Arts et spectacles

  • Texte révisé suivi d'une biographie de Giorgio Vasari. Publiée d'abord en 1550, puis réédité en 1568 dans une version étendue aux artistes de son époque (la première édition n'ayant recensé que des artistes décédés, à l'exception de Michel-Ange), les "Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes italiens" de Vasari sont considérés comme le texte fondateur de l'Histoire de l'art. L'auteur utilise sa profonde culture artistique et le riche matériel rassemblé aux cours de ses rencontres, voyages et travaux pour livrer une importante documentation sur quelque 200 artistes du XIIIe au XVIe siècle: biographies fouillées, catalogue des oeuvres, choix stylistiques, anecdotes et légendes, agrémentés souvent d'un commentaire personnel. Il présente et classe chaque artiste dans une perspective historique mais aussi mythographique et poétique. Il est le premier à utiliser le terme de "Renaissance" pour qualifier son époque, Renaissance qui se réalise selon lui à travers trois périodes correspondant aux trois parties du livre. La première comprend les maîtres du XIIIe et XIVe siècle: Cimabue, Arnolfo, Giotto, Lippo,... La deuxième les artistes du XVe siècle: Brunelleschi, Donatello, Masaccio, Mantegna, della Quercia, Le Pérugin, Botticelli, Ghirlandaio, della Francesca, Fra Angelico, Uccello,... Enfin la troisième époque, l'âge d'or: Léonard de Vinci, Le Corrège, Veronese, Le Primatice, Raphaël ou encore Michel Ange. Grâce à un langage brillant, clair et mesuré, Vasari décrit avec bonheur peintures, sculptures, gravures et architectures. Devenu rapidement célèbre dans toute l'Europe, le livre a exercé une large influence sur la critique d'art au cours des siècles. Cette édition réunit un choix raisonné des meilleures "Vies" de Vasari.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Guillaume Apollinaire et de neuf reproductions hors-texte. Sous-titré "Méditations esthétiques", cet essai publié en 1913, tout empreint du lyrisme propre au poète, se compose deux parties: la première, "Sur la peinture", constitue une introduction d'ordre général à la seconde, "Peintres nouveaux", dans laquelle l'auteur d'"Alcools" analyse les oeuvres de neuf peintres représentatifs du cubisme alors naissant: Pablo Picasso, Georges Braque, Jean Metzinger, Albert Gleizes, Juan Gris, Marie Laurencin, Fernand Léger, Francis Picabia, Marcel Duchamp, et un sculpteur: Duchamp-Villon. C'est la première tentative pour définir les caractères propres au jeune mouvement cubiste: son esprit, son ambition, sa nécessité historique. Pour Apollinaire, le cubisme n'impose pas de sujet, il n'imite pas la nature, il ne cherche pas à plaire. Réfutant l'accusation de nourrir des préoccupations géométriques, il en appelle à la sensibilité des Grecs devant la beauté d'un simple trait sans signification usuelle, et estime que les figures géométriques sont aux arts plastiques ce que la grammaire est à l'art d'écrire, les peintres du XXe siècle étant naturellement amenés à se préoccuper des mesures de l'étendue et de rejoindre ainsi les perspectives ouvertes par la géométrie non-euclidienne. Pour lui, les grands artistes ont pour fonction sociale de renouveler sans cesse l'apparence que revêt la nature aux yeux des hommes et de déterminer ainsi la figure de leur époque, celle-ci étant en l'occurence plus cérébrale que sensuelle. Récusant aussi l'accusation de "mystification" lancée contre les nouveaux peintres, il trace un historique du cubisme, de ses origines jusqu'aux expositions de 1912, faisant preuve pour l'époque d'une surprenante pénétration dans l'analyse des oeuvres et exaltant notamment celle de Pablo Picasso, qu'il évoque à la fois comme homme et comme peintre. "Les Peintres cubistes" d'Apollinaire contribua grandement à l'essor du mouvement cubiste dans l'histoire de l'art moderne.











  • Texte intégral révisé du manuscrit original suivi d'une biographie de Paul Gauguin. Préface et postface de Victor Segalen. Récit autobiographique du premier séjour effectué par Gauguin à Tahiti entre 1891 et 1893, "Noa Noa" ("parfumé" en tahitien) relate sa découverte de la Polynésie et de la civilisation maorie en même temps que son aventure intérieure, celle de la renaissance esthétique et spirituelle d'un homme et d'un artiste qui, au contact des "sauvages", a fait mourir en lui "le vieux civilisé". Laissant parler sa jeune maîtresse Tehura, ce sont l'histoire, la cosmogonie, la vie quotidienne, les rites, la langue, les dieux, la sensualité et, somme toute, "l'âme" du peuple maori passant par le mystère de la femme qui traverse ce journal intime d'un peintre en quête d'un paradis terrestre, d'une sorte d'Eden mythique où retrouver l'innocence perdue. Les deux textes de Victor Segalen, qui a découvert la version enluminée du manuscrit de "Noa Noa" après la mort du peintre, éclairent et enrichissent cette épopée polynésienne. "Noa Noa" constitue une oeuvre à part entière, incontournable pour qui veut comprendre l'immensité de la création de Gauguin et son apport non seulement pictural (par la marque décisive qu'il a laissé dans l'histoire de l'art moderne: primitivisme, fauvisme, nabisme, expressionnisme, cubisme,...), mais aussi littéraire.


