Éditions Somme toute

  • Régine Robin est décédée en février 2021 des suites d'un cancer. Jusqu'au dernier moment, elle a travaillé avec Stéphane Lépine à ce qui devait être son dernier livre. Pourquoi des entretiens avec Régine Robin alors que bon nombre de ses textes ont déjà une portée autobiographique ? Parce que Régine Robin fait partie de ces voix parallèles au sein de la communauté intellectuelle du Québec qui nous apprennent beaucoup sur nous-mêmes même lorsqu'elles ne nous interpellent pas directement.
    Régine Robin était l'une de ces voix critiques, à la fois entièrement engagée dans la société québécoise et en marge de celle-ci. Née ailleurs, vivant un peu partout dans le monde, surtout en France, mais demeurant toujours attachée à Montréal en raison de son travail universitaire et du caractère multiple, bigarré, voire hétéroclite de cette ville. Lire ces entretiens, c'est entrer à la fois dans la bibliothèque et dans la mythologie de Régine Robin. Plus encore qu'une introduction à son oeuvre, c'est une invitation à comprendre le discours de l'exil, de l'extériorité, ce qui est peut-être au final le meilleur moyen d'enfin répondre aux vieilles antiennes du discours identitaire.

  • Le Festival de Cannes, plus important festival de cinéma au monde, a été créé en 1939, mais n'a jamais pu être tenu cette année-là, en raison de l'invasion de la Pologne par l'Allemagne et le déclenchement subséquent de la guerre. Depuis 1946, année où le festival a finalement été lancé, une unique édition a dû être interrompue, celle de 1968, qui a pris fin abruptement, en signe de solidarité des cinéastes avec les étudiants et ouvriers en grève. Une seule édition a par ailleurs dû être annulée : celle de 2020, pandémie de COVID-19 oblige.

    Marc Cassivi et Marc-André Lussier fréquentent le Festival de Cannes depuis le début du XXIe siècle. Deux décennies de films, de controverses, de palmarès contestés, de conférences de presse tournant au vinaigre, de chefs-d'oeuvre proclamés (ou en devenir), de fêtes fastes et de rencontres mémorables... Depuis les premières loges, les « 2 Marc » ont assisté à ces triomphes et à ces déceptions, à ces moments d'anthologie qui ont marqué l'histoire du septième art.

  • À l'automne 2019, Guy Taillefer et Valérian Mazataud, crayon et appareil photo à la main, parcourent le couloir de la sécheresse, du Guatemala au Honduras en passant par le Salvador. Large bande côtière longeant le pacifique, ce couloir est aujourd'hui considéré comme l'une des régions du monde les plus vulnérables aux changements climatiques. Pénuries d'eau, sécheresse, pauvreté endémique, corruption et violence s'enchevêtrent, s'alimentent et forcent de plus en plus d'habitants, surtout en zones rurales, à s'arracher à leurs terres et à leurs proches.

    Fuir le couloir de la sécheresse regroupe les reportages publiés lors de cette traversée et des récits inédits. Les textes et les photographies rassemblés ici permettent non seulement de braquer les projecteurs sur un désastre encore largement ignoré, mais viennent aussi illustrer les conséquences des perturbations climatiques et des inégalités entre les pays du Nord et ceux du Sud. Parce que le mode de vie consumériste des uns couplé à l'étanchéité des frontières entraînent déjà des catastrophes chez les autres.

  • Réfusés par les subventionnaires, refusés par les producteurs, refusés par lui-même. Voici trois des nombreux scénarios « tablettés » qui portent la griffe de Robert Morin , auteur iconoclaste du cinéma québécois.
    Ce premier volume de « refusés » est accompagné d'un essai de Morin sur sa méthode, sur la monstruosité au cinéma, sur le financement de celui-ci et sur les raisons qui ont fait de ces scénarios des refusés.

    Morin y adapte librement Witold Gombrowicz en une série de 12 épisodes, « met en scène » et remanie les carnets de Jacques Cartier, de manière à illustrer le choc des civilisations comme peu ont osé le faire avant lui, tout en s'aiguillant des recherches du spécialiste Denys Delâge ; et lève le voile sur les mécanismes d'exclusion et le racisme en racontant l'histoire vraie (et recueillie de première main) d'Helena Valero, capturée durant les années 1930 par les Yanomamis de l'Amazone, et revenue parmi les Blancs près de 25 ans plus tard. Ces trois scénarios (La femme étrangère ; L'amour et le pornographe et La grosse maladie) sont publiés ici pour la première fois et agrémentés de textes introductifs de l'auteur.

