Éditions Kailash

  • Ce volume des Cahiers de la SIELEC constitue les actes d'une journée d'étude et d'un colloque consacrés au reportage de presse en situation coloniale qui se sont tenus respectivement à l'université de Nice le 11 octobre 2012 et à l'université de Montpellier les 4, 5 et 6 juin 2014.
    Plusieurs études, ces dernières années, ont souligné l'importance du journalisme dans la formation d'un imaginaire culturel spécifique, particulièrement lié à l'expansion coloniale. Ce volume analyse quelques moments forts de cette littérature de reportage extrêmement variée et qui a si puissamment contribué à façonner l'imaginaire moderne.
    Les trois points suivants sont plus particulièrement abordés : d'abord, le lien entre reportage et littérature, puisque la presse reprend à son compte un imaginaire exotique que de nombreux récits de voyage et romans ont largement illustré, tandis que, dans le même temps, le reportage affiche souvent un désir de réalisme et doit donner des gages de véracité ; ensuite, le développement d'un imaginaire héroïque, à des fins de propagande et de popularisation du thème colonial sur fond d'atmosphère virile ; enfin, la collecte d'informations dont l'intention première est d'aider à connaître des peuples que l'on veut soumettre à l'hégémonie européenne, mais qui n'en conduit pas moins aussi parois à prendre ouvertement fait et cause pour les peuples colonisés.
    C'est donc à un ensemble de textes journalistiques riches, variés et témoignant de processus complexes, que sont consacrés les articles rassemblés dans ce volume des Cahiers de la SIELEC.

  • Dans ces Récits de la plaine et des monts, nous pénétrons dans l'âme marocaine des personnages de Maurice Leglay, au plus profond d'un Maroc sauvage, d'une beauté époustouflante et authentique.
    Nouvelle après nouvelle, l'écrivain, à l'image du peintre esquissant son tableau, met en scène les diverses situations auxquelles les Français sont confrontés, avec humour et sans condescendance. D'âpres négociations, des hommes et des femmes, des points de vue souvent difficiles à admettre d'un côté comme de l'autre, mais qui finissent autour d'un verre de thé à la menthe doux amer...

  • David Annoussamy est déjà connu de nos lecteurs par son ouvrage sur la littérature tamoule qui a reçu un accueil très favorable. Il nous offre aujourd'hui un panorama des aspects essentiels de la culture tamoule où l'insolite côtoie le sublime. La culture tamoule s'apparente à la culture indienne mais s'en distingue assez pour mériter une présentation séparée. Elle est exposée dans cet ouvrage par un Tamoul qui l'a vécue pendant 88 ans et qui s'est efforcé de l'approfondir tout au long de sa vie. Elle est décrite en une langue simple et claire pour être saisie même par ceux qui n'ont eu aucun contact avec le pays tamoul. Cet ouvrage sera davantage apprécié par les Tamouls qui ont quitté le pays depuis une période plus ou moins longue. A sa lecture, ils seront contents et fiers d'appartenir à cette culture. Même ceux qui ont gardé le contact avec le pays seront ravis de faire plus ample connaissance avec cette riche culture et d'en découvrir les tenants et les aboutissants.

  • Le Maroc occupe une place à part dans l'oeuvre d'André Chevrillon, qui fut un grand passionné des grandes civilisations d'Asie et d'Orient, que l'on redécouvre enfin après de longues années d'un relatif oubli. En 1905, à une époque cruciale qui vit le pays s'ouvrir davantage à l'étranger, Chevrillon séjourna à Fès, sur l'invitation de Georges Saint-René- Taillandier, ministre de France à Tanger, alors en mission diplomatique dans la vieille capitale. Chevrillon a raconté cette première découverte du Maroc dans un riche récit, Un crépuscule d'Islam, publié chez Hachette en 1906. Ce qui fascina d'emblée l'écrivain, c'est la persistance, dans le proche voisinage de l'Europe, d'une culture qui avait su préserver des traits religieux, des styles architecturaux, des modes de vie d'une profonde originalité. Chevrillon s'intéressa, certes, comme Pierre Loti plus de dix ans avant lui, à la « couleur locale » et au pittoresque de scènes de rue qu'il sut rendre avec un art parfaitement maîtrisé de la description. Il fut très attentif à ce qu'il put saisir, comme subrepticement, de la manière d'être des vieilles familles citadines où demeurait quelque chose de la sensibilité raffinée de la vieille Andalousie. Mais l'écrivain voulut aller plus loin, découvrir davantage l'essence d'une culture, dans sa continuité historique et ses valeurs singulières.

