Sciences politiques & Politique

  • Souvent confondu avec la démagogie, le populisme n'a pas bonne presse. De fait, si le mot renvoie à l'origine à un mouvement politico-social russe de la seconde moitié du XIXe siècle, qui s'était donné pour objectif de soulever la paysannerie contre le pouvoir tsariste, il désigne aujourd'hui, dans le débat, les discours et les doctrines qui en appellent au « peuple » comme s'il était un corps politique indifférencié. Le populiste, c'est celui qui flatte les masses dans ses aspirations les moins louables.
    Or, les crises multiples que traversent nos démocraties libérales (crises économiques, mondialisation, crises migratoires, crise de la représentation) réactivent un spectre qu'on a cru disparu avec les idéologies du XXe siècle. Le populisme est-il une dérive inévitable de la démocratie ? En quoi n'est-il justement pas le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ? Quel en est le moteur ?
    Pascal Perrineau tente de circonscrire un concept flou, fait le point sur les études les plus récentes et montre quelles sont les formes nouvelles du populisme à l'heure des réseaux sociaux et des fake news.

  • De si violentes fatigues ; les devenirs politiques de l'épuisement quotidien Nouv.

    Cet ouvrage est consacré à la figure moderne de « l'épuisé », du « sujet fatigué », « du malheureux », c'est-à-dire de ces hommes et de ces femmes qui éprouvent une difficulté à affronter le quotidien. À partir d'une ethnographie réalisée au sein d'une association de prévention contre le suicide, il s'agit de se plonger à l'intérieur de ces vies défaites pour percevoir comment des milliers de personnages ordinaires expriment leur désaveu pour la vie et énoncent les causes de leur souffrance. Ce travail descriptif débouche ensuite sur une seconde perspective, plus ambitieuse et plus spéculative : quel est le devenir politique de la souffrance ? Puisque les malheureux n'adhèrent pas à leur actualité, comprendre leurs attentes, leurs colères, leurs indignations, leur épuisement moral et parfois leurs idées suicidaires, sont autant de ressources pour aider la société à se réfléchir tant sur sa potentielle brutalité que sur les ravages qu'elle suscite.

  • Politique de l'activisme ; essai sur les mouvements citoyens Nouv.

    Le livre propose de substituer à la notion de "société civile" celle de "pratiques politiques autonomes", qui permet de saisir les caractéristiques particulières de chacune des initiatives prises par des associations ou des collectifs pour s'occuper d'un aspect de la vie collective ou politique d'une société. Il montre d'abord comment ces pratiques remplissent une fonction de socialisation politique que les institutions sociales ne parviennent plus à assurer. Il s'intéresse ensuite à un type particulier de ces pratiques : celles qui investissent le champ de la politique pour jouer un rôle dans l'activité de gouvernement. Ces pratiques composent ce qu'on nomme ici l'activisme sauvage. À partir des expériences d'exercice du pouvoir par des citoyens ordinaires, le livre analyse la légitimité de cet activisme, dégage ce qui le différencie du militantisme partisan traditionnel et montre comment il est en train de façonner une politique, en favorisant la vigilance des citoyens sur les conduites des pouvoirs en place ou en concourant aux élections locales ou nationales pour contribuer, si peu que ce soit, à changer de monde.

  • Les meilleurs n'auront pas le pouvoir ; une enquête à partir d'Aristote, Pascal et Tocqueville Nouv.

