Réédition numérique FeniXX (Albin Michel)

  • Pendant des siècles, le mot con n'a été utilisé que dans le langage parlé du peuple et de l'aristocratie. La bourgeoisie le boudait car il n'avait pas bon genre. L'écriture l'ignorait. Il ne figurait que sous forme d'initiale dans les libelles les plus virulents. Et maintenant, le voici qui se répand comme la foudre. On le rencontre à l'université, dans la presse, à chaque détour du discours quotidien, et, plus il va, plus il se multiplie. Au point que la connerie devient parfaitement indéfinissable. Être con, est-ce un état, un statut, un défaut, une force ? Rien de tout cela, et beaucoup plus encore, selon Yvan Audouard qui n'hésite pas à commencer cette Lettre Ouverte aux cons par cette fière affirmation : « Je sais de quoi je parle. J'en suis un. » Sans doute sommes-nous tous plus ou moins cons. Une grande fraternité comme on voit. Il reste que, plus la connerie devient indéfinissable, moins on peut l'éviter. C'est son côté diabolique. Au reste, Yvan Audouard, qui n'a jamais été aussi en verve que dans cette Lettre Ouverte, a mis au point une formule dont la logique est irréfutable. La voici : « Quand on croit tenir la connerie, elle vous échappe. Si elle vous échappe, c'est que vous êtes un con. » Sujet immense que la connerie ! Et immense occasion, pour chacun d'entre nous, de savoir enfin, pour reprendre le savoureux langage d'Yvan Audouard, si on en est un - ou non.

  • Le Professeur Pierre Debray-Ritzen est actuellement chef du service de psycho-pédiatrie à l'Hôpital des Enfants-Malades. Depuis quinze ans, il examine des petits écoliers en difficultés scolaires, et dans sa lettre ouverte à leurs parents il vend aujourd'hui la mèche... C'est-à-dire qu'il dénonce l'aveuglement et la carence de notre Éducation. Il explique pourquoi le mythe égalitaire, celui du collège unique, l'inutile cuistrerie de la pédagogie, surtout l'ignorance neuro-psychologique de l'enfant concourent à faire souffrir beaucoup de jeunes êtres. Étant donné leurs inégalités en intelligence, en langage oral, en apprentissage de la lecture, en contrôle moteur, etc., ceux-ci demandent à être secourus et à bénéficier d'un enseignement adapté. Des modèles étrangers sont à suivre, dans une orientation méthodique - malheureusement refusée par des idéologues, les petits dévots de la scolastique freudienne et des hommes politiques sans détermination. Cette lettre ouverte aux apparences de pamphlet est en vérité un cri d'amour poussé dans un monde qui en manque singulièrement.

  • « Vous êtes Président des Français depuis assez longtemps pour que l'on puisse déterminer le lieu géométrique de vos actes et de vos paroles, de vos démarches et de vos tentatives, de vos trouvailles et de vos expériences. Vous avez écrit, il y a vingt ans, contre le général de Gaulle, un livre que vous intituliez Le Coup d'État permanent. Ces termes sont de vous, on peut déjà vous les appliquer. C'est qu'en politique comme en économie, dans les affaires sociales comme dans la Défense nationale, dans vos rapports avec les corps de l'État comme dans la philosophie qui vous inspire, vous personnifiez l'erreur permanente. Je vais démontrer tout cela, et que l'erreur, dans les affaires publiques, se dissimule sous les voiles du mensonge, et que l'écart constant qui vous sépare des réalités vous fait suivre un itinéraire divagateur. Si vous passez à l'Histoire, elle n'aura pas de peine à vous caractériser, comme elle sait le faire d'un trait : après Jean le Bon, Philippe le Hardi, Louis le Bien-Aimé, nous aurons François le Sophiste. » M.P.

