Sedes (réédition numérique FeniXX)

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Longtemps, malthusianisme et protectionnisme ont servi d'arguments commodes pour caractériser l'économie de la France d'avant 1914. Images réductrices d'un pays incapable de s'adapter aux bouleversements économiques engendrés par la Révolution Industrielle. En s'appuyant sur les travaux récents de l'école historique française et anglo-saxonne, Anthony Rowley nous montre combien cette vision d'une France immuable doit être nuancée, réexaminée à l'aide des données quantitatives et, pour ainsi dire, nettoyée. Les années 1850-1914 ne sont pas seulement un lien privilégié d'affrontement entre changement et tradition : elles ouvrent une large perspective sur l'économie d'aujourd'hui. A ce titre, cet ouvrage s'adresse autant aux étudiants qu'à un plus large public désireux de comprendre l'évolution de l'économie française contemporaine dans le long terme.

  • « J'envie nos petits fils et nos arrières petits-fils auxquels il sera donné de voir la Russie des années 1940, se tenant à la tête de l'univers, donnant des lois à l'éducation et à l'art et recevant un bienheureux tribut de considération de l'humanité éclairée. » Vissarion Bélinski (1810-1848).

  • Des décabristes aux révolutions de 1905-1917, et à l'avènement de Staline, l'histoire de la Russie se ramène pour une bonne part à la tentative de la société pour s'émanciper du pouvoir central et prendre ses destinées en main. Les récents bouleversements que connaît l'Union soviétique ne pouvaient épargner le domaine de l'histoire. De l'« enfer » tsariste au « paradis » soviétique, qui se donnaient l'un comme l'autre pour le meilleur des régimes possible, les points communs finalement ne manquent pas. Si mal connu que soit encore le régime autocratique qui a façonné plusieurs siècles durant la mentalité collective du peuple russe, il n'en constitue pas moins le point de passage obligé de toute histoire de la Russie moderne ou contemporaine.

  • Cet essai est né d'une actualité spécifique, celle de la crise de l'économie mondiale. Rapprocher l'expérience russe du développement avant 1914 et le débat contemporain sur la croissance : telle est l'une des intentions de ce livre. L'historien reste en effet surpris de l'écho que les controverses économiques d'aujourd'hui font à celles de 1890 ou de 1910. On se soucie de la nature et du rythme de la croissance, on s'interroge sur les rapports existant entre crise agro-alimentaire et mouvement démographique, on s'inquiète des transferts de capitaux, de la dépendance financière et technologique des pays neufs. Toutes ces interrogations renvoient directement à l'histoire économique de la Russie entre 1850 et 1914. Non qu'il s'agisse de rechercher systématiquement des similitudes au risque de forcer les traits, ou de proposer une image rétrospective de la croissance débarrassée de ses contingences historiques. Anthony Rowley a plutôt tenté de soumettre ce passé aux préoccupations de notre époque.

  • Entre 1820 et 1920, les États-Unis deviennent une nation urbaine. La croissance des villes y est liée à la conquête du continent et au formidable essor économique qui fait de la république agraire de Jefferson la première puissance industrielle du monde. A l'essor des fonctions économiques correspondent des mutations dramatiques : l'espace urbain se transforme, les villes s'étendent et s'élèvent, les groupes sociaux et ethniques se font plus nombreux et plus hétérogènes, les fonctions urbaines se multiplient. Ce livre retrace ces évolutions en insistant sur les tensions entre l'unité et la fragmentation qui caractérisèrent tous les aspects de l'histoire des villes et des sociétés urbaines aux États-Unis, et qui donnèrent un nouveau sens à la devise de la république américaine, e pluribus unum.

