FeniXX réédition numérique (Éditions Albin Michel)

  • Dans un quartier populaire d'une ville d'Afrique, le vagabond Magamou personnage pittoresque et haut en couleur poursuit un rêve : la conquête du bonheur dans un monde auquel rien ne l'a préparé, ni ses origines, ni son éducation, ni sa mentalité. Cet homme rescapé d'un accident pitoyable, réduit à la mendicité, est un original plein d'humour et de poésie. Sa sensibilité sera mise à rude épreuve tout au long de la lutte menée pour séduire une société enlisée dans ses préjugés, ses intérêts mesquins, ses contradictions. Saura-t-il s'intégrer socialement ? Un Blanc et un Noir conjuguent leurs non-sens pour briser sa volonté de vivre. Y parviendront-ils ? Tout le livre exprime une lutte entre le déchaînement des passions collectives et un individu décidé. Ce premier livre de Malick Fall est un document humain de grande classe, prenant et poétique, d'une dimension inhabituelle. « La Plaie » exprime le problème de la condition de l'homme affronté à une vie qui le meurtrit.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • En cette fin de siècle, c'est l'homme entier et son mode de vie qui sont remis en question. Chacun de nous est contraint de se poser les questions essentielles, l'aidant à se situer par rapport aux grands mouvements évolutifs de la pensée dans lesquels, bon gré mal gré, il se trouve plongé. A la pointe extrême de la connaissance actuelle, ce n'est pas seulement la science qui progresse et se transforme, mais ce sont aussi les modes de pensée, entraînant des effets psychologiques et sociaux par lesquels nous sommes tous concernés. Ces transformations sociales et psychologiques rapides entraînées par une science et une technique évoluant elles-mêmes à une vitesse vertigineuse ne s'effectuent pas toujours sans tensions entre les individus, entre les groupes humains. En changeant ce que l'on sait, notre connaissance change aussi ce que l'on sent, et aussi ce que l'on souhaite : les jeunes, notamment, sont toujours plus nombreux à réclamer de la vie autre chose que ce qui satisfaisait leurs parents. Des fléaux comme la guerre et le racisme qui faisaient jadis partie des maux inévitables avec lesquels l'homme devait, tant bien que mal, concilier son existence, deviennent motifs à certains pour refuser l'existence elle-même. Des valeurs éthiques jusqu'ici universellement acceptées, sont remises en question : le travail est-il, par exemple, un « devoir » de l'homme participant dans la société où il vit ? A-t-on le droit d'être aujourd'hui un homme heureux ? Ce sont ces sujets de réflexion que Jean E. Charon évoque dans ces Treize questions pour l'Homme moderne, ouvrage essentiel. Sait-on aujourd'hui ce qu'est la matière ? La nature est-elle probabiliste ou déterministe ? L'énigme des quasars. Pourra-t-on un jour « crever » le mur des distances atomiques ? Pourquoi la Lune ? Où finit la matière ? Où commence la vie ? Hasard ou nécessité ? Exister, c'est quoi ? L'ordinateur et l'entreprise. L'ordinateur et l'éducation. Sommes-nous tous « racistes » ? La grande colère des jeunes. Révolte ou révolution ?

