Éditions de la Maison des sciences de l'homme

  • Les monts d'Aubrac au moyen âge ; genèse d'un monde agropastoral Nouv.

    Le plateau de l'Aubrac et ses contreforts ont été étudiés par une équipe pluridisciplinaire regroupant archéologues, historiens, ethnologues et environnementalistes. Il a ainsi été montré que cette région, en dépit d'une réputation de pays hostile à l'homme, recèle une richesse insoupçonnée et possède un gros potentiel archéologique, notamment pour les périodes médiévale et moderne. Une importante documentation écrite, ainsi qu'un conservatoire environnemental exceptionnel ont permis de définir les cadres spatiotemporels de cette recherche. Cet ouvrage montre également comment la Domerie d'Aubrac, ayant constitué d'immenses pâturages, a fossilisé l'habitat depuis le bas Moyen Âge. Il présente les formes de l'habitat agropastoral des XIe-XIIe siècles, qui est l'un des thèmes majeurs de cette étude, et permet d'appréhender une société rurale montagnarde médiévale au travers de sites d'exploitations agricoles permanents (mas) et temporaires (burons) se situant entre 1100 et 1300 m d'altitude.

  • Lyon, Saint-Georges ; archéologie, environnement et histoire d'un espace fluvial en bord de Saône Nouv.

    À Lyon, en préalable à la construction d'un parc de stationnement souterrain en bordure du quartier Saint-Georges, sur la rive droite de la Saône, une équipe d'archéologues de l'Inrap s'est attachée, entre les années 2002 et 2004, à restituer la nature de l'installation humaine telle qu'elle s'est développée depuis la plus haute Antiquité. Solidement adossée aux recherches antérieures et enrichie par l'apport de plusieurs disciplines complémentaires, la fouille d'archéologie préventive du Parc Saint-Georges, longue et complexe, a fourni l'opportunité de reconstituer l'histoire d'une berge marquée par une topographie naturelle contraignante qui s'est peu à peu émancipée du cours d'eau sans pour autant rompre avec lui. La genèse de la formation de la plaine alluviale lyonnaise trouve sur ce site un témoin clé. Cet emplacement est le lieu, à la fin de la période protohistorique, de la confluence du Rhône et de la Saône primitive, puis du passage du nouveau tracé de la Saône. Le dynamisme du réseau fluvial à Lugdunum et de l'activité portuaire à cet endroit a été Illustré de façon éclatante par la découverte d'un embarcadère associé à un bac de passage sur la rivière, datés de la fin du ier siècle ap. J.-C., et de cinq chalands de fort tonnage datés des iie et iiie s. Après une période de repli de l'occupation durant le haut Moyen Âge, le secteur est progressivement urbanisé à partir du xiie s. Au centre de la fouille, un emplacement vierge de toute construction préfigure le port Sablet. Au xvie s., ce port fluvial est parfaitement établi dans la trame urbaine du quartier. Sept barques à vivier témoignent du commerce du poisson. De profonds remaniements interviennent dans la seconde moitié du xviie s. afin de créer un port monumental. Une embarcation, peut-être réservée aux transports de lourdes marchandises, est datée du milieu du xviiie s. Jusqu'à ce qu'au milieu du xixe s. la construction du quai Fulchiron prive le secteur de l'accès direct à la rivière, la rive est marquée par les aménagements du port fluvial du quartier et de l'environnement constitué de maisons « pieds dans l'eau ». L'exposition des résultats est précédée par un rappel des circonstances à l'origine du projet de recherche, par la définition du cadre d'étude de cet exceptionnel chantier urbain, ainsi que par l'exposé des solutions adoptées sur le terrain et au cours des phases de travail qui suivirent. Grâce à l'exploitation de l'ensemble des informations portées par le matériel documentaire extrait de la fouille, la consistance des données historiques rassemblées dans cet ouvrage marque une avancée décisive de la recherche archéologique en restituant l'évolution séculaire d'un espace fluvial constitutif de la ville de Lyon.

  • Daniel fabre, l'arpenteur des ecarts. actes du colloque de toulouse, fevrier 2017 Nouv.

    Directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), Daniel Fabre (1947-2016) est une figure marquante de l'anthropologie française. Fondateur, avec le préhistorien Jean Guilaine, du Centre d'anthropologie des sociétés rurales, il a structuré la recherche et l'enseignement de l'anthropologie à Toulouse par les nombreux séminaires qu'il y a donné jusqu'à la fin des années 1990. Les textes ici réunis rappellent et prolongent sous forme d'hommage les différents chantiers qu'il avait ouverts dans la première partie de sa carrière et qui ont largement marqué et distingué la manière « toulousaine » de faire de l'anthropologie. Manière « ancrée » dans le monde occitan en premier lieu, puisque Daniel Fabre s'est inscrit dans le sillage des anthropologies autochtones qui visaient à combattre le colonialisme intellectuel intérieur et à mieux préciser les caractéristiques des communautés du Sud. Ce fut la porte d'entrée pour le développement d'une anthropologie de l'Europe marquée du double sceau de l'anthropologie historique d'une part et de l'anthropologie du symbolique d'autre part, adaptant à la matière européenne les démarches éprouvées ailleurs par Claude Lévi-Strauss. C'est à partir de ces cadres généraux que Daniel Fabre élabora d'importantes questions de recherche qui ne cessèrent dès lors de l'animer : le problème des passages à l'âge d'homme dans les sociétés européennes, les enjeux de l'écriture comme acte social et symbolique, et les contours d'une anthropologie de et avec la littérature.

  • Bibliographie generale de daniel fabre Nouv.

    Ce volume dresse une bibliographie générale - quoique nécessairement lacunaire, fondamentalement inachevée - de l'oeuvre de Daniel Fabre. Directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), Daniel Fabre (1947-2016) est une figure marquante de l'anthropologie française. Son insatiable curiosité le porte à étudier la littérature orale, le carnaval, les communautés rurales et la théorie de l'initiation, les écritures ordinaires, les formes modernes du culte de l'artiste et de l'écrivain, à aborder l'anthropologie des arts et de la littérature, à considérer l'histoire européenne du regard ethnologique, à promouvoir une ethnologie du patrimoine et à inscrire l'institution de la culture dans une approche anthropologique. Fondateur, avec le préhistorien Jean Guilaine, du Centre d'anthropologie des sociétés rurales (devenu par la suite Centre d'anthropologie de Toulouse), il a structuré la recherche et l'enseignement de l'anthropologie à Toulouse par les nombreux séminaires qu'il y a donné jusqu'à la fin des années 1990. En 2000, il a participé à la création du Laboratoire d'anthropologie et d'histoire de l'institution de la culture (Lahic) au sein de l'Institut interdisciplinaire d'anthropologie du contemporain (IIAC UMR 8177, CNRS / EHESS), dont il a pris la direction en 2013. À partir de 1999, il a enseigné l'anthropologie des religions à l'université de Rome Tor Vergata. De 2004 à 2008, il fut président de la section 38 (« Anthropologie ») du Comité national de la recherche scientifique du CNRS. De 1993 à 1997, il a présidé le conseil de la mission du Patrimoine ethnologique du ministère de la Culture. Il a également contribué à fonder et dirigé l'ethnopôle Garae (Carcassonne). Membre du comité de rédaction de la revue Ethnologie française et de L'Homme. Revue française d'anthropologie, il a codirigé avec Jean Jamin la revue Gradhiva.

  • Grossophobie. sociologie d'une discrimination invisible Nouv.

