Seuil

  • Indochine Nouv.

    Quarante ans se sont écoulés depuis le premier concert d'Indochine au Rose Bonbon. Ce 29 septembre 1981, les quatre membres fondateurs, tout juste sortis de l'adolescence, jouaient devant une salle de 200 personnes électrisées.

    Aujourd'hui, le groupe de rock préféré des français parvient à rassembler quatre générations de fans lors de concerts à la scénographie magistrale dans une incroyable communion. Loin de toute nostalgie, il a toujours su se renouveler, et s'inscrire avec force dans la modernité, traitant de sujets de société bien avant qu'ils ne deviennent en vogue, s'affranchissant des modes, pour puiser ses inspirations à de multiples sources, littéraires, picturales, sociétales ou cinématographiques.

    Est-ce pour cette raison qu'Indochine parle à tant de monde ? Rafaelle Hirsch-Doran, en épluchant les nombreuses archives personnelles confiées par Nicola Sirkis, donne des éléments de réponse. Ainsi, sont reproduits pour la première fois des extraits de journaux intimes, photos privées, premières maquettes, brouillons de chansons, feuilles d'enregistrement, photos des costumes de scène, croquis. Elle a aussi interviewé tous ceux qui ont écrit ou ont participé à l'histoire d'Indochine, de la mère de Nicola Sirkis, qui n'avait jamais parlé, à Chloé Delaume, de Xavier Dolan à Erwin Olaf, des ingénieurs du son aux membres du groupe, de Lou Sirkis à Christine and the Queens et surtout, Nicola Sirkis lui-même, qui se livre ici comme rarement.

    En renfermant ce livre global, qui explore les nombreuses facettes d'un groupe que tout le monde croit connaître mais qui échappe aux canons habituels de la musique populaire, on traverse également quarante ans d'histoire française. Et tout au long de ce voyage, on retrouve un seul crédo : la liberté.

    Nicola Sirkis est le chanteur, compositeur, fondateur d'Indochine. Rafaëlle Hirsch-Doran est journaliste et sa rencontre avec Indochine à l'âge de 11 ans a été un choc. Elle est également réalisatrice de documentaires.

  • Nathalie A. Cabrol a cinq ans lorsqu'elle regarde le premier homme poser le pied sur la Lune. Pointant du doigt l'écran de télévision, elle dit à sa mère que c'est ce qu'elle veut faire. Quand on la questionne sur sa vocation, elle répond qu'elle n'a jamais rien voulu faire d'autre. Aujourd'hui, après avoir participé à la mission Mars Exploration Rover de la NASA, elle dirige le Centre de recherche Carl Sagan de l'Institut SETI aux États-Unis, une organisation scientifique à but non lucratif qui cherche à comprendre et expliquer l'origine de la vie dans l'univers et l'évolution de l'intelligence. Mais elle est aussi une exploratrice des milieux extrêmes terrestres qu'elle étudie comme analogues à Mars au début de son histoire. Dirigeant des expéditions scientifiques de haute altitude dans les Andes, elle plonge dans des lacs comme celui du volcan Licancabur à près de 6 000 mètres pour comprendre si la vie a pu apparaître sur Mars et y laisser des traces.

    À travers ses expéditions, elle tente de répondre à des questions qui nous habitent tous : y a-t-il une vie au-delà de la Terre ? Qu'est-ce que la vie ? Mais si son regard tourné est vers les étoiles, cela ne l'empêche pas de considérer le changement climatique comme une priorité de sa recherche. Un plaidoyer pour une compréhension du monde et de l'univers comme un tout vivant.

    Voyage aux frontières de la vie présente un renversement de perspective : chercher sur la Terre les conditions d'une vie ailleurs. Vertigineux et dépaysant ! Le récit d'un parcours passionnant, exaltant, exemplaire. Au-delà de cette quête dans l'espace au travers de missions planétaires ou sur Terre dans des milieux extrêmes, c'est aussi l'histoire d'une exploration de soi-même.

  • Macronnomie ; la déconnomie en marche Nouv.