  • Voici le document que le monde entier attendait. Si tout a déjà été dit ou presque, du côté israélien, sur cette guerre-éclair de juin 1967, ce qui s'est véritablement passé du côté arabe est resté, jusqu'ici, un mystère. Un an après, le Roi Hussein de Jordanie lève le voile et parle... Seul leader arabe à avoir personnellement participé aux combats, son témoignage est, de ce fait, capital. Il dit tout, absolument tout - même ce qui n'est ni agréable ni avantageux à étaler - avec une franchise et un courage qui font de cet ouvrage une véritable bombe. Il révèle, dans l'ordre chronologique, ce qui s'est passé dans son camp avant, pendant et après cette troisième confrontation militaire israélo-arabe, les causes qui ont conduit les Arabes à la débâcle de juin 1967. Il répond à toutes les questions auxquelles seules des déductions servaient jusqu'ici de réponse. Il donne l'explication de certains gestes arabes qui étaient restés des énigmes pour les observateurs, telle cette fameuse réconciliation inattendue des « frères-ennemis » Hussein-Nasser, une semaine avant le conflit. Cet ouvrage est complété par des documents arabes ultra-secrets d'un intérêt exceptionnel (comme, par exemple, le texte intégral des messages chiffrés échangés, lors du conflit, entre Nasser, le Roi Hussein et les chefs militaires arabes) et aussi par des confidences d'hommes politiques, de responsables, de chefs des commandos palestiniens ou de simples inconnus qui ont vécu cette débâcle traumatisante pour les Arabes. Le lecteur aura une idée précise de ce que l'on pense dans le camp arabe, de ce que veulent et envisagent les uns et les autres pour la solution de cette pustule qu'est la « question palestinienne » et qui, depuis vingt ans déjà, secoue douloureusement le Moyen-Orient. Une page d'histoire délicate. Un ouvrage qui risque d'avoir des répercussions politiques retentissantes au Moyen-Orient.

  • Défiant le temps, présent dans les prises de conscience et les conflits idéologiques de notre époque, comme dans l'étonnante renaissance de l'État d'Israël, le Judaïsme, demeuré longtemps mystérieux et méconnu, demande à être présenté dans son contenu authentique, dans ses origines historiques et dans sa portée éternelle. Son originalité réside dans l'idée de l'Unité qui découle de la doctrine du Monothéisme absolu. Cette idée s'applique à tous les domaines de la vie, physique, morale, et sociale, et elle tend à fondre en une unité harmonieuse la pensée rationnelle et la grandeur mystique, l'immanence et la transcendance, le prophétisme et le ritualisme, la justice et la charité. La série « Présences du judaïsme » a pour tâche de mettre en lumière ces différentes composantes de l'âme juive.

  • Il y a plusieurs manières de parler d'Un Témoin : en dire les personnages : Jean Dauvray, le poète, pour qui la poésie est bien autre chose qu'un art des vers, étant un art de vivre, si dangereux qu'on peut en mourir ; Lévy-Fuchs, un juif qui a cessé de songer à l'assimilation pour accepter sa pleine vocation ; sa fille Françoise-Sarah ; Longueil, médecin bafoué, fort quand rien ne l'exige et faible quand le bon sens est justifié de s'en étonner ; Ida sa femme, bourgeoise ambitieuse, pitoyable aventurière de la chair ; quelques autres, tous nécessaires. On peut en dire l'action : un poète vit son dernier poème, c'est-à-dire accomplit ses derniers mois avant de libérer le mot-clef de son message, et pour ce faire demande à son ami juif, à son médecin, à la petite Françoise, à Ida - à ses souvenirs - à tous et à tout, de lui fournir les matériaux de l'oeuvre ultime qui le justifiera. Et puis, on peut en dire que les apparences n'en sont pas l'essentiel, que si ces pages font une oeuvre où tout est lié, les êtres entre eux, les êtres avec les choses, elles le doivent à un courant mystérieux qui a nom Poésie pour l'un, Rêve pour l'autre, Religion pour un troisième, mais n'a peut-être qu'un nom : Amour. Il y a vraiment plusieurs manières de parler d'Un Témoin.

  • C'est la prodigieuse ascension d'un gentilhomme breton du XIVe siècle que nous conte l'illustre auteur de Batouala et du Livre de la Brousse. Poète, romancier, conteur, René Maran a déjà donné à l'Histoire de très remarquables ouvrages sur Les Pionniers de l'Empire. Comme les fruits de l'arrière-saison, ce Bertrand du Guesclin, qu'il a mûri au cours de longues années d'études patientes et réfléchies, est une oeuvre des plus savoureuses. « Pour qu'un livre sue la vérité, disait Flaubert, à propos de Salammbô, il faut être bourré de son sujet par-dessus les oreilles. Alors la couleur vient tout naturellement. » Il en est ainsi pour le présent volume. Car René Maran possède les dons du peintre. Tous ses portraits, notamment celui de son héros, type du chevalier breton, brave loyal et pieux, ceux de Jeanne de Malemains, sa mère, et de la devineresse qui annonce la gloire à venir de ce mal aimé sont brossés par larges touches et dotés d'une vie singulièrement prenante. Jamais René Maran ne s'est montré plus maître de sa langue, de ce langage français que le Florentin Brunetto Latini déclarait, jadis, être « le plus délectable ». Avec cette prose limpide, ferme et colorée, harmonieusement cadencée, René Maran a su faire grand et vrai en ressuscitant un monde depuis longtemps évanoui. Un beau, un maître livre dont la lecture berce et enchante l'esprit... Charles Kunstler