    Depuis les années 1990, des associations, comme Allegro Fortissimo et plus récemment Gras politique, ainsi que des militantes et autrices comme Gabrielle Deydier, ont imposé un nouveau terme pour parler des discriminations liées au poids : la grossophobie. La tendance « body positive », résultat de ces mobilisations contre les normes esthétiques et pondérales dominantes, a renouvelé les problématiques propres aux mouvements féministes et queer, mettant à nouveau la question du corps au coeur des revendication des militantes dans le monde entier. Pourtant, les réseaux sociaux demeurent saturés d'« humour » grossophobe et la tyrannie de la minceur continue de sévir, générant mal-être, troubles du comportement alimentaire ou encore pratiques d'autocensure. Plus grave encore, les études chiffrées sur la grossophobie montrent qu'au-delà d'un certain poids les discriminations se systématisent. Elles ont lieu à l'embauche, au travail, mais aussi sur les applications de rencontre, dans les salles de sport, chez le médecin et même dans l'intimité, avec la famille. Avec cet ouvrage, Solenne Carof, signe une des premières études sociologiques sur la grossophobie en France. Que vivent les personnes très corpulentes dans une société comme la nôtre ? Que révèle le stigmate de gros ou de grosse des normes qui pèsent différemment sur les hommes et sur les femmes ? Quelles conséquences cette stigmatisation a-t-elle sur les personnes concernées ? Au fil de son enquête, l'autrice dévoile les rapports de pouvoir qui se nichent dans la question du poids et structurent les hiérarchies propres à notre société. Une étude décisive pour mettre en évidence l'importance d'une discrimination encore peu condamnée, tant socialement que juridiquement.

  • Mottes castrales en Provence ; les origines de la fortification privée  au Moyen Âge Nouv.

    Deux décennies de recherches sur les mottes castrales de Provence ont apporté des éléments nouveaux sur le phénomène castral qui s'est développé dès la fin du xe siècle. Plus de soixante sites ont été répertoriés et la prospection continue à en révéler de nouveaux. Les fouilles de plusieurs d'entre eux ont permis d'établir une évolution dans les modes d'organisation et de construction de ces petits châteaux. À l'origine, ce furent des établissements très modestes, simples maisons perchées qui nécessitaient assez peu de moyens et des techniques faciles à mettre en oeuvre. Dans un second temps, dès l'an Mil toutefois, on relève la construction de véritables forteresses. L'étude de ces premières fortifications s'intéresse à l'occupation des terroirs qui s'organisèrent autour du castrum, souvent mentionné dans les textes. La construction de ces fortifications semble intense autour de l'an Mil et au cours du xie siècle mais certaines ont été érigées au début du xiiie siècle. Les recherches se poursuivent et montrent que les débuts de la fortification privée s'insèrent dans un vaste mouvement d'occupation des terroirs autour de fortifications aux caractères complexes.

  • Mettre à la portée de tous une discipline jusque-là confidentielle, voilà le tour de force réalisé par Dominique Sordoillet avec cet ouvrage. Un ouvrage issu de son mémoire de thèse dont la qualité scientifique et la rigueur méthodologique ont été unaniment saluées. S'appuyant sur l'exemple de trois sites archéologiques particulièrement parlants, elle en étudie la stratigraphie avec les arguments du spécialiste des sciences de la terre. Ainsi les installations préhistoriques du Gardon, de Montou et de Saint-Alban sont-elles passées au crible de l'analyse micromorphologique, qui voit la stratigraphie comme un enregistrement sédimentaire du temps. Par la classification des dépôts en deux grandes familles selon les processus dont ils résultent, elle distingue les faciès d'occupation, générés par l'homme, des faciès d'abandon, inhérents aux processus sédimentaires et postsédimentaires naturels. Ces données sédimentologiques, replaçées dans leur cadre chronoculturel, permettent ensuite de proposer des scénarios d'occupation et des interprétations sur l'évolution des pratiques, des rites ou des méthodes de construction Un exposé court, bien illustré, rédigé en termes simples, un lexique, autant d'éléments qui feront de cet ouvrage un outil pour mieux comprendre les méthodes et les buts de la micromorphologie, dans l'intérêt direct de l'interprétation du terrain et de la conduite de chantier.

  • La publication, il y a plus de dix ans, d'un établissement rural occupé du vie s. av. J.-C. au iiie s. ap. J.-C., la ferme du Boisanne à Plouër-sur-Rance, dans les Côtes d'Armor (Daf 58) permettait à Yves Menez de s'interroger sur la notion de ferme indigène. Aujourd'hui, Ivan Jahier revisite la problématique à partir du site protohistorique de Courseulles-sur-Mer, implanté cette fois en retrait de la côte normande. Le gisement regroupe tous les éléments classiques de la ferme indigène : maisons, clôtures, dépendances, réserves, aire agricole et de pacage, restes domestiques, traces d'activités artisanales, et même quelques sépultures, mais répartis à l'intérieur et autour d'une enceinte trois à quatre fois plus vaste que la plupart des enclos de l'âge du Fer de la région. À quelle nécessité répondait le regroupement de tant de structures de stockage dans une enceinte dont la vocation était manifestement plus ostentatoire que défensive et qui n'abritait que deux ou trois maisons ? Ivan Jahier tente de répondre à cette question avec un solide esprit d'analyse. Les conclusions qu'il tire, les interprétations qu'il propose éclairent d'un jour nouveau l'organisation de la société du ve s. av. J.-C., et permettent de développer de nouvelles hypothèses quant à l'origine de la transition culturelle qui a marqué le début du second âge du Fer en Normandie.