    Critiquer les diverses formes de domination, débusquer les mécanismes qui assurent aux puissances établies leur apparente légitimité, telle est une des principales vocations des sciences humaines. Mais toute distinction est-elle injuste, et toute inégalité est-elle suspecte ? Qu'en est-il des distinctions fondées sur les grandeurs naturelles de l'intelligence et de la vertu ? Ne devrait-on pas considérer ces grandeurs comme des biens précieux, et ne devrait-on pas, à ce titre, leur conférer une forme d'autorité politique et sociale ? Les citoyens démocratiques eux-mêmes ne tireraient-ils pas profit de gouvernants avisés et vertueux ? A vrai dire, pour peu que l'on puisse s'entendre sur les qualités qui rendent un individu digne de gouverner, rien ne serait plus juste et plus bénéfique que confier le pouvoir aux meilleurs. Pourtant, Aristote, Pascal et Tocqueville, qui furent au plus haut point soucieux de la grandeur humaine se montrèrent réservés sur l'opportunité d'instituer une véritable méritocratie. Ce livre s'attache donc à comprendre leurs réserves, mais aussi à comprendre comment ils envisagèrent la survie de la grandeur humaine.

  • Entre Baltique et Pacifique, la Russie constitue un ensemble sans équivalent. Elle incarne « l'Eurasie », une notion désormais centrale dans le discours géopolitique russe. Au sud, le Moyen-Orient est perçu comme un arc de crise. Au nord, l'océan Arctique fait figure de nouveau front stratégique. A l'est, la Chine, l'Asie, puis les Etats-Unis. Au sud-ouest, l'Iran, la Turquie... A la mesure de ces immensités, le projet russe consiste à retrouver un statut de puissance globale, en opposition à l'Occident. L'approche raisonnée de ce « phénomène » géopolitique suppose la connaissance des lieux et espaces où s'exerce la puissance, la compréhension des rapports bilatéraux, la saisie des représentations à travers lesquels les dirigeants voient et pensent le monde. Ce dictionnaire géopolitique multiplie les perspectives sur la Russie et l'Eurasie postsoviétique en 550 entrées. Un ouvrage géopolitique sans équivalent aujourd'hui.

  • Les esprits éclairés aiment à se moquer de Donald Trump. Il serait le symbole d'une forme de stupidité politique qui n'attendrait que le réveil des gens de bonne volonté pour s'évanouir comme un mauvais rêve. Mais rien n'est plus faux. Plutôt qu'un symbole, Trump est un symptôme : celui de la disparition progressive de la politique dans un gigantesque processus d'unification, où les camps en apparence les plus hostiles se tiennent en réalité la main. Pour en finir avec Trump, c'est cette disparition qu'il convient de combattre, en restaurant les possibilités d'une opposition qui résiste au consensus fondamental de notre temps. Ce consensus porte un nom : capitalisme démocratique. Son opposition aussi : idée du communisme. Toute la difficulté tient donc dans la façon dont Trump et ses semblables rendent chaque jour plus impossible de la rendre effective - au moment même où nous en avons le plus besoin.

  • Si encore fin 2017, nous paraissions nous trouver dans un univers relativement prévisible, où la mondialisation se développait de façon irrésistible, en 2019, la donne a profondément changé : la crise économique revient, les Etats-Unis ont entamé une guerre commerciale avec la Chine et l'Europe et leur président n'hésite pas à rompre avec une série d'orientations fondamentales de la politique américaine depuis les années 1950, le Moyen-Orient est plus agité que jamais et la puissance commerciale de la Chine inquiète de plus en plus les Européens. En 2017, il s'agissait d'adapter la France à la mondialisation, en 2019 il s'agit de la préparer au temps d'arrêt de cette dernière. Et peut-être à une nouvelle récession mondiale. La plupart des paramètres de l'action extérieure de la France s'en trouvent très sérieusement remis en cause. Durant un an, l'Académie des sciences morales et politiques a engagé une réflexion sur l'organisation, les moyens et l'action des pouvoirs publics dans le domaine de la politique extérieure de la France, que ce soit sous l'angle historique, culturel, militaire ou géopolitique. Cet ouvrage est le fruit des contributions des académiciens et de personnalités invitées au cours de cette année de réflexion sur les enjeux et les modalités de l'action extérieure de la France.

