Sciences humaines & sociales

  • L'annexion de la Crimée en 2014 et la guerre hybride menée dans le Donbass depuis lors ont profondément affecté les rapports des pays occidentaux avec la Russie. Des sanctions économiques ont été prises par l'Union européenne et les USA à l'encontre de celle-ci. En réponse le pouvoir russe tente par tous les moyens de diviser le front occidental et pratique une désinformation à destination des opinions publiques européennes et nord-américaines. Cet ouvrage essaie de dissiper les faux-semblants en rapportant les thèses à des données de l'histoire ou de la vie contemporaine en Russie. Il est fondé sur la thèse que la politique de Vladimir Poutine vise à occulter le mécanisme de sa gouvernance - essentiellement kleptocratique - en mettant en condition l'opinion intérieure et internationale. Confrontant les realia (les faits avérés) et les discours officiels russes, l'auteur exprime sa solidarité avec les groupes qui en Russie même mènent un combat pour la vérité et le respect du droit. Sur un plan général, l'auteur démontre que le pays connaît une nouvelle phase d'obscurantisme réactivant les démons du passé. L'espérance toutefois demeure, elle qui selon un proverbe russe « meurt en dernier ». Riche et fouillé, un édifiant portrait critique de la Russie de Poutine.

  • « Les professionnels de la petite enfance (puéricultrices, auxiliaires de puériculture, infirmiers, éducateurs de jeunes enfants ainsi que médecins) sont parfois démunis face aux problèmes qu'ils rencontrent. Ils sont souvent en première ligne quand les parents, angoissés par la séparation, leur confient leur enfant, les harcèlent d'innombrables questions et s'attendent à des réponses satisfaisantes et rassurantes. Au milieu du monde vaste et compliqué de l'Internet, ce livre met à leur disposition des outils leur permettant de répondre à ces questions, de régler les problèmes courants grâce à des conseils pratiques, simples et concis. Ces conseils sont issus d'une expérience riche de trente ans d'exercice de la pédiatrie, dont une dizaine d'années au sein de plusieurs crèches de la région parisienne. » Un manuel pour prévenir et pallier les petits et grands tracas que peut rencontrer l'enfant confié à des professionnels : c'est ce que propose R. Saab avec ce guide qui synthétise, à destination des acteurs de la petite enfance (mais aussi des parents), le b.a.-ba en la matière. Hygiène, nutrition, maladies, compréhension du comportement, gestes et réflexes à acquérir : cet ouvrage embrasse toutes les problématiques liées à la vie en communauté et fournit, avec limpidité et efficacité, sous forme de fiches, les informations et conseils essentiels à la garde et à l'éveil des tout-petits. D'ores et déjà un texte indispensable, qui devrait rapidement trouver sa place dans toutes les crèches et chez les assistantes maternelles...

  • Au miroir du passé, connaissant le présent, que peut-on donc espérer de notre avenir ? Dans une centaine d'années, les femmes auront-elles enfin obtenu l'absolue parité avec les hommes ? L'inégalité entre les individus aura-t-elle encore diminué ? La santé et la médecine auront-elles accompli de nouvelles percées révolutionnaires ? Les religions se seront-elles ouvertes aux changements de société ? Petit traité de futurologie qui se décline en douze thématiques, "Vite, rêvons... sur les chemins du temps" sonde l'avant (à travers mille extraits d'ouvrages anciens consacrés aux us et coutumes de leur époque) et le maintenant pour mieux anticiper des lendemains que J. Gros, à l'aune des progrès constatés, veut croire meilleurs. Porté par un optimisme raisonné, cet essai exprime ainsi, en pointillés, une foi et une espérance en une humanité capable de résoudre patiemment les dissensions qui la minent.