  • Sur quoi repose le succès d'un artiste en dehors de son pays d'origine ? Les attentes d'un public étranger orientent-elles la réception d'une oeuvre, parfois au prix d'une déformation de son sens initial ? Le « malentendu productif » a pu servir à expliquer les modifications que connaît la compréhension d'une production artistique selon le contexte national qui l'accueille. Ce phénomène expliquerait-il le succès de Robert Delaunay en Allemagne avant la Première Guerre mondiale ? Le peintre orphiste y est l'un des artistes les plus célèbres, dans un contexte pourtant marqué par de fortes tensions nationalistes. Au cours de l'année 1913, avec l'aide du galeriste et directeur de revue Herwarth Walden, il expose et voyage à deux reprises à Berlin. Ses oeuvres y suscitent l'engouement particulier de trois artistes expressionnistes aux trajectoires très différentes, et dont les travaux semblent à première vue très éloignés de ceux du Français : les peintres Ludwig Meidner et Lyonel Feininger, et l'architecte Bruno Taut. Ce livre retrace en détail ce qui a été alors lu et vu de l'oeuvre de Delaunay dans la capitale allemande. À travers l'étude de la réception critique du peintre français par trois figures majeures de la scène artistique berlinoise, l'auteur revient sur l'idée que le contexte culturel national entraverait la compréhension d'une oeuvre ou en influencerait systématiquement les interprétations. Sophie Goetzmann dépasse ici les préjugés nationaux qui nourrissent les débats esthétiques au début du XXe siècle et continuent d'imprégner aujourd'hui encore l'histoire de l'art. C'est ainsi qu'elle nous révèle les liens inattendus qui unissent, par-delà les frontières, les avant-gardes désignées sous les termes d'orphisme et d'expressionnisme.

  • L'ouvrage présente les résultats de deux fouilles préventives préalables à l'extension et à la restructuration du palais de justice d'Épinal (Vosges), réalisées à la fin des années 1990. Menées sur une surface de 3 000 m2, ces interventions archéologiques, corrélées avec d'autres sources documentaires, apportent des informations inédites sur les origines de la ville et le développement d'un quartier localisé au coeur de l'espace urbain, entre le château et la basilique Saint-Maurice. Les plus anciennes traces de fréquentation du secteur remontent aux viiie-ixe s. mais ce n'est qu'à partir du xe s. que les premiers aménagements sont attestés en bordure d'une zone humide, à l'emplacement d'un ancien cours d'eau. L'espace se structure progressivement entre le xiiie s. et le début du xviie s. avec le développement d'un habitat ouvert sur des arrière-cours, en lien avec des activités artisanales et commerciales. Dans les années 1620, le bâti est investi par la Congrégation Notre-Dame. Celle-ci y construira un nouveau couvent au xviiie s. À la Révolution, les bâtiments religieux sont affectés à des fonctions administratives, avant l'édification vers 1820 d'une maison d'arrêt, détruite à la fin du xxe s. Outre les informations relatives aux origines et aux transformations de l'espace urbain, ce dossier documentaire offre un bel éclairage sur la vie matérielle et spirituelle des habitants d'un quartier durant près d'un millénaire. Il permet enfin d'approcher de manière originale le quotidien d'une communauté religieuse à l'époque moderne.

