Littérature générale

  • Cet ouvrage lit le premier livre des Fables, fable après fable, selon son ordre, pour montrer que l'on gagne à reconnaître et à sentir la composition de l´ensemble des Fables de La Fontaine, sans rupture, mais en plis divers. S´il se veut d´abord un lanceur de lecture, qui esquisse l´analyse de plusieurs livres, il tente de penser un « art qui cache ce qu´il est et ressemble au hasard ». Il en montre les principes et les modèles physiques, éthiques et poétiques, qui permettent de se représenter la puissance créatrice de La Fontaine. En donnant un sens actif à la notion de diversité, en la plaçant dans le contexte de l´épicurisme chrétien et en multipliant les études de détail, il invite à renouveler, avec patience, audace et imagination, les approches d´un chef d´oeuvre trop inconnu.

    Sommaire Introduction Dans le courant du livre I La Cigale et la Fourmi, Le Corbeau et le Renard La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le Boeuf Les Deux Mulets Le Loup et le Chien La Génisse, la Chèvre et la Brebis, en société avec le Lion La Besace L'Hirondelle et les petits Oiseaux Le Rat de ville et le Rat des champs Le Loup et l'Agneau L'Homme et son image Le Dragon à plusieurs têtes et le Dragon à plusieurs queues Les Voleurs et l'Âne Simonide préservé par les Dieux La Mort et le Malheureux, La Mort et le Bûcheron L'Homme entre deux âges et ses deux Maîtresses Le Renard et la Cigogne L'Enfant et le Maître d´école Le Coq et la Perle Les Frelons et les Mouches à miel Le Chêne et le Roseau Retour à La Cigale et la Fourmi Conclusion Supplément à la lecture du livre I Livre II Premières fables du livre III À l´aventure du livre VI Bibliographie indicative Éditions des oeuvres de La Fontaine utilisées dans cet ouvrage Livres sur La Fontaine et les Fables Travaux intéressant particulièrement la composition des livres des Fables

  • Dans ce recueil de poèmes, Percival Everett poursuit son audacieuse exploration du langage et de ses surprises. L'on y découvre une sensualité aux idées, un goût et des couleurs à l'abstraction, une qualité tactile, l'effluve d'un parfum. Lire ces poèmes, c'est éprouver que la pensée est une expérience - agréable ou déroutante, qui rassure ou inquiète. Le langage est sans limite: Everett nous le rend étranger, pour mieux nous inviter à le redécouvrir et nous l'approprier - tâche jamais achevée, le langage restant en partage, notre mode d'être au monde.

  • Ces 105 lettres inédites de Juliette Drouet à Victor Hugo, récemment retrouvées dans les universités américaines de Yale, Harvard et Syracuse, et à la prestigieuse Pierpont Morgan Library, retracent plus de quarante ans d'une liaison passionnée, de 1835 à 1878, depuis la naissance d'Olympio jusqu´au dernier séjour des vieux amants à Guernesey. Elles témoignent des réelles qualités d´épistolière de Juliette Drouet, amoureuse éperdue mais lucide, fidèle et dévouée corps, coeur et âme à son « cher bien-aimé » à qui elle sauva la vie au lendemain du coup d´État du futur Napoléon III. Elles illustrent aussi ce qu´on a appelé "le style Juju" : figures d´amplifications, effets d´oralité, néologismes, détournements d´expressions, métaphores filées, notamment.

  • Negativity's Kiss is a noir poem, with characters and a story, violence, cops, everything one likes about the crime novel, minus its robotic, skippable detail. Plus language that rocks. However the poet doesn't know how to be straight enough to just do it-tone and genre-so this is pretty crooked. Satirical and feral, ...