  • Le peuple de France ne s'est jamais douté de l'enjeu dont il fut le cobaye et qui s'est déroulé pourtant sous ses yeux, durant cinq ans, de 2007 à 2012. Cet enjeu, pour le gouvernement en place, a été de ramener le « peuple d'en bas », coup de butoir après coup de butoir, à ce que l'on appelle « l'ancien régime » qui prône la fusion du politique et du religieux, ce qui englobe les puissances financières qui en sont les pourvoyeurs : des marionnettistes, auteurs d'une crise programmée de longue date. Mais n'en doutons pas, la marche des peuples est bien en marche, inéluctable et irréversible vers la conquête d'indépendance, vers le retour des libertés individuelles et collectives, vers une vie normale et éclairée. C'est un fait indéniable, la nouvelle civilisation est en train d'émerger. Fantasmes et utopie, diront certains ; lucidité et espoir, clameront les autres ! En dévoilant « L'Enjeu », Jean-Pierre Roque décrypte au travers de cinq parties (« La France bâillonnée », « La dette odieuse », « Justice et partage », « La marche des peuples » et « La nouvelle civilisation ») le fonctionnement de nos sociétés et offre une certaine vision du monde et du puzzle politico-financier. Un pamphlet engagé et polémique, dérangeant et stimulant, au regard aussi acide qu'aiguisé.

  • « Le concept démocratique, élaboré depuis des siècles, permet de mettre en place des techniques de contrôle du pouvoir, c'est en cela que le système démocratique est un bon mode de gouvernement. Mais, les hommes évoluent et la politique aussi, celle-ci se complexifie, elle devient plus sophistiquée. Les penseurs et/ou défenseurs de la démocratie doivent imaginer, inventer et mettre en place de nouveaux mécanismes adaptés à leur époque, à leurs conditions socioculturelles, à leurs circonstances. » Avec sa réflexion autour des modèles républicains ainsi que leurs applications sur le continent africain et plus spécialement au Zaïre, Patrick Mushobekwa nous offre une vision claire des origines des gouvernements à l'oeuvre en Afrique. De leur naissance jusqu'à aujourd'hui, les démocraties font face à de véritables défis sociaux et culturels, mais doivent également faire preuve de vigilance quant aux régimes autoritaires présents à leurs frontières. Avec pédagogie et franchise, l'auteur déroule l'histoire d'un continent où l'influence européenne s'est finalement transformée en étau.

  • Georges Martinez nous propose un parcours historique des différents règnes qui se sont succédé en France du milieu du Ve siècle jusqu'à aujourd'hui. L'auteur n'omet pas de mentionner les individus qu'il considère comme importants dans le parcours de chaque gouvernant. Riche d'informations, cet ouvrage offre une vision synthétique des différentes dynasties au pouvoir et permet ainsi de reconstituer les racines d'un pays au rayonnement mondial.

  • Frappant trois cents millions de personnes à travers le monde, première cause de mortalité chez les 15-29 ans, la dépression s'impose comme un véritable enjeu de santé publique. Comment combattre ce fléau ? Cet ouvrage s'intéresse ainsi à la prescription d'un agoniste dopaminergique, le pramipexole, couramment utilisé dans le traitement de la maladie de Parkinson, cette fois dans le cadre de dépression ou de troubles bipolaires. Neuropsychiatre et psychiatre, les auteurs choisissent ici d'illustrer le cadre d'utilisation, la posologie, l'efficacité et les effets secondaires du produit en livrant le témoignage de deux patients et en relatant onze consultations. Objective et pertinente - les propos restent prudents quant à la prescription du produit, le réservant en cas d'inefficacité ou d'intolérance aux traitements habituels des dépressions -, l'étude devrait intéresser non seulement le grand public - elle est accessible et concrète -, mais également les médecins qui y trouveront une piste de travail innovante.

