FeniXX réédition numérique (Éditions Buchet - Chastel)

  • Les camps de concentration ont marqué une date. Utilisant des pratiques qui ont sévi plus ou moins sévèrement à toutes les époques et dans tous les pays, l'Allemagne d'Hitler a systématisé, codifié deux types d'entreprise, les camps d'extermination qui tuent vite et ceux qui tuent lentement. Jamais volonté d'avilissement et d'anéantissement n'est arrivée à une telle perfection. L'auteur, à son retour de Buchenwald, a écrit ces pages sur son expérience d'un camp qui utilisait ses détenus avant de les tuer. Dans la profusion d'une littérature de circonstance, il avait renoncé à les publier. Il les a relues ; il les croit d'actualité car elles touchent à un certain fond d'inhumanité qui est latent chez les hommes sans contrôle. Il relatait sans s'étendre sur ce sujet personnel la vie qu'il mena mais il tentait de s'élever objectivement à la compréhension du mécanisme d'une entreprise férocement meurtrière. Il a relu ces pages, il n'y ajoute rien et n'en retranche rien. Le jugement qu'il porte sur les Allemands l'offusquerait maintenant qu'il a repris des relations sur un autre plan mais, au camp, SS et détenus qu'il chargeait de responsabilités se rassemblaient étrangement, rivalisaient dans la brutalité, le mépris, la cruauté, la rigueur burlesque. Il eut de brèves occasions de constater que l'Allemagne silencieuse était tout autre mais n'est-il pas judicieux de signaler, en toute franchise, que les défauts de ces brutes fanatisées par l'hystérie nazie ou consentant à la servir sont comme le revers de vertus solides, précieuses, réconfortantes pour un Européen, qu'ils sont pour les Allemands eux-mêmes une leçon à ne pas oublier, pour les Français une sollicitation à faire un examen de conscience.

  • L'auteur de ce livre, né dans une famille de musiciens, entra à l'Ecole Normale Supérieure en 1926. Il y connut Sartre, Nizan, Raymond Aron. Agrégé de philosophie, journaliste, puis professeur, il fut désigné pour fonder en 1935, avec Fernand Braudel, Claude Levi-Strauss, Pierre Monbeig, la Faculté de Philosophie, Sciences et Lettres de São Paulo au Brésil. Maintenu sur place en 1939 comme attaché spécial, il vécut la défaite, puis s'engagea dans les Forces Françaises Libres pour finir la guerre en Autriche, dans une division de tirailleurs marocains. Pendant dix ans, il remplit au Ministère des Affaires Etrangères des fonctions diplomatiques et consulaires, à Buenos Aires, Salonique, Toronto. Rentré dans l'Université, il termina sa carrière en enseignant les sciences humaines au bénéfice des Grandes Ecoles Commerciales. Ce long périple, ponctué par les figures de Jacques Maritain, Georges Dumas, Georges Bernanos, les généraux De Lattre de Tassigny et Beaufre, Etienne Dennery, Wladimir d'Ormesson, F. Mitterrand, Michel Pontrémoli et Georges Dolitzer porte assez bien témoignage. L'auteur, familier, par profession, des meilleures publications de son temps, aurait pu tenter à son tour d'en dégager une critique morale et politique. Mais cet ouvrage n'est pas plus un essai qu'il n'est une biographie. Il est aussi loin de la théorie que des anecdotes. Il est une interrogation. C'est que l'auteur, pour son bonheur et malheur, est resté l'homme de son enfance. Elevé, malgré les difficultés d'un milieu d'artistes, dans l'amour de la musique, de la peinture, de la littérature, dans l'amour surtout de ses parents l'un pour l'autre et pour lui-même, il n'a cessé d'éprouver dès son adolescence cette déception, dont Barthes a dit qu'elle était la façon dont l'écrivain « retrouvait le monde ». Ainsi, sans jamais trancher si les torts furent du côté des autres plutôt que de son côté, mais fidèle aux exigences de ses jeunes années, l'auteur n'a cessé de se demander, comme le chante Aragon : « Comment peut-on vivre ainsi ? ».