  • Alors que la géopolitique est souvent considérée comme une discipline froide et complexe, Frédéric Encel démontre qu'on peut l'appréhender avec humanisme, simplicité et dynamisme. Construit autour de notions familières à chacun (« alimentation », « complotisme », « frontière », « guerre », « humour », « islamisme », « pétrole », « religion », « violence »...), ce dictionnaire original accorde aussi toute sa place à de grands acteurs géopolitiques à travers l'Histoire (Bonaparte, Churchill, De Gaulle, Staline...) et ambitionne de faire aimer cette matière en 200 entrées percutantes. Passionné depuis toujours par la géopolitique, l'auteur se fait l'avocat d'une démarche intellectuelle devant permettre aux diplomates d'anticiper les crises, aux entrepreneurs de bien évaluer les risques, et à tous les citoyens de mieux comprendre la complexité du monde.

  • L'époque où l'intérêt pour les enjeux stratégiques, économiques, politiques et environnementaux des zones Arctique et Antarctique était limité à quelques centaines de spécialistes à l'échelle mondiale est révolue. En dix ans, la prise de conscience environnementale et l'accélaration de la fonte des glaces en particulier ont fait des mondes polaires un sujet clé bien au-delà de la communauté universitaire. Devenus un Eldorado économique, ils attirent les plus grandes entreprises : si Total, Areva, Engie, Dassault, Bouygues ou Vinci se sont déjà positionnés en Arctique, ce sont les secteurs du tourisme, des télécommunications et de la défense qui sont les plus présents en Antarctique. Cet ouvrage permet de comprendre toute l'étendue, la magnitude et le caractère historique des enjeux contemporains des mondes polaires. Les thèmes géopolitiques abordés tout au long de l'ouvrage sans jargon ni tabous permettent de comprendre les réalités politiques, stratégiques et industrielles, les différends territoriaux, les enjeux énergétiques

  • Corruption, blanchiment, évasion fiscale, contournement des sanctions internationales... Les autorités de régulation américaines traquent ces pratiques chez les entreprises transnationales qui, si elles sont avérées, peuvent entraîner des sanctions considérables : procès à rallonges, mises en causes personnelles, pénalités astronomiques et, plus grave encore, préjudice porté à la réputation de l'entreprise. Devant ces menaces et la perspective de se voir interdire l'accès au marché américain, mieux vaut souvent coopérer en mettant en oeuvre une nouvelle logique. L'entreprise suspectée doit alors renoncer à se défendre judiciairement, pratiquer elle-même des enquêtes internes poussées, s'acquitter d'amendes colossales et mettre en place des processus de compliance lourds et coûteux ; en bref : acheter la paix avec les autorités américaines. Cette justice sans la Justice n'a-t-elle pas le mérite de l'efficacité ? Ne préfigure-t-elle pas aussi un nouveau mode de régulation globale ? N'annonce-t-elle pas un nouveau régime d'obéissance mondialisée où l'on demande à chacun - sujet ou entreprise - de se faire le juge et le dénonciateur de lui-même ? Avec une préface inédite pour l'édition « Quadrige ».

  • Les images répondent à certains besoins essentiels : elles nous font apprendre, nous défoulent et nous apaisent, elles stimulent notre mémoire, nos sens, nos émotions, nos désirs, elles nous permettent d'explorer nos tensions internes. Leur nature fictionnelle sait ouvrir la porte de notre vie intérieure souvent bien mieux que ne le fait notre quotidien. Telle est d'ailleurs le plus souvent la raison pour laquelle nous les fréquentons. Ce pouvoir mémoriel et affectif des images est au coeur de cet ouvrage. Nous tenterons de comprendre ce qui opère en nous lorsque nous les regardons : la manière dont elles réveillent nos souvenirs, nourrissent nos fantasmes, la force avec laquelle elles nous ébranlent et nous défoulent, leur pouvoir à lever le voile sur certains pans de notre vie intérieure.