  • Au Maroc

    Pierre Loti

    Avant de partir pour le Maroc, en 1936, le peintre Nicolas de Staël lit tous les soirs à haute voix des passages d'Au Maroc, de Pierre Loti. C'est dire que cinquante ans après sa publication, en 1889, ce récit de voyage paraissait encore essentiel et moderne. Il a régulièrement été apprécié par la critique, à l'unisson d'un Montherlant le saluant, en 1951, comme « le meilleur livre » qu'il ait lu sur ce pays.
    Pierre Loti (1850-1923) ne dut pas au hasard de sa carrière maritime son voyage marocain, ni même à un désir personnel (comme pour la Terre sainte, l'Inde ou l'Égypte). C'est sur l'invitation du nouvel ambassadeur Jules Patenôtre qu'il accepta d'accompagner la mission diplomatique visant à introniser le nouveau
    représentant de la France auprès du sultan Moulay-Hassan. De telles délégations avaient l'habitude de s'entourer d'artistes et d'écrivains susceptibles d'en pérenniser l'éclat, et Loti, l'ami des Turcs et du monde musulman, était tout désigné aux yeux de Patenôtre pour devenir l'historiographe de cette ambassade en pays d'islam.

  • Bada, est la figure emblématique des femmes berbères du Maroc : libres et traditionnelles.
    Les autres récits sont autant d'aquarelles permettant de découvrir un peuple fier, drôle et extrêmement courtois. Le Maroc, caché dan son écrin de montagnes ocres aux éclairages austères et majestueux, consent ici à se laisser approcher.
    Maurice Le Glay fut peut-être celui qui connut le mieux le Maroc. Aujourd'hui, malgré son talent, il figure parmi les écrivains oubliés. Pourtant son oeuvre constitue un témoignage privilégié de l'époque du Protectorat, et peut ainsi favoriser chez les lecteurs francophones, une meilleure compréhension des hommes et des femmes du Maroc, de leur culture, de leur histoire, et devrait retenir l'attention des spécialistes de l'histoire littéraire. Ce livre a obtenu le grand prix de la littérature coloniale en 1922.

  • Un chien des rues de Dacca croit avoir été Steve Jobs dans une existence antérieure. Des rumeurs à la vie dure chuchotent que le père de l´iPad s´est réincarné. Apple honore son mot d´ordre de «penser autrement» et lance la chasse au tulku de son président-fondateur.

    Fables ou tome 2 de la biographie de Steve Jobs ?

    Une odyssée aux sources de l´identité, à entreprendre que vous aduliez Steve Jobs, qu´il vous indispose ou vous indiffère ; que la métensomatose soit pour vous une évidence ou un nom d´oiseau.

    De nationalités canadienne et française, Pierre Marmiesse partage son temps entre Montréal, Paris, Valence en Espagne, et des voyages qui l´emmènent parfois en Asie.

    Les vies de Steve est son neuvième roman, le premier aux Editions Kailash.

  • Maurice Dekobra fait partie de ces écrivains-voyageurs du siècle dernier qui sillonnèrent la planète et l'Asie plus particulièrement .
    Son périple le conduit de Madras au Sud, à Calcutta à l'Est, puis Bénarès sur la rive sacrée du Gange, le Rajasthan et ses princes aux fastes légendaires, jusqu'aux dures terres arides de l'Afghanistan pour se terminer au royaume alors très fermé du Népal.
    Dekobra mélange avec un art consommé, les réflexions philosophiques et les constatations politiques et sociales que lui révèlent ses rencontres, parfois cocasses, et ses observations de cet immense continent étrange à bien des égards.
    On retrouve dans l'Inde contemporaine de multiples aspects toujours vivants, bien que la population ait plus que triplé en moins de cent ans. Au fil des pages, le voyageur d'aujourd'hui retrouvera sans peine les Indes du siècle passé, malgré la présence omniprésente des nouvelles technologies, un pays où les Sadhus nus et échevelés ont des téléphones portables, où les cyber cafés sont aussi nombreux que les temples...
    Ce livre de Kailash Éditions, réalisé en coopération avec Les Éditions de Londres, est un inédit numérique.