    Scénarios refusés est par ailleurs le premier livre à paraître dans la collection F I L M É C R I T U R E, dirigée par Ralph Elawani.

  • Les scientifiques se disputent : notre quotient intellectuel collectif est-il vraiment en chute libre ? Sommes-nous toutes et tous de plus en plus bêtes ? Qu'on soit d'accord ou non avec cette hypothèse, force est de reconnaître que la bêtise se fait maintenant bruyante, inonde les réseaux sociaux et rassemble les foules, gravit les plus hauts échelons et infecte les parlements du monde entier.

    Dans ce nouveau recueil rassemblant ses meilleurs écrits et des textes inédits, Frédéric Bérard s'attaque à la bêtise, qu'elle prenne la forme d'une usine de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay, de complots aux thèses science-fictionnelles toutes plus hurluberlues les unes que les autres ou encore de refus obstinés de reconnaître le racisme systémique. Avec le ton inimitable et l'humour acerbe et sensible qu'on lui connaît, l'auteur retourne le miroir sur notre société et propose aux lecteurs et lectrices d'en sonder le reflet.

  • Après le succès de Fragments d'ailleurs. 50 récits pour voyager par procuration, Gary Lawrence propose un nouveau recueil regroupant cette fois-ci 25 écrits sur ses pérégrinations à saveur québécoise. Au menu : escapade gourmande dans Lanaudière, ski de montagne sur les monts Chic-Chocs, baignade parmi les phoques aux Îles-de-la-madeleine, retour dans le temps à l'observatoire astronomique du Mont Mégantic et plus encore.

    Fragments d'ici. 25 récits pour (re)découvrir le Québec transporte les lectrices et les lecteurs aux quatre coins de la province, que ce soit au sommet de ses plus hautes montagnes, au coeur de ses paysages les plus majestueux ou au centre de ses plus intrigants villages. Les textes réunis ici permettent de réaliser que si Gary Lawrence a déjà foulé du pied plus de 100 pays et territoires, il n'a pas oublié de profiter des merveilles d'ici.

    Les écrits sont accompagnés des photographies de Gary Lawrence.

  • D'aucuns n'oseraient dire le contraire : les enjeux auxquels se confronte la relève journalistique sont de taille. Pourtant, lorsqu'il est question de l'avenir des médias, ce sont souvent les mêmes voix qui se font entendre ; celles de journalistes d'expérience, modèles pour la jeune génération. Bien que leurs contributions aux débats en cours soient essentielles, il est aussi nécessaire d'entendre la relève journalistique, parce que le futur des médias résultera en grande partie des décisions que cette nouvelle génération prendra. Dans ce livre, sept d'entre eux s'expriment sur les enjeux de demain, leurs incertitudes et leurs aspirations. De l'indépendance journalistique aux stratégies pour combattre les fausses nouvelles, en passant, entre autres, par la transmission du savoir, la création de nouvelles instances médiatiques et le traitement de données numériques, la diversité des sujets abordés reflète celle des défis qui les assaillent. Si incertain soit l'avenir des médias, les textes réunis ici permettent de réaliser qu'il reste de l'espoir. Et que cet espoir réside dans la relève.

  • Est-ce que c'est normal que je me sente si loin de mon organisation syndicale nationale ? Quand j'écoute les représentants nationaux, j'ai vraiment l'impression qu'ils sont déconnectés de notre réalité. Pour quelles raisons ne sait-on pas vraiment ce qui se passe aux tables de négociations ? Pourquoi utilise-t-on toujours les mêmes moyens de pression ?

    Ces questions qui reviennent sans cesse dans la bouche des membres témoignent des difficultés que rencontrent aujourd'hui les grandes organisations syndicales. Si elles ont, pendant longtemps, occupé un rôle important dans la vie de leurs membres et au sein de la société québécoise, force est de reconnaître qu'elles sont de plus en plus considérées comme de simples négociatrices de conventions collectives.

    Selon Éric Gingras, président du Syndicat de Champlain, il est temps que les pratiques de ces instances changent pour s'adapter aux nouvelles attentes des membres qu'elles représentent. Dans ce livre, il en appelle à plus de leadership : revoir les façons de communiquer, cesser d'utiliser les médias comme seule courroie de transmission possible, impliquer davantage les membres lors des processus de négociation, rendre les structures organisationnelles plus flexibles... Les solutions sont nombreuses, ne manque plus qu'un peu d'audace.

