Éditions Intervalles

  • Espagne, fin des années 1950.
    Arnaud Madrier séjourne à Teruel, un petit village d'Espagne où, durant la guerre civile quelque vingt ans plus tôt, son père engagé dans les Brigades internationales a mystérieusement disparu.
    Si ce voyage représente pour le jeune ingénieur français une chance de comprendre enfin ce qui s'est passé, très vite sa venue dérange et ranime les cendres mal éteintes des événements dramatiques qui se sont joués autrefois.
    La boîte de Pandore qu'il entrouvre par sa seule présence va mettre à vif des secrets douloureux qui vont marquer à jamais ceux qui croiseront sa route.
    À vingt ans d'écart, l'amitié, la haine, l'amour et la vengeance vont se déchaîner à l'ombre de la légende des Amants de Teruel.
    Un roman qui mêle subtilement Histoire et enquête pour tenir les lecteurs en haleine jusqu'à la dernière page !
    EXTRAIT
    À Teruel !
    Il s'était tellement préparé à faire ce voyage. Et aujourd'hui, le sort lui faisait ce clin d'oeil sarcastique, comme un défi à relever : il allait s'y rendre, effectivement. Mais pour faire la fête !
    D'un coup de pied, Arnaud fit rouler une conque, déposée là par une vague. Ses certitudes s'étaient évanouies. La détermination qu'il affichait encore ces dernières semaines semblait l'avoir abandonné et il doutait, essayait de raviver les raisons qui l'avaient convaincu d'entreprendre ce voyage dont il avait si souvent parlé. Mais elles s'étaient estompées, jusqu'à ce que Paco les lui remette en mémoire, comme un rappel à l'ordre.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    A la lecture du premier chapitre, on est immédiatement pris par la qualité de l'écriture. Il est rare que l'on soit non pas emporté mais bercé, charmé par une telle fluidité et une telle évidence dans un premier roman. - Pierre Faverolle, Blacknovel1
    A l'ombre du viaduc n'est pas qu'un premier roman réussi, c'est aussi un thriller palpitant dans lequel on a plaisir à plonger ! - Librairie Au fil des mots
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Alain Delmas est né en 1958. Après avoir vécu quelques années en Amérique latine et dans la Caraïbe, il vit aujourd'hui à Paris. Dans l'ombre du viaduc est son premier roman.

  • Un roman naturel est le premier grand roman de la génération des années 1990, comme on appelle en Bulgarie la génération de la rupture.
    Traduit dans près de vingt langues, maintes fois réédité, il catapulte son auteur sur le devant de la scène littéraire et devient l'oeuvre fondatrice du postmodernisme bulgare.
    L'enjeu d'Un roman naturel tient dans l'impossibilité de raconter du début à la fin et dans l'ordre chronologique une expérience personnelle douloureuse et indicible, en l'occurrence un divorce, après que la femme du narrateur lui annonce être enceinte d'un autre homme.
    C'est donc l'histoire d'un homme qui se sépare de sa femme - et de ses chats. C'est l'histoire d'un homme qui voudrait vivre quelques jours en clochard afin de pouvoir raconter l'histoire d'un type qui, pour écrire un roman dont le héros est un clochard, s'est fait clochard lui-même.
    C'est une histoire du monde vue du point de vue des mouches - un récit aux mille facettes qui démultiplient ce que nous appelons la réalité?; c'est une histoire des toilettes, publiques et domestiques, haut lieu de la dissidence à l'époque du communisme?; c'est un roman drôle et nostalgique à la fois dans lequel son auteur confie?: «?J'aimerais que l'on dise?: Ce roman est beau parce qu'il est tissé de doutes.?»
    Un récit aux mille facettes... Surprenant !
    EXTRAIT
    Nous nous séparons. Dans le rêve, la séparation n'est liée qu'au fait de quitter la maison. Tout, dans la pièce, est emballé, les cartons s'entassent jusqu'au plafond, et pourtant on a l'impression d'espace. La famille - la mienne et celle d'Ema - remplit le couloir et les autres pièces. Ils chuchotent, murmurent, dans l'attente de ce que nous allons faire. Ema et moi, nous sommes debout près de la fenêtre. Il ne nous reste plus qu'à partager une pile de disques. Brusquement, elle sort le plus haut de sa pochette et le jette avec force par la fenêtre. Celui-ci est à moi, dit-elle. La fenêtre est fermée mais le disque passe au travers, comme si c'était de l'air. Instinctivement, je sors le second et le lance également. Le disque plane, telle une soucoupe volante, tourne autour de son axe comme s'il était posé sur le tourne-disque, mais plus rapidement. On entend son sifflement. Quelque part au-dessus des bennes à ordures, il se dirige, menaçant, vers un pigeon crasseux qui vole bas.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    C'est fou. Absurde. Impensable. En apparence confus mais d'une fluidité incroyable... Un ``roman à facette'' comme se plaît à le définir Guéorgui Gospodinov lui-même. Et toujours cet emploi de métaphores originales où la poésie aime se nicher... Très beau roman, aussi déroutant que dépaysant et qui, forcément, fait mouche. - Stéphanie Fréminet
    Il y a quelque chose d'entraînant dans la propension de ce roman à refuser obstinément de se réduire à quoi que ce soit. - The New Yorker
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Guéorgui Gospodinov est l'un des auteurs phares de la jeune génération des écrivains bulgares. Son premier roman, Un roman naturel, traduit en plus de vingt langues, a renouvelé profondément la prose bulgare, redonné goût aux lecteurs de lire des oeuvres bulgares et fait du roman le genre dominant dans la littérature bulgare du XXIe siècle en lieu et place de la poésie. La plupart de ses oeuvres ont connu un immense succès en Bulgarie. Il a reçu plusieurs prix nationaux et est, à ce jour, l'écrivain bulgare contemporain le plus lu dans son pays et le plus traduit. Il est aussi l'auteur de nouvelles et d'essais, poète, dramaturge et critique littéraire. Physique de la mélancolie, son second roman, a fait partie des quatre finalistes du Prix Strega en 2014 et a reçu le Prix Jan Michalski de littérature 2016.

  • Uruguay, années 1970.
    À vingt ans, Teresa Monti fuit Montevideo et la brasserie familiale pour l'amour de Damaso, un télégraphiste avec lequel elle emménage dans un phare du bout du monde.
    Des années plus tard, dans l'étroite cuisine du phare de Cabo Polonio où Teresa fait la classe aux enfants des pêcheurs, Machado, un chasseur de loups de mer analphabète, fait son apparition. Sur les bateaux qui naviguent entre les îles, il a entendu parler de la maîtresse de Cabo, et pressent que son salut dépend de cette femme engagée, ardente, insoumise.
    Pendant ce temps-là, à travers le pays, les Tupamaros organisent leur mouvement révolutionnaire.
    Cinq années plus tard, c'est une femme brisée que l'on retrouve derrière le bar de la brasserie de son enfance à Montevideo. Tandis qu'un dramaturge américain de passage tente de redonner à Teresa goût à la vie, une seule question hante la maîtresse de Cabo?: Machado a-t-il tenu la promesse qu'il lui a faite lors de leurs adieux??
    Un roman historique qui fait la part belle à l'enseignement et à la lutte sociale des années 70 en Uruguay.
    EXTRAIT
    Au cours des trois cents kilomètres que dura le voyage jusqu'à Cabo Polonio, Teresa ne jeta pas un regard en arrière. Son corps tressaillait sous les roues du buggy s'embourbant dans les ornières. Parfois une gerbe s'élevait et des éclaboussures orangées crépitaient sur son manteau. Ils traversèrent des sierras, croisèrent des hommes à cheval guidant les troupeaux de bêtes, parcoururent des palmeraies frissonnantes et des plaines ponctuées d'ombús aux fleurs blanc-vert dont Teresa tomba sous le charme.
    Pendant l'expédition vers son nouveau monde, Damaso lui raconta les navires échoués, la construction du phare au siècle dernier, les feux que son père allumait tous les soirs jusqu'au jour où la lampe Fresnel avait remplacé les rougeoiements des combustibles. C'était peu de temps avant sa mort. Curieusement, au début, l'arrivée du faisceau blanc avait épouvanté plus qu'il n'avait rassuré.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    Voilà un très joli premier roman, à l'écriture fluide, qui évoque à hauteur d'hommes modestes les luttes sociales dans l'Uruguay des 1970. - Delphine Peras, L'Express
    Un beau et bon roman qui instruit, de beaux personnages, un pays à découvrir, tout est là pour vous faire aimer La Voix de Cabo. - Yves Mabon, Lyvres.fr
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Catherine Baldisserri partage son temps entre Pornic et Paris. Elle enseigne les langues étrangères et anime des ateliers d'écriture. La Voix de Cabo est son premier roman.

