SKA

  • Boule de Suif

    Guy De Maupassant

    Une « grosse fille » au grand coeur flouée par l'égoïsme bourgeois. (Préface Max Obione)

  • Amok

    Stefan Zweig

    Quand l' amok s'empare d'un médecin ayant refusé de venir en aide à une femme dont il tombe éperdument amoureux, il est trop tard !
    A PARTIR DE CE MOMENT, je fus saisi comme par la fièvre... Je perdis tout contrôle sur moi-même... ou plutôt je savais bien que tout ce que je faisais était insensé, mais je n'avais plus aucun pouvoir sur moi... Je ne me comprenais plus moi-même... Je ne faisais plus que courir droit devant moi, obsédé par mon but... D'ailleurs, attendez... peut-être, malgré tout, pourrai-je encore vous faire comprendre... Savez-vous ce que c'est que l'amok ?
    - Amok ?... je crois me souvenir... c'est une espèce d'ivresse chez les Malais...
    Dans cette nouvelle « malaise », au propre comme au figuré, Stefan Zweig nous conte les affres d'un homme dont l'orgueil imbécile coutera la vie à une femme en détresse. Les remords et l' amok lui seront fatals. D'un seul geste anodin, d'une action banale, d'une parole insignifiante peuvent résulter un enchainement dramatique à l'image des bifurcations involontaires des destins. Préface de Jan Thirion.

  • 813

    Maurice Leblanc



    Une aventure parmi les plus noires des péripéties lupinesques... Notre héros y commettra un crime... découvrira l'énigme du chiffre 813... et sauvera la patrie...

    Le nom du célèbre aventurier sembla faire sur M. Kesselbach la meilleure impression. Lupin ne manqua pas de le remarquer et s'écria :
    - Ah ! ah ! cher monsieur, vous respirez ! Arsène Lupin est un cambrioleur délicat, le sang lui répugne, il n'a jamais commis d'autre crime que de s'approprier le bien d'autrui une peccadille, quoi ! et vous vous dites qu'il ne va pas se charger la conscience d'un assassinat inutile. D'accord... Mais votre suppression sera-t-elle inutile ? Tout est là. En ce moment, je vous jure que je ne rigole pas. Allons-y, camarade.
    Il rapprocha sa chaise du fauteuil, relâcha le bâillon de son prisonnier,...

    On ne présente plus Maurice Leblanc, on ne le vante plus non plus. Il est l'un des auteurs monument de la littérature policière française. Hormis les détails et le contexte qui révèlent une époque révolue évidemment, le style narratif reste d'une grande modernité. Méconnu, 813 est certainement le roman de Leblanc le plus caractéristique de la saga lupinienne. (Préface de Michel Bussi)

  • Biribi

    Georges Darien

    Froissart, le double romanesque de George Darien, raconte ses 33 mois passés dans l'enfer du bagne militaire de Gafsa, dans le sud tunisien à la fin XIX° siècle...Terrifiant !
    Ils se sont précipités sur moi, trois ou quatre, m'ont ramené les bras en avant et m'ont serré les poignets dans la chaîne infâme.
    - Encore un cran ! N'ayez pas peur de tirer dessus. Ça lui apprendra à rouspéter.
    Ça ne m'apprendra rien du tout. Ce que ça pourrait m'apprendre, je le sais depuis longtemps : c'est que le jour où j'ai jeté bas mes effets de civil pour endosser l'habit militaire, j'ai dépouillé en même temps ma qualité de citoyen et que, étant soldat, je suis un peu plus qu'une chose, puisque j'ai des devoirs, mais beaucoup moins qu'un homme, puisque je n'ai plus de droits.
    Le gendarme qui doit m'escorter m'a conduit à l'entrée de la cour, devant la route qui traverse la Kasbah et m'a fait asseoir sur une grosse pierre.
    - Attendez-moi là.
    J'attends. On doit me prendre pour une bête fauve exhibée à la porte d'une ménagerie pour attirer les curieux.
    « Je ne sais si c'est un livre, je voudrais que ce fut un cri. » Biribi est certes un roman, mais un roman vrai, un reportage romancé, décrivant l'horreur de ces établissements tortionnaires. L'oeuvre de George Darien, « est le plus rigoureux assaut que je sache contre l'hypocrisie, l'imposture, la sottise, la lâcheté » selon André Breton. Conclusion de la préface de Max Obione.

