Pygmalion (réédition numérique FeniXX)

  • Phu-Ly (Tonkin) octobre 1951 : Adjudant Vandenberghe, je t'ai proposé pour la rosette d'Officier de la Légion d'Honneur... Le général de Lattre s'y connaît en hommes et s'il a choisi de citer en exemple ce sous-officier de vingt-quatre ans au Corps expéditionnaire français, il sait ce qu'il fait. Il est vrai que Vandenberghe est un cas : arrivé cinq ans plus tôt en Indochine, comme simple soldat, il a, en peu de temps, acquis une notoriété extraordinaire. Titulaire de quatorze citations, huit fois blessé au corps à corps, à la tête de son commando Tigre noir, il a infligé à l'ennemi plus de pertes qu'une division d'infanterie. Le delta du Tonkin est son royaume. Un royaume qu'il dispute, pied à pied aux Viêts qui le redoutent : ils ont mis sa tête à prix... Erwan Bergot s'est penché sur le destin exceptionnel de ce guerrier solitaire et secret qui faisait, sur le terrain, la guerre qu'il fallait faire, sans jamais l'avoir apprise dans les écoles. Un homme qui a traversé la guerre d'Indochine comme un ouragan. Au delà du simple récit des exploits de Vandenberghe, Erwan Bergot nous invite à découvrir un héros légendaire, dont le souvenir, aujourd'hui encore, hante sûrement les rizières tristes du Tonkin.

  • Printemps 1962 ! L'Algérie Française se meurt. Dans quelques semaines, elle ne sera plus. Un soldat, parmi d'autres, se dresse contre l'inéluctable. Clandestin, maquisard, il tente un ultime baroud où la mort ne veut pas de lui. Captif, il part les mains vides, n'emportant pas même un caillou, souvenir charnel de la terre à jamais perdue. Fiction ? Non, plutôt témoignage vécu sur le terrain. La trame du récit s'appuie sur des faits épars, mais authentiques, qui donnent au texte sa valeur et sa véracité. Ces pages ne sont pas un plaidoyer. Elles ne sont qu'un cri du coeur, écrites dans la passion du moment, il y a un peu plus de vingt-cinq ans. Elles aident à mieux comprendre l'itinéraire de ceux qui, soldats avant tout, devinrent des rebelles pour seule cause d'Algérie Française.

  • Après tout, il n'y a que la mort qui gagne, déclara un jour sans ambages Staline à de Gaulle. Réflexion pour le moins contestable, a fortiori lorsqu'elle s'applique au plus illustre des Français, dont l'influence et le rayonnement subsistent plus de vingt ans après sa mort. De Gaulle, en effet, ne sort-il pas grandi du combat permanent qu'il mena contre elle tout au long de sa vie ? L'omniprésence de sa grande ombre ne demeure-t-elle pas, en définitive, sa plus belle et incontestable victoire ? François Broche, dans cet essai biographique passionnant et très incisif, rappelle que la mort, depuis les tranchées de la Grande Guerre jusqu'à l'ultime retraite à Colombey, fut la compagne la plus familière, la plus assidue du Général. Sa vie fut jalonnée par les deuils intimes, les ennuis de santé, les attentats, ponctuée par la hantise du déclin physique (la vieillesse est un naufrage), par la constante tentation de tout quitter. Il manquait, aux nombreuses études qui ont été consacrées à de Gaulle, un éclairage intime, objectif, à cet égard. François Broche comble ce vide, sans a priori ni complaisance, grâce à une documentation minutieuse et une enquête approfondie auprès des proches. Il réhabilite ainsi, preuves à l'appui, l'homme prétendu insensible par ses détracteurs, dément certains clichés malveillants et tenaces quant à son manque de coeur et de magnanimité.

  • Il fait encore bon vivre, en ce début des années quarante, à Saint-Sernin-la-Montagne, petite bourgade du Limousin, nichée sur une cime des monts de la Marche. La guerre, les restrictions, l'Occupation, la relative proximité de Vichy où réside le gouvernement, n'affectent que d'assez loin la quiètude du village et de ses habitants. Un beau jour cependant, une dénonciation anonyme sème le trouble dans les esprits. Le meunier, accusé d'avoir vendu une farine trop blanche, violant ainsi délibérément les réglementations en vigueur, se voit condamné à une forte amende, accompagnée de la fermeture de son moulin pour un mois. Indignés par ce qu'ils considèrent comme injuste et révoltant, trois gamins décident de venger la victime, persuadés de connaître le responsable de la délation. Commence alors une inénarrable aventure, émaillée de mille anecdotes, fleurant bon les sous-bois et les prés, le foin coupé, la terre et l'eau sous le soleil ou la brume. Situations burlesques, festivités et agapes, personnages truculents, s'entrecroisent au fil d'un récit aussi pittoresque qu'attachant. Un très allègre et dynamique roman du terroir qui, au-delà de la subtile et perspicace analyse d'une époque, réjouit et divertit à chaque page par la force d'évocation joyeuse et drue des mots, par l'émotion discrète et vraie que reflètent les images, par l'humour railleur sous-jacent tout au long de l'action.

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