  • Les Anglais disent : "to turn over a new life"... changer de vie, et ce n'est pas rien lorsqu'on y regarde de près. D'où vient qu'un homme qui s'est frotté au théâtre toute sa vie, élève de Dullin et de Renoir, puis participant à l'aventure de la décentralisation avec Michel Saint-Denis, Datsé et Gignoux, enseignant le théâtre à Strasbourg ou Montréal, mettant en scène une centaine de pièces de par le monde, de Paris au Festival d'Edinbourg ou de Balbeck, d'où vient que cet homme tourne un jour le dos à tout ce qu'il a aimé et entreprend, à l'automne de la vie, autre chose, un autre métier, une autre existence ? En l'occurrence, Daniel Leveugle passe du coup de théâtre au coup de feu. Il ouvre un restaurant à Londres et surveille ses fourneaux comme autrefois il mijotait ses mises en scènes. Pourquoi ? On le découvrira sans doute dans les pages de ce récit d'une sincérité spontanée, d'un humour et d'un rare talent d'observation et d'écriture, qui empoignent le lecteur du début à la fin. Et l'on s'apercevra peut-être que lorsque Candide monte aux fourneaux, il fait acte de résistance.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Matière Première est le premier palet, à la fois autonome et complémentaire, d'un mobile romanesque intitulé La Fable des Corps, où des personnages, entre 1914 et 1968, tentent de vivre dans la fable d'eux-mêmes et des autres. Dans ce volume, Sylvain Gordais, 26 ans, s'isole sur une île de la Frise hollandaise, territoire de dunes et d'oiseaux, dans le parti pris de faire un sort aux souvenirs qui le hantent. Reviennent alors - plus ou moins suscités par quelque circonstance du présent - son père tué à Verdun, sa mère victime à court terme d'un terrible accident, sa tante secourable, Viteïre le Communard, Dunoisy l'instituteur, Millot le prote, et surtout les femmes qu'il a aimées, rejetées ou qui l'ont abandonné. Série de figures associées à des lieux privilégiés par le coeur du héros : la solaire Carcassonne, le pays champenois, une Venise naufragée en rêve, La Hague, Cologne, Paris... Les uns et les autres évoqués avec intensité, dans le vertige des images et des correspondances, et qui, lentement réduits à l'anonymat des quatre éléments premiers, font sourdre et affirment en lui l'élan créateur. Faute d'en avoir assez tôt pris conscience, Sylvain Gordais échappe de peu à une destruction volontaire. Sur ces confins, il obtient permission universelle de vivre, fidèle à la parole de Faust, « pour la plus haute existence ».

  • Le Conquistador, c'est l'histoire d'un homme en fuite. Chassé du monastère où, fils de paysan misérable, il est venu étudier et s'est tôt fait remarquer et blâmer pour la hardiesse de sa démarche spirituelle, dédaignant la vie mondaine, fomentant l'insurrection populaire, échappant aux geôles de l'Inquisition et à la torture, il fuit. C'est sur la caravelle qui l'emmène vers le Nouveau Monde que commence le récit de Thomas, le héros, connu par les fragments de son journal intime, alternant avec l'évocation de ses errances poético-politiques. Arrivé au Nouveau Monde, Thomas va découvrir l'opposition entre le monde mystique et aberrant de l'Espagne cléricale et celui, naturel, de l'Indien qui incarne pour les conquérants le péché originel. Cette lutte entre la Nature et l'Ordre le conduira à la Mort dans une apothéose cosmique qui peut faire songer à certaines des plus belles pages de Miguel Angel Asturias. Mais ce récit se situe dans un XVIe siècle dont l'historicité n'est que superficielle. Ces aventures, pleines de bruit et de fureur, où la violence lyrique éclate à chaque page, se déroulent lors d'une conquête espagnole de pacotille. En fait, Thomas - héritier spirituel des grands utopistes More et Campanella - s'il est un moine lettré, poète, et théoricien politique à la Machiavel, est avant tout un révolté moderne, un homme qui pense et écrit en termes de notre temps. Cette « fiction » n'est pas un simple roman historique. Elle conduit le lecteur au-delà de l'épopée, si exaltante soit-elle. Un thème domine l'ensemble : l'Utopie.. Non seulement la quête de la Cité Idéale, mais la reconquête du Roman, la recherche forcenée, à travers un récit disloqué en apparence, d'une écriture, d'un langage qui ne se mente plus à lui-même, l'exigence d'une parole authentique, où comme chez Malcolm Lowry, la littérature engage la vie entière de l'auteur.