  • Messieurs de la Gauche, votre obsession a toujours été d'assassiner l'enseignement catholique en France. Depuis Jules Ferry, vous le guettez, hachoir en main. Qui donc nous accuse, nous, les catholiques, de « ranimer la guerre scolaire » ? Mais cette guerre est un fait brutal qui n'a jamais cessé ! N'avons-nous pas été sans relâche assaillis, tout au long des dernières cent années, par le sectarisme de la venimeuse Laïque ? Aujourd'hui, c'est la Fédération de l'Éducation nationale (F.E.N.) et bien d'autres instances de notre régime totalitaire qui veulent la peau de l'École libre - c'est M. Mexandeau, le compère de M. François Mitterrand, qui a médité longuement l'acte de mort - c'est M. Savary, ministre en exercice et bourreau de service, qui doit proposer à la condamnée les instruments de son supplice. Car enfin, n'en doutez pas ! Les décisions ont été prises une fois pour toutes ; le procès de l'enseignement catholique est fait - sans que l'on ait même voulu consulter les avocats. Des négociations ? Trompe-l'oeil et attrape-nigauds. La guillotine est prête, avec son couperet. Cette « Lettre ouverte », en apporte la preuve. Alors, Messieurs les socialo-communistes, je vous le dis solennellement : prenez garde ! Nous n'acceptons rien de vous - ni vos décisions, ni vos interdits, ni vos grossièretés de voyous de tribune, ni vos lois. Votre majorité n'englobe déjà plus, tant s'en faut, la majorité des Français, et votre régime est devenu parfaitement illégitime. Réfléchissez bien. Nos libertés, avec l'École libre qui en est la première et la plus inviolable expression, nous saurons les défendre « par tous les moyens, même légaux ». Craignez certaines colères, qui viennent de loin - je veux dire : des tripes même de ce peuple dont vous autres, bourgeois, conventionnels de pacotille, vous ignorez l'âme. Et prenez le temps de méditer, dans vos têtes farcies de haine recuite, l'ironie terrible de l'un de vos grands ancêtres, Danton, qui nous semble aujourd'hui d'une brûlante actualité : « Ce ne sont pas toujours les mêmes têtes qui tombent ! » Michel de Saint Pierre

  • Dans cette Lettre ouverte, Alexandre Sanguinetti s'adresse à ses compatriotes corses. Mais son livre va toucher et passionner aussi les Continentaux. Il raconte, à sa façon chaleureuse, étincelante, percutante, inimitable..., l'histoire de la Corse. Témoignant non seulement d'une parfaite connaissance de cette histoire, mais encore d'un profond sens du vécu (les anecdotes abondent) et du détail vrai, fort, qui sert brillamment sa démonstration. Les Corses, rappelle-t-il, sont français depuis deux cents ans. C'est une réalité. C'est la conséquence des circonstances et d'une situation. Certes, il n'y avait pas prédestination de la Corse à être française, cependant il n'y a jamais eu de possibilité pour elle d'être totalement indépendante. La Corse a connu, depuis Rome, dix-neuf changements de domination, dix-sept révoltes générales, sept périodes d'anarchie. Elle n'a possédé son indépendance que durant quinze années, et encore ne s'agissait-il que de l'intérieur du pays, la montagne. Pour Alexandre Sanguinetti, c'est bien la France qui a fait des Corses des citoyens à part entière. Il reste aux Corses à restaurer eux-mêmes leur patrie. Pour le faire, la France leur reste nécessaire parce que l'universel prime le particulier.

  • Toutes les civilisations disparues ont péri par la guerre. Mais aujourd'hui, celle-ci devenue monstrueuse, passée du rang de catastrophe à celui de cataclysme, menace l'existence de l'humanité tout entière. L'auteur explique que le pacifisme traditionnel est, dans les circonstances actuelles, devenu le pire ennemi de la paix. Car il entretient l'illusion, cependant mille fois démentie, que la guerre et la paix dépendent entièrement de notre bonne ou mauvaise volonté. Le pacifisme traditionnel sous-entend que nous possédions la connaissance infuse de cette psychose collective, de ce délire contagieux et irrésistible qui, périodiquement, s'empare des hommes les plus sages et les mieux intentionnés. Un pacifisme moderne et efficace doit passer du stade émotionnel, plaintif ou prédicant, à celui de l'étude scientifique des grandes perturbations meurtrières. C'est l'unique espoir d'empêcher que la paix ne soit, à court ou à long terme, toujours enceinte d'une guerre.