  • À l'occasion de la première grande opération d'archéologie préventive réalisée dans les Antilles françaises sur les cultures amérindiennes insulaires, deux gisements préservés de façon exceptionnelle étaient découverts sur l'arrière-plage de Baie Orientale dans l'île de Saint-Martin. Les campements du Mésoindien (800 av. J.-C.-100 ap. J.-C.) associent activités de subsistance et fabrication d'outils sur pierre, coquille ou corail, ce qui est sans précédent pour la période précéramique ; un atelier de production de lames sur coquille, des dépôts d'objets et un outillage lithique spécifique y apparaissent comme les indices d'une protoagriculture et d'une présédentarisation. L'occupation du Néoindien récent (740-960 ap.J.-C.) quant à elle, est un simple dépotoir interprété comme un campement spécialisé, satellite du village de Pointe du Canonnier, selon un schéma d'occupation du territoire caractéristique de cette période. L'étude que nous en propose Dominique Bonnissent, à la fois novatrice et originale, est le résultat d'un long travail d'équipe. Elle nous permet d'accéder au mode de vie finalement complexe des populations précéramiques nomades qui ont sillonné la mer Caraïbe. Des séries de mobiliers inédites, analysées, dessinées et photographiées par des spécialistes, constituent un référentiel en matière de typochronologie et de technologie. Cet ouvrage est une ressource désormais incontournable pour l'archéologie précolombienne caribéenne. En tête de chaque chapitre, un résumé conséquent avec références bibliographiques et renvois aux figures permettra aux lecteurs de langue anglaise et espagnole d'accéder aux données essentielles de la démonstration.

  • La gestion du mobilier archéologique mobilise des connaissances et des pratiques relevant de disciplines variées que Silvia Païn, spécialiste reconnue de la conservation-restauration, met ici à la disposition du professionnel. Les différentes situations auxquelles celui-ci doit faire face dans l'accomplissement de sa mission sont abordées en termes méthodologiques : il trouvera dans ces pages les moyens de concevoir sa démarche et d'élaborer son système de prise en charge de façon globale. Il trouvera aussi tous les conseils pratiques qui lui permettront d'assurer la conservation des vestiges sur le long terme et d'en garantir l'accessibilité au chercheur intéressé. Une bonne connaissance des matériaux et de leur altération est le pilier de la démarche de conservation : tenir compte des transformations subies par la matière pendant son enfouissement ou pouvant survenir lors de son exhumation est un argument fort de la réflexion de l'auteur, car c'est sur la juste évaluation des risques que l'on s'appuie pour définir les indispensables mesures préventives. La conservation de l'objet se décline en effet tout au long de son parcours - depuis sa découverte jusqu'à son stockage en passant par son étude - en différentes interventions s'intégrant dans un processus cohérent et continu. Gérer le matériel c'est aussi en assurer l'accessibilité physique et intellectuelle : le lecteur disposera des conseils utiles à la mise en oeuvre d'un inventaire et à la préservation du lien documentaire, entendu largement comme le lien entre l'objet, les données qui le concernent, la documentation produite autour de lui et la documentation de terrain. Il apprendra à concevoir des infrastructures matérielles et informatiques fondées sur une réflexion fine autour des activités du service utilisateur, et intégrant les problématiques d'optimisation des espaces de stockage. La fin de l'ouvrage présente le référentiel des obligations réglementaire et légales incombant à l'opérateur d'archéologie préventive, au dépositaire, au propriétaire ou au responsable légal. Y figurent également les normes en vigueur, ainsi que des recommandations pour élaborer ou faire évoluer les règlements intérieurs des institutions dans lesquelles le gestionnaire est amené à exercer. Avec ce manuel, complet et à jour, le professionnel de la conservation-restauration, le gestionnaire du mobilier, mais aussi plus largement l'archéologue ou sa tutelle, disposent d'un outil indispensable dans leur pratique quotidienne.

