agents variés. Cette synthèse remarquable est aussi une réflexion sur l'art de la paix élaboré par les diplomates sur plus de trois siècles, considéré comme un caractère essentiel de la dynamique européenne et de son identité. Cet ouvrage a reçu le Prix Thiers de l'Académie française et le Prix Albert Thibaudet 2008.
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  • La conversion sous la contrainte des musulmans d'Espagne au christianisme s'étend sur un siècle, de la fin de la Reconquista à l'expulsion de quelque 300 000 morisques, descendants des convertis. Forgée sur le modèle médiéval de persécution des juifs, elle est perçue comme un échec par les contemporains. Pourquoi avoir forcé les musulmans à recevoir le baptême alors qu'il était évident qu'ils n'avaient pas la foi dans le Christ ? Pourquoi avoir expulsé leurs descendants après tant d'efforts pour les faire rompre avec l'islam ? En donnant la parole aux différents acteurs de cette histoire, morisques, grands seigneurs, inquisiteurs, théologiens et conseillers du roi, un éclairage neuf est porté sur un épisode douloureux pour les musulmans, tragique pour l'Espagne, et capital dans les relations entre l'Église et les non-chrétiens. Cet épisode est aujourd'hui une invitation à réfléchir sur l'usage de la contrainte en matière de foi.

  • Derrière les archétypes de la criminalité médiévale, se cachent les différents aspects d'une réalité que l'historien se doit de restituer dans toute la complexité de son évolution. La justice accompagne ces mutations et dessine l'enjeu d'un nouvel ordre pénal. A partir d'une vaste "enquête" historique, ...

  • Les relations entre souverains sont-elles d'essence guerrière ? L'affrontement direct, le mode privilégié de règlement des conflits ? Et, finalement, les expériences de rapprochement, de simples trêves ? La plus longue période d'apaisement entre les deux Grands du XVIe siècle, consécutive à la paix de Cateau-Cambrésis (1559), apporte des réponses inattendues. Avec le déclenchement des guerres de Religion, le rapport de force entre les rois de France et d'Espagne, demeurés rivaux pour la prééminence en Europe, devient nettement favorable au second. Dans ce contexte instable se révèle également une volonté mutuelle d'entretenir leur amitié. Lien politique et social plus qu'affectif, elle est alors fondée sur l'entraide. Une association dynastique, des efforts conjoints contre la Réforme et le choix de trancher les différends à l'amiable ou de les éluder en ont été les piliers. Dans l'amitié réside toute la particularité de l'Europe des princes : devant s'accorder avec l'intérêt de chacun, elle n'adopte que la forme des rapports intimes et profonds exaltés par Montaigne, tout en se distinguant fondamentalement de la realpolitik contemporaine. Non seulement elle imprime sa marque à l'ensemble des actes de la diplomatie, mais l'amitié incarne aussi l'idéal des relations entre les souverains chrétiens, voués à s'unir et à s'aimer.

  • Pierre Renouvin et Jean-Baptiste Duroselle ont, dans un livre publié en 1964, transformé l'histoire diplomatique traditionnelle en une nouvelle discipline : l'histoire des relations internationales, qui prend en compte les rapports non seulement entre les États, mais aussi entre les « peuples ». Il n'est pas possible, à leurs yeux, de bien comprendre la vie internationale sans analyser ces « forces profondes » qui surgissent des sociétés et reconstituer l'écheveau complexe des « processus de décision » en politique étrangère. Depuis cette oeuvre pionnière, l'histoire des relations internationales a connu bien des métamorphoses. À la lumière des apports des autres sciences sociales, les historiens internationalistes requestionnent les notions, analysant à la fois les « systèmes internationaux » et les « dynamiques trans-nationales », et le rôle des acteurs étatiques et non étatiques. Ce livre se veut aussi un manifeste en faveur d'une discipline qui, en cette époque de nouvelle globalisation et de violences accrues, aide à penser la complexité du monde actuel et à éviter les solutions simplistes en matière de guerre et de paix.

