Sciences humaines & sociales

  • Histoire du mouvement ouvrier Nouv.

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Édouard Dolléans, Préface de Lucien Febvre. Édouard Dolléans s'est imposé comme le père fondateur de l'histoire du monde ouvrier avec cette monumentale fresque en trois tomes retraçant l'histoire du mouvement ouvrier de 1830 à 1953. 1200 pages documentées de première main y relatent plus d'un siècle de vie quotidienne d'une classe ouvière luttant pour son émancipation dans tous les pays d'Europe, de Russie et des Etats-Unis, à travers la misère économique, l'exploitation patronale, l'organisation des syndicats, la dureté des grèves, la violence des révoltes, la traversée des guerres mondiales, les grands espoirs de Commune puis de la Révolution russe, la naissance du fascisme, le New-Deal américain, le communisme et les Internationales, etc. Toutes les grandes figures révolutionnaires de l'Histoire politique, sociale et économique de l'époque sont là par leur action de défense des masses ouvrières, de Karl Marx à Léon Trotsky, de Lénine à Proudhon, de Flora Tristan à Fernand Pelloutier, d'Eugène Varlin à Emile Pouget ou Paul Lafargue, mais aussi tous ceux qu'Édouard Dolléans appelle "les obscurs", c'est-à-dire les générations de simples militants inconnus qui luttèrent pour une vie meilleure dans le tourbillon des évènements malgré parfois les désaccords, les rivalités et les doutes, souvent les répressions sanglantes. Pour l'auteur, "les militants ouvriers ont une importance non pas anectodique, mais historique: ils incarnent les sentiments, les révoltes et les espoirs de tant d'obscurs travailleurs qui forment les classes laborieuses. Les militants ouvriers ont été à la fois des interprètes et des créateurs, car tout homme d'action n'est jamais ni complètement libre, ni complètement esclave. Il vit dans son temps et de son temps, mais si son humanité est profonde, il découvre en elle la vision des lendemains possibles entre lesquels il choisit." Au sommaire: L'amitié qui doit nous unir - L'expérience chartiste - Le mouvement ouvrier en face des idéologies - Le feu qui couve (1848-1862) - La première Internationale (1863-1870) - La Commune - Retours et anticipations (1871-1905) - Les temps héroïques du syndicalisme - L'élan rompu par la guerre (1909-1916) - Guerre ou paix (1917-1918) - Démons de guerre et d'après-guerre (1919-1933). - La fin d'un monde - Un monde détraqué, ballotté et plongeant - Les libertés en péril - Les hésitations de l'histoire - Entre le cinéma et la solitude - Choisir son destin. Cette édition numérique inclut les trois tomes en un seul volume.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Jean-Jacques Rousseau. Fidèle à son principe philosophique selon lequel l'homme naît bon, ses vices étant imputables à un état social mal organisé et à une éducation déficiente, Rousseau tente d'établir dans ce livre les principes d'une éducation naturelle. Il le fait en donnant à son traité la forme d'un "roman psychologique". L'éducation naturelle est pour lui non pas celle fondée sur les règles et traditions de la société mais sur la connaissance de la véritable nature de l'homme et de l'enfant. Il considère que les instincts naturels, les premières impressions, les sentiments et les jugements spontanés qui naissent au contact de la nature sont les meilleurs guides de la conduite humaine et donc son enseignement le plus précieux. Il s'ensuit qu'il faut respecter et favoriser chez l'enfant le développement de ces phénomènes instinctifs et se garder de les étouffer par une éducation mal comprise. Le philosophe veut "préparer le chemin à la raison par un bon exercice des sens". Ces affirmations de principe étant posées, il propose un cycle complet d'éducation divisé en quatre périodes correspondant au développement du corps (de 1 à 5 ans), des sens (de 5 à 12 ans), du cerveau (de 12 à 15 ans) et du coeur (de 15 à 20 ans). La nouveauté et l'audace pédagogique de l'"Émile" ont fait l'objet de longues polémiques courant de la date de publication du livre (1762) jusqu'au 20e siècle - l'ouvrage fut sévèrement condamné par le Parlement, par l'Église et même par certains philosophes comme Voltaire - mais ses théories sont aujourd'hui en grande partie passées dans la pratique et adoptées par le monde de l'éducation. Et les travaux des plus grands éducateurs du 19e et du 20e siècle (Pestalozzi, Herbart, Froebel, etc), tout en le discutant et le nuançant, dérivent pour la plupart directement de l'"Émile". Un style direct et vivant, riche de digressions poétiques, conservent encore aujourd'hui à ce livre majeur toute sa vitalité.