  • Quand on a écrit à Dieu, on peut se permettre d'écrire au Diable, surtout quand on croit davantage à l'un qu'à l'autre. Dieu, nous l'avons fait à notre image. Le Diable nous a été imposé. Je voyais en Dieu un intellectuel de gauche, avec tout ce que cela comporte de naïvetés, de pudeurs, d'enthousiasmes, de raideurs aussi. C'était en fin de compte un personnage séduisant et, en tout cas, difficile à oublier. Le Diable, lui, c'est un conservateur. Il a peur de tout, et surtout du changement. Il a peur que le changement le laisse en arrière. On a du mal à entrer avec lui dans la confidence tant il se surveille et tant il surveille les autres. Il est l'adulte éternel devant la jeunesse du monde. Ce n'est pas un personnage sympathique et le sourire se fige quand on est tenté de plaisanter avec lui. L'ennui est qu'on le porte en soi et qu'il n'y a pas moyen de s'en débarrasser.

  • Après avoir longtemps fréquenté les chantiers de construction, les réunions électorales, les galeries de peinture, les studios de cinéma, les répétitions générales, les ateliers de mécanique et les petits bars mal famés, Philippe Bouvard a fini par s'apercevoir que certains promoteurs d'immobilier, politiciens, amateurs d'art, producteurs, directeurs de théâtre, garagistes et certaines péripatéticiennes possédaient une ressemblance dont on ne s'était pas encore avisé. Toutes ces catégories sociales et professionnelles fournissent en effet des effectifs importants à ce que l'on a appelé au début du christianisme « les marchands du Temple ». Les temples ont peu à peu disparu. Les marchands restent... Et faute de pouvoir vendre leur âme à Dieu ou au diable, ils essaient maintenant de liquider au plus haut cours des marchandises souvent suspectes. Sans parler du trafic d'influence qui constitue, dans tout pays organisé, le fondement du commerce local...

  • Ce que nous regardons, écoutons, lisons quotidiennement fait de chacun de nous un satyre plus ou moins consentant. Il y a des satyres joyeux dont Jean Fougère décrit les exploits. Il y en a aussi de sinistres, personnages de faits divers, auxquels il vaut mieux ne pas ressembler. D'ailleurs, assure Fougère, les beaux jours du satyre sont passés. C'est maintenant lui qui se fait « draguer » par l'objet de son désir, la nymphe devenue satyresse. Mais son concurrent le plus redoutable est le sexologue. Voyeur autorisé, maniaque de la statistique amoureuse, il prétend nous apprendre à nous servir de notre sexe. Persuadé que bientôt nous serons obligés de rendre des comptes à ce nouveau maître des temps modernes, l'auteur des Bovidés en fait un portrait cruel, d'un comique impassible, souvent très fort, et qui donne à réfléchir.