  • Dans la lutte que mène Louis XI contre les princes, le duc de Bourbon, Jean II, fait figure d'oublié. Or, en 1480, ses principaux officiers sont mis en accusation pour avoir attenté aux droits du roi. Après une enquête sur le terrain, un procès s'ouvre devant le parlement de Paris.

  • L'histoire du Moyen Âge n'est pas seulement celle de la domination : on échange, on débat, on critique, on proteste. Mais s'agit-il pour autant d'un espace public au sens que le philosophe allemand Jürgen Habermas a donné à ce terme ? Telle est la question que posent les différentes contributions rassemblées dans ce livre, proposant d'abord une réflexion sur les intentions et les implications de la théorie habermassienne, explorant notamment les usages qu'en firent historiens et spécialistes des sciences sociales. Mais c'est à l'enquête empirique qu'il appartient de définir les lieux et les moments, les formes et les acteurs de cet échange politique au Moyen Âge, de la place publique à la cour du roi en passant par l'université et les conseils de ville. À travers différentes études de cas, on tente ainsi de saisir la manière dont se déploie une sphère où les hommes du Moyen Âge ont pu éprouver un usage politique de la raison.

  • Née du détournement de faits de civilisation (érémitisme, pèlerinages, croisade...) l'imposture médiévale oppose à des rois, en mal de légitimité, la figure idéale d'un prince revenu du passé pour mieux servir la cause de conjurations aristocratiques. Ces oppositions aristocratiques menacent les rois dans leur légitimité en endossant les figures royales idéalisées du passé, ceci en réponse aux rigueurs croissantes imposées par l'ordre dynastique d'un Etat royal en construction.

  • Une enquête et une analyse passionnantes : comment " fonctionnait " l'entourage royal, la famille, les courtisans, durant ce règne connu pour son libertinage (à l'exemple du roi) et qualifié par les historiens de décadent, antichambre de la Révolution. De cette décadence, le roi est responsable, écartelé entre le privé et le public. " Avec le règne du Bien-Aimé commence l'automne de Versailles" [celui-ci] " fatigué par le cérémonial aime à vivre en particulier ". C'est devenu un axiome de l'histoire de France. "Une époque et un sujet sur lequel les arts, peinture, musique, littérature et même cinéma, sont prolixes. Style fluide, chaleureux, lecture agréable ponctuée de citations extraites de témoignages de l'époque, par un auteur qui témoigne d'une compréhension du " fonctionnement " de la Cour et d'une connaissance parfaite des divers documents (Mémoires, Journaux, Correspondances) dont on dispose et des analyses déjà publiées.

  • Existait-il une justice au Moyen Âge ? Ne parle-t-on pas d'un temps d'anarchie féodale ? Les historiens ont entrepris des recherches pour mieux connaître cette époque longtemps décriée. Ce livre sur la justice s'inscrit dans ce cadre, il puise sa documentation dans les fonds très riches des archives de l'Anjou. Il décrit et met en scène à partir de cas concrets, comment les gens de ce temps réglaient leurs conflits. On y voit des pratiques qui nous semblent très étranges, on y apprend aussi que ces hommes savaient établir la paix et promouvoir la réconciliation, on constate surtout la mise en place de techniques de jugement plus rationnelles. L'auteur fait ainsi revivre les manières dont les hommes du Moyen Âge plaidaient leurs causes et oeuvraient pour la paix.