  • À dix ans, André est un garçon à peu près comme les autres.
    Il vit avec sa mère, professeur de littérature, et aime jouer aux cow-boys avec son meilleur ami Jean. Mais André a un don?: le piano. Un jour, pour la première fois, son père, un homme d'un certain âge, vient le chercher à la sortie de l'école. Cet évènement, banal pour tant d'autres enfants, bouleverse sa vie.
    Un roman qui exprime la relation père-fils à travers les yeux d'un enfant.
    EXTRAIT
    André posa son blouson et son cartable à côté du buffet, Jean posa Macar, son cartable et son blouson. Dans le salon, deux étagères se faisaient face. Elles filaient jusqu'au plafond et le long du mur. Il y avait une échelle en bois pour attraper les livres tout en haut. Jean reprit Macar, et André monta sur l'échelle et saisit un gros, vieux livre. Il redescendit.
    - Tu vois ? dit-il.
    - Ouvre.
    André posa le livre sur la table et l'ouvrit à la première page. Jean se baissa pour le sentir. Macar le sentit aussi.
    - Ça pue.
    - Oui, ça sent le vieux.
    - 1781, quand même.
    - C'est mon père qui me l'a donné.
    Jean se pencha sur le livre. Il fronça les sourcils et tenta de déchiffrer l'écriture gothique sur le papier jauni.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    Chronique sensible d'une enfance plus tout à fait insouciante, ce premier roman révèle la fibre délicate de Konrad Laghos. - Delphine Peras, L'Express
    Un roman touchant sur l'apprentissage de la vie, les premiers grands chagrins, la relation au père. L'univers des enfants entre cruauté de certains entre eux, courage et solidarité est parfaitement décrit. C'est un joli premier roman que l'on quitte à regret ! - Librairie La Parenthèse
    Tout est ambivalence et délicatesse dans ce roman. - Daniel Fattore
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Né à Paris en 1989, Konrad Laghos, a suivi sa scolarité à Blois et fait ses études à Canterbury puis à Bruges. Il réside depuis quelques années à Zurich, où il a été journaliste.

  • L'amitié rémunérée, au contraire de la vraie, présente un million d'avantages.
    Elle peut, par exemple, s'arrêter à tout moment. Je ne promets rien, ne pose pas de conditions particulières, ne suis pas obligée de parler et ne me vexe pas. J'accepte les défauts, n'attends rien, n'emmerde pas, ne dévore pas le contenu du frigo, ne vais pas finir tes bouteilles de vin, ne bave sur personne et ne juge pas. Je me conduis de façon à ce que la clientèle savoure vraiment cette amitié. Je suis une invitée, une amie, une copine, une connaissance, une collègue, une ancienne camarade de classe, une cousine... c'est à mes clientes et clients de choisir mon rôle. S'ils ne sont pas satisfaits de l'amitié proposée, pas de problème. Ils peuvent rompre le contrat quand bon leur semble. Point. Pas de reproches, pas de scènes. L'amitié est expirée et basta.
    Que reste-t-il des relations humaines dans une société consumériste à l'extrême ? Un roman décapant.
    EXTRAIT
    Je propose donc des services. Je vends de l'amitié. D'occasion. À des gens qui, pour une raison quelconque, ne peuvent ou ne savent pas trouver d'affection véritable, pure et sincère. Ils sont esseulés. Trop timides. Moches. Ils sentent mauvais. Ils sont bêtes. Intolérants. Niais. Radins. En bref, un million d'attributs ne donnant envie à personne de mettre les pieds chez eux et un millier de raisons pour qu'eux-mêmes n'y tiennent pas de toute façon. J'offre une amitié payante, l'amitié que tu choisis. Tu lui donnes son orientation, détermines son déroulement et son rythme. En gros, tu paies pour l'amitié comme tu la conçois. Bon, d'accord, il ne s'agit pas d'une vraie amitié qui découlerait d'affinités mutuelles, d'intérêts communs ou d'une angoisse partagée. J'offre également des visites uniques pour un prix un peu exagéré. Mes visites se paient. Toujours. Personne ne va m'embobiner pour que je vienne gratuitement. En fin de compte, la vraie amitié a aussi son prix.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    À travers la galerie de personnages que composent les clients de Csabika, l'écrivaine scrute ce qu'il reste d'humain là où tout s'achète et se vend. - Florence Bouchy, Le Monde des Livres
    Un roman vif, malin et osé, qui se lit d'une traite. - Yaël Hirsch, Toutelaculture
    Tout en menant une réflexion par l'exemple de ce qui peut s'acheter ou pas, l'auteure maintient tout au long de son récit une poésie pleine de fantaisie qui confère à ce roman une indéniable légèreté, presque souriante par moments, et volontiers audacieuse. - Daniel Fattore
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Ursula Kovalyk est née en 1969 en Slovaquie. Impliquée depuis longtemps dans la défense du droit des femmes et dans l'aide aux sans-abri, elle dirige également une troupe de théâtre composée de personnes sans domicile fixe. Elle a publié de la poésie, des romans et du théâtre, et a reçu plusieurs prix littéraires prestigieux. Ses oeuvres sont traduites en de nombreuses langues. Femme de seconde main est son premier roman traduit en français.

  • Portraits de jeunes Français dans la société actuelle.
    Elle a vingt-quatre ans, une licence de lettres modernes avec laquelle elle peut au mieux espérer trouver un boulot de vendeuse au rayon librairie de la Fnac, toujours autant de comptes à régler avec papa, maman et docteur Freud, trois cents mots d'allemand et une centaine de thaï, deux histoires d'amour ratées et, à force de frimer en portant cinq assiettes à la fois, une tendinite chronique au poignet gauche.
    Summer sent les larmes monter lorsque soudain, dans la foule, elle reconnaît les silhouettes de JC et Douma. Elle lâche son chariot et court vers eux. En un cillement, les deux années et demie, les routes, les villes, les questions existentielles, les tendinites s'envolent. Elle court se jeter dans les bras de Douma et JC, et elle pense que ce n'est pas grave, parce qu'elle finira bien par se trouver, parce qu'elle a aussi deux histoires d'amour réussies et parce qu'elle vient de rentrer à la maison.
    Découvrez un magnifique roman contemporain qui traite le thème de l'amitié.
    EXTRAIT
    Ils se sont retrouvés à la gare du Nord. JC rentrait de Bruxelles, il avait pris le premier train à l'aube. Il n'avait probablement pas beaucoup dormi. En l'embrassant, elle a noté les relents de bière à peine masqués par sa Cologne, son visage et sa chemise chiffonnés. Summer a fait un effort, s'est vêtue de ses fringues les plus colorées. Elle en a peut-être un peu trop fait. JC a cligné des yeux, mimant l'éblouissement. « Tu ressembles à une affiche pour un restau indien qui offre du LSD en apéro », lui a-t-il dit. Leurs rires se voulaient d'une joie un brin trop appliquée.
    Ils ont fumé devant la gare alors qu'il pleuvotait. Elle a pensé qu'il pleut toujours devant les gares, il pleut toujours dans des moments comme celui-là. Le café était imbuvable et leur brûlait les doigts à travers le carton trop fin des gobelets.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    Parfois, un auteur réussit à condenser une fresque sur 200 pages, et c'est la grâce. - Bertrand Guillot
    Roman fin et émouvant, tendre et pour autant pas mièvre ni complaisant. - Yves Mabon
    Sociologie de l'intime aussi truculente que bouleversante, la narration balaye trente ans de patrimoine et d'inconscient collectif avec la nonchalance d'une écolière qui piétinerait sa marelle en y jetant tour à tour ses trois cailloux : bleu-blanc-rouge. - Hans Limon, Diacritik
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Née en 1972 à Belgrade, Sonia Ristic a grandi entre l'ex-Yougoslavie et l'Afrique, et vit à Paris depuis 1991. Après des études de lettres et de théâtre, elle a travaillé comme comédienne, assistante à la mise en scène et avec plusieurs ONG. Dans les années 2000, elle a fait partie du collectif du Théâtre de Verre et a créé sa compagnie, Seulement pour les fous. Elle encadre régulièrement des ateliers d'écriture et de jeu en France et à l'étranger. Après La Belle Affaire paru en 2015, Des fleurs dans le vent est le deuxième roman de Sonia Ristic publié aux éditions Intervalles.

  • Au salon de massage de M.?Victor, rue de Courcelles, Waan semble jouir d'un statut de favorite.
    Est-ce parce que le propriétaire des lieux l'a vue grandir??
    Depuis qu'elle est devenue orpheline, Waan sait gré à M.?Victor de lui avoir évité la fin tragique de la plupart des filles de sa condition en Thaïlande. Mais toute protection a un prix, et si l'écrin somptueux dans lequel elle pratique aujourd'hui n'a rien à voir avec les arrière-cours miséreuses de Chiang Rai, depuis quelques semaines Waan ressent une inquiétude diffuse.
    Il y a ce ministre qui la harcèle de questions, et ce reporter dont elle attend les visites avec davantage d'impatience qu'elle ne veut bien l'admettre. Il y a surtout les silences de M.?Victor, qui semblent dissimuler le passé derrière les tentures opaques du salon. Waan envisage alors de tout plaquer. De ne plus masser le corps des hommes. Mais a-t-elle vraiment le choix??
    L'Amour propre est une réflexion sans concession sur le rouage cruel et douloureux que peut constituer le désir des hommes et un plaidoyer radical pour le respect de celui des femmes.
    Un thriller osé, palpitant et implacable dans l'univers clos et énigmatique des salons de massage.
    EXTRAIT
    Aussi loin que Waan se souvienne, les hommes étaient toujours entrés en elle par effraction. Le premier avait été l'oncle Sin. Elle venait d'avoir treize ans. C'est un peu tôt pour profaner l'intimité d'une fille et pourtant, personne ne s'en était scandalisé dans ce pays où la virginité est volontiers sacrifiée sur l'autel de la luxure. Le spectacle du sang sur ses jambes resta longtemps gravé dans sa mémoire. Sur le moment, elle crut que « c'était arrivé ». Une camarade de classe lui avait tout expliqué. « Tu verras, un jour, tu saigneras et tu auras mal. Ça voudra dire que tu peux avoir des bébés. »
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    Les questionnements s'intensifient au fil des pages, l'histoire se transforme en enquête et en devient haletante... on ne lâche plus le livre ! - Anne-Laure Maire, Au féminin
    Il a ce petit quelque chose de difficile à décrire mais qui vous fait dévorer l'histoire d'une traite, et qui, surtout, vous transporte littéralement. - Sangpages
    L'Amour propre est un roman à clés qu'on ne lâche pas... On saluera également une belle et élégante écriture. - Lire, Ecouter, Regarder
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Olivier Auroy travaille depuis plus de vingt ans dans le monde de la communication en France et à l'étranger. Il est l'auteur, sous le pseudonyme de Gabriel Malika, des Meilleures Intentions du monde et de Qatarina, publiés aux éditions Intervalles. Après Au nom d'Alexandre, paru en 2016, L'Amour propre est son quatrième roman.

