Parascolaire

  • Le rapport de l'école primaire aux technologies numériques fait l'objet d'une attention constante et suscite encore aujourd'hui de nombreuses questions : quels sont les usages qui en sont faits en classe ? Quelles modifications des pratiques pédagogiques induisent-elles ? Sur un autre plan, comment l'action pédagogique mobilisant ces instruments est-elle accompagnée ?C'est à ce double enjeu que tente de répondre cet ouvrage. En mobilisant différents cadres théoriques, il propose un ensemble de recherches récentes sur ces questions vives. L'influence des tablettes sur les pratiques d'écriture en classe ainsi que la question très actuelle de l'apprentissage de l'informatique à l'école primaire sont abordées. L'évolution des modes et pratiques de supervision pédagogique en France et dans différents pays d'Afrique subsaharienne est également développée.Cet ouvrage présente l'originalité de s'inscrire dans un contexte francophone, il met en avant la contribution des recherches en éducation aux débats sur le numérique à l'école.

  • Tandis que la formation initiale des professeurs des écoles passait en dix ans par trois organisations différentes, que s'est-il produit, du point de vue des personnes en formation initiale dans ces contextes successifs ? Telle est la question à laquelle répond ce véritable « roman » scientifique de la professionnalité des professeurs des écoles et de leur formation. À partir des résultats d'une enquête statistique reconduite en 2007, 2012 et 2015 auprès d'étudiants des deux IUFM, puis ESPE normandes, les chercheurs observent des mutations, en particulier dans la déconstruction progressive du métier représenté et du métier en cours dans les pratiques chez les professeurs débutants. La dimension longitudinale de la recherche et le parti pris de considérer, non l'offre de formation mais l'appropriation qu'en font ces débutants, souligne les à-coups, paradoxes et incertitudes grandissantes d'un modèle de professionnalisation des professeurs du premier degré par leur formation initiale.

  • Il est désormais admis qu'on apprend à écrire non seulement à l'école, mais aussi tout au long de la vie. Il n'en demeure pas moins vrai que des questions essentielles se posent quand il s'agit de l'enseignement postobligatoire. Quelles compétences développer ? Quels modèles convoquer ? Quels dispositifs expérimenter ? L'ouvrage apporte des éléments de réponse à ces interrogations. La première partie porte l'accent sur les modèles qui sous-tendent les formations à l'écriture académique ou professionnelle. La deuxième s'attache aux traces des compétences du scripteur dans des écrits universitaires. La troisième partie est consacrée à des dispositifs innovants. Enfin, un épilogue présente la formation à la didactique de l'écriture de futurs enseignants en Belgique francophone, en France, au Québec et en Suisse romande. La variété des contextes, des scripteurs (natifs/allophones, lettrés/infrascolarisés), des disciplines, des modèles et des dispositifs concernés permet de nouveaux éclairages sur l'enseignement-apprentissage de l'écriture.

  • Le terme d'erreur est massivement présent dans les discours sur la dégradation de l'école et la baisse de niveau des élèves. Pourtant, à y regarder de près, cette notion s'avère particulièrement floue et les modes de traitement classiques, fort limités mais encore dominants, n'arrivent guère à éradiquer les problèmes. C'est à partir de ce constat que cet ouvrage s'est donné pour but de mieux comprendre ce que cette notion recouvrait ainsi que les raisons de la résistance des erreurs en milieu scolaire. Le concept de dysfonctionnement - articulant une variante et un jugement porté à son propos - a donc été construit permettant de mettre au jour les intérêts potentiels des difficultés des élèves. Les problèmes, appréhendés dans cette perspective, favorisent en effet une meilleure compréhension des démarches des élèves, des fonctionnements de l'enseignement ou encore de la complexité de certains contenus. Ils permettent, complémentairement, de mieux saisir les spécificités des disciplines de recherche qui s'en servent. Cette perspective offre encore comme avantage d'envisager les interventions d'une manière différente en ouvrant la palette des stratégies possibles.