  • Texte intégral révisé suivie d'une biographie de Flora Tristan. "Pour émanciper les serfs il faut les instruire, c'est pourquoi j'ai fait ce livre qui sera mon testament. Je l'adresse spécialement aux femmes afin de les délivrer de la superstition qui abrutit leur âme et rétrécit leur coeur [...]. Leurs droits sont les mêmes que ceux des hommes! elles ont de plus la divine prérogative de la maternité! Qu'elles soient donc mères, car les hommes sont des enfants! Assez elles ont régné par la ruse, assez elles ont triomphé par la corruption; l'heure est venue de la chasteté et de la justice! Oui, de la chasteté! [...] Oui, l'heure de la justice est venue [...]. La femme n'est pas une propriété, et le droit infâme de propriété sur les êtres libres s'appelle l'esclavage. La femme n'est pas née pour être esclave. Femmes, mes soeurs, vous avez souvent repoussé mes paroles parce qu'on vous disait que je voulais vous perdre. Non, vous dis-je; je veux vous sauver, mais il faut vous instruire, il faut vous dégager des scrupules d'une fausse religion, il faut vous armer de courage. Quand vous saurez vouloir, tout sera fait, car les hommes ont besoin de vous, comme l'enfant a besoin de sa mère!" - Flora Tristan

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Hermann von Keyserling et d'une biographie d'Arthur Schopenhauer. "Le plus grand 'artiste' que je sache a été Schopenhauer. Il est l'essayiste, le feuilletoniste, le dilettante à la plume aisée, - il est cela, divinisé. Sa doctrine constitue le produit le plus considérable d'une tentative avortée d'approfondissement intérieur. Aussi recèle-t-elle un grave péril pour qui n'est pas mis en garde contre elle. Schopenhauer ne peut manquer d'exercer une influence, car il fut un grand esprit. Et il ne peut avoir qu'une influence déformatrice, parce que l'oeuvre de sa vie est une oeuvre manquée." - Hermann von Keyserling

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Stefan Zweig. "J'éprouvai le désir d'en savoir davantage sur ces hommes, sur ces premiers voyages dans les mers inexplorées dont le récit avait déjà excité mon intérêt lorsque j'étais enfant. Je me rendis dans la bibliothèque du bord et pris au hasard quelques ouvrages traitant de ce sujet. Entre tous les exploits de ces hardis conquistadores celui qui fit la plus forte impression sur moi fut le voyage de Ferdinand Magellan, qui partit de Séville avec cinq pauvres cotres pour faire le tour de la terre - la plus magnifique odyssée, peut-être, de l'histoire de l'humanité que ce voyage de deux cent soixante-cinq hommes décidés dont dix-huit seulement revinrent sur un des bâtiments en ruines, mais avec la flamme de la victoire flottant au sommet du grand mât. Ces livres cependant ne m'apprenaient pas grand-chose sur Magellan, en tout cas pas suffisamment pour moi. Aussi, à mon retour en Europe, je poursuivis mes recherches, étonné du peu de renseignements donnés jusqu'ici sur son exploit extraordinaire et surtout de constater à quel point ce qui avait été dit était peu sûr. Et comme cela m'est déjà arrivé plusieurs fois je compris que le meilleur moyen de m'expliquer à moi-même quelque chose qui me paraissait inexplicable était de le décrire et de l'expliquer à d'autres. C'est ainsi que ce livre a pris naissance, je puis le dire sincèrement, à ma propre surprise. Car en faisant le récit de cette odyssée de la façon la plus fidèle possible d'après les documents qu'il m'a été donné de rassembler, j'ai eu constamment le sentiment de raconter une histoire que j'aurais inventée, d'exprimer l'un des plus grands rêves de l'humanité. Car il n'y a rien de supérieur à une vérité qui semble invraisemblable. Dans les grands faits de l'histoire, il y a toujours, parce qu'ils s'élèvent tellement au-dessus de la commune mesure, quelque chose d'incompréhensible; mais ce n'est que grâce aux exploits incroyables qu'elle accomplit que l'humanité retrouve sa foi en soi." - Stefan Zweig