  • Le merle bleu

    Vesna Maric

    Un témoignage décalé.
    « Elles ont passé des heures à expliquer qu'habituellement nous avions tout?: des lits, des draps, du linge de rechange brodé et même amidonné dans nos armoires?; des verres en cristal, des souvenirs, de la vaisselle en porcelaine, des passeports, des aspirateurs, des animaux domestiques, des goûts de luxe, des jours fériés, des odeurs, des bruits, et surtout, surtout, que nous nous aimions les uns les autres, que nous n'avions pas passé les cinquante dernières années à nous haïr en secret en attendant la première occasion de nous étriper au grand jour de la façon la plus sauvage qui fût. Elles voulaient expliquer que la guerre était une méprise, un stratagème inventé par des politiciens diaboliques, que ça n'avait rien à voir avec nous, les individus assis devant eux. »
    Le récit plein d'humour de cet exil, qui désamorce avec tendresse, profondeur et une finesse inouïe les idées reçues sur le déracinement.
    EXTRAIT
    « Mon père m'a demandé de ne le dire à personne, mais nous quittons la ville. Il dit que c'est seulement pour quelque temps, jusqu'à ce que le calme revienne. Je serai bientôt de retour. Je voulais te le dire. »
    J'étais complètement retournée. « Vous allez revenir bientôt alors. Tu vas me manquer. »
    J'ai raccroché et suis allée regarder à la fenêtre, comme si, dehors, un indice allait m'indiquer si la guerre aurait lieu ou pas. Mon amie fut l'une des nombreuses Serbes à quitter définitivement la ville cette semaine-là. Les Serbes de ma famille ont aussi quitté la ville la même semaine. Nous sommes restés et avons manifesté pour la paix, comme des poulets attendant que quelqu'un arrive pour nous décapiter d'un coup de hache.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    Au pathos, la romancière préfère une discrète mélancolie, un tendre désenchantement. En sa compagnie, la fin de l'innocence porte des promesses de recommencement.?- Christian Authier, Le Figaro littéraire
    Une histoire puissante.?- The Independent
    Vesna Maric donne une image très décalée de l'exil, pas du tout plombante, presque joyeuse, comme si la découverte d'un monde nouveau était plus forte que la perte de l'ancien, que le déracinement. - Yves Mabon
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Née en 1976 à Mostar, Vesna Maric a quitté la Bosnie à l'âge de seize ans dans un convoi de réfugiés à destination du Royaume-Uni. Le Merle bleu retrace le chemin souvent drôle et toujours décalé de Vesna.

  • La vie d'une jeune femme de notre époque
    À 31 ans, Julie a laissé tomber la photographie pour des petits boulots alimentaires. Son couple bat de l'aile, elle voit, effondrée, ses amis se ranger les uns après les autres tandis qu'elle subit derrière son standard d'hôtesse d'accueil les vexations ordinaires de la vie de bureau.
    Sur le point de succomber au charme d'un homme marié, elle est obligée de s'interroger : est-ce elle qui refuse de grandir, ou tout le monde autour d'elle qui fait semblant d'être adulte ?
    Comédie impertinente et espiègle, Les adultes n'existent pas confirme tout le talent de l'auteur de Noël en février.
    EXTRAIT
    Ma génération, c'étaient les Aurélie, Virginie, Élodie, Émilie, Julie, nous venions dix ans après les Stéphanie, les Sophie et les Nathalie. Il y avait toujours deux Aurélie, trois Julie et quatre Émilie par classe à l'école, une vache n'y auraitpas retrouvé son veau. Encore maintenant c'est compliqué, avec mes copines il y a des quiproquos : "Tu sais quoi ? Émilie est enceinte !
    - QUOI ? Mais... Hein, comment c'est possible, je l'ai vue la semaine dernière, elle m'a dit qu'elle n'avait plus baisé depuis l'ère Chirac...
    - Ah mais t'as vu quelle Émilie, celle qui est partie en Espagne ?
    - Mais non, Émilie-la-petite !
    - Ah mais non, moi je te parlais d'Émilie-la-femme-de-Fabien..."
    Nos parents n'avaient vraiment pas grand-chose dans le crâne.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    [...] en empruntant intelligemment aux codes de la chick-lit pour dresser le portrait drôle et touchant d'une jeune femme pleine d'humour... Sylvia Hansel signe un livre qui ne sombre jamais dans l'autoappitoiement, mais lorgne la comédie sociale, à mesure qu'elle met en évidence les hypocrisies du ``management'' contemporain. Pétillant et décapant. - Agathe Moissenet, Le Monde des Livres
    Il est possible d'écrire de la littérature populaire intelligente, drôle et critique... sans raconter des contes de fées à la Bridget Jones... Sylvia Hansel le prouve. - Tristan Garcia
    Désinvolte, pas politiquement correct, effronté, en même temps que facétieux, pétillant et volontiers goguenard. - Blog de YV
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Sylvia Hansel a grandi non loin des hauts-fourneaux de Florange. Elle est journaliste, chanteuse et bassiste de rock indé.
    Les adultes n'existent pas est son deuxième roman.

  • Focus sur un métal que l'on connaît trop peu.
    Après être passé près de la mort en cultivant son potager, Bill Carter a voulu comprendre les tenants et aboutissants du métal responsable de l'empoisonnement des sols de son jardin, situé à Bisbee, une ancienne ville minière. Il se lance alors dans une investigation au long cours sur le cuivre, ses propriétés, son rôle dans l'évolution des civilisations, les conséquences environnementales, sociales et financières de son exploitation, et surtout de son omniprésence dans notre vie quotidienne.
    Car en effet, sans cuivre, pas d'électricité, de téléphonie, d'internet... ni même d'alternative aux énergies fossiles?!
    De l'ancienne Égypte jusqu'à l'Arizona d'hier ou l'Alaska d'aujourd'hui, Bill Carter découvre comment l'extraction et l'exploitation du cuivre ont façonné nos sociétés. D'assemblées générales d'actionnaires à Londres jusqu'aux montagnes d'Indonésie, Bill Carter remonte le fil d'une bobine qui enserre le monde dans des liens étroits. En chemin, il fait témoigner un prospecteur aux faux airs de chercheur d'or, un chef de réserve indienne tiraillé par des conflits d'intérêt, des mineurs de père en fils, des communautés de pêcheurs du grand Nord inquiets pour leur survie, des patrons de multinationales rarement loquaces ou des traders cachés derrière leurs écrans.
    Il livre ainsi une analyse passionnante sur ce métal qui est partout autour de nous et dont pourtant nous ignorons presque tout, à commencer par les dangers imminents et les dommages irréversibles que son exploitation peut causer à la planète.
    Boom, Bust, Boom est une enquête fascinante sur un métal dont nous dépendons tous ?: le cuivre.
    EXTRAIT
    Nous vivons à Bisbee en Arizona, dans un petit hameau niché dans les Mule Moutains, à 1 600 mètres d'altitude. Bisbee, ville minière désaffectée, se situe à 13 kilomètres de la frontière mexicaine à vol d'oiseau. La mine de cuivre, fermée depuis plus de trente ans, a laissé des traces de sa période d'activité. Ses puits grêlent le flanc des collines et les écoulements d'acide sulfurique colorent les falaises d'un orange foncé. Des chevalements gigantesques ponctuent l'horizon et rappellent les ascenseurs, chacun grand comme une maison, qui emportaient les hommes 300 mètres sous terre.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    Boom, Bust, Boom est le meilleur type de journalisme qui soit : magnifiquement écrit, riche en détails et incontestable... C'est un superbe livre. - Sebastian Junger
    Souvent, nous croyons connaître le monde, et soudain nous lisons un livre qui nous révèle que ce n'est pas le cas. Carter est un homme aguerri, qui confond l'industrie du cuivre et les graves dangers auxquels elle nous expose par négligence. Une lecture nécessaire. - Jim Harrison
    Boom, Bust, Boom est un exposé fascinant sur l'abondance et la dévastation que représente le cuivre - un des éléments les plus omniprésents dans le monde moderne. - Joel Reynolds, Huffington Post
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Bill Carter est l'auteur de plusieurs récits, dont Les Ailes de Sarajevo (éditions Intervalles, 2008) où la dimension documentaire est toujours prégnante. Enquêteur acharné, tentant toujours de voir l'humain derrière les chiffres et les statistiques, il bâtit une oeuvre où dominent les questions humanitaires et environnementales. Il enseigne actuellement l'art du documentaire dans une université d'Arizona.
    Boom, Bust, Boom a remporté le prix Arizona/New Mexico Book Award de l'essai en 2013.