  • Situées dans le coeur historique du Marais à Paris, les Archives nationales conservent les documents qui émanent des organes centraux de l'État, du viie siècle jusqu'à l'époque contemporaine. Dotées, en 1867, d'un musée destiné à faire connaître au grand public l'histoire de France, les Archives nationales ont bénéficié, sous l'impulsion de l'archiviste Charles Braibant et de l'historienne Régine Pernoud, de la création du premier Service éducatif d'archives. Le Service éducatif des Archives nationales accueille, depuis, élèves et enseignants, dans le cadre de dispositifs destinés à leur faire découvrir le patrimoine national écrit, tout en favorisant l'interdisciplinarité, voire la transdisciplinarité. Souvent pionnier en terme de valorisation culturelle et pédagogique, il entend, par cet ouvrage, mettre le résultat de ses pratiques et de ses réflexions à la disposition des étudiants et des acteurs de l'enseignement et de la culture. Élaboré en lien étroit avec des responsables et des personnels des services de conservation, de valorisation ou d'autres acteurs de l'éducation, il attire l'attention sur les pratiques pédagogiques les plus à même de répondre à la préoccupation fondatrice qui a présidé à sa création : mettre les élèves en contact direct avec une source essentielle de l'écriture de l'Histoire.

  • « Ce livre devenu un classique », selon Owen Chadwick, comprend deux parties dont seule la seconde est traduite ici, la première ayant déjà fait l'objet d'une traduction en 1968. John Henry Newman, nommé recteur fondateur, en 1851, d'une université catholique à Dublin, réfléchit aux objectifs d'une telle institution. Il met au premier plan la formation de l'esprit tout autant que l'acquisition du savoir afin de parvenir à une véritable culture humaniste. Il traite des rapports entre raison et foi, science et théologie, il insiste sur les liens qui unissent langue et littérature, il aborde les problèmes d'éthique médicale ; il préconise une recherche libre de tout préjugé mais éclairée par une pensée chrétienne qui a assimilé la culture antique. Cependant il n'ignore pas les applications pratiques qu'entraîne une telle création. Un ensemble de facultés, complémentaires les unes des autres, devra se développer à partir du noyau initial qu'est la Faculté des Arts et des Lettres, élément essentiel de tout enseignement universitaire. Celui-ci sera ainsi vivifié par la recherche et maintiendra le rapport d'un savoir particulier à une connaissance plus générale. À notre époque où l'Université s'interroge sur sa raison d'être, l'idéal exigeant de Newman reste tout à fait d'actualité.

  • Ce livre a le mérite d'aborder un thème qui, jusqu'à présent, a été relativement peu étudié : la place de l'écrit et ses enjeux sociaux et cognitifs dans la formation des professionnels de santé. Cette importante recherche a été menée auprès de 293 ambulanciers, aides-soignants, infirmiers et sages-femmes en formation professionnelle, à l'île de la Réunion. L'ampleur des analyses et des questions relatives aux pratiques différenciatrices de l'écrit permet de considérer que les connaissances produites dépassent largement, non seulement le terrain réunionnais, mais aussi le secteur de la santé. En analysant les liens entre les pratiques d'enseignement, les pratiques d'écriture in situ, les réécritures, le mémoire professionnel et les rapports au temps, à l'action professionnelle, à la communication et aux pouvoirs que construisent les étudiants, l'auteur montre en effet que les pratiques scripturales sont fortement différenciées en fonction des niveaux de recrutement et des compétences attendues des étudiants. D'une formation à l'autre, on passe ainsi de la quasi-absence d'écriture à une écriture considérée comme un espace où les dimensions intellectuelles, créatrices, cognitives et sociales sont travaillées, ce qui n'est pas sans incidences sur la construction du futur professionnel. Cette approche ethnosociologique de la formation et des pratiques scripturales qui y sont mises en oeuvre ne laissera pas indifférents les acteurs des institutions de formation et des organisations dans lesquelles l'écriture est utilisée : étudiants, formateurs ou administratifs. Mais elle intéressera aussi les chercheurs, qui trouveront dans cet ouvrage une réflexion construite en référence à plusieurs cadres théoriques, sur des écrits dont on ne soupçonne pas suffisamment le pouvoir profondément différenciateur.