  • L'entrée dans le XXIe siècle n'a pas relégué la guerre dans la catégorie des reliques de l'histoire, bien au contraire. Depuis le 11 septembre 2001 jusqu'aux actions menées par l'État islamique en passant par les interventions au Moyen-Orient ou au Mali, les événements récents confirment son actualité. Affectée par une série de mutations qui dépassent les seules innovations technologiques et l'irruption de nouveaux acteurs stratégiques, la guerre doit être pensée dans toutes ses dimensions, historiques et philosophiques, politiques et militaires, juridiques et prospectives. Et une telle entreprise ne peut être conduite sans que, en symétrie, la paix soit appréhendée dans ses fondements, ses modèles et ses conditions.
    Regroupant plus de 300 entrées et faisant appel à plus de 200 contributeurs - universitaires, militaires, acteurs de la société civile -, le présent dictionnaire entend offrir une série de repères indispensables pour analyser ces enjeux de notre temps, avec un double objectif : constituer un ouvrage de référence en langue française sur les questions stratégiques et contribuer à la consolidation des études sur la guerre et la paix dans le monde francophone.

  • Par quels processus intellectuels les institutions de nos démocraties modernes ont-elles été forgées depuis cinq siècles ?
    Comment se distinguent les trois grandes familles de théories que sont la droite, la démocratie libérale et la gauche, et pourquoi semblent-elles aujourd'hui encore irréconciliables ?
    Pourquoi la liberté - intellectuelle, politique, économique - joue-t-elle un rôle fondamental dans la gestion des sociétés modernes ? Le présent manuel, le plus complet actuellement disponible, précise le contexte historique où sont nées les idées politiques de la modernité. Il montre la genèse des notions qui nous sont devenues familières : État de droit, souveraineté, contrat social, droits de l'homme, constitutionnalisme, liberté de penser, justice sociale, révolution... Il offre des exposés détaillés des principales doctrines : Machiavel, Bodin, Grotius, Hobbes, Harrington, Locke, Montesquieu, Rousseau, Sieyès, Kant, Bonald, de Maistre, Constant, Tocqueville, Hegel, Marx, Lénine, Maurras, Rawls, Hayek, etc.

  • Les frontières représentent aujourd´hui un enjeu complexe dans la vie des personnes. Elles relient et divisent, elles se font mobiles, s´individualisent aussi, laissant circuler librement certains et retenant d´autres. Qu´elles s´ouvrent ou se ferment, elles font l´objet de politiques publiques spécifiques et constituent un levier privilégié du capitalisme marchand. Elles sont le lieu d´exacerbation des processus politiques, sociaux, économiques actuels, un laboratoire de notre époque.
    Pour l´heure, les frontières internationales restent les supports d´une citoyenneté qui elle-même fonde la démocratie... Mais la façon dont nos limites vacillent met en évidence le devenir incertain de nos systèmes politiques. Comprendre ce qu´est une frontière aujourd´hui, c´est ainsi interroger l´avenir de nos sociétés et reformuler notre relation au monde.

  • « Casimir, le constipé » ; « Moi, je ne dis pas Pétain, mais putain », « Général rebelle, bradeur de l'Empire, paranoïaque à délire intermittent » : ces diverses apostrophes adressées au chef de l'État furent poursuivies par le Parquet et leurs divers auteurs - citoyens ou journalistes - condamnés par les juridictions pénales. Délit méconnu, le délit de presse a protégé le président de la République en France de 1875 à 2013 et a souvent été présenté comme un délit d'opinion. Or, cet ouvrage entend réfuter ce lieu commun en se fondant sur une étude des procès à partir de documents d'archives. Il met notamment à jour l'épisode méconnu des paroles publiques injurieuses adressées par l'homme de la rue au maréchal Pétain et la sévérité des sanctions pénales. Il retrace la lutte judiciaire menée par le général de Gaulle à partir de 1959 contre les opposants d'extrême droite, « ennemis » du régime. Il permet, en étudiant cette face cachée de la République - la République injuriée -, de révéler la permanence d'une guerre civile larvée dans l'histoire politique française contemporaine.