  • Un jour entre les autres d'un couple qui, longtemps séparé, s'est reformé pour un amour neuf et plus haut. A l'égoïsme possessif de naguère, à la dévorante absorption qu'il a connue dans sa passion pour Anne-Marie, Yvan voit succéder en lui le désir d'une pleine et libre union érotique et spirituelle, d'où le monde des hommes ne sera pas exclu. Teresa l'aide à réaliser cette merveilleuse passion fraternelle rêvée jadis dans le mythe de l'androgyne. Cependant, l'Ange du « nous » veille sur eux très lyriquement, avec une tendresse parfois teintée d'ironie. Après L'Ascenseur et Ils furent rois tout un matin, Claudine Chonez donne, avec La mise à nu, une oeuvre toute en nuances, littérairement exigeante et qui constitue, en elle-même et par ses prolongements sensibles, un véritable poème romanesque.

  • Au lieu de passer ses vacances au bord de la mer, à la montagne ou à l'étranger, comme tout le monde, Paul Étienne a préféré les passer à Paris. Et il s'est mis à écrire, sans prévoir ce qu'il allait écrire. Décisions anodines, en apparence. Mais en les prenant, il vient de choisir - contre les habitudes, opinions et réactions communes auxquelles il s'était toujours conformé - son propre jugement, ses propres évidences, sa propre volonté. Le présent récit est la chronique, aussi fidèle que possible, de cette découverte. Au départ, rien de sûr, rien de prouvé. Il suffira d'un voisin de palier, indiscret et brouillon, d'une soirée à Montparnasse, d'une marche forcenée en pleine nuit, pour que Paul en vienne à douter de son nom, de son visage, et de son existence même. L'hiver fini, pour que vienne le soleil de Pâques, et le temps de vivre, il suffira, cette fois encore, d'une occasion minime : un jeune médecin, maladroit mais de bonne volonté, une conversation de café, un instant de vrai dialogue... Ce livre est un premier roman. Écrit simplement, mais avec une émotion partout sensible, c'est une méditation en acte sur l'existence et le mal de vivre.