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Voltaire. Essai philosophique publié en 1763 puis complété en 1765, le "Traité sur la tolérance" prend appui sur la condamnation à mort en 1762 du protestant Jean Calas. Injustement accusé d'avoir tué son fils qui voulait se convertir au catholicisme, celui-ci fut jugé et condamné sans preuves par treize juge de Toulouse. Dénonçant le caractère religieux fanatique qui anima ce procès, Voltaire expose d'abord la situation de Jean Calas ainsi que les principes sur lesquels se fonde la Réforme protestante. Puis, élevant son texte polémique autour des thèmes philosophiques de la tolérance et de la liberté, il démontre que l'intolérance, n'étant ni de droit divin ni de droit naturel, ne saurait non plus être de droit humain. Elle relève selon lui du fanatisme, de la superstition et de l'obscurantisme, mais en aucun cas de la raison. La tolérance, fille de la raison, est pour lui une exigence suprême de la civilisation et de la société. Elle est un facteur de paix sociale et de respect réciproque et aucun pouvoir quelqu'il soit ne peut s'arroger le droit de brimer ou de persécuter des hommes pour leurs croyances religieuses. Dans son incomparable éloquence et son élégance de style, le "Traité sur la tolérance" de Voltaire reste l'un des chefs-d'oeuvre du grand mouvement d'émancipation qui, du siècle des Lumières à nos jours, tente de sortir l'humanité de l'obscurantisme et du fanatisme pour la conduire vers la liberté de conscience, de religion et de culte.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Friedrich Nietzsche. Conçu à Bayreuth en 1876, achevé en 1878, "Humain, trop humain", sous-titré "Un livre pour esprits libres", fut en majeure partie dicté à Peter Gast. La première édition était dédiée à la mémoire de Voltaire. L'ouvrage se présente en trois parties publiées à différentes dates: "Humain, trop humain", "Opinions et Sentences mêlées" et "Le Voyageur et son ombre". Les deux premières parties sont respectivement composées de 638 et 408 aphorismes, la troisième d'un dialogue entrecoupé de 350 aphorismes. Tirant leurs titres de sujets divers, les aphorismes des deux premières sections sont ordonnés en neuf parties devant faire suite aux quatre "Considérations inactuelles" déjà publiées entre 1873 et 1876. Dans la première partie, "Des choses premières et dernières", Nietzsche fait observer que le monde métaphysique constitue, par définition, la plus indifférente des connaissances. À la métaphysique il oppose donc sa propre philosophie, tendant à retrouver, dans tout ce que la pensée a considéré jusque-là d'origine transcendante, une sublimation d'humbles éléments humains. Selon lui, l'origine de l'idée métaphysique est le langage, qui, doublant en quelque sorte la réalité, place un nouveau monde à côté du monde réel. Dans la deuxième partie, "Pour servir à l'histoire des sentiments moraux", il aborde le problème éthique. Nietzsche tient pour essentielle, à l'égard de la morale, la proposition selon laquelle nul n'est responsable de ses actes, à telle enseigne que juger équivaut à être injuste. La troisième partie, "La Vie religieuse" contient en germe les thèmes, développés par la suite dans "L'Antéchrist", de la lutte contre le christianisme, tenu pour une "haute ordure". La quatrième partie, "De l'âme des artistes et des écrivains", entend surtout définir les caractères essentiels de l'art, qui doit, dans ses productions, présenter les caractères d'une immédiate et soudaine révélation. Dans la sixième partie, "L'Homme dans la société", les aphorismes soulignent crûment la vanité et l'égoïsme qui constituent le fond de toute amitié, des luttes, des polémiques et en général de tous les rapports humains. Avec la septième partie, "La Femme et l'Enfant", le philosophe se livre à de pertinentes remarques et observations sur le mariage, l'esprit féminin et l'enfance. "L'homme avec lui-même" constitue le sujet de la neuvième et dernière partie.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Paul Nizan. "Les Matérialistes de l'Antiquité" est un essai sur le matérialisme grec du IIIe au Ier siècle avant notre ère. Il rassemble un large choix de textes de Démocrite, Épicure et Lucrèce traduits, présentés et annotés par l'auteur. Romancier auteur d'"Aden Arabie" et des "Chiens de garde", Paul Nizan était aussi Agrégé et enseignant de philosophie, ami entre autres de Jean-Paul Sartre. Plus que jamais d'actualité aujourd'hui, Paul Nizan écrit: "Il y a des époques où toutes les possessions humaines, les valeurs qui définissent une civilisation s'effondrent. L'accumulation des richesses économiques à un pôle de la société n'empêche pas l'appauvrissement général. Point de temps plus tragique que le temps d'Épicure. [...] Le malheur s'établit parmi les Grecs, le désordre et l'angoisse augmentent tous les jours. [...] Aux valeurs d'une grande civilisation collective se substituent des valeurs de combat, aux valeurs civiques, des valeurs d'argent. Un capitalisme du crédit se développe et les nouveaux riches étalent leurs nouvelles fortunes, au moment même où les classes moyennes [...] qui avaient été le fondement de la démocratie du Ve siècle, disparaissent. Les valeurs politiques sur lesquelles la Grèce avait vécu au temps de sa grandeur s'évanouissent."

