Talents Hauts

  • Par la même raison que le concours des deux sexes est nécessaire à la formation et au maintien de la société, il est évident qu'ils doivent trouver dans cette même société une égale portion d'avantages, et les lois qui assurent à l'un sa liberté et l'exercice de ses droits, doivent aussi les assurer à l'autre.

    Fanny Raoul (1771-1833) a reçu une éducation intellectuelle solide et ouverte. Elle s'installe à Paris au début du xixe siècle et y fréquente les salons de Germaine de Staël ou de Constance de Salm, qui l'encourage à publier son essai Opinion d'une femme sur les femmes, en 1801.
    Féministe à une époque où le mot n'existait pas encore, Fanny Raoul réclame l'indépendance des femmes, leur accès à l'éducation, à tous les métiers et à toutes les fonctions.

  • À Pau, dans le château de son époux, le roi de Navarre, Marguerite tente de défendre les intérêts de sa protégée, Violette, tout en cherchant à apaiser les attaques des fervents catholiques qui la soupçonnent d'être attirée par la religion réformée. Pour prouver son attachement au catholicisme, la reine et sa cour effectuent plusieurs pèlerinages qui les mènent dans un couvent où Violette découvre, revêtu de l'habit de novice, son amour d'enfance : Isolier d'Argèles, le frère cadet de son promis. Les jeunes amants se reconnaissent au premier coup d'oeil et, soutenus par la reine, vont tout tenter pour faire annuler la condamnation à la prêtrise qui pèse sur les épaules d'Isolier et le mariage qui doit lier Violette à Almaric.

    Née à Douai en 1786 dans une famille d'artisans, Marceline Desbordes exerce d'abord le métier d'actrice avant de commencer à publier dans des périodiques, à partir de 1813. Son premier recueil, Élégies, Marie et Romances, paraît en 1819, un peu avant les Méditations de Lamartine. Ces premiers recueils vont asseoir son renom poétique, ce qui ne l'empêchera pas d'être victime de la désaffection générale dont souffrent, à partir des années 1840, les poètes romantiques, et plus encore les femmes.

  • À la mort de sa mère, Marie-Claire est placée à l'orphelinat. Elle y vit une enfance adoucie par l'affection de soeur Marie-Aimée, religieuse non conformiste. Jalouse de cet attachement filial, la mère supérieure place Marie-Claire comme bergère à l'âge de 15 ans alors que celle-ci rêvait d'être modiste. Elle prend pourtant goût à cette vie bucolique, s'éprend du frère de sa nouvelle maîtresse avec qui elle partage le goût de la nature et de la littérature. Leur séparation forcée la décide à « monter » à Paris.

    Placée à l'Assistance publique à l'âge de trois ans, Marguerite Audoux (1863-1937) deviendra bergère puis servante de ferme, avant de s'établir à Paris. C'est par hasard que sa route croisera celle du cercle littéraire d'André Gide et d'Octave Mirbeau qui, impressioné par son talent, décidera de préfacer et de soutenir le premier roman de Marguerite, Marie-Claire qui recevra le premier prix Femina en 1910.

  • Marguerite de Navarre, soeur aînée de François Ier, femme politique, diplomate et poétesse, doit se plier aux volontés de son frère qui lui fait savoir, qu'elle doit partir rejoindre son mari Henri d'Albret, roi de Navarre, dans ses terres béarnaises.
    Parmi les demoiselles d'honneur qui entourent la reine, l'une se distingue par sa beauté, sa sensibilité et sa fortune : Violette, une orpheline, qui a la préférence de Marguerite. La jeune fille est promise à Almaric d'Argèles, aîné d'une famille noble du Béarn, mais elle refuse cette union, au grand dam de son tuteur.
    Marguerite, pour différer le mariage de Violette et calmer son tuteur, propose à la jeune fille de la suivre dans son exil.

    Née à Douai en 1786 dans une famille d'artisans, Marceline Desbordes exerce d'abord le métier d'actrice avant de commencer à publier dans des périodiques, à partir de 1813. Son premier recueil, Élégies, Marie et Romances, paraît en 1819, un peu avant les Méditations de Lamartine. Ces premiers recueils vont asseoir son renom poétique, ce qui ne l'empêchera pas d'être victime de la désaffection générale dont souffrent, à partir des années 1840, les poètes romantiques, et plus encore les femmes.