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  • Dans les premiers mois de 1942, au plus sombre des jours de la sinistre occupation, au moment des persécutions raciales et des arrestations arbitraires, Henri Berr sentit la nécessité d'un retour sur lui-même, sur son passé, sur son oeuvre. Il écrivit le texte qu'on lira ci-dessous, et qui devait, éventuellement, servir à sa défense. A un âge avancé et en des temps d'épreuve, on dresse volontiers un bilan de sa vie. Je suis dans ma quatre-vingtième année. Je suis né en Lorraine - à Lunéville - d'un père vosgien, d'une mère strasbourgeoise. Aussi loin que je puisse remonter dans le passé familial - plus de deux siècles - je ne trouve que Vosgiens et Alsaciens. Mon trisaïeul paternel est né sous Louis XIV, à Krautergers-heim (Bas-Rhin) ; mon bisaïeul, né en 1740, était inscrit le 13 septembre 1808 à la mairie de Raon-l'Etape avec ses huit enfants dont sept fils. Mon père, né en 1817, mort en 1870, était manufacturier à Lunéville : il avait pris - dès 1865 - l'initiative d'oeuvres sociales en faveur de ses ouvriers et jouissait de l'estime générale. Je compte dans ma famille paternelle des magistrats, des ingénieurs, des artistes. Du côté maternel, mon bisaïeul a été inscrit à l'état civil de Reichshoffen le 19 octobre 1808, par le maire Héberlé, avec ses quatre enfants - dont l'aîné est mon grand-père. Celui-ci, né en 1801, mort en 1849, est une personnalité attachante. Il a joué à Strasbourg un rôle important pour la propagation d'idées nobles, de sentiments humains. Il a créé un journal, La Pure Vérité, où, dans la tradition de notre pays, il s'associait ardemment à la « lutte incessante, comme il disait, entre la vérité et l'erreur », fier d'être né « en France, cette terre de gloire et de liberté ». J'ai hérité de mon grand-père. Ce qui a animé toute ma vie spirituelle, avec la foi en la science, c'est l'amour de mon pays. La guerre de 1870, l'occupation de ma ville natale jusqu'en 1873, mon origine lorraine et alsacienne, tout a aiguisé en moi le patriotisme. A quinze ans, j'écrivais un drame, en vers, Pour la Patrie. Mon premier livre Vie et Science, se présentait sous la forme de lettres entre un « vieux philosophe strasbourgeois » et un « étudiant parisien ». Après ma thèse de doctorat sur L'Avenir de la Philosophie, où je formulais mes croyances propres, fondées sur la libre recherche (1899), j'en ai résumé les idées dans un petit livre intitulé Peut-on refaire l'unité morale de la France ? Pendant la guerre de 1914-1918, j'ai publié des « Paroles françaises ». J'ai écrit des livres sur l'Allemagne : ils défendaient l'esprit français ; ils étaient, cependant, assez objectifs pour que le juriste Friedich Grimm m'ait cité parmi les Français de la meilleure « compréhension ». Ma carrière universitaire. Je suis entré 6e à l'Ecole Normale Supérieure en 1881, avec une dispense d'âge, après avoir obtenu au Concours général le prix d'honneur de Rhétorique (discours latin), le premier prix de discours français, le premier prix de Philosophie. J'en suis sorti agrégé des lettres, 4e, en 1884. Pendant quarante ans professeur de lycée, pendant vingt-neuf ans professeur de Rhétorique à Henri-IV, je crois avoir formé de bons Français. Mes élèves me sont restés fidèles. Beaucoup me font honneur. Voici les témoignages que m'ont rendus le Directeur de l'Enseignement secondaire et, à la dernière distribution des prix où j'ai porté la robe, le Proviseur d'Henri-IV. « Je savais, m'a écrit le directeur Vial le 3 mai 1925, que vous aviez pris la décision de nous quitter à la fin de l'année ; et je le regrette. Mais je ne puis que m'incliner devant les raisons que vous me donnez. Vous continuerez à servir l'Université, dans une vie parallèle, et tout votre labeur sera encore un peu à nous. Je ne veux pas vous laisser partir sans vous remercier des bons services que vous avez rendus à tant de générations d'élèves et porter témoignage des éminentes qualités de votre enseignement. Permettez-moi d'ajouter aux remerciements du Directeur la reconnaissance du père de famille. Je suis heureux que mon fils, en cette année de Première, ait eu un tel professeur. » Et le proviseur Daux disait