Tallandier

  • Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, dans l'Oural, le tsar Nicolas II, sa femme et leurs enfants ? Olga (22 ans), Marie (19 ans), Anastasia (17 ans), et Alexis, le tsarévitch (13 ans) ?, sont exécutés par les bolcheviks. Cette version officielle, Marc Ferro n'y a jamais cru.
    Documents à l'appui, avec la rigueur du grand historien, il remet en cause l'assassinat des Romanov. Des juges ou des témoins morts subitement ou exécutés, des documents tronqués, des pièces du dossier d'instruction subtilisées, des tests ADN controversés, le mettent sur la piste d'une hypothèse inavouable et sacrilège : les filles et la tsarine ont été sauvées grâce à un accord secret conclu entre les bolcheviks et les Allemands. Elles se sont tues pour ne pas ébruiter leur sauvetage. Seul le sort du tsarévitch, Alexis, reste inconnu, faute de sources. Dans un récit palpitant, Marc Ferro bat en brèche un véritable tabou de l'histoire et fait la lumière sur un des plus grands mystères du XXe siècle.

  • 3 septembre 1939 : Londres et Paris élaborent une stratégie de blocus visant à étouffer l'économie du Reich au cours d'une guerre d'usure. 22 juin 1940 : signature de l'armistice franco-allemand. Churchill accable un gouvernement français sous la botte d'Hitler, rançon de la défaite et de l'occupation partielle de la métropole. Et ordonnantl'extension de la surveillance maritime aux dépens de l'ancien allié, le Cabinet de guerre britannique rétrograde la France du rang d'acteur à celui de victime du blocus. L'auteur ramène à ses justes proportions, et c'est un des apports de ce livre, la réalité de ce blocus, systématiquement mystifié par la propagande du Maréchal. Bernard Costagliola éclaire également l'intensification de l'exploitation économique de l'Empire, ainsi que la dimension stratégique de la collaboration inspirée par l'amiral Darlan, en une collusion avec l'Allemagne nazie que dénonçaient Londres et Washington.

  • L'antisémitisme russe n'a rien d'un phénomène inconnu mais il a fait l'objet de toutes les controverses, de tous les contresens, de toutes les exagérations comme de tous les camouflages. L'antisémitisme a joué un rôle essentiel et public dans la Russie tsariste où sont nés, sous la plume des policiers et des propagandistes d'extrême droite, les deux grands mythes du « complot juif mondial » puis du « judéo-bolchevisme », repris par les nazis. Après une interruption due à la révolution il a ressurgi, à la fois agressif et honteux - quoique souvent présenté de façon apocalyptique - dans l'Union soviétique de Staline, Khrouchtchev et Brejnev et, après un exode massif des juifs, retrouve une virulence nouvelle dans la Russie dite démocratique du président Poutine. Spécialiste de la Russie contemporaine, Jean-Jacques Marie livre ici une synthèse réfléchie et sans concession de cette question difficile. Il dresse un tableau détaillé de la période tsariste, de la fin du xviiie siècle au début du xxe siècle, revient sur les politiques de confinement, de conversions forcées et de pogromes mises en oeuvre par les différents régimes pour exclure la population juive de l'empire ou la réduire à un statut d'émigrés de l'intérieur ou de l'extérieur.

  • Automne 1815, Napoléon est exilé à Sainte-Hélène. La Restauration tente alors de balayer l'héritage de 1789. Symbole de l'Empire, la Grande Armée est dissoute. Proscrits par le nouveau régime, plusieurs milliers d'officiers, vétérans des guerres napoléoniennes, désirent toujours défendre la liberté des peuples et des nations. Parfois sans le sou, souvent sans avenir et attachés aux idéaux révolutionnaires, ils sont avides d'aventure et rêvent de gloire pour oublier l'Europe des rois. Professionnels de la guerre, ils vont alors proposer leurs services en Amérique du Sud, rejoindre l'Espagne ou conduire le peuple lors des journées révolutionnaires de 1830. Leur engagement politique frise parfois l'esprit de sacrifice. Ils acceptent de nouveaux risques : l'exil, la prison, voire la mort. Car la Sainte-Alliance (Autriche, Prusse, Russie) écrase les foyers libéraux et pourchasse ces officiers, sans répit. Craints pour leur ardeur au combat, leurs rôles au sein des sociétés secrètes et leurs convictions politiques, ils incarnent l'éventail de la gauche politique du XIXe siècle : libéraux, bonapartistes ou orléanistes, républicains modérés ou radicaux. La Grande Armée est ainsi le creuset de générations d'officiers pour lesquels le combat au nom de l'idéal de liberté n'est pas un vain mot. Walter Bruyère-Ostells narre leurs parcours, de Naples à Buenos Aires, offrant enfin une histoire vivante, pleinement incarnée, des mouvements révolutionnaires du premier XIXe siècle.

  • Bruno Cabanes et Guillaume Piketty Retour à l'intime au sortir de la guerre Des dizaines de millions de combattants ont été tués ou blessés dans les combats du vingtième siècle. Les victimes civiles, encore plus nombreuses, ont payé le prix fort de la totalisation des conflits. Fragilisés par la perte d'un être proche, par l'expérience de l'exil ou par la destruction de leur environnement, la quasi-totalité des contemporains ont vécu la guerre comme l'événement majeur de leur vie. Parfois leur espace intime avait été pris pour cible : maisons saccagées, souvenirs matériels détruits, paysages familiers rendus méconnaissables. Souvent leur corps meurtri ou affaibli trahissait la violence de l'épreuve qu'ils venaient de traverser. Au sortir de la guerre, chacun dut reconstruire, renouer tant bien que mal avec le quotidien, vivre avec les séquelles laissées par les combats et l'absence des disparus. Revenir à l'avant-guerre était impossible. Il fallut faire son deuil de tout ce que le conflit avait détruit et des rapports humains qu'il avait altérés. Faire son deuil aussi du temps exceptionnel de la guerre, de son rythme accéléré, et consentir, parfois à contrecoeur, à une forme de normalisation. Cette histoire du retour à l'intime restait à écrire. Une équipe d'historiens français, allemands et américains, réunie sous la direction de Bruno Cabanes, professeur associé à l'Université Yale (États-Unis) et de Guillaume Piketty, directeur de recherches au Centre d'histoire de Sciences Po Paris, renouvelle l'analyse des sorties de guerre, en étudiant la reconstruction des vies ordinaires, notamment au lendemain de la Première et de la Seconde Guerre mondiale.

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