  • "On me demandera si je suis prince ou législateur pour écrire sur la Politique ? Je réponds que non, et que c'est pour cela que j'écris sur la Politique..." C'est par cette citation de Jean-Jacques Rousseau dans "Le Contrat social" que l'auteur ouvre ce court essai, à la fois simple et savant. Résolument gaulliste et chrétien, fondamentalement humaniste, D. Picard nous entretient de la gouvernance de la France aujourd'hui : - de l'Éducation, où il prône notamment les valeurs classiques de la discipline et de l'importance de l'orthographe ; - de la Politique où il s'inscrit contre la politique des partis, prône leur dissolution pure et simple et opte pour une présence effective de toutes les couches de la population dans le système : véritable démocratie participative - de la Défense, à propos de laquelle il insiste sur la nécessité du maintien d'une autonomie militaire du pays et se défie du fédéralisme. Mais il se positionne aussi sur des sujets tels que la Médecine sous la forme d'une vibrante plaidoirie pour l'homéopathie et une vraie diversité d'approche thérapeutiques, ou la Justice en attaquant sans complaisance l'institution carcérale telle qu'elle se présente aujourd'hui, notamment en remettant en cause une politique d'enfermement systématique. D'une liberté d'esprit vivifiante, ce texte très documenté nous permet de mieux penser la situation de la France dans notre temps : s'appuyant sur des savoirs anciens pour élaborer des réponses pour aujourd'hui, l'auteur donne à penser, ouvre des pistes, éclaire notre histoire d'une lumière chaude et revigorante : celle d'un humanisme de combat.

  • Malgré les analyses ADN réalisées en 2000 qui confirment l'appartenance du coeur supposé de Louis XVII au Dauphin, il reste des doutes quant à la fiabilité de ces conclusions. En effet, l'hypothèse selon laquelle le Dauphin aurait été enlevé de sa prison et mené en Auvergne pour y vivre sous un faux nom reste tenace, et de nombreux éléments poussent à valider cette hypothèse. Cette enquête minutieuse au coeur de la région auvergnate propose d'analyser un à un ces éléments, de les confronter aux faits historiques avérés pour appuyer de façon systémique cette thèse, sans toutefois pouvoir en prouver catégoriquement la véracité. L'implication de la franc-maçonnerie en ces temps troublés ne fait qu'ajouter au mystère, ou à la crédibilité du propos, c'est selon. Reste que les coïncidences parlent souvent d'elles-mêmes... Un livre fascinant qui décortique avec rigueur et minutie les tenants et les aboutissants d'un mystère historique entêtant. On en apprend beaucoup sur la période qui suivit la Révolution, sur les dissensions qui fourmillaient selon les régions et les appartenances sociales. L'auteur, dans un style sobre et élégant, communique avec aisance sa passion pour cette période, et son érudition se met entièrement au service de son propos, pour notre plus grand plaisir.

  • Années soixante...Le Viêt Nam, déjà scindé par la guerre d'Indochine, vit alors sous le feu américain. Opprimé par un régime totalitaire, prônant le fanatisme et le collectivisme aveugle, le Nord sombre désormais dans le chaos sanglant des bombardements. Plongées dans cette guerre, trois soeurs, trois Nuage, flottent, voient le monde, puis dérivent et survivent... Hà No^.i, la capitale et leur ville natale fut évacuée dès le début de la guerre et resta quasi vide pendant dix ans. Au gré de leurs exodes, Nuage Rose, la petite dernière, déroule la guerre, raconte son pays, leur vie au milieu des paysans ; une survie que les Nuage, arrachées à leur mère, apprennent sous l'égide d'un grand-père maternel amoureux clandestin de la culture française et d'un père médecin, dévoué à ses blessés. Une cellule familiale terriblement fragile face à la démence de l'époque, mais qui affronte dans l'unité, entre espoir et abnégation, les séparations et la folie destructrice. Au-delà du quotidien à fleur de nerfs, Nuage Rose croque le paradoxe d'une vie menacée d'être sans lendemain, d'une enfance meurtrie par la guerre, par la faim, et pourtant heureuse !... grâce à la puissance des liens familiaux qui triomphent de la Mort et des déchirements.

  • C'est conduit par une passion raisonnée que l'auteur trace un état des lieux du système éducatif français pour que le lecteur à son tour, prenne la juste mesure de ce qui doit être entrepris pour stopper l'involution d'un système qui a défaut d'être désespéré, apparaît comme désespérant. L'expérience de Louis Puechavy tirée de son poste de principal de collège lui a ouvert les portes de toutes les coulisses de ce système et l'a confronté aux multiples décisions politiques souvent contradictoires. Il a pu ainsi lister les conséquences sur nos jeunes. Il apparaît au travers de cet essai pertinent que si l'Education Nationale est servie par des personnalités de bonne volonté, elle n'en est pas moins exsangue et malade de vingt années de réformes politiques et administratives souvent irresponsables.