le 12 juillet : « M. Berr était des nôtres depuis bientôt trente ans. Nommé professeur à Paris à vingt-cinq ans, il est entré au lycée Henri-IV comme professeur de Première dès l'année 1896. Il n'a jamais voulu quitter notre chère maison ; il est resté fidèle à sa classe, à ses élèves parmi lesquels il ne compte que des admirateurs et des amis. Il continue, d'ailleurs de s'intéresser à eux et de les suivre dans la vie longtemps après leur départ du lycée ; il est resté pour beaucoup d'entre eux un guide, un conseiller, un ami véritable et sûr. Par sa distinction, par sa culture étendue et variée, il a fait honneur au lycée Henri-IV. Il ne sait pas se résigner au repos et il va maintenant consacrer toutes ses forces à « L'Evolution de l'Humanité », à cette belle oeuvre qu'il a conçue, réalisée, qui prospère et grandit tous les jours entre ses mains habiles et contribue à étendre à l'étranger le prestige de la Science et de la pensée française. » En 1925 a commencé pour moi une vie nouvelle. Après avoir mené de front l'enseignement et la science, j'ai eu la chance qu'une santé et une curiosité d'esprit intactes m'aient permis alors d'inaugurer une carrière purement scientifique. J'avais créé la Revue de Synthèse historique en 1900, « L'Evolution de l'Humanité » en 1920 : j'ai créé en 1925 le « Centre international de Synthèse ». Le président Doumer, passionnément, s'est intéressé à cette « Fondation pour la Science » : il en a été président, puis - appelé à l'Elysée - président d'honneur. Quand, en 1931, j'ai été promu officier de la Légion d'honneur, il a été mon parrain et il a tenu à en signer le diplôme de sa propre main. La même année, il était président d'honneur du Comité qui a fait frapper ma médaille à la Monnaie. On sanctionnait ainsi, de façon émouvante, mes initiatives diverses. Sur le rôle qu'a joué le Centre depuis 1925, sur l'influence qu'il a exercée, en France et au delà, sur les publications qui ont émané de lui, - les unes, hautement spéculatives, pour unifier les connaissances ; les autres, Science et l'« Encyclopédie périodique », pour les diffuser - j'ai recueilli de précieux témoignages. J'en ai reçu même des Allemands, et même récemment. En août 1940, il en est venu trois au Centre, pour l'inspecter : l'un d'eux a dit qu'il connaissait la maison. Ils n'ont rien dérangé, rien emporté - qu'une brochure qui reproduit ma médaille et les discours prononcés quand on me l'a offerte. Ils sont partis en souhaitant la continuation de nos travaux. Et nous avons continué, depuis deux ans. Depuis deux ans, « L'Evolution de l'Humanité » suit son cours sous ma direction : en français, en espagnol, en anglais, en japonais, bientôt peut-être en portugais, des millions d'exemplaires auront répandu dans le monde le goût et le modèle de la synthèse qui couronne le savoir. Et voici que cet Hymne à la Vie, roman d'idées, qui a hanté ma pensée pendant cinquante-cinq ans, vient de paraître. Dans cet exposé, je résume une longue vie : j'étale, non pas des titres d'orgueil, mais les services que j'ai tâché de rendre à mon pays. Ou, si j'ai quelque orgueil, c'est celui d'avoir été un bon Français, un pur Français. Sans y avoir de mérite, puisque toutes mes racines, de chair et d'esprit, sont dans la terre et dans la pensée françaises. Il nous a semblé qu'aucun curriculum vitæ ne pouvait être meilleur que celui qu'Henri Berr avait rédigé lui-même. Mais, après cette rédaction, de dures années devaient encore s'écouler, où les travaux du Centre de Synthèse devinrent de plus en plus clandestins, où les volumes de la Collection Descartes, « Pour la Vérité », furent mis au pilon, où les publications furent interrompues... Cependant, Henri Berr garda toujours sa sérénité et son optimisme fonciers, confiant dans la victoire de l'esprit sur les forces du mal. La Libération lui fit retrouver des ardeurs de jeunesse pour relancer revues, collections, Semaines de Synthèse, et reprendre ses propres travaux. Victime d'un accident à quatre-vingt-trois ans, il surmonta cet handicap physique et, toujours avec la même lucidité, il poursuivit son oeuvre, jusqu'au soir du 19 novembre 1954, où il s'éteignit doucement... comme une chandelle.