  • Les fichiers ADN et les techniques d'analyse génétique au service de la police et de la justice ont connu un développement spectaculaire depuis les années 1990, notamment en France. Au-delà de ce qu'en montrent les médias et les séries télévisées à succès, quelles sont les pratiques quotidiennes des professionnels confrontés à ces nouvelles techniques ? Comment sont-elles encadrées et au sein de quelles politiques s'inscrivent-elles ? Quels sont les débats et les défis qu'elles soulèvent ? Pour répondre à ces questions, une douzaine de sociologues et de juristes présentent leurs travaux, notamment à partir d'une enquête collective s'étendant sur plus de quatre années. Cet ouvrage est l'un des premiers livres de sciences sociales en français consacrés à ce thème. Il montre que ces évolutions se situent au coeur d'enjeux très actuels : d'une part la place de la science dans la production et l'administration de la preuve ; d'autre part les arbitrages concernant l'équilibre entre le respect des droits individuels et la sécurité des populations ; enfin les techniques récentes et les nouveaux cadres normatifs. En somme, il met en lumière le rôle parfois controversé, mais globalement peu débattu, de l'ADN dans l'établissement des vérités judiciaires, comme miroir et ferment des évolutions contemporaines en matière de sécurité.

  • L'euthanasie fait débat. Cela fait vingt ans que des législations françaises entretiennent l'espoir de partir dignement chez ceux que la maladie condamne. Plusieurs ont pourtant fui en Belgique ou en Suisse. D&rsquoautres ont eu moins de chance. Ils sont morts seuls, suicidés. Philippe Bataille raconte leur combat et celui de leurs proches. Avec une grande finesse, le sociologue prolonge les débats éthiques qui laissent sans recours les désespérés qui demandent à partir. La clandestinité ne recule pas, elle devient la règle. La loi ne met pas fin à toutes les injustices, elle les renouvelle. Privés de droits, des condamnés réclament. Qui les entend?

  • En 2007, une polémique secoue le monde du jeu vidéo : Resident Evil 5, nouvel épisode d'une série mondialement connue, est accusé de racisme ! La bande-annonce du jeu met en scène le héros, un soldat blanc nommé Chris Redfield, dans une petite ville d'Afrique indéterminée. Chargé d'enquêter sur les agissements d'une corporation soupçonnée de produire un virus mutagène, il est soudain assailli par une horde de zombies, tous noirs. Il se met à les abattre à la chaîne. Certains dénoncent ces images, d'autres relativisent la violence. Face aux polémiques, comment l'industrie du jeu vidéo pense-t-elle la diversité ? Dans cet ouvrage, Mehdi Derfoufi, joueur et chercheur, interroge le rôle des stéréotypes de race et de genre dans la fabrique des jeux vidéos. Alternant l'analyse politique et la critique culturelle, il réfléchit aux conditions qui permettent aux productions alternatives de voir le jour - notamment dans les pays du Sud. Une nouvelle culture vidéoludique émerge, polycentrique et multiculturelle. Contre l'hégémonie, la riposte s'organise.

  • D'où vient l'idée étrange que les Blancs seraient aujourd'hui, au même titre que les minorités, victimes de discriminations, voire d'un "racisme anti-Blancs" ? Fruit d'une conscience raciale blessée, cette croyance trouve ses racines dans les Etats-Unis du XVIIIe siècle. Depuis quelques années, Donald Trump l'a plus que jamais politisée avec sa promesse de restauration d'une préséance blanche perdue, confisquée par d'autres. Une telle rhétorique victimaire résonne de notre côté de l'Atlantique, où l'on parle désormais de "déclin" ou de "stigmatisation" de l'homme blanc. En dévoilant les origines de ce discours, Sylvie Laurent démontre que le "pauvre petit Blanc" est un mythe, un tour de passe-passe des élites blanches qui s'approprient la posture de l'opprimé pour préserver leur statut et leur privilège racial, vivement contestés depuis les années 1960 jusqu'à Black Lives Matter.

  • Quels sens donner aux pratiques sonores et musicales dans les situations de violence organisée ? Comment penser la relation dynamique qu'entretient le son avec l'expérience sensible des lieux, des personnes et des événements ? Ce livre est organisé autour de deux propositions. La première est que les expériences sonores en contexte de violence organisée peuvent être comprises non seulement comme des événements politiques, mais comme ce que nous proposons d'appeler des « lieux de mémoire sonore ». Notre seconde proposition est que ces lieux de mémoire sonore peuvent être appréhendés sous une double perspective, à la fois la face noire et la face lumineuse d'un même phénomène. D'une part, le son, la musique et le silence sont utilisés comme des armes en contexte de violence organisée, que cela soit par exemple dans certains lieux de détention ou en situation de guerre ou de conflit politique. D'autre part, ils constituent des ressources symboliques qui contribuent à la (re)construction de subjectivités, notamment dans des situations faisant suite à des expériences d'exil forcé et de violence organisée. Lieux de mémoire sonore est une somme exceptionnelle sur les usages des sons et des pratiques musicales dans des situations de crise humanitaire, de guerre civile, d'exil ou de catastrophe naturelle. Ce travail conjoint entre chercheurs et musiciens présente différents contextes de violence organisée, et les exemples choisis couvrent de nombreuses régions du globe, depuis le Liban, la Syrie ou le Vanuatu jusqu'au Canada, au Viêt Nam et plusieurs pays européens.