  • Traditionnellement considéré comme un chef-d'oeuvre comique et un modèle de l'esprit français, le théâtre de Beaumarchais prétend aussi, plus profondément, éclairer l'homme et explorer ce que La Mère coupable appelle « le secret de l'âme ». Cette ambition anthropologique, au coeur de la présente étude, nuance la prétendue légèreté de ce corpus: fondée sur le principe de la trilogie, qui privilégie la maturation des personnages et l'entrelacs des registres dramatiques, elle puise dans le mélange des émotions l'art de mettre à nu le mécanisme des passions et la loi du désir. Beaumarchais renoue dès lors avec les grandes tragédies du monde antique: bâtardise, parricides symboliques, inceste, filiations, aucune des grandes étapes de l'aventure humaine n'échappe à son théâtre abrasif. Figaro, apothicaire mélancolique transformé, par le secret de sa naissance, en spécialiste des humeurs et de la catharsis, y marche sur les pas d'OEdipe et affronte à nouveau l'énigme du Sphinx: qu'est-ce que l'homme ? L'identité est-elle réductible au visible et au dicible, au masculin et au féminin? La découverte de soi n'implique-t-elle pas de consentir à l'existence de forces immaîtrisées qui agissent indépendamment de la conscience et révèlent, au coeur de la trilogie, la fascinante puissance du rêve et de la folie ?

  • Pendant la montée du nazisme et durant la guerre, Viktor Klemperer, philologue juif allemand, a étudié la contamination de la langue allemande par la propagande des nazis. Stan Neuman s'en est inspiré pour réaliser un documentaire remarquable, La Langue ne ment pas, dont la projection à Yvetot fut l´occasion d´une conférence d´Alain Rey sur les dévoiements du langage par les systèmes totalitaires.

    Le lexicographe éminent, le chroniqueur aigre-doux et le linguiste averti s´y livre à une analyse sensible et fine sur les dangers de la parole adressée aux masses quand elle est dévoyée.

  • Publiés pour la première fois en 1552, Les Amours constituent l'un des grands événements littéraires de la France du XVIe siècle: maintes fois imité à la Renaissance, le recueil est d'emblée perçu comme un chef-d'oeuvre, et fait même l'objet d'un commentaire savant, rédigé par Marc-Antoine Muret.

  • Amilec ou la graine d'hommes est, dirait-on aujourd'hui, un roman de science-fiction, de génétique-fiction plus précisément. D'une grande liberté de ton, entraîné par une curiosité universelle, ce roman inclassable, publié en 1753, est nourri des connaissances en matière de physiologie et des lectures savantes de son auteur, Charles Tiphaigne. La singularité de ce dernier est de ne pas être un homme de lettres comme les autres, mais d´être docteur en médecine de la faculté de Caen. Le roman, précédé d´une préface particulièrement éclairante, est ici replacé dans son contexte et accompagné de la première biographique de l´auteur, reconstituée avec minutie et comportant de nombreux documents.

  • N examine ici les paradoxes exprimés par le voisinage d'un titre poétique, Le Rouge et le Noir, avec deux sous-titres renvoyant à l'histoire contemporaine, Chronique du XIXe siècle et même Chronique de 1830. Le premier n'a certainement pas délivré encore tous ses mystères, tandis que les seconds semblent limpides, et leur coexistence intrigue.

  • OEuvre exigeante que Les Tragiques d'Agrippa d'Aubigné, qui peignent la France en mère affligée, contemplant la querelle sanglante d'Ésaü et Jacob, ses deux fils ennemis. Il a fallu le recul du classicisme pour que soit revalorisée une poésie âpre et sans concession, indifférente aux chocs qu'elle porte et aux blessures qui la Cette ...

  • Le motif mythologique de la métamorphose n'est pas seulement un élément thématique des oeuvres, mais un principe poétique et esthétique fondamental témoignant de leur dimension autoréflexive et processuelle. De Kafka à Dada, de Thomas Mann à Claude Simon, des poètes baroques à Paul Celan, la métamorphose est à la fois construction d´un sens et symptôme de son altération. Elle déplace l´attention de l´oeuvre achevée au processus créateur, de la forme proprement dite aux forces qui lui donnent lieu - et qui, aussi, la menacent et la déstabilisent. Son enjeu n´est pas pour autant, comme on dit, « purement formel » : il y va du statut du sujet, de son unité et de son autonomie, de la nature de son rapport au monde. Une réflexion que la littérature produit bien plus qu´elle ne la reproduit.

