Éditions du Noroît

  • L'oreille au mur Nouv.

    Au fil d'un calendrier marqué de haltes et de reprises, un marcheur accueille les bruits, les points d'orgue ou les escarmouches d'un réel qui tour à tour s'érige et se soustrait. L'Oreille au mur, en quatorze longs morceaux dont la trame est entre prose et vers, pose les pierres d'attente d'un édifice à recommencer sans cesse. Mais l'oreille au mur, c'est encore celle qu'on colle à ce rempart de tant de livres, de tant de voix entendues : mots qui bruissent, séduction phonique d'un devoir formel accompli, et qui résonne toujours.

  • Les Miraculeuses Nouv.

    Comme une intuition née dans le trou du ventre, Les Miraculeuses explore une mythologie du féminin qui revient sans cesse hanter le corps et sa mémoire. Suivant une descente au creux de la déchirure et de la perte, une femme s'adresse à une Autre, la Miraculeuse, afin d'interroger les profondeurs de la douleur. Comment peut-on encore porter la vie quand s'accumulent dans le ventre les fatigues héritées et la peur ? Comment renverser la chute infinie de l'histoire vers les ténèbres ? Pour échapper au tombeau, la Miraculeuse lui cède le soin du vivant. Peu à peu, les enfants viennent peupler le poème ouvrant ainsi le langage à de nouvelles possibilités. Défiant les rôles de fille, de mère, d'amante, l'énonciatrice puise dans ses contradictions afin de réinventer la notion d'héritage.

  • L'oeil dormant Nouv.

    Les poèmes de L'oeil dormant puisent à différentes sources, qui en forment peut-être une seule. La vie terre à terre produit des signes qu'on retrouve plus loin dans l'enceinte des rêves ; l'inverse est aussi vrai. La conscience s'étonne de l'élasticité de tout ce qu'elle interroge, contemple. Ses explorations l'amènent à essayer de se surprendre, c'est-à-dire de coïncider avec elle-même un instant, histoire de sentir toutes les distances se résumer à l'intérieur d'une fabuleuse présence. Elle reste aux aguets, se fait discrète, comme l'oeil dormant du chat qui scrute avec intensité ce qu'il feint de ne pas voir. Car elle imagine que bien des choses, comme elle, se manifestent dans la seule assurance de passer inaperçues.

  • Chambres d'échos Nouv.

    Chambres d'échos : là résonnent ensemble les lancinants airs de famille et les sombres affaires courantes du monde. S'y inscrit le pacte complice entre la pensée et le poème. S'y accomplit l'osmose confidentielle entre les mots et les choses.
    Dans le sillage d'un parcours d'écriture de plus de quarante ans, l'auteur revisite ici les matières premières qu'il a sculptées dans tous ses livres : l'intense présence des objets quotidiens accompagne les faits et gestes troublants de la planète ; l'insoutenable humanité de la mort et des deuils s'éclaire d'une grande faculté d'émerveillement devant la beauté du monde.
    Enfin, les secrets de l'intime pactisent avec une conscience inquiète des idées fixes de l'Histoire et des turbulences contemporaines. La poésie devient alors un mode de survie, un acte de résistance et de reconnaissance, illuminés par la grâce sereine des bonheurs éphémères.

  • Je me suis enfoncée dans la forêt : poèmes pour une petite fille Nouv.

    Dans ce recueil d'abord paru en suédois, Tua Forsstrm réfléchit sous la forme de notes à propos de la perte d'une petite fille. La tragédie lui ayant fait perdre la parole, elle la retrouve finalement grâce à la poésie. À travers des tableaux forestiers et aquatiques, en empruntant tantôt la voix de l'enfant puis celles d'autres poètes, la pensée imaginaire devient la stratégie de survie et de deuil de la narratrice. C'est ainsi que l'amour se fraie un chemin parmi les mousses où les pieds s'enfoncent, et que les décors naturels et oniriques bercent le lecteur ou la lectrice.

  • Lire un poème en silence, à l'écart de l'agitation quotidienne et du bruit : tendre l'oreille à la voix qui se tait au fond des mots. Renouer avec cette langue où «les choses muettes nous parlent», comme l'écrivait Hofmannsthal, de manière à mieux mesurer leur profondeur ou leur part d'ombre. Les essais rassemblés dans ce livre s'intéressent à des poèmes qui peuvent se dispenser d'accompagnements sonores, de performances ou de mises en scène. Ils commentent des textes connus et moins connus, écrits au XXe ou au XXIe siècle par des auteurs d'ici et d'ailleurs, et s'efforcent de ramener la poésie à sa dimension littéraire. Peu importe les sujets qu'elles abordent - le réalisme, la sensibilité écologique, la filiation, par exemple -, ces lectures se mettent à l'écoute du silence au milieu du bruit.