  • Avec plus de mille taxes, cotisations, redevances et prélèvements de tous ordres, la France est un pays qui a plus d'impôts que de fromages. Et quels impôts ! - Les plus complexes : le Code général des impôts compte plus de quatre mille articles. Au rythme de quinze minutes par article, il faut six mois pour le lire. Des années pour le comprendre. Et le reste de la vie pour s'en remettre. - Les plus lourds : plus de deux mille milliards de francs de prélèvements obligatoires en 1985. Les plus forts taux marginaux d'imposition du monde. Fiscalité, parafiscalité et néo-fiscalité, le contribuable français est asphyxié. Son économie anémiée. Sa maladie répertoriée. C'est le SIDA fiscal : Syndrome de l'impôt dépresseur et asphyxiant. - Les plus inégaux : 1752 F d'impôts pour le contribuable de Cannes. Un festival ! 559 F pour celui de Reims, et 303 F à Perpignan. - Et pour finir, ils sont souvent presque illégaux : avec 900 milliards de francs de cotisations sociales prélevées, sans aucun contrôle du Parlement, la fiscalité est un western où un impôt sur deux est hors la loi. Comment en est-on arrivé là ? Par bien des voies. Notamment celle de l'intoxication diffusée par l'E.N.A. Shootés à l'herbe keynésienne, les hauts fonctionnaires ont fait de la France une réserve fiscale pour safaris interventionnistes. Des libéraux aux socialistes, sans oublier les catholiques sociaux, pendant quarante ans, tout ce que la France compte de dirigeants a été dirigiste. L'oecuménisme sur le national-fiscalisme, Vatican II du social-étatisme. De Marchais à J. Lecanuet ils ont tous été frères de lait. Que faire pour en sortir ? Exiger l'application de ses imprescriptibles droits. Le droit de décider : parce que le référendum fiscal est inscrit noir sur blanc dans les textes constitutionnels, depuis deux cents ans. Le droit de refuser : parce que face au gâchis des finances de l'État, frauder devient souvent un droit, celui de résister à l'oppression et à la spoliation. Le droit de liquider : l'impôt sur le revenu, budgétairement inutile, économiquement désastreux, techniquement condamnable et psychologiquement rejeté, est à supprimer. Ni plus ni moins !

  • Il n'est pas facile, par les temps qui courent, de se faire l'esprit libre et la voix claire. Naguère, les impostures de l'intelligence et les sottises du coeur pouvaient être facilement démasquées. Elles ne s'enveloppaient pas des nuages philosophiques et politiques que dégage la logorrhée contemporaine. Je dis que nous vivons, à gauche, une sorte de terreur intellectuelle (à-bas les profs !) faite d'un subtil mélange de pathos humaniste, de dévergondage philosophique, de moraliste rengorgé, d'avant-gardiste sourcilleux et de passéisme répugnant. Je dis que l'intellectuel de gauche est terrorisé. Il a peur de tout : du fascisme, de Roland Barthes, des sous-développés, de Lacan, de Maurice Duverger, des femmes, des ouvriers, des jeunes, de tout et de son ombre. Il a peur d'être pris en flagrant délit de pensée libre et claire et comme sa lucidité devrait payer le prix de quelque solitude il veut bien risquer une idée mais à condition de la truffer d'abord des conformismes, des timidités et des conforts intellectuels de l'heure ! J'ai voulu, dans cette « Lettre Ouverte » essayer de prouver qu'on pouvait écrire en liberté. Je ne doute pas d'être mal lu par certains. Qu'ils soient assurés, en tout cas, de ma bonne foi. Je leur souhaite la même. Jean Cau

  • On a donné à la femme du XXe siècle l'égalité civique, le droit d'aimer et de ne pas aimer, la pilule, la voiture, les trois quarts de la presse et les appareils électro-ménagers ; mais on a oublié de lui donner le droit à la santé. Les médicaments, surabondants, et les hôpitaux ultra-modernes n'y sont pour rien : la médecine a découvert depuis peu que la santé ne dépend pas tant du corps que de l'esprit. Or, justement, la femme du XXe siècle est menacée dans son intégrité mentale. Elle sait qu'elle n'est plus la femme d'hier, dont l'univers se limitait aux enfants, à la cuisine et à l'église ; mais elle ne sait pas ce qu'est une femme de demain. En s'adressant aux femmes de ce temps, à travers l'une d'elles, Lise, l'auteur du Journal d'une femme en blanc démontre que bien des maladies physiques, et des plus précises, ne sont que la conséquence d'un désordre moral subconscient. Tous les médecins de la terre ne guériraient pas Lise s'ils négligeaient ce fait essentiel : elle n'est pas une femme heureuse. Mais, pour qu'elle puisse guérir, il faut que Lise, avec le secours d'un psychosomaticien et, au besoin, d'un psychanalyste, veuille bien s'en rendre compte elle-même. Cette lettre est le récit d'une guérison ; mais, pour toutes les femmes, elle est pleine de conseils implicites. Par ses prolongements dans le monde de l'âme, elle rappelle que la médecine n'est pas la mécanique du corps : c'est d'abord un humanisme.