  • Dans ce volume sont présentés cinq pays, attachés différemment à une tradition démocratique en 1918 et qui, en 1989, semblent converger vers un modèle à la fois comparable par certaines institutions, et différent par la pratique liée à des cultures et surtout à des histoires récentes originales. La république fédérale américaine et la monarchie britannique puisent à une source commune, et pourtant elles changent de façon différente : le président américain n'a cessé de renforcer son pouvoir pour affronter et la crise des années Trente, celle de la guerre mondiale et surtout celle longue de la guerre froide. En Grande-Bretagne, les responsabilités du Premier ministre et de sa majorité n'ont cessé de se renforcer. En Espagne, un premier essai a échoué dans les années Trente sans doute parce que la culture politique n'avait pas encore intégré la notion d'État, à la différence de l'évolution qui suivit la fin de la dictature, la « transition ». En Italie, la monarchie de Savoie n'avait pu enraciner une vraie démocratie à cause du refus électoral des Catholiques et de l'hétérogénéité sociale, culturelle et économique du pays, dont l'unité était trop récente. En 1946, l'expérience a réussi, non à cause de l'élimination de la monarchie, mais par la constitution de quelques grands partis bien identifiés, de la possibilité d'unifier le pays par la langue contre les dialectes, par les medias, par une politique économique. En Allemagne, la république de Weimar est une expérience discutée, inachevée, dont un historien ne peut prédire quelle eût été son évolution. En 1947, le modèle démocratique a été imposé par les Américains, sous une forme fédérale, à cause de la guerre froide, et dans la partie de l'Allemagne historique qui pouvait, sans doute, en faire l'expérience le plus efficacement.

  • L'industrialisation de la France entre 1880 et 1970 reste un phénomène complexe qui ne se prête pas aux schémas réducteurs. Industrialisation sans révolution a-t-on pu écrire. Il est vrai que les processus de modernisation ont pris des chemins spécifiques dans un pays touché par la stagnation démographique, une faible croissance urbaine et deux guerres mondiales. Souvent l'on a décrit une France rétive au changement, frileuse. La comparaison avec l'étranger a cependant ses limites car les différents pays industrialisés n'ont pas fait de choix identiques. Toujours est-il que la France industrielle, avec ses ingénieurs et ses ouvriers qualifiés, ses banlieues inventives et ses secteurs de pointe mérite qu'on ne la caricature pas. D'autant que depuis quelques années, l'historiographie s'est largement renouvelée, soit par des travaux d'ampleur, soit par des thématiques originales. Sans se réfugier encore une fois derrière la spécificité française, il est évident que notre pays a répondu à sa façon aux nouveaux défis de ce que l'on nomme pour simplifier la seconde révolution industrielle. Celle-ci fut en fait un phénomène continu, contrasté selon les régions, inégal selon les périodes. La France n'a pas manqué d'esprit d'entreprise : ses dirigeants et ses cadres ont souvent fait preuve d'autorité et d'audace. La formation des élites techniques comme l'adaptation du monde ouvrier brossent en fait un tableau diversifié, marqué par d'évidentes réussites mais aussi quelques blocages. Les ouvriers, masse croissante qui a inquiété par ses revendications, ont dû quant à eux se trouver, se fixer, préciser leurs attentes. Le destin du monde ouvrier fut marqué par les transformations des méthodes de production qui ont affaibli son autonomie mais n'ont pas entamé le poids de ses revendications. Progressivement, le monde ouvrier a su prendre sa place dans le concert national. En un mot, la période entre 1880 et 1970 permet de tracer le tableau d'une France qui avait déjà un passé industriel important et qui, contre vents et marées, s'efforça de rester dans le peloton de tête des nations modernes.

  • L'Allemagne a, tout au long de la période contemporaine, montré une vocation industrielle nettement affirmée. Parmi les pays riches, elle est celui qui conserve l'orientation la plus poussée vers ce secteur, qui occupe encore aujourd'hui plus du tiers de sa population active contre un quart aux États-Unis, et ceci en dépit de coûts salariaux élevés et de réglementations de plus en plus contraignantes. Comment s'explique cette situation ? En fait, c'est toute une société qui a révélé, à travers les diverses phases d'une histoire mouvementée, une réceptivité particulièrement élevée au progrès technique et scientifique : phénomène aux multiples facettes, l'industrie n'est pas à considérer seulement sous l'angle économique. Le « monde de l'industrie » déborde du cadre des fabriques et des faubourgs ouvriers et fait corps avec la société tout entière. L'enquête historique qui est proposée ici conduira à étudier aussi bien les traditions religieuses que les structures familiales, la géographie des transports ou le système de formation.

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