  • La formation en grammaire des futurs enseignants de français est périodiquement discutée, l'enseignement grammatical demeurant un terrain de profondes tensions et contradictions. À l'heure de changements majeurs qui affectent les systèmes éducatifs universitaires et les publics scolaires, il importe de faire le point. Quels sont les finalités, approches, dispositifs et contenus de formation en grammaire dans les institutions académiques francophones ? Quelles doivent être les exigences de la formation, compte tenu des connaissances préalables des étudiants, des prescriptions et des besoins des élèves ? Cet ouvrage réunit des contributions de didacticiens belges, français, québécois et suisses. Formateurs aguerris, ces auteurs font le pari que plusieurs des problèmes de l'enseignement grammatical peuvent être résolus par la mise en oeuvre d'une formation initiale dotant les enseignants d'outils qui leur permettent de maitriser eux-mêmes les phénomènes linguistiques complexes.

  • Cet ouvrage rassemble une sélection de contributions issues du premier séminaire international consacré aux méthodes de recherche dans le domaine des didactiques, organisé par les laboratoires DIDIREM et THEODILE et par l'IUFM du Nord/Pas-de-Calais. Leurs auteurs, appartenant à plusieurs pays différents, représentent diverses didactiques : disciplines scientifiques et techniques, français, histoire, mathématiques, STAPS... Ces contributions sont regroupées autour de trois axes de questionnement : celui des intérêts et des problèmes liés aux comparaisons et aux croisements des méthodes de recueil et de traitement des données ; celui de la détermination des indicateurs pertinents et des significations qu'on peut leur accorder ; celui des modalités possibles des techniques de retraitement des données, tels que scripts, chronologies ou synopsis. L'ensemble de ces textes est présenté par Marie-Jeanne Perrin-Glorian et Yves Reuter, ce dernier proposant dans la contribution inaugurale un programme de recherches possibles pour définir et questionner les méthodes de recherche en didactiques, pour justifier aussi les intérêts d'un tel chantier de travail. En effet, en raison des enjeux épistémologiques attachés aux problèmes abordés, qu'ils concernent la définition même des didactiques en tant que disciplines de recherche ou la validité des résultats produits, le séminaire mis en place est appelé à se reproduire régulièrement. Cet ouvrage constitue, en conséquence, le premier d'une série à venir.

  • La capacité d'écrire est au centre du travail universitaire. Mais comment se manifeste-t-elle dans les écrits produits au début des études supérieures ? Comment analyser les textes des étudiants entrant à l'université ? Et à l'époque de la mondialisation, comment lire des textes produits dans différents contextes culturels sans se réfugier dans des comparaisons réductrices ? Cet ouvrage s'ouvre par une présentation du cadre théorique et des pratiques de l'enseignement de l'écrit au début des études supérieures aux États-unis et en France, question devenue particulièrement cruciale en France depuis 2007 avec la mise en oeuvre de la loi LRU, dite loi Pécresse, qui attire l'attention sur les enjeux des premières expériences des étudiants entrant à l'université. Ce tour d'horizon est suivi de l'analyse interprétative de quelques textes écrits en première année universitaire dans les deux pays. Les différences culturelles majeures sont repérées et on montre comment celles-ci s'ancrent dans les différences entre les exigences institutionnelles. Ces mêmes textes sont ensuite soumis à une lecture convoquant différentes approches analytiques - littéraire, linguistique et relevant de la composition theory nord-américaine - et s'attachant à repérer les mouvements textuels de reprise-modification au coeur du fonctionnement des textes. L'auteur constate à travers cette lecture que ce qui semble être « différence » culturelle ou institutionnelle dans l'écrit académique se révèle moins importante que ce qui est partagé. Cela permet de poser l'existence d'un écrit servant, dans le cadre des apprentissages universitaires, à négocier les exigences académiques au sein de cultures, d'institutions, voire de disciplines différentes. Cet ouvrage est destiné aux chercheurs en sciences du langage et en didactique de l'écrit, ainsi qu'à tous ceux qui s'intéressent au fonctionnement du langage et à l'interaction entre les textes et le lecteur.

  • La description a été jusqu'à présent principalement étudiée en référence au récit, essentiellement littéraire, et à l'enseignement du français, dans une perspective typologisante. Cet ouvrage, qui s'inscrit dans un projet de recherche de l'équipe de didactique du français de Lille III (THEODILE), tente, à partir de contributions de spécialistes de différentes disciplines, de repenser la description au travers de quatre entrées : celle de sa définition (statut, organisation, fonctions, tensions internes, inscription générique) ; celle de son fonctionnement dans les pratiques de recherche (linguistique, psychologie, sociologie, médecine...) ; celle de sa place et des problèmes qu'elle soulève en formation et notamment dans les mémoires professionnels ; celle de son importance, de ses effets postulés et des difficultés rencontrées dans les disciplines scolaires autres que le français (histoire et géographie, sciences, langues...).