  • Le 27 janvier 1945, vers cinq heures de l'après-midi, au camp de concentration d'Auschwitz, un jeune homme sortait d'un baraquement. Il ne pesait plus que trente-cinq kilos, et pouvait à peine se tenir debout. Face à lui, un soldat soviétique était là, le premier à avoir pénétré dans le camp. [...] Drames enfouis comporte une préface d'Alice Miller et une postface de Georges Snyders.

  • Yaakov, jeune niçois, décide malgré ses parents d'aller poursuivre ses études à l'université de Jérusalem et, peut-être, de retrouver ses racines. Lui, qui se croit existentialiste, éprouve en Israël des sensations ambiguës et y vit comme un amnésique. Trouvera-t-il des solutions à travers son amitié pour Avi, son compagnon de chambre très croyant, ou grâce à son amour pour Rahel ? La ville de Jérusalem prise merveilleusement à témoin de son aventure provoquera-t-elle la mémoire ? Le retour d'une "âme juive" dans la "cité des âmes" est-il possible ? A quoi ressemblent les larmes de Yaakov versées sur le mur des lamentations, le "kotel" ?

  • "Je me demande si je suis normale... au fond, je ne le crois pas... un tas de choses clochent en moi... ma soeur était-elle aussi frigide ?" J'eus l'impression qu'elle allait continuer mais elle se leva, traversa le coffee shop et disparut dans la cohue et la fournaise de la rue." Dans un style désinvolte et parfois goguenard, l'auteur, micropsychanalyste de renommée internationale, prend le prétexte d'un séjour à Tokyo pour nous livrer souvenirs et réflexions sous forme d'une nouvelle : une jeune Japonaise dont il a autrefois connu la soeur, le guette, le poursuit et n'a de cesse de le retrouver pour qu'il l'aide à comprendre ce qui la rend frigide. A travers les confidences qu'elle lui fait sur ses expériences, ses difficultés, sa vie au Japon, transparaît à la fois l'intimité d'une femme qui pourrait être de n'importe où et l'interrogation de tout un peuple sur son devenir. Silvio Fanti se ballade dans Tokyo, observe tout, comme il le fait toujours, écoute, sourit... Et avec lui, on finit par comprendre pourquoi la frigidité n'a pas de nationalité.

  • Voici le Grand Culture Circus. Dans une suite de théorèmes cyniques, de confondants axiomes, d'irrévérencieux sondages, de sauts périlleux de la logique, d'exercices pratiques explosifs ou de clownesques « Courrier du Coeur », de mots à l'emporte-pièce et de pièces à l'emporte-maux, l'auteur de L'HUMOUR VERT nous propose cette fois un Rire Rouge, un bouillon de culture à consommer brûlant, une sorte de « Dites-le avec des pavés ». C'est la parade où toutes les fausses valeurs culbutent, une panoplie complète pour le Petit Intellectuel, fantôme qui n'a jamais assez de chaînes.