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Émile Zola et d'un entretien avec Madeleine Rebérioux sur l'Affaire Dreyfus. Émile Zola séjourne à Rome quand l'Affaire Dreyfus éclate. Il est indigné par la dégradation militaire humiliante du capitaine le 5 janvier 1895. Quelques mois plus tard, il dénonce, dans des articles publiés dans "Le Figaro", les dangers que font courir à la France les campagnes de presse odieuses menées contre la République et contre les Juifs. Lorsque le commandant Esterhazy, protégé par l'armée, est acquitté à l'unanimité le 11 janvier 1898, Zola décide alors de s'engager totalement pour la défense d'Alfred Dreyfus. Il publie dans "L'Aurore" du 13 janvier 1898 une lettre ouverte adressée au président de la République Félix Faure. C'est son fameux "J'Accuse...!", puissant texte de combat dans laquelle il attaque nommément les membres de l'état-major, cherchant à se faire inculper pour que la vérité éclate dans un procès. Il est bien inculpé, au terme de deux procès, condamné à un an d'emprisonnement et à 3000 francs d'amende (la plus lourde peine). Il quitte la France le 18 juillet 1898 pour l'Angleterre, d'où il ne revient que le 5 juin 1899, abreuvé d'injures, calomnié, radié de l'ordre de la Légion d'honneur. Lui qui ne vit que de sa plume a perdu le calme propice au travail et une grande partie de ses lecteurs. Il meurt à Paris en 1902, à l'âge de 62 ans, sans avoir vu triompher la vérité pour la défense de laquelle il s'est engagé, notamment la loi d'amnistie du 14 décembre 1900 visant tous les faits relatifs à l'Affaire Dreyfus. Mais ce très grand écrivain, dont l'Académie française avait rejeté toutes les candidatures, a su avec son "J'Accuse...!" accomplir un acte dont la valeur morale et sociale a été déterminante, et devenir un modèle pour tous les intellectuels épris de justice et de vérité.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Friedrich Nietzsche. Sous-titré "Réflexions sur les préjugés moraux", "Aurore" compte 575 aphorismes répartis en cinq livres sur "la morale considérée comme préjugé". Bien que ce livre marque le début de sa campagne contre la "moraline" - commencée avec "Humain, trop humain" et poursuivie avec "Par-delà bien et mal" et "Généalogie de la morale" - on n'y rencontre aucune attaque, aucune négation, aucune malignité. "Aurore" est au contraire plein du pressentiment d'une "transmutation de toutes les valeurs" qui enseignera aux hommes à dire "Oui à la vie" en se débarassant du mensonge du moralisme. Bien que méfiant envers les imposteurs moraux, Nietzsche n'entend cependant pas nier la moralité et ne nie pas que des hommes agissent pour des "raisons morales", mais il nie que l'hypothèse sur laquelle ils se fondent ait un fondement réel. Pareillement, il nie l'immoralité. L'idée de "l'innocence du devenir" s'impose au philosophe. Prônant la libération de la pensée, il exprime ici ce que peut avoir d'ennuyeux la culture si on la conçoit sans enthousiasme et en dehors de la vie. Nietzsche avertit d'ailleurs lui-même que son ouvrage n'est pas fait pour être lu du commencement à la fin. Il faut au contraire l'ouvrir souvent "puis regarder ailleurs et ne rien trouver d'habituel autour de soi".

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Stefan Zweig. "Écrire l'histoire de Marie-Antoinette, c'est reprendre un procès plus que séculaire, où accusateurs et défenseurs se contredisent avec violence. Le ton passionné de la discussion vient des accusateurs. Pour atteindre la royauté, la Révolution devait attaquer la reine, et dans la reine la femme. Or, la vérité et la politique habitent rarement sous le même toit, et là où l'on veut dessiner une figure avec l'intention de plaire à la multitude, il y a peu de justice à attendre des serviteurs complaisants de l'opinion publique. On n'épargna à Marie-Antoinette aucune calomnie, on usa de tous les moyens pour la conduire à la guillotine; journaux, brochures, livres attribuèrent sans hésitation à la «louve autrichienne» tous les vices, toutes les dépravations morales, toutes les perversités; dans l'asile même de la justice, au tribunal, le procureur général compara pathétiquement la «veuve Capet» aux débauchées les plus célèbres de l'Histoire, à Messaline, Agrippine et Frédégonde." - Stefan Zweig.