    Aucune crise ne semble altérer la détermination de nos dirigeants (de gauche comme de droite) à perpétuer le monde d'avant en pire, car l'entendement des élites est durablement embrouillé par une religion néolibérale insensée inculquée à plusieurs générations d'énarques, de journalistes, de professeurs, etc. Ignorant cette épidémie de bêtise, la pensée critique dénonce à juste titre une politique pro-riches mais se trompe de diagnostic en attribuant celle-ci au seul pouvoir des riches. Macron n'est pas le « président des riches » - l'auteur en fait la démonstration rigoureuse -, c'est le roi des imbéciles ! Adepte sincère d'une doxa stupide enseignée par des prix Nobel, Président élu et bientôt réélu grâce aux imbéciles qui votent contre leur propre intérêt.
    Ce cas d'école permet à Généreux d'approfondir ici la piste de recherche amorcée dans La Déconnomie (2016). En mobilisant la psychologie sociale et cognitive, il révèle la « banalité de la bêtise » et de sa forme entêtée, la connerie. Il démontre comment celle-ci imbibe spécialement la prétendue « science économique » qui inspire la parole et la politique de Macron, comme elle a inspiré la gauche et la droite européenne depuis plus de trente ans. La connerie économique n'est pas qu'une affection de l'esprit, c'est aussi la pathologie d'un système social qui a vu toutes ses sphères contaminées par le virus de la compétition (la vie politique, l'usine, le bureau, l'école, la recherche, les médias). Un virus qui stimule notre bêtise naturelle et qui transforme notre démocratie en piège à cons.

    Jacques Généreux enseigne l'économie à Sciences Po depuis près de quarante ans. Membre des Economistes Atterrés et de l'Association française d'économie politique. Il a publié de nombreux best-sellers d'initiation à l'économie et des essais transdisciplinaires qui s'attachent à refonder la pensée économique et politique sur une anthropologie générale (notamment, au Seuil, La Dissociété, L'Autre sociéte, La Grande Régression).

  • XXX Nouv.

    XXX

    Vincent Jauvert

    En France, un petit groupe de hauts fonctionnaires truste la plupart des postes clés et lucratifs - dans les grandes entreprises privées comme au coeur de l'État. Depuis l'élection d'Emmanuel Macron, jamais cette caste n'a été aussi puissante et aussi riche.

    Comment cette caste, unique dans le monde occidental, s'est-elle constituée sous le gaullisme, a prospéré sous Mitterrand, pour atteindre son apogée aujourd'hui ? Comment a-t-elle réussi à contrer toutes les tentatives pour réduire son pouvoir ? Pourquoi des proches d'Édouard Philippe sont-ils des archétypes de cet entre-soi ?

    Grâce à une quarantaine de témoignages inédits, La Mafia d'État révèle les secrets de cette tribu de grands commis souvent plus préoccupés par l'argent et le pouvoir que par l'intérêt général. On y apprend comment ils se cooptent dans les conseils d'administration de groupes privés, parfois aux limites de la loi ; comment ils font fortune grâce au démantèlement de l'État qu'ils ont eux-mêmes orchestré ; comment certains ont continué à manoeuvrer habilement et à prospérer pendant la crise sanitaire.

    Grand reporter à L'Obs, Vincent Jauvert est notamment l'auteur des bestsellers d'investigation Les Intouchables d'État et Les Voraces (prix Anticor 2021).

  • « Nous étouffons parmi des gens qui pensent avoir absolument raison », disait Albert Camus, et nous sommes nombreux à ressentir la même chose aujourd'hui, tant l'air devient proprement irrespirable. Les réseaux sociaux sont un théâtre d'ombres où le débat est souvent remplacé par l'invective : chacun, craignant d'y rencontrer un contradicteur, préfère traquer cent ennemis. Au-delà même de Twitter ou de Facebook, le champ intellectuel et politique se confond avec un champ de bataille où tous les coups sont permis. Partout de féroces prêcheurs préfèrent attiser les haines plutôt qu'éclairer les esprits.

    Avec ce livre, Jean Birnbaum veut apporter du réconfort à toutes les femmes, tous les hommes qui refusent la «brutalisation» de notre débat public et qui veulent préserver l'espace d'une discussion aussi franche qu'argumentée. Pour cela, il relit les textes de quelques intellectuels et écrivains qui ne se sont jamais contentés d'opposer l'idéologie à l'idéologie, les slogans aux slogans. Renouer avec Albert Camus, George Orwell, Hannah Arendt, Raymond Aron, Georges Bernanos, Germaine Tillion ou encore Roland Barthes, ce n'est pas seulement trouver refuge auprès de figures aimées, qui permettent de tenir bon, de se tenir bien. C'est surtout retrouver l'espoir et la capacité de proclamer ceci : dans le brouhaha des évidences, il n'y a pas plus radical que la nuance.

  • "À soixante-et-un an, Jean Le Cam lors d'un Vendée Globe de légende a fait rêver tout un pays confiné. L'histoire d'un héros malgré lui."