  • Quand on a écrit à Dieu, on peut se permettre d'écrire au Diable, surtout quand on croit davantage à l'un qu'à l'autre. Dieu, nous l'avons fait à notre image. Le Diable nous a été imposé. Je voyais en Dieu un intellectuel de gauche, avec tout ce que cela comporte de naïvetés, de pudeurs, d'enthousiasmes, de raideurs aussi. C'était en fin de compte un personnage séduisant et, en tout cas, difficile à oublier. Le Diable, lui, c'est un conservateur. Il a peur de tout, et surtout du changement. Il a peur que le changement le laisse en arrière. On a du mal à entrer avec lui dans la confidence tant il se surveille et tant il surveille les autres. Il est l'adulte éternel devant la jeunesse du monde. Ce n'est pas un personnage sympathique et le sourire se fige quand on est tenté de plaisanter avec lui. L'ennui est qu'on le porte en soi et qu'il n'y a pas moyen de s'en débarrasser.

  • Devenir député ? C'est le désir le plus ardent de quelque deux à trois mille Français qui posent leur candidature aux élections législatives. Ce titre de député, un journaliste de province l'a pourtant décroché, pratiquement sans l'avoir voulu, en 1958, à l'aube de la Ve République. Grand reporter au Méridional de Marseille, Gabriel Domenech est appelé, en 1952, à suivre l'enquête de Lurs. Ce sera pour lui l'occasion de découvrir les Alpes de Haute-Provence. Mais l'affaire se prolonge, s'obscurcit, se complique et finit par devenir si mystérieuse que ce journaliste passe, pendant quatre ans, le plus clair de son temps dans ce merveilleux département, se faisant de très nombreux amis. Si bien qu'un jour on lui propose de se présenter aux élections cantonales. N'ayant jamais fait de politique, Domenech accepte, plus par goût de l'inédit que par ambition. Il est battu au bénéfice de l'âge, ayant obtenu le même nombre de voix que son concurrent. Celui-ci a triché. Les élections sont cassées. Quelques mois plus tard, Gabriel Domenech est élu. Cela se passe en septembre 1958. Beaucoup de choses viennent de se produire en France, à commencer par l'effondrement de la IVe République. Les Bas-Alpins demandent à l'auteur de continuer sur sa lancée et de poser sa candidature à la députation. Contre Marcel-Edmond Naegelen... C'est cette extraordinaire aventure d'un reporter de province devenant député malgré lui qui est racontée dans ce livre. Un livre que Gabriel Domenech a écrit avec le sourire, sans épargner personne, pas même lui : ce n'est pas de devenir député qui est difficile, mais de le rester.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Grand voyageur, attiré par les Nations en voie de développement, qu'il appelle les « pays en marge et en marche », Raymond Boisdé, sans encombrer ses récits de chiffres ou de théories, écrit les moeurs des populations dans le cadre des merveilleux paysages exotiques qui les abritent et en dévoile la psychologie collective. Les enseignements à tirer de ces textes alertes et objectifs sont autant d'ouvertures sur l'avenir des peuples lointains dont les attitudes nous concernent de plus en plus. Complétant la série des écrits où il a traité en sociologue d'une autre actualité cruciale - celle des rapports nouveaux entre les techniciens et la politique - ce livre complète le Rendez-vous des Continents qui, avec le récit d'un séjour en Chine populaire, rassemble des souvenirs de voyages dans toutes les parties du monde. Après avoir traité des cinq grands ensembles continentaux (L'URSS, les USA, l'Europe, l'Amérique Latine et la Chine), voici donc le « Sixième Monde », avec ses images et ses mirages.

  • Qu'est-ce que le chantier ? Un grand ensemble sans âme et sans histoire ? Un ghetto suburbain où l'on s'enlise dans le renoncement et dans l'ennui ? bans doute, mais surtout, l'image chaotique d'un univers concentrationnaire où l'homme, humilié, traumatisé, fourbu, dépérit de jour en jour sans réaction et sans défense. Le drame de l'enfance abandonnée, la délinquance juvénile, le dérèglement psychique de « Roquette » et de ses « copines », la dépravation innocente et perverse de Rosalie, l'abattement des uns, la folie des autres, le calvaire de tous... voilà les signes avant-coureurs d'une débâcle morale dont l'étendue et les conséquences demeurent imprévisibles. Au centre de ce cauchemar, une image, celle de Maryse, rappelle la lumière vers laquelle Jean Maurel reviendra lavé de ses erreurs dans la souffrance, mais le chantier demeure, le désarroi subsiste, la catastrophe est peut-être pour demain... Comment la prévenir ? L'homme s'est satisfait tour à tour de la religion, de la philosophie, de la science, mais à l'ère atomique, il ne dispose pour se survivre que d'un seul moyen, d'une seule mystique, d'une seule réalité : l'amour universel... Ainsi, par-delà l'horreur de la promiscuité, de la folie et de la mort, ce qui prédomine dans ce roman terrible et généreux, dans cet opéra à goût de lys et de nitroglycérine, qui oscille entre le rêve et l'hallucination, l'apocalypse et l'espérance, c'est une foi inébranlable en l'homme et en son devenir.