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Diderot. Roman et dialogue philosophique, "Jacques le Fataliste" est un longue conversation entre un brave valet, Jacques, et son maître, tous les deux personnages errants toujours prêts à philosopher à bâtons rompus sur la vie humaine. Ils nous sont bien présentés au début de leur voyage, mais nous ne savons finalement pas grand chose d'eux. Ils ne semblent en tout cas pas pressés, s'arrêtant volontiers au bord du chemin, revenant sur leurs pas, et tentant toutes les aventures qui se présentent à eux. Tout en cheminant, Jacques raconte sa vie et ses amours à son maître. Il a son franc-parler et des opinions tranchées. Il proclame en particulier que tout ce qui arrive est déjà écrit dans le grand registre du destin et que la vie est un enchaînement de forces que l'homme n'a que l'illusion de commander. Il n'hésite pas à reprendre et à sermonner son maître qui lui oppose sans cesse ses propres réflexions et raisonnements contraires en toutes choses. Plusieurs récits divers et variés relatant les aventures de Jacques se détachent du dialogue: l'histoire des amours de Mme de La Pommeraye et du marquis des Arcis (adapté récemment au cinéma par Emmanuel Mouret sous le titre de "Mademoiselle de Joncquières"), la romanesque histoire d'un moine défroqué (prétexte, après "La Religieuse", à une nouvelle diatribe anticléricale de Diderot), ou encore la vie et les aventure d'un certain M. Desglands. Le dialogue entre les deux hommes se poursuit, interrompu par des incidents, des rencontres, des sautes d'humeur, et même parfois par les interventions directes de l'auteur qui réfléchit tout haut sur la conduite de ses personnages jusqu'à ce qu'il décide d'y mettre arbitrairement un terme. "Jacques le Fataliste", avec son mélange des genres, la truculence de ses scènes, le comique des situations et la vivacité de la narration, n'est pas sans rappeler les chefs-d'oeuvre de Sterne, Voltaire, Cervantes et Rabelais.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Arthur Schopenhauer. "Le Monde comme volonté et comme représentation", oeuvre majeure de la philosophie occidentale, est une tentative d'explication complète du monde doublée d'une critique radicale de celui-ci. L'ouvrage est divisé en quatre livres traitant d'épistémologie, de métaphysique, d'esthétique et d'éthique. Le premier livre traite du monde comme représentation (phénomène). Le second énumère les degrés et les formes de manifestation de la volonté dans la nature. Le troisième est consacré à la théorie de l'art. Le quatrième expose les problèmes de la morale et de la philosophie de la religion. À ces quatre livres, le philosophe allemand a rajouté une suite de "Compléments" dans lesquels il précise sa pensée. Schopenhauer analyse la doctrine kantienne de la chose en soi ainsi que la théorie platonicienne des idées. Il affirme que le monde sensible n'est que pure volonté, cette volonté étant la somme des forces conscientes et inconscientes qui se manifestent dans l'univers. Il affirme également que ce monde sensible ne nous est donné que comme réalité fictive, ou représentation. Le monde de la volonté, qui fonde celui de la représentation, est dégagé des caractères de ce dernier: alors que la représentation est déterminée par l'espace, le temps et la causalité, la volonté est en revanche unique. Alors que la représentation est réglée par le principe de raison, la volonté est irrationnelle. Une première voie de libération de cette volonté irrationnelle est l'art. S'opposant aux grands maîtres de l'idéalisme classique et de l'historicisme, le philosophe soutient que le pessimisme est la véritable conception du monde, telle qu'elle a été révélée aux grands génies artistiques et aux fondateurs des grandes religions. Il se refuse à admettre que l'humanité progresse au cours de l'histoire, celle-ci n'étant qu'une succession d'apparences trompeuses. Schopenhauer, inspiré ici entre autres par la philosophie orientale et son approche cosmique de l'existence individuelle (influence des Upanishad et de la Bhagavad-Gita), pose avec force le problème de la personnalité individuelle et de la nature propre de l'individu spirituel. Son "Monde comme volonté et comme représentation" a donné naissance à un nouveau courant de pensée qui a amené la philosophie contemporaine à une plus grande compréhension de la complexité de la vie de l'individu. Les traits distinctifs de sa réflexion, comme la méfiance en la raison et le pessimisme, ont eu une très forte influence sur la culture des XIXe et XXe siècle, aussi bien en littérature (Tolstoï, Maupassant, Kafka, Mann,...), qu'en philosophie (Nietzsche, Bergson, Wittgenstein, Freud,...).