    On ne présente plus Jean Le Cam, alias «le Roi Jean », le héros du Vendée Globe, qui nous a tant ému et réjoui tout au long de son tour du monde. Son aura n'a jamais été aussi grande, sauveteur de Kevin Escoffier, navigateur au palmarès légendaire, quatrième de la course en dépit d'un bateau moins performant, Jean Le Cam est le héros que la France entière adore. Gouaille, bon sens, humour, modestie, à soixante-et-un an Jean Le Cam n'a rien perdu de sa superbe.

    Quoi de mieux que de l'entendre se raconter dans ces entretiens au «long cours » avec l'une des plus fines plumes du sport, son ami Jean-Louis Le Touzet, et tous deux de nous conter une vie digne d'un roman.

    De son enfance à Châteauneuf du Faou aux premiers bords avec à quatorze ans son père à bord de Mervent, l'Armagnac familial, à La Forêt-Fouesnant, entre le Cap Coz et Concarneau, dans le Finistère Sud. De ses premières victoires locales, à son apprentissage aux chantiers Pichavant à Pont l'Abbé, de la création avec ses amis Hubert Desjoyeaux et Gaëtean Gouerou, le trio fondateur du chantier CDK. De sa rencontre avec Tabarly, en tant que jeune appelé à bord de Pen Duick VI pour un tour du monde en équipage aux premières navigations transatlantiques sur les multicoques Jet Services, Fleury Michon, ces machines qui feront tomber le record de l'Atlantique. De la casse de la route du Rhum en 2002 à son entrée dans «la carrière » de solitaire tourdumondiste tardivement, en 2004 décrochant la deuxième place du Vendée Globe.

    Mais aussi ses victoires, ses naufrages et ses sauvetages, ses échecs, ses projets architecturaux, ses silences bruyants, l'importance des femmes dans sa vie (sa mère et ses soeurs, sa femme Anne et ses filles), la mort de son père.

    C'est l'histoire d'un homme immense et humble qui jamais ne retient les larmes quand elles viennent, danse, rit, chante parfois sur son bateau.

  • L'empire qui ne veut pas mourir - une histoire de la francafrique Nouv.

    À Paris, on entend de toute part le même refrain : « La Françafrique est morte et enterrée ! » Pourtant, de Ouagadougou à Libreville, de Dakar à Yaoundé, de Bamako à Abidjan, la jeunesse se révolte contre ce qu'elle perçoit comme une mainmise française sur son destin.

    Quinze ans après la Seconde Guerre mondiale, la France a officiellement octroyé l'indépendance à ses anciennes colonies africaines. Une liberté en trompe l'oeil. En réalité, Paris a perpétué l'Empire français sous une autre forme : la Françafrique. Un système où se mêlent des mécanismes officiels, assumés, revendiqués (militaires, monétaires, diplomatiques, culturels...), et des logiques de l'ombre, officieuses, souvent criminelles. Un système érigé contre les intérêts des peuples, avec l'assentiment d'une partie des élites africaines et qui profite toujours aux autocrates africains « amis de la France ». Un système que tous les présidents français ont laissé prospérer, en dépit des promesses de « rupture ».

    Exceptionnel par son ampleur, inédit par son contenu, cet ouvrage retrace cette histoire méconnue, depuis les origines coloniales de la Françafrique jusqu'à ses évolutions les plus récentes. Rédigées par des spécialistes reconnus - chercheurs, journalistes ou militants associatifs -, les contributions rassemblées dans ce livre montrent que le système françafricain, loin de se déliter, ne cesse de s'adapter pour perdurer.

  • « On passe des commandes en ligne, on prend des apéros en ligne, bientôt on fera l'amour en ligne... Avec le Covid, notre société a gagné vingt ans. »

    Thierry, restaurateur amiénois.

    Il y a ceux qui se prosternent devant le moindre gadget, qui l'élèvent au rang de « Progrès » à majuscule. Et d'autres qui cherchent de nouveaux chemins pour un progrès humain.

    Il y a ceux qui rêvent d'un « vaste réseau numérique neural », de « digitalisation » et de « capteurs » partout. Et d'autres qui redoutent ce futur à la Matrix.

    Il y a ceux qui ne laissent pas le choix : « il faut accélérer », « aller de l'avant », « il y a une course, et la France risque de prendre du retard ». Et d'autres qui, avant de s'élancer, s'interrogent sur le sens de cette course : où va-t-on ? où veut-on aller ?

    Il y a ceux qui célèbrent le Prométhée tout-puissant, porteur du feu et de la technique, même lorsqu'il mène à la catastrophe. Et ceux qui reprennent son flambeau, mais autrement : Prométhée a surtout eu pitié des hommes, il a pris le parti des faibles, lanceur d'alerte contre le Jupiter de l'Olympe ou de l'Élysée.