  • Lévi-Strauss s'explique rudemment, dans les premières pages de Tristes tropiques, avec la philosophie, en particulier avec celle qu'il a apprise à la Sorbonne. Celle-ci se résume pour lui à des « exercices verbaux », « fondés sur un art du calembour » ; à une « contemplation esthétique de la conscience par elle-même », où « le savoir-faire remplacerait le goût de la vérité ». Il y renonce donc dès qu'on lui propose, en 1935 une mission au Brésil. Tout au long de son oeuvre, il lancera des flèches acerbes contre la philosophie, en particulier celle du sujet, lequel est qualifié « d'insupportable enfant gâté qui a trop longtemps occupé la scène philosophique » . D'où son opposition radicale avec Sartre. Mais on ne saurait s'en tenir là. Il y a aussi chez lui des références philosophiques dominantes. Il dit à maintes reprises sa dette, et celle de l'anthropologie tout entière, à l'égard de Montaigne et de Rousseau, mais aussi, à d'autres égards, à l'égard de Marx et de Freud. Mieux, l'immense matériau mythologique qu'il a étudié est sous-tendu par des interrogations philosophiques qu'il convient de mettre en évidence : une épistémologie et une esthétique qui ne resteront pas sans portée éthique et politique. C'est ce rapport ambivalent à la philosophie qui est au centre des études qui composent cette livraison de Cités.

  • Le lotissement a été le grand rêve urbanistique de la seconde moitié du vingtième siècle. Le rêve d'une maison à soi, où reconstituer une vie qui rassemblerait tous les traits d'une Arcadie à la fois familiale et communautaire, fondée sur l'égalité et la propriété. Il n'en a rien été. Aujourd'hui, le lotissement pavillonnaire est devenu le repoussoir absolu - le lieu d'une vie où ne règneraient plus qu'ennui, vide et mauvais goût. En retraçant, par une multitude virtuose de moyens, l'histoire presque quotidienne d'un lotissement disparu, Fanny Taillandier dresse ainsi le portrait mi-grinçant, mi-ému, d'une utopie et du douloureux réveil qui a suivi son effondrement, en même temps que de ce qui, dans cet effondrement même, continue à nous séduire. Car, à travers cette histoire, c'est encore notre quête naïve d'un habitat idéal qui continue à se lire - quête qui se déplace désormais ailleurs, dans d'autres rêves, appelant d'autres déceptions.

  • « L'opinion publique est la reine du monde », disait Pascal. Depuis quand ? De la Révolution à la crise de nos démocraties, quel est son rôle ? Elle intervient sous mille formes en perpétuelle mutation, journaux, médias, réseaux sociaux. On l'ausculte par sondages. Elle bouscule les régimes, et les sociétés, accrédite ou déconsidère la parole publique. Elle peut aussi saper l'autorité, nourrir le relativisme et les mystifications. Elle fabrique les élites comme elle peut les ruiner. Elle illustre les fractures sociales, les tensions identitaires, et renvoie les idéologies aux « poubelles de l'Histoire ». On la révère, on la manipule ; elle est tantôt confiance, tantôt méfiance. Fruit des travaux de l'Académie des sciences morales et politiques en 2018, ce recueil de communications de philosophes, sociologues, historiens, intellectuels, journalistes et autorités politiques, se saisit du phénomène pour prendre la mesure des défis qu'il pose à nos sociétés. Et restaurer un débat public digne de ce nom.