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Aristote. L'"Éthique à Nicomaque", composé de dix livres, est l'un des principaux ouvrages exposant la philosophie morale d'Aristote, laquelle demeure en substance la plus significative expression de la morale grecque. Nicomaque, fils d'Aristote, lui donne son nom en tant que premier éditeur des manuscrits. Critiquant la conception platonicienne des Idées, qui préconise le "bien en soi", Aristote traite ici de ce qui doit selon lui guider l'homme dans toutes ses actions, à savoir le bonheur, sens ultime de la vie humaine. Le bonheur, dit-il, est l'exercice de cette activité propre à l'homme qu'est l'usage du "logos" (la raison, l'intelligence), mais sans toutefois exclure la jouissance des plaisirs sensibles. Sur cette base, il développe une théorie des vertus humaines qu'il divise en vertus dianoétiques, relevant de la partie intellectuelle de l'âme, et vertus éthiques, relevant plus du caractère et des sentiments. La vertu aristotélicienne, caractérisée par un juste milieu entre les passions et facultés opposées de l'âme, concilie ainsi tout à la fois des exigences spiritualistes et eudémonistes. Le philosophe considère aussi la vertu comme un fait composé de deux éléments: l'un volontaire, déterminant le but, l'autre intellectuel, donnant les moyens pour atteindre ce but. Le livre 3 est consacré à définir ce qu'il y a de volontaire et d'involontaire dans l'action de l'homme, rejetant la thèse selon laquelle "personne n'est volontairement mauvais" et concluant que la vertu comme le vice résident en notre seul pouvoir. Dans les livres 4, 5 et 6, il décrit des vertus éthiques particulières comme la douceur, la franchise, l'urbanité, la pudeur, le courage, etc., examinant particulièrement la justice et l'équité, puis étudie les vertus dianoéthiques, au nombre de cinq: la science, l'art, la prudence, l'intellect et la sagesse. Le livre 7 traite de l'intempérance et du plaisir, les livres 8 et 9 de l'amitié et de l'amour, désignés sous le même nom. Le livre 10 reprend enfin le problème du rapport entre le plaisir et la vertu, et conclut que le plaisir procède d'une perfection de l'acte, survenant "comme la beauté pour qui est dans la fleur de l'âge". Le bonheur suprême réside dans la pure contemplation de la vérité éternelle. L'"Éthique à Nicomaque" est une continuelle oscillation entre l'eudémonisme humaniste et l'intellectualisme éthique.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Stefan Zweig. "Tout esprit créateur est inévitablement amené à entrer en lutte avec son démon, et c'est toujours un combat passionné, héroïque, le plus magnifique de tous les combats. Souvent cette lutte grandiose et mystérieuse dure toute une vie. Elle prend sa forme visible dans l'oeuvre de l'artiste, où vibre le souffle ardent des noces de l'esprit et de son éternel séducteur. C'est chez le créateur qui lui a succombé que le démon réussit à se dégager de l'ombre, devient verbe et lumière; c'est chez lui que s'affirment le plus nettement ses traits passionnés. Friedrich Nietzsche, le "philosophe au marteau", solitaire et incompris, sombra dans la folie, terrassé par son démon intérieur. Quand un artiste se trouve dans ce cas, il en naît un art particulier, qui jaillit comme une flamme, un art fait d'ivresse, d'exaltation, de fièvre, de fureur, d'élans spasmodiques de l'esprit qui n'appartiennent d'habitude qu'au pythique et au prophétique; le premier indice de cet art c'est toujours l'exagération, la démesure, l'éternel désir de se dépasser, d'atteindre l'infini. Nietzsche est de cette race prométhéenne qui force les cadres, brise les barrières de la vie et se détruit elle-même dans la passion et l'excès: le regard étrange et fiévreux du démon flamboie au fond de ses yeux, le démon parle par ses lèvres. Il parle même encore en lui lorsque ces lèvres sont muettes, quand son cerveau est éteint, quand son corps est mourant; jamais l'hôte effroyable qui l'habite n'est plus visible qu'au moment où son âme se déchire, écartelée par l'excès de souffrance, et que la vue y plonge par la déchirure jusque dans les profondeurs les plus intimes." - Stefan Zweig.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Émile Durkheim. "Le Suicide, Étude de sociologie" d'Émile Durkheim est devenu l'un des plus grands classiques de la littérature sociologique pour deux raisons: tout d'abord par le haut degré de généralité de la théorie élaborée, dans laquelle le suicide ne constitue qu'un indicateur privilégié, ensuite par l'usage brillant qui est fait des statistiques. En étudiant le suicide, Durkheim montre que la société française de son époque souffre d'un important défaut de cohésion sociale. Selon lui, en temps normal, "chaque société est prédisposée à fournir un contingent déterminé de morts volontaires", mais un taux de suicides trop élevé est la preuve d'un grave état pathologique du corps social. La société souffre alors d'un défaut de régulation, qu'il nomme "anomie", forgeant ainsi un concept qui deviendra fécond par la suite dans la recherche sociologique. Outre la religion et l'économie, Durkheim s'attache surtout ici à étudier l'institution familiale, à tel point même que l'on peut considérer "Le Suicide" comme un ouvrage de sociologie de la famille. Il propose un remède au mal: le rétablissement des corporations, et se livre à une analyse statistique de la fréquence du suicide selon l'appartenance à différents groupes sociaux. La théorie élaborée est donc inséparable de la méthode statistique par laquelle il met en évidence le poids respectif des différentes variables. En utilisant les statistiques, Durkheim illustre bien ce que doit être la méthode telle qu'il l'a définie dans "Les Règles de la méthode sociologique". En affirmant de plus quelle place tient l'individu dans la discipline, il démontre aussi que que la sociologie, seule, ne permet pas de comprendre des individus isolés.