    Il y a leur progrès, et le nôtre.

  • On peut dire que le grand gagnant de la crise du coronavirus est Amazon. Tandis qu'à la mi-avril 2020, la pandémie approchait de son moment le plus critique, la valeur des actions de la firme augmentait de 30 % par rapport à l'année précédente ; et en l'espace de seulement deux mois, la fortune nette du PDG Jeff Bezos augmentait de 24 milliards de dollars. Comme le résume un analyste de l'industrie numérique : "Le Covid-19 a été comme une injection d'hormones de croissance pour Amazon." L'enquête d'Alec MacGillis débute bien avant la crise sanitaire actuelle.

    Sa méthode est simple et efficace : c'est par une mosaïque d'approches et de vies que l'on comprend le mieux un système, comment ce dernier affecte ceux qui entrent en contact avec sa trajectoire. À la manière des grands reportages littéraires, Le Système Amazon décortique l'implacable machine et ses rouages à travers une impressionnante série de portraits et de tableaux.

    À Seattle, ce sont les cadres bien rémunérés de la firme qui accélèrent la gentrification d'un quartier populaire historique ; dans une banlieue de Virginie, ce sont des propriétaires qui tentent de protéger leur quartier de l'impact environnemental d'un nouveau data center Amazon ; à El Paso, ce sont des petites entreprises de fournitures de bureau qui tentent de résister à la prise de contrôle par Amazon de l'ensemble des marchés publics ; à Baltimore, c'est un entrepôt qui remplace une usine sidérurgique légendaire, etc.

    Il montre également comment la firme est devenue un lobby à part entière à Washington, l'auteur poussant les portes du gigantesque manoir de Jeff Bezos, dans le quartier de Kalorama, où l'on croise lobbyistes, députés, sénateurs et membres du gouvernement.

    Plus qu'un énième pamphlet sur l'impact destructeur du géant jaune au large sourire, ce livre, fruit d'années d'enquête, offre à lire le récit édifiant d'une société sous emprise.

    De centres de livraison en data centers, de campus d'entreprises en entrepôts du mastodonte, visitez un autre monde, en proie à son Amazonisation, qui se divise entre gagnants et perdants, entre vies déconnectées et vies broyées par ce système.

  • Greenlights Nouv.

    Cela fait trente-cinq ans que je tiens des journaux intimes. J'y consigne mes réussites et échecs, mes joies, mes chagrins, les choses qui m'ont émerveillé et celles qui m'ont fait rire aux éclats. Trente-cinq ans à prendre conscience, à me souvenir, à me rendre compte, à comprendre, à rassembler et à griffonner ce qui m'a ému ou excité en route. Comment être juste. Comment moins stresser. Comment m'amuser. Comment moins blesser les autres. Comment être moins blessé. Comment être un type bien. Comment obtenir ce que je veux. Comment trouver un sens à la vie. Comment être plus moi-même.

    Récemment, j'ai trouvé le courage de m'attaquer à ces journaux et de les relire en entier. Ce que j'ai trouvé ? Un catalogue d'histoires, de leçons que j'avais apprises et oubliées, de poèmes, de prières, de recommandations, de réponses à des questions que je me posais, de questions que je me pose encore, d'affirmations, de doutes, de professions de foi sur ce qui importe vraiment, de théories sur la relativité, et toute une ribambelle de slogans.

    J'ai découvert ce qui, dans mon approche de la vie, m'avait donné le plus de satisfaction à l'époque et m'avait guidé. J'ai appelé ça attraper les feux verts. C'est un thème solide.

    Donc j'ai pris mes journaux sous le bras et me suis offert un confinement en solitaire dans le désert, où je me suis mis à écrire ce que vous lisez à présent : un album, une trace, une histoire de ma vie jusqu'à ce jour.

    Les choses que j'ai vues, rêvées, cherchées, données et reçues.

    Les vérités explosives qui ont tellement court-circuité mon espace-temps que je n'ai pu les ignorer.

    Les contrats que j'ai passés avec moi-même, que j'honore pour beaucoup, et dont pour la plupart je cherche encore à me rendre digne.

    Voilà ce que j'ai vu, et comment - mon ressenti et mes trouvailles, mes moments de classe et de honte. Les grâces, les vérités et les beautés de la brutalité.

    Les initiations, les invitations, les calibrages et transitions.

    Les « je m'en sors à bon compte », les « je me fais choper », et les « je me mouille en essayant de danser entre les gouttes ».

    Les rites de passage.

    Ce livre raconte aussi comment choper les feux verts, réaliser que les feux orange et les rouges peuvent changer de couleur aussi.

