Littérature générale

  • Rimbaud, le monde entier le connaît. Au Japon, bien sûr, ce que j'avais très vite appris lors de repas avec des enseignants japonais de français, parmi Sartre, Camus, Proust, Duras. Sendai, personne ne connaît, personne ne sait que c'est une petite ville du Japon, la 11e, 1 million d'habitants, capitale du Tohoku, la région nord de l'île principale Honshu, la cité la plus importante entre Tokyo et Sapporo. Rimbaud à Sendai : inviter, jusqu'à l'Extrême Orient, l'homme aux semelles devant (la formule d'Ipousteguy me semble plus musclée que l'autre), allait de soi, dans une ville inconnue comme cet Aden de jadis, un extrême auquel Rimbaud a dû songer, n'en doutons pas, dans lequel il serait arrivé pour une fin de siècle, la disparition des samouraïs, à perte. Rimbaud au Japon devenait alors, imaginairement, provocant. Comme le Japon chérit les anniversaires, le centenaire de la mort d'Arthur Rimbaud ne pouvait être que fêté et, aussi loin de son lieu de naissance et de mort, que théâtralisé : la géographie et le recul supplantaient la date et la commémoration, comme s'il était moins impossible de parler de ce poète depuis l'éloignement, l'étranger, l'exotique, le double, en lui présentant d'autres auteurs, ceux du cru.

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