Presses universitaires du Septentrion (réédition numérique FeniXX)

  • La correspondance joue un rôle privilégié dans l'ensemble de la Recherche du temps perdu. Lettres, billets, télégrammes, petits bleus, conspirent à faire de cette oeuvre une machination postale, particulièrement complexe et rusée. Jusqu'aux relations à autrui, toutes, elles en passent par la lettre, envoyée ou reçue : il n'est de proximité supportable, que dans l'écart d'une distance épistolaire. Seul l'éloignement, autorise littéralement l'intimité. Simultanément au plus près et au plus loin, telle est la posture fondamentale de l'écriture proustienne, dont l'échange postal est le rite fondateur. Ainsi, lire les lettres de Marcel Proust - aussi bien la lettre fictive dans la Recherche, que sa correspondance privée - permet de s'installer en ce lieu décisif - parce que producteur de l'oeuvre - où s'échangent et communiquent les sphères du public et du privé, du romanesque et du biographique.

  • Il y a cent ans, mourait Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïesvki. À l'occasion de ce centenaire, il est apparu opportun de tenter de faire le point sur l'aspect de sa personnalité qui demeure le plus controversé de tous : sa foi, sa conception du Christ et de Dieu, sa relation au divin. Pour le français Olivier Clément, le Christ qui se révèle à Dostoïevski est porté jusqu'à lui par une tradition autrement profonde : celle du christianisme oriental, attestée par la paternité libératrice des startsi. À l'opposé, le scénariste et romancier soviétique Friedrich Gorenstein, auteur du Lesedrama discussion sur Dostoïevski, ne voit dans l'écriture de Fiodor Mikhaïlovitch que l'expression d'un athéisme nationaliste actif. Qui a raison ? Qui a tort ? L'auteur du présent ouvrage s'est efforcé de recouper des textes de Dostoïevski, parfois de publication très récente, appartenant à tous les registres (carnets intimes, correspondance, écrits publicistiques, nouvelles, romans) et d'apporter ses propres éléments de réponse, tout en proposant au lecteur, comme aimait à le faire Fiodor Mikhaïlovitch, de développer lui-même en pointillé certaines de ses conclusions implicites.

  • Ce volume collectif est le quatrième publié par le Centre de recherches sur le XVIIIe siècle britannique de l'Université de Lille III. Avec Regards sur l'Écosse au XVIIIe siècle, nous avons voulu aborder un sujet essentiel sur le plan politique et économique : les rapports fluctuants entre l'Angleterre et l'Écosse après l'Union de 1707. Les récits de voyage d'Edward Burte, D. Defoe et S. Johnson, qui correspondent chacun à une optique différente, nous ont permis de mesurer le changement d'attitude des Anglais vis à vis des Écossais, tour à tour barbares, partenaires économiques, rebelles et victimes. Mais les divergences fondamentales, entre les tenants de la dynastie hanovrienne et les fidèles partisans des Stuarts, facilitent l'implantation en France d'un groupe écossais puissant... Nous avons tenu, dans un deuxième temps, à souligner la richesse de la pensée philosophique écossaise, et le rôle novateur d'Hutcheson, Hume et Adam Smith. Nous avons retrouvé la même originalité dans le domaine littéraire et artistique - poésie, roman ou architecture. Mais il est rarement possible de dissocier le fait littéraire de la réalité sociologique qui le sous-tend : le Jacobitisme et la Rébellion de 1745 s'inscrivent en clair, ou transparaissent en filigrane, tout au long de notre enquête. Le volume que nous présentons ici n'a pas la prétention d'être exhaustif, et de couvrir tous les aspects d'un sujet qui s'avère immense. Nous avons privilégié certains d'entre eux, en adoptant une démarche pluridisciplinaire, grâce à la collaboration d'historiens, de philosophes, de spécialistes de civilisation et de littérature. Peut-être ces regards sur l'Écosse permettront-ils au lecteur français de mieux percevoir la complexité de l'histoire, et de la culture écossaises, au XVIIIe siècle, et de prendre conscience de l'étonnante ambivalence des rapports anglo-écossais au cours d'une période mouvante, sous son apparente stabilité.

  • Rimbaud, le monde entier le connaît. Au Japon, bien sûr, ce que j'avais très vite appris lors de repas avec des enseignants japonais de français, parmi Sartre, Camus, Proust, Duras. Sendai, personne ne connaît, personne ne sait que c'est une petite ville du Japon, la 11e, 1 million d'habitants, capitale du Tohoku, la région nord de l'île principale Honshu, la cité la plus importante entre Tokyo et Sapporo. Rimbaud à Sendai : inviter, jusqu'à l'Extrême Orient, l'homme aux semelles devant (la formule d'Ipousteguy me semble plus musclée que l'autre), allait de soi, dans une ville inconnue comme cet Aden de jadis, un extrême auquel Rimbaud a dû songer, n'en doutons pas, dans lequel il serait arrivé pour une fin de siècle, la disparition des samouraïs, à perte. Rimbaud au Japon devenait alors, imaginairement, provocant. Comme le Japon chérit les anniversaires, le centenaire de la mort d'Arthur Rimbaud ne pouvait être que fêté et, aussi loin de son lieu de naissance et de mort, que théâtralisé : la géographie et le recul supplantaient la date et la commémoration, comme s'il était moins impossible de parler de ce poète depuis l'éloignement, l'étranger, l'exotique, le double, en lui présentant d'autres auteurs, ceux du cru.

  • S'interroge sur le sens du terme générique, aborde avec Boccace le problème du recueil et de ses procédés d'unification, propose des jalons pour l'étude de la nouvelle aux 19e et 20e siècles.

  • Les auteurs collaborent ici à la découverte de nouveaux champs d'interprétation de l'oeuvre de Baudelaire, ainsi qu'à l'évaluation de ses résonnances contemporaines, croisant leurs voix avec les artistes et écrivains pour dire l'actualité du premier poète moderne.

  • Cette étude concerne un des romans de Sand qui demeure parmi les plus souvent lus, le premier roman de mariage heureux, écrit après son procès en séparation - dont il porte les stigmates. Cette introduction pluridisciplinaire au texte, a voulu montrer quelle étape il marque dans la recherche, par Sand d'une foi sociale ; comment ce récit enchanté, roman de cape et d'épée, roman d'amour héroïque, roman historique aussi, participe de l'analyse de la féodalité menée par Hugo et Michelet à la même date ; comment ce roman de formation, qui se réclame de Rousseau, s'inscrit, avec ses châteaux, sa forêt, ses scènes de chasse, dans la tradition du roman baroque ; enfin, on a cherché quels enjeux psychologiques fondent l'attrait, toujours actuel, de ce conte.

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