  • Immediate embarkation for the United Arab Emirates
    Gabriel is a young and ambitious designer. After reaping the benefits of successful business deals in Saudi Arabia, he moves to Dubai to kick start a career in photography.
    There he befriends the patriarch of the Al Firas family, the owner of most shoppings malls in town and whose saga mirrors the exponential growth of the Arabian metropolis.
    One day, Khalid Al Firas decides to organise a lottery which rewards the winners with a luxury holiday cruise on the Strait of Hormuz. Six people, from France, Saudi Arabia, Pakistan, the US, Lebanon and Iran, get the golden ticket. Aboard the "Safineth", the passengers are informed that a tsunami coming from the Iranian coast is fast heading their way. While the ship weathers the storm, the lucky winners can only witness the destruction of Dubai from the deck. The artificial `The World' island and the Atlantis hotel are soon submerged by the huge wave. The whole world watch flabbergasted and wonder how this natural disaster could ever have occurred.
    Convinced that such a catastrophe is not a coincidence, Al Firas asks Gabriel to enquire about the passengers' lives. So, Christophe, Samana, Toni, Sharon, Saeed and Gamzeh are going to reveal their family stories and the reasons which have driven them to Dubai. The account of their existence draws an impressive mosaic of the Middle East plunging the reader in the traditions of this part of the world. Their moving testimonies feature Dubai as a city where feelings and human relations are put to the test and where love inevitably crashes onto its immaculate shores. The novel is a hyperbole that depicts the grandness and decadence of a city built on sand that tries ever so hard to portray a different image of the Arabian world at the expense of losing its soul, identity and integrity.
    A brilliant psychological novel, between censorship and realism
    EXTRACT
    "This is up to me."
    "If you say so," answered cousin Remy, as he dropped me off in front of Roissy-Charles-de-Gaulle airport, Terminal C.
    I was not entirely sure what I was signing up for.
    A terrorist group had rampaged through the Saudi capital a short while ago. Westerners no longer felt safe. The consulates were frantic
    and garlands of barbed wires had bloomed around every compound.
    What better time for me to move to Jeddah, a city near the Red Sea, a crucial milestone for traveling pilgrims on their way to Mecca.
    There, they said, laid Eve, Hawwa.
    My family had tried to talk me out of it, but it was too late. All the contracts were signed, my suitcases packed and ready to go.
    ABOUT THE AUTHOR
    Gabriel Malika has been living in the Middle East for more than a decade. From Beirut through Jeddah to Karachi, he has absorbed the beauty and complexity of this tumultuous region. After the success of With the Best Intentions in the World, published in 2011 by editions Intervalles, his second novel, Qatarina was published in 2014.

  • Virginie Baudet est serveuse au Bouddha Boudoir, un bar branché de la capitale dont la déco regorge de bouddhas. Elle a beau y travailler depuis cinq ans, elle ne s'est jamais demandé ce qui se cache derrière ces statues nonchalantes au petit sourire en coin.
    Elle décide soudain de mener l'enquête avec le seul outil qu'elle ait à sa disposition?: internet. Après avoir dévoré des blogs spirituels plus ou moins douteux, Virginie croit deviner que la méditation est le meilleur moyen d'entrer en contact avec Bouddha. Elle se met alors à méditer, avec acharnement mais sans grand succès. Lorsque les méditations guidées de YouTube ne suffisent plus, Virginie s'aventure dans les cours de gourous plus farfelus les uns que les autres.
    Au fil d'enseignements suspects et de rencontres improbables, Virginie change pourtant peu à peu de regard sur son copain Lucas, son patron Jack, sa collègue Magalie et sur tout ce qui l'entoure. C'est alors qu'une voisine en détresse lui présente un guide spirituel des plus inattendus sous les traits d'un enfant de 4 ans.
    En s'engageant sur le chemin de l'Éveil, Virginie ne se doute pas des conséquences sociales qu'implique un tel voyage. Et si la pleine conscience était aussi le début de la fin??
    Un roman décapant qui interroge les codes sociaux et vous assure de passer un bon moment !
    EXTRAIT
    Je m'appelle Virginie Baudet. J'ai vingt-cinq ans et j'étais serveuse dans un bar. Le bar en question s'appelle le Boudha Boudoir. J'ai été serveuse là-bas pendant plusieurs années, cinq précisément. Et je n'ai rien vu venir. Franchement, je n'ai pas calculé l'enchaînement des événements et je ne sais plus exactement comment tout ça a commencé. Mais si je me souviens bien, c'était un soir de service. Un soir comme un autre.
    Au Boudha Boudoir, je faisais des horaires de nuit, de 18 heures à 4 ou 5 heures du mat' en général. C'est un bar branché du 11e arrondissement de Paris. Et tous les soirs c'est plein. Et toute la déco, c'est des boudhas. Juste des boudhas. Partout des boudhas. Que des boudhas.
    Les gens adorent cet endroit, ils adorent les boudhas. Ils sont même prêts à payer trente balles un cocktail juste parce qu'il y a des boudhas. Ça doit les détendre de boire avec l'approbation d'une divinité. Finalement c'est décalé, c'est un peu comme si on se mettait une murge avec le Christ dans un igloo. Pourquoi pas.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    Une Bridget Jones à la française, en somme, et qu'on prendrait bien comme copine. - Céline Vivier, Livres et Fourneaux
    Le ton est simple, naturel mais travaillé aussi, et on le perçoit dès l'incipit. - Daniel Fattore
    Ce roman est époustouflant du début à la fin. Une véritable tornade. - aumilieucoule.org
    J'ai refermé ce livre avec le sourire aux lèvres. - Annedu34, Babelio
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Elsa Levy a plus d'une corde à son arc. Auteur d'un essai remarqué intitulé Je de société en 2015, elle a aussi écrit des billets d'humeur, tenu un blog et même rédigé des piges sur la thématique environnementale. Elle est également plasticienne et comédienne. À travers ses multiples réalisations artistiques, elle questionne de façon impertinente et radicale la comédie des apparences en société.

  • 374?852. 374?852 vues en quelques heures seulement. Postée sur YouTube à 5?h?56 ce matin, la vidéo faisait déjà le tour du monde.
    Pendant les fêtes de Bayonne, Michel, un jeune chômeur, monte sur scène lors d'un concert et se lance dans un discours enflammé contre la classe politique. Dans la foulée, poussé par l'ivresse autant que par les encouragements du public, il annonce sa candidature à l'élection présidentielle.
    Sa diatribe fait vite le tour des réseaux sociaux et se propage hors de tout contrôle. Devenu en quelques jours le chouchou du web puis des médias, il n'aspire pourtant qu'à retrouver sa vie paisible, entre virées nocturnes, parties de console et longues soirées avec sa mère. C'est sans compter sur ses amis, bien décidés à exploiter au maximum la chance qui s'offre à eux.
    D'autant que bientôt, les enquêtes d'opinion sur le candidat malgré lui commencent à s'affoler...
    L'homme qui ne voulait pas devenir président est un roman trépidant qui plonge avec délectation en plein coeur de l'actualité. Une comédie légère et pleine d'esprit à lire absolument avant d'élire n'importe qui.
    EXTRAIT
    - Je suis monté sur scène ? Moi ? Vous êtes sûrs ou vous me faites marcher ?
    - Je crois qu'il vaut mieux que tu regardes, affirma Guillaume en lui mettant son iPad sous le nez.
    Et Michel vit.
    Il se vit, lui, grimper maladroitement sur la scène éphémère devant laquelle étaient installés une dizaine de milliers de spectateurs et qui accueillait le célèbre groupe de rock anglais Miouse pour un concert en plein air. Profitant d'une pause entre deux chansons, il se vit tituber jusqu'aux côtés du chanteur. Il n'avait dû son salut qu'à une intervention amicale de ce dernier qui, en levant le pouce, avait empêché le service de sécurité d'expulser l'intrus manu militari.
    Amusée, la star avait posé une main bienveillante sur l'épaule de Michel.
    « It's OK guys. We have a new guest! What's your name, my friend? »
    Mais Michel n'avait pas répondu. Il avait arraché le micro des mains de la vedette et s'était lancé dans un long monologue, sans se soucier le moins du monde des quelques huées qui s'étaient élevées du public.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    Une comédie à lire avant d'aller voter. - Emmanuel Lechypre, BFM Business
    En trouvant une manière élégante de ne pas trancher, le final s'avère splendide : il montre qu'en définitive, la seule victoire qui compte, c'est celle de l'amour... De manière brillante et amusante à la fois, explorant avec exactitude les possibles du système électoral français, l'écrivain Julien Leclercq réussit à mettre en scène l'irrésistible ascension d'un candidat issu de la société civile. - Daniel Fattore
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Né en 1982, Julien Leclercq vit entre Paris et Astaffort, où il dirige l'agence Com'Presse. Après avoir publié deux essais pour défendre avec humour et un brin de cynisme les chefs d'entreprise (Chronique d'un salaud de patron, éd. Les Cavaliers de l'orage, et Journal d'un salaud de patron, éd. Fayard), il prépare un ouvrage pour mettre en lumière les acteurs de l'ombre qui, à rebours des discours pas toujours désintéressés sur la crise, rendent par leur énergie et leur audace notre pays meilleur. L'homme qui ne voulait pas devenir président est son premier roman.

