Éditions Triptyque

  • Les ouvrages du temps en quatre saisons Nouv.

    Les ouvrages du temps sont autant de fragments épars présentés en quatre saisons, pour en nourrir les prochaines. D'abord, les dormances de l'hiver, les pauses, les au revoir et les finalités, puis les orbes de l'automne, la maturité et sa lumière. Suivent alors les occurrences de l'été de tous les possibles avant de retourner aux hoiries du printemps, de la mémoire et des héritages. La grande majorité des poèmes et des chansons sont inédits, mais vous reconnaîtrez peut-être aussi quelques textes du florilège chansonnier de l'auteur, fils d'auteur.

  • Dites ami·e et entrez Nouv.

    Dans ce recueil de poésie, Victor Bégin explore ce qu'il appelle des « maison-mères », des lieux sûrs, en retrait du tumulte, qui offrent avec soin ce que promettent les refuges, les abris et les sanctuaires. Accueillante et ouverte, la voix poétique nous invite à séjourner dans cet espace construit, parmi des amitiés les plus chères (Sarah, Gabriel, la musique de Jean-Michel Blais et les films d'Hayao Miyazaki), afin de participer à un épanouissement collectif loin des contraintes oppressantes de la ville. De grands voyages se combinent à des moments intimes pour donner naissance à des superhéros qui, tendrement et en toute patience, aiguisent leurs épées jusqu'au moment imprécis où se forme une communauté nouvelle. Dites ami·e et entrez est un livre du recueillement, de la réparation et d'une prise de parole dont la bienveillance ne cache pas ses luttes.

  • « I change myself, I change the world », soutient Gloria Anzaldúa dans Borderlands/La Frontera. C'est dans la foulée de leur lecture des travaux de la théoricienne chicana que Nicholas Dawson et Karine Rosso se sont rencontré·e·s pour écrire Nous sommes un continent, cette correspondance mestiza au potentiel transformateur. Ancrées dans leur pratique d'écriture et dans leur appartenance au milieu universitaire montréalais, les lettres échangées par Karine et Nicholas sont, comme l'explique Pierre-Luc Landry dans sa préface, une main tendue, une invitation, un engagement : l'autrice et l'auteur ne parlent pas en vase clos ou dans une chambre d'écho, mais s'adressent plutôt au vaste monde, à un lectorat disposé à les accompagner dans leurs réflexions culturelles, sociales et politiques.

  • Avec une poésie à la frontière du récit, Marcela Huerta réfléchit, dans Tropico, à la position instable qu'elle occupe en tant qu'immigrante chilienne de deuxième génération, en disséquant crûment sa relation complexe avec son père défunt, un homme parfois comique, parfois antipathique, souvent fuyant, la figure de proue d'un passé, d'une histoire et d'un pays insaisissables pour l'autrice. En se tenant à la frontière de l'amour et de la rancoeur, Huerta investit une parole poétique plurielle qui ne cache pas la précarité qui accompagne tous les deuils. Douce-amère, la poésie tragicomique de Huerta se lit comme on regarde un album-photos : l'un après l'autre, les souvenirs donnent à lire une fresque intime qui, dans l'intimité de la mémoire, révèle les impacts psychiques et politiques des traumatismes intergénérationnels.

  • Avec Simoun, Robert Berrouët-Oriol aborde les vastes espaces du désert sahélien à l'arpentage de la matrice féconde du Poème. Dans une langue finement ciselée, il fait ample décours

    sur la mer de sable
    sous les tentes nomades
    la cérémonie des trois thés est rituel des recommencements
    chaque grain sableux y trouve sa voie
    et les Touaregs célèbrent denses paroles tamasheq à la fois neuves et vieilles
    transmises au défilé des siècles

    Simoun est également une longue fresque d'amour adressée à l'Amande, comme pour conjurer son absence au plus près des « mains peintes de l'alphabet des grands vents sahéliens ».