  • Les actions individuelles ne suffiront pas : la lutte au réchauffement climatique nécessite des changements musclés, drastiques, que seuls les différents paliers de gouvernement sont en mesure d'orchestrer. La responsabilité de l'État ne peut se résumer à simplement encourager les citoyens à recycler, à manger moins de viande et à poser les bons gestes. Si une majorité d'entre nous considérons la protection de l'environnement comme un enjeu prioritaire, nous savons maintenant que les gouvernements resteront silencieux si nous ne réclamons pas, haut et fort, des mesures pouvant nous permettre de gagner cette course contre la montre.

    Pourtant, les solutions existent et sont à notre portée. Dans ce court essai, les auteurs répertorient et présentent différents leviers gouvernementaux susceptibles de nous permettre de réduire significativement notre empreinte environnementale collective. Les moyens proposés touchent autant nos façons de nous déplacer et de nous alimenter que nos manières d'occuper notre territoire et de protéger ses ressources. C'est au tour du gouvernement de mener cette bataille.

  • Notre démocratie ne doit pas être prise pour acquise. Le Québec n'est pas à l'abri des menaces qui la guettent : confiance effritée, désinformation, montée mondiale du populisme anti-démocratique.

    Comment renverser la vapeur ? Comment transformer l'Assemblée nationale de manière à ce qu'elle cesse de prendre des allures de champ de bataille pour plutôt devenir un véritable lieu de collaboration et de réflexion ? Comment mieux outiller les citoyennes et citoyens et les faire passer de simples spectateurs à acteurs centraux de notre système politique ?

    Tels sont les défis que proposent de relever Kimberlee Desormeaux, Geneviève Dorval-Douville et Marc-André Ouellette, eux-mêmes citoyens engagés. Dans cet ouvrage, ils font le pari que si nous redonnons à tous et à toutes le rôle qui leur revient dans notre démocratie, nous retrouverons le goût de rêver ensemble d'un avenir meilleur.

  • Toucher au cinéma est un recueil de textes (essais, réflexions, carnets, analyses, etc.) et de dessins de Pierre Hébert réalisés au cours des dix dernières années. Certains d'entre eux sont parus dans des revues québécoises (Hors champ, 24 images), ont été prononcés lors de colloques (au Québec et en France) ou ont accompagné desinstallations et des performances. D'autres sont des inédits, des réflexions du cinéaste et animateur sur sa pratique, sur l'évolution de l'image en mouvement, sur le cinéma de ses contemporains (jeunes et vieux) et sur la lecture et relecture de figures totémiques du 7e art (André Bazin, André Martin).

  • Les recherches scientifiques sur le clonage et le génome humain pourraient-elles être mieux encadrées ?
    Devrait-on éliminer les maladies génétiques et autres particularités héréditaires ? Dolly fut-elle la mère des monstres en série ?

    Depuis les dernières décennies, les prouesses et les maladresses de certains scientifiques ne cessent de nous surprendre : clonage d'animaux de ferme, dépistage de maladies, exploitation d'organismes génétiquement modifiés, développement de la chirurgie du génome, création de singes fluorescents... Si les percées dans le domaine sont appelées à occuper une place grandissante dans nos vies, les critères moraux devant encadrer leur développement sont loin d'être déterminés. Alors que des humains songent à en créer artificiellement d'autres ou à les rendre plus performants que nature, le débat sur le clonage et le génie génétique nous concerne toutes et tous, de près ou de loin.

    Dans L'aventure de la génétique humaine, Jean Bergeron nous invite à réfléchir aux portées - morale, juridique et scientifique - de ces entreprises. Comme le docteur Frankenstein qui rassemble les pièces pour construire son monstre, l'auteur regroupe ici réflexions éparses, exemples inspirants et données surprenantes pour offrir un panorama diversifié et personnel de ce vaste sujet.

  • j'ai montré toutes mes pattes blanches je n'en ai plus prend la forme d'une longue lettre qu'écrit l'artiste et autrice Sylvie Laliberté à son frère, mort depuis peu. Elle y raconte son deuil, sa difficulté de vivre sans lui, de le savoir seul parmi les autres morts qu'il ne connaît pas. Elle y raconte aussi leur enfance, cette enfance privée de réalité par un père qui n'allait pas bien, à une époque où on évitait de parler des gens qui n'allaient pas bien. Dans les banlieues, les enfants de ces hommes souffrants devaient s'accrocher et espérer que tout ne s'enfuit pas au pays de ça-ne-va-vraiment-pas-bien-du-tout.

