Réédition numérique FeniXX (Hermé)

  • Maurice Perisset - est-il besoin de le rappeler ? - nous a habitués à ne produire que du haut de gamme en matière de roman à suspense. Les lecteurs l'ont adopté, faisant de ses ouvrages, des best-sellers. Les jurys l'ont reconnu, eux qui lui ont attribué les prix les plus prestigieux, dont celui du Quai des Orfèvres. Ici, le romancier nous gâte, car L'allée des tilleuls est plus qu'un simple thriller ou polar. Il s'agit d'une fresque romanesque comportant naturellement tous les moteurs d'intérêt qui portent irrésistiblement un livre au succès : décor, ambiance, intrigue, amour, intérêt, passions, ressorts psychologiques, rebondissements, imprévus... Quel merveilleux auteur dans le souffle, l'intrigue et, en prime, l'écriture. L'allée des tilleuls est un drame qui se situe au coeur de la Haute-Provence. Un drame à huis clos sous un ciel bleu lavande. Un roman d'amour « grande diffusion » qui se veut en même temps un roman de suspense, c'est aussi le portrait d'une femme de quarante ans qui espérait un bonheur plus serein, et qu'une épreuve imprévue et douloureuse rend à elle-même. C'est encore l'affrontement d'hommes suscité par les ombres du passé, c'est un suspense haletant du premier chapitre au dernier. Un roman de rumeurs et de bruits, mais de silences discrets aussi. Olivier, Catherine, Gilles, Sophie, Michel et les autres trouveront-ils enfin la paix ? Réponse au dernier chapitre.

  • Les romans d'Alain Dubrieu ne se racontent pas. Ils se lisent, se dégustent. Tout est authentique, original, pour ne pas dire étonnant ou génial chez cet auteur de 40 ans. Deux de ses ouvrages, Le désert de l'Iguane et La saison d'un rebelle, lui ont valu d'être invité à Apostrophes. Parlant de « l'Iguane », Jean Clémentin écrit dans le Canard enchaîné : «... Un roman-document terrible, porté par la flamme de la révolte et le miracle de l'écriture. Autrement dit, un chef-d'oeuvre... » Une vie à la godille est la suite logique (Célinienne ?) de cet Iguane, ce rebelle. La langue somptueuse que lui reconnaît Patrice Delbourg (Les Nouvelles Littéraires) est toujours là, cogneuse, arrogante, inventive, dérangeante, génératrice d'émotions fortes. Cocasse ou déchirant ? Burlesque ou pathétique ? Une vie à la godille, ce roman de l'insolitude, se conjugue à l'Imparfait du Subjectif. Il met en scène deux amants provisoires (le temps d'un septennat), un enfant-miracle, quelques voyous dégénéreux et d'autres flics véridicules, sans oublier certains animaux que l'on dit familiers comme les élégants, moins domestiques, cependant, que comestibles, et qui nous renvoient, nous, mammifères Supérieurs, à des miroirs de laideurs, à des interrogations éternelles. Navigant à la godille, d'asiles (vrais) en refuges (provisoires et incertains), l'Iguane, dix ans plus tard, ayant perdu ses écailles comme autant de cheveux, pour une peccadille, une opération médiatique dont il sera la première victime, va retrouver l'authenticité inébranlable de ses anciens cauchemars, dont il se croyait à jamais préservé et renouer, par la rage d'écrire, avec une manière de survivre à la haine, ce monumental moteur de nos sociétés. « Une vie à la godille » : un flamboyant et déchirant chef-d'oeuvre d'écriture.

  • Une seule existence, mais deux vies. C'est le sort de Sylvain. Riche de l'argent des prostituées qu'il blanchit dans ses sociétés, il est bon époux, bon père. Ce chef d'entreprise, ce chef politique, est d'abord un chef de bande.

  • Dans La faible mortelle, Henri Rode raconte l'histoire de Philippa, une mère abusive et déchirée, qui porte un amour trop fort à son fils Guillaume. Cet adolescent sorti de sa chair, Philippa le pare de tous les apanages. Il est son lion, le jeune fauve qui la fascine. Le cadre où se joue le drame de Philippa ? La Vallée du Rhône et Villeneuve-lès-Avignon, riveraine de L'Isle sonnante de Pétrarque. Là, Philippa est prête à tout pour garder cette part que - croit-elle - lui doit le destin : l'amour absolu de son fils. Pour lui, elle fait l'apprentissage de tous les détachements, et connaîtra la honte : mari, fille cadette, amis, elle entend tout oublier pour apaiser sa faim insoutenable. Plutôt que de donner Guillaume à quelque rivale, elle cède même à cette tentation : le pousser aux amours interdites. Mais Guillaume a ses propres armes. Jusqu'où consentira-t-il à suivre Philippa, faible mortelle s'il en est ? Avec La faible mortelle, où il brosse comme à vif le tableau d'une certaine province qui n'est plus que nostalgie, Henri Rode rompt un silence de plusieurs années. Il publie, d'autre part, huit récits sous le titre de La marche qui cède.

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