Artois Presses Université

  • Dans la pensée contemporaine, l'esclavage est considéré comme un crime contre l'humanité, parce qu'il nie des droits universellement reconnus (la liberté, l'égalité), en faisant de l'être humain une propriété, un objet. Pourtant, l'affirmation de l'homme en tant qu'être juridique porteur de droits subjectifs est historiquement et culturellement marquée. Il a pu exister, même en droit français, un droit objectif de l'esclavage. Cette réalité conduit à s'interroger sur la logique de légitimation de l'esclavage, et à l'inverse sur l'émergence d'une définition juridique de l'homme comme sujet de droit. Le centre « Éthique et procédures » et la faculté de droit Alexis de Tocqueville (Université d'Artois), à l'initiative de Manuel Carius et de Tanguy Le Marc'hadour, ont invité juristes de droit public ou de droit privé et historiens du droit à réfléchir sur les rapports du droit et de l'esclavage. Leurs contributions, limitées à l'espace juridique français, mais étudiant des époques et des lieux variés, analysent le code noir et ses évolutions, ou le droit international contemporain, en passant par le droit du protectorat marocain ou le statut de l'indigène en Algérie. Le droit de l'esclavage ayant longtemps cohabité avec son interdiction, on constate un relativisme juridique qui lui donne des contours imprécis, sur deux points : il fait de l'esclave un être juridique hybride, à la fois chose et homme, dont le statut varie avec le temps, et il désigne aussi « l'autre humanité », susceptible d'être mise en esclavage, et « l'autre lieu », l'ailleurs où existera l'esclavage. Il crée alors une altérité mouvante qui prend des formes différentes selon les époques et les lieux. Les contributeurs du colloque présentent ainsi une réflexion sur un droit pris entre exigence morale et intérêts économiques ou sécuritaires.

  • Dans une société désenchantée, la multiplication des « affaires » et la défiance citoyenne à l'égard des politiques réactivent régulièrement les projets de réforme tendant à revisiter la représentation politique. Face à une démocratie en souffrance, dans laquelle le cumul des mandats et des fonctions est largement stigmatisé, les lois organique et ordinaire du 14 février 2014 introduisent une césure entre tout mandat parlementaire et une fonction exécutive locale à l'horizon 2017. La tenue d'un colloque relatif au renforcement de la limitation du cumul des mandats et des fonctions à la faculté de droit de Douai, le 4 décembre 2014, dont les actes sont réunis dans le présent ouvrage, s'inscrit dans l'actualité de cette interdiction, proposée dans le rapport intitulé « Pour un renouveau démocratique » établi par la Commission Jospin en 2012. Associant non seulement des chercheurs en droit et en science politique mais également des hommes politiques, cette manifestation a mis à jour la complexité des enjeux entourant le cumul des mandats et des fonctions. Les questionnements suscités par les récentes réformes du 14 février 2014, qui bousculent un élément profondément enraciné dans la vie politique française, sont dès lors saisis au travers de cet ouvrage : dans la perspective d'une refondation du système politique, les actes du colloque interrogent tant les difficultés rencontrées pour limiter le cumul des mandats en France que les pesanteurs du cumul sur le système politique pour envisager les conséquences, voire les exigences impliquées par les changements législatifs en ce domaine.

  • Transparence et gouvernance sont devenues, en une décennie, les maîtres mots du droit contemporain des sociétés. Cet ouvrage vise à apprécier la transparence sociétaire à l'aune de dix ans de réformes qui ont modelé l'information sous la férule des préceptes de gouvernance. Intégration de nouveaux enjeux, débats sur les rémunérations des dirigeants, aspects de droit comparé et de droit comptable, sanctions de la diffusion d'une information erronée sont autant d'éléments qui font la richesse et l'originalité des contributions réunies sous la direction du Professeur É. Blary-Clément. Destiné à tout public, étudiants, praticiens, universitaires, cet ouvrage rassemble les analyses de juristes de différents horizons, français et étrangers. Professeurs et Maîtres de conférences, ingénieurs, avocats, tous au fait des questions de transparence et de gouvernance. Il s'inscrit dans le cadre d'un projet de recherche pluridisciplinaire financé par l'Agence Nationale de la Recherche, référencé ANR-07-ENTR-012 - TIDCG (« Transparency and Information Disclosure in Corporate Governance »).