  • Lorély, intellectuelle et salonnière réputée, inspire à la narratrice un amour passionnel et destructeur. Celle-ci en oublie sa tendre amie, Ione, qui en meurt de chagrin. Lorély l'infidèle devient alors celle par qui le drame est arrivé. Viennent d'autres amantes, figures salvatrices ou démons séducteurs, brouillant les pistes dans le jeu amer de tromperie et de pardon qui oppose et réunit tour à tour la narratrice et Lorély.

    Renée Vivien (1877 - 1909) fut une poétesse très prolifique. Son premier recueil de poèmes, Études et préludes, parut en 1901. D'autres vers suivront qui rappellent ceux de Baudelaire et Verlaine qui chantaient les amours lesbiennes, et qui lui vaudront le surnom de « Sapho 1900 ».Presque intégralement autobiographique, son oeuvre tourne beaucoup autour de sa passion amoureuse pour Natalie Barney, son amante.

  • Gilbert, lieutenant de marine, est en permission, pour se rétablir après une maladie. Mélancolique, il trouve la vie ennuyeuse et pense que rien ne peut toucher son coeur, lorsqu'il croise le chemin d'Isoline et en tombe amoureux. De son côté, la jeune fille, qui vit isolée dans un château où son père refuse de lui parler et évite tout rapport avec elle, pense n'avoir plus rien à espérer de la vie. Sa rencontre avec Gilbert va changer ses perspectives et la relation amicale qu'ils nouent va rapidement se transformer en passion amoureuse. Mais le père d'Isoline ne l'entend pas de cette oreille et décide d'enfermer la jeune fille dans un couvent.

    Judith Gautier est la fille de Théophile Gautier. Première femme membre de l'académie Goncourt, poétesse, romancière, traductrice, mais aussi journaliste et autrice dramatique, elle est à l'origine d'une oeuvre originale et souvent méconnue. Elle entre dans la carrière littéraire par un coup d'éclat en 1867 avec un recueil de poèmes transcrits du chinois Le livre de Jade et atteint peu après un succès encore plus éclatant avec la publication de ses deux premiers romans.

  • Créée en 1662, cette farce met en scène un barbon avare qui refuse de marier sa fille, afin d'éviter des dépenses, et qui se met en quête d'une jeune épouse. Forcé de s'absenter, il confie la garde de sa fille Isabelle à Philipin, son valet. Dorine, la servante d'Isabelle dont est épris le valet, éloigne ce dernier pour permettre à la jeune fille de retrouver Cléandre, son jeune amant. Le maître de maison rentrant plus tôt que prévu, Cléandre n'a que le temps de se déguiser en fille pour échapper à sa colère. Dupé par le déguisement du jeune homme, le vieillard en tombe fou amoureux.

    Françoise Pascal est née à Lyon, en 1632 (la date de sa mort est inconnue). Peintre réputée, elle fut une dramaturge remarquée et participa à la remise en vogue de la "pièce comique", ce qui n'empêche pas son oeuvre de parcourir toutes les formes dramatiques de l'époque : farce, tragi-comédie romanesque, tragédie chrétienne et pièce à machines. Tout comme Molière, elle fut influencée par la Commedia dell'arte et elle fut la première femme à voir ses pièces jouées par des troupes professionnelles

  • Dans ce recueil paru en 1879, Julia Daudet égrène les souvenirs d'une enfance heureuse, bourgeoise et simple : la joie d'une promenade au jardin des Tuileries, la langueur d'une maladie d'enfance, les fêtes de famille, les chansons d'enfant, ou encore une visite au grenier de la maison de campagne familiale...C'est avec justesse et sincérité que l'autrice les transcrit ici et nous offre l'occasion de plonger avec délice dans ses souvenirs qui pourraient être les nôtres.

    Julia Allard (1844-1940) élevée dans une ambiance artistique et intellectuelle, écrit très tôt des poèmes qu'elle publie à l'âge de 17 ans.En 1867, elle épouse Alphonse Daudet et commence à animer un célèbre salon littéraire. Renonçant à sa carrière pour s'associer à l'oeuvre de son mari, elle collaborera tout de même à diverses revues et publiera une dizaine de recueils de poésies. Membre du jury du Prix Femina dès 1904, elle sera aussi nommée chevalière de la Légion d'honneur en 1922.

