Publie.net

  • Au bout de la jetée : la fin du voyage, le domaine que j´aurais voulu sans partage, de l´eau, des bêtes marines, des oiseaux et de la sauvagine.
    Sur cette frontière, un cyclope, le phare des Onglous, veille de son oeil rouge le Canal du Midi et mon étang de Thau. Au loin, la colline de Sète allume ses milliers de lanternes et les vagues se brisent à nos pieds sur les rochers. Du haut de mes vingt ans, me voilà chef de bande : à ma gauche Aristide, le géant simplet, qui m'est tombé dans les bras comme un grand gamin quand le vieux Manuel s'est pendu ; à ma droite, Malika, notre lionne boiteuse, notre amoureuse, arrivée sans crier gare et chamboulant notre fragile équilibre. Ça sonne paisible, mais dans la nuit habitée de la lagune, autour de notre cabane de bric et de broc, un monstre rôde et des gamines s'évaporent dans la nature...


    Retrouvez Mô dans le deuxième tome de cette saga à la croisée du polar et du fantastique : adieu l'enfance adieu les vignes, voici venu le temps de la plongée et de l´aventure, du doute et de l'obscurité...

    Rendez-vous sur http://lasagademo.publie.net !

  • « Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance ! »Indécis, ils s'assirent d'abord sur la coque et observèrent un moment le passage continu des spectres à l'assaut des rives de l'Enfer dans la clarté diffuse qui provenait de nulle part : pas de soleil, de lune ou d'étoiles dans ces parages.L'Histoire ne mourant jamais, de l'étang de Thau à l'Enfer de Dante, arrivée brutale de l'oncle Henri, le dernier des pourris, la pire des raclures. À ses côtés, Mô, dilué dans le désespoir comme on se perd dans un brouillard façon Zyklon B, s'aventure à l'aveugle dans les neuf cercles fantasmagoriques peuplés de damnés nazis et de diables cornus. Comment ne pas le suivre dans cet Enfer tatoué de croix gammées quand on sait qu'il va faire la lumière sur la part d'ombre qui l'agite depuis son enfance ? Lancé dans ce cauchemar comme un chien dans un jeu de quilles, dans l'obscurité et la douleur, Mô découvre qu'il n'y a pas de limites à l'horreur.

  • Ouest

    Jean Olmedo

    Ex-taulard reconverti dans les assurances, Léo Boivin mène une vie terne, mais paisible, dans une ville de l´ouest à la pluviométrie abondante. Jusqu´au jour où la visite d´un policier muni d´une photographie vient lui rappeler qu´il est souvent plus difficile qu´on ne le croit d´échapper à son passé. Lancé bien malgré lui sur les traces d´un mystérieux personnage au destin plus que trouble, Léo devra risquer sa peau, offrir le café à son pire ennemi, rencarder des types qui ne méritent franchement pas le détour, déchaîner la Chine millénaire... Tout ça pour apprendre à ses dépens que la fréquentation des fantômes n´est jamais sans danger.

  • Mélangeant le roman noir et le fantastique avec une bonne dose de science fiction, ce troisième opus de la tétralogie Al Teatro reprend le tour du monde apocalyptique initié par Stéphanie Benson. La lutte entre le Bien et le Mal se poursuit, Katz et son équipe se recentre tandis qu'une série de meurtres ébranle le Japon. Mais le meurtrier agit-il seul ou ne peut-on y voir une nouvelle fois la marque d'Abbadon, l'adversaire qu'ils poursuivent depuis l'Allemagne ? Ce sont peut-être les enfants de Tirzah qui seront en mesure de répondre à la question. Grandissant à vu d'oeil, ils prennent leur arrivée sur terre très au sérieux. Ils doivent réparer le tissu du Réel.

