Littérature traduite

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de H. G. Wells. Exploitant toutes les ressources du merveilleux scientifique, H. G. Wells s'est imposé, avec Jules Verne, comme le grand pionnier de la science-fiction et de l'anticipation, annonçant dans de nombreux volumes la radio, les avions, les voyages interplanétaires ou encore la bombe atomique. Son célèbre "L'Homme invisible", chef-d'oeuvre de la littérature fantastique, exploite le mythe et le fantasme récurrent de l'invisibilité de l'être humain. Un savant, ruiné après une quinzaine d'années passée en vaines recherches, découvre enfin la formule pour devenir invisible. L'expérimentant sur lui-même, notamment pour fuir ses créanciers, il ne peut plus revenir à sa forme humaine visible et abuse bientôt de son pouvoir, profitant de son invisibilité pour épier les gens, les voler, commettre un meurtre et même terroriser une petite ville. Au-delà du fascinant récit de divertissement, "L'Homme invisible" est aussi et avant tout un grand livre de réflexion sur l'éthique scientifique et le danger, hélas trop humain, du sentiment de toute-puissance.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de H. G. Wells. Dans une tour, un vieil écrivain relate l'histoire d'un "Grand Changement" intervenu pendant sa jeunesse: lors de la première guerre mondiale, la chevelure d'une comète a effleuré la terre, provoquant diverses mutations atmosphériques qui ont bouleversé son existence et celle de l'humanité toute entière. À la suite de l'évènement, les émotions et sentiments humains - amour, haine, jalousie,... - ont en effet subis d'étranges métamorphoses et une forme de conscience supérieure s'est éveillée. Roman d'amour, fable philosophique et réquisitoire contre la société autant que récit de Science-Fiction, "Au temps de la comète" est ici l'occasion pour l'auteur de "La guerre des mondes" d'exposer son utopie d'une humanité nouvelle enfin libérée de l'égoïsme et de la violence. "Nous n'avions pas éliminé l'amour individuel, nous n'avions fait que le dépouiller de ses enveloppes grossières, de sa vanité, de ses soupçons, de ses éléments intéressés, de ses rivalités, jusqu'à le dresser, éblouissant et invincible, devant notre esprit. À travers toutes les manifestations belles et divergentes de la vie nouvelle, nous comprîmes avec plus d'évidence encore que, pour chacun de nous, telles personnes, mystérieusement et inexprimablement accordées au même rythme que nous-mêmes, nous offraient une joie par leur présence, exigeaient notre tendresse par leur existence même; et, servie par les circonstances, leur idiosyncrasie, en s'unissant à celle de leurs amants prédestinés, devait former une harmonie complète et prédominante."

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de James Joyce. Préface de Valery Larbaud. Le monde de "Gens de Dublin" est déjà le monde du "Portrait de l'Artiste en jeune homme" et d'"Ulysse" mais c'est Dublin et ce sont des hommes et des femmes de Dublin. Non seulement toute la topographie de la ville y est exactement reproduite, les rues et les places y gardant leur vrai nom, mais encore les noms des commerçants n'ont pas été changés et certains notables habitants -- bourgeois, journalistes, agents électoraux -- y sont mis en scène avec leurs opinions politiques et leurs remarques parfois peu respectueuses. Leurs figures se détachent avec un grand relief sur le fond des rues, des places, du port et de la baie de Dublin. Jamais peut-être l'atmosphère d'une ville n'a été mieux rendue, et dans chacune de ces nouvelles, les personnes qui connaissent Dublin retrouveront une quantité d'impressions qu'elles croyaient avoir oubliées. Mais ce n'est pas la ville qui est le personnage principal, et le livre n'a pas d'unité: chaque nouvelle est isolée; c'est un portrait, ou un groupe, et ce sont des individualités bien marquées que Joyce se plaît à faire vivre ici. Nous en retrouverons du reste quelques-uns, que nous reconnaîtrons, autant à leurs paroles et à leurs traits qu'à leurs noms, dans les livres suivants de l'auteur.