    Dans ce nouveau livre, Sylvie Laliberté lève un voile sur un pan de sa vie familial, celui de la maladie de son père. Avec ce ton inimitable que les lectrices et lecteurs ont pu découvrir dans Je suis formidable mais ça ne dure jamais très longtemps, Je ne tiens qu'à un fil mais c'est un très bon fil et Quand j'étais Italienne, l'autrice remonte à nouveau le fil de sa vie pour livrer un récit empreint de douleur, de honte, de compassion et de douceur.

  • En quelques décennies seulement, le Québec est passé d'une mentalité de « porteurs d'eau » à celle d'une nation dont les individus, affranchis, savent qu'ils ont tout pour réussir... et en français! Si les générations précédentes ont donné au Québec les moyens de ses ambitions, il faut maintenant nourrir une ambition à la hauteur de nos moyens.

    À travers ce manifeste hors norme, l'équipe fondatrice du projet Ambition Québec (Catherine Fournier, Pierre Marois, Geneviève Dubé-Marcil, Guillaume Gringras, Jean Pierre Kayihura, Odette Lavigne, Lou-Joris Lavoie-Rondeau, Élodie Lussier Piché, Carl Paquet, Karolanne Perreault, Shophika Vaithyanathasama, Jean-Christophe Verbert) explique pourquoi elle choisit de miser sur le principe de proximité pour amorcer cette démarche. Les régions, les municipalités, les communautés et les différents milieux de vie doivent être au coeur du renouvellement de l'action souverainiste. C'est ainsi que nous paverons la voie vers un pays au sein duquel chaque Québécoise et chaque Québécois pourra s'épanouir pleinement.

    Récits, discussions, poèmes et illustrations se mélangent ici pour proposer une vision rassembleuse et inclusive de la lutte pour l'indépendance.

  • D'horizons et d'estuaires : entre mémoires et créations autochtones est une collection d'essais réunissant les voix de 16 artistes, commissaires, historien·ne·s de l'art et travailleur·se·s culturel·le·s autochtones, tant francophones qu'anglophones, oeuvrant dans les territoires que l'on nomme Québec. Faisant suite à des expositions, des performances, des résidences d'artistes et des discussions mises en place lors du Projet Tiohtià:ke (2017-2019) du Collectif des commissaires autochtones, ces textes honorent les relations et les affinités qui sont au coeur de ces pratiques en arts
    visuels.

    Quelle place occupe actuellement les créations visuelles autochtones dans la société québécoise? Comment les créateur·trice·s imaginent-iels le futur de leurs expressions culturelles? Par la diversité des points de vue et les enjeux soulevés par ces écrits, ce livre pose des questions cruciales sur l'avenir des arts autochtones et ouvre la porte à des dialogues longtemps attendus au Québec qui, nous l'espérons, permettront de créer de réels changements positifs. Il est maintenant temps de plonger dans ces imaginaires collectifs éblouissants et de nager dans les eaux ondulantes de ces mémoires résilientes.

  • Fuite des revenus publicitaires, méfiance du public, fake news, virage numérique, compressions budgétaires, réduction des effectifs, fermetures... dire qu'une crise secoue les médias relève aujourd'hui de l'euphémisme. Disons-le franchement : le milieu journalistique est en chute libre.

    Si aucun coup de barre n'est donné, les entreprises médiatiques continueront de fermer les unes après les autres. Bientôt, il ne restera que quelques structures dans les mains de deux ou trois milliardaires en quête d'influence. Ou encore, une poignée de petits organismes sans moyens. L'infospectacle, les chroniques et les réseaux sociaux resteront les seules façons de s'informer et les assises de la démocratie s'effriteront peu à peu.

    Dans Tombée médiatique, Mickaël Bergeron dresse un portrait de la situation en distinguant trois priorités sur lesquelles travailler : le modèle de financement doit être repensé, les médias ont à assumer leurs responsabilités sociales, les salles de nouvelles doivent reconnaître l'importance de la diversité. Au carrefour de l'essai et du manifeste, du personnel et de l'universel, du découragement et de l'espoir, l'ouvrage se veut un plaidoyer pour que cette crise se transforme en opportunité.

