Stock (réédition numérique FeniXX)

  • Ce livre est consacré à la Terre, à l'Esprit, au visage humain où ils se joignent. Il tente une approche nouvelle du sens de l'icône. Les essais convergents qui le constituent - Le Visage et l'Icône, Silence et Parole de Dieu, Littérature et Foi, Dostoïevski Témoin - voudraient rouvrir, pour l'homme d'aujourd'hui, les voies d'un christianisme renouvelé par la rencontre de son propre Orient. Le paradoxe de l'Abîme et de la Croix donne un espace infini au Souffle vivifiant : dans lequel l'homme trouve son vrai visage, dans lequel aussi la terre se transfigure. Noces du ciel et de la terre dont, au terme d'un long dédoublement, finit par témoigner Dostoïevski, seule réponse sans doute à la « fidélité à la terre » de l'athéisme contemporain. Ainsi s'ébauche un christianisme de l'Esprit Saint dont Olivier Clément épelle la présence à travers le silence, la beauté, l'éros, la féminité, le cosmos, et surtout cette soif d'existence personnelle en communion qui semble animer toute l'histoire humaine. C'est dire que cette réflexion « inactuelle » éclaire parfois d'une lumière inattendue les problèmes les plus urgents de notre temps.

  • On ne peut, depuis quelque temps, ouvrir un quotidien sans rencontrer le fanatisme : l'absurde génocide de millions de Cambodgiens massacrés par les Khmers Rouges au nom d'une mystique "table rase" préliminaire à l'édification d'une utopie insaisissable, le suicide collectif "inexplicable" des neuf cents fidèles du révérend Jim Jones dans la jungle du Guyana, la Révolution islamique sanglante et puritaine de l'ayatollah Khomeiny qui interdit la musique, les baignades mixtes, et fusille les homosexuels. Ce livre essaiera de comprendre pourquoi ce concept - et pas un autre - s'applique à de tels événements. Il examinera ce qu'il peut y avoir de commun entre les stylites, l'anarchiste Netchaïev, l'antisémitisme et Charles Manson. Trois chercheurs éminents, auteurs de nombreux ouvrages, se sont attelés à cette tâche : André Haynal, Professeur de psychopathologie à l'Université de Genève, psychanalyste sensible aux déchirements de notre monde ; le Professeur Miklos Molnar, historien de l'histoire sociale et des mentalités collectives ; et Gérard de Puymège, brillant spécialiste d'histoire anthropologique. Ils ont tenté de saisir les racines historiques du fanatisme à travers des "études de cas", plutôt que d'en écrire l'histoire, tâche impossible s'il en fut. D'autre part, il leur a semblé qu'un approfondissement de la connaissance humaine dans la voie ouverte par l'oeuvre de Freud, par ce face à face avec soi-même sans idéalisation ni préjugés, cette compréhension du discours de l'homme que Freud disait "scientifique", cette approche donc leur donnerait non une réponse philosophique a priori, mais un point de vue sobre sur ce problème inquiétant de notre époque. Refusant la facilité de prétendre que le Fanatique, c'est l'Autre, ils ont essayé de montrer, à travers les méandres de l'histoire et de l'âme humaine, que la question du fanatisme nous concerne tous, nous, les fanatiques potentiels. Loin de parler des autres, ils parlent d'eux-mêmes, et de toi, lecteur.

  • C'est parce qu'on parle qu'on désire, et non l'inverse : c'est parce qu'on dit NON qu'on entre dans l'ordre du désir. On croit si facilement le contraire ! On s'imagine si spontanément que c'est l'ordre du désir qui est fondateur de toute parole, de tout discours : mais c'est le discours qui ouvre le champ du désir et le démarque du besoin. Les aventures sexuelles des hommes s'inscrivent d'emblée dans l'interdit : renoncement à l'inceste, renoncement à l'homosexualité, sont fondateurs de vie sociale, et l'homosexualité masculin est ici abordée non pas pour elle-même, mais comme « fait » social ou « psychique », mais comme symptôme. Au lieu de débat si stériles sur une tolérance toujours réclamée et souvent plus ou moins refusée, la question est ici déplacée : cette « question », de quoi parle-t-elle à son insu et que donne-t-elle à entendre d'autre que ce qu'elle croit dire ? Au lieu de « droit », de « justification », de recours à la « nature », l'auteur cherche quelle demande apparemment insoutenable soutient ces séries d'actes que la morale interdit. Ce texte n'est donc pas à verser au compte des « débats » sur l'homosexualité : il est l'écho d'une écoute clinique, et c'est un essai pour reprendre par écrit maints éléments que des livres sur ce « sujet » laissent si volontiers (et pourquoi ?) choir. Ce qui mène à exhumer le concept analytique de renoncement qui est pourtant dans le texte freudien, mais qu'on préfère oblitérer. Et c'est parce qu'on renonce qu'on désire : alors s'ouvre le champ immense des jeux en miroir du désir humain : double-jeu indéfini dans quoi tout un chacun se prend, y compris le sujet qui en dénonce toutes les dupes. Le charme est ainsi désigné comme concept majeur de l'interrogation esthétique. Mais au cours d'un tel cheminement on peut se demander ce qu'il en advient de l'amour... A mi-mots l'auteur donne à ce propos bien des choses à entendre.