  • Fouché

    Stefan Zweig

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Stefan Zweig. Né en 1759, élève des Oratoriens de Nantes puis professeur à Arras où il rencontre Carnot et Robespierre, Joseph Fouché est élu député à la Convention aavant de réprimer férocement l'insurrection de Lyon en 1793. Accusé de zèle terroriste par Robespierre, il rallie ses opposants. Nommé ministre de la Police en 1799, il participe activement au coup d'Etat de Bonaparte et conserve son portefeuille sous le Consulat. Se distinguant par son cynisme et ses abus de pouvoirs, incontournable depuis l'affaire de la "machine infernale", il demeure ministre durant l'Empire. Ayant mis au point des méthodes d'investigation redoutables, maître absolu dans le domaine des renseignements et des tractations souterraines, il obtient en 1809 le ministère de l'Intérieur, tout en conservant la Police. Mais en raison de sa trop grande puissance occulte, Napoléon se ravise et lui supprime ses fonctions ministérielles tout en le faisant duc d'Otrante. Très surveillé, puis exilé à la Restauration malgré ses manoeuvres, il meurt à Trieste en 1820.


  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Matthew Gregory Lewis. En 1794, M. G. Lewis, âgé de 19 ans, est envoyé à La Haye en qualité d'attaché d'ambassade. C'est au cours de son bref séjour dans cette ville qu'il écrit un livre éminemment subversif, "Ambroise, ou le Moine", dans le but de divertir sa mère. Se déroulant à Madrid à l'époque de l'Inquisition, le récit relate le destin tragique d'Ambrosio, abandonné à la naissance aux portes d'un couvent de Capucins. Élevé par les frères, il devient un prédicateur admiré pour sa vertu, la pureté de sa foi et l'éloquence de ses sermons. Mais ce prieur pur et intransigeant se croyant à l'abri de toute tentation charnelle se lie d'amitié pour un jeune moine novice qui se révèle être en réalité une femme aux pouvoirs démoniaques. Sa vie va alors basculer dans le péché, entraînant de nombreuses victimes dans les pires infamies. Interdit par la censure lors de sa parution en 1796, puis republié dans une version corrigée et épurée, le roman ne cesse depuis de susciter l'enthousiasme des lecteurs. Avec "Le Château d'Otrante" d'Horace Walpole (1764) et "Les Mystères d'Udolphe" (1794) d'Ann Radcliffe, "Le Moine" est aujourd'hui considéré comme l'un des chefs-d'oeuvre du roman gothique. D'une noirceur romantique inégalée (satanisme, sado-masochisme, viol, inceste, matricide,..), il inspirera par la suite nombre d'auteurs dont entre autres Lord Byron, Le Marquis de Sade, Samuel Taylor Coleridge, E.T.A. Hoffmann, Victor Hugo, Mary Shelley, Maturin, Robert-Louis Stevenson, Charles Dickens, André Breton ou encore Antonin Artaud. Il a fait l'objet de plusieurs adaptations cinématographiques, dont la plus récente est celle de Dominik Moll, avec Vincent Cassel dans le rôle du moine.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Yasunari Kawabata, Prix Nobel de littérature. C'est d'une rupture de fiançailles et d'une rencontre avec une troupe de théâtre itinérant dans la péninsule d'Izu que le futur auteur des "Belles Endormies" et de "Pays de neige" s'est inpiré pour son premier chef-d'oeuvre, "La Danseuse d'Izu". La nouvelle - qui donne son titre à ce recueil de cinq textes exprimant tous dans leur subtil dépouillement stylistique l'amour, la mort, la solitude, la beauté et le silence - relate l'histoire d'un jeune orphelin parvenant à découvrir le sens de la vie et la valeur d'une bonté sans limites, trouvant ainsi une certaine communion de sentiments avec les autres. Délicat, raffiné, contemplatif, tout en touches impressionnistes, ce récit de pure mélancolie fournira en quelque sorte la base de la vaste production littéraire de Kawabata, qui, tout en étant destinée par sa nature aux happy few et aux amateurs de haute culture japonaise, a aussi le bonheur d'être appréciée par des millions de lecteurs dans le monde entier.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Eduard Mrike. À l'automne 1797 Wolfgang Amadeus Mozart se rend en compagnie de sa femme à Prague où, après le succès des "Noces de Figaro", il doit diriger la première représentation de son "Don Juan". Dans un lyrisme tout intime, discret et familier, Mrike relate le voyage du musicien à travers ce savoureux récit mêlant fiction et biographie, écrit pour le centenaire de la naissance de Mozart. "Il faut bien avouer que cet homme ardent, si bien fait pour ressentir tout le charme du monde et ce qui est proposé de plus noble à la sensibilité humaine, ne parvint jamais, pendant le court temps où il lui fut donné de vivre et de créer, à un sentiment paisible et durable de soi-même. Si nous ne voulons point nous égarer en de trop subtiles analyses, ni mettre une excessive profondeur là où elle n'a que faire, nous ne pourrons nous expliquer cet être exceptionnel que par les indéracinables faiblesses de son caractère; aussi bien inclinons-nous à croire que ces faiblesses tiennent par un lien nécessaire à toutes les qualités qui nous font admirer Mozart."