  • Orpheline, surnommée « la Rouge » en raison de sa chevelure flamboyante, Victoire est successivement engagée par de riches paysans, une famille bourgeoise puis un homme solitaire. Ces changements de place sont rythmés par ses grossesses, conséquences de viols, ses maîtres refusant tous d'employer une fille-mère. C'est la crainte d'être encore renvoyée qui amène Victoire à étouffer son deuxième enfant, après avoir abandonné son premier-né à l'Assistance Publique. Dénoncée par des voisins, elle est incarcérée cinq ans pour infanticide. À sa sortie de prison, Victoire tente de faire oublier son passé.

    Née en 1841 en Dordogne, fille non reconnue par son père, dont elle prendra le prénom, la fillette reçoit comme patronyme le nom de son hameau natal : Peyrebrune.Éveillée très tôt à l'écriture, elle se rend seule à Paris après quelques années d'un mariage malheureux. Elle publiera une trentaine de romans et connaîtra la notoriété. Dreyfusarde, elle est aussi féministe et fait partie du premier jury du prix Femina en 1904.Georges de Peyrebrune meurt dans la pauvreté et l'oubli en 1917.

  • Henriette, Renée et Gabrielle vivent avec leur père le baron de Charassin, au château de Domblans, où elles s'ennuient à leurs travaux d'aiguille.
    Les trois soeurs, isolées à la campagne, ignorent tout des tourments amoureux et des manipulations dont sont capables les coureurs de dot. Aussi, quand M. de Vaudrey arrive au château, il comprend très vite qu'une bonne dot lui est acquise et qu'il ne lui reste qu'à choisir une des soeurs. Il se décide pour Henriette, l'aînée, mieux dotée que ses cadettes. Gabrielle, le coeur brisé, accepte d'épouser un vieil ami du baron.
    Renée tire le triste bilan de ces unions désastreuses : pour elle, seule l'éducation des filles les libèrerait de leurs illusions sur le mariage, institution qui n'a d'autre objectif que de les livrer au bon vouloir d'un homme.

    Marie-Louise Gagneur (1832-1902) a publié des essais, des nouvelles et plus de vingt romans dont certains ont été réédités à de nombreuses reprises (27 pour La Croisade noire). Son oeuvre reflète son anti-cléricalisme et son engagement en faveur du pacifisme et d'une république sociale.
    Elle entre en 1864 à la Société des gens de lettres et interpelle l'Académie française sur la féminisation des noms de métier. Elle devient chevalière de la légion d'honneur par décret du 21 février 1901.

  • Avant d'être adapté au cinéma, puis de s'imposer comme l'un des succès des studios Disney, La Belle et la Bête est un conte publié en 1740 par Gabrielle de Villeneuve.
    L'on y suit les aventures d'un marchand désargenté, et de ses enfants, dont la fille cadette est nommée Belle. Belle est modeste et intelligente, et également très dévouée à son père, au point de se sacrifier à sa place lorsqu'il se retrouve condamné par la Bête. Belle part vivre chez la terrible Bête qui n'aura de cesse de devancer ses attentes et ses besoins. Peu à peu, la Belle passe du dégoût à l'estime puis à l'amour pour cet être étrange.

    L'autrice :Née en 1695, Gabrielle-Suzanne de Villeneuve est surtout connue pour avoir écrit la première version moderne de La Belle et la Bête en 1740.Veuve et sans ressources à vingt-six ans, elle se lance dans une carrière littéraire qui lui vaudra l'amitié et la reconnaissance de ses pairs, parmi lesquels Crébillon père.Son oeuvre la plus remarquée fut La jardinière de Vincennes qui parut en 1753.

  • En 1920, un ingénieur français est envoyé en Inde pour y faire des recherches géologiques. Tombé sous le charme de la vallée du Cachemir, il décide d'y séjourner, seul, quelque temps.
    Un soir, une barque légère accoste son îlot, et le jeune homme qui la conduit l'invite à monter à son bord. L'ingénieur le suit et se retrouve bientôt séquestré dans un luxueux palais où Zenahab, la maîtresse de maison, l'accueille. Polyandre, comme le veut la tradition, elle annonce au voyageur sa volonté de l'intégrer à son harem d'époux. Le voyageur n'a d'autre choix que d'accepter cette union.

