Parascolaire

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Nous avons tous notre idée sur l'école, au point qu'à chaque arrivée de nouveau ministre de l'Éducation nationale, les réformes fleurissent - sans avoir toujours le temps de fructifier. Il est certes normal qu'elle soit une préoccupation majeure : parents et élèves savent que, singulièrement, par temps difficile, la réussite scolaire est un précieux viatique. Est-ce une raison pour lui demander tout - et son contraire ? Trop souvent prise en otage dans des conflits d'intérêts qui ne sont pas vraiment les siens, l'école se voit tiraillée entre des recommandations contradictoires, constamment mise sous sommation. Luc Soubré démontre pourquoi l'école primaire est aujourd'hui désarticulée, le collège écartelé, le lycée, l'aboutissement de projets incohérents. Il démonte aussi les mécanismes de l'égoïsme des disciplines, la trop fréquente légèreté d'initiatives pédagogiques et autres distractions éducatives, au détriment de la mission première de l'école. Plutôt que d'accabler l'école, mieux vaudrait la soutenir dans sa lutte contre la violence, dans sa vocation d'intégration fondée sur la laïcité et, bien sûr, dans sa tâche essentielle d'ouverture au savoir. Un livre sans complaisance, qui passionnera tous ceux qui veulent redonner sens à l'école.

  • L'école publique - laïque, obligatoire et gratuite - est aujourd'hui à l'épreuve des valeurs qui ont présidé à sa fondation. Moins selon une opposition idéologique à l'enseignement privé, que parce que cette neutralité, cette obligation, cette gratuité, qui constituent sa définition canonique cessent d'aller de soi, exigent une réflexion - trop souvent éludée au bénéfice de la simple profération d'un droit - sur leur nature et sur leurs finalités. Sommée de se justifier, l'école doit échapper, à la fois, aux stéréotypes prétendûment modernes qui ne lui proposent d'autre destin que celui du marché - l'échange de l'offre et de la demande de formations - et à l'isolement, dans une autosuffisance qui dénie les légitimes exigences de la collectivité. Plus que le dialogue, qui n'est, trop souvent, que la juxtaposition de propos sclérosés, il y faut la délibération, voire - au sens où l'entendait Montaigne - la dispute. Car, au-delà de l'acquisition des savoirs et des savoir-faire, c'est dans son aptitude à l'interrogation des valeurs, à leur possible renouvellement, que l'école prend la totalité de son sens. Cela s'appelle l'éducation.

  • En dépit des efforts destinés à le réformer, le système éducatif français est toujours en panne. Et pour cause : il continue de fonctionner d'après des objectifs qui méprisent les différences d'aptitudes des enfants. Or, dès 3 ou 4 ans, les plus démunis, les plus fragiles, les moins soutenus chez eux, seront anéantis par l'école, sans grande possibilité de récupérer une bonne image d'eux-mêmes. Afin de renoncer au mythe du petit écolier normalisé, Catherine et Guy Vermeil se penchent sur ce que l'on méconnaît trop souvent : le développement psychomoteur des enfants, la transmission des caractères héréditaires, l'influence de l'environnement et les rythmes biologiques. Ils nous disent aussi ce qui doit être amélioré dans l'organisation des premières années d'école et les programmes initiaux pour permettre aux enfants plus lents, de progresser selon leurs capacités, et donner à tous les mêmes chances de succès.

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