  • Flaubert romancier a toujours revendiqué le caractère impersonnel de ses écrits. C'est pour lui un parti pris esthétique fondamental : l´écrivain ne parle pas de lui-même dans son oeuvre, laquelle doit rester étrangère à l´expression intime de soi. Or

  • « Corneille » n'existe pas. Telle est la bonne nouvelle de ce livre conçu lors du quatrième centenaire de la naissance de Pierre Corneille (juin 1606). Du moins n'existe plus guère, et on peut s'en réjouir, un Corneille statufié, monolithique, on serait tenté de dire de pierre... Mais si la statue de Corneille s'efface ici, c'est pour laisser place à un portrait diffracté, complexifié, résolument ancré surtout dans l'étude des pratiques concrètes dont l'oeuvre de Pierre Corneille est à la fois le résultat et le point de départ : que fait Corneille, et que fait-on de lui, en son temps et après ? Telle est la question qui guide les analyses de cet ouvrage. « Il est facile aux spéculatifs d'être sévères », ironisait Corneille, invitant les doctes à mettre les règles « en pratique aussi heureusement » que lui-même l'avait fait (Discours des trois unités, 1660). Corneille, s'il est penseur ou poéticien, ne l'est en effet qu'au regard de pratiques, codifiées par des « arts » ou s'inventant à mesure, qui influent les uns sur les autres : comment s'articulent les pratiques de Corneille dramaturge, poéticien, mais aussi editor, paraphraste, académicien ou sujet du royaume de France ? Tissu d'actions d'autant moins séparées que le « champ littéraire » et l'expérience esthétique n'ont nullement acquis encore l'indépendance qu'ils revendiquent déjà. Comment retentissent sur l'oeuvre le travail de la scène, les réactions du public, les jugements critiques, les réécritures et appropriations ? Tout en distinguant le temps de la réception de celui de la création, les six sections de l'ouvrage examinent de façon croisée les pratiques de Corneille et celles de son interprétation (théâtrale, critique) dans le temps, avec pour enjeu de restituer à l'oeuvre de Corneille, dans sa diversité, sa dimension d'expérience.

  • La découverte du Barbier d'Ingouville ou Le retour du Barbier de Séville fait partie des bonheurs du chercheur. Pièce inédite, cette comédie alerte et ingénieuse est déjà en soi une belle trouvaille dont la lecture se savoure. Mais son cousinage revendiqué avec la célèbre pièce de Beaumarchais redouble encore son intérêt, pour l'historien de la littérature notamment, à qui s'offre ici la trop rare occasion d'approcher une de ces nombreuses parodies bien souvent introuvables. Il convient donc d'offrir à ce barbier havrais la place qu'il mérite. La pièce est accompagnée de commentaires permettant de la resituer à la fois dans l'histoire théâtrale et dans l'histoire du Havre.

  • Ce nouvel ouvrage de la série « Shakespeare à l'écran » révèle la présence remarquable de Macbeth dans le paysage filmique shakespearien à l'échelle mondiale. Comment expliquer qu'une pièce dont l'intrigue est ancrée dans une nation, l'Écosse, ...

  • Enfant du siècle, « romantique né classique », Musset est l'une des figures les plus originales du romantisme français. La postérité l´a défini comme l´un des grands lyriques de son siècle, mais a parfois mal jugé le dessein du poète comme ses idées sur la littérature ; c´est que l´oeuvre de Musset échappe à toute lecture univoque. Dans ce volume, se dessinent les contours d´une imagination créatrice nourrie d´une vaste culture, étrangère et nationale. Musset participe en effet à la refonte des genres dramatiques, investissant le proverbe, la comédie, le conte et la nouvelle, mais aussi les différentes formes poétiques. L´étude des motifs signale enfin une conscience aiguë des formes, notamment dramatiques. L´ouvrage lève le voile sur le caractère novateur de Musset, mais aussi sur les rapports paradoxaux qu´il entretient avec les innovations. Musset, l´idéaliste blessé, le fantaisiste nostalgique, le joueur dipsomane, apparaît dans ce volume qui dresse un état des lieux de la critique mussétienne.

  • Le dramaturge viennois, Johann Nestroy, demeure en France, comme dans les pays de langue latine du reste, un auteur confidentiel. Le numéro 75 d'Austriaca se devait donc de remplir une fonction double, à la fois informative et scientifique. D'une part, il vise à faire mieux connaître en France ce maître incontesté du théâtre de langue allemande, dont l´oeuvre se nourrit en profondeur du théâtre européen, en particulier du répertoire français et anglais du vaudeville. D´autre part, ce numéro tente de donner une vue d´ensemble de la recherche actuelle sur Nestroy.