  • «?Près de moi, un autre camarade a été touché, je l'entends gémir, pendant une demi-heure, accoudé sur le parapet tout comme s'il dormait ; aucune blessure n'est apparente. Hélas, une demi-heure plus tard, il était mort. Un autre camarade, blessé aux reins, passe à quatre pattes derrière moi, enfonçant encore les moellons qui me meurtrissent. À quelque vingt mètres de là, les camarades qui se sont sauvés durant l'éboulement m'observent, se disant que sans doute je n'en ai pas pour bien longtemps. Non, mais vais-je mourir ainsi ? Agoniser pendant des heures et des heures, dans l'impossibilité de faire le moindre mouvement.?» Nouvelle contribution à notre connaissance du quotidien des soldats français lors de la Première Guerre mondiale que ces « Souvenirs de guerre » composés par Édouard Lefort, qui nous entraînent jusqu'en Albanie, jusqu'à ces combats en Orient que l'on évoque peu et qui devaient faire de l'auteur l'un de ces «?gueules cassées?» générées par ce conflit. Témoignage édifiant, qui embrasse le parcours d'un homme de son instruction à sa convalescence, porté par l'esprit de corps, la camaraderie et le patriotisme de son narrateur. Ce texte, riche en documents d'époque, se révèle être, de par sa pudeur et son écriture directe, touchant de courage et d'abnégation.

  • Ce qui fonde la sémiologie générale - le sens des expressions verbales, picturales, musicales... -, ce sont les relations de chaque expression à des sensations (visuelles, auditives, gustatives, de l'oreille interne, posturales, motrices) et à des ressentis affectifs. Et c'est l'organisation identique chez chacun, sauf anomalie génétique, des domaines sensoriels moteurs et affectifs qui permet dans une situation de présentation de l'expression de lui associer des références sensorielles presque identiques et des références affectives généralement proches, ce qui rend les expressions échangeables. Nous souhaiterions que les apprentissages sémiologiques deviennent le premier souci des éducateurs familiaux puis scolaires, cet ouvrage présente ici une sémiologie verbale élaborée à partir d'un texte d'Ernest Renan, une sémiologie musicale à partir de la Petite musique de nuit de Wolfgang Amadeus Mozart, une sémiologie picturale à partir d'un dessin d'enfant afin d'avoir des références à la fois remarquables et facilement accessibles. Si cet ouvrage ne saurait avoir la prétention d'une quelconque érudition, même s'il fait implicitement référence à la préconception saussurienne de la sémiologie - science étudiant la vie des signes au sein de la vie sociale -, il a pour ambition de mettre en évidence ce qui fonde le sens des différentes sémiologies : verbale, graphique, musicale, posturale et gestuelle et de montrer comment ce sens s'acquiert afin de ne plus chercher l'origine du sens où elle n'est pas (indo-européenne, innée, inscrite dans les mots et véhiculée par eux indépendamment des hommes).

  • Qu'est-ce qu'une crise psychologique ? Comment gérer les urgences psychiatriques ? Dans cette étude, l'auteur montre ainsi comment, à défaut de véritables centres de crise, le service des Urgences du CHR de la Meynard, ouvert en 1984, permet de résoudre certains troubles de l'adaptation. Après une épidémiologie descriptive, l'auteur s'attache à formuler des perspectives pour l'avenir de la consultation psychiatrique aux urgences. Diagnostics, prise en charge d'urgence... Portant sur plus de 700 dossiers dont 275 troubles de l'adaptation, la thèse de médecine de Louis-Léonce Lecurieux-Lafferronnay, si elle remonte à 1988, n'en est pas moins une rigoureuse cartographie de la psychiatrie martiniquaise et démontrait déjà à l'époque la nécessité de structurer un véritable centre d'accueil et d'écoute permettant d'éviter le passage par les urgences médicales. Une étude de terrain qui entend inviter à réfléchir à la politique des soins d'aujourd'hui et de demain.