  • Marianne et Lucas sont les anti-héros de l'entrepreneuriat.
    Ils ont sauté le pas de la création d'entreprise, rêve de toute une génération de banquiers fatigués et de consultants blasés qui espèrent trouver dans les start-up le sens perdu dans leurs études à rallonge. Mais pendant que leurs idoles gagnent des millions dans la Silicon Valley, eux peinent à faire décoller leur projet. Ils s'envolent donc pour San Francisco chasser des licornes dans cet eldorado technologique.
    Là-bas, la cyclothymie de Marianne et la timidité maladive de Lucas passeraient presque inaperçus, entre applications qui fusent, acquisitions en série et levées de fonds astronomiques.
    Un roman drolatique sur le parcours de deux figures de cette génération 2.0. Ni tout à fait héroïques, ni vraiment bons à rien, mais emblématiques d'une époque où les licornes s'introduisent au Nasdaq plutôt que dans les rêves.
    Roman résolument moderne, Écosystème jette un regard à la fois grinçant et tendre sur les ambitions des jeunes du troisième millénaire et la fragilité que leurs excès tentent de dissimuler.
    EXTRAIT
    Jeudi 17 mars, 7 h 47. Les neuf appels en absence, quatorze messages WhatsApp et trois invitations à jouer à Candy Crush sont toujours là, à lui adresser leurs clignotements accusateurs. Comme tous les matins, elle s'était réveillée avec son iPhone vibrant dans la main, prête à consulter l'ensemble des notifications reçues pendant la nuit, les gros titres des blogs « nouvelles technologies » qu'elle lit avec avidité, et surtout, la totalité des news des réseaux sociaux, des fois qu'elle aurait raté la dernière vidéo virale d'un chat qui fait du skateboard.
    Ce matin-là, en plus de son plus fidèle partenaire - son téléphone - elle s'était retrouvée aux côtés de Tristan, dont le dos, lui, vibrait doucement au rythme de ses ronflements. Et si le lit dans lequel elle s'était réveillée lui était inhabituel, le nombre d'appels manqués de Charles, un des associés avec qui elle avait monté sa boîte, était carrément inquiétant. « Marianne, faut qu'on parle. Et avant notre rendez-vous de ce matin. Retrouve-moi au bureau à 8 h STP. Je préviens Lucas », lui avait-il écrit, suivi d'une série de « Tu as bien reçu mon message ? » et de « Qu'est-ce que tu fous ? Je suis en chemin. Lucas arrive ».
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    Dans l'enfer des startup, entrepreneurs sans fards et mojitos en poudre... course à la croissance et figures libres. - Alexis Poulin, Le Monde Moderne
    Une jeune auteur de la génération Y qui pourrait être la petite soeur de Tom Wolfe... nous entraîne au coeur de cette nouvelle économie qui imagine la société à venir... À lire de toute urgence pour comprendre ce qui vient. - Madame Figaro
    Roman initiatique, Ecosystème jette un regard cru sur les rêves et les revers des jeunes entrepreneurs. - Les Echos
    Malgré l'hyperambition et l'empathie robotique de la jeunesse qu'elle décrit, cette comédie technologique reste humaine. - Le JDD
    Dans un milieu où l'on est plus habitué aux business books remplis de leçons entrepreneuriales qu'aux romans de fiction, le livre dépeint de manière on ne peut plus juste et savoureuse l'environnement entrepreneurial actuel. - Maddyness
    Rachel Vanier décrit avec tendresse et piquant un environnement qui se veut innovant mais qui répond, comme tout secteur, à des règles parfois absurdes. - Forbes France
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Rachel Vanier est née à Budapest en 1988. Après avoir grandi à Lille, fait ses études à Paris, s'être échappée à Boston puis avoir crapahuté au Cambodge, elle travaille dans le monde non moins dépaysant de l'innovation et des start-up. Après le remarqué Hôtel International (éditions Intervalles, 2015), Écosystème est son deuxième roman.

  • Comme l'héroïne de Breton dont elle porte le nom, Nadja est légèrement étrange.
    Un peu « off », diraient les Américains dans cette université du Vermont où elle enseigne l'écriture durant le semestre d'été. Absente à elle même et au monde, comme déconnectée de son corps, de sa carrière d'auteur et de sa famille, qu'elle a laissée en France.
    Durant ces quelques semaines de canicule et d'orages dans cette Nouvelle Angleterre follement cinématographique, à l'approche de la quarantaine et à l'heure des premiers bilans, les souvenirs d'une première passion adolescente ressurgissent, réveillés par une rencontre amoureuse impromptue. Et Nadja de plonger dans une danse de la mémoire, valsant entre souvenirs et présent, entre trois hommes qui ont marqué sa vie de femme, trois moments de vérité, trois continents. Que reste-t-il de ce premier amour vécu sur la terre rouge et ocre qu'elle foulait pieds nus sous des pluies diluviennes ?
    Toutes les douleurs doivent-elles forcément être guéries ?
    À travers les souvenirs de Nadja, La Belle Affaire nous plonge au plus profond des sentiments humains.
    EXTRAIT
    De l'enfance remonte la voix sévère de sa mère, « Nadja, ne reste pas sous la pluie, tu vas attraper la mort ! », et celle, joyeuse, chantante, de nonna Giulia, « Laisse-la jouer, ça ne fait rien, elle n'est pas en sucre ! »
    Nadja se rappelle qu'enfant cette idée l'amusait follement, elle riait de penser qu'elle pourrait être en sucre. Elle en riait aux éclats, elle en riait tellement. Nonna Giulia riait elle aussi de la voir rire. Sa mère ne riait pas.
    La plupart du temps elle oublie de prendre un parapluie ; il y a tellement de choses qu'elle oublie, Nadja. Mais elle se rappelle qu'elle n'est pas en sucre, que rien de bien grave ne va arriver si elle enlève ses sandales et marche dans l'herbe qui se teinte d'un vert profond, obscur, presque bleu.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - « Un livre attachant... le climat à la Sylvia Plath et le duel discret et posé avec le déplacement et la folie ont quelque chose d'universel. » - Yaël Hirsch,Toutelaculture.com
    - « Beau, douloureux et bouleversant, La Belle Affaire de Sonia Ristic, est à lire passionnément. » - Téri Trisolini, Hi-zine.fr
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Sonia Ristic est née en 1972 à Belgrade. Elle a grandi entre l'ex-Yougoslavie et l'Afrique, et vit à Paris depuis 1991. Après des études de Lettres et de Théâtre, elle devient comédienne puis metteuse en scène. Elle a aussi travaillé avec plusieurs ONG. En 2004, elle crée sa compagnie de théâtre, Seulement pour les fous. Elle encadre régulièrement des ateliers d'écriture et de théâtre, en France et à l'étranger.