  • Un meurtre sordide a été commis au parc Baldwin. Le sergent-détective Vincent Bastianello mène l'enquête, à la recherche de l'assassin de Sara Landrieau, une jeune violoniste française qui était de passage à Montréal pour une tournée. Méticuleux et organisé, le meurtrier n'a laissé aucun indice sur la scène du crime et n'a croisé aucun témoin. Que cherchait-il en égorgeant sa victime, en lui prélevant des lambeaux de peau de manière chirurgicale et en abandonnant le corps dans ce parc du Plateau-Mont-Royal, à la vue du premier lève-tôt ? Pour résoudre ce mystère, Vincent et sa fidèle amie, la massothérapeute Josette Marchand, retracent les dernières heures de la musicienne et remuent son passé, découvrant des secrets que sa famille pensait pourtant relégués aux oubliettes.

  • Avec une intrigue aux multiples enchevêtrements et portée par des personnages plus grands que nature, Madeleine nous berce dans une atmosphère onirique et emplie de mystères. Monique Le Maner signe ici une oeuvre remarquable, qui nous confirme une fois de plus l'habileté et la force de son écriture romanesque.

  • Ce livre est l'histoire de douze textes survivants, rescapés, qui, faute de ressources, auraient pu ne jamais voir le jour. Traversés par le thème de la pauvreté, ces récits troublent le rapport à la famille, à l'éducation, au corps, à la mode, à la nourriture, à la mémoire, à la dette ; les voix, éloquentes et poignantes, s'y font écho autant qu'elles adressent les silences qui persistent.
    La pauvreté se montre ici de l'intérieur, sans qu'on l'antagonise, la réduise à une seule chose ou l'idéalise. Les auteur·ices expriment à la fois l'attachement et le rejet, l'amour et la souffrance ressentis envers l'expérience de la pauvreté, et parfois envers son éloignement. Par le croisement de différents vécus et de différentes esthétiques, ce collectif en déplie les complexités, les ambiguïtés, les contradictions.
    Pauvreté rassemble des textes risqués, courageux et bouleversants, qui empruntent au récit, à la poésie, à l'essai lyrique et à la correspondance. Ces textes incarnés, écrits depuis des corps transfuges qui ont connu ou qui côtoient la pauvreté, interrogent les marques qu'elle peut laisser - entre honte, culpabilité et réinvention.

  • Un sentiment d'authenticité est un livre hybride, sorte de « roman sur PME-ART » qui se situe entre l'autobiographie artistique et le récit, dans lequel Jacob Wren revient sur plus de vingt années de création. Le récit commence lorsque le jeune performeur rencontre Sylvie Lachance et Richard Ducharme, et qu'il déménage de Toronto à Montréal pour concevoir un projet avec eux. C'est alors que s'amorce la passionnante histoire du groupe interdisciplinaire PME-ART.

  • Les carnets de l'underground, ce sont les notes de terrain d'un club kid de Montréal, doctorant en études médiévales, qui court du Mile End à Berlin, en passant par Manhattan, pour ne rien manquer du lifestyle sexe, drogues et musique techno. Écrits dans une langue orale, désinhibée, rythmée par une pratique de l'écriture héritée d'Instagram, les carnets sont accompagnés des illustrations affriolantes de Jacob Pyne, qui répondent parfaitement à la mélancolie parfois autodestructrice du narrateur.

  • Montréal, automne 1947. Léopold Gauthier, vétéran de la Seconde Guerre mondiale et ancien détective de la Sûreté de Montréal, a de la difficulté à réintégrer la vie civile. Après sept ans d'absence, Léopold devrait être heureux de son retour, de revoir sa conjointe Suzanne...mais quelque chose cloche.
    Lorsqu'on demande à Marcus O'Malley, l'ancien partenaire de Léopold, d'enquêter sur le meurtre brutal d'un étudiant du collège Jean-de-Brébeuf, Marcus prie son vieil ami de lui prêter main- forte. Suzanne Gauthier, devenue reporter de crimes pour la Gazette, encourage Léopold à accepter l'offre de Marcus.
    S'improvisant détective privé, Léopold se joint donc à Marcus. Mais lorsque les victimes commencent à se multiplier, l'enquête se transforme en course contre la montre pour arrêter le tueur qui cible les élèves des collèges de Montréal...
    Portrait pluvieux d'une époque aux cicatrices nombreuses, furieusement parfumé de whisky et de cigares, Brébeuf joue avec les codes d'un genre littéraire bicentenaire et attribue aux femmes une place de premier plan.