  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Guillaume Apollinaire. Publié en 1918, l'année de sa mort, "Le Flâneur des deux rives", promenades dans un Paris insolite et familier, réunit le meilleur des chroniques de Guillaume Apollinaire.

  • Le Duel

    Giacomo Casanova

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Giacomo Casanova. En 1766, le célèbre aventurier est à Varsovie. À la suite d'une aventure avec la danseuse vénitienne Anna Binetti, il est amené à se battre en duel avec le puissant comte Vladislav Branicki. L'affrontement, dans un parc désert, en pleine campagne polonaise, n'est pas entre deux hommes du même monde, mais entre deux mondes. Récit autobiographique, "Le Duel" ou "Essai sur la vie de J. C. Vénitien", publié par Casanova à Venise en 1780, relate méticuleusement les faits, à la troisième personne et dans le style unique qui assurera plus tard la gloire du mémorialiste.

  • Paul Cézanne et Émile Zola à Aix-en-Provence, à l'époque où la ville ne comptait encore que 25.000 habitants. Où l'on parle peinture - Degas, Monet, Renoir - et littérature - "Les Rougon-Macquart" - mais aussi du Collège Bourbon, de l'Affaire Dreyfus, du Canal de Provence, du Jas de Bouffan, du Musée Granet, de la Montagne Sainte-Victoire et des baignades dans la rivière L'Arc. Où l'on voit aussi comment, entre les murs tortueux et encaissés des ruelles d'une des villes phares de la culture hexagonale et estivale, Aix-en-Provence, joyau de la "terre des festivals", le génie des deux hommes fut alors accueilli et abondamment méprisé.


  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Rainer Maria Rilke. À la fois poème lyrique en prose, récit épique et méditation sur l'expérience de la vie et de la mort, le Chant de l'amour et de la mort s'inspire du tragique souvenir de l'un des ancêtres du poète, le cornette (porte-étendard) Christophe Rilke qui, après avoir découvert l'amour dans les bras d'une jeune femme, est tué lors d'une chevauchée héroïque pendant une bataille entre les armées de l'Empire austro-hongrois et de l'Empire ottoman. Pour l'auteur même des Lettres à jeune poète, cette oeuvre de jeunesse écrite en une seule nuit a "le rythme du sang qui le traverse, qui le porte, qui l'entraîne d'un bout à l'autre, sans qu'il y ait un moment d'hésitation ou d'incertitude."


  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Ernest Renan. Souvent comparé aux reflexions de Jules Michelet sur la nation, ou opposés à celles de Johann Gottlieb Fichte pour ce qui est de la perception allemande sur le même sujet, Qu'est-ce qu'une nation ? est resté le texte le plus célèbre d'Ernest Renan. Toujours actuel, ce chef d'oeuvre de rhétorique et de science politique a été prononcé lors d'une conférence donnée en Sorbonne en mars 1882. Il apparaît aujourd'hui comme le testament politique de ce maître à penser de la IIIe République, académicien et titulaire de la chaire d'hébreu du Collège de France. "J'en ai pesé chaque mot avec le plus grand soin", écrira-t-il plus tard: "c'est ma profession de foi en ce qui touche les choses humaines, et, quand la civilisation moderne aura sombré par suite de l'équivoque funeste de ces mots: nation, nationalité, race, je désire qu'on se souvienne de ces vingt pages-là." S'interrogeant sur les fondements de l'identité nationale, l'auteur de la Vie de Jésus, vivement affecté par l'annexion de l'Alsace-Lorraine par l'Empire allemand, constate d'abord dans l'histoire des peuples l'existence d'un droit national à côté du droit dynastique. Développant son propos, il affirme ensuite que ni la race, ni la langue, ni la religion, ni la communauté d'intérêts, ni la géographie ne peuvent définir une communauté nationale. Pour Ernest Renan, "Une nation est une âme, un principe spirituel, [...], une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu'on a faits et de ceux qu'on est disposé à faire encore. [Son] existence est un plébiscite de tous les jours, comme l'existence de l'individu est une affirmation perpétuelle de vie."