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Ambrose Bierce. L'auteur du "Dictionnaire du diable" est désormais reconnu comme le créateur de la "short story" d'horreur, et à ce titre comme l'initiateur d'un courant majeur de la littérature américaine contemporaine, de Richard Matheson à Anne Rice en passant bien entendu par Stephen King. Si Bierce a avec Edgar Poe le même goût du morbide, la même délectation pour la mort, violente, cruelle, il s'inspire pour sa part de la réalité la plus prosaïque - ici la Guerre de Sécession - qu'il décrit avec une minutie et une précision quasi photographiques. "Morts violentes" en est une bonne illustration. Là, pas de fantastique au sens littéraire du terme mais une exploration clinique de la réalité la plus crue, d'où nait le surnaturel et, chez le lecteur, le sentiment de l'horreur. Aussi, c'est à de véritables variations sur les métamorphoses du corps mort ou agonisant que se livre Bierce, de la vision d'un pendu sur un pont ("Ce qui se passa sur le pont de Owl Creek"), à celles du face-à-face pendant toute une nuit d'un soldat et d'un cadavre ("Une rude bagarre"), d'un espion apprenant qu'il va être exécuté sur-le-champ, de porcs en train de dévorer des cadavres ("Le coup de grâce"), ou encore d'une foule indistincte de blessés progressant à genoux comme des animaux et dont l'un des représentants, la mâchoire arrachée, menace bestialement du poing un enfant terrifié ("Chickamauga"). Dans "Morts violentes" la peur s'insinue partout.


  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Thomas Mann. Tonio Krger est un jeune écrivain d'origine bourgeoise et bohème de nature. Esprit tourmenté, il mène une vie solitaire et comme séparée de celle des autres hommes. Il ne peut vivre sans constamment s'interroger sur soi-même, sur l'oeuvre qu'il crée, sans se regarder vivre, alors qu'il n'aspire qu'à vivre comme ceux qui vivent sans y réfléchir, qui ne s'analysent pas, qui ne rêvent pas, qui se contentent de s'abandonner simplement à leurs instincts sociaux. En un mot, il rêve de vivre comme Hans et Inge, tous deux jeunes et beaux, blonds aux yeux bleus, et qui ont tous deux tenu une grande place dans sa vie affective. Thomas Mann évoque la douloureuse solitude d'un être d'exception avec un art d'une rare perfection. Largement autobiographique, "Tonio Krger" est à la base de toute l'oeuvre de Thomas Mann.