  • Les autrices et les auteurs de Futurs nous montrent que la science-fiction fait maintenant partie de l'imaginaire collectif, qu'elle se niche en nous, dans nos peurs comme dans nos amours.
    Avec les crises qui ont marqué notre passage vers la nouvelle décennie, il n'y a plus aucune raison d'en douter.

  • Parenthèse suisse est un livre minuscule mais dense. À mi-chemin entre l'autobiographie et la fiction, teinté de nostalgie, de mystère, mais aussi d'humour, ce récit puissant et émouvant raconte, en douze fragments, le déracinement d'une jeune femme et sa parenthèse de vie à Fribourg, ville à proximité de Lausanne. Son parcours, alors qu'elle découvre les parois puis l'intérieur de sa nouvelle vie, se révèle par parenthèses, chacune d'elles dévoilant des personnages et des expériences transitoires. C'est une femme et un pays qui se construisent en parallèle, en miroir, dans l'écriture de Jules Clara ; c'est un exil volontaire et une identité qui se déploient, qui se définissent et se redéfinissent : où il est question des villes qu'on habite, du mal-être comme de l'amour qu'on peut y ressentir.

  • D'une caresse patentée est un recueil sur la figure du père. Plus précisément le père de l'autrice, ouvrier, taciturne, qu'elle a tenté de mettre en mots afin de comprendre sa tristesse, son désir de fuir. Elle extrait des images restées là, dans le coeur, dans les larmes, dans l'attente d'une réelle rencontre avec lui. Des illustrations accompagnent le recueil, réalisées pour la plupart à partir de photomatons. Ces dessins au graphite font écho aux poèmes. Mais à l'insu de la poète, le portrait de ce père serait-il, au fil de l'écriture, devenu un autoportrait ?

  • Friselis sur l'onde. Quelques lignes sur le lac est un recueil de haïkus et dessins. À chaque poème de Jacques Boulerice est associé un dessin de May Bery. Le jumelage texte-image et la structure d'ensemble sont une création originale de Madeleine Ghys, qui signe d'ailleurs le texte d'introduction.
    Madeleine Ghys a composé l'ouvrage comme une courtepointe, en glanant dans plusieurs cahiers remplis d'écritures manuscrites. D'un côté, des petits poèmes transcrits à la main dans les calepins de Jacques Boulerice. Trois lignes pour chaque poème, comme il se doit pour un haïku. De l'autre, des écritures asémiques dans les carnets de May Bery. En quelques lignes, ces dessins calligraphiques font image.
    En feuilletant tous ces cahiers, un thème s'imposait : celui de l'eau. Alors que les poèmes de Jacques Boulerice mettent en scène un environnement d'eau, de nuages, de forêts ou de vie sauvage, les dessins de May Bery font apparaître ces paysages.

  • Riverbrooke a toutes les apparences d'une petite ville ordinaire, mais elle ne figure sur aucune carte. C'est une bourgade à la géographie changeante, où s'entremêlent les ombres et les rires évanescents, où le vent murmure ses histoires et où les vies se forgent dans les regards aliénés de ses habitants. Une ville qui peut prendre racine partout, et se montrer introuvable quand elle le souhaite. Riverbrooke est une ville-bête, une ville-mirage. Un monstre avide de prendre et de distordre, d'assombrir ou d'illuminer, avant de tout recracher sur son passage.

    Riverbrooke peut aussi être chez vous, s'il vous arrive d'ouvrir le bon oeil.

    Ce livre regroupe dix-sept nouvelles inquiétantes, déstabilisantes : des histoires qui nous habitent, qui nous grugent de l'intérieur; des portraits singuliers, horrifiants. Lorsque l'on ouvre ce livre, on se retrouve à la merci de Riverbrooke. Et l'on doit honorer sa servitude.