  • Parmi les " décivilisés ", l'un d'eux apparaît remarquable.
    Dans Sao l'amoureuse tranquille de Casseville, voici le sergent Jeanpierre. Enfant abandonné et déshérité, surnommé " Le peu ", un long chemin le conduit de Toulon à Saigon, puis à Hanoï, à Laï-Chau dans la Haute-Région, et enfin au poste isolé de Muong-Tong, où l'accompagne la petite prostituée Thi-Sao, rencontrée à Saigon. Là, ce mal aimé connaît l'attachement profond de sa compagne, et, parvenu au bout du dépouillement, se transforme littéralement en Asiatique.
    Il commençait à percevoir un peu le mystère de l'âme annamite, en vivant pleinement en commun avec Thi-Sao, loin de toute influence européenne. (...) Il entrevoyait la sagesse tranquille de cette philosophie orientale qui ne considère que l'heure présente, relègue le passé dans l'oubli, comme un mal et s'attache seulement à écarter de la route de chaque jour les embûches que sèment les mauvais génies.

  • Parue en 1930, Noire idole s'inscrit dans la littérature sur l'opium. Dans cet essai, Jean Dorsenne s'attache, de façon objective, à renseigner le public sur une substance aussi diversement appréciée afin de dissiper les légendes et les erreurs trop abondamment répandues à propos de la "Noire idole". C'est une présentation précise qu'il nous offre au sujet de cette drogue, retraçant son historique et sa philosophie, ses dévastations et sa littérature.
    Dans la deuxième partie du livre, Jean Dorsenne reprend de courts extraits de livres sur ce thème. Nous retrouvons Thomas de Quincey, Charles Baudelaire, Jean Cocteau, ou encore Jules Verne.

  • Durant le conflit Russo-japonais, le Japon fait un gros effort de guerre sur le plan humain. Le peuple japonais est dans son ensemble très pauvre et les filles de paysans cèdent aux propositions alléchantes de s'exiler vers l'Indochine française pour y être exploitées comme fille de joie (Geishas). Un regard différent de L'Indochine des années 30.

  • Elle est jeune, ravissante, divorcée et ...encore riche.
    Celle qui jamais n'est ici nommée est prise dans un piège un peu magique. Il était une fois à Pondichéry, trois messieurs vieillants qui firent un pari : obliger à danser la belle qui les a tour à tour éconduits, dans le temple de la danse de Chidambaram. Une nuit d'opium et de haschich se déroule alors entre rêves et réalités. Un défi que malgré les mauvais présages, elle ne pourra éviter. Magre nous apparaît ici comme un cas unique d'écrivain spiritualiste au XXe siècle.
    Si cela est singulier, et si ce mélange d'érotisme et de spiritualité sent le souffre, pourquoi mépriser son témoignage en une époque où les divers matérialismes, dialectiques ou pas, faisaient des morts par millions ? En effet, chez lui se lit le credo platonicien éternel, que les causes d'un monde visible sont cachées dans une réalité invisible, même si celle-ci n'est visible qu'indirectement, et l'espérance profonde en une autre vie : " Je sais qu'autour de moi se déroule la féerie du monde spirituel, où s'élaborent les causes du monde matériel, où la beauté est permanente, où l'amour est l'élément essentiel dans lequel tout se meut.
    "

