Sciences & Techniques

  • C'est à une passionnante enquête au coeur des archives que nous convie Olivier Faure, entre impasses et découvertes, suspense et rebondissements. Il suit le parcours d'un obscur épicier ambulant de la région de Tarare (près de Lyon) qui, au xixe siècle, réussit en leurrant les autorités à obtenir le titre d'officier de santé. Au fil du récit, la personnalité complexe de Jean-Pierre Françon se dessine, imprégnée par la société de l'Ancien Régime (en matière de commerce, d'économie, de rapports sociaux...) et poussée par un caractère fort et une intelligence sociale qui vont lui permettre d'échapper au déterminisme et de s'élever au-dessus de sa condition. C'est également le portrait d'une profession qui se révèle : celle des officiers de santé, qui n'ont pas suivi les études nécessaires pour devenir médecins et parcouraient les campagnes pour apporter les soins qui faisaient défaut à la population, parfois de façon peu orthodoxe ou aux dépens des malades eux-mêmes. Tout comme celui du Pinagot d'Alain Corbin en son temps, le cheminement du Françon d'Olivier Faure vient éclairer l'histoire de France et de son peuple d'une nouvelle lumière, certes ténue mais désormais essentielle.

  • C'est le Professeur Y. Lequin qui eut, en 1976, l'idée de ce travail sur les hopitaux. La date n'est pas indifférente puisque cette année vit la parution du Surveiller et punir de Michel Foucault. Il était tentant pour les historiens, tout à la fois séduits et irrités par l'ouvrage, de vérifier concrètement certaines hypothèses exposées. Par leur importance et la richesse considérable de leurs archives, les Hospices Civils de Lyon fournissaient un exemple idéal pour ce genre de travail. Celui-ci fut d'abord entrepris dans cette optique, mais les recherches firent apparaître bien d'autres centres d'intérêt. [...] On ne trouvera pas ici une étude exhaustive des Hospices Civils de Lyon dans la première moitié du XIXe siècle, mais un exemple des relations qu'entretiennent l'hôpital et la société. Pour mieux en rendre compte on a choisi de miser sur le concret, de laisser la parole aux témoins, à tous les témoins, même les plus obscurs, de préférer le fonctionnement réel aux règlements. Les sources hospitalières, et en particulier l'impressionnant courrier, ont seuls permis le respect de cette règle. Se dépouiller des schémas de pensée contemporains est le premier devoir de l'historien. Comme l'hôpital du XIXe siècle est bien loin du nôtre, on s'est souvent abstenu de donner une vision trop exclusivement statistique de ce monde foisonnant dont la rationalité n'est pas la caractéristique première. On s'est efforcé de regarder hors de l'hôpital, de jeter quelque éclairage sur les diverses conceptions de l'assistance et de la santé, de confronter les archives hospitalières et d'autres sources d'archives publiques, car l'hôpital est finalement tout autre chose qu'un monde clos.

  • À partir du cas de la défunte université de Helmstedt, l'enquête se propose d'étudier l'organisation de l'enseignement supérieur au sein de l'espace germanique luthérien entre la guerre de Trente Ans et l'aube des Lumières entre la double coupure de la confessionnalisation et de la territorialisation, et la fondation des universités de Halle et de Gttingen. Grâce aux nombreuses archives conservées, et notamment à l'examen précis des comptes rendus trimestriels des professeurs sur leurs enseignements, on peut observer l'évolution des chaires au sein des facultés, et la confronter tant aux attentes officielles qu'aux stratégies individuelles des différents professeurs. Chacune des quatre facultés qui composent l'université (théologie, droit, médecine et philosophie) est passée en revue, à travers son organisation institutionnelle, le contenu des enseignements qu'elle propose, ou encore les personnalités des professeurs et leurs méthodes. Mais au-delà, il s'agit aussi de proposer un essai d'histoire sociale des pratiques intellectuelles et de la construction des savoirs, afin de préciser les évolutions qui ont abouti, à terme, à la naissance d'un nouveau modèle universitaire dans l'espace germanique au XVIIIe siècle, et plus encore à l'émergence de l'institution humboltienne au siècle suivant.

  • Cet essai est le premier résultat d'une collaboration fructueuse entre l'Association lyonnaise d'économie médicale, présidée par les professeurs L. ROCHE et D.C. LAMBERT, et le Centre Pierre Léon d'histoire économique et sociale de la région lyonnaise. Il a été réalisé dans le cadre d'une action thématique programmée du CNRS sur les Consommations médicales lyonnaises : les indices montraient que la consommation de médecine de ville est plus faible proportionnellement à Lyon que dans la moyenne nationale. Une hypothèse normale était alors d'établir une corrélation entre une surconsommation hospitalière et l'existence à Lyon d'une structure hospitalière originale, qui puisse rendre compte au moins partiellement de cette réalité. Cette publication tente de suivre l'évolution des budgets des hospices Civils depuis le début du dix-neuvième siècle jusqu'à nos jours, cette évolution économique traduisant presque la totalité des transformations dans la politique de santé, dans les comportements, dans les attitudes envers l'hôpital.

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