  • Notre mode de communication est depuis des siècles basé sur un fonctionnement anticommunicationnel fait d'injonctions et sur le système récompense-punition avec l'injonction paradoxale, la menace, la dévalorisation-disqualification, la culpabilisation, le chantage, les jugements moralisateurs et de valeur, les comparaisons... Chaque fois que nous tentons de communiquer avec de tels procédés, nous produisons chez notre interlocuteur des réactions de défense et, le plus souvent, une contre-offensive, chacun essayant de reprendre une position dominante. Énergétivores, ces modes de fonctionnement engendrent la violence, et trouvent leur origine dans notre enfance, mettant en évidence des blessures toujours infectées. Apprenons donc à parler de soi et non sur l'autre, à exprimer clairement notre demande, nos affects et nos émotions, sans mettre l'autre en jeu mais plutôt en se mettant soi-même en « je », renouant ainsi avec l'empathie de l'enfant intérieur. L'empathie, la compréhension, la sincérité, l'échange, la responsabilité, la connaissance de soi... ces valeurs, bases d'une véritable éthique, sont promues par l'essai de Y. M. Atlani afin de désamorcer toutes les violences et les spirales infernales qu'elles génèrent. Développant en ces pages une méthode qui invite à un patient travail sur soi, l'auteur trouve, en termes aussi accessibles et limpides que convaincants, les moyens de déjouer les engrenages qui conduisent à l'opposition et au conflit... Et, de la sorte, il esquisse les contours d'une société où les individus vivraient en harmonie leurs différences.

  • Jamais personne n'avait écrit la suite d'Hérodote, sauf Charon de Lampsaque, mais son livre est perdu. L'Enquête d'Hérodote s'arrête en 478 avant notre ère. Alors que les datations des invasions perses et de la guerre du Péloponnèse sont bien établies, la reconstitution de la chronologie de ces quarante-huit années entre ces deux guerres continue de poser des problèmes. C'est le cas surtout pour les deux premières décennies de cette période pour lesquelles les dates proposées divergent souvent de plusieurs années. D'où vient alors le problème ? Ce livre, sous forme d'enquêtes, raconte la suite des événements des guerres médiques avec la naissance de l'empire athénien jusqu'à la veille des réformes d'Éphialtès à Athènes, c'est-à-dire 463 avant J.-C. Écartant d'emblée la chronologie des rois de Perse pour se fixer uniquement sur des données grecques, l'ouvrage prend le contre-pied de toutes les thèses existantes sur cette période. Les recherches d'Hubert Bouteille cherchent à démêler le vrai du faux et débouchent sur une découverte stupéfiante : les Perses ont falsifié la chronologie de leurs rois, Xerxès et Artaxerxès, pour une raison inconnue, semant la confusion dans la chronologie des événements racontés par les auteurs grecs. Mais le croisement des sources, et en particulier des deux historiens grecs les plus fiables de l'Antiquité grecque, permet de retracer l'histoire de ces cinquante ans entre les deux plus grands conflits que la Grèce ait connus au Ve siècle avant notre ère, les guerres médiques et la guerre du Péloponnèse. Un livre d'histoire fascinant et indispensable à placer dans votre bibliothèque entre Hérodote et Thucydide.