  • Passer de la communication de la culture, à la culture de la communication, c'est ce qu'expriment, à leur manière propre, l'histoire de notre génération, les démarches culturelles d'aujourd'hui, et les informations qui nous viennent du futur, qui forment les trois parties de cet ouvrage. À l'origine, ces deux notions sont confondues et la culture est le domaine privilégié de la communication, comme l'attestent les signes que les premiers hommes inventent pour s'exprimer. Et puis, progressivement, sous la pression de facteurs humains ou technologiques, elles divergent. Il en résulte une dévaluation spectaculaire de mille comportements culturels que nous tenions pour nécessaires tandis que, par contrecoup, un violent appel fait se lever des exigences nouvelles. Qu'il s'agisse des spectacles, de la télévision, des livres, de la musique, des arts plastiques, ou encore de la formation permanente ou de la vie socio-politique, un faisceau de désirs crée un nouveau climat, une nouvelle culture : la communiculture. Ce n'est là ni une théorie ni une recette. Plutôt un signe de reconnaissance, dont il s'agit de tenter un début d'exploration. Nous essayons, dans ce dialogue, de traduire quelques-uns des signes de cette nouvelle culture, tels que nous les trouvons en nous et hors de nous. Nous désirons chercher, au-delà des nécessaires différences, les convergences sans lesquelles il n'est pas de civilisation. La communiculture n'est ni notre découverte ni notre spécialité. Elle est un moyen d'inviter les lecteurs à mesurer les enjeux réels de leur existence, et à en tirer les conséquences pour la vie sociale.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Trente ans après sa mort, le nom de Gurdjieff, se dégageant d'un fond de rumeurs contradictoires, est reconnu aujourd'hui comme celui d'un grand maître spirituel, tel qu'il en apparaît dans l'histoire de l'humanité, à des époques de transition. Voyant la direction que prenait la civilisation moderne, il s'était donné comme tâche d'éveiller ses contemporains à la nécessité d'un développement intérieur qui leur ferait prendre conscience du sens réel de leur présence sur terre. Les notes rassemblées dans cet ouvrage se rapportent à quelques-unes des réunions qui se tenaient presque chaque soir autour de Gurdjieff, quelles que soient les circonstances où il se trouvait. Ces textes ne sont pas une transcription directe. En effet, Gurdjieff ne permettait jamais à ses élèves de prendre des notes au cours des réunions. Fort heureusement, quelques auditeurs prévoyants, doués d'une mémoire exceptionnelle, s'efforçaient ensuite de reconstituer ce qu'ils avaient entendu. Sans chercher à présenter une synthèse des idées développées par Gurdjieff - comme P.D. Ouspensky l'a tenté avec maîtrise dans Fragments d'un enseignement inconnu - ces notes, si incomplètes soient-elles, ont été reconnues par ceux qui avaient assisté aux réunions, comme aussi fidèles que possible à la parole de leur maître. Cette parole, malgré son apparente simplicité, avait toujours la vertu d'éveiller chacun à l'essentiel. Les comptes rendus, qui constituent la majeure partie du présent ouvrage, sont précédés de trois autres textes de caractère différent. Le premier, Lueurs de Vérité - le plus ancien, puisqu'il date de 1914 - est le récit que fait un élève russe de sa première rencontre avec Gurdjieff, près de Moscou, avant la Révolution. Les deux autres, datant respectivement de 1918 et de 1924, sont des conférences faites par Gurdjieff à l'intention d'un public élargi. Quant aux aphorismes qui terminent l'ouvrage, ils étaient inscrits sur le vélum du Study House au Prieuré, conformément à un alphabet secret que les élèves étaient seuls à pouvoir déchiffrer.

  • Tirer du désert des lieux communs l'irréductible thème du retour. Dénouer les tensions dialectiques de l'identité juive. Faire dire à l'antique langage biblique le contre-dire des idoles actuelles. Tel est le projet d'André Neher dans ce nouveau livre à la pensée et à l'écriture fortes, et si spécifiquement neheriennes. Sur le seuil abandonné depuis longtemps, des poètes, des artistes, des philosophes, de Henri Heine à Benjamin Fondane, de Franz Kafka à Arnold Schnberg, retrouvent les clefs de la demeure juive. Ils ont refait leur âme. André Neher raconte leur aventure passionnante et scrute en profondeur le mouvement qui mène du reniement au renouement. Multiples sont les tentations et les pièges au sortir : Europe laïque, christianisme, marxisme, nihilisme. Plus absolue que toutes les ruptures est la revenance. Agression de l'adversaire antisémite ? Irruption du Dieu de l'Alliance ? Les deux, simultanément ? La fuite se transmute en retour du vide à la destinée, du vague-à-l'âme à la prière, de l'Exode à la Terre, du désarroi à la Loi. Les masques nombreux et les visages lumineux d'une situation unique, et pourtant signifiante pour tout homme aujourd'hui.

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