  • En utilisant essentiellement des sources de type biographique, à côté d'autres matériaux historiographiques, ce livre décrit la vie et la pensée des instituteurs au moment le moins connu de leur histoire, celui qui précède la Troisième République. Ce faisant, il cherche à saisir l'émergence d'une profession, en entendant par là non pas d'abord le « métier » tel qu'il s'exerce entre les murs de l'école, mais une corporation telle qu'elle cherche à exister dans la vie sociale en formulant des espérances, en affirmant des valeurs et en offrant des images idéales d'elle-même. Les instituteurs du xixe siècle apparaissent donc ici sur le fond des rapports sociaux dans lesquels ils ont dû négocier les quatre composantes principales de leur existence collective : leur position, leur fonction, leur statut et leurs finalités. En évitant la célébration nostalgique et les stéréotypes courants qui y sont associés, on découvre ainsi que, bien avant les fameux « hussards noirs » de Jules Ferry, il y a eu dans la corporation des instituteurs une élite aisée, dynamique, qui, parvenant à s'approprier ou à créer tout un univers de culture et d'identité professionnelles, a progressivement entraîné la grande masse des maîtres d'école à conquérir la dignité, le prestige même, qui vivent aujourd'hui encore dans la mémoire nationale.

  • À l'école primaire et au début de la scolarité au collège, les activités lexicales apparaissent souvent comme déconnectées des activités de production de discours. Or, lorsqu'il parle et lorsqu'il écrit, le locuteur/scripteur doit mobiliser sa compétence lexicale, ce qui le conduit non seulement à sélectionner les unités lexicales pertinentes mais aussi à les associer à d'autres en fonction de règles sémantiques et syntaxiques, au cours d'activités langagières complexes. Ces opérations de choix et de mise en correspondance ciblées sur le lexique mettent en jeu des processus d'évaluation et de réévaluation, inhérents à l'activité de production langagière. Fréquentes à l'écrit, ces activités de sélection et de révision lexicales se rencontrent également à l'oral, à travers la capacité à reformuler un énoncé et, au-delà, à restructurer le discours. Les contributions rassemblées ici s'intéressent précisément à la manière dont cette dynamique de la production verbale configure les énoncés produits, au cours d'activités proposées à des élèves d'école primaire, de collège ou de lycée. Certaines contributions se situent sur un plan psychologique et psycholinguistique et étudient les effets d'entraînements métacognitifs concernant le lexique en production orale ou écrite, testant les effets de variables liées à la taille des groupes ou à des aspects contextuels, par exemple certaines caractéristiques de la tâche et du support utilisé. D'autres adoptent un point de vue plus nettement didactique et interrogent la nature des activités qui peuvent être proposées. Des exemples précis, impliquant notamment le lexique des émotions et des sensations, montrent comment son étude peut être intégrée à une réflexion plus générale sur les textes et les discours.

  • Cet ouvrage fait le point sur les diverses dimensions implicites ou impensées qui participent de toute recherche à l'insu même des chercheurs. Issu d'un séminaire international, plus précisément consacré aux recherches en didactiques, autour de trois thèmes : - questionner les implicites dans les choix de constitution des corpus ; - questionner les implicites liés aux cadres théoriques ; - questionner les implicites liés aux choix méthodologiques et épistémologiques ; complétés par trois textes de synthèse. Il intéressera, en raison de l'importance des problèmes qu'il soulève, aussi bien les chercheurs en sciences humaines que les formateurs et les étudiants qui sont tenus d'aborder les questions de méthode au sein de leur cursus. Il s'inscrit dans la continuité de la réflexion entamée en 2005 autour des méthodes de recherche en didactiques et fait ainsi suite aux deux premiers livres : Les méthodes de recherche en didactiques vol. 1 et Les méthodes de recherche en didactiques : questions de temporalité vol. 2, parus en 2006 et 2007 aux Presses Universitaires du Septentrion.