  • À l'heure où l'Amazonie connaît une crise majeure affectant la planète dans son ensemble, il est indispensable de (re)lire ce classique de l'anthropologie de la nature, qui a fait l'objet d'un nouveau travail éditorial et propose une préface inédite. Isolés dans la forêt du haut Amazone, les Jivaro Achuar d'Amazonie équatorienne domestiquent dans l'imaginaire un monde sauvage qu'ils ont peu transformé. En peuplant la jungle, les rivières et les jardins de parents animaux et végétaux qu'il faut séduire, contraindre ou cajoler, cette ethnie guerrière donne à la nature toutes les apparences de la société. À partir d'une ethnographie minutieuse de l'économie domestique, l'auteur montre que cette écologie symbolique n'est pas réductible à un reflet illusoire de la réalité, car elle influence les choix techniques des Achuar et, sans doute même, leur devenir historique.

  • Die Auseinandersetzung mit den künstlerischen Beziehungen in Europa zwischen Ost und West während des Kalten Krieges ist eine Herausforderung. Die Einschränkung der Zirkulationsmglichkeiten sowie die ideologische Durchdringung des künstlerischen Feldes scheinen dieses Unterfangen aussichtslos zu machen; diese Grenzen erneut in den Blick zu nehmen erfordert jedoch auch, sie in Frage zu stellen. Anhand konkreter Beispiele von Begegnungen zwischen Frankreich, der BRD, der DDR und Polen, sowohl in Kunstdiskursen als auch in der Kunst der 1960er- bis 1980er-Jahre, untersucht Mathilde Arnoux die jeweils unterschiedlichen Auslegungen der Konzepte der Wirklichkeit und des Wirklichen und beleuchtet gleichzeitig, inwiefern diese Wahrnehmungen geteilt und/oder missverstanden werden. Zeitschriften, Kataloge, Kongresse, Museen, Galerien und andere alternative künstlerische Räume erscheinen hier als Foren, in denen die Facetten der jeweiligen Interpretationen durch die verschiedenen Autoren und Akteure der Kunstgeschichte Künstler, Kunsthistoriker und Kunstkritiker Gestalt annehmen. Ausgehend von den herausgearbeiteten Abweichungen wie Überschneidungen knnen frühere Analysen kritisch zur Diskussion gestellt werden, um eine neue Perspektive auf die künstlerischen Beziehungen in Europa während des Kalten Krieges anzubieten.

  • Les beautés arbitraires ont une histoire qui précède la question esthétique du beau et la dépasse. Fortes d'un je ne sais quoi qui les fonde à l'écart des systèmes théoriques, elles renversent au XVIIIe siècle la construction sociale du goût. Il se peut que cette conquête soit le plus grand effort de la pensée moderne. Distinguer, du point de vue de l'histoire de l'art, ce que recouvre la notion d'arbitraire, telle est la vaste énigme dénouée dans ce livre. La reconnaissance des beautés arbitraires se heurte à l'absolu d'un modèle antique qu'il est temps de contredire à l'époque moderne. Car il n'est rien de fixe, ni d'immuable dans l'arbitraire de la beauté, tout entier laissé à l'imagination du peintre, du poète, de l'architecte ou du musicien... Beauté chimérique opposée à la beauté véritable, elle revêt soudain valeur de rareté et de distinction et se transforme en beauté nécessaire, liée à l'invention de formes nouvelles qui peuvent plaire et toucher universellement. Entre caprice et convention, non-sens et vraisemblance, raison et sentiment, beautés essentielles et arbitraires échangent leurs rôles pour représenter différemment le monde et ses figures.