  • Diffusée pour la première fois en 2015, la série d'Éric Rochant Le Bureau des légendes constitue une tentative réussie de raconter à la télévision la vie d'espions français infiltrés, de ceux qui les gèrent et de ceux qui tentent de les démasquer. Vantée pour son réalisme, la série, dont la production est facilitée par la DGSE, est surtout crédible. Elle démontre une réelle compréhension des mécanismes du renseignement humain et ne cache pas son grand classicisme. Elle est aussi la poursuite de l'exploration du monde de l'espionnage commencé par son auteur il y a plus de vingt ans.
    Comme dans Les Patriotes, le cinéaste met en scène des femmes et des hommes engagés dans la lutte sans fin que se livrent les services secrets. Il y décrit aussi les tensions entre un métier de vocation absolue et les imprévus des sentiments, et prolonge élégamment l'un des genres les plus anciens du cinéma.

  • La violence terroriste djihadiste telle que nous la connaissons aujourd'hui diffère de la guerre et du crime car non seulement elle viole les lois nationales et les lois de la guerre, mais elle brutalise aussi un accord partagé sur le monde. L'attentat fait voler en éclats l'unité phénoménologique du monde et génère ainsi le défi nouveau d'une hétérogénéité radicale et le sentiment inédit d'une perte de confiance généralisée. Pourtant, c'est en référence à des formes juridiques antérieures que l'on continue de la penser. De là, l'enjeu de forger des concepts appropriés : à la dialectique de la guerre et de l'état d'exception, nous proposons de substituer celle d'une épreuve démocratique qui met sous pression (stress) la Constitution et les institutions. Les armes à opposer au terrorisme ne sont donc pas seulement guerrières, policières ou procédurales. Elles résident aussi dans notre capacité à résister et à cultiver une vertu démocratique : la sérénité, qui n'a pas les mêmes implications pour les institutions et pour les personnes.

  • À l'heure de la mondialisation dite heureuse, depuis la fin de l'empire soviétique, la réunification allemande, la montée en puissance de la Chine et à travers tant d'autres exemples récents, la résistance des nations est un fait indiscutable. Il n'en reste pas moins de bon ton de mépriser la nation, échelle politique d'un autre âge, porteuse de toutes les tares du nationalisme et de l'impérialisme. Or, la nation ne peut se réduire au nationalisme. Forme politique issue des révolutions égalitaires et libérales modernes, elle reste à ce jour l'espace indispensable à toute expérience démocratique. La nation est même le meilleur rempart à opposer aux nationalismes qui persistent et se recomposent dans un monde plus international que global, plus mercantile que libéral. L'histoire des nations et la redéfinition des nationalismes proposées dans ce livre par Gil Delannoi montrent que la nation démocratique n'est pas près de disparaître.

  • Vingt ans après son Vive la nation, à l'époque aussi controversé que visionnaire, Yves Lacoste se confie dans un livre témoignage. En compagnie de Frédéric Encel, élève puis disciple du fondateur de la géopolitique française, c'est dans un style incisif et sans détour qu'il évoque la nation française qu'il a pensée, comprise, vécue et défendue tout au long de son oeuvre. Après le séisme des régionales et en pleine vague de terreur islamiste, ses propos offrent des repères aux citoyens, de droite comme de gauche, qui s'interrogent sur le sens et l'avenir d'une nation sévèrement ébranlée.

  • Comment donc l'État peut-il promouvoir l'autonomie des jeunes ? Tom Chevalier répond à cette question en comparant les différentes façons dont l'État promeut cette autonomie en Europe. Depuis le début de la crise économique de 2008, l'actualité est jalonnée de manifestations et de protestations. Occupy Wall Street aux États-Unis, Nuit Debout en France, Indignados en Espagne : ces mouvements se multiplient avec pour points communs la présence des jeunes et leur demande d'accès à l'autonomie. Les réponses que peut apporter l'État en la matière sont donc absolument cruciales, au risque de faire émerger une « génération sacrifiée », non seulement souffrant de formes d'exclusion, mais pouvant également remettre en cause la légitimité des gouvernements et des systèmes démocratiques en présence, comme les votes croissants en faveur des partis populistes parmi les jeunes le laissent penser.

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