  • Lire un poème en silence, à l'écart de l'agitation quotidienne et du bruit : tendre l'oreille à la voix qui se tait au fond des mots. Renouer avec cette langue où «les choses muettes nous parlent», comme l'écrivait Hofmannsthal, de manière à mieux mesurer leur profondeur ou leur part d'ombre. Les essais rassemblés dans ce livre s'intéressent à des poèmes qui peuvent se dispenser d'accompagnements sonores, de performances ou de mises en scène. Ils commentent des textes connus et moins connus, écrits au XXe ou au XXIe siècle par des auteurs d'ici et d'ailleurs, et s'efforcent de ramener la poésie à sa dimension littéraire. Peu importe les sujets qu'elles abordent - le réalisme, la sensibilité écologique, la filiation, par exemple -, ces lectures se mettent à l'écoute du silence au milieu du bruit.

  • Qui va là? Une femme rêveuse fait des rencontres inattendues, voit venir des fantômes, leur sourit avec des signes entendus. Quand elle tire des plans sur la comète, il lui arrive de tomber de haut. Elle repart. Des eaux inférieures aux eaux supérieures, elle cherche une issue aux nuages de l'inexistence.

    Dans la lumière venteuse scintille le mystère du monde: c'est la beauté retrouvée.

  • Les 66 poèmes d'Au plus clair de la lumière soulèvent des résistances, des peurs, des questions : pourquoi être, comment devenir. Depuis l'enfance, se révèlent une traversée des mythes, des pulsions vie et mort, un désir profond de liberté et de connaissance. La révolte est sauvage et la douleur survit dans ce chant pour l'enfant qui revient, sous-titre du recueil. Ce sont des impératifs appelés par l'urgence de tenter le vivant, de risquer sa parole. Une manière de combattre la folie, de répondre à une voix qui dicte des vents contraires, qui force des temps, provoque des mystères, pousse la pensée, ouvre le coeur à sa résonance. Dans un murmure, par un écho, une ligne basse continue permet l'invention possible d'autres poèmes.

  • Disparaitre

    Denise Desautels

    À l'origine de Disparaître, il y a la rencontre entre Denise Desautels et le travail et l'artiste Sylvie Cotton, dont l'oeuvre homonyme a bouleversé la poète et lui a donné l'élan et la ferveur pour assumer jusqu'au bout sa folie. L'auteure choisit ce face à face avec un miroir, sa cendre - et toutes les mémoires qu'elle porte en elle -, et son écriture y trouve sa voie/voix.

  • C'est le territoire de la Gaspésie où la poète vit qui unifie les trois parties de cet ambitieux recueil de poésie. Comment ne pas rendre hommage à ce paysage qui, au fil d'une vie, et même dans l'absence, a illuminé tous les chemins qu'elle a choisis?

  • Dans une série de tableaux épurés, une femme ouvre l'envers du réel, accueille les révélations qui s'agitent au creux du quotidien. Les yeux rivés vers l'intangible, elle se penche successivement sur l'espace personnel du matin, les lieux publics partagés et la vastitude des paysages. Au fil de cette déambulation, les composantes de son environnement se font tour à tour témoins, miroirs, remparts et passerelles. Ainsi affleure la texture de son propre sillage.
    «Doublure du monde» dresse un inventaire singulier et intimiste qui se veut un hommage à l'arrière-plan et au dialogue auquel il invite.

  • Ce nouveau livre d'André Brochu poursuit un parcours poétique au long cours, et constitue un retour au Noroît, après son livre publié en 1990, Particulièrement la vie change.
    Clairs abîmes est le livre d'une recherche pour se réconcilier avec la vie: « je suis un brave vivant fait pour circuler sans moue / et pourtant les remords pendent à mes trous de tête », écrit-il d'entrée de jeu. Et, « survivant » à sa défaite, ces poèmes l'entraînent à aimer à nouveau, malgré les vicissitudes des jours. Il reprend ainsi une toile de fond de son oeuvre, qu'on pourrait qualifier d'un combat, parfois volontairement burlesque, souvent dramatique, mais aussi drôle, avec la direction des jours et l'apaisement des remords. L'ironie ne se défile pas devant l'implacable mouvement du temps, alors qu'elle lui confère une force pour traverser.
    Ces poèmes sont ceux d'un maître, non dans la perspective didactique, car le poème ne donne pas de leçon, mais dans celle d'un poète qui assume et incarne son destin et son langage.