  • Souvent tenu pour violent et désordonné, le Moyen Âge ne l'est cependant pas comme nos contemporains se l'imaginent. Car la violence - un terme alors rarement utilisé, une réalité aux manifestations extrêmement variées - fonde un rapport et un ordre social sur lesquels l'État impose progressivement son contrôle, mais sans jamais en renier le principe. S'inscrivant dans la suite des travaux de l'historienne Claude Gauvard, qui représentent un tournant dans la définition de la violence comme objet historique à part entière, ses nombreux élèves se saisissent du sujet pour lui rendre hommage dans cet ouvrage. Leurs contributions témoignent de la vigueur d'une approche extrêmement sensible aux apports de l'anthropologie, de la sociologie et du droit, qui oblige à regarder autrement le jeu social et politique au Moyen Âge.

  • Comment évoquer Saint Jacques sans lier ce nom à celui de Compostelle ? C'est justement au retour d'un pélerinage à Saint Jacques de Compostelle en 1982 que l'auteur a entrepris une recherche historique sur le culte de Saint Jacques et ses pèlerins en France au Moyen Age. Les résultats de cette recherche bousculent les idées admises habituellement sur le culte de Jacques le Majeur enterré en Galice. Compostelle a bien sûr sa place dans la légende construite au 12e siècle à partir d'un rêve de Charlemagne, de même que dans les relations politiques en particulier avec la Bourgogne et dans l'imaginaire de la Chevalerie. Nul doute que cet imaginaire n'ait aussi imprégné les esprits des pèlerins rendant un culte à un saint Jacques à la fois un et multiple dans l'un des nombreux sanctuaires qui lui étaient dédiés. Car Saint Jacques est naturellement et incontestablement très vénéré en France au Moyen Age mais il semble devoir sa popularité bien davantage à l'influence de "L'Epitre de Jacques" qu'à l'aura de Compostelle. Les pèlerins allant jusqu'en Galice n'étaient pas très nombreux. Pourtant l'auteur s'est attachée à les identifier et à nous les faire connaître, mais elle n'a pas trouvé traces des foules immenses dont on parle trop souvent à tort. Ce n'est qu'au 16e siècle après la Contre Réforme et la disparition de la plupart des sanctuaires locaux que Compostelle finit par s'imposer comme lieu de culte unique marquant ainsi la victoire de Jacques le Majeur. Texte de couvertureLe pélérinage à Saint Jacques de Galice passe pour avoir été l'un des trois grands pèlerinages de la chrétienté avec Rome et Jérusalem. Son histoire légendaire raconte que, depuis le moment où fut redécouvert le tombeau de Saint Jacques au IXe siècle, dans le lointain Finisterre, des foules dévotes se sont précipitées pour vénérer le saint apôtre inhumé là par la grâce d'une série de miracles. Ce livre replace cette histoire dans son contexte médiéval, il propose au pèlerin d'aujourd'hui la compagnie de ses lointains prédecesseurs, s'efforçant de tracer des portraits aussi fidèles que possible. Il essaie d'individualiser ceux qui furent bien réels de ceux, fictifs, qui ont été inventés par une littérature politique, romanesque ou hagiographique. Vrais ou mythiques, aucun n'est à écarter car tous sont le reflet de perceptions différentes du pèlerinage selon les époques. Paradoxalement peu d'études parlent des pèlerins, les recherches historiques étant largement consacrées à la grandeur de Compostelle à laquelle contribuait la foule de pèlerins anonymes, cherchant leur salut dans la douleur, le renoncement et la prière au milieu de mille dangers.

  • Entre la puissance du mouvement étudiant et d'un mouvement social d'ampleur inédite, les intellectuels sont au centre d'une contestation radicale de leur légitimité qui nécessite une dedéfinition de leur fonction. Cet ouvrage fourmille de documents de l'époque sur lesquels l'auteur a appuyé sa recherche et son analyse, et qu'il met à la disposition de ses lecteurs.

  • Cet essai, mené à l'échelle de la Chrétienté latine et des dix siècles médiévaux, met en lumière la pratique, les usages et la perception d'un crime "caché", à la différence des homicides sanglants, "ouverts" et liés à l'honneur. Ce crime révèle également un condensé des anti-valeurs de la civilisation médiévale, de ses angoisses et de ses phantasmes.