  • De la rizière à la montagne est un roman qui retrace l'existence d'une famille de paysans pauvres au nord du vietnam.
    Une vie de traditions entrecoupée de nombreux malheurs qui blessent tant la chair que le coeur. nguven, par la traîtrise de son voisin va être arrêté et déporté dans la haute région oú il périra de mauvaise fièvre. son frère cadet le vengera à sa manière. un langage direct anime ces personnages simples et attachants ; un voyage des plaines du fleuve rouge aux confins de l'immense chine dont le sud est habité par différentes minorités entraîne le lecteur dans un vietnam rural authentique que l'on retrouve presqu'intact aujourd'hui.
    Un destin singulier que celui de jean marquet. arrivé au tonkin en 1982, il entra dans l'administration des douanes et régies. la grande originalité de son oeuvre est de voir le romancier se situer, non point à la place de l'européen étranger, mais à celle du paysan indochinois. il va transcrire la pensée paysanne à travers la vie simple de souffrances et de privations du pauvre "nhaqué". la nature elle aussi est représentée telle qu'elle est subie par l'agriculteur démuni.
    Pas de jungle luxuriante, pas de couleurs vives, mais seulement la tristesse infinie du delta, les bourrasques salées du vent marin, un plat pays grisâtre et morne.

  • Jean de Fodoas est à la cour du Grand Moghol, Akbar (1542-1605) durant la fin de son règne, l'un des plus longs de l'histoire indienne. Romancier hors pair, Magre sait jouer de l'histoire en y mêlant la fiction avec talent. Bollywood s'est emparé du sujet en 2008 avec la parution Jodha Akbar.

  • Récit de voyage critique et pointu de la société française en Indochine. Avec son humour acerbe, Croisset nous emmène un fois encore, après Dorgelès, sur la Route mandarine, cette fameuse route nationale 1, des confins du Cambodge (delta du Mékong) au Laos sans oublier le principal : ce fabuleux Vietnam aux paysages changeants, magiques et déstabilisants que l'on pourrait comparer une France asiatique par sa diversité, ses humeurs, son peuple bourré d'humour. Un moment du passé qui tient encore bien debout aujourd'hui pour un voyage à la fois dans le temps et actuel dans ce Vietnam qui nous boulverse tant.

  • La barque annamite est le reflet littéraire des paravents de laque chinois à quatre panneaux, dont chacun représente une saison.
    Ainsi sont les générations qui cohabitent dans le même foyer : le vieux neua, le couple thi teu et hoc accompagnés de leur jeune adolescent adopté tao. ils vont entreprendre le rêve de l'aïeul, à savoir regagner la terre des ancêtres dans le pays de la haute région (frontière chinoise), afin de complaire aux génies et cela en sampan. à l'image des couleurs des printemps, été, automne et hiver, la vie s'écoule aux rythmes des tempêtes ou des suffocantes chaleur, des bruines aux froids humides, des sentiments inexprimés aux franches disputes, dans ce cadre magique qu'est la baie d'halong.
    Un portrait poétique et fidèle de ce peuple attachant vivant entre la terre et l'eau, entre traditions et rêve de modernité.

  • Paru en 1905, Sanctuaires et paysages d'Asie décrivent la découverte du Skri-Lanka, de l'Inde et de la Birmanie.
    Dès sa découverte de Ceylan puis de l'Inde, il y a chez Chevrillon une thématique de l'éloignement, de la distance culturelle, surtout lorsqu'on approche de civilisations qui n'ont pas encore été entraînées dans un processus de modernisation coloniale qui consiste pour l'essentiel à les insérer dans l'engrenage des grandes forces mondiales. Chevrillon ne parle pas de " globalisation ", mais il analyse attentivement ce qu'il appelle un mouvement de " généralisation " planétaire dont il n'observe, en fait, que les commencements. De là son empressement à découvrir des cultures qui sont encore lointaines, et qui ont pu développer librement leur singularité.
    /> Sa traversée de l'océan indien, dans son immensité mystérieuse, est comme le prélude à un plus vaste dépaysement, dont Chevrillon se fera le chroniqueur et le poète. Mais l'" éloignement " est aussi synonyme d'une perte des repères culturels, au fur et à mesure que l'on s'enfonce à l'intérieur des terres, et que l'on découvre des civilisations (bouddhistes, hindouistes) devant lesquelles les critères intellectuels européens sont inopérants. Dès lors le voyageur fait l'expérience d'un éloignement de soi sans être sûr pour autant de rencontrer l'autre. De cette position inconfortable peut naître un genre littéraire bien particulier, à la rencontre du récit de voyage et de l'essai philosophique.

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