  • Jean-Claude Sordelli, à 23 ans, a remarquablement réinstallé dans les lettres françaises le roman paysan avec ses deux premiers romans : L'Ecorce (Prix des Volcans) et Soleil haut. Son troisième roman, Dimanche d'août, est l'affirmation d'un talent robuste et solide. Le tragique fait irruption dans la vie paisible d'un enfant de la campagne alors qu'il savoure la douceur d'un dimanche comme les autres. Trois personnes apportent à sa mère le corps du père mort brutalement. Pendant que les adultes s'agitent et se lamentent, l'enfant laissé à lui-même fuit les terres pour essayer de comprendre. La nature, qu'il a tant aimée en compagnie de son père, lui semble tout à coup privée de sens. Peu à peu, cependant, il apprend à la retrouver seul à travers la terrible absence. La simplicité du récit n'en exclut ni la tendresse, ni le lyrisme. Par-delà les émois de l'âme enfantine, il décrit en effet l'immuable itinéraire qui va de l'innocence à la conscience, et de la révolte à la stupeur.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • « Banlieues lointaines » est le cinquième roman de Daniel Apruz. Et, sans doute, est-ce le roman le plus achevé mais aussi désespéré, sans cri, sans larme, d'une manière parodique et cocasse, avec cette désespérance paisible et souriante d'une errance qui tourne en rond. On trouve dans ce texte le pessimisme de l'immédiat qui déjà se remarquait dans les précédents romans de Daniel Apruz. Mais sans amertume, avec le sourire de celui qui fume sa pipe en attendant que ça se passe. Banlieues lointaines, dont le thème principal est peut-être la mort, peut se lire comme le roman d'un temps qui se termine dans un cul-de-sac. Dans cette rue Moche du roman où tout le monde se retrouve, et où chacun est la banlieue lointaine de l'autre.

  • A quoi pensions-nous lorsque nous étions « en rond » dans le ventre de notre mère ? Et si cette vie foetale avait quelques similitudes avec le déroulement de notre vie humaine, dans sa progression, dans ses découvertes, ses. passions, ses désenchantements et son sacré goût d'éternité ? De cette existence secrète, que nous reste-t-il ? Devant la question « D'où venons-nous ? » on gomme distraitement ce passage de neuf mois comme une transition sans importance. Ce passage, cette vie, nous avons tenté de l'imaginer n'ayant pour référence qu'un certain goût de la recherche, à la façon des archéologues qui établissent l'organisation d'une société disparue au départ d'un fragment de poterie, d'un éclat de silex. D. et A. Lange.

  • La première étoile commence après le dernier lampadaire effrangé par le brouillard. « Alpha du Centaure » appartient à la constellation la plus proche de la Terre. Voilà une première indication quant à la signification du titre de ce livre : l'improbable qui infiltre et qui enrichit (et qui rédime aussi peut-être) le monde où nous vivons. Rien n'en définit mieux le thème, les lignes de force sous-jacentes que l'épigraphe inaugural emprunté à Marcel Proust : « L'amour, c'est l'espace et le temps rendus sensibles au coeur. » Dans ce roman, en effet, il est question de temps, de temps arrêté, thème qui a tenté nombre d'écrivains de notre époque. Il est question d'espace, des paysages de l'envers des choses, d'un itinéraire qui est un double aller-retour île-Maurice-Paris mais aussi du voyage jusqu'au bout- d'un jour qui semblait interminable. Sous la gangue de l'usuel, un Paris insolite et dérangeant comme un tableau de Magritte ; la Cornouailles lovée dans le bref été et enfin une île Maurice altière et dure qui n'est pas celle des dépliants touristiques : autant de haltes (de balises) sur cet itinéraire.... Malgré la profession de l'auteur, malgré ce qu'écrit à lui-même Pierre Revel le narrateur : « Ma raison : la messe interrompue », « Alpha du Centaure » n'est pas un roman sur la « folie » ou sur un banal « délire à deux ». Il s'agit de la recherche d'une « deuxième fois », d'une désespérée tentative de re-créer le passé, de retrouver le temps perdu corps et biens sous les alluvions de l'absence et de l'oubli et d'un vécu morcelé.