  • À la mort de son ancien ami Pierre Floric dans la maison où Jean Moulin fut arrêté, Gabriel Lecouvreur, détective plus connu comme "le Poulpe", accuse le coup. Quelques mois plus tard, l'incendie de la bibliothèque universitaire de Lyon révèle la mort d'une femme que fréquentait l'historien Floric peu avant sa mort.

  •   Bleu comme la mer Méditerranée, comme un cruel espoir. Blanc comme neige, l'innocence qui permet tous les les risques. Rouge colère, comme le vin du midi lorsque le sang s'y mêle.
      Lilian Bathelot décline les couleurs du drapeau de la république : de la pénombre indigne des centres de rétention à la révolte brûlante du "midi rouge", en passant par... une version bien guillerette d'un casse du siècle aux airs de pied-de-nez qui claque comme une joyeuse revanche de la belle jeunesse.
      Ces trois histoires courtes nous emportent dans un voyage détonnant à travers l'hexagone, entre les sombres recoins d'un port écrasé de lumière, l'air vif d'un station des Alpes devenu terrain de jeu de pimpantes amazones qui n'ont pas froid aux yeux, imprévisibles comme une avalanche, et les mers de vigne aux ceps torturés où le destin des  vignerons se noue dans une trame serrée comme tragédie antique aux  accents de plomb et de poudre.
      Lilian Bathelot est un conteur hors pair qui tricote des histoires  poignantes où le plaisir prend du sens.
      Bernard Strainchamps

  •  Olivier Le Deuff est chercheur en sciences de l'information, et son blog un carrefour connu, le Guide des Égarés. Les questions touchant aux moteurs de recherche, à l'identité numérique, aux nuages de ressources fluctuantes qui sont pour chacun la trace informatique, les enjeux éthiques et sociétaux, voilà son terrain de jeu.
    Mais précisément, parce que tout cela aujourd'hui évolue plus vite que dans aucun autre moment de notre civilisation, la pensée elle-même doit - littéralement - se prendre au jeu.
    L'anticipation, la science-fiction, ce ne sont pas de simples projections dans ce qu'on ne sait pas, où on imaginerait des possibles. C'est aussi aller au bord de sa propre discipline, oublier le rationnel, sauter dans l'inconnu. Et la force de la pensée, pour se construire, c'est d'avoir tout autant besoin de ces expériences que de celles issues de la raison. Pas pour rien que le pseudonyme de l'auteur, sur twitter, ce soit @neuromancien. Et lire aussi sa précédente fiction, l'invention fulgurante et inquiétante de "Print Brain Technology".  Alors voilà : circulent parmi nous, sans que nous le sachions peut-être, des êtres pour lesquels ont été gommées toutes traces virtuelles. Pas seulement le blog ou les commentaires Facebooks, là on en aurait fini en trois pages. Non, toutes les traces. Désindexation.
    Alors, est-ce dévoiler trop de l'histoire de révéler qu'alors le temps aussi est bousculé, et le principe de réalité ? Et que, pourquoi pas, un personnage du film "Blade Runner" pourrait surgir soudain en face de nous dans une soirée ?
    Se méfier des chercheurs en sciences de l'information, quand ils ne sont pas devant leur écran de travail, mais eux aussi livrés à la nuit, à la crainte et à la peur comme nous autres. Le fantastique est toujours prêt à grincer des dents, tout près de votre épaule.  FB

  •  Concevoir un polar comme une saison de Série américaine, de celles qui font le fond ronronnant d'un poste de télévision dans un motel de bord de route, pas très classe ?  Eh bien, il suffit peut-être d'y installer un personnage en train de regarder les Experts, attraper une image du King ou un bruit d'hélico... On a tous les stéréotypes, ne reste plus que l'énigme. Mais si l'énigme, c'était seulement le plaisir qu'on a à s'enfoncer dans cet imaginaire qui nous précède, à y projeter nos jeux de lecture ?  Alors, c'est cela, l'énigme : ce qui nous pousse à lire, et nous y fait prendre plaisir. Soyez-en sûr, il y a tous les ingrédients.  On a voulu ce livrel comme une expérience ouverte, liens vers lectures audio, bonus track incluant entretien avec l'auteur, pourquoi son pseudo et comment... On remercie beaucoup aussi Fabrice Colin pour sa préface.  Et ça marche.  FB & BS   On trouvera dans la notice auteur de g@rp de nombreux liens vers textes audios ou autres nouvelles, et le très curieux labyrinthe virtuel que son @ stratégique organise... 