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Pierre-Joseph Proudhon. Écrites pendant sa détention à la prison de sainte-Pélagie, publiées d'abord dans son journal "La Voix du Peuple" en 1849, puis corrigées, augmentées et rééditées en volume en 1851, "Les Confessions d'un révolutionnaire, pour servir à l'histoire de la révolution de février" sont l'une des oeuvres majeures de P.-J. Proudhon. Livre d'histoire immédiate, essai de théorie politique et journal personnel, "Les Confessions" racontent la vie sociale, politique et économique en France, de la révolution de juillet 1789 aux trois journées insurrectionnelles qui renversèrent la Monarchie de Juillet en février 1848. Représentant du peuple à l'Assemblée nationale constituante, penseur de l'anarchisme et du socialisme libertaire naissant, acteur engagé du processus révolutionnaire, précurseur du Fédéralisme et du Mutuellisme, Proudhon résume ici ses idées politiques tout en relatant les évènements historiques. Donnant son interprétation de l'élaboration de la Constitution de la Seconde République qui aboutira à l'élection de Louis-Napoléon Bonaparte, il exprime sa vision - étonnamment actuelle - d'une nouvelle société sans État autoritaire, débarassée du capitalisme parasitaire et édifiée autour d'une économie solidaire fondée sur la coopération et l'autonomie des individus.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Henri Bergson. S'appuyant sur des connaissances psychologiques, scientifiques et métaphysiques, Bergson entend montrer ici le rapport entre l'esprit et la matière. Selon lui, la difficulté de résoudre le dualisme entre les deux termes réside dans la conception, commune au matérialisme et à l'idéalisme, qui fait du moral le double du physique car il reste alors impossible d'expliquer ce qu'est la mémoire. Pour Bergson, la perception réside plus dans les choses que dans l'individu. Le rapport existant entre le phénomène et la réalité n'est pas celui de l'apparence avec la réalité mais celui de la partie avec le tout. Entre mémoire et perception existe une différence essentielle de nature et non pas de degré. Le présent n'est pas plus intense que le passé, c'est l'état d'action du corps, tandis que le passé n'agit plus qu'en termes de souvenir s'actualisant en perception. Chaque perception participe de la mémoire. Ainsi est réduit aux limites les plus strictes le problème de l'union de l'âme et du corps. "Matière et mémoire, Essai sur la relation du corps à l'esprit", important par l'affirmation que la vie mentale ne se réduit pas à la vie cérébrale, offre aussi le mérite d'être écrit dans une langue d'une admirable simplicité et d'une grande qualité littéraire.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie d'Emmanuel Mounier. Dans cette synthèse de sa philosophie, Emmanuel Mounier esquisse une approche de la "personne", principe ontologique fondamental, et de la réalité personnelle dans sa dimension communautaire. Selon lui, ce qui caractérise la personne est d'être la seule réalité que nous puissions connaître par le dedans, avec le regard intérieur. Mais la personne n'est pas un "moi" idéal et transcendant. Sa valeur étant d'origine chrétienne suppose la notion d'incarnation. La personne est corps autant qu'esprit, indestructible unité d'existence, ce qui implique à la fois le rejet de l'idéalisme et celui du matérialisme. La personne est essentiellement "une présence dirigée vers le monde", mais elle ne peut cependant être réduite uniquement à cela et sa réalité politique ne peut être échangée contre aucune autre. Le Personnalisme, dit "social" ou "communautaire" d'Emmanuel Mounier, inspiré par l'existentialisme et le spiritualisme chrétien, est un effort pour ramener l'individualisme moderne à l'acceptation du monde et d'autrui tout en affirmant l'importance fondamentale de la liberté personnelle dans la marche de l'histoire. "L'univers de la personne, c'est l'univers de l'homme", dit le fondateur de la revue "Esprit".

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Louis Lavelle. L'importance de l'oeuvre philosophique de Louis Lavelle apparaît aujourd'hui en pleine lumière, nullement remise en cause par les chantiers des sciences humaines, de la psychanalyse et de l'anthropologie, car c'est ailleurs qu'elle se situe et fait de lui un des plus grands métaphysiciens de notre temps. L'espace qu'il explore est celui du moi. Le moi de Louis Lavelle est mouvement, devenir, anxiété surmontée, liberté. Héritière de l'augustinisme, de Kierkegaard, de Bergson, la réflexion de Lavelle dialogue avec ses contemporains comme Bachelard ou Eugène Minkowski et partage l'inquiétude de Berdiaev. Dans "L'Erreur de Narcisse", à partir du héros d'Ovide mourant fasciné par sa propre image dans l'eau, il montre en de courtes méditations le moi menacé de mort s'il reste fixé sur lui-même ou sur le passé, s'il fige en objet ce qui est forcément élan et imprévu. Ce qu'il y a de plus secret en lui ne peut être saisi que dans la relation à l'autre, l'accueil d'autres subjectivités. La conscience de soi doit être dépassée pour trouver la liberté de l'âme et accéder à l'espace spirituel, qui fait songer à la fine pointe de l'âme dont parle St François de Sales.