  • Professeur d'histoire de l'Eglise aux Facultés dominicaines du Saulchoir (1930-1954) et de catéchèse biblique à l'Institut Catholique de Paris (1943-1954), l'auteur a mené de front toute sa vie l'étude des Saintes Ecritures, par très ancienne exigence personnelle, et celle de l'histoire chrétienne qu'il avait reçu mission d'enseigner. La crise des années 1953-1954 dans l'Eglise de France ayant interrompu ces enseignements, il fut élu Prieur du couvent des Dominicains de Dijon (1958-1964) puis théologien d'évêques français au Concile (1962-1965). Un ministère assez considérable de sessions, de conférences et de prédication le mit au contact des milieux les plus divers. Dès la guerre, qu'il fit comme officier, sa culture biblique et son attention aux évolutions du monde et de l'Eglise le rendirent très sensible à la profonde mutation historique qui s'amorçait alors. Il y perçut l'urgence, pour les croyants de toutes les Eglises, au bénéfice de leurs frères les hommes, d'un vigoureux retour aux sources bibliques de la foi, et se réjouit fort de l'insistance sur ce point de Jean XXIII et de la Constitution conciliaire Dei Verbum. Il attribue à l'insuffisance de ce retour l'aggravation des crises présentes, théologiques ou autres, du monde chrétien. Dans ce petit livre, on verra comment il fut amené à s'intéresser au linceul de Turin et par quelles démarches cela le conduisit à le tenir, contrairement à sa pensée première d'historien, pour le linceul en lequel Jésus fut inhumé et à proposer aux croyants et même aux historiens quelques lumières de surcroît.

  • L'auteur, Professeur à la Sorbonne, a voulu, dans ces pages, en évoquant le témoignage des témoins du drame de 1914-1918, montrer comment les sentiments éprouvés par les combattants de la première Grande Guerre, présentés sous une forme romancée dramatique ou historique, sont à l'origine de la sensibilité contemporaine. Le sens de la souffrance, de la solitude, les vicissitudes de l'amour, le problème du bien et du mal dans la perspective de l'absurde, sont ici analysés d'une manière aussi objective que possible et permettent de reconnaître les voies que suivront les écrivains d'entre les deux guerres et même les écrivains contemporains.

  • La biographie de Christophe Colomb a été maintes fois écrite, a-t-elle été bien lue ? La découverte de l'Amérique ne doit pas masquer l'essentiel et derrière l'apparence d'une grande aventure maritime, comment ne pas deviner une mission plus secrète ? A quatorze ans déjà, le célèbre voyageur choisissait la mer pour chemin de vie "parce que l'art de la navigation incite à connaître les mystères du monde". On savait le marin génial, l'homme mystique... on découvre l'initié, porte-drapeau d'une société secrète ! Son fils Fernando l'avait révélé : "Au surplus ma conviction étant que les grandes actions de mon père eurent pour premier principe une influence mystérieuse". Appareillant à Palos le vendredi 3 août 1492, quel secret Christophe Colomb emportait-il vers le Nouveau Monde ? Dans son ouvrage, Jean-Jacques Bossa lève le voile. Skipper de la "Coriphène", mais également passionné d'ésotérisme, ce marin au long cours jette un regard neuf sur les questions que l'histoire a laissé sans réponse. Menant une véritable enquête, la minutie de ses investigations l'a conduit à élaborer une thèse inédite et fascinante : les quatre voyages de Colomb procèdent d'une véritable quête initiatique. Sur cette route les étapes s'appellent Thulé ou Jérusalem ; la voie conduit au Paradis Terrestre ; René d'Anjou, Frédéric II de Hohenstaufen, Jacques Coeur, Jeanne d'Arc, Godefroy de Bouillon, le roi Salomon, Mérovée, Joachim de Flore... et quelques autres : princes, alchimistes, troubadours. Dans cet imbroglio, des ordres secrets tirent les ficelles : Calatrava, le Temple, la Toison d'or, les Chevaliers teutoniques... sans compter les confréries du Croissant et du Navire. Il existe bien un mystère Christophe Colomb ou plus exactement plusieurs mystères. Cette aventure commence à Calvi, ville fortifiée par Gênes qui dresse ses remparts au-dessus d'un des golfes les plus prestigieux de Corse. Là, affirme l'auteur, preuves à l'appui, est né Christophe Colomb.