  • Qui est de la bête noire ou de la femme fatale gantée l'exécutrice des destins ?

  • Amin's blues

    Max Obione


    Le destin tragique d'Amin qui aurait tant voulu tuer son idole du blues pour conjurer son sort.


    D'ordinaire, le vieux Lodge ne tenait pas trois rounds d'affilée depuis cinq ans, au moins ; normalement, c'était du tout cuit, presque du un contre un, virgule quelque chose, un rapport de misère, quelques cents à gagner qui donneraient à tous ces gagne-petit le sentiment qu'ils n'avaient pas gâché leur soirée. Mais perdre leur misérable mise, à cause de ce sale fils de pute de négro...
    - Tu les entends, dis ? Tu les entends, ces bâtards ! T'es mort, t'es déjà mort !
    Chow avait les foies. L'atmosphère devenait émeutière, les canettes volaient et ricochaient sur la toile du chapiteau.

    Voici le premier roman « américain » de Max Obione. Le fatum tragique est à l'oeuvre comme dans tout bon roman noir. Ça sent la sueur, la pourriture des marais, on entend le lourd blues du Delta. Un roman qui cogne, plus que noir, « blark » : black and dark.

  • Erika

    Hafed Benotman

    Le numéro d'écrou « A.Z.A.Z. » fait l'écrivain public en caressant les touches d'Erika...

  • Le cagibi

    Gérard Streiff

    Le Calmar déterre dans les archives du PCF le mobile d'un crime commis dans l'immeuble du parti, place du colonel Fabien


    Le calmar dans les sous-sols de Fabien ?! Que cherche notre décapode ? La cave des bonnes bouteilles du PC ? Ou la salle des archives ? Une histoire d'aujourd'hui où il est question de guerre d'Espagne, de brigades internationales, de taupes brunes chez les rouges et noirs des années trente ; une histoire aussi de pervers, de dérangés des sens, de tordus du cul adeptes du SM. Bref un mélange qui tue. De quoi satisfaire notre mollusque préféré et ses fans !

    Azraël Zirékian, dit le Calmar , est pigiste-détective à son compte, un aiguilleur de destinées manquées, coriace mais tendre, débonnaire mais soupe au lait, curieux comme une fouine. C'est un chaleureux détonateur des temps présents. « Ni poulpe ni pieuvre, calmar à l'oeuvre » , telle est sa devise.

  • Dieu est mort

    Damien Ruzé



    Une tueuse d'enfant expose en temps réel ses faits et gestes, un flic - au passé déchiré et aux méthodes surannées - mène l'enquête.

    ` Il est malade ton chien ou quoi !?'
    Bingo. Quelle phrase ! Quelle putain de phrase ! Marcher vers l'animal qui tente de re décoller avant de choir à nouveau, groggy, camé, réacteurs coupés. Plus la force d'aboyer. "On", puis "off". Plus d'énergie. D'électricité. S'agenouiller près du bestiau et l'inspecter. Entendre la fillette en route vers moi, petits pas froissant l'herbe. Fermez les yeux. Deux secondes. Compter. Un, un, deux, deux. Relever la tête. Last call. Scanner le paysage. Tout le paysage. Le disséquer. Pas de blip sur le radar. Personne. Un miracle. La dernière touche. Humer le parfum du jeune corps femelle qui pose un genou à terre et prend dans ses mains la grosse gueule aux yeux révulsés. Action. Paume à l'arrière du crâne. Doux contact des cheveux couleur paille. Bouton de rose des lèvres qui articule un "Que..." interrompu et angoissé. Avorté. Canule. Geste vif. Précis. Professionnel. Vaporisation savamment calibrée. Un seul pschittt suffit. Effet instantané. L'organisme qui se fige. Pupilles à la retourne.
    Bras de Morphée. Charger l'enfant endormie sur l'épaule comme un gibier. Reculer sans précipitation jusqu'à l'orée. Bruit des ronces griffant mes jeans, comme une fermeture éclair que l'on zipperait. Réfugiée à l'abri de la canopée, pivoter et descendre à fond de train le goulet dévalant jusqu'au Range en se retenant de hurler.
    Damien Ruzé vient de publier son premier roman « Fin d'Amérique » chez Krakoen. Ska a déjà publié une nouvelle « Hauts-Lieux », voici « Dieu est mort ». Une descente au coeur du mal. Un récit terrifiant au style halluciné. Un grand texte noir, un auteur à suivre.