    Née en 1892 à Avignon et morte en 1936, on sait assez peu de choses sur Renée Dunan sinon qu'elle fut journalise, essayiste, féministe, anarchiste, dadaïste et pacifiste.Elle a écrit une cinquantaine d'ouvrages sur une courte période, entre 1924 et 1934, publiant jusqu'à huit titres par an et sous de nombreux pseudonymes. Les genres de ses romans sont variés : érotisme, aventure, historique, policier, psychologique, ésotérique, fantastique, science-fiction.

  • En 1815, Charlotte-Adélaïde Picard embarque, en compagnie de toute sa famille, à bord du bateau La Méduse en direction du Sénégal où son père a été nommé administrateur. Lorsque la frégate fait naufrage au large des côtes mauritaniennes, le Gouverneur réquisitionne les canots de sauvetage pour sa famille et son entourage. Il abandonne les autres passagers dans des chaloupes surchargées ou sur un radeau de fortune sur lequel, comme l'a peint Géricault, les malheureux en viennent à s'entredévorer pour survivre.
    La famille Picard parvient à rallier Saint-Louis, où elle est prise en charge par le Gouverneur anglais. Charlotte trouve refuge sur l'île de Safal où elle essaie de cultiver la terre pour entretenir la famille.

    Charlotte-Adélaïde Dard (1798-1862) rescapée du fameux naufrage de La Méduse, a passé cinq ans au Sénégal à exploiter une terre ingrate pour nourrir sa famille.En 1820, après avoir vécu de multiples déconvenues et la mort de son père, Charlotte épouse Jean Dard, fondateur de l'École mutuelle, et repart en France. Elle écrit alors le récit de son aventure qui sera publié en 1824 et traduit en anglais dès 1827.

  • Après ses années de jeunesse comme bergère, Marie-Claire est désormais une jeune ouvrière parisienne : elle vit dans une chambre de bonne et travaille dans un atelier de couture.
    Les patrons, M. et Mme Dalignac, et les ouvrières partagent travail, amitié et désespoir quand des clientes, bonnes ou mauvaises payeuses, imposent de folles exigences ou s'absentent de longs mois les laissant désoeuvrés. Marie-Claire va nouer des amitiés, subir le rythme infernal des commandes, et se lier à Clément, le neveu de Mme Dalignac.

    Placée à l'Assistance publique à l'âge de trois ans, Marguerite Audoux (1863-1937) devient bergère puis servante de ferme, avant de s'établir à Paris. C'est par hasard que sa route croise celle du cercle littéraire d'André Gide et d'Octave Mirbeau qui, impressionné par son talent, décide de préfacer et de soutenir le premier roman de Marguerite, Marie-Claire, prix Femina en 1910. L'atelier de Marie-Claire se déroule plusieurs années après Marie-Claire, à Paris.

  • Albert aime Marie depuis l'enfance, mais tandis que son père l'a envoyé en ville faire des études, sa promise épouse un autre homme, le comte de Nulsen. Avant qu'Albert n'ait pu intervenir, les jeunes mariés partent pour la Sicile.
    Sans nouvelles depuis des semaines, Albert décide de partir à la recherche de Marie. Alors qu'il passe la nuit dans un hôtel, Albert est réveillé par d'horribles cris. Le lendemain, la police lui apprend qu'on a tenté d'assassiner une femme dans son hôtel. Un temps soupçonné, Albert est innocenté par la victime qui a reconnu son agresseur : le comte de Nulsen. La jeune femme raconte son histoire à Albert et lui apprend que le comte est un monstre adepte du marquis de Sade, qu'il torture Marie et la retient prisonnière dans son château.

    Autrice à succès de romans "frénétiques", Camille Bodin sera victime de la bien-pensance. Son roman Le monstre sera censuré dès sa sortie, en 1823. Il faudra attendre 1864, après la mort de son autrice, pour qu'il soit à nouveau disponible.

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