    Ce livre est une lettre d'amour.

    À la vie

  • Ce livre est politique. Le lecteur y trouvera des rappels historiques, des analyses économiques, des réflexions sur la société et sur la réalité internationale.
    Mon regard porte sur la vie politique et ses forces, il s'élève vers le sommet de l'État où plus que jamais le pouvoir se concentre et il embrasse les craintes, les colères et les espérances des citoyens.
    Membre du Conseil constitutionnel pendant quatre ans, j'ai scrupuleusement respecté la neutralité et la réserve de celui qui avait revêtu, symboliquement s'entend, la toge du juge constitutionnel. Quand j'ai retrouvé en 2019 ma tenue de citoyen et ma liberté de parole, j'ai entrepris d'écrire ce livre.
    Le paysage politique de notre pays avait changé. J'ai voulu comprendre pourquoi et comment. J'ai aussi observé ce qui en résultait, non plus comme un acteur mais comme un témoin.
    Que s'est-il passé en 2017 ? Où en sommes-nous en 2020 ? Quelles perspectives s'offrent pour 2022 ? La promesse chimérique d'un « nouveau monde » est restée lettre morte. Notre pays est loin d'adhérer à ce qu'on lui propose aujourd'hui : un néolibéralisme orné de progressisme. Nous vivons un temps troublé.
    J'examine aussi trois confrontations mondiales à mes yeux décisives pour notre avenir commun : entre la démocratie et le despotisme, entre les migrations et les nations, entre l'expansion de l'homme et la sauvegarde de la vie sur terre.
    La postface de ce livre est consacrée à la pandémie qui en cette année 2020 a bouleversé le monde.


    Lionel Jospin

  • « Je vois dans la misandrie une porte de sortie. Une manière d'exister en dehors du passage clouté, une manière de dire non à chaque respiration. Détester les hommes, en tant que groupe social et souvent en tant qu'individus aussi, m'apporte beaucoup de joie - et pas seulement parce que je suis une vieille sorcière folle à chats.

    Si on devenait toutes misandres, on pourrait former une grande et belle sarabande. On se rendrait compte (et ce serait peut-être un peu douloureux au début) qu'on n'a vraiment pas besoin des hommes. On pourrait, je crois, libérer un pouvoir insoupçonné : celui, en planant très loin au-dessus du regard des hommes et des exigences masculines, de nous révéler à nous-mêmes. »

  • « Les Cahiers de l'Avenir en commun » permettent d'aborder le projet présidentiel de Jean-Luc Mélenchon à travers 4 thèmes : Démocratie et 6ème République, Le Progrès social et humain, La bifurcation écologique, et Pour une France indépendante.

    Après une introduction de Jean-Luc Mélenchon, chaque Cahier présente les sujets et les principales propositions. Pour terminer, un questionnaire consultatif permet aux lecteurs d'exprimer leur avis et de contribuer au programme.

    Ce mode de diffusion d'un programme et de consultation citoyenne est une première en France : il doit permettre aux lecteurs d'acquérir une vision globale du programme et d'en discuter.

    Le premier cahier traite de la crise démocratique et de la proposition phare du programme de Jean-Luc Mélenchon : convoquer une assemblée constituante en vue d'élaborer une nouvelle constitution, celle de la 6e République.

  • La crise économique rejoint la crise écologique. Il n'y a aucun doute sur l'imbrication entre ces deux crises. Elles produisent précarité, pauvreté, migrations, insécurités alimentaire et énergétique.

    Tous les candidats à l'élection présidentielle se présenteront en affirmant, à l'image d'Emmanuel Macron, qu'ils sont les champions de l'écologie. Pourtant, peu d'entre eux remettent en question les causes de ces deux crises.

    Le capitalisme et ses corolaires - le productivisme et le consumérisme - sont les logiques qui organisent le monde et le mènent à sa perte. Le chômage de masse est structurel, la destruction des droits sociaux menace le bien-être humain, les pollutions sont à l'origine d'une surmortalité et du dérèglement climatique, les traités de libre-échange engendrent migrations économiques et climatiques.

    Jean-Luc Mélenchon défend depuis plus de 12 ans la mise en oeuvre d'une planification écologique : il faut organiser la grande bifurcation écologique de notre économie. Il s'agit de planifier cette bifurcation dans tous les secteurs : énergie, nationalisations, protectionnisme solidaire, plan d'investissement, finance, construction et bâtiment, aménagement du territoire, transports, consommation, biodiversité, agriculture et alimentation, eau, forêts, économie solidaire...

