Economie mondiale

  • Les transformations économiques et sociales d'une Chine devenue capitaliste suscitent des commentaires fascinés ou craintifs. Quand les uns soulignent l'enrichissement de la population, le pragmatisme des dirigeants, et la grandeur retrouvée du pays, les seconds insistent sur les risques d'instabilité sociale, l'autoritarisme, la corruption et l'ampleur des dégâts environnementaux. En cherchant à renouveler l'analyse du développement chinois et de ses conséquences, cet ouvrage collectif et pluridisciplinaire encourage le lecteur à se défaire d'une vision manichéenne des mutations en cours. Pour ce faire, la transition économique est analysée au prisme des transformations institutionnelles et juridiques des entreprises et du rapport salarial. Si l'abandon des anciennes structures socialistes et le développement du secteur privé ont permis d'atteindre des taux de croissance inégalés sur plus de trois décennies, ils ont également conduit à la déstabilisation du monde du travail, avec l'émergence de conflits et de revendications qui menacent la stabilité sociale. Tout l'enjeu est alors de savoir avec quels acteurs (États, organisations de travailleurs, entreprises multinationales, « société civile ») et à partir de quels compromis sociopolitiques peut se construire une régulation « à la chinoise » du capitalisme.

  • L'histoire économique ne jouit plus aujourd'hui en France du prestige qui était le sien du temps de Braudel et de Labrousse, mais loin d'être le refuge d'une poignée de nostalgiques, elle ne cesse de se renouveler. Fruit d'une initiative du CNRS, ce livre s'interroge sur sa situation actuelle et ses perspectives de développement : poids des héritages, crise des paradigmes, rapports avec les autres secteurs de l'histoire et les disciplines voisines, chantiers en cours et thématiques émergentes y sont étudiés par les meilleurs spécialistes. De surcroît, sortant de l'hexagone, il donne à découvrir des travaux qui, au niveau international, sont en train de renouveler l'histoire économique et représentent autant de défis pour les historiens français. Faisant justice des stéréotypes réducteurs, il montre enfin que l'histoire économique aide à penser la complexité et, en éclairant le présent par le passé, contribue à rendre intelligibles les problèmes de notre temps - des crises financières à la montée de la Chine en passant par la fin des campagnes ou l'accroissement des inégalités.

  • Envisager la mesure des performances sur le registre impératif de la métrologie, comme c'est de plus en plus le cas dans les économies contemporaines, n'a pas uniquement un effet « réducteur ». En opérant par les nombres, ce sont les formes même de la prescription politique et de la vie en société qui sont transformées. Ignorer les formes pluralistes de l'évaluation (notamment de l'évaluation des politiques publiques), revient à faire disparaitre des registres de l'efficacité ce qui faisait valoir l'intérêt général. Exit des mesures de la performance d'un État « prestataire de services » les dimensions civiques ou civiles d'accès aux services pour tous, de bien-être par le travail, de maintien et de consolidation des droits du public. Un État prestataire de service agit selon une modalité qui se caractérise par une injonction permanente à l'incitation au travail et à l'accroissement de son intensité ; par une représentation économiciste et non citoyenne de l'individu : par une injonction à l'évaluation des performances de ces homo oeconomicus ; et par la fin de la reconnaissance et de la garantie des valeurs républicaines à l'instar de celle de l'égalité et de la citoyenneté. Comment a-t-on pu en arriver là ? C'est ce que propose d'explorer cet ouvrage qui fournit aussi des pistes de réflexion pour sortir, transitoirement et définitivement, de la performance totale.

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