  • « Ils ont bonne mine, aujourd'hui, tous ceux qui, il y a vingt ans, dressaient le tableau apocalyptique d'un désert médical français... Dans les dix dernières années, le nombre de médecins en exercice a doublé pendant que celui des malades en puissance n'augmentait pratiquement pas. Résultat : les jeunes praticiens se lancent dans une chasse effrénée à la clientèle, qui ne leur assure pas toujours un niveau de vie décent mais compromet à coup sûr l'équilibre déjà fragile des cabinets existants. Et tout cela aux dépens de leurs compétences, car n'en déplaise aux tenants d'une hypothétique "médecine lente" : il n'y a de bon médecin que celui qui voit un nombre suffisamment important de malades chaque jour ! « Trop de médecins, mais aussi trop d'argent : ne nous en a-t-on pas rebattu les oreilles de ce budget social de la nation qui dépasse en importance le budget de l'État ! L'air de dire aux médecins : vous voyez ce que vous coûtez cher aux autres Français... Comme si les praticiens étaient pour quelque chose dans l'irrésistible extension de cette version moderne de la tunique de Nessus que l'on nomme "couverture sociale." « Trop d'argent, mais aussi pas assez d'argent. Car à l'heure de la crise économique, que vouliez-vous qu'il arrivât à ce que nos technocrates ont baptisé le "marché de la santé" ? C'est ainsi que les Français d'abord étonnés ont pris l'habitude, depuis plusieurs années, de voir défiler dans les rues des cohortes de blouses blanches ainsi réduites à "faire la manche" pour obtenir - et la plupart du temps pour ne pas obtenir - les moyens de soigner dignement leurs prochains. « Trop de réformes, aussi, comme on peut notamment le voir en ce moment avec l'élaboration à marche forcée - pour ne pas dire aux forceps - de ce qu'un quotidien du soir aux prétentions planétaires a pu joliment nommer "l'hôpital de la gauche." « C'est de tous ces trop qu'il est question dans cette lettre ouverte qui s'adresse à tous - et pour cause ! » R.T.

  • La main de Moscou ? La peur d'aller au pouvoir ? La revanche des "durs" ? La nostalgie du ghetto ? La tentation d'un "compromis historique" à la française ? Un irrésistible penchant pour la solitude ? La crainte de tirer les marrons du feu pour les socialistes ? Le parti communiste ne préfère-t-il pas à tout prendre être le premier dans l'opposition que le second au gouvernement ? Quand il devint évident que la négociation sur la mise à jour du programme commun entre les partis de gauche déboucherait sur un échec, les interrogations fusèrent de toute part dans la presse, à la radio, et à la télévision. Interrogations diverses, parfois contradictoires mais qui présentaient en général un dénominateur commun : c'était le parti communiste qui pour d'obscures et inintelligibles raisons larguait les amarres et prenait la responsabilité de la rupture. Dans cette Lettre ouverte à ceux qui se réclament du socialisme, René Andrieu répond de manière précise à ces questions et remet les choses au point : les communistes n'ont qu'une stratégie, celle de l'union de la gauche. Ils ne l'abandonnent pas, ils ne l'abandonneront jamais. Leur objectif n'a pas changé : créer les conditions pour que les partis de gauche aillent au gouvernement le plus tôt possible afin de mettre en oeuvre ensemble, dans l'égalité des droits et des devoirs, une politique nouvelle qu'ils auront définie ensemble.

  • Je t'aimais bien, l'écolo. Avec ta deuche fumigène et tes cheveux en broussaille, tu étais tendre et folklorique, un peu ridicule, mais tellement chouette. Tes rejetons, je les aime bien aussi. Mais parmi eux se sont glissés les jeunes loups aux dents longues de l'écolo-business qui hurlent, dès qu'on les touche, qu'ils font partie d'espèces protégées. Il y a les terribles Templiers Verts qui ont revêtu une armure chevaleresque de Croisés de la Nature. Il y a les adorateurs mysticouillons de notre planète Gaia. Et puis la horde de ceux à qui le fond de l'air pollué profite. Une aubaine pour faire prospérer de l'oseille qui se dit bio - au fait, vous aviez remarqué la couleur du dollar ?