  •  Comme d'hab chez Marc Villard, ça flingue et ça se drogue très dur dans  Petite mort sortie Rambuteau. Et bien sûr, il y a mauvaise donne.  Le thème, c´est le monde de la nuit. Et la rencontre entre un instrument percuté (Dan, le flic perdu qui tourne au speed) et un instrument percutant (Oscar, le batteur de jazz tombé des étoiles filantes dans la  rue). Points communs, une princesse de la nuit et un certain goût pour la descente.
    Le phrasé est court, très maîtrisé, la mélodie donne froid dans le dos.
    A lire les yeux fermés. Marc Villard est un soliste rare de la nouvelle noire.
    «Rue du Roi-d'Alger. Trois étages. Réponds, petite, je suis mal. Je  frappe dix mille fois à cette porte de merde. No way. Cinquième sous-sol des Halles. Mes baguettes et mes sourdines. Dans les baffles à Tony: A Love Supreme par Coltrane. La nuit est  innombrable. » Bernard Strainchamps

  • Tout commence avec Paul Valéry, se moquant des conventions du roman, quand la littérature s´y prend les pieds : « La marquise sortit à cinq heures... » Depuis, c´est une phrase étendard : parce qu´il y en a tant, de livres et même de ceux qui se vendent et se vendent, qui prennent les recettes de l´illusion sans les remettre en chantier, les questionner. Non, « la marquise sortit à cinq heures » ne fait définitivement rien sortir de la langue. Sauf ici.
    Disons d´abord que c´est un jeu, une jouissance. Pas un amoureux de Simenon qui ne connaisse Lognon, dit le mal gracieux. Mais d´autres personnages de Simenon, des lieux aussi (le Picratt´s, le boulevard Lenoir, vont surgir dans le récit). Parce que, si la marquise est sortie, c´est lié à des tas et tas de choses louches. Et qui n´a pas sommeillé devant un Nestor Burma à la télévision ? Mais qu´on gratte encore un peu plus les strates d´écriture sous Kill that marquise, on verra passer - comme Fellini qui fait danser Proust et Kafka -, ledit Marcel, Emma Bovary ou Victor Hugo et bien d´autres. Et ça se complique même un peu lorsque des auteurs réels de romans policiers utilisent eux-mêmes des pseudonymes tirés de Simenon, et qu´ils viennent croiser le texte avec extraits de livres pour de vrai.
    Alors, exercice intellectuel où s´ennuyer et se perdre ? Que non. Voyez la Disparition de Perec : c´est pour de vrai un roman policier, et qui n´est pas prévenu tombera parfaitement dans le panneau tendu.
    L´art du jeu, c´est de créer une machine plus forte que vous, qui vous emporte où vous n´avez pas prévu d´aller. Michel Brosseau a lancé le 4 janvier 2010 un feuilleton quotidien sur le web, où les personnages ci-dessus évoqués, et cette marquise qui sort à toutes les heures, se croisent avec des anecdotes sociétales réelles. C´est un blog, distinct de A chat perché, le blog principal de l´auteur. Mieux, la marquise aura elle-même sa page Face Book pour se défendre de tout ce monde-là.
      L´expérience dure 150 jours, et autant d´épisode, et se clôt en juin dernier. La marquise est définitivement devenue roman Internet. Avec ce que ça comporte : on parle du tabac ou de la boule de fort, des liens vous embarqueront dans le monde réel. 150 épisodes qui se croisent et se décroisent, avec leurs galaxies baroques d´événements et de personnages  : les liens dans le texte renvoient au blog (et ses images), on se promène dans le texte lui-même. Les commentaires se greffent et influent sur la marche du roman : les liens vous embarqueront vers l´intervention des lecteurs en cours d´écriture. Et puis les Vases communicants : le 1er vendredi de chaque mois, on va tous écrire les uns chez les autres, bonne façon de découvrir, faire connaissance. Alors, à plusieurs reprises, un épisode de Kill that marquise va être confié à un autre auteur...
    Et on fait quoi quand ça finit ? Justement, c´est peut-être là que la Marquise invente l´édition numérique : là où le blog accompagne le chemin, l´édition numérique retransforme ce chemin en livre, mais un livre ouvert, multiple, neuf.
    Ah, quand même, un petit détail : si nous avons déjà accueilli Michel Brosseau sur publie.net avec Mannish Boy, plus près de Julien Gracq (qui traverse réellement le texte), et le début de carrière d´un jeune enseignant au temps du rock´n roll, Michel est réellement auteur de romans policiers. C´est comme les prestidigitateurs ou les funambules : faire un vrai roman policier en jouant des ficelles du roman policier, ça ne s´improvise pas. Il faut déjà connaître un peu ses bases. Nous, ça va, on a nos bases de lecteurs : que Lognon ici (et le jeune Lapointe bien sûr) avec joie renverse.