  • L'écrivain des paroxysmes, l'homme de la fureur et du cri n'était pas allé au bout de ses épreuves. Voici qu'un jour lui est portée l'estocade de l'impuissance à écrire. Ce fou des mots est trahi par les mots. C'est littéralement plus qu'il n'en peut supporter. Il tombe dans l'innommable comme dans le dernier cercle de son enfer. Au bord de la mort, il se bat avec le démon rebelle qui, tant bien que mal, lui avait permis de vivre. Un amour ne résiste pas à cette obsession et la femme qu'il tente de retenir dans l'ailleurs-de l'érotisme finit, lassée, par le quitter. C'est le point ultime de la crise qui, cette fois, paraît sans retour. Un livre en sort pourtant parce qu'il a été préféré au néant. Jamais mieux que dans ce fleuve de feu n'auront été cernés le désespoir et le salut que, pour un écrivain, peut signifier l'acte d'écrire. C'est le moment d'une expérience limite, où les qualités et les défauts d'un auteur sont portés à l'incandescence. Etrange livre, d'une démence grandiose, où un homme se bat avec les mots comme Jacob avec l'Ange et sort de ce duel à la fois brisé et triomphant. Cette longue plainte furieuse, toute en jaillissements saccadés, comme sort le sang d'une artère coupée, a la beauté convulsive que louait Baudelaire. Paul-Jean Franceschini.

  • Emilie, enfermée dans une pièce dos au mur. Enfermée là par le roi de Prusse parce qu'elle aurait tué son chien. Accusée. Dans l'entrebâillement de la porte, la silhouette d'une femme, la mère. Gisant sur le sol, le corps de la mère, agonisante, morte, ou l'image de la mort. Des fenêtres ouvertes mais auxquelles on ne peut accéder. Dehors, un oncle Amédée qui viendra, peut-être... Pour sortir, il faut revenir au commencement, en finir avec l'image de cette mère mourante qui tient l'accusée prisonnière en ce lieu symbolique. « ... Je sais ce que je fais et je sais où je vais et ce n'est pas un roi que je ne connais pas, roi de Prusse ou de je ne sais quoi qui fera de moi ce qui lui plaira... Je suis Emilie qui vit aujourd'hui et qui ne sais pas ce qu'elle dit, mais je suis aussi Emilie qui a vécu auparavant... » C'est par l'écriture que Christiane Sacco retrouve le fil qui la mènera hors du labyrinthe ; elle nomme, reconstitue, sans relâche, revenant au lieu du drame, pas à pas, dans un cheminement complexe du texte. Conçu comme une pièce musicale ponctuée de leitmotiv, ce livre, d'une rigueur remarquable, constitue une variation sur la folie. Au terme des divers mouvements, la reconstruction d'un être à travers le verbe. On se sent vertigineusement attiré dans cette descente aux enfers car ce n'est pas impunément qu'on suit Christiane Sacco aux confins de la folie et de la raison.

  • Voici la fabuleuse expérience de Silvio Fanti, médecin-micropsychanalyste à Couvet (Suisse). Appelé en consultations sur tous les continents, il en a profité pour les parcourir de village en village, pourrait-on dire, essayant d'observer, de sentir et de comprendre ce qu'est l'Homme. Quelle inlassable quête de la réalité au-delà des préjugés, des connaissances intellectuelles, des réflexes acquis ! Quelle exploration du "noyau humain", qu'il n'a d'ailleurs cessé de poursuivre et qui l'a conduit à la micropsychanalyse. La micropsychanalyse, instaurée par Silvio Fanti en 1953, est d'essence freudienne. Elle permet un travail beaucoup plus en détail et approfondi que la psychanalyse grâce, entre autres, à l'étude des photographies de l'analysé, de sa correspondance, de son arbre généalogique et surtout à des séances quotidiennes de plusieurs heures chacune permettant de faire son analyse en quelques mois. La Société Internationale de Micropsychanalyse l'a nommé Président d'honneur.