  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Henri Focillon. Avant d'être le grand critique d'art médiéviste que l'on connaît, Henri Focillon fut aussi un spécialiste des arts asiatiques. Au début de sa carrière, il publia deux essais magistraux où il synthétise sur un ton philosophique et poétique ses travaux de recherche: l'un est consacré au maître de l'estampe japonaise, Hokusaï, et l'autre à l'Art bouddhique. Dans cet ouvrage, l'auteur de La Vie des Formes, à l'époque professeur d'histoire de l'art à l'Université de Lyon et Conservateur des musées de la ville, se plaît notamment à rapprocher l'art du Gandhara de la sculpture médiévale occidentale. Les cinq chapitres qu'il consacre aux origines de l'art bouddhique retracent d'abord la vie légendaire de Bouddha avant de méditer sur la philosophie et l'esthétique du renoncement. Ils examinent ensuite plus en détail l'architecture des sanctuaires et des monastères des régions d'Asie où s'est répandu le Bouddhisme (Chine, Inde, Japon, Birmanie, Tibet,..), ainsi que la sculpture des diverses écoles bouddhistes, comparée à celles de l'Hellenisme, à travers leur panthéon de divinités. Cet essai sur les arts asiatiques et le Bouddhisme intéressera aussi bien les amateurs d'esthétique et d'histoire de l'art que les voyageurs en partance pour l'Asie.



  • Texte intégral révisé. Biographie, filmographie et théâtrographie de Gérard Philipe (1922-1959), accompagné de 20 photographies de scènes de cinéma et de théâtre. Il est mort à trente-sept ans, au sommet de cette courbe que dessine la vie. On évoque Mozart, Van Gogh, Rimbaud, Modigliani, Apollinaire. Mais si le travail, la misère, l'alcool ou la guerre ont usé prématurément ces génies, Gérard Philipe a disparu en pleine force, en pleine gloire. Il était de ces hommes dont le destin n'est pas d'épouser le rythme qui conduit de l'éblouissement de la jeunesse aux amertumes du déclin. Il était la jeunesse. Est-ce pour cela qu'il devait s'effacer brusquement, comme s'il voulait laisser de lui une image idélébile, et non celles que la vie superpose en nos successives apparences ? On pense au mot que Jean Renoir fait dire, dans Le Fleuve, à l'un de ses personnages à propos de la mort de Bogey: Il s'est échappé...

  • Entretien Cinéma. Entre intransigeance néo-réaliste et trouble baroque, entre idéologie et imaginaire, à l'heure précise où tout bascule, c'est-à-dire où une époque change de poétique... nous sommes en 1965. Un couple exceptionnel part en voiture à la recherche de "la Bombe", la mythique pétroleuse romaine. Ce sont Pier Paolo Pasolini et Federico Fellini. Ils ne la trouvent pas; mais après cet étrange voyage, Pasolini écrit un extraordinaire portrait du réalisateur de Rimini. Ensuite, Fellini, par-delà la mort et les malentendus professionnels et idéologiques, répond à son ami disparu.

  • Texte intégral révisé. Biographie et filmographie de James Dean (1931-1955), principal acteur de La Fureur de vivre de Nicholas Ray, de A l'Est d'Eden d'Elia Kazan, et de Géant de George Stevens. James Dean est devenu le nom le plus mythique du cinéma mondial. Le culte considérable dont il fut l'objet reste sans précédent dans l'histoire du 7e Art. Héros d'un temps qui refléta toutes les aspirations de la jeunesse, il révéla un nouveau public avant de devenir culte. Mais, plus que ces considérations extra-artistiques, James Dean reste avant tout le créateur unique d'un frémissant art poétique, somme de toutes les interférences du monde adolescent. Il ne fut pas une idole de son vivant, ce qui le mit à l'abri du maniérisme, du salut de ralliement pour teen-agers. Ses attitudes font partie intégrante de son registre de comédien et l'on peut y déceler directement les disciplines sportives auxquelles il s'était soumis: yoga, danse, tauromachie, qui sont à l'origine de cette expressivité corporelle.


  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Pierre Kropotkine. Mathématicien et géographe russe, Pierre Kropotkine (1842-1921) se rapproche des milieux anarchistes et nihilistes au début des années 1870. En 1872, au cours d'un voyage en Suisse, il adhère à la Fédération jurassienne de la Première Internationale et se rallie au groupe révolutionnaire de Mikhaïl Bakounine, qui s'oppose alors à Karl Marx. Rentré en Russie, le futur auteur des Mémoires d'un révolutionnaire commence à militer activement et devient un théoricien de l'Anarchie. Fondateur en 1879 du journal anarchiste Le Révolté, il appelle à l'action violente et au recours au terrorisme. Arrêté à la suite des grèves des soieries lyonnaises de 1882, il est condamné et incarcéré à la prison de Clairvaux. Il y passe trois ans avant d'être amnistié grâce à l'intervention de plusieurs personnalités, dont celle de Victor Hugo. Il s'exile alors à Londres, où il vivra jusqu'en 1917, s'adonnant aux sciences, à la politique et à la littérature. Il publie de nombreux ouvrages qui exposent son système philosophique fondé sur la théorie de l'évolution ainsi que ses idées sur l'Anarchisme. Dans son essai La Morale anarchiste, publié à Paris en 1889, il rejette radicalement les morales religieuses et sociales traditionnelles. Pour Kropotkine, il faut en effet abolir toute forme de gouvernement et d'institution étatique en faveur d'une société qui serait exclusivement régie par l'entraide et la coopération volontaire de ses membres. Pour parvenir à cette société communiste idéale, la révolution doit d'abord passer par une phase de libération sociale et de collectivisme libertaire. "De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins", résume ses principes.



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