  • Les mois se suivent et se ressemblent : scandales, outrances, tweets vénéneux, faits alternatifs, bouffonneries et autres gâchis se succèdent à la Maison-Blanche comme si Donald Trump refusait qu'une seule journée soit consacrée à autre chose qu'à rendre son mandat présidentiel le plus extravagant de l'histoire américaine. Sur fond de racisme décomplexé, de conflits d'intérêts, de magouilles électorales et de haine grimpante, le chef de l'exécutif refuse, rage, invective, méprise, renvoie, bouscule, trafique, ment, insulte, détruit.

    Mais quels intérêts Trump cherche-t-il vraiment à défendre? Et comment y arrive-t-il? Doit-on simplement voir en lui un grotesque milliardaire ou encore un fin manipulateur?

    Dans ce deuxième opus de sa série sur Trump, Serge Truffaut propose le récit des 15 mois qui forment le coeur de sa présidence (mars 2018 à mai 2019). En livrant un portrait exhaustif de ce mandat hors norme, ce livre permet de mettre en évidence et de relier les lignes de fracture, les tensions, les abus et les révoltes qui le ponctuent.

  • De quoi se composent nos excréments ? Crocodiles, serpents et autre bêtes immondes peuplentils réellement nos égouts ? L'eau que l'on retrouve dans notre toilette est-elle vraiment la même que celle qui coule de nos robinets ?

    Pour la majorité d'entre nous, notre connaissance des déjections humaines se limite à ce que contient notre cuvette et se termine une fois la chasse d'eau tirée. Toutefois, c'est toute une aventure qui commence à ce moment, aventure durant laquelle les eaux usées se mêlent aux éléments les plus divers - lingettes nettoyantes, mégots, bâtons de hockey, etc. -, sont traitées dans différents types de stations d'épuration, puis rejetées dans nos rivières. Cet ouvrage est non seulement une plongée dans nos égouts, mais aussi une histoire de l'hygiène publique, un panorama des avancées scientifiques et technologiques ayant permis de limiter la propagation de nombreuses maladies et un manifeste pour une meilleure gestion des eaux usées.

    Combien de temps encore des surverses comme celle ayant eu lieu à Montréal en 2015 et ayant entraîné le déversement de 8 milliards de litres d'eaux usées dans le fleuve seront-elles nécessaires ?

  • Sous-financement chronique de l'éducation, locaux vétustes, diminution des services spécialisés, augmentation de la charge de travail, précarisation des emplois...tout semble vouloir amener le personnel enseignant à l'épuisement professionnel, au burn-out. Pour plusieurs, le dilemme devient critique : il devient nécessaire de choisir entre 1) sacrifier sa santé mentale ou 2) changer de profession.

    Les téméraires qui font le premier choix et qui tombent d'épuisement se font dire qu'il s'agit avant tout d'adapter leurs comportements, de prendre du temps pour respirer. Mais la solution repose-t-elle vraiment sur des stratégies de survie ?

    Capucine Esther Beauchemin est le nom de plume d'une enseignante qui pratique à Montréal depuis une dizaine d'années Pour elle, le burn-out, loin d'être un problème d'adaptation de l'individu, est plutôt, dans bien des cas, le résultat logique d'une société axée sur la performance et fondée sur le mythe du self-made man, d'une société patriarcale où les principes d'efficacité et de prospérité économique prime sur la santé des personnes. Faire école est le récit d'une enseignante épuisée, mais aussi la dénonciation du discours néolibéral qui s'insinue à la fois dans la gestion nos écoles, dans nos approches thérapeutiques et dans nos mythes individuels et collectifs. Ainsi, sauver le personnel enseignant (et, plus largement, l'ensemble des travailleurs et travailleuses) ne passe pas seulement par la promesse d'investissements économiques, mais aussi par une inévitable refonte de nos récits et de notre rapport à l'autre.

    Faire école se veut un essai aux formes hybrides, mêlant intime et statistiques, témoignages et analyses, poésies et éditoriaux.

  • Les activités entourant la production de films pour adultes se sont accrues au Québec, au point où Montréal est devenue une plaque tournante de ce commerce international qui engrange annuellement des milliards de dollars. Portait ludique et sans concession de l'industrie pornographique, Pornodyssée donne la parole à ceux et celles qui font jouir nos écrans. À la fois reportage, essai littéraire et confession biographique, ce livre est le fruit d'une enquête basée sur de nombreuses entrevues avec les Québécoises et les Québécois qui façonnent le porno d'ici et d'ailleurs, qu'ils travaillent devant ou derrière la caméra. Il s'agit d'une invitation à passer au-delà de l'écran pour visiter les coulisses de la fabrique de l'érotique, avec ses rêves et ses cauchemars.