  • Nourrir une « ambition pour la Méditerranée » est une composante essentielle de la politique française depuis la fin de l'empire napoléonien. Cette politique, qui vise à former une coalition entre les divers peuples de la « mer privilégiée » (comme l'appelait Fernand Braudel), s'offre comme un contrepoids à l'influence de l'Allemagne sur l'Europe. C'est ainsi que pour tenir tête aux empires slaves et germaniques, plusieurs générations de décideurs politiques ont envisagé de créer un « Bloc latin », une « Union méditerranéenne » ou bien encore, sous un intitulé particulièrement agressif et significatif, un « Empire latin ». Le présent ouvrage traite de ces tentatives, de leurs soubassements et de leurs ressorts. Il s'attache à décrire la construction et la propagation des stéréotypes culturels nord-sud depuis le xviiie siècle jusqu'à nos jours, s'intéresse au « Système de la Méditerranée » des saint-simoniens du début xixe siècle, et s'attarde sur la période des deux guerres mondiales. Wolf Lepenies révèle dans la vieille rivalité franco-allemande des ressentiments profondément enracinés entre un Nord protestant soi-disant austère et un Sud catholique où règnerait légèreté et joie de vivre - idées reçues anciennes qui aident à comprendre les coalitions et les lignes de front européennes qui sont encore à l'origine des politiques actuelles.

  • La possibilité d'une mobilité sociale ascendante était l'une des promesses phares de l'Allemagne d'après-guerre - une promesse tenue pendant un temps : la Coccinelle a laissé place à l'Audi, les enfants d'artisans sont devenus ingénieurs, de nombreux citoyens ont pu accéder au rêve d'une maison avec jardin. Mais aujourd'hui, l'ascenseur social semble enrayé : un diplôme universitaire n'est plus une garantie de statut ni de sécurité, les contrats de travail sont de plus en plus précaires, les employés participent de moins en moins aux bénéfices de leur travail. Certains ne se retrouvent plus dans cette société libérale vers les marges de laquelle ils se sentent repoussés. Le fossé entre les riches et les pauvres se creuse - un constat que la grande majorité des Européens font depuis quelque temps déjà et qui prend une ampleur croissante à l'heure actuelle. Oliver Nachtwey explore les causes profondes de cette rupture et s'intéresse au potentiel de conflit qu'elle génère. Une nouvelle conscience de classe binaire se manifeste dans le « contraste entre une élite et la majorité de la population ». Dans la société du déclassement, cela ouvre la voie à un courant autoritaire « qui se débarrasse des fondements libéraux de notre société ». Il convient alors de reconsidérer la responsabilité de la politique pour inverser la tendance.

  • Comment redonner souffle et vigueur à notre démocratie ? Loin des arguments politiciens aux fins électoralistes, Gilles Le Chatelier analyse de manière précise les dysfonctionnements de la Ve République, qu'il s'agisse de l'élection du président de la République, de l'organisation du Parlement ou du rôle du Sénat. Fort de son expérience dans la haute administration d'État, au sein d'institutions européennes ou de collectivités territoriales, Gilles Le Chatelier dresse la liste des réformes nécessaires pour mettre en place une VIe République résolument moderne et démocratique. Il affirme notamment la nécessité d'inscrire le fait européen dans les institutions de la République et préconise un nouveau schéma d'organisation du pouvoir local pour redonner une voix puissante aux citoyens. Le renouveau politique tant attendu dépend de cette transition vers une VIe République.

  • Il existe des ressorts cognitifs et affectifs communs entre les croyances contemporaines en Afrique, les fictions nord-américaines à la X-Files et les théories du complot aujourd'hui si répandues. L'Afrique, plus en encore qu'ailleurs, est en proie à un grave accroissement des inégalités, aux épidémies mortifères (sida, ébola) et à l'expansion des fondamentalismes religieux. Elle devient le lieu paradigmatique du développement d'une modernité sorcière, dans un contexte néolibéral vécu par tous. Se propage ainsi à travers le monde un imaginaire inquiétant où s'opposent de manière schématique forces du bien et forces du mal.

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