  • Le roman d´épouvante, c´est comme le film d´horreur : on sait ce que c´est. On le sait vaguement d´avance : ce sont des figures obligées, poursuites, traquenards, effets spéciaux. Dans Le moine de Lewis raconté par Antonin Artaud (puisque tel est le titre officiel, les souterrains, les squelettes. Et une seule loi, en fait : la pulsion à tourner les pages, à avancer dans la lecture.
    Pour de faux ? Sans doute c´est ce qui nous protège, même si on n´est pas sûr. Le besoin d´aller se faire peur ici parce que, poussée la porte sur le vaste monde, est la peur réelle - il n´y aurait pas l´épouvante si nous n´étions pas - pour de vrai - des inquiets.
    C´est ce qui se joue ici, dans le jeu que Jean-François Paillard inaugure avec l´ensemble des cordes de l´épouvante. La peur à la multiplication immobile de l´ordinaire, s´en servir. La poursuite hallucinée dans la ville, s´en servir.
    Mais c´est bien de langue qu´il s´agit : elle ressemble étonnamment à ce qu´en font les exemples de manuels scolaires ? Ce n´est pas forcément un hasard. Olivier Cadiot avait magistralement joué de ces détournements dans son Art Poetic´.
    Il y a des accumulations : chez Rabelais et chez Novarina aussi. Il y a un travail précis sur les images du monde et de la ville, jusqu´à ce qui nous entoure au plus proche et au plus commun : mais c´est bien ce qui signe la démarche de Jean-François Paillard, comme le texte aigre-acide que nous accueillons déjà, Les plus belles piscines du monde, et comme il l´explore sans cesse dans sa démarche de vidéo, voir notamment son Guide du XXIème siècle.
    Un monde qui nous fiche la trouille, on a le droit d´en rire avec la langue ? C´est ce que Jean-François Paillard fait dans Un monde cadeau ou ses Le saviez-vous ?.
    Un roman d´épouvante, c´est un rythme et une linéarité de lecture, c´est le monde ordinaire perçu soudain selon la traque, c´est la macération et l´accumulation des paroles qu´on n´a pas dites, c´est une interrogation toute simple sur ce pour de vrai / pour de faux : sérieusement, si on devait définir la plus effrayante menace qui nous serait possiblement infligée, est-ce que ce ne serait pas celle de naître en ce monde-là ? Et que notre pauvre humaine condition, puisque justement nous y sommes, c´est qu´il se multiplie dans la totalité de notre champ visuel même quand on cherche à le fuir ?
    C´est l´immense et ludique plaisir à lire ce Roman d´épouvante.