    Ce deuxième numéro des Cahiers de l'Avenir en commun, le programme présidentiel de Jean-Luc Mélenchon, propose des orientations et des mesures prioritaires. Un questionnaire consultatif permet aussi de participer et d'exprimer son avis.

  • On ne peut pas supporter de voir les conditions de vie et de travail se dégrader alors que le pays a les moyens d'assurer le bien-être de tous.

    Le bien-être des Françaises et Français est au coeur du projet présidentiel de Jean-Luc Mélenchon : « on ne peut pas vivre heureux dans un océan de malheurs ! » Face à l'égoïsme et au chacun pour soi des logiques libérales, l'Avenir en commun défend une société de l'entraide et du « bien vivre ».

    Les leviers d'intervention pour créer les conditions du progrès social humain sont nombreux. C'est à l'État de s'engager, en commençant par refonder la fiscalité nationale pour qu'elle pèse moins sur le travail et qu'elle permette un juste partage des richesses.

    Le progrès social humain passe par la réduction des inégalités qui ont explosé en 20 ans ! Les salaires doivent augmenter, le temps de travail doit diminuer, la retraite doit être garantie : nous refusons les logiques de dégradation qui ont amené les gouvernements successifs à rogner sur les droits sociaux.

    Le programme de Jean-Luc Mélenchon propose d'accompagner tout au long de la vie les citoyens, en tenant compte de toutes les dimensions qui fondent l'humain : santé, culture, sport, formation, éducation et enseignement supérieur. Il s'agit aussi de faire toute la place nécessaire aux jeunes personnes, aux personnes âgées et dépendantes, ou encore aux personnes qui vivent avec un handicap. La société doit oeuvrer à une vie digne pour toutes et tous.

    Ce troisième numéro des Cahiers de l'Avenir en commun, le programme présidentiel de Jean-Luc Mélenchon, propose des orientations et des mesures prioritaires. Un questionnaire consultatif permet aussi de participer et d'exprimer son avis.

  • Salamé ? Présente. Starck ? Présent. Pinault, Seydoux, Badinter, Goldman ? Présents ! Faire l'appel des anciens élèves de l'École alsacienne, c'est passer en revue des milliers de patronymes illustres dans tous les domaines : politique, affaires, médias, édition ou encore cinéma.
    Si une grande majorité des Français n'en a jamais entendu parler, à Saint-Germain-des-Prés, tout le monde connaît cette école qui plaît aux intellos chics notamment pour sa pédagogie progressiste et humaniste. L'École de la rue d'Assas a su de longue date cultiver les exigences de l'époque : épanouissement de l'élève, rapport horizontal à l'autorité, valorisation des pratiques artistiques, etc. Mais cet établissement de rêve n'est pas pour tous. L'Alsacienne déjà ultra sélective est victime de son succès. Difficile, voire impossible d'y faire entrer son enfant si l'on n'a
    ni les codes ni un solide carnet d'adresses. Comment est-on passé d'une école d'avant-garde à la forteresse de l'entre-soi d'une élite éclairée ? Dans cet ouvrage, on croise des protestants alsaciens, des rejetons de ministres, d'acteurs, ou d'écrivains, des parents qui réseautent aux goûters d'anniversaires, Gabriel Attal et Juan Branco en frères ennemis... À partir d'une centaine d'entretiens, la première grande enquête sur l'École alsacienne décrypte les mécanismes d'un autre séparatisme scolaire et social qui ne dit pas son nom.

    Lucas Bretonnier est journaliste indépendant. L'École du gotha est son premier livre.

  • C'est fin 2017 que des chercheurs de l'observatoire Haleakala, dans les îles d'Hawaï, détectent un étrange objet qui traverse notre système solaire à une vitesse si élevée qu'il ne peut provenir que d'une distante étoile. L'objet, baptisé `Oumuamua, ne dégage aucune traînée de gaz ou de poussières lorsqu'il passe à proximité du Soleil. Pour l'astrophysicien Avi Loeb, en raison de sa forme et de sa trajectoire insolites, la seule explication logique est qu'il s'agit d'un engin artificiel construit par une civilisation extraterrestre.
    Cette hypothèse d'Avi Loeb fait couler beaucoup d'encre, et les implications qui en découlent pour l'avenir de la science, des religions et de l'espèce humaine sont considérables. Extraterrestre est un livre aussi généreux que vertigineux, au croisement de la science et de la philosophie, qui nous enjoint à remettre en question nos idées reçues et à porter un regard critique sur l'univers qui nous entoure et les objets qu'il recèle, aussi étranges soient-ils...