  • Pourquoi Santuzza évite-t-elle depuis trois mois son mari, Martin ? Il l'ignore. Et puis, il est tellement pris par la politique qu'il s'en désintéresse. Toutefois, un matin, voyant sa femme nue, de dos, dans le baquet où elle se lave, il a le sentiment qu'elle aime quelqu'un d'autre. Là-dessus, Santuzza, fidèle à un voeu ancien, va se joindre à une procession de la Madone. Et Martin, resté seul, passera six heures, le temps de ce roman, à se saouler et à s'abolir dans un mouvement immobile qui lui fera revivre les dix dernières années, depuis sa rencontre avec Santuzza à Naples jusqu'à cet instant fatal où, à travers l'eau, il eut la révélation de son infortune. Roman-poème, roman de la mémoire, Le cri dans le désert est aussi un hymne perpétuel à l'amour. Ici, c'est la Médina, ses fêtes, ses querelles ; là, Tunis la pouilleuse et. la fascinante ; ici et là ce sont des portraits qui semblent tout droit venus de Goya. Et cela bouge, et vibre longuement, puissamment, en larges mouvements de foule, et, sous le vacarme de la joie ou du deuil, de la foi ou de la licence, Albert Deza, plus maître que jamais de son art, nous fait entendre, superbe et tragique, le grand silence de ceux qui viennent de rencontrer leur destin. A cet immense emportement, il fallait une prose somptueuse. Ce quatrième roman, écrit d'un seul souffle, naît, se déploie, explose au rythme d'une syntaxe sans cesse renouvelée. Pendant trois cents grandes pages, Albert Deza réussit ce miracle de maintenir son lecteur en état de passion.

  • Pris dans l'engrenage de la vie de Paris, un homme de trente-sept ans brusquement craque. Efforts, espoirs, ambitions, tout s'arrête devant le verdict d'un cardiologue. Stéphane est le prototype de millions d'hommes énergiques, rompus aux nécessités de la vie moderne qui les absorbe et parfois les détruit. Il n'a jamais eu le temps ni le pouvoir de prendre le recul nécessaire lui permettant de « faire le point ». Ce point, maintenant, est fait. Que va devenir Stéphane ? Sa réaction est violente ; il liquide tout et, ayant pris Paris en haine, s'enfuit vers le Pacifique dont il a toujours rêvé. Stéphane n'est pas un velléitaire, il ira jusqu'au bout des choses et cependant vivra son évasion avec une lucidité qui le différencie du simple fuyard. De Tahiti à la Nouvelle-Calédonie, jusqu'à L'ILE, c'est la condition humaine de l'évadé, ses rencontres, ses problèmes, ses découvertes et l'examen d'une conscience qui, finalement, guidera Stéphane là où il ne pouvait pas ne pas atterrir. Que la majorité des hommes ici concernés reconnaissent en Stéphane l'un des leurs, et l'auteur aura atteint son but. Un tour du monde en voilier (Expédition Moana) et un an dans les îles du Pacifique Sud, après ce voyage, devaient permettre à Bernard Gorsky de situer lieux et êtres dans un climat de vérité. Une autre expédition dans le Pacifique, en 1961, lui fournit le sujet de ce roman, Le Maillon et la Chaîne, et d'un film de long métrage tourné sur place. Il porte le même titre que le livre et sort en même temps que lui.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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