    FB Jean-François Paillard est né en 1961, et vit à Marseille.
    Outre les liens mentionnés ci-dessus, la porte d´entrée de territoire3, un des plus étonnants sites de création littéraire et visuelle, par Jean-François Paillard.

  • Juste pour le plaisir. Mais un plaisir qui décape.
    Dès lancé le projet publie.net, j´avais sollicité Antoine Boute : présence forte de la scène bruxelloise, performeur proche des chemins de Charles Pennequin, lisant et intervenant aussi bien en langue française que flamande. Je ne savais pas qu´il me répondrait avec deux envois presque antagonistes : un travail de fond sur Guyotat et le toucher constamment téléchargé depuis lors, et cette suite de neuf brefs polars, classés par saison.
    Alors dans un premier temps, on les a mis en ligne 2 par 2, dans les formes brèves, à chaque changement de saison.
    Mais, à les relire, c´est bien d´un bloc qu´il faut les prendre.
    Antoine Boute, lisez-ci-dessus le premier des 9 polars, déconstruit systématiquement et les codes de la fabrication du polar, ses modes de convocation du monde, de manipulation de l´intrigue, mais aussi les usages sociétaux, suspense, peur et sang, action et cinéma.
    Et il le fait en riant. Vous le verrez, dans les 9 polars (avec pelleteuses, avec chiens, ou l´ultime variation pour un roman inerte), le poète traîne toujours des pieds dans un coin. Et c´est un poète lettriste, qui s´active dans l´intérieur même des romans à en déconstruire ou démonter les mots.
    Le lien avec Antoine Boute performeur, avec Antoine Boute décortiquant le corps écrit de Guyotat, n´est donc pas si ténu. En attendant, dans les dérives les plus actuelles de la langue et du monde, les ficelles du polar apparaissent au premier plan, et on reconnaît tout ce qu´on doit au (mauvais) genre.
    C´est bien un seul livre de 150 pages qu´on propose à lire.

    FB Antoine Boute vit à Bruxelles. Pour l´écriture de Brrr... polars de saison, il a bénéficié d´une bourse de création du Centre national du livre (France).
    Brrr... sera prochainement disponible en édition papier aux éditions Voix, dir Alain Hélissen. Nous serons heureux de faire profiter gratuitement de la version numérique les acheteurs du livre.
    Autres liens :
     Antoine Boute performeur : sur MySpace Clodo3000  dans les Cahiers de Benjy  ou ces 3 récentes conférences données à la Bellone à Bruxelles pour le festival Troubles lors d´un colloque sur le burlesque (la 2ième contient de la poésie sonore, la 3ième du silence burlesque) PARTIE 1 - PARTIE 2 - PARTIE 3  Déconstruire les codes du roman policier reconstruit-il un nouveau roman policier ? 2009-09-24 ZONE RISQUE Démanteler les clichés du suspense, du polar, des mythes, et revisiter tout ça allègrement façon poésie performance... roman policier, roman, cinéma publienet_BOUTE04 publie.net

  • « La fascination des serpents, mon pauvre Mô, tu t'embarques sur une de ces galères... Il y a longtemps que cela ne t'était pas arrivé. Trop calme le pépère, tu te croyais hors du coup, définitivement à l'abri, froid, et te voilà reparti, et pas qu'un peu, attends, la totale, avec fièvre, frissons et adrénaline. Remarque, ...

  •   Tous les codes du polar, conspiration internationale, délits informatiques, diplomatie et barbouses, d'analyses sociétales et vue sur le dessous des villes, avec de bonnes rasades  de rire et la bonne dose d'érotisme et violence, dans un thriller fleuve, d'abord paru aux éditions de l'Atalante.
    C'est le premier volet d'une tétralogie, Al Teatro, que Stéphanie Benson confie à la collection "noire" de publie.net, dirigée par Bernard Strainchamps, sous l'enseigne de son site légendaire Mauvais genres.

