Société des Océanistes

  • Le projet de traduire de l'espagnol le texte du Journal de Maximo Rodriguez, premier Européen à avoir séjourné durablement à Tahiti (de janvier à novembre 1775), eut pour origine la proposition faite par Francisco Mellén Blanco, éditeur espagnol du Journal dans le cadre du bimillénaire de la Découverte de l'Amérique, d'en faire une version française. Horacio Belçaguy, jeune archéologue océaniste argentin étudiant de José Garanger à l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne et membre du Laboratoire d'Ethnologie préhistorique du CNRS se fit l'interprète de Fr. Mellén auprès de Michel Orliac et, en parfait bilingue qu'il était, s'offrit à en faire la traduction en français. Le texte français dont nous disposions alors était la traduction souvent résumée, incomplète de Pugeault publiée en 1930 à Papeete, faite à partir de la version anglaise de Bolton Glanville Corney, incluse dans The Quest and Occupation of Tahiti by Emissaries of Spain during the years 1772-1776, ouvrage publié à Londres par The Hakluyt Society entre 1913 et 1919. L'intérêt d'une traduction nouvelle directe de l'original espagnol s'imposait. Cette opportunité présentée par Michel Orliac en bureau de la Société fut retenue, mise à exécution et concrétisée par le présent livre.

  • Le témoignage que nous livre, ici, Alfred Testard de Marans date de 1889, peu après son séjour entre 1887 et 1888 en qualité de vice-résident. Il est capital pour ceux qu'intéressent les îles Marquises, qu'ils y résident, y aient séjourné ou souhaitent tout simplement les connaître. C'est le récit d'un homme de qualité tel qu'on l'entendait dans la deuxième partie du xixe siècle. Il est curieux et intéressé par ce qu'il découvre. Il sert dans la Marine nationale et, à ce titre, a déjà connu des pays lointains et considérés comme exotiques, c'est-à-dire caractérisés par l'archaïsme du mode de vie. C'est en érudit et en homme instruit qu'il observe cette population marquisienne. Il livre à notre curiosité une époque postérieure à la deuxième conquête qui eut lieu en 1880, époque qui n'apparaît pas vieillie au regard des écrits rapportés un siècle plus tôt par Cook.

  • On ne peut manquer d'être frappé - à la lecture du Journal de Morrison - par deux caractéristiques : la première est cet extraordinaire don d'observation chez un homme que rien n'avait préparé à cela ; la seconde est cette indulgence qu'il manifeste vis-à-vis des Tahitiens lorsque la description de leurs moeurs l'amène à nous décrire ce qui à nos yeux, pourrait passer pour des défauts. Ceux qui, par goût, ont vécu ou vivent à Tahiti seront particulièrement sensibles à cette faiblesse et se demanderont comme nous l'avons fait, si Morrison n'est pas le premier Blanc à avoir subi cet envoûtement auquel tant de nous ont succombé, pour la plus grande joie de leur existence.

  • Cet ouvrage fait le récit d'un premier contact, hors du commun, entre des colons occidentaux et les membres d'une société aborigène située dans le Désert de l'Ouest, une étendue aussi gigantesque que peu accueillante au coeur du continent austral. Ce contact eut lieu il y a à peine plus de cinquante ans, en 1956. Les récits et archives abondent, les témoignages oraux existent et, surtout, les autochtones qui ont vu et vécu l'arrivée du premier Blanc vivent encore et en parlent. Les acteurs ont dû se confronter à un type de colonialisme particulier puisque les Britanniques et les Australiens entreprirent d'investir le coeur du Désert de l'Ouest pour y effectuer d'abord des explosions nucléaires, puis des lancements de missiles balistiques. Les termes « mythes », « missiles » et « cannibales » résument ainsi les représentations et les objectifs occidentaux qui ont motivé et orienté cette rencontre culturelle : une Australie espérée identique à l'Europe, des objectifs géostratégiques qui font disparaître les réalités du terrain et des Aborigènes qui sont placés au bas de l'échelle sociale. En passant par l'analyse des notions de « premier contact », de « tribu perdue » et de « présent ethnographique », tout en les situant dans le contexte australien, ce livre discute les mythes qui ont accompagné la découverte occidentale de l'Australie, puis du centre du continent, afin de mieux comprendre les politiques de ségrégation d'abord et d'assimilation ensuite qui ont dominé les rencontres culturelles dans le Désert de l'Ouest. Il fait ensuite l'analyse critique du contexte dans lequel la culture est devenue pour les Aborigènes un objet de revendication politique qui finit par porter ses fruits dans le cadre des exigences de restitutions foncières.