  • Un soir de 1961, je frappais timidement à la porte de la loge de Fernand Raynaud, à l'Alhambra, et lui remettais quelques monologues que j'avais écrits pour lui. Un matin de 1970 - c'est à dire neuf ans après - il me téléphonait pour me demander si je pouvais écrire les sketches qu'il devait interpréter au cours de l'émission d'Europe 1 : « Thé, café ou chocolat »... qui commençait trois jours plus tard ! Je lui ai écrit ces sketches et beaucoup d'autres. Dans ce volume figure une centaine de ces sketches qui ont fait rire la France entière. Au fil des pages, vous retrouverez Roro, le célèbre Ballandar le hallebardier, madame Chalmont et l'inoubliable Félix, perpétuellement aux prises avec sa belle-mère, la grosse Louise. Ce livre est en quelque sorte le testament comique de Fernand Raynaud qui lègue ainsi à son public un millier d'éclats de rire. Grâce lui en soit rendue ! Un interprète ne peut faire rire, dit-on, que s'il dispose de textes réellement drôles. Je ne ferai pas de fausse modestie : Drôles, ces textes le sont certainement puisque vous les avez aimés. Mais, ma fierté n'est pas de les avoir écrits. Ma fierté, c'est qu'un clown génial nommé Fernand Raynaud les ai interprétés !

  • Ce livre apporte un tableau aussi inattendu que fascinant du vrai visage d'une société millénaire, de sa structure, de ses conceptions, de sa morale, de ses disciplines, qui nous transportent dans un monde contemporain des civilisations antiques et miraculeusement conservé intact jusqu'à nos jours. Il nous fait voir, sous un angle complètement nouveau, mais très évocateur, l'institution des castes et les conceptions souvent très modernes d'une société archaïque, dont les structures, les modes de vie, les croyances et la morale ont pu survivre jusqu'à nous, malgré les guerres, les invasions, les réformes... et le progrès. Livre qui évoque pour nous des civilisations antiques, Les quatre sens de la vie est en même temps très actuel et très moderne. En effet, les anciens Hindous avaient trouvé des solutions à beaucoup de problèmes qui nous tourmentent aujourd'hui. Alain Daniélou nous montre que, si la plupart ne peuvent pas être mis en pratique de nos jours, si, au contraire, certaines des autres pourraient utilement nous inspirer, toutes nous donnent à réfléchir et peuvent ainsi nous aider à mieux préparer notre avenir. A la fois documentaire, livre de pensées et de foi, tel est ainsi cet ouvrage, écrit avec clarté dans un style alerte, qui met à la portée de tout lecteur curieux des problèmes spirituels, les secrets d'une civilisation ancienne mais toujours présente.

  • A l'occasion du cinquantième anniversaire d'Air France, voici un document passionnant et fort original. En 1946, quand Air France recruta par voie de presse ses premières hôtesses de l'air, 600 jeunes filles posèrent leur candidature. Parmi les rescapées, une personnalité hors du commun Solange Catry. Aujourd'hui, elle évoque ce monde si particulier où la cocasserie frôle parfois le tragique : celui des premiers vols en DC4, Constellation ou Boeing 707... sur l'Amérique du Nord, l'Afrique, le Pôle, etc., avec leurs équipages, leurs « pèlerins ». Avec un humour irrésistible et une joie de vivre que rien n'entame, Solange Catry nous décrit ces vingt années passées sous tous les cieux au service d'hommes et de femmes de toutes races, langues et milieux, vedettes de cinéma, « flics » d'Interpol, rois en exil ou Chefs d'Etat, journalistes ou héros d'un jour, truands ou Pères conciliaires... Un récit tonique et captivant.

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