  • La loi du 28 mars 1882, celle-même qui établit l'obligation d'instruction et la laïcité des enseignements, prévoit l'introduction dans les programmes obligatoires de l'école primaire des sciences physiques et naturelles. Quel sens peut avoir pour l'école républicaine cette nouveauté ? N'est-ce que l'aboutissement normal d'une scolarisation primaire organisée depuis Guizot, ou bien est-ce un indice significatif du "nouveau régime" que Jules Ferry annonçait pour l'école ? Rupture ou continuité ? L'analyse fait apparaître une tension remarquable entre la réalité des prescriptions (textes officiels, programmes, etc.), qui maintiennent les sciences dans la tradition modeste et utilitaire de l'école du peuple, et les représentations idéales d'un projet éducatif et culturel qui se veut inédit et qui tend à enrôler l'enseignement scientifique primaire au service de l'humanisme moral, rationaliste, laïque et scientiste qui a marqué la IIIe République naissante. L'analyse de la leçon de choses, méthode exemplaire et universellement préconisée d'un tel enseignement, témoigne de cette tension dialectique originale entre le rêve et la réalité de l'éducation scientifique primaire.

  • Comment les élèves s'y prennent-ils pour insérer des exemples dans les textes dissertatifs qu'ils ont à écrire au début de leurs études au lycée ? L'insertion d'exemples dans un texte « de réflexion » (le terme « dissertation » est ici employé dans un sens générique, il ne réfère pas spécifiquement à la dissertation littéraire) instaure dans l'écriture une tension qui pose problème aux élèves : comment débattre d'idées générales s'il faut aussi les ancrer dans du particulier ? Après avoir analysé le genre dissertatoire (notamment dans ses rapports controversés avec l'argumentation) et présenté quelques champs théoriques qui ont à faire avec l'exemple (de la rhétorique aristotélicienne aux sciences cognitives), l'ouvrage propose une théorie de l'exemplification comme opération discursive, en la spécifiant au niveau des organisations textuelles et de l'emploi de certains marqueurs (comme et par exemple). Ce parcours théorique conduit à mieux percevoir les difficultés des élèves, tantôt cognitives (gestion des contenus, compréhension des énoncés de sujets), tantôt linguistiques et discursives (fonction textuelle et rôle argumentatif des exemples, emploi des marqueurs). L'ouvrage se termine par la présentation et l'analyse critique d'une séquence didactique, construite pour une classe de seconde. Le bilan de ce travail, mené d'un point de vue praxéologique, permet de mettre en évidence deux modalités d'apprentissage assez nettement différenciées, ce qui aboutit à interroger la pertinence des prescriptions scolaires visant traditionnellement l'obligation d'exemplifier. La méthodologie utilisée est celle de l'analyse de corpus textuels, elle met en oeuvre l'hypothèse que les dysfonctionnements repérables dans les textes des apprenants sont des traces d'opérations psycho-cognitives spécifiques à la production écrite. L'ouvrage montre l'intérêt pour la didactique du français d'une analyse des erreurs dans les productions écrites sans en ignorer la difficulté : on ne saurait être trop prudent quant à la possibilité de détecter avec précision la cause de ces erreurs.

  • « La rencontre des mal-aimés ». Par ces premiers mots de la préface, Yves Reuter introduit le lecteur à une rencontre à laquelle est souvent confronté l'enseignant sans le vouloir. Que peut-il faire pour cet élève en qui il sent un enfant en souffrance parce que mal-aimé ? Cet enfant devient-il un élève en difficulté - d'apprentissage ou de comportement - un élève pour qui il est difficile d'entrer dans les relations sociales, un élève qui rend la tâche de l'enseignant, difficile ? Est-il cela ? N'est-il que cela ? L'ensemble de l'ouvrage repose sur ce passage du « que faire » au « qui est cet élève ». En convoquant la psychanalyse et la pédagogie Freinet à un éclairage réciproque, c'est bien la question de l'implicite, ou de l'inconscient à l'oeuvre dans ce glissement « enfant en souffrance... élève difficile », qui est posée dans ce que l'on peut appeler un amalgame ou une énigme dans le fonctionnement des interactions entre les élèves et les enseignants. Les « données » de base de ce questionnement issues d'une recherche menée dans l'équipe Théodile-CIREL, sont ici complétées par les propos recueillis pendant trois ans, dans un groupe de parole - d'orientation psychanalytique - que les enseignants ont accepté de mettre à disposition de tous, coopérativement. S'inscrivant dans l'objectif de toute publication scientifique, l'auteur souhaite ouvrir de nouvelles voies de réflexion autour de la culture propre aux enfants en souffrance...