    AVI LOEB est professeur d'astrophysique à l'université d'Harvard, dont il dirige le département d'astronomie depuis neuf ans. Il est directeur fondateur de son centre d'étude des trous noirs, et directeur de l'Institut de théorie et de calcul (ITC) du Centre d'astrophysique Harvard-Smithsonian. Il préside le comité consultatif du projet Breakthrough Starshot, supervise le programme scientifique de la fondation Breakthrough Prize, et préside le conseil des académies nationales de physique et d'astronomie des États-Unis. Il est membre du Comité des Conseillers du Président des États-Unis sur les sciences et les technologies à la Maison blanche. Auteur de six livres et plus de 800 articles scientifiques, Avi Loeb est membre de l'Académie américaine des arts et des sciences, de la Société américaine de physique, et de l'Académie internationale d'astronautique. En 2012, le magazine Time a cité Avi Loeb parmi les vingt-cinq personnes les plus influentes dans le domaine de l'exploration spatiale.

  • L'auteur retrace le destin d'une quinzaine de jeunes femmes qui quittent leur pays du jour au lendemain, laissant parfois derrière elle famille, emploi et dans les cas les plus tragiques, des enfants.

    A travers ses longs portraits de « fugitives », Hélène Coutard décrit avec beaucoup de sensibilité l'insoutenable condition féminine en Arabie saoudite ; les stratégies, les ruses pour préparer la fuite. Un matin, faire comme si on partait pour son cours d'anglais et demander au taxi de foncer vers l'aéroport. Les périples sont des véritables épopées, éprouvantes, rocambolesques avec tout au bout, au Canada, en Australie ou en France, l'espoir d'une vie meilleure.

    Loin des clichés, on découvre les ressources de la génération Millenium. Nombreuses sont celles qui doivent leur liberté aux réseaux sociaux, en particulier aux activistes du groupe Sisterhood qui oeuvrent quasiment dans la clandestinité pour apporter une aide logistique, matérielle et psychologique aux fugitives. L'exil n'est pas toujours le refuge attendu ; elles y sont déracinées, avec la peur au ventre d'être retrouvées par des familles prêtes à tout pour laver l'affront du départ et par les services saoudiens furieux que ces jeunes femmes, en prenant la parole, ternissent l'image d'un royaume qui prétend se moderniser.

    On y lit le témoignage bouleversant de Julia, qui s'est échappée pendant son voyage de noces, en courant vers un poste de police à Roissy tandis que son mari de 40 ans son aîné était allé chercher les bagages ; elle est maintenant vendeuse dans un magasin de luxe à Paris ; ou celui de Suha qui a choisi de partir quand son échographe lui a appris qu'elle était enceinte d'une fille et qui reconnaît qu'avec un fils, elle serait peut-être restée.

    Des destins de femmes aux vies et aux personnalités parfois très différentes et qui ont pourtant une chose en commun : elles ont toutes eu la force de fuir et de se réinventer.

  • La vie de Myriam Boyer est un véritable roman qui commence dans les bars de la Mulatière, banlieue populaire près de Lyon, où l'emmenait son père, petit voyou bagarreur. D'abord comédienne sur les planches des théâtres lyonnais, la jeune mère du futur Clovis Cornillac décide de tenter sa chance à Paris. Pendant les auditions, il lui arrive de laisser son fils sous la surveillance des habitués des troquets des Buttes-Chaumont. Des hommes blessés qui l'inspirent, des femmes indociles dont elle sait mieux que personne restituer la grâce. Des frères et soeurs d'âme de la Berthe, mère-courage invalide qui a donné à sa fille le goût d'une liberté non négociable. Tout à la fois pudique et entière, Myriam Boyer revient sur les grandes heures de sa carrière, les tournages, les répétitions, le mélange de l'art et de la vie dans toute son intensité. Elle fait revivre des rencontres inoubliables avec d'autres élus d'une humanité cabossée, de Bernard-Marie Koltès à Patrick Dewaere, de Philippe Léotard à Simone Signoret dont elle dresse pour nous des portraits magnifiques.

    Myriam Boyer, née en 1948, est actrice et réalisatrice. Agnès Varda, Bertrand Blier, Claude Sautet ou François Ozon : elle a tourné avec les plus grands cinéastes. Elle a été, à deux reprises, lauréate du Molière de la meilleure comédienne. Elle a écrit ce livre avec Hélène Rochette, journaliste à Télérama.