  • Forcée à grandir trop vite, Amina lutte pour sa survie et celle de ses deux frères
    À la mort de sa mère, la jeune Amina devient responsable de l'éducation de ses deux petits frères. Confrontée à des choix cruciaux dans une Algérie qu'elle aime profondément mais dont l'évolution l'attriste, elle va voir son destin inextricablement lié à celui de sa ville, Alger.
    Dans le milieu de la nuit où elle choisit de faire ses premiers pas d'adulte, comme dans un miroir grossissant, elle découvre une image du monde et d'elle-même dans laquelle tous les traits sont exacerbés.
    La Porte de la mer nous plonge dans le quotidien d'une société dont les rouages sont parfois défaillants. Bien que gangrénée par de nombreux maux et soumise à un silence assourdissant, l'Algérie et ses paysages majestueux forment le décor d'un théâtre d'ombres où les hommes et les femmes s'aiment et s'affrontent.
    À travers l'histoire d'Amina, c'est un véritable parcours initiatique que nous propose Youcef Zirem. Parfois douloureux, souvent touchant, mais toujours juste.
    EXTRAIT
    Pendant dix jours, je restai cloîtrée à la maison. Je faisais la cuisine et méditais. Je revoyais ma vie d'avant et je pensais à ma mère. De là où elle se trouvait, elle m'observait certainement. Que se disait-elle ? De là où son âme se reposait désormais, essayait-elle de m'aider ? Pouvait-elle faire quelque chose pour me tirer de là ? Elle était partie trois années auparavant ; au terme de longues souffrances, le cancer avait eu raison d'elle. Maman avait essayé de se battre contre ce terrible mal, mais c'était peine perdue. On n'avait pas décelé la maladie à temps, expliquaient les médecins. Mon père l'avait soutenue ; il l'avait beaucoup aimée durant leurs premières années de mariage, et la maladie avait fait resurgir chez lui les sentiments d'autrefois. Mon père avait promis à ma mère de prendre soin de ses trois enfants. Il le lui avait juré plusieurs fois à l'hôpital.
    C'était peut-être la mort prématurée de ma mère qui avait poussé mon père à se réfugier dans la religion et, plus tard, à n'accorder de l'importance qu'à la parole de Dieu, sans voir les réalités qui l'entouraient, sans se rendre compte de l'hérésie qui s'emparait de lui.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - « Zirem trempe avec courage sa plume dans le sang frelaté d'une nation qu'il ne sait plus comment aimer ni défendre. Simplement percutant. » - Pierre Vavasseur, Le Parisien
    - « Avec un style d'une simplicité et d'une justesse déconcertante, Youcef Zirem porte un regard implacable sur les ressorts cassés de la société... » - Hamid Arab, Le Matin
    - « La trajectoire contrariée vers la liberté d'une femme puissante dans une Algérie où la justice a cédé le pas au sein des instances dirigeantes au clientélisme -sinon au cynisme pur et simple. » - François Perrin, Focus Le Vif
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Après une carrière d'ingénieur d'État en pétrole, Youcef Zirem a démissionné du secteur industriel pour devenir journaliste à Alger après les tragiques événements d'octobre 1988. Durant près de 15 ans, il a fait partie d'une dizaine de rédactions dans la capitale algérienne dont La Nation, La Tribune, Le Quotidien d'Algérie... Son premier livre, Les Enfants du brouillard, est paru à Paris au mois de novembre 1995. Depuis, il a publié une dizaine de titres. Vivant à Paris depuis plus de dix ans, il anime l'émission littéraire «?Graffiti, littératures du monde?», sur BRTV.

  • Après l'effondrement du Second Empire et l'écrasement de la Commune de Paris, deux jeunes hommes quittent l'Alsace afin de rester français et se rencontrent sur la route de l'espoir.
    Voulant s'affranchir des conventions de leur temps, ils revendiquent l'héritage de certains pirates et rêvent d'une terre promise, Libertalia, tout en devant composer avec la réalité parfois amère de la IIIe République.
    De l'atelier de Bartholdi aux Batignolles, où s'édifie la statue de la Liberté, jusqu'à l'exposition universelle de 1889 en passant par le canal de Panama et la Tunisie coloniale, l'un et l'autre participent aux aventures qui font vibrer la presse à grand tirage, et grimpent les échelons de la société parisienne.
    Trajectoire géographique, historique autant qu'humaine, Libertalia explore une époque où prend fin la Révolution et où naît la France d'aujourd'hui.
    EXTRAIT
    Alphonse avait grandi dans une famille de la petite bourgeoisie alsacienne ayant prospéré à l'ombre de la révolution industrielle. Son père était premier contremaître dans la plus grande filature de Mulhouse, maillon d'une chaîne vouée à l'oppression des masses. Rêvant de grands espaces, Fons avait fui l'enfermement de l'usine, l'accumulation du capital, l'église du dimanche et les ruines de l'Empire. Il avait fui intérieurement, bien avant de quitter Mulhouse pour ce qui restait alors de la France amputée. Il avait tracé des lignes imaginaires dans les champs et les bois, couverts des arpents de collines, établi des côtes destinées à légitimer une propriété qu'il honnissait. La mesure du terrain l'avait tiré de l'illusion matérialiste pour mieux le plonger dans une réalité faite de biens fonciers, de litiges de voisinage et de bornes déplacées. Il rêvait de cartographier des terres inconnues, des continents lointains et obscurs, des ténèbres de jungle. Il songeait à l'Abyssinie, à Madagascar. Au moment du choix, la Prusse ayant laissé aux Alsaciens la possibilité de quitter leur région jusqu'au 1er octobre 1872, ce n'est pas tant la France que Fons avait embrassée, car la bourgeoisie menait la danse des deux côtés du Rhin, mais une certaine idée de la liberté, celle de la Commune écrasée dans l'oeuf un an plus tôt, celle du maître Proudhon. Enfin, il avait renoncé aux vêpres ainsi qu'aux repas familiaux, invariablement conclus par le sermon paternel.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - « Voici les deux amis sur la route de Paris, à pied, puis en bateau, sur la Marne. Un clin d'oeil au Flaubert de L'éducation sentimentale, qui permet à Mikaël Hirsch de belles descriptions de la France d'alors, à la fois rurale et laborieuse. » - Jean-Claude Perrier, Livres Hebdo
    - « Je pourrais encore parler de ce roman des heures tant il est dense : 140 pages qu'il ne faut pas lire trop vite, de peur de perdre le fil mais surtout pour ne pas rater un mot - aucun n'est superflu -, une phrase ou une tournure qui (...) me plaisent de plus en plus à chaque livre de Mikaël Hirsch. Un auteur à lire absolument. » - Yves Mabon
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Mikaël Hirsch est un écrivain français né à Paris en 1973. Deux de ses romans, Le Réprouvé (2010) et Avec les hommes (2013) ont figuré dans les sélections du Prix Femina.

  • Elle est belle et la nudité ne la choque pas. Ses yeux bleus, ses cheveux blonds et ses mensurations de rêve font tourner les têtes.
    Née dans les ruines de Hambourg au lendemain de la guerre, Karin Schubert comprend vite que sa plastique lui ouvre les portes d'une autre carrière que celle de secrétaire.
    D'abord mannequin, puis actrice, elle gagne en quelques jours de quoi vivre plusieurs mois.
    Un court instant, il semble que la gloire soit à portée de main. Elle tourne avec les plus grands acteurs, de Richard Burton à Yves Montand, de Jean-Louis Trintignant à Michel Piccoli. Elle incarne même une inoubliable reine d'Espagne dans La Folie des grandeurs de Gérard Oury. Elle attend pourtant son grand rôle, qui tarde à venir.
    Mais on aime sa blondeur, on aime ses seins, on aime ses fesses, et le temps passant elle comprend qu'on n'aime que ça. Comme il faut bien vivre, elle accepte de se cantonner aux rôles dénudés. De plus en plus dénudés. De plus en plus explicites. De l'érotisme chic, elle sombre dans le porno cheap. C'est la pornification.
    Pornification est le roman d'une vie en chute libre, un roman réaliste autant qu'imaginaire de cette figure singulière du septième art. C'est surtout le roman d'une époque qui a fait du corps une marchandise comme une autre, une époque aussi libérée que flamboyante qui a consumé plus d'un astre.
    EXTRAIT
    Internet est une arrière-boutique où l'on montre des saloperies sous le manteau. Il exhibe ainsi les mensurations de Karin Schubert comme on donnerait le poids et la race d'une vache ou d'un boeuf à un comice agricole. Date et lieu de naissance : Hambourg, Allemagne, le 26 novembre 1944. Nationalité : allemande. Couleur de cheveux - c'est important dans ce métier la couleur de cheveux : blonde, vraiment blonde, exceptionnellement blonde, blonde comme les blés, l'innocence, blonde comme l'enfance, blonde comme un fantasme - hélas. Taille : 170 cm. Poids... Au temps de sa splendeur, on le sait : 60 kg. Et enfin ses mensurations, l'essentiel, la mesure de son corps et de son âme, ce à quoi elle fut réduite : 94-63-91. Nul avis n'est jamais donné sur son esprit, son âme, son intelligence et ses aspirations. Les hommes, les consommateurs de chairs distordues s'en moquent. Ils préférèrent ses fesses... Orientations sexuelles ? Hétéro et lesbienne, dit la notice. C'est de l'arithmétique : hétéro + lesbienne = bi, non ? Fut-elle bi par nature ou bien par profession ?
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - « Sous la forme d'un roman, il raconte le parcours, la gloire puis la déchéance de Karin Schubert dans le siècle qui invente avec la contre-culture et la libération sexuelle post-mai 68, le cinéma érotique populaire post Emmanuelle » - Hypathie.blogspot.fr
    - « Ce livre vient à point, au moment, où, le sexe et l'alcool enrobent la jeunesse dans des illusions décuplées par une société économiquement menaçante. » - Blog des Arts
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jean-Luc Marret est un écrivain et chercheur français. Il compose ici un portrait lumineux, grandiose et tragique à la fois d'une époque où le monde du cinéma, de la mode, des magazines et de la nuit s'est transformé irrémédiablement. Pornification est son deuxième roman.