  • Le Duel

    Giacomo Casanova

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Giacomo Casanova. En 1766, le célèbre aventurier est à Varsovie. À la suite d'une aventure avec la danseuse vénitienne Anna Binetti, il est amené à se battre en duel avec le puissant comte Vladislav Branicki. L'affrontement, dans un parc désert, en pleine campagne polonaise, n'est pas entre deux hommes du même monde, mais entre deux mondes. Récit autobiographique, "Le Duel" ou "Essai sur la vie de J. C. Vénitien", publié par Casanova à Venise en 1780, relate méticuleusement les faits, à la troisième personne et dans le style unique qui assurera plus tard la gloire du mémorialiste.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Rainer Maria Rilke. De février 1903 à Noël 1908, Rilke adresse dix lettres à un jeune homme qu'il ne connait pas, Franz Xaver Kappus, cadet à l'École militaire de l'armée d'Autriche-Hongrie. Celui-ci sollicite des conseils, doutant de sa vocation littéraire et hésitant entre le métier des armes et celui de la poésie. Le futur auteur des "Cahiers de Malte Laurids Brigge", à peine plus âgé que lui - il a 28 ans à l'époque - lui répond lucidement, non pas en littérateur mais en poète et en philosophe. Ses "Lettres à un jeune poète" ne sont pas un recueil de conseils professionnels mais une profonde méditation - quasi programmatique car portant déjà en germe les thèmes des "Élégies de Duino" et des "Sonnets à Orphée" - sur la poésie, sur l'écriture, sur la vie créatrice et sur le sens de l'existence. "Entrez en vous-même, cherchez le besoin qui vous fait écrire: examinez s'il pousse ses racines au plus profond de votre coeur. Confessez-vous à vous-même: mourriez-vous s'il vous était défendu d'écrire ? Ceci surtout: demandez-vous à l'heure la plus silencieuse de votre nuit: Suis-je vraiment contraint d'écrire ?" Ces lettres d'une portée universelle seront publiées par Kappus en 1929, trois ans après la mort de Rilke.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de F. Scott Fitzgerald. Publiée dans un magazine littéraire des années folles avant de figurer dans l'anthologie de nouvelles "Tales of the Jazz Age", "Un diamant gros comme le Ritz" est l'une des meilleures et des plus célèbres nouvelles de l'auteur de "Gatsby le magnifique". Inspirée par l'été que Fitzgerald passa près de White Sulphur Springs Montana, elle relate l'histoire d'un jeune homme de la petite bourgeoisie provinciale qui tombe amoureux d'une très riche héritière vivant dans une propriété d'un luxe inouï. Elle lui rend son amour mais il est condamné par le secret entourant la fortune familiale. Celle-ci résulte de l'exploitation d'une mine composée d'un immense bloc de diamant, "plus gros que l'hôtel Ritz".

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Federico Garcia Lorca. Pièce centrale dans l'oeuvre théâtrale et poétique de Federico Garcia Lorca, "Noces de sang" ("Bodas de sangre") retrace l'histoire tragique d'un amour rendu impossible par les traditions ancestrales d'un petit village andalou. Elle illustre l'attachement que l'auteur du "Romancero Gitan" - fusillé au début la Guerre civile à l'âge de 38 ans - éprouvait pour la terre et le peuple espagnol. "Noces de Sang" fut créé à Madrid en 1933, puis au Théâtre de l'Atelier à Paris en juin 1938. Elle n'a cessé depuis de connaître des représentations triomphales dans le monde entier et plusieurs artistes l'adaptèrent avec succès, tels entre autres le chorégraphe Antonio Gades qui en réalisa une version flamenca dansée, ou le cinéaste Carlos Saura pour sa trilogie sur le monde flamenco.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Pär Lagerkvist. Quel est le sens de la vie ? Telle est la question que les personnages du "Sourire éternel" se posent au royaume des morts et qu'ils vont poser à Dieu lui-même, le retrouvant sous les traits d'un vieillard un peu simple qui ne sait quoi répondre. Cette question à un Dieu qu'il ne peut nier, mais auquel il refuse sa foi, Pär Lagerkvist, Prix Nobel de littérature 1951, n'a cessé de la poser tout au long de son oeuvre. Il y répond ici en affirmant sa foi dans l'Homme, porteur de l'Éternité, et en réduisant sa langue à une simplicité extrême qui l'élève jusqu'au mythe.