  • Poursuivant le projet amorcé avec le recueil Ta voix là (2015) autour de l'écrivain italien Mario Luzi, La langue de ta langue s'appuie sur les univers singuliers de Roberto Juarroz (1925-1995), Arnaldo Calveyra (1929-2015), Silvia Baron Supervielle (1934-) et Jorge Luis Borges (1899-1986) pour interroger le fil de l'existence depuis les mouvements du corps et de la langue. Les poèmes prennent la forme d'un dialogue fait d'allers-retours entre les textes, le carnet, la rêverie, les déambulations dans Buenos Aires, la table de travail, et tout ce qui participe à faire apparaître, disparaître, puis réapparaître une parole qu'on pétrit dans la patience des jours pour faire surgir une certaine langue, au milieu de celle qu'on partage, qui puisse répondre à ce que la poésie interpelle en soi. D'un hémisphère à l'autre, l'Argentine se transforme en une expérience qui interroge les lieux intimes que seule l'écriture peut visiter.

  • Tout près

    Louise Dupre

    On ne peut pas exiger de la vie qu'elle nous assure un calme perpétuel, mais on se blesse à cultiver le désir de plus de paix. En cherchant d'où l'on vient, on est parfois cette «femme assise dans sa petitesse de femme et qui cherche son visage». L'écriture «commence par une trahison». C'est à cet arrachement, à là où «la fatalité semble soudain traversée de fenêtres», à ce qui persiste dans les cendres que se dédie Louise Dupré dans «Tout près».

  • Écrire est une possession est une dépossession. On vit on meurt traversés d'orbes, soumis à des gravités prodigieuses aussi bien qu'insensées. Où on voudrait en maîtriser les forces, ce qu'on saisit ou écarte échappe, ravit encore.
    Dans son âpre lucidité, le poème rougeoie des influences qui déportent, recomposent et détruisent, il tend au merveilleux.
    Tout commence dans la violence : une gravitation impérieuse d'avoir été active dans l'inconnu affleure. Alors le philtre est déjà bu ; le sort opère, comme de tout temps.
    Ces poèmes aspirent dans une succession de fenêtres qui réfléchissent, tremblant encore de sa présence, les visages sombres d'une aimée : voix initiante, foyer de la course, douceur des gerbes. Dans la buée d'un crime ancien. Est-ce d'écrire ?
    Où les mots scellent la profondeur de l'union, - du sacrifice -, de la fraîcheur émane l'entame : un couple se décuple, les horizons se multiplient.
    Dans leur sillage, un amant nage dans le verre, tendu dans l'attraction, sans trêve, et revient, pénétrant d'autres feux, d'autres seuils.

  • Entre un passé idéalisé et un présent fugitif, ce livre suit la trajectoire erratique d'un déclin personnel. Paysages d'une fuite en Europe de l'Est, réminiscences d'un Chicoutimi natal et projections dans un dépaysement forcé par un face à face avec le père en soi ; le poète retrace les tribulations d'un « je » s'allégeant d'un fardeau atavique en nommant une mémoire où le poème puisse exister.
    Néo-lyrisme et littérature du terroir se conjuguent en une poésie narrative où, pour parvenir au chant, il faut défigurer les repères, profaner les symboles, soigner les liens filiaux et ainsi, soi-même, devenir père.

  • Fin du labyrinthe constitue le cinquième volet d'une méditation sur la mort, sous forme d'ascèse. Au terme d'un polyptique que forment Le Cimetière de Sinera, Les heures, Mrs. Death et Le marcheur et le mur, la langue se dépouille en quête de la clarté qui précède la lumière, de la lumière qui accueille le je sur la rive ombreuse. Le poème se fait tour à tour chemin, ascension et traversée «au coeur de l'hiver», dans l'espoir d'un «blé à venir», du point du jour jusqu'au coucher du soleil. Dans le langage en butte au silence, à la souffrance de l'homme arbre ou cerf, poursuivi par le temps, s'accomplit la quête de l'Absolu.

  • Les lieux nous engendrent autant que nos père et mère. Ils donnent naissance à nos façons d'être et de parler, de vivre, d'aimer, même de mourir. Trois Grands Enfants explorent dans ses recoins les plus secrets la forêt montmorencienne, dans l'arrière-pays de Beauport, leur « port d'attache », dont ils se détachent petit à petit pour épouser le grand large que les bois incarnent avec leurs défis et leurs dangers. Ils y découvrent qu'ils ne sont pas encore nés : ils s'accoucheront dans la douleur et dans la joie, sortant peu à peu de leur longue incubation grâce à la puissance de la Poésie, langue première des bêtes et des plantes qui composent le peuple des forêts, cette grand partition de la vie à l'état brut qu'ils interprètent jusqu'à la dissonance et au charivari. Entre fable et poème, mémoire et essai, Port de terre met en oeuvre toutes les ressources du langage pour raviver le grand big bang qui nous ré-enfante à chaque instant.