  • Tout commence par une histoire d'amour vouée à l'échec avant même ses prémices.
    La relation passionnelle que partagent un peintre ukrainien et la narratrice constitue une métaphore de l'Ukraine du XXIe siècle. L'héroïne d'Explorations sur le terrain du sexe ukrainien nous raconte la chute de l'URSS et du modèle soviétique qui a donné naissance à l'Ukraine indépendante, mais qui a également laissé dans ce pays une fracture et un traumatisme encore béants. À travers ses tentatives d'émancipation, la narratrice cherche à comprendre la force d'une identité et l'importance de se détacher du passé. Ce travail de deuil ne renvoie pas seulement au fait d'être ukrainien, mais au fait de se retrouver à genoux sous le poids d'une culture allogène. Oksana Zaboujko, dans cette fiction partiellement autobiographique, fait vivre cette langue et cette culture qui flotte dans la « non-existence ». Le corps d'une femme devient ainsi la métaphore d'un pays, de sa culture et de ses racines.
    Explorations sur le terrain du sexe ukrainien nous donne de précieuses clés pour comprendre ce que signifie être humain, dans toute sa poésie et sa conscience.
    EXTRAIT
    Attendre un peu. Regarder ce film jusqu'au bout. À la différence de ceux que diffusent les public channels locales, lorsque dans les moments les plus tendus, ceux qui font froid dans le dos, quand on suit le héros qui court à travers un tunnel et que devrait croiser d'un instant à l'autre un monstre tapi dans un recoin, on se reprend - que le diable l'emporte ! - tout ira bien, encore deux-trois minutes, une confrontation, une bagarre générale et le monstre, après un dernier cri inhumain, se transformera on ne sait comment en poussière, alors que le héros courageux, légèrement atteint, reprenant son souffle dans le halo de l'incendie, serrera contre lui une Sharon Stone (ou une autre demoiselle aux cheveux bruns, peu importe) sauvée, et voilà que l'inquiétude étreint, dévoilant tout son ridicule : de nouveau les GI hollywoodiens auront réussi ne serait-ce qu'un instant à t'avoir ! - à la différence de ceux-là, le film, que tu n'oses tout de même pas interrompre, ne finira pas forcément bien. Néanmoins, éteindre serait une véritable goujaterie. Et une idiotie. Et une gaminerie : pas appris la leçon, pas d'école. Non, très chère (« chérie », se reprend-elle non sans ironie : c'est ainsi que l'appelait cet homme qui, sans doute, se sent encore moins bien, mais cela n'a plus aucune importance), non, pas moyen de se tirer : essaye d'abord d'aller jusqu'au bout, et c'est là que tu sauras ce que tu vaux. Understand ?
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - « Liberté de ton, insolence, appel à la réflexion, aux mises en question des rapports au passé, à l'identité, aux rôles imposés par les impensés sociaux, aux partages qui « vont de soi »... Tout cela, pris dans les rythmes haletants d'une langue littéraire originale, en fait un roman qui mérite d'être lu. » - Francis Wybrands, revue Etudes
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Diplômée de philosophie et de littérature, Oksana Zaboujko réfléchit dans sa fiction comme dans ses articles de presse sur l'identité ukrainienne et l'empreinte de l'histoire, à travers un prisme féministe. Explorations sur le terrain du sexe ukrainien a été publié en 1996 : premier best-seller ukrainien, il a été traduit en onze langues et adapté au théâtre.

  • Bienvenue dans le monde de Clou et Moaï. Ces deux adolescents sont les heureux exclus d'une bande dont le leader, Chisu, les persécute au quotidien.
    Mais à force de coups, ils ne sentent plus la peur ni même la douleur. Jusqu'au jour où ils découvrent une table de ping-pong perdue en plein milieu d'un champ, coincée entre une armoire et un vieux canapé en cuir. Ce lieu deviendra leur repère. Ils y rencontreront Secrétin, un Français qui leur apprend l'existence d'une planète ping-pong. Une révélation décisive. Clou et Moaï vont devoir faire un choix : jouer (ou non) une partie de ping-pong capitale. S'ils gagnent, ils pourront alors décider du sort de la planète.
    Ping-Pong mêle à la fois un réalisme assez cru, un humour très noir, et un univers fantastique débridé et décapant. Le lecteur y est sans cesse transporté entre le dégoût, l'horreur, et la poésie, l'émotion.
    EXTRAIT
    À l'extrémité du terrain vague des travaux étaient en cours. C'étaient des travaux pour les tours d'un complexe résidentiel et commercial. Au vu de la profondeur des fondations il s'agissait très certainement d'une immense résidence. Assis sur le sofa, la première chose que nous avons vue, Moaï et moi, c'était le ciel, une immense crane2 traversant le ciel. La crane hissait une structure métallique mesurant plusieurs dizaines de mètres de long. Un paysage dont la vue aurait émerveillé quiconque, pourtant nous n'avons pas été surpris ou crié whaou. Ce n'est pas que nous soyons insensibles, disons simplement que nous avons reçu un peu trop de coups.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - « Ce roman, je vous le conseille fortement, car il ne ressemble à rien de ce que vous avez lui jusqu'ici, sauf à avoir déjà lu Park Min-kyu. Essayez, se laisser surprendre parfois ça a du bon, surtout en littérature. » - Yves Mabon, Les Huit Plumes
    - « Curieux livre que celui-ci. Empreint d'un regard allant de la noirceur au détachement, il recèle pourtant une fraîcheur qui se manifeste dans une écriture ludique alliant anglicismes, dessins, paragraphes d'une ligne ou de quatre pages, où pointent souvent l'ironie et l'humour. C'est qu'ici les personnages ne cèdent jamais à l'abattement. » - José Antonio Garcia Simon, Le Courrier
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Park Min-kyu est un écrivain de la faiblesse et de la petitesse. Il s'insurge contre la cruauté de notre monde et la transition brutale qu'a pu connaître son pays vers le capitalisme. À travers des héros le plus souvent faibles et marginaux, il s'interroge sur le sens que l'on peut donner au mot « humanité », de façon originale et complètement loufoque. Il s'agit là d'une poétique de l'absurde qui confronte le lecteur à ses propres limites et à sa propre cruauté, et l'amène à se remettre en question, lui et le monde dans lequel il vit. Les éléments de science-fiction s'insinuent délicatement dans le texte, transportant crescendo le lecteur dans une tout autre réalité, vers une fin des plus radicales.
    Park Min-kyu est un auteur anticonformiste dont les livres et la personnalité font couler beaucoup d'encre. Lors de ses apparitions en public, il porte le plus souvent des lunettes d'aviateur ou des masques de catch. C'est de fait un des auteurs coréens les plus médiatisés. Il est aussi musicien et joue dans un groupe de rock.

  • Carole Zalberg a passé, entre le 16 avril et le 16 mai 2015, un mois en Israël dans le cadre d'une mission Stendhal de l'Institut Français, pour un projet de fiction inspirée de la vie de ses trois cousins germains nés là-bas.
    C'était la première fois en 30 ans qu'elle revenait sur cette terre magnifique et compliquée.
    Pour sa famille installée en Israël, c'était une évidence, elle viendrait un jour s'établir là, chez elle. Mais pourquoi envisager un exil si l'on n'éprouve pas le besoin de se mettre à l'abri d'une hypothétique menace ? Et une terre, quelle qu'elle soit, peut-elle vraiment être synonyme de sécurité ?
    À travers ce journal de Tel Aviv, Carole Zalberg explore l'ambiguïté de son lien avec cette terre promise et interroge les malentendus d'une famille que l'exil rassemble et éloigne à la fois.
    EXTRAIT
    Hier, entre deux portes, j'ai commencé à parler « du livre » avec Itaï, qui était venu déposer ma valise égarée par Air France. J'ai enfin compris leur silence à lui et à ses frères quand, il y a deux ans, j'avais évoqué mon projet et leur avais proposé de m'envoyer quelques lignes qui résumeraient leur trajectoire et leur rapport à ce pays. Tout est si complexe ici, si chargé et si intriqué qu'ils craignent de blesser ou, pire, de mettre d'autres en danger. J'ai demandé à Itaï de me faire confiance, essayé d'expliquer ma démarche (en anglais, donc assez grossièrement). Our lives have changed, a alors dit Itaï, comme pour couper court. Il m'a montré une photo d'Omri, qui fait son service dans une unité de combat. Ima doesn't know but he almost got killed yesterday. Le mélange de fierté et d'angoisse dans ses yeux nous a précipités au coeur du sujet. Bienvenue en Israël !
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - « Une chronique sensible, nourrie d'atmosphères et d'échanges, qui interroge l'identité, les racines et surtout l'importance qu'on leur accorde. » - Virginia Bart, Le Monde des Livres
    - « Alors il lui faut partir pour enquêter en quelque sorte, sur un lieu comme sur soi, sur les traces d'une histoire à la fois intime, familiale et collective, partir en quête d'une écriture aussi. » - Christine Marcandier, Diacritik
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Carole Zalberg est une romancière, parolière et critique littéraire née à Paris en 1965. Elle a notamment publié Chez eux (Phébus, 2004), Mort et Vie de Lili Riviera (Phébus, 2005), Et qu'on m'emporte (Albin Michel, 2009), À défaut d'Amérique (Actes Sud, 2012), Feu pour feu (Actes Sud, 2014). Elle a reçu plusieurs prix littéraires dont le Grand Prix SGDL du Livre Jeunesse et le Prix Littérature Monde. Elle anime aussi régulièrement des ateliers d'écritures et des rencontres littéraires.