  • Le siècle s'affadit. Les grandes querelles s'apaisent sous le signe des concessions, des paradoxes, parfois de la lâcheté. Le « parler franc », son dynamisme, sa santé, risquent de disparaître. C'est pourquoi notre idée de « Lettre ouvertes a séduit des auteurs comme Jules Romains, Maurice Garçon, Pierre Gaxotte, André Maurois, Robert Escarpit, André Soubiran, Salvador Dali, Jacques Laurent, Philippe Bouvard, André Ribaud, Paul Guth, Paul Vialar, Albert Simonin, et bien d'autres encore. Cette collection n'est pas faite pour les timorés, les gens satisfaits de tout, les disciples du Docteur Pangloss. Ici, on attaque, on décoche des flèches, on met tout en oeuvre pour que triomphent la vérité ou la justice, le bon droit ou le bon sens, mais on n'oublie pas l'humour : n'est-ce pas l'arme la plus sûre et la plus tonique ?

  • Les « bonnes femmes », celles qui prétendent libérer leur sexe de l'oppression masculine, les SGUM, les Women's Libs, aux États-Unis, les M.L.F. en France, auxquelles viennent se joindre les « Lesbiennes Radicales », le Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire, les W.I.T.C.H. « conspiration terroriste féminine internationale de l'enfer », etc., ne cherchent en vérité qu'à remplacer notre vieux système patriarcal, infiniment tolérant, qui ne survit que par l'habitude, par un matriarcat tout puissant et esclavagiste. Leur rêve, qu'elles déguisent dans une phraséologie pseudo-révolutionnaire : Asservir l'homme. Dans quel but ? Aucun ! Elles se disent le Tiers Monde opprimé alors qu'elles oppriment et détiennent la plus grande partie de la fortune du monde. Elles se disent esclaves : elles ne le sont que de la mode et de toutes les modes, intellectuelles ou autres qu'elles s'inventent. C'est cette gigantesque escroquerie - celle de la femme esclave - que vient dénoncer Lartéguy. En même temps qu'il pousse le premier cri de révolte de l'homme opprimé par l'impérialisme femelle.

  • Que faire pour conserver à la France sa place dans le peloton de tête, dans le camp des vainqueurs ? D'abord ne plus parler de « crise ». La réalité de la compétition, monétaire, énergétique, commerciale aussi bien qu'idéologique et démographique, est une réalité durable. Parler de crise provisoire, c'est s'en remettre à la fatalité. L'honneur de la politique est de refuser cette fatalité. Politique de la famille et de l'enfance ; politique d'expansion agricole et industrielle ; politique de solidarité sociale approfondie et diversifiée ; politique d'ambition pour les Français et pour la France. Quatre grands chapitres éclairent le chemin de l'action que propose Michel Debré pour que notre pays retrouve son équilibre et sa prospérité. Mais la France est une personne de la communauté des peuples. « La liberté est un honneur et la paix est une charge. » Sous ce titre qui, à lui seul, appelle au courage et à l'effort, l'auteur renouvelle les orientations essentielles de la politique extérieure et de la défense françaises... Avec un refus égal du discours officiel - « on ne peut faire mieux » - et du discours de l'opposition - « rien n'est possible sans un bouleversement général » -, la lettre ouverte de Michel Debré sur la reconquête de la France part d'un examen des réalités politiques et sociales pour ouvrir, par la « reconquête de la France », les chemins du renouveau et de l'espoir.