  • Si, en Nouvelle-Calédonie, exemple type d'une civilisation de l'igname, les Kanak assuraient leur autosubsistance essentiellement par l'horticulture des plantes à tubercules, la pêche n'y jouait pas moins un rôle important. Activité presque exclusivement masculine, elle était surtout le fait de certains groupes de parenté, les clans dits pêcheurs, qui pratiquaient généralement ensemble cette activité coutumière pour nourrir la population et assurer les échanges coutumiers, même si une autre pêche, plus individuelle et d'autosubsistance, pouvait être pratiquée par tout un chacun à la condition qu'elle ne vise pas les poissons coutumiers. Détenteurs des pouvoirs rituels indispensables à la pratique de la pêche, les clans pêcheurs avaient également en charge la fabrique des engins nécessaires à la pratique de leur activité, pirogues comprises. Dans cet ouvrage d'anthropologie maritime, l'auteur nous présente un inventaire des techniques de pêche traditionnelle et leurs évolutions techniques depuis la colonisation. Elle en replace les pratiques dans l'organisation sociale de l'île des Pins et de Goro (au sud de la Grande Terre), de façon à mettre en lumière les rôles et les fonctions des clans pêcheurs au sein des ensembles sociopolitiques dans lesquels ils s'inscrivent, chaque unité de parenté étant détentrice d'un rang et d'une responsabilité sociale, politique et religieuse (maître de la terre, guetteur-messager, gardien de magies, orateur, etc.). La fonction de pêcheur peut être détenue par des groupes de différents statuts politiques (chef, ancien, guerrier...), dont l'autorité vient de la possession des rituels et magies propitiatoires correspondantes. Elle semble être la seule à reposer sur une spécialisation purement technique. Cet ouvrage donne une large place à l'anthropologie, des techniques et comporte un grand nombre d'illustrations qui, jointes au texte, décrivent de manière détaillée les divers procédés de pêche et de fabrication, mais aussi une partie de la vie quotidienne de ces deux sociétés kanak de l'extrême Sud. Qu'en sera-t-il de ces pratiques dans un avenir proche ?

  • Dans toute la Polynésie, l'océan et les êtres qui y vivent avaient leur dieu tutélaire. Aux Samoa, la mer naquit de la sueur de Tagaloa, lors de son travail de création du monde. A Tahiti, ce dieu important comptait un grand nombre de messagers : le requin, les oiseaux ; la baleine était son ombre et la raie son marae. Lors des tempêtes, les navigateurs adressaient des prières à l'albatros afin qu'il calme les flots et vole à leur secours.Le récit des périples mythiques des ancêtres déifiés et l'enseignement des spécialistes contribuaient à former le marin en lui apprenant à connaître parfaitement son environnement. Une étroite symbiose s'instaurait entre le navigateur et la totalité de l'océan. Faisant partie lui-même de l'univers au même titre qu'une étoile, une vague, un oiseau, un coquillage, son voyage n'était pas un défi ou une provocation, mais plutôt une rencontre ; seul le respect de son environnement marin lui permettait d'arriver à destination.

  • Cet ouvrage se veut un bilan de l'action entreprise par l'État français dans le cadre du rééquilibrage prôné par les Accords de Matignon. L'inégalité entre les ethnies au plan de la scolarisation, du partage du domaine foncier, des équipements, du développement et de l'accès aux services et aux emplois a motivé, au terme d'une crise grave dans les années quatre-vingt, toute une série de mesures afin de promouvoir une répartition plus équitable des ressources, des chances et des pouvoirs entre Kanaks et Européens. Des premières opérations de rééquilibrage avant la lettre que représente la réforme foncière, jusqu'aux applications les plus récentes des Accords de Matignon, sont ici explorés les divers domaines de l'économie, de la démographie, du foncier, du champ urbain et de la politique en Nouvelle-Calédonie