  • Ayant conservé journaux intimes, lettres, travaux universitaires, agendas de boulot, discours, coupures de journaux et notes personnelles depuis son enfance, Micheline Savoie parcourt, dans ce récit autobiographique, l'histoire de trois générations de femmes : celle de sa mère, la sienne et celle de sa fille. S'adressant à cette dernière, elle retrace un itinéraire mouvementé entre Campbellton, Montréal, Ottawa et Québec, la frénésie et l'essoufflement, l'ardeur et les tourments, elle raconte le sexisme en milieu de travail, la barbarie du viol, la complexité des rapports familiaux, l'amour, la tendresse et la détermination. Elle témoigne de sa vie en tant que mère, fille et femme, et de son expérience à la direction des communications d'institutions d'envergure (Radio-Canada, le Conseil consultatif canadien de la situation de la femme, l'ONF, Loto-Québec).

    Le récit qui se tisse devient ainsi non seulement un dialogue entre une femme et son passé, mais aussi un portrait unique et intime de son cheminement professionnel. Acadienne d'origine, Micheline Savoie est une féministe audacieuse, qui a su défendre la place des femmes et des minorités dans le cadre de ses fonctions.

  • Un régiment indocile. Ainsi peut-on envisager ces générations de créatrices et de créateurs, prospecteurs de fulgurances imagières, qui ont donné naissance à un cinéma exploratoire dont le grand récit québécois de l'image en mouvement a trop longtemps fait l'économie. Premier ouvrage du genre, ce livre collectif sur le cinéma expérimental québécois traverse - à grand renfort d'essais, d'entretiens, de photographies, de manifestes et de témoignages - plus de 75 ans d'avant-garde.

  • En janvier 1994, Gary Lawrence est parti pendant huit mois explorer l'Europe et l'Afrique du Nord, sac au dos, fuyant une morne carrière juridique. Il est revenu de ce périple avec des kilos de calepins noircis, quantité de rouleaux de bobines exposées et la ferme volonté de raconter ses histoires à qui voudrait bien les lire.

    Depuis, il a foulé du pied plus de cent pays et territoires et pondu des centaines de textes, entre autres publiés dans L'actualité, Le Devoir et Espaces. Il regroupe dans cet ouvrage 50 de ses meilleurs écrits, qui forment autant de plongeons saisissants aux quatre coins de la Terre, de Tétouan à Berlin, en passant par le mont Kenya, Reykjavik ou encore le Mékong. Lieux paradisiaques ou pestilentiels, paisibles ou abasourdissants, périlleux ou hospitaliers, sont réunis ici pour livrer un tour du monde sans complaisance qui rend visible les variations et les similitudes, les fractures et les connexions entre les peuples. Le texte est accompagné de photographies de Gary Lawrence.

  • Alors que Justin Trudeau dépense des milliards de dollars pour l'achat d'un pipeline, Bolsonaro brûle la forêt amazonienne, François Legault se peint en défenseur de l'identité québécoise et la haine formate dans les journaux, gangrène les réseaux sociaux. En ce début du 21e siècle, les fins du monde sont nombreuses, diverses, empruntent la forme de l'apocalypse climatique, du populisme décomplexé, du virus ravageur ou du barbarisme médiatique.

    Recueil de chroniques publiées au cours des deux dernières années, La terre est une poubelle en feu se veut un cri d'alarme, une complainte tragique dans laquelle l'accumulation de prophéties dantesques devient un électrochoc contre l'apathie. Frédéric Bérard y jette un regard indigné sur les élites, qu'elle soit politique, économique ou médiatique, et dénonce la passivité qui caractérise notre époque. Si Frédéric Bérard se déclare pessimiste quant à la suite du monde, il refuse d'opter pour la résignation et de taire la duplicité des élus, la violation des droits fondamentaux ou l'aveuglement volontaire face aux enjeux environnementaux.

    En introduction, deux lettres que s'échangent l'auteur et Ève, sa fille, viennent insister sur le fait que les générations, plutôt que de s'accuser, doivent maintenant s'unir et travailler ensemble pour régler ces crises et empêcher que le monde ne s'effondre.

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