Sciences humaines & sociales

  • Sous une apparence pragmatique, la gestion constitue une idéologie qui légitime la guerre économique, l'obsession du rendement financier et qui est largement responsable de la crise actuelle.
    La culture de la performance et de la compétition met tout le monde sous haute pression : épuisement professionnel, stress, suicides au travail. la société n'est plus qu'un marché, un champ de bataille où le remède proposé aux méfaits de la guerre économique consiste toujours à durcir la lutte. face à cette mutation, la politique, également contaminée par le " réalisme gestionnaire ", semble impuissante à dessiner une autre voie.
    Peut-on échapper à l'épidémie? peut-on repenser la gestion comme l'instrument d'organisation d'un monde commun? c'est justement la piste qu'ouvre ici le diagnostic du sociologue clinicien.

  • Sur un enjeu aussi crucial du XXIe siècle, il manquait une synthèse experte mais accessible aux non-spécialistes. Dans cet ouvrage (préparé pour la populaire et prestigieuse série " Ce que chacun doit savoir ", Oxford University Press), James Galbraith décrypte la masse des connaissances disponibles pour nous livrer l'essentiel à comprendre. En moins de 250 pages, il répond successivement à toutes les questions que nous pouvons nous poser. Pourquoi faut-il se préoccuper de la montée des inégalités ? Comment a-t-on traité cette question dans l'histoire de la pensée ? Quel est l'état actuel du phénomène ? Comment mesure-t-on ce dernier ? Quelles sont ses causes, dans les pays les plus riches et dans le reste du monde ? Quelles sont ses conséquences économiques et sociales ? Enfin, Galbraith dresse le tableau des différentes politiques possibles pour réduire l'inégalité. Vivant et pédagogique, cet opus permet au citoyen, comme à l'étudiant, d'être rapidement et complètement éclairé sur toutes les dimensions d'un enjeu majeur du débat public.
    James Galbraith, professeur à l'université du Texas, est un économiste de renommée internationale. Il est notamment l'auteur de L'État prédateur et de La Grande Crise (tous deux publiés dans la collection " Économie Humaine ", Seuil). Il est aussi l'auteur de nombreux articles et ouvrages académiques sur l'inégalité. Ces travaux lui ont valu de recevoir (aux côtés d'Angus Deaton) le Prix Leontief du Global Development And Environment Institute.
    Traduit de l'anglais (États-Unis) par André Cabannes

  • Sans bonne volonté, nous le savons bien, rien ne se fait. Mais elle ne se décrète pas. A contrepied du néomanagement, qui sévit désormais dans les organisations, l'anthropologie aide à comprendre, notamment grâce à Marcel Mauss, fondateur de l'ethnologie scientifique française et auteur du célèbre Essai sur le don (1925), comment sans don, il n'est pas de bonne volonté et pas d'efficience possibles.Les entreprises, administrations, associations, équipes sportives, etc. qui fonctionnent bien savent reconnaître dans le cycle du don et dans ceux qui s'y adonnent la véritable source de la coopération efficace, de la confiance et du travail pris à coeur. Le mauvais gestionnaire, qui s'acharne à tout contrôler et rationaliser, tue la « poule aux oeufs d'or ». En enfermant tout le monde dans le cercle vicieux du chacun pour soi et du découragement, il « perd tout en voulant tout gagner » (La Fontaine).Mais ce qui est vrai des organisations l'est tout autant de nos relations sociales, de nos amitiés comme de notre vie familiale. Les principes du don et du contredon, ici dévoilés, sont aux relations humaines ce que l'inspiration et l'expiration sont au souffle de la vie. En questionnant nos manières de penser ce que nous sommes et notre rapport aux autres, La Révolution du don nous touche tous au plus profond de nous-mêmes.Professeur émérite de sociologie à l'université de Paris X - Nanterre, Alain Caillé, économiste de formation, a fondé et dirige la Revue du MAUSS (Mouvement Anti Utilitariste dans les Sciences Sociales). Il a écrit plus d'une vingtaine d'ouvrages.Anthropologue, docteur en droit et diplômé de l'EDHEC, président du cabinet AlterNego, Jean-Edouard Grésy est médiateur et enseigne la négociation. Il est intervenu dans plus d'une centaine d'entreprises aux fins de développer une conflictualité productive.

  • Bien des ouvrages ont traité des moyens de " sauver notre protection sociale ", ou au contraire d'en finir avec un modèle social archaïque... Ce livre rompt avec cette alternative simpliste entre la préservation de l'existant et la sécurité sociale minimale.
    Il s'agit moins de sauver la " sécu " que de comprendre de quoi celle-ci nous sauve ! Par ces effets sur la santé, le travail, l'économie et la formation de nos jeunes, elle constitue un investissement très rentable pour notre avenir collectif. Il est donc essentiel de ne pas dégoûter les jeunes générations d'adhérer encore à la logique de solidarité collective qui assure pour tous un meilleur avenir. Or, à force de ne se préoccuper que de " sauver notre protection sociale ", on a négligé ce défaut majeur de notre système social : l'inégalité flagrante qui s'est creusée entre les générations, au détriment des jeunes. Les retraités bénéficient de dépenses sociales croissantes tandis que les jeunes sont désormais les oubliés de la protection sociale.
    L'État-providence doit se muer en État social investisseur qui mobilise des moyens financiers pour investir dans la santé et la qualité du travail. Les moyens financiers pour engager cette refondation existent déjà, mais leur mobilisation suppose de rééquilibrer notre système en faveur des jeunes générations qui doivent soutenir cet investissement collectif.

  • Le management est devenu un des symptômes de notre société hypermoderne : on gère son temps, sa famille et sa vie tout comme on tente de gérer les motivations de ses collaborateurs ou la bonne marche d'un service. Bien gérer ne suffit d'ailleurs pas. La quête de qualité totale et de " zéro défaut " qui imprègne de plus en plus l'univers de l'entreprise s'étend désormais hors de ses frontières. Il s'agit de réussir sa vie, d'être performant en tout, bref de " gagner " dans une société qui ne veut connaître que le succès et n'a que faire des perdants.
    Parallèlement, un autre mouvement s'amorce qui se préoccupe de la dimension " spirituelle " de l'entreprise et cherche à lui conférer le statut d'une instance de développement personnel : on parle de l'identité, voire de l'âme de l'entreprise et c'est par elle, à travers elle, grâce à elle que l'individu est aussi censé se développer et réaliser son idéal.
    Or l'excellence a un coût : le stress permanent, les " décompressions " physiques et psychiques, la " brûlure interne " de ceux qui se consument dans l'obsession de la performance constituent la face cachée de cette course à la réussite... L'entreprise, en effet, n'est pas seulement pourvoyeuse de succès et de carrière, elle est aussi, parfois, pourvoyeuse de mal-être et d'angoisse.
    C'est toute cette face d'ombre de notre société de conquête qui constitue le cœur de ce livre, qui s'appuie sur une recherche approfondie dans l'univers managérial et intègre de nombreux témoignages.
    Nicole Aubert, professeur de sciences humaines à l'École supérieure de commerce de Paris (ESCP-EAP), est également chercheur et consultante auprès de diverses organisations.
    Vincent de Gaulejac, professeur de sociologie à l'université Paris-VII, directeur du Laboratoire de changement social, est également membre fondateur de l'Institut International de Sociologie Clinique.

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