  • Document d'une valeur inestimable, le recueil rassemblé au milieu du xixe siècle par le révérend John M. Orsmond (1784-1856) qui avait pris en note, mot pour mot, tout ce qui lui avait été confié des traditions tahitiennes, telles qu'elles sont transmises de génération en génération par les prêtres et les conteurs ma'ohi, dit-on, a malheureusement disparu après avoir été confié à l'administration coloniale française. Teuira Henry (1847-1915), petite-fille du pasteur Orsmond, a consacré une longue partie de son existence à reconstituer l'ouvrage de son grand-père, en mobilisant ses souvenirs et les notes et documents préparatoires qu il avait réunis. Mais, élevée dans le respect des valeurs missionnaires de l'époque, Teuira Henry n'est pas un témoin neutre. Elle a pratiqué à l'occasion la censure, effectuant des coupes dans le texte ou l'édulcorant, et s'est risquée parfois à des interprétations hasardeuses. On peut ainsi déchiffrer, superposée au témoignage sur l'âme de la Polynésie d'autrefois, une histoire des interrogations, voire des errements de l'Occident au contact d'une civilisation inconnue. L'édition originale de Tahiti aux temps anciens a été publiée en 1928 par le Bishop Museum d'Honolulu. Sa traduction française, réalisée par Bertrand Jaunez, a été éditée pour la première fois par la Société des Océanistes en 1951, avec un index établi par Valérie Samouel et Alain Bergaet. Sous sa forme actuelle, il a été réédité par la Société des Océanistes en 2004, avec une nouvelle couverture. Rassemblant des textes sur les plus anciennes traditions de la culture tahitienne : la religion, la magie, la guerre, la vie sociale ; de nombreux chants et récits souvent donnés en langue indigène avec traduction ; d'innombrables généalogies et plus de deux mille noms indigènes cités..., cet ouvrage est le « classique » sur Tahiti. Premier volume de la collection Publications de la Société des Océanistes (SdO), dont c'est ici la 7e réédition, il constitue toujours, avec les Mémoires d'Arii Taimai (Publications de la SdO 12) et les Mémoires de la reine Marau Taaroa (Publications de la SdO 27), l'une des sources les plus précieuses sur la civilisation, la langue et l'histoire des îles de la Société.

  • Depuis une vingtaine d'années, de nouvelles voix se font entendre dans le Pacifique Sud. Les Polynésiens eux-mêmes nous parlent désormais de ce coin du monde qui ne semblait inspirer jusqu'à présent que les écrivains européens. Depuis les voyages du Capitaine Cook, ces îles lointaines ont enfiévré l'imagination européenne qui a produit pour ses lecteurs nombre de récits enchanteurs, tableaux idylliques, décors édéniques pour bons sauvages, et autres ingrédients de la littérature exotique. Quelles sont donc ces voix polynésiennes ?

  • Bernard Vienne, chercheur éminent de l'Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre Mer, travaille depuis de longues années au Vanuatu (ex Nouvelles-Hébrides) et plus particulièrement aux îles Banks dans le nord de l'archipel. Il reprend les travaux classiques du Révérend Codrington (The Melanesians, Studies in their anthropology and folklore) et de W.H. Rivers, fondateur de l'école d'anthropologie sociale britannique (History of the Melanesian Society). Bernard Vienne a su aller patiemment plus loin, à partir des recherches déjà connues, et sans mépris pour ses prédécesseurs. Le résultat est une synthèse très neuve, où tout est repris en compte, où les matériaux sont originaux pour la plus grande part et qui répond définitivement à certaines hypothèses théoriques. Nous apprenons aussi comment s'imbriquent aux alliances matrimoniales les stratégies foncières en vue de l'accès aux meilleures terres à ignames, comment les systèmes de parenté s'organisent globalement pour l'ensemble des groupes et comment les familles glissent lentement d'une île à l'autre, les zones les moins peuplées de Vanua Lava se remplissant d'habi-tants nouveaux en fonction d'une politique concertée et consciente. Comment en fait, un peuple s'est géré tout seul, en dehors des structures coloniales qui l'ignoraient et dont il savait se protéger ; comment il a su aussi admirablement régler ses problèmes tout en restant fondamentalement lui-même. La pro-tection de la Melanesian Mission, anglicane et « high church », n'a pas été étrangère à cette réussite.

  • Ce dossier s'attache à présenter tant le personnage connu sous le nom de Tiki ou Ti'i en Polynésie, que les figurations anthropomorphes du même nom. L'évocation de quelques cosmogonies et mythologies essentielles permet de situer ce personnage qui apparaît ainsi comme le premier homme, maillon initial d'une longue histoire et comme le parangon des ancêtres déifiés vénérés par les Polynésiens. Les auteurs propose ensuite une analyse des formes et fonctions des tiki des Marquises et des ti'i des îles de la Société. Un chapitre est consacré à la grande famille des figurations anthropomorphes de l'aire culturelle polynésienne. Enfin, le tiki est envisagé dans son contexte contemporain : artistes océaniens et du monde puisent en cette figure emblématique ancestrale toutes sortes d'images. D'un domaine lié au sacré dans les cultures de Polynésie, le tiki s'inscrit désormais dans un système mondialisé, mêlant art, commerce, spectacle, patrimoine.