    FB Milton - qui ne s´appelait pas encore Milton, qui, pour autant qu´il s´en souvienne, n´avait aucun nom à ce moment précis, n´était rien, inexistant, ou alors un tout, qui dépassait de loin une existence unique, étriquée d´humain - marchait en souriant quand la femme l´accosta... Sur le coup, il avait trouvé la femme plutôt classe. Plus tard, au moment de la tuer, il la haïrait à cause de sa laideur. L´être humain est profondément instable.

    La banlieue de Cologne, Allemagne réunifiée. Calme, résidentielle. Un parfum résiduel de campagne, d´autrefois. Petit pavillon banal, ni trop modeste ni tapageur. On avait évacué (discrètement) les voisins, bouclé le quartier. Tomas Geist ne s´en tirerait pas. La question demeurait : combien en emmènerait-il avec lui ? Katz s´était décidé pour l´opération commando, uniquement les membres de son unité, afin d´éviter à tout prix le bain de sang et de ne lui donner aucune raison de tuer la fille... Iris entendait Katz respirer dans le micro. Une longue respiration maîtrisée. Puis une autre.


    - Vas-y, Iris, dit-il très bas. La fenêtre des toilettes. Tu nous ouvres la porte, ensuite tu restes à l´entrée et tu nous couvres. Exécution.


    L´Untergott. Putain, où était-il allé chercher tout ça ? Et ces hiéroglyphes, et la langue d´Io, et les êtres originels ? Sans parler de la fin de tous les mondes où l´Untergott remonterait de l´abîme pour séduire l´âme des faibles et récompenser ses fidèles. Et où lui, Los, sauverait une poignée de fidèles parmi les fidèles pour les conduire vers le nouveau monde. Seulement, fallait pas se planter. D´autres avaient déjà prédit la fin du monde, des tremblements de terre, la chute d´une station orbitale sur le Gers (pourquoi diable le Gers ?), et le monde continuait de se porter comme une fleur.



    Rudi a tort : je ne suis pas un vampire. Je ne me nourris pas de l´horreur, je la dénonce. Je l´expose sur la place publique dans toute sa nudité sordide. Je démontre, photo après photo, que l´horreur est banale, un peu bête, très loin du flamboiement cinématographique ou littéraire qui voudrait en faire le nouveau héros de notre temps. Lermontov serait ravi.


    La pluie le trempa en quelques minutes, s´insinua entre le col de sa chemise et la peau mal rasée de son cou. Mortimer Blakemann, quarante-neuf ans, célibataire, photographe de presse indépendant depuis douze ans, trempé jusqu´à l´os comme un chien qu´on vient de repêcher dans la Tamise. Ou un cadavre.

     S. B.

       

  • "Ici, parents, grands-parents, cousins, oncles, des générations compactes d'hommes, avaient mêlé leur sueur dans les cales et sur les quais, chaque individu habité par l'idée que son propre salut dépendait de l'avenir commun. Bras dessus, bras dessous, jusqu'au bout du chemin. Le ciel avait fini par craquer sous le poids de la réalité. Tout s'était délité d'un coup, la fraternité, la camaraderie, et il avait fallu se résigner à ne plus penser qu'à soi, se faire à l'idée que l'horizon était désormais équipé d'un panneau de sens interdit." Le crime de Sainte-adresse est une course poursuite dans les rues du Havre. Ce polar mélange intrigue et documents, petite et grande histoire, un patchwork qui colle à notre triste réalité comme sait si bien les fabriquer Didier Daeninckx qui n'a pas oublié que le Havre fut un temps capitale de la Belgique.

    Bernard Strainchamps

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