  • Édition française abrégée établie par Julien Borchardt et J.-P. Samson. Texte révisé et annoté suivi d'une biographie de Karl Marx. "Le Capital" est composée de trois livres. Le premier (1867) est le seul publié du vivant de Marx, les deux autres (1885 et 1894) étant le fruit du travail de Friedrich Engels sur les notes et brouillons laissés par l'auteur. La théorie exposée dans le premier livre est que dans le mode de production capitaliste la marchandise ne compte pas par sa valeur d'usage car elle est devenue un objet abstrait qui domine les rapports sociaux et prend possession de la force de travail des hommes. La plus-value de la marchandise générée par la force de travail du prolétaire qui, ne possèdant pas les moyens de production meurt de faim s'il ne cède pas celle-ci, fait l'objet d'une appropriation privée par le capitaliste. Marx analyse les étapes qui mènent à la formation et à l'augmentation de la plus-value par captation de la marchandise-travail. Il synthétise aussi le cercle fermé du système dans la concurrence entre capitalistes pour diminuer la valeur de la main-d'oeuvre et augmenter sans cesse la plus-value. Le second livre décrit minutieusement le fonctionnement du marché, des banques et des commerces, y compris les mesures de sécurité mises en place pour réguler les phénomènes chaotiques. Dans le troisième livre, Marx explique que les différents profits s'égalisent au moment de la vente de la marchandise. Avec une édition complète de quelque 22 tomes, même les plus farouches adversaires de Marx n'ont pu que s'incliner devant la puissance du "Capital" et saluer l'ampleur des constructions conceptuelles de son auteur.




  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Suétone. Écrit vers 120 après J.-C., l'ouvrage est un recueil de biographies des douze premiers empereurs romains. Il comprend huit livres, dont les six premiers sont dédiés chacun à l'un des six empereurs de la "gens Julia Claudia": César, Auguste, Tibère, Caligula, Claude, Néron; le septième aux trois empereurs de l'année 69: Galba, Othon, Vitellius; le dernier aux trois empereurs de la famille des Flaviens: Vespasien, Titus, Domitien. La vie de chaque empereur est exposée suivant une formule invariable: généalogie, naissance, événements antérieurs à la montée sur le trône, proclamation; viennent ensuite des épisodes groupés de façon à mettre en lumière le souverain aussi bien que l'homme dans sa vie privée; enfin la mort et les funérailles puis la suite immédiate des événements. Les sources principales de Suétone sont les lettres des empereurs, les "diurnalia", les actes officiels, les écrits de circonstance, les pamphlets satiriques et scandaleux de l'époque. En tant que secrétaire d'Hadrien, Suétone disposait des archives impériales pour ses recherches historiques. Archiviste minutieux, lettré probe et austère, l'auteur ignore en partie la grande histoire et la vie de ses Césars ressemble à une suite de douze tableaux indépendants dont chacun correspondrait à une période historique autonome. Servi par un style précis, clair et tranquille, ce livre novateur a introduit dans l'histoire biographique une nouvelle méthode et a inspiré de nombreux historiens jusqu'à nos jours.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Léon Trotsky. Recueil d'articles politiques écrits entre l'offensive de la coalition fasciste bonapartiste royaliste du 6 février 1934 et la grève générale du Front populaire de fin mai-juin 1936, suivi d'un article sur la situation en France en 1938. "Les journées de février 1934 ont marqué la première offensive sérieuse de la contre-révolution unie. Les journées de mai-juin 1936 sont le signe de la première vague puissante de la révolution prolétarienne. [...] Quels que soient les prochaines étapes, les combinaisons et les regroupements transitoires, les flux et les reflux momentanés, les épisodes tactiques, dès maintenant il n'y a plus à choisir qu'entre le fascisme et la révolution prolétarienne. Tel est le sens du présent travail." - Léon Trotsky.


  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Paul Valéry. Recueil d'articles, de préfaces de livres et de textes inspirés au jour le jour jusqu'à sa mort en 1945, "Regards sur le monde actuel" est mû par une réflexion constante sur les modes de vie et de pensée propres au temps de Paul Valéry. Mais, toujours actuels, ces textes nous intéressent encore doublement. D'abord parce qu'ils constituent une prise de conscience par un des esprits les plus remarquables du XXe siècle des particularités du monde moderne, ensuite parce qu'ils nous permettent de saisir le génie de l'auteur dans toute son étendue. Insistant sur la difficulté de parvenir à une vue objective de l'évolution historique, Valéry tente notamment d'y définir le statut et le rôle de l'Europe et de la France. "De l'Histoire", "Fluctuations sur la Liberté", "Orient et Occident", "L'idée de dictature", "Images de la France", "Fonction de Paris", "Propos sur le progrès", "Économie de guerre de l'Esprit", sont quelques-uns des textes où il s'attaque avec sagacité aux problèmes philosophiques et politiques les plus discutés de l'homme européen contemporain. La clarté intellectuelle coutumière de Valéry y perce bien des brumes de l'esprit.

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