  • Ce dossier synthétise les connaissances disponibles sur le thème du tatouage en Océanie à partir de sources ethnographiques anciennes peu exploitées et à partir des recherches récentes menées par l'auteur en Polynésie occidentale. Faisant suite à l'exposition Tatoueurs-Tatoués présentée au musée du quai Branly, les pratiques océaniennes de tatouage y sont abordées sous l'angle des traditions orales, de la technique, du rôle des experts rituels, des corpus iconographiques et de leur circulation dans des réseaux d'échanges régionaux, puis sous celui de leur mise en oeuvre dans des logiques sociales indigènes.

  • Cet ouvrage posthume de Bernard Juillerat élève le mythe au rang d'« "objet transitionnel" entre l'inconscient individuel et la société » et permet de repenser encore une fois des questions dont l'intérêt excède évidemment le domaine mélanésien, notamment la sexualité, la procréation, la parentalité, la filiation, l'émergence du social ou la mort. À partir de l'analyse comparative d'un corpus de mythes mélanésiens, essentiellement néo-guinéens, Bernard Juillerat en dégage la logique sémantique globale, en repérant les thèmes disséminés à travers les récits de multiples sociétés qui prennent sens comme autant d'éléments de configurations inconscientes universelles. La transmission orale des mythes, qui véhicule ce sens, contribue surtout à le produire à travers les transformations que leur répétition induit inévitablement au cours du temps. Ainsi, comme il l'écrit, le « sens n'est pas préétabli avant même que le mythe n'existe socialement : il se constitue dans une poussée de la pensée qui, par la médiation du récit, passe dans la parole et devient un bien culturel transmissible ». Au coeur des mythes réside la question des conflits permanents entre la jouissance individuelle et la construction du social qui travaille à sa domestication, le mythe parlant des « concessions que le sujet doit concéder au social pour maîtriser sa part "naturelle" ». Ainsi la pensée mythique fait-elle resurgir ce que la société a refoulé comme non socialisable. Dans la première partie, l'auteur traite des héros phalliques, personnalités solitaires, narcissiques et pulsionnelles qui défient l'ordre social et auxquelles appartiennent notamment les figures répandues des changeurs de peau. La deuxième partie porte sur les héros oedipiens, personnages disposant d'un accès privilégié à l'abondance - qu'elle se dise en termes de richesses matérielles ou de femmes. Ces types de héros vécurent sous le règne du principe de plaisir avant qu'une transgression individuelle n'y mette fin en provoquant l'apparition du principe de réalité qui régit désormais la vie de la société. La troisième et dernière partie concerne l'intrication mythique des thèmes de l'amour, de la mort et de l'abondance. L'analyse se termine sur l'observation qu'une structure ternaire apparaît commune à la presque totalité des récits. Écrit de façon claire et avec la sobriété qui était coutumière à l'auteur, ce livre offre un large panorama de mythes dans lesquels les ethnologues de la Nouvelle-Guinée en particulier retrouveront des échos familiers des récits qu'ils connaissent. L'interprétation qu'en livre Bernard Juillerat ici entend mettre en évidence les récurrences thématiques qui se font jour entre eux, sans chercher à les contextualiser de façon spécifique. Il n'est donc fait référence, par exemple, ni aux rites susceptibles d'être associés à ces mythes et de les éclairer, ni aux modalités sociales de leur énonciation.

  • En 1891, à peine arrivé à Tahiti, Gauguin découvre l'art des îles Marquises : il s'enthousiasme et décide de gagner l'archipel pour y poursuivre son oeuvre. Il n'y parviendra que dix ans plus tard. Mais quand il s'installe à Hiva Oa, la société marquisienne est très durement éprouvée par un siècle d'une rude confrontation avec l'occident. La démographie s'effondre ; les traditions sont menacées ; pour beaucoup d'observateurs la fin est proche. Pourtant, contrairement à ce qu'a cru deviner Victor Segalen, les Marquises n'ont pas été qu'un « décor » aux yeux de Gauguin, et les Marquisiens, ont été pour lui bien plus et bien mieux que des « comparses ». Durant deux ans (1901-1903) s'est noué un intense dialogue créateur.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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