  • Soit l'équation présentée comme une évidence : Europe = Paix + Prospérité imposée mais jamais démontrée. Parce qu'elle est indémontrable, elle oblige tout esprit libre à envisager l'hypothèse inverse, soit : Europe = crise économique + guerre. S'agissant de l'Europe (de Maastricht) qu'on nous prépare, le mot « guerre » semble invraisemblable, voire provocateur. Et cependant, au bord d'une décision essentielle, comment, de sang-froid, écarter les contraintes de l'analyse logique ? Car, pour les Français, c'est bien le moment de poser « la question ». Or, poser la question, c'est déjà, d'une certaine manière, y répondre, c'est-à-dire envisager de sortir du sommeil obligé du rêve européen pour retourner aux réalités. Bonaparte notait avec brutalité qu'« au-delà d'un certain seuil, les illusions ne peuvent plus être vaincues que par les faits ». Il est encore temps pour les Français d'échapper à la dure leçon des faits, en osant dissiper l'illusion. Mathématicien et épistémologue (ses analyses pénétrantes sur l'impact du tout mathématique dans l'enseignement ont profondément influencé Jean-Pierre Chevènement), l'auteur propose une vue panoramique exceptionnelle de la bataille des idées en cours : de la destruction des intelligences par l'école à la destruction de la démocratie par l'Europe (de Maastricht) !

  • Alors que, pendant treize ans, Jean Grandmougin, à raison de deux éditoriaux par jour, s'était fait, au micro de Radio-Luxembourg et pour des millions de Français, l'historien de l'actualité mondiale, il s'est brusquement tu en mars 1962. Pourquoi ? Nombre d'auditeurs sont demeurés, à regret, dans l'ignorance. Cinq ans après, donc sans passion, sans polémique, Jean Grandmougin s'efforce d'expliquer comment un commentateur politique peut être, du jour au lendemain, réduit au silence. Par-delà son cas personnel, il pose le problème de la liberté d'expression. Les Français ont-ils le droit d'être informés ou seront-ils astreints à un endoctrinement ? La raison doit-elle être d'État ? Le Pouvoir doit-il prévaloir sur l'homme ? A ces questions répond « l'affaire Grandmougin ».

  • Vous êtes vivant... Savez-vous bien ce que cela veut dire ? Savez-vous, par exemple, que chaque cellule de votre corps contient, inscrits sur des molécules qui ressemblent à des rubans télégraphiques, les ordres concernant toutes ses fonctions, et toute votre hérédité depuis la nuit des temps ? Et que si on mettait bout à bout les "rubans" contenus dans les cellules d'un seul corps humain leur longueur couvrirait mille fois la distance de la Terre au Soleil ? Chaque détail d'un être vivant est un foisonnement de stupéfiants mystères. Et le plus grand de tous est la vie, dont nul ne sait ce qu'elle est. Or la voici menacée de destruction. Par le nucléaire. Militaire. Et civil. Un accident qui laisserait s'échapper le contenu d'une seule centrale à plutonium répandrait dans la nature de quoi tuer l'humanité tout entière... Et le plutonium répandu, que rien ne pourrait détruire, continuerait d'être mortel pendant plus de mille siècles. Peut-on prétendre qu'il n'y aura jamais d'accident ? Mais le pétrole va devenir rare et risque de manquer brutalement à la suite d'un conflit. Pour le remplacer il n'y a rien d'autre de prêt que les centrales nucléaires. Sans elles, la fin du pétrole, c'est la fermeture des usines, le chômage total, la famine dans les villes et la guerre civile. Pour décrire cette situation, Barjavel retrouve les accents de son roman prophétique, Ravage, écrit il y a 35 ans... Sans le nucléaire, c'est le désastre. Mais avec le nucléaire c'est la catastrophe... Barjavel propose de s'évader de cette alternative infernale par une troisième voie qui aurait, en plus, l'avantage de favoriser la transformation pacifique de notre civilisation en une forme nouvelle de société décentralisée, où l'homme retrouverait, avec la nature, un accord qu'il n'aurait jamais dû rompre. L'objet de sa lettre ouverte est de nous rappeler, au-dessus des querelles politiques et nationalistes, qu'il y a aujourd'hui quelque chose de plus important que de choisir de vivre de telle ou telle façon : c'est, impérativement, choisir de vivre.