  • « Voilà la situation de la France qui se complique, ballottée qu'elle est entre un chômage croissant et une mondialisation qui ne cesse de délocaliser et de déstabiliser les communautés les plus vulnérables et les plus rétives à la laïcité, l'un des socles du pacte républicain depuis plus d'un siècle. Le Printemps arabe connaît ses limites, vire au chaos, et alimente les oppositions ethno-religieuses et autres guerres civiles. Et surtout réveille le sempiternel conflit israélo-arabe qui détériore encore plus les relations en France entre les deux communautés les plus nombreuses d'Europe, la juive et la musulmane. En fallait-il davantage pour faire resurgir l'antisémitisme et exacerber l'islamophobie ? Multiplier encore plus les embardées et autres revendications communautaires ? Et attiser le désarroi de la majorité silencieuse, en grande partie déchristianisée, agnostique ou athée ? Comment en serait-il autrement lorsqu'on constate, et parfois avec regrets, que la France est impliquée dans plusieurs foyers de guerre dans le monde arabo-musulman, tout en réaffirmant son soutien indéfectible à l'État d'Israël selon les uns, ou son soutien ferme et ancien au peuple palestinien pour les autres ? » Comme « il n'est pas question d'admettre en France sans le dénoncer le passage des ombres sur les Lumières », l'auteur porte le regard singulier et original d'un immigré de première génération sur le communautarisme qui l'avait fait fuir à l'âge de 18 ans de son Liban natal. À mi-chemin entre témoignage et essai, il pose le diagnostic d'une France troublée, en proie aux tensions ethno-religieuses et identitaires. Une réflexion sans langue de bois qui ne manquera pas d'interpeller.

  • « La dernière conspiration à laquelle les Philadelphes participèrent fut l'audacieux coup de main de Malet, en 1812. Évadé de sa prison, réuni aux généraux Lahorie et Guidal, il annonça dans Paris la mort de Napoléon, proclama la chute du gouvernement, rallia à lui un certain nombre de soldats dupes de ces nouvelles, fit conduire à la prison de la Force le préfet de police Pasquier, et il allait réussir sans la résistance du commandant Hullin... Lors du retour de Russie de l'empereur, les conspirateurs furent condamnés à mort. Tous furent fusillés le 29 octobre 1812, après avoir, eux-mêmes, commandé l'exécution sur la plaine de Grenelle... » Chroniques, portraits, anecdotes : voici une sélection de 225 faits historiques oubliés ou méconnus inspirés de la presse française et étrangère du XIXe siècle. Englobant des siècles d'actualité, embrassant de l'Antiquité jusqu'à l'orée du XXe siècle, les sujets divers de cet ensemble devraient ravir les lecteurs avides de « petite histoire ».

  • Des paroles à toutes les sauces ou des mots pour toutes occasions. Des paroles répétitives qui définissent le quotidien ou des paroles audacieuses qui cernent les moments profonds de votre vie. Des mots que l'on laisse échapper sans y avoir vraiment pensé ou des mots songés qui marquent votre volonté de vivre et de réussir. Des paroles banales dont vous ne vous souvenez plus ou des paroles mordantes dont même les autres se souviennent tellement elles sont lourdes d'émotion et de conséquence.

  • Dans l'ancienne hypothèse d'une planète Terre plate comme une gigantesque pièce de monnaie, difficile voire impossible pensait-on de vivre sur la face inexplorée « du dessous » et équivalente à notre hémisphère sud. Les humains et les animaux devraient y marcher les pieds au plafond et la tête en bas. Les plantes résolvaient le problème en s'accrochant par leurs racines. Les êtres vivant sur cette face, plus ou moins anormaux, magiques, diaboliques ou monstrueux, seront pour cela appelés Antipodiens. Évidemment pour ne pas « tomber » dans le vide sidéral, car rien ne peut être posé au plafond sans y être accroché ou suspendu, les humains devraient, s'il en existait là, forcément s'accrocher aux aspérités et aux branches et développer des aptitudes de quadrumanes ou d'araignées. Des antiques mappemondes de Ptolémée et d'Al-Ïdrïssï à celle du tout dernier cartographe, l'architecte étatsunien Richard Buckminster Fuller selon l'auteur, Claude Hugueny présente dans ce savant ouvrage une étude générale de l'évolution et de l'histoire des différents planisphères. Il nous éclaire sur les rôles que jouèrent les cartographes et leurs cartes dans les conquêtes des souverains et les expéditions des explorateurs. Un examen lumineux sur les grands progrès de cette discipline.