  • La mobilité interpelle les sciences sociales autant du point de vue théorique que de celui des défis méthodologiques qu'elle pose, mais est à ce jour très peu explorée quant à ses potentialités éducatives. Les apprentissages, les expériences subjectives, les transformations du regard, et par conséquent du positionnement social, que les pratiques mobilitaires produisent et rendent possible, demeurent des champs marginaux de l'investigation en sciences de l'éducation et plus largement en sciences sociales. Que nous apporte concrètement la mobilité ? Quels changements produit-elle au niveau individuel et collectif ? Quelles dynamiques éducatives la traversent et quels apprentissages contribue-t-elle à développer ? Ce sont autant des questions auxquelles cet ouvrage collectif souhaite répondre en se focalisant sur une expérience de mobilité spécifique le tourisme, et pour la majorité des chapitres, le tourisme associatif, en ce qu'il articule, dès son apparition, temps de loisirs et temps éducatifs. Les contributions ici rassemblées s'attachent à historiciser et à cerner, avec une approche ethnographique, les pratiques touristiques en les posant comme des espaces d'interactions et de socialisation, aussi bien du point de vue des organisations touristiques , que de celui des des touristes. L'ambition est de mieux saisir les différentes modalités d'apprentissage en dehors des espaces sociaux qui leur sont dédiés, thématique principale d'EXPERICE.

  • Au xviiie siècle, "siècle pédagogue" par excellence, le personnage de l'enseignant cherche son entrée dans la littérature. Sa représentation participe de toutes les questions sur l'éducation et l'instruction du prince et des citoyens. Sur le terrain, celui à qui incombe la tâche difficile de l'"Institution de la jeunesse" est en quête de considération. Tandis qu'on songe à le former, une représentation idéale du pédagogue se forge bien avant la naissance de l'Éducation Nationale et le fossé entre les attentes et la réalité se creuse... Qu'y a-t-il de plus épineux que l'image du pédagogue et la réflexion sur les finalités de son action ? Le xviiie siècle met en évidence les implications sociales et politiques des systèmes pédagogiques, qui ne se réduisent pas à la relation maître- élève. Dans cet ouvrage fondé pour l'essentiel sur les textes d'écrivains dits mineurs, premiers lecteurs de ceux dont - comme Rousseau - l'universalité est reconnue depuis long- temps, le lecteur trouvera matière au questionnement inhérent à toute réflexion sur l'éducation.

  • On a réuni en Espagne sous le nom de « Génération de 1898 » un groupe d'écrivains profondément marqués par le désastre qu'a représenté pour le pays la perte de ses dernières colonies, Cuba et les Philippines. Ces hommes sont très différents entre eux, mais ils ont quelques orientations communes : la mise en question radicale de l'Espagne officielle ; une volonté de changement réceptive aux formes de vie des autres nations européennes, sans faire disparaître les caractères propres à leur pays ; la recherche de nouvelles valeurs esthétiques et idéologiques éloignées de tout positivisme simpliste et faisant place au vital et au tragique. Rejetant une certaine vision de l'Espagne traditionnelle où l'Église occupe une situation centrale, ces hommes échappent à une orthodoxie catholique. On voudrait éclairer les relations complexes qu'ils entretiennent avec cette Église, laquelle, conservant ses rigidités doctrinales, s'est lancée dans une reconquête d'influence dont les objectifs et les méthodes ne sont pas toujours les mieux choisis malgré quelques tentatives d'ouverture sociale. On souhaiterait aussi montrer que presque tous les hommes de 1898 ont des préoccupations religieuses qui ont évolué, mais dont les modalités très diverses méritent d'être mieux connues.

  • Le nom du psychologue russe - Lev Semenovitch Vygotski - est enfin connu en France des lecteurs avertis. Mais il n'est souvent que trop rapidement cité et le tranchant de ses thèses s'en trouve dès lors fréquemment émoussé. L'auteur ne cherche pas ici à « résumer » la pensée de Vygotski mais à la questionner. Après avoir présenté quelques-unes des thèses de la Théorie Historico-Culturelle, il examine avec soin les arguments qui permettent à Vygotski d'affirmer que les apprentissages devancent le développement. Suivant le fil de la pensée de Vygotski, il s'efforce de montrer combien il est éclairant de replacer la question des rapports entre apprentissage et développement dans un cadre historique. Les concepts de situation scolaire, de contexte, de de conceptualisation en situation scolaire permettent d'approfondir et d'opérationnaliser les thèses et hypothèses proposées par Vygotski. Enfin Olga Anokhina et l'auteur proposent au lecteur un inédit en français de L.S. Vygotski datant de 1929 particulièrement instructif pour comprendre la genèse de la Théorie Historico-Culturelle.