  • Ethnologue et écrivain, professeur et homme politique, Jacques Soustelle a consacré une large part de sa vie aux pays d'outre-mer : Mexique et Amérique Centrale naturellement, mais aussi Afrique du Nord, Sahara, Afrique Noire, Polynésie, Nouvelle-Calédonie. C'est avec une profonde affection pour les peuples de ces pays, et en même temps avec une salutaire méfiance envers ceux qui prétendent parler en leur nom, qu'il analyse la situation du « Tiers-Monde » dans cette « Lettre ouverte ». A qui la décolonisation profite-t-elle ? Quel est le sort des peuples hier colonisés, indépendants aujourd'hui ? C'est à ces questions que l'auteur entreprend de répondre en s'appuyant sur une documentation vaste et précise, d'une plume alerte et souvent incisive, en stigmatisant allègrement les dictateurs extravagants, les tyranneaux racistes, les terroristes professionnels et les « nouveaux Messieurs » qui détournent à leur usage l'aide aux pays sous-développés. Au moment où sont remis en cause les rapports entre la France et l'Afrique et tout le problème de la coopération, le livre de Jacques Soustelle est d'une brûlante actualité.

  • Après avoir, dans des livres édités en une douzaine de langues, inventorié l'avenir économique et social du monde, après avoir envisagé Les quarante mille heures de travail et la morale prospective, Jean Fourastié élargit encore ici son champ d'observation : à l'intention du grand public, il s'interroge sur la condition humaine. Dans la contestation des sociétés et des religions, dans le désarroi des doctrines et l'émiettement des philosophies, un seul facteur de la connaissance humaine poursuit son progrès triomphant : la science expérimentale. Par ses résultats, et plus encore par ses techniques et par leur efficacité pratique, la science est à la fois la cause de toutes les crises, l'espoir de tous les progrès et de toutes les révolutions. Jean Fourastié recherche ce que la science nous apprend de la condition humaine, ce qu'elle pourra nous apprendre, ce qu'elle laisse et laissera sans réponse. Il envisage ensuite ce qui subsiste et pourra subsister de la pensée traditionnelle, des sociétés, des philosophies, des morales, des religions millénaires lorsqu'elles sont, et seront confrontées aux tests disrupteurs de l'informatique, de la physique nucléaire, de la chimie biologique, de la génétique, des cosmogonies stellaires et nébulaires... En un temps où l'art, les lettres, la politique et la vie quotidienne expriment une inquiétude qui, dépassant le désarroi, va souvent jusqu'à l'angoisse, l'intolérance, la violence et le nihilisme, Jean Fourastié, en s'interrogeant sur la finalité du monde et l'ardeur de vivre, nous pose les problèmes personnels qui commandent notre existence familière et l'avenir de notre espèce.

  • Il serait étonnant qu'en un temps où toutes les traditions, les valeurs, les moeurs sont sujettes à contestation et à mutation, la médecine échappât à la conjoncture. Ce n'est pas, bien entendu, son principe qui est en cause. La crise qu'elle traverse concerne ses méthodes, ses pouvoirs, son rôle social, son mode d'exercice. Elle perd en art ce qu'elle gagne en science. Et, d'autre part, elle se trouve arbitre des intérêts désormais contraires de l'individu et de la société. Les médecins ressentent les effets de cet état de choses. Et l'opinion se montre sévère à leur égard, tantôt à juste titre, tantôt non. L'auteur, chirurgien en retraite, qui a profondément aimé et connu sa profession pendant cinquante ans, s'adresse ici, à travers un de ses amis en « mal de médecine », au public tout entier. D'une impartialité exemplaire, il met (par habitude) le doigt sur toutes les plaies, n'excepte rien, ne ménage personne. Ainsi ces pages, sans prétendre apporter une solution globale, jettent une vive lumière sur une question d'une importance quotidienne pour tous, et invitent, grâce à plus de clarté, les deux partis à se mieux comprendre et à s'entr'aider.

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