  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Dino Buzzati. "Le Rêve de l'escalier" rassemble vingt-cinq nouvelles fantastiques qui parlent de nos petites folies en tous genres: illusions, délires, fantasmes, cauchemars, obssessions, angoisses, absurdités,... Dans "Le Rêve de l'escalier", qui donne son titre au volume, un escalier se dérobe sous les pas d'un rêveur, dans "L'Épouse ailée", une comtesse docile mais mal mariée se voit pousser des ailes puis les perd en découvrant l'amour, dans "Crescendo", qui repose sur un procédé littéraire d'amplification, une femme reçoit la visite d'un souvenir, dans "Tic-tac" une étrange horloge annonce l'avenir, dans "L'aliénation" un homme constate qu'un autre a pris sa place, dans "Vergetures du temps" le passé et le présent se croisent dans une distorsion temporelle, dans "Les vieux clandestins" une paire de lunettes magique permet de voir ceux qui vont mourir, dans "Vieille auto" un homme ne parvient pas à se débarrasser de sa voiture, dans "Mosaïque" une galerie de tableaux juxtapose de petits éclats de destins en apparence sans rapport les uns avec les autres, dans "Petits mystères" quatre petits récits deviennent eux-mêmes très mystérieux, etc. Entre choses vues d'une réalité absurde et parfois inquiétante, imagination sans limite et douce ironie, l'auteur du "Désert des Tartares" excelle à nous entraîner dans les méandres sans fin du labyrinthe de la conscience.


  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Thomas De Quincey. Auteur des célèbres "Confessions d'un mangeur d'opium anglais" (que Baudelaire popularisa avec "Les Paradis artificiels") et de nombreuses autres nouvelles gothiques, essais biographiques et récits divers tous emplis d'humour noir et d'ironie, Thomas De Quincey - qui fut journaliste chroniqueur de faits divers - s'attarde ici dans un essai aussi noir qu'érudit sur le meutre. Composé de trois parties écrites à différentes périodes (1827, 1839 et 1854), "De l'Assassinat considéré comme un des Beaux-Arts" retranscrit d'abord une "Conférence" du narrateur devant un club d'esthètes sachant apprécier comme des oeuvres d'art les plus beaux assassinats de l'Histoire commis depuis Caïn jusqu'au XVIIIe siècle, puis un "Mémoire supplémentaire" proposant de nouveaux exemples notables (les Thugs étrangleurs de l'Inde, les Sicaires de Palestine, etc), enfin un "Post-Scriptum" traitant des crimes particulièrement sanglants commis dans l'Angleterre pré-victorienne par le tueur en série John Williams. Au-delà de son ironie et de son aspect iconoclaste frôlant le macabre qui lui valut d'être parodié par Edgar Poe et de figurer en bonne place dans l'"Anthologie de l'humour noir" d'André Breton, "De l'Assassinat" est aussi une profonde réflexion sur l'instinct criminel.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de James Joyce. Bref et admirable roman-poème d'amour, "Giacomo Joyce" a été inspiré à Joyce par la rencontre d'une jeune femme juive, Amalia Popper, son élève à l'école Berlitz de Trieste. Ces quelques feuillets énigmatiques relatant un moment de grâce romantique dans la vie de l'auteur d'"Ulysse" ont été gardés secrets toute sa vie. Extrait: "Jan Pieters Sweelinck. Le nom fantasque du vieux compositeur hollandais donne à toute beauté aura fantasque et lointaine. J'écoute ses variations pour clavicorde sur un air ancien: Jeunesse a une fin. Dans la brume indécise des notes anciennes une faible trace de lumière point: la parole de l'âme va se faire entendre. Jeunesse a une fin: cette fin la voici. Jamais elle n'aura lieu. Cela, tu le sais. Et après ? Écris-le, bon sang, écris-le ! de quoi d'autre es-tu capable ?"


