Seuil

  • La question de l'opinion publique - de sa puissance, de sa mesure et de son contrôle - hante le gouvernement des sociétés occidentales depuis la fin du XVIIIe siècle. Intellectuellement, elle mène au coeur des contradictions de la pensée démocratique. Tout à la fois vénérée et redoutée, écoutée et dénigrée, elle s'est imposée très tôt aux élites politiques et savantes comme une énigme à résoudre autant que comme un risque à domestiquer. Cette « force impalpable comme le vent » qu'évoquait encore à la fin du siècle dernier un publiciste anglais se matérialise aujourd'hui à nos yeux sous la forme presque exclusive du sondage.Une telle révolution dans nos manières de penser le nombre, en statistique et en politique, n'a paradoxalement jamais fait l'objet d'une véritable histoire. A l'heure où chaque élection importante semble devoir tourner au procès des sondages, ce livre voudrait revenir sur les origines de ce phénomène et comprendre comment cette improbable statistique de l'opinion a fini par s'imposer comme une composante majeure de notre univers démocratique. En exhumant les débats passionnés qui ont jalonné la naissance des enquêtes d'opinion, en revenant sur les pas de ses pères fondateurs, en reconstituant avec précision le récit de l'avènement de cet instrument, en s'interrogeant sur la spécificité du rapport que la France entretient avec les sondages, l'auteur veut inviter à réfléchir aux implications politiques de cette invitation.

  • Le pire des mondes ? D'une certaine manière il est déjà là. Partout, précarité, insécurité et d'intolérables inégalités ; des milliards d'humains dans la pauvreté. Gaspillages, pollutions, recul de la biodiversité, dérèglement climatique, acidification des océans... tout cela en quelques décennies.
    Mais le pire est peut-être à venir. Car les maîtres du capitalisme refusent de renoncer à la domination du monde. Ils ne se contentent plus de résister à la nécessaire transition écologique et sociale : ils ont résolu de façonner la mutation en cours pour qu'elle assure d'abord leurs pouvoirs et leurs privilèges, fut-ce au prix de l'exclusion d'une large part de l'humanité, de la dévastation accrue de la Terre et d'une fuite en avant guidée par l'illusion que la techno-science peut tout faire mieux que la nature. Soucieux de préserver les libertés de surconsommer et de gaspiller, certains préconisent des réductions massives de populations ; partout dans le monde se mettent en place des formes d'apartheid entre riches et pauvres qui préfigurent un monde où seront en priorité protégés des aires d'opulence.
    Sur la base d'un implacable bilan du Sommet de Rio de 1992, ce livre décrit la mécanique d'un engrenage fatal qui affecte toute la planète. Écrit pour renforcer l'esprit de résistance, il propose aussi des instruments que des gouvernements authentiquement progressistes pourraient mobiliser pour prendre une autre voie.
    Michel Beaud
    Professeur émérite de l'université Paris 7, après trente ans d'enseignements, principalement à l'université Paris 8, sur l'histoire économique, l'économie mondiale et la mondialisation. Il a notamment publié : Histoire du capitalisme. 1500-1980, Seuil, 1981 et Histoire du capitalisme. 1500-2010, 6e éd., Seuil, 2010 ; Le Basculement du monde, (1997), 2e éd., La Découverte, 2000 ; L'État de l'environnement dans le monde (co-directeur), La Découverte, 1993 ; L'Économie mondiale dans les années 1980, La Découverte, 1989 ; Le Système national/mondial hiérarchisé, La Découverte, 1987 ; Le Socialisme à l'épreuve de l'histoire, Seuil, 1982.

  • Après la chute du mur de Berlin, l'euphorie n'a pas duré. Le monde actuel est traversé de forces contraires, celles de la fragmentation et de la mondialisation, celles du repli identitaire et de l'ouverture internationale. Les mêmes défis se posent à tous, le développement de la démocratie, la paix. Ce livre évalue les chances des principales puissances à l'aube de l'an 2000.

empty