  • Alexandre exerce un métier qui n'a pas de nom : il crée des noms.
    Dans sa vie, il a baptisé des parfums, des pâtisseries, des voitures, des missiles, et même le chien d'une milliardaire... On raconte aussi qu'il fut le conseiller particulier du pape dans sa quête d'identité.
    Mais Alexandre est malade, et sent que sa fin est proche. L'apprenant, un éditeur intrigué par son étrange vocation, demande à une journaliste de se rendre à son chevet pour qu'il lui dicte ses mémoires. Au fil de ce récit, la jeune femme découvre l'odyssée de cet amoureux des lettres, de ce génie des mots qui a tout nommé. Ou presque. En effet, elle repère quelques zones d'ombre dans ce parcours hors du commun. Intriguée autant que fascinée par Alexandre, elle est peu à peu taraudée par une question : est-il possible qu'Alexandre ait oublié de nommer l'essentiel ?
    Un roman vibrant, dans lequel la beauté des mots n'a d'égal que la beauté de l'histoire.
    EXTRAIT
    - J'ai la cancertitude que le crabe m'emportera avant la fin du mois.
    - Au moins vous n'avez pas perdu votre sens de la formule, mon cher Alexandre.
    - Et la vôtre, Professeur, quelle est-elle ? Ne m'aviez-vous pas promis un traitement plus radical ?
    - La chimiothérapie ? Je pensais que vous y étiez fermement opposé...
    - Plutôt mourir, en effet. J'ai passé les vingt dernières années de ma vie à pratiquer des massages capillaires dans l'espoir de retarder l'inéluctable raréfaction de mes cheveux. Je ne vais pas précipiter leur disparition dans un moment d'égarement.
    - Un moment d'égarement qui pourrait vous sauver la vie, vous en avez conscience ?
    - Est-ce bien nécessaire ? Et si nous mettions un terme à cet acharnement, professeur ?
    - Vous allez beaucoup souffrir.
    - Vous n'avez qu'à augmenter les doses de morphine.
    - Je pense que le professeur a raison, ça vaut la peine d'essayer, hasardai-je.
    - Fanny, si vous n'aviez pas commencé ma biographie, je vous croirais sincère.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - « Érudit, inspiré, enlevé, cet excellent roman est un bel hommage à Littré et consorts. » - Delphine Peras, L'Express
    - « Qu'est-ce qui fait d'Au nom d'Alexandre un livre absolument juste, pétillant, hilarant, émouvant et cathartique ? C'est la question qui m'a accompagné tout du long de la lecture. » - Christian Gatard, Géographie du futur
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Olivier Auroy travaille depuis plus de vingt ans dans le monde de la communication. Il est l'auteur, sous le pseudonyme de Gabriel Malika, des Meilleures Intentions du Monde et de Qatarina, publiés aux éditions Intervalles. Au nom d'Alexandre est son troisième roman.

  • Le Paris des années 1990 est le décor d'un amour improbable entre un psychiatre et sa jeune patiente.??
    Pour lui, septuagénaire, survivant des camps nazis, le souvenir semble la clé de la joie de vivre. Pour elle, élevée derrière le rideau de fer, le corps est un obstacle dont il a fallu apprivoiser les limites.?Cet amour passion, amour transgression, dérangeant et fascinant, cocasse parfois, jaillit comme une nécessité des débris des mémoires totalitaires. Il se développe dans la fugacité d'un présent hanté par le passé mais sans véritable avenir. Car la maladie fait son apparition, telle une tierce personne qui s'infiltre dans la relation. Les deux amants pourront-ils s'aimer dans, plutôt que contre elle ??Le roman, telle une recherche sur Internet, s'organise autour de mots clefs comme la « peur », le « désir » ou le « pouvoir ». Chacun de ces mots se fait l'écho d'une expérience intime de la vie des protagonistes, bouleversée par les totalitarismes, et qui se trouve revisitée par la parole, par le désir ou le souvenir dans le Paris indolent de la fin du XXe siècle.
    Plutôt que de traiter de la vie sous les totalitarismes, nazisme ou communisme, le roman de Rouja Lazarova traite de la vie d'après. Il pose la question de la survie, des séquelles ou des déficits de la mémoire.
    Dans une langue sobre, précise, délicate, souvent empreinte d'humour, Le Muscle du Silence nous donne à voir des personnages qui, malgré un passé tumultueux et des luttes intérieures douloureuses, se délivrent des chaînes qui les entravent.
    EXTRAIT
    - Je hais les psychiatres.
    C'est ainsi que tout commença. Pourquoi étais-je assise là, face à ce vieux qui m'exhibait son sourire ? À cause de la presse. Je m'étais laissé influencer par un article, j'avais oublié ma langue maternelle dans laquelle « journal » signifiait « organe de propagande ». Je m'en voulais.
    - Je comprends, ils sont stupides et prétentieux, acquiesça-t-il énergiquement avant de soulever les sourcils.
    Il disait cela pour gagner ma sympathie et me déplut encore davantage. Je croisai les jambes deux fois, me coinçant le pied contre la cheville, et m'accoudai à gauche. Une fenêtre perçait le mur sur toute sa hauteur, son cadre avait jauni. Dehors, une rue partait en biais et remontait en courbe légère vers une ouverture : mon regard s'y égara. Les branches nues d'un arbre luisaient dans la lumière froide, comme tracées par le pinceau d'un maître flamand. Je me sentais bien, je ne pensais plus au psychiatre.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - « L'histoire d'amour d'un psychiatre et sa patiente, d'une jeunette et d'un vieil homme, mais surtout deux vies échouées sur la même rive. L'écriture est solide et charnelle, sans concession à la douleur, elle embarque. » - Pleine Vie
    - « Acclamée et sélectionnée par plusieurs prix pour Mausolée, Rouja Lazarova poursuit son oeuvre sur les conséquences intimes des totalitarismes dans un livre violent et fort. Magiquement bien écrit, Le Muscle du silence semble n'être fait que d'essentiel : le désir, la mort et entre les deux, l'identité. » - Yaël Hirsch, Toutelaculture.com
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Dans son oeuvre, Rouja Lazarova explore de façon obsessionnelle les hantises suscitées par les totalitarismes du XXe siècle : la peur, la violence réelle ou symbolique, la manipulation. Mais c'est aussi un écrivain de l'intime, qui scrute le corps, interroge le désir. Son écriture vive et imagée et son style sobre imprégné d'une douce ironie en font l'une des voix les plus singulières et douées parmi les écrivains européens du début du XXIe siècle.

  • Gabriel est un jeune marin belge, facétieux, fort en gueule mais maladroit. Il veut apprendre à naviguer mais aussi à boire, à se battre et à aimer.
    Pour sa première traversée transatlantique, le voilà radio sur un cargo, d'Anvers à Buenos Aires. Hélas ! Une escale aux Açores lui révèle qu'une organisation secrète internationale vient de s'accaparer les ressources inespérées d'un recoin du pôle Sud, menaçant l'équilibre géomagnétique mondial...
    Saura-t-il conjurer la catastrophe ?
    Roman contemporain d'aventures maritimes, récit d'initiation tragi-comique aux accents surnaturels, L'Aimant poursuit l'histoire d'un titre méconnu de Jules Verne, Le Sphinx des glaces, qui reprenait déjà l'intrigue irrésolue de l'unique roman d'Edgar Allan Poe, Aventures d'Arthur Gordon Pym.
    La conclusion rocambolesque d'un mystère littéraire au long cours.
    EXTRAIT
    Entre les réverbères, la nuit paraissait l'avaler. Gabriel Chanteloup, c'était son nom, avait 20 ans, tout rond. Tout rond lui correspondait bien : il avait de bonnes joues glabres, pas tout à fait dégrossies de l'adolescence, des bras larges, de grandes jambes et déjà de la brioche. Le nez, comme dirait l'autre, c'était un cap - de Bonne-Espérance, qui lui permettait de distinguer les coups pendables des occasions à ne pas louper, telle cette « aimable croisière » transatlantique ; bref, ce pif, comme le cargo sur lequel on l'attendait, était au long cours, il était proéminent.
    Au-dessus de ce tarbouif insubmersible, les sourcils étaient charbons et se rejoignaient presque, ligne mazout, accentuant un regard noir, vif, rieur - naïf également, mais qui deviendrait perçant.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    - « Qui mieux que Riff Reb's est capable d'illustrer un récit d'initiation tragi-comique aux accents surnaturels qui se passe en haute mer ? Quand on découvre ses 15 illustrations N&B, on ne voit personne d'autre ! Alors courez acheter ce magnifique ouvrage... de Richard Gaitet qui vous fera voyager dans tous les sens du terme. Que du bonheur ! » - DBD Mag
    - « La prose est éclatante... Un roman d'aventures qui captive, comme ceux que l'on lisait enfant, mais résolument pour adultes. La critique du capitalisme sauvage côtoie les descriptions sensuelles et les sombres mésaventures. Un livre superbement singulier. » - Juliette Plagnet, Causette
    À PROPOS DES AUTEURS
    Richard Gaitet est né en 1981. Admiré dans toute l'Europe pour sa pratique très personnelle du sirtaki, il anime depuis 2011 l'émission « Nova Book Box » sur Radio Nova. Son premier roman, Les Heures pâles, écrit sous le pseudonyme de Gabriel Robinson, est paru en 2013 aux éditions Intervalles.
    Riff Reb's est né en 1960. Qualifié de « Baron du dessin » par Moebius, il est l'auteur d'une vingtaine d'albums de bande dessinée, dont une remarquée « trilogie maritime » : À bord de l'Étoile Matutine (2009), Le Loup des mers (2012, prix Fnac), Hommes à la mer (2014).

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