  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Karen Blixen. Longue nouvelle, ou court roman, "Champ de douleur" est sans nul doute l'un des plus bouleversants récits de l'auteur du "Festin de Babette" et du célèbre roman autobiographique "La Ferme Africaine" (adapté au cinéma sous le titre de "Out of Africa" par Sydney Pollack). Inspirée par une légende du Slesvig, l'histoire se déroule dans la campagne danoise où règne un seigneur tout puissant. L'un de ses sujets, fils d'une veuve, est accusé d'avoir incendié une grange. La mère vient supplier le maître qui lui propose d'épargner son fils si elle peut faucher seule, en une journée, un immense champ de blé. Le jour de la moisson venu, sous un soleil écrasant, devant le seigneur et tous les paysans rassemblés, la mère parvient à achever son terrible labeur avant de mourir d'épuisement.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Yukio Mishima. Dans cet essai introspectif mêlant souffrance, esthétisme et mort, l'auteur de Confession d'un masque nous livre une sorte de testament spirituel, racontant les étapes de son développement personnel, de sa formation d'écrivain à son engagement nationaliste au service du Japon. Prenant tardivement conscience de son corps en s'exposant au soleil, il s'astreint à un entrainement intense de culture physique - musculation, course à pied, kendo (escrime au sabre pratiquée autrefois au Japon par les samouraïs), ... - "l'acier" du titre - seul moyen pour lui d'échapper au "pouvoir corrosif des mots" en redonnant vie à l'esprit. L'écrivain relate également son expérience quasi kamikaze de vol à haute altitude à bord d'un avion supersonique. Il sait qu'au bout de cette préparation la mort l'attend. Le soleil et l'acier, clé indispensable pour comprendre la vie et l'oeuvre de Mishima, sera publié deux ans à peine avant son seppuku, spectaculaire suicide réalisé en s'ouvrant le ventre avec un sabre, selon la tradition des guerriers japonais.


  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Thomas Mann. Célèbre écrivain d'âge mûr, Gustav von Aschenbach se rend en villégiature à Venise. À son hôtel du Lido, il rencontre un adolescent d'une beauté apollinienne, Tadzio, dont il tombe éperdument amoureux. Le désir homosexuel qu'il éprouve lui fait honte et leur relation demeure distante. Dans une Venise au charme maléfique dont il apprend bientôt qu'elle est rongée par une épidémie de choléra, il épie le moindre fait et geste du jeune éphèbe. En proie à une fièvre dionysiaque qui le mine chaque jour un peu, Aschenbach ne quitte pas Venise. Il meurt seul sur la plage, grimé en pathétique vieux beau, contemplant une dernière fois l'objet de sa fascination. Traversé par les thèmes de la beauté, de l'art, de l'amour et de la mort, imprégné de culture grecque classique, La Mort à Venise est sans doute le roman le plus contemplatif et le plus mélancolique de Thomas Mann qui en a reconnu la part autobiographique lors de l'adaption au cinéma par Luchino Visconti. Pour l'auteur de La Montagne magique - qui souhaitait à l'origine raconter l'histoire du dernier amour de Goethe, âgé de soixante-dix ans, pour la jeune Ulrike von Levetzow - ce roman est essentiellement "une histoire de mort considérée comme une force de séduction et d'immortalité, une histoire sur le désir de la mort [...], sur la tragédie de la maîtrise de l'art, sur la passion comme désordre et dégradation."