  • Cet ouvrage confronte trois discours portant sur les relations entre pédagogie du projet et didactique de l'écriture. Le premier est constitué de deux articles de Francis Ruellan - mort prématurément en 2003 - référant à sa thèse : il y précise le cadre théorique qui est le sien, autour du projet, de trois types de situations (fonctionnelles, différées et de structuration), de l'articulation entre production et réflexion... et analyse un matériau empirique important : situations, outils construits, réécritures des élèves, entretiens... Le second discours est celui de chercheurs : J.P. Bernié, D.G. Brassart, M. Brossard, Y. Reuter, B. Schneuwly, qui ont repris ses travaux pour en débattre autour de problèmes tels que les modes de validation proposés, les relations entre pédagogie et didactique(s), l'évaluation des modes de travail pédagogicodidactiques, le statut et les fonctions des situations différées, les relations entre logiques d'enseignement et d'apprentissage, l'importance des notions de situation et de contexte, les relations entre théories psychologiques et théories didactiques... Le troisième discours, qui constitue la dernière partie de cet ouvrage, est celui de praticiens en recherche, M.A. Ballenghien et B. Cauchy, qui ont expérimenté les projets d'écriture analysés et qui témoignent des conditions de possibilité, des limites et des intérêts d'une collaboration entre enseignants et chercheurs. Hommage sans doute à un chercheur trop tôt disparu, ce livre se veut surtout un ouvrage scientifique débattant d'une oeuvre d'importance autour de questions cruciales pour la didactique de l'écriture, les didactiques, la pédagogie et la psychologie de l'éducation.

  • Dans l'enseignement des langues vivantes, comme en d'autres domaines éducatifs, on assiste depuis une décennie à un vaste mouvement visant à redéfinir, en termes de compétences, les objectifs de formation aussi bien que les capacités des élèves et des enseignants. Cet ouvrage propose un premier bilan des effets de cette nouvelle approche, établi par des spécialistes de la didactique de la langue maternelle et des langues secondes, et portant sur les diverses composantes des programmes scolaires en ces domaines : le lexique, la grammaire, le discours oral, le discours écrit, la littérature. Certaines contributions mettent en évidence les possibilités de renouvellement didactique qu'offre la centration sur les compétences ; d'autres soulignent au contraire les illusions et les dérives possibles de cette démarche ; un essai final souligne enfin la nécessité de re-définir la notion même, dans une perspective résolument dynamique.

  • Les travaux du séminaire international font le point sur les diverses temporalités qui structurent les processus de recherche dans le champ des didactiques disciplinaires. Le cadrage de ce questionnement est assuré par le texte de François Audigier « Temps subi, Temps construit ». Les contributions qui suivent ont été regroupées autour de trois thèmes : - les variations des indicateurs et des critères durant une recherche « longue » ; - la gestion des échelles de temps adoptées ; - l'articulation des temporalités d'ordre différent dans l'analyse des phénomènes didactiques. Trois textes de synthèse apportent le regard de chercheurs reconnus dans trois didactiques différentes : Jean-Louis Martinand, Yves Reuter, Aline Robert. L'intérêt de cet ouvrage tient à l'originalité des questions abordées, au croisement des points de vue qu'il permet, à l'explicitation et à la confrontation des cadres théoriques et des décisions d'ordre méthodologique dans diverses didactiques. Il s'adresse non seulement aux chercheurs de ces domaines, mais plus largement à ceux des sciences humaines, ainsi qu'aux formateurs et aux étudiants inscrits dans des parcours de recherche ou visant les métiers d'enseignement. Cet ouvrage s'inscrit dans la continuité de la réflexion entamée en 2005 autour des méthodes de recherche en didactiques et fait ainsi suite au premier ouvrage Les méthodes de recherche en didactiques paru en 2006 aux Presses Universitaires du Septentrion.

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