  • « Je vous invite à cheminer un moment avec moi, et vous serez surpris par les voies que nous prendrons. Nous nous écarterons
    des théories et des croyances pour nous diriger vers une forme unique de connaissance qui se situe en nous, libérée des divertissements du quotidien, un lieu où vous trouverez la lucidité, l'épanouissement et la joie. Un lieu de paix intérieure. »

    Dans ce livre très personnel, Prem Rawat partage des moments clés de sa vie, du jeune Indien âgé de 13 ans, soudainement
    propulsé sur scène au Festival de Glastonbury en 1971, à ses expériences de pilote d'avion. Il évoque ses rencontres avec des personnes remarquables, de dirigeants politiques aux prisonniers rencontrés dans certaines des prisons les plus inhospitalières au monde. Son enseignement et ses prises de parole, particulièrement incarnés, sont souvent illustrés d'histoires, d'une apparente simplicité et accessibles à tous, invitant à tendre l'oreille du coeur, à se reconnecter à soi-même et à (re)prendre le contrôle de notre vie. Ce livre nous plonge au coeur d'une réflexion singulière sur le sens de la vie humaine et les immenses possibilités qu'elle offre.

  • Créée en 1996, la section française de l'Observatoire international des prisons (OIP) se bat pour le respect des droits et de la dignité dans les prisons françaises et milite pour la réduction du recours à l'emprisonnement. En vingt-cinq ans, l'association est devenue un interlocuteur essentiel pour les détenus mais aussi pour l'ensemble des personnes qui s'intéressent à la question carcérale. Elle est par ailleurs une force de proposition respectée des institutions qui sollicitent régulièrement son analyse. Pourtant, alors que la prison reste un espace de non-droit, l'Observatoire n'a jamais été aussi peu soutenu financièrement par l'État. Au point que son existence est menacée.
    C'est pour réaffirmer les valeurs qui sont au fondement de son action que des écrivains s'associent au combat pour sa défense. Leurs textes rappellent à quel point la prison hante nos consciences malgré les mécanismes d'occultation de sa dure et proche réalité. Chacun y raconte, dans une grande diversité de forme et de ton, son lien à ce lieu de relégation et dénonce le scandale de sa persistante inhumanité.

    Les bénéfices de ce livre sont reversés à l'OIP

  • La révolte : enquête sur les jeunes élites face au défi écologique Nouv.

    « Vous êtes l'élite de la nation » ; « vous construirez le monde de demain ». C'est ce que l'on répète chaque jour à ces étudiants des grandes écoles. Comme leurs aînés, ils n'ont aucune raison de se révolter, car une fois diplômés, leur avenir est assuré aux meilleures places. Et pourtant, nés autour des années 2000, grandis dans l'angoisse de l'urgence climatique, ils sont de plus de plus nombreux à se rebeller contre l'héritage catastrophique laissé par les générations précédentes.

    Pour cette « génération climat », l'année 2018 marque un tournant. Les 15-25 ans s'éveillent à la lutte écologiste : grèves scolaires, marches mondiales et actions de désobéissance civile à grande échelle se multiplient. Désormais, plutôt que de servir un capitalisme mortifère, ils refusent les places qui leur sont promises et partent en quête de modes de vie alternatifs. Tout en s'inventant de nouvelles vies professionnelles en accord avec leurs convictions, ils investissent les ZAD, construisent des cabanes et cultivent des potagers dans une joyeuse mais radicale remise en cause du « système » qui détruit la planète.

    Ce livre d'enquête et d'entretiens retrace la trajectoire de ces futures élites en colère qui, entre désertion et prise d'armes, ont changé leur vie pour mieux « construire le monde de demain ». On n'a pas fini de les entendre.

    Spécialiste de l'éducation, Marine Miller est journaliste au Monde.

  • Bimbo orientale habituée des bars à chichas ; femme voilée sage et soumise qui rêve de vacances à Dubaï ; objet sexuel des pires dépravations sur les sites pornos ; « beurgeoise » ambitieuse haut perchée sur ses Louboutin ; ou jeune actrice tchatcheuse qui a gardé l'accent de la cité : les femmes françaises issues de l'immigration maghrébine ne semblent exister dans l'espace médiatique qu'au gré des stéréotypes sans cesse renouvelés de la « beurette ».

    Refusant de se plier à ces préjugés sexistes et racistes, deux d'entre elles sont allées en interviewer d'autres pour explorer les coulisses et les non-dits de cette appellation qu'elles rejettent. Brisant les idées reçues, les auteures révèlent que ces femmes demeurent prisonnières d'un héritage colonial qui continue d'agir. Leur corps est sans cesse au coeur de polémiques qui divisent dans leurs propres rangs musulmans, féministes, associations de femmes « racisées », autant que militants de gauche ou antiracistes.

    Une enquête pleine d'empathie qui offre une galerie de portraits, plurielle, pour mieux connaître les « rebeues », loin des caricatures.

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