  • Véritable hommage à la mémoire de Paul Émile Savard, ami disparu, Toots fait la Shiva, avenue Minto d'Erín Moure dépasse la simple étude. Livre émouvant s'il en est, cet essai, dont on a dit qu'il constituait «un beau témoignage d'une vie courageusement vécue aux confins des valeurs contemporaines», fait ressurgir l'existence d'un homme n'ayant laissé aucune trace, si ce n'est qu'en cette femme qu'il surnommait Toots. «Ce sont mes souvenirs, et le souvenir est un travail d'imagination», écrit Moure. De l'Abitibi aux quartiers pauvres de Vancouver, en passant par Montréal et l'avenue Minto près de la Cour de triage Glen à N.-D.-G., à travers des souvenirs et des recherches Google, des citations de Rilke et des allusions aux recettes de Madame Jehane Benoît, l'autrice honore la dignité de cet être cher, dignité dont elle seule, au fond, pouvait rendre compte.

  • Moments fragiles est sans contredit l'un des plus grands recueils de poésie de Jacques Brault et du Noroît. Publié pour la première fois en 1984, il a souvent été réédité et continue aujourd'hui à être lu et étudié dans plusieurs établissements d'enseignement. Cette nouvelle édition respecte le texte original et son dialogue avec les oeuvres du poète, tout en présentant une nouvelle couverture.
    Dans Moments fragiles, Brault arrive à s'approcher «de cet espace où le lieu commun révèle sa profonde étrangeté, se creuse d'une rumeur impersonnelle. [...] Mais seule l'écriture qui a regardé en face sa propre nullité peut produire une telle rencontre et en assumer la tristesse et la paradoxale vérité» (Pierre Nepveu, Le Devoir, 1984). C'est un recueil d'une rare sensibilité à l'existence et au monde qui demeure d'actualité encore aujourd'hui.

  • Il s'agit, dans ce livre, de maux déguisés en mots pour ne pas avoir à vivre ce qu'ils éprouvent. Des mots à maux. Des mots sans mots. Des maux pleins de mots (les pires). Des mots qui abusent carrément. Des mots faits main, dans la tête, qui laissent deviner ce qui se passe réellement derrière la palissade de mots. Des mots qui étouffent comme un boa. Des mots mal emmanchés. Des mots de Charlevoix. Des mots du fleuve salé bleu-vert. Des mots que l'on dit trop, que l'on répète, pour ventiler. Des mots d'amour quand elle me prend dans ses bras, nombreux. Des mots qui donnent de grandes ailes, enfouis, morts de peine, qui se donnent la mort. Mots uppercuts. Mots en diable. Des mots de plein jour en pleine nuit. Des mots au chocolat noir à la fleur de sel. Des mots nids. Des mots draps de soie. Des mots qui se lisent sur une portée de silences.

  • Tout est cache

    Quinn Judy

    Tandis que la pollution atmosphérique atteint des sommets records à Delhi, les morts prennent le pouvoir sur Terre. Où aller? Pourquoi? Dans ce cinquième recueil publié au Noroît, Judy Quinn poursuit son souffle narratif jusque dans les rues de l'Inde où elle dissèque avec acuité un réel insoutenable, celui d'un monde en flammes. Parmi la liste des choses à voir : des mini-chiens au poil court, la soie, la gale, la balle qui a tué Gandhi. Avec Ben Kingsley dans le rôle principal, se déroule ainsi la bobine d'un film sans sous-titres dans lequel l'existence n'est plus que survie, comme si Dieu avait quitté le cinéma avant la fin. Livre sur le deuil et l'amour, Tout est caché est un voyage incandescent à la recherche d'un abri.

  • Cet essai est un apport à la réflexion québécoise sur la poésie, car il contribue à enrichir les lieux de l'imaginaire poétique, non seulement dans une perspective continentale américaine, mais aussi dans celle des traditions littéraires anglo-saxonne et hispanique.
    Non seulement l'attention portée au domaine de l'émotion est un apport aux théories de la lecture et de la création, mais les textes qui lui sont consacrés pourront aussi être fort utiles aux professeurs des collèges et universités francophones. Serrano rend le texte poétique familier dans un langage imagé, se déployant selon différents angles d'approche, dans une cohérence de thèmes et de répétitions qui n'enferme toutefois pas le sens, constamment ré-ouvert. L'essai acquiert ainsi une «troisième dimension», poétique, qui est mise en abyme.

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