  • La description des modes très complexes d'accession aux cures parisiennes montre comment adversaires et partisans du jansénisme ont pu utiliser le système pour s'assurer du gouvernement des âmes par curés interposés. Dans ce combat de la vérité contre l'erreur, l'affaire des refus de sacrements apparaît comme le détonnateur du basculement religieux de Paris durant la décennie 1750-1760.

  • A partir de la mise en écrit des coutumes, entamée en France depuis le milieu du XVe siècle, s'amorce une réflexion sur le champ de compétence, le contenu et les catgéories du droit coutumier, en particulier sur les droits seigneuriaux. L'enquête ici menée sur de nombreux cas surprenants, s'oriente vers la manière dont les juristes, dans leur travail d'interprétation, ont tenté de penser la féodalité et le droit féodal jusque dans ses formes rituelles, "les vaines cérémonies" dont parlait Marc Bloch. L'écriture du droit offre ainsi une grille de lecture magistrale pour rendre compte du passage de la féodalité à la modernité. Le nouveau statut de la preuve mis en place au XVIe siècle et le formalisme juridique ont leur part dans la construction de l'Etat monarchique moderne.

  • De l'homme qui aimait les livres au personnage de roman, l'ascension politique de François Mitterrand ne peut être séparée de la littérature. Ce portrait de l'auteur du Coup d'État permanent retrace les différentes postures lettrées endossées par un homme de pouvoir qui se rêva homme de Lettres avant d'être embaumé comme monarque républicain et grand écrivain. Si la symbolique lettrée a joué un rôle essentiel dans la fabrique de la gloire mitterrandienne, elle s'inscrit aussi dans l'ombre portée du général de Gaulle. Fondateur d'une République, l'homme du 18 Juin condense grandeur politique et grandeur littéraire, obligeant ses successeurs à mêler à leur tour carrière de la plume et du suffrage. L'attrait mitterrandien convoque alors un autre récit : celui du roman national. Cette fascination qu'exerce la littérature sur nombre d'hommes politiques français n'en soulève pas moins des interrogations. Pourquoi les hommes politiques s'adonnent-ils à la passion littéraire ? Pourquoi la littérature est-elle une composante indispensable de tout destin national ? À travers l'exceptionnelle trajectoire de François Mitterrand, c'est cette liaison durable du politique et de la littérature au sommet de l'État qui se trouve élucidée. Elle dévoile une esthétisation du politique et une sacralisation de la littérature. Elle explique les raisons de cette exception hexagonale élevée au rang de mythologie : celle de la France, nation littéraire. Elle permet de comprendre la complicité qui unit, depuis l'Ancien Régime, l'homme de Lettres et l'homme d'État.

  • Longtemps abandonnés à la petite histoire, les animaux font pour la première fois l'objet d'une étude systématique qui révèle leur rôle dans le développement de la vie de cour. Les animaux, ce sont d'abord les petits chiens et les espèces exotiques présents dans l'entourage direct du monarque et qui assurent la fortune du petit personnel qui en la charge. Ce sont aussi, comme les principaux gibiers, ceux qui décident de l'implantation des châteaux du souverain, tandis que dogues et oiseaux le suivent dans son itinérance lors de chasses et de séjours de villégiature. Ces auxiliaires de chasse eux-mêmes sont à l'origine de services spécifiques de la maison du roi qui connaissent un développement proportionnel à celui de la cour, assurant l'ascension de certains grands lignages et de bien des favoris. Éléphants, autruches et bien d'autres encore complètent le bestiaire de la cour, qui côtoie ces animaux dans les palais, lors des ambassades, ou qui les admire dans les ménageries royales. À travers un parcours documenté et s'appuyant sur des sources souvent inédites revit un monde oublié. À travers celle de ses animaux, c'est bien une autre histoire de la cour qui se dessine.

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