  • Pierre Mendès France est, après le général De Gaulle, l'homme qui a laissé l'empreinte la plus profonde sur la vie politique française du XXè siècle. Son originalité consistait à dire la vérité, même au péril de sa carrière. Nommé ministre de l'Économie du gouvernement provisoire par De Gaulle en 1943, il démissionna en avril 1945, la politique inflationniste choisie par le Général lui paraissant un frein pour le redressement. De même dès 1950 il dénonça l'impasse de la guerre d'Indochine. Son gouvernement de 1954-1955 séduisit par son dynamisme : la paix en Indochine obtenue en un mois, la première expérience de décolonisation paisible en Tunisie, la solution de la crise européenne en encadrant le réarmement allemand et une politique économique posant les bases d'une expansion durable sans inflation. À partir de 1958, malgré l'admiration qu'il portait à De Gaulle, il resta dans une opposition constante, jugeant le nouveau régime peu démocratique. Certaines de ses décisions intriguèrent l'opinion : était-il de droite ou de gauche ? Michel Beck, spécialiste des problèmes de commerce international, répond à cette question en s'intéressant à ses orientations économiques, dans un langage accessible à tous. Il montre que ses choix étaient constamment dictés par le souci d'éviter les crises économiques et de juguler ce cancer qui les suit : le chômage. Fruit d'un long travail de recherche basé sur des sources variées, pour certaines inédites, le résultat est une biographie passionnante, portrait nuancé d'un esprit libre dont les leçons sont encore utiles aujourd'hui et pour demain.

  • «?Donner une éducation, comme nous le faisons d'ordinaire, revient à adopter une idéologie, à l'imposer à une conscience et, malheureusement, la plupart du temps, à une conscience innocente, celle de l'enfant. Aussi va-t-il de soi que l'élève, de temps en temps, réagisse à cet endoctrinement ridicule qui, loin d'ouvrir son esprit, l'abrutit : cette réaction prouve que le mécanisme du rejet des corps étrangers a merveilleusement fonctionné, preuve d'une bonne santé de l'organisme.?» L'enfance est la période où l'esprit de l'adulte en puissance commence à se former. Dans son essai, Denis Ahi Kra propose des réflexions générales sur toutes les formes d'éducation. L'enseignement, selon lui, devrait insister davantage sur l'épanouissement du caractère que sur le développement de l'intelligence et l'école devait être utilisée comme un outil de développement personnel qui encourage la réflexion et l'exploration. Une démarche habile articulée autour de trois principes fondamentaux : le savoir-faire, le savoir-vivre et le savoir-être.

  • Au printemps 1814, Napoléon, vaincu, signe son abdication à Fontainebleau et obtient en échange la souveraineté de l'île d'Elbe. L'ancien maître de l'Europe se retrouve à la tête d'un îlot situé entre la Corse et la Toscane. Son nouvel empire est presque quatre mille fois plus petit que celui dont il vient d'être détrôné ! De mai 1814 à février 1815, il entreprend de grands chantiers dans sa petite île montagneuse qu'il modernise et marque de son empreinte indélébile. Dans cet ouvrage illustré de nombreuses photographies et de gravures d'époque, Fortunade Daviet-Noual plonge son lecteur dans le quotidien de Napoléon, empereur déchu qui reprend des forces avant de partir à la reconquête de son trône.

  • « Les élèves de notre système bien organisé se plient sans le savoir à ces lois de marché, de pouvoir quelquefois, et sont censés entrer dans le processus d'enrichissement et de renforcement politico-économique. Or, comme mentionné plusieurs fois, chaque individu aurait droit à une éducation neutre, mais dans laquelle il se développerait en tant qu'être avec ses qualités, et défauts... ses aptitudes et goûts pour telles ou telles matières (ou contenus). » Spécialisées dans l'éducation des enfants, les deux auteurs défendent l'idée qu'il est nécessaire d'améliorer le système scolaire français. Leur analyse se base sur leurs expériences et observations faites en classe ainsi que sur les écrits de théoriciens reconnus - Freinet, Meirieu -, pour en souligner les dysfonctionnements. Selon elles, il est primordial d'être attentif aux besoins propres à chaque individu, pour mieux l'accompagner selon ses capacités, dans le respect de sa liberté de penser et d'agir. Devant les impasses du système actuel, elles n'avancent pas de solutions miracles, mais invitent à prendre conscience de l'urgence d'un changement de mentalité dans le rapport à l'encadrement des jeunes enfants.

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