    Les articles réunis mettent l´accent, chacun à sa manière, sur un chapitre particulier de la recherche sur Nestroy: le rapport aux sources françaises, le traitement par Nestroy de la langue française, l´inscription de son oeuvre dans le théâtre européen du XIXe siècle - ce qui soulève également la question des transferts croisés entre la France et l´Autriche. Ces contributions soulèvent en somme des questions ayant trait aussi bien à l´oeuvre et à la genèse de l´oeuvre nestroyennes qu´à la réception du théâtre sur le plan européen, voire international.

  • La partie thématique de ce dixième numéro de la Revue Fontenelle (« Le siècle pastoral ») est consacrée au « moment Fontenelle » dans l'histoire de la pastorale, réévalué et replacé dans un temps long allant du XVIe au XVIIIe siècle: quelle cohérence construisent les oeuvres apparemment contradictoires que lui ont inspirées les débats sur l'églogue et le changement de goût de la société de son temps? quelles problématiques nouvelles et quels nouveaux débats initient-elles ?

  • Ce livre étudie les représentations du Havre par plusieurs écrivains du XXe siècle et dessine les contours d'un «territoire littéraire» havrais.

    Après avoir proposé des outils de lecture, empruntés notamment à la géocritique, qui permettent d'enrichir

  • Dès les premières lignes du roman, Marivaux se plaît à avertir le lecteur de La Vie de Marianne que le voile qui dissimule l'identité de sa mémorialiste ne sera jamais levé.

  • Inachevé et posthume, ce recueil en prose paru en 1869 est l'emblème de la modernité. La nouveauté de sa forme surprend par ses ruptures, du poème au conte, du discours à la fiction. Entre lyrisme et cynisme, sarcasme et mélancolie, il dessine la figure de l'artiste en promeneur solitaire de la métropole industrielle, ...

  • Le mythe du « héros cornélien » a longtemps dominé la scène critique, avant de laisser place à une approche plus dramaturgique des personnages de Corneille, au pluriel, et pièce par pièce. Au passage, la notion même d'héroïsme cornélien s´est trouvée légitimement interrogée. Le héros doit-il se dissoudre alors dans le personnage, fût-il principal, voire dans le type, l´emploi, le rôle ou la place ? Corneille le distingue pourtant, ce « premier acteur » pour lequel le spectateur a de « l´amitié » ; ou plutôt il les distingue, héros et héroïne, tant le théâtre de Corneille est une « dramaturgie du couple » (Marc Fumaroli). Si l´éclat de l´héroïsme demeure manifeste, très concrètement construit - ou mis en question - sur la scène par le jeu des regards, des discours et des voix, son contenu demeure problématique : volonté, vertu, hauteur, point d´exception ? Pour quelles valeurs, et au prix de quels risques choisirons-nous encore aujourd´hui de parler de héros, ou de personnages de Corneille ? Ces questions orientent la réflexion collective que propose ce volume, issu d´un colloque international organisé par le CEREDI et le Mouvement Corneille à l´université de Rouen.

  • Souhaitant affranchir le nom d'Éluard des lieux communs du sentimentalisme, cette étude de Capitale de la douleur (1926) se veut attentive au coeur absolu du poème. Dans l'espace de la page s'opère une transmutation de l'expérience par la figuration d'un « je » universel qui redistribue les affects en chant impersonnel. De dada au surréalisme, ...

  • Le psaume s'inscrit dans un rapport étroit avec le vécu d'un individu, un seul, ou le ressenti d'un individu, un seul. Il relève tout d'abord de circonstances précises qu'il exprime, pour répondre à un besoin, une soif, ou une faim. Trouver aumônes dans les Psaumes: écrire ses propres psaumes. Oui, le psautier de Browne va bien s'appuyer sur cette noble et prestigieuse tradition du chant, comme chance de l'individu (et de l'individuel) à travers la religion. Mais quelle liberté se joue, dans l'interprétation et la réactivation d'une tradition à laquelle ce livre nous convie aussi, grâce aux multiples déplacements qui s'y opèrent ! Quelle audace et quelle assurance.

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