  • L'amour guerrier
    qui jette sur le fer
    les camarades du voyage du sommeil
    les frères errants et les chiens maigres
    s'efforce à mouiller rouge la terre
    on le regarde au loin entraîner les saisons
    on refuse sa croisade d'enfants mal enchantés

  • Les rosemonteries, odyssée urbaine délirante, est un voyage intérieur en plein coeur d'une société en mutation.

  • Héritier d'Ann Cvetkovich et de Gloria Anzaldúa, Désormais, ma demeure est un texte libre et libéré à propos de la dépression, dans lequel se contaminent magnifiquement la poésie en prose, l'essai littéraire, le récit de soi et la photographie. L'écriture de Nicholas Dawson transforme les mots et les images en outils de transmission puissants et pousse les genres littéraires et artistiques jusqu'à leurs ultimes retranchements. « Si les formes de la vie courante ne parviennent pas à nous rendre sensibles aux souffrances indicibles qui mènent à la volonté de s'ôter la vie », écrit l'auteur, « peut-être que les formes de l'art réussissent, quant à elles, à donner une voix, à travers nos récits, à celles et ceux qui ont péri avant nous ».

  • Retenir les images des lieux plutôt que les lieux. Vêtue de poussière, des gravats. Je rampe, la peau écorchée. Le vol des outardes en un V inversé, net et franc au-dessus du fleuve et des Amériques. Le vent cherche une trajectoire.
    Arrachée, je renverse ce récit conjugué au conditionnel. À l'angle et à l'envers de l'univers, entre les cailloux et les mots doux d'un bruité. C'est ce qu'on appelle un mystère, celui d'une lumière ancienne, venue de l'enbas, de sa propre force inconnue, mais souterraine et aérienne. La route devant ne s'offre pas. Ni à moi. Ni à Personne.
    Arrive-t-on à accepter l'autre en soi ?

  • Un automne noir pose un regard lucide, tranchant, sur les discours haineux, sur l'immigration et sur le passé sombre des villes ouvrières.

  • Formes subtiles de la fuite dresse des listes sans hiérarchie, brosse le portrait d'un corps déformé par l'angoisse, et dépeint les murs d'une maison inhabitable. De cendres en incendies, on avance à tâtons dans un univers hostile, peuplé de bruits et de gens sans visage. Le réel est un calcul de probabilités où s'empilent les états et les saisons. La dépression veille, mais le coeur, pourtant, s'obstine à battre encore, d'une cadence déréglée.

  • Rien

    Gagnon Samuel

    À la recherche de fragments de lui-même, le narrateur de ce roman écrit à la deuxième personne part en exploration sur le terrain des mots, de la mémoire. Alors remonte à la surface de sa pensée ce qui est sourdement terré dans sa chair : l'enfance à la campagne, l'amour de sa mère, la peur de Dieu, la révolte, l'adolescence et la découverte du monde... Autant de thèmes qui permettent le passage continu, dans ce texte, entre un passé enfoui et un présent bruyant.
    Rien est un récit qui pose la question du mystère d'être soi-même, mystère que seul un voyage au coeur des faits invisibles et du silence peut élucider.

  • Chairs est composé de voix et de perspectives multiples. Tournant autour de
    la notion de la chair, le livre engage une réflexion sur la manière dont celle-ci agit socialement, artistiquement et politiquement aujourd'hui - au-delà (ou peut-être en dessous) de l'idée de corps. À travers des textes hybrides, les auteur·e·s réfléchissent la place de la chair dans leurs pratiques - la danse, l'écriture, le théâtre, la chorégraphie, la musique. Comment la chair interagit-elle dans les processus de création-réflexion? S'agit-il d'un temps, d'une présence, d'une mémoire? D'une absence, d'un oubli? D'un espace, d'un hors-lieu? Avons-nous à dire « chair » pour
    la faire exister?

empty