Sedes (réédition numérique FeniXX)

  • Le présent volume répond à une fin didactique : il s'adresse aux étudiants d'histoire moderne ou à ceux qui, à échéance plus ou moins longue, envisagent une spécialisation dans les sciences religieuses. Ces objectifs ont déterminé l'économie générale de l'ouvrage. Les limites chronologiques adoptées - l'avènement de Louis XIII en 1610, la mort de Louis XIV en 1715 - correspondent, la première au début de la Réforme catholique dans sa phase positive, la seconde à la fin de la « crise de la conscience européenne » et à l'avènement de l'« ère des Lumières ».

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Au XVIIIe siècle et plus spécialement durant le règne de Charles III (1759-1788), l'Espagne entreprend une Croisade éclairée, un gigantesque effort de rénovation nationale. Le XVIIIe siècle est bien « le second siècle d'or », un siècle d'or au demeurant « un peu pâle de l'histoire hispanique ». J. Ortega y Gasset considérait l'époque de Charles III comme le règne « el más particularista y anti español que ofrece la historia de la monarquía ». Par-delà le caractère provocateur de l'assertion, il faut admettre l'importance de l'influence française, mais insister également sur la force du courant national, tout droit venu du XVIe siècle. A partir de 1789 et surtout de 1793, l'Espagne est brutalement entraînée dans le maelstrom révolutionnaire. La crise qui est alors générale et multiforme, est un révélateur des contradictions de l'Ancien Régime, mais aussi de l'llustración. Pour la péninsule, le XVIIIe siècle s'achève dans le désarroi, l'incurie et les chimères. « Le sommeil de la raison engendre des monstres. » Longtemps négligée, l'histoire de cette période a été renouvelée, essentiellement par les chercheurs espagnols, secondairement par les Français et les Américains. La région et la comarca, qui ont toujours été en Espagne une réalité tangible, servent souvent de cadre à ces travaux mettant en valeur la diversité de la mosaïque ibérique.

  • On connaît mieux les batailles navales et les amiraux que les ports, les vaisseaux et leurs équipages. Les deux auteurs proposent d'inverser l'approche traditionnelle de l'histoire de la marine de guerre au moyen d'une nouvelle démarche combinant le quantitatif et le qualitatif. Il s'agit de montrer le cheminement technologique, mais aussi économique et culturel, qui conduisit à l'émergence, au cours des années 1650-1680, puis à l'essor des flottes de combat dans l'Europe des Lumières. Ces flottes sont devenues les instruments très élaborés d'une politique de prestige et de puissance au service des souverains, les vecteurs d'une véritable « force de frappe » déjà capable, vers 1760, d'intervenir partout dans le monde, de la mer de Chine aux Caraïbes, et du Spitzberg aux Malouines... Mais cette modernité se conjuguait avec le respect très conservateur des savoir-faire traditionnels qui remontaient aux premières navigations hauturières et aux chantiers ancestraux des maîtres d'hache. Les problèmes de mise en oeuvre des flottes et de mobilisation navale sont abordés aussi concrètement que possible : comment un vaisseau de ligne est construit et armé ; qu'est-ce que la gestion d'un port-arsenal, la logistique, le recrutement des équipages ; qu'est-ce qu'un matelot trouve dans sa gamelle, comment il travaille et se divertit. Ce livre est conçu dans une perspective largement européenne et comparative, qui propose des synthèses et des séries statistiques souvent inédites. L'étude du développement des marines de guerre montre des convergences certaines, au plan des techniques de la marine en bois et de l'organisation de la vie à bord des grands voiliers. Elle révèle aussi des divergences et des écarts : le long duel franco-anglais, cette seconde « guerre de Cent ans », ne peut se comprendre si l'on ne possède pas les courbes et les statistiques montrant en parallèle l'évolution de la Royale et la Navy, que le lecteur trouvera réunies dans ce livre. C'est pourquoi le mot « marine » s'écrit ici au pluriel : « les marines ».

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Oui, l'Université française campe sur une île où règnent de bien étranges coutumes. Les programmes changeants dé nos concours de recrutement de l'enseignement public plongent les universitaires des pays voisins dans la perplexité. Ils font partie de nos traditions. Il est facile de les critiquer, malaisé de les remplacer. Ce livre, devoir de vacances qu'impose la fidélité à la règle, cherche à rendre service aux candidats à ces concours. C'est son premier objectif. Il s'efforce donc de couvrir la totalité du sujet dans un libellé qui nous est proposé : Réforme et Contre-Réforme (1517-1620). Fallait-il ajouter un livre aux cent mille titres d'une bibliographie qui est elle-même un sujet d'histoire ? Ce siècle des hautes eaux religieuses a fasciné les générations qui se sont succédé depuis le XVIe siècle en Europe et partout où l'Europe a essaimé. Il nous invite donc à un pèlerinage aux sources mêmes de notre identité. Pour se retrouver dans ce mare magnum, il fallait un guide, quelques règles de lecture. Le christianisme est certes une religion. Il faut être inculte pour le nier. Mais ce n'est pas une religion comme les autres. Il renvoie à une histoire, à quelque chose qui s'est passé une fois, quelque part dans l'espace-temps. Il est donc fondamentalement rapport culturel à la mémoire. Interrogeant la mémoire de 1517, on ébauchera une anthropologie du fait religieux chrétien. Cette anthropologie introduit un système explicatif du long siècle des Réformes. On ne peut isoler le fait religieux. Ce qui nous retient, ce sont les rapports de l'Église, de la culture et de la société pendant ce long siècle des deux Réformes opposées et pourtant complémentaires de l'Église. Après la rupture donc, nous posons les deux chrétientés face à face jusqu'au seuil des années 1620 qui constitue le vrai point de départ de la Modernité.

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