  • Liquidez vos idoles

    Fabrice Rinaudo



    Un flic à la dérive dans un Nice de cauchemar.

    Nous approchons du corps de l'actrice recouvert d'un drap que tire sans hésiter Steinberg.
    - Il faut abreuver les fans de détails sordides, c'est ça ? Sinon elle fait un caprice de star !
    - Je passe pour la forme, Steinberg. J'étais sur les lieux du crime hier soir, je suppose qu'il n'y a pas grand-chose à rajouter. Du moins, pas grand-chose qui fera avancer l'enquête. Fais-moi parvenir ton rapport, ça calmera les nerfs de Lafarge.
    Steinberg allume une clope, m'en tend une autre.
    - OK pour moi, camarade, t'en auras même la primeur ! Oh, au fait, attends. (Il prend une pause, semble subitement plongé dans une intense réflexion, ôte ses lunettes, les porte à sa bouche.) Sur le tournage, reprend-t-il, si tu rencontres un vampire, un vrai, flingue-le pour moi. J'aimerais enfin pouvoir en autopsier un. J'insiste : un vrai !
    Puis, les yeux exorbités, les lèvres retroussées, il dévoile ses canines, part dans un grand éclat de rire.
    Je me marre vaguement avant de me diriger vers la sortie.

    Voici la première publication de Fabrice Rinaudo. Ska a l'ambition de révéler les nouveaux talents, dès lors qu'apparaît une vitalité narrative, un style en recherche de devenir. Cette jeune pousse deviendra-t-elle une belle plante ? C'est dans cet espoir que réside le plaisir d'éditer.

  • Alfred

    Dominique Sylvain


    Adam Leong, détective à Chinatown, mène son enquête, asticoté par un moustique tenace...
    Alfred zizaillait encore mais sa chanson moustiquante sciait le cerveau. Le détective était affalé sous des étoiles bon marché. Une tentative pour se relever. Energie, odeur, entité inhumaines, ses côtes servirent de punching-ball à un démon de l'Enfer. Il demanda grâce à une paire de jambes excitées, se prit un pied botté dans le bas-ventre. Un éclair lui déchira les tempes. Le démon braillait en chinois. Résumé : il ne fallait plus s'intéresser à la famille Lin ou ça se terminerait dans le sang. Pour faire bonne mesure, un dernier but dans le crâne. Leong reflua dans une contrée boueuse.

    Dominique Sylvain
    /> , avec le talent inimitable qu'on apprécie dans ses romans publiés chez Viviane Hamy, nous propose cette chinoiserie et, litchi sur le gâteau de riz gluant, elle y fait vrombir un sacré personnage : un moustique. Une première dans le bestiaire des polars.


  • Les amants saignants sont bourrés de vitamines. Et elle a la manière de les assaisoner !

  • Pull !

    Jeanne Desaubry

    Au ball-trap on s'entraîneà trucider les pigeons d'argile... et les salauds.

  • The fluxe

    Gildas Girodeau

    La vague du chômage dépose des bombes sur la grève.

  • Bouches cousues

    Sylvette Heurtel

    Il suffit de passer le pont et tout bascule. Une fratrie aux prises avec leur délire

  • Fin de parcours

    Paul Colize

    Finie la rigolade quand on présente l'addition du destin. Les histoires de Colize sont jubilatoires dans la noirceur.

  • Dans se cellule, Freddy, fou d'amour, dévore Alice, jusqu'au délire.

  • So

    Philippe Deblaize

    Alertez les bébés ! Laisse béton, la misère. Ou comment lutter contre la surpopulation des destins merdiques.

  • Lac noir

    Jan Thirion

    Libellule, candidate au suicide assisté, retrouve son amour de jeunesse. Hélas !

  • L'homme gris

    Max Obione

    La vraie nature de sa sexualité se révèle en trucidant une admiratrice entreprenante.

  • Pickpocket

    Stefan Zweig

    Le manège fascinant d'un pickpocket. (Préface Patrick Eris)

  • Sniper du noir

    Jose Noce

    Eradiquer les salauds de par le monde : la mission de salubrité internationale des Sniper est en cours. (Série Sniper)

  • Vol plané

    Patrick Eris

    L'ambition contrariée d'un killer d'open space, une parabole funeste du capitalisme.

  • Un de trop

    Paul Colize

    L'enfer, c'est vraiment les autres ! On vérifie ? Ça pète quand les relations se tendent, je vous dis !

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