  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de David Garnett. Angleterre, fin du XIXe siècle. Silvia Tebrick et son mari se promènent dans la forêt lorsque la jeune femme, après le passage d'une chasse à courre, se métamorphose soudain en renarde au pelage roux. Le mari, désemparé mais toujours amoureux, décide de la ramener à la maison et de continuer la vie conjuguale car, sous sa nouvelle apparence, Sylvia a conservé sa bonne éducation et sa sensibilité humaine. Mais les jours passent et il constate que l'instinct animal et la soif de liberté de la renarde prennent progressivement le dessus sur leur affection. Elle mord, tente de s'enfuir, saigne un lapin, creuse une tanière. Finalement, surmontant l'amour qu'il lui voue, il laisse son épouse rejoindre la forêt où elle donne bientôt naissance à cinq petits renardeaux. Malgré ses efforts pour la protéger dans son milieu naturel, Sylvia est tuée par des chiens de chasse. Avec ce surprenant récit fantastique aux allures de fable poétique qui défie toutes les tentatives d'interprétation, David Garnett - compagnon de route du Bloomsbury Group - nous livre une des plus belles histoire d'amour de la littérature.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Mikhaïl Boulgakov. Un professeur de médecine, spécialiste du rajeunissement, greffe l'hypophyse d'un homme qui vient de mourir sur un chien errant. L'expérience réussit; le chien Bouboul se métamorphose bientôt en un individu nommé Bouboulov qui apprend à parler et acquiert une identité citoyenne. Mais l'animal se transforme aussi en un être humain grossier et alcoolique qui, devenu révolutionnaire professionnel sans scrupules, ment, dénonce, vole et tente même d'exproprier son bienfaiteur. À travers ce conte fantastique irrésistible de drôlerie, censuré en Russie soviétique au moment de sa publication car jugé contre-révolutionnaire, l'auteur du Maître et Marguerite étrille férocement un système politique totalitaire et absurdement bureaucratique.


  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Luigi Pirandello. On ne peut comprendre l'auteur des Six personnages en quête d'auteur qu'en se reportant à ses origines siciliennes. Les Siciliens de Pirandello ne sont pas moins impulsifs que ceux de Cavalleria Rusticana mais cette soudaineté qu'ils apportent dans l'action, ils l'apportent aussi dans la pensée. Ils pensent aussi vite qu'ils agissent, ils sentent aussi vite qu'ils pensent. On les voit passer instantanément du rire aux larmes, de la colère à la pitié et à l'attendrissement, de la fureur à l'ironie. Toutes les nouvelles rassemblées dans ce recueil témoignent de ce souci et de ce don. Elles dévoilent aussi une île hantée par les récits entendus dans son enfance à Agrigente, tout le paganisme foncier des fils de la Grande-Grèce, leur besoin d'union avec la nature, leur joie de vivre et de railler. Mais parler de régionalisme serait cependant une erreur. Si on trouve bien dans ces nouvelles, à travers la variété des images et du ton, la culture, les coutumes et la sensation charnelle de la "Vieille Sicile", on observe aussi la présence d'une nature immortelle qui n'épuise jamais ses réserves de vie, et la dramaturgie qui s'est édifiée à la suite s'ouvre à la partie divine du personnage et à la consolation spirituelle.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Gandhi. Destinées à ses proches disciples restés à l'Ashram, ces quinze lettres de Mohandas Karamchand Gandhi furent rédigées en 1930 alors qu'il était incarcéré à Yeravda. La seizième et dernière lettre, Svadeshi, fut écrite l'année suivante, après sa sortie de prison. À la fois principes moraux et règles de vie portant sur des questions telles que l'Amour, la Vérité, la Chasteté, la Pauvreté, la Tolérance ou encore l'Humilité, elles restent l'une des meilleures façons d'appréhender la pensée philosophique et politique non-violente du Mahatma Gandhi. "En toute humilité je m'efforcerai / D'être aimant, véridique, honnête et pur, / De ne rien posséder dont je n'ai pas besoin / De mériter mon salaire par mon travail / D'être perpétuellement vigilant / Sur ce que je bois et je mange / De toujours être intrépide / De respecter les autres religions autant que la mienne / Et de chercher à toujours voir le bien chez mon prochain / De suivre fidèlement le svadeshi / Et d'être un frère pour tous mes frères."

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