  • S'il existe nombre de travaux consacrés à la question de la traduction des métaphores et de leur problématique transposition dans telle ou telle langue, la réciproque - l'étude des métaphores de la traduction - est encore à l'état embryonnaire. Pourtant, la mise en évidence de champs et de sous-champs métaphoriques de la traduction plus ou moins étroitement articulés en système est de nature à éclairer le sens de l'opération traductive. C'est dans cette perspective que François Géal a lancé en 2015 le projet TMT - Trésor des métaphores de la traduction -, base de données sur les métaphores de la traduction, en français et dans une dizaine de langues « majeures », consultable sur internet. La collecte est destinée à se poursuivre dans les années qui viennent, permettant d'affiner les catégories métaphoriques qui structurent cet ensemble, mais le temps des premières analyses est venu. Mettant en lumière l'intérêt herméneutique de la métaphore, ces contributions jettent un nouvel éclairage sur l'histoire des traductions.

  • Si la musique naît du corps, l'écriture, en son processus de rationalisation, a contribué à élaborer les manifestations de ce corps jusqu'à un raffinement extrême au point qu'il faut souvent en déplier les multiples médiations, puis en décrypter les éléments épars, pour en recomposer la présence. De l'abstraction la plus rigoureuse de certains processus compositionnels, qui confinent à la maîtrise de toute dimension corporelle, jusqu'à la surexposition du geste dans l'écriture même de pièces qui brouillent la frontière entre musique et théâtre, s'ouvre un champ d'investigation aussi vaste que perturbateur. La première partie de ce volume - Corps, tradition, modernité - pose quelques importants jalons historiques. La deuxième partie - Geste, dramaturgie, théâtre musical - aborde des cas particuliers dans lesquels le corps producteur de sons (et de silences) est appréhendé avant tout selon sa dimension théâtrale, bien qu'il soit évidemment difficile de séparer, a fortiori dans ces oeuvres, la musique de la dramaturgie. La troisième et dernière partie - Modèles d'inscription du corps dans la composition contemporaine - présente des écritures musicales dont le trait commun, au-delà des différences de styles et de tons, est la place centrale que le corps occupe dans le travail des compositeurs.

  • Le Registre des calenges du bailli d'Arras, passé presque inaperçu des historiens jusqu'à présent, est digne d'un remarquable intérêt tant pour l'histoire de la ville que pour celle de la justice et de la société du Moyen Âge. Il garde en effet mémoire des poursuites criminelles faites par les échevins sur la saisine (« calenge ») du bailli comtal, du 26 janvier 1362 au 4 novembre 1376, soit en tout cent soixante-dix causes pour lesquelles sont précisés les noms des victimes et des accusés, le récit des faits incriminés - plus de la moitié sont des vols, environ un tiers sont des homicides - ainsi que le mode de défense adopté : aveu, déni, invocation de la légitime défense qui donne lieu à une « contreplainte » dirigée contre la victime. Les dépositions de quelques témoins sont enregistrées pour les deux tiers des affaires. L'accusé est une fois sur deux relaxé, dans le reste des cas banni ou puni de mort, plus rarement condamné à une amende ou une peine corporelle. Le Registre des calenges est ici présenté, intégralement édité et traduit du franco-picard en français moderne.

  • La caricature de presse tourne en ridicule les travers des puissants, singulièrement des gouvernants et des parlementaires. Mais on sait désormais, depuis la tragédie de Charlie Hebdo, que ce sont les dessinateurs qui peuvent en mourir, et la liberté de la presse en être meurtrie. Cet ouvrage, abondamment illustré, étudie l'évolution du rôle et des formes de la caricature politique et parlementaire en France de Louis XVIII à François Mitterrand, avec un utile détour comparatiste du côté de l'Italie. Des spécialistes reconnus du dessin de presse et de l'histoire politique contemporaine analysent l'histoire des dessins à charge de Daumier à Piem, en passant par les combats des caricaturistes lors de l'Affaire Dreyfus (Forain, Caran d'Ache) et par Sennep, le « Daumier du Palais Bourbon » sous les deux Républiques dominées par les débats parlementaires. À travers cet éclairage, c'est toute l'histoire des usages de la scène parlementaire et des joutes des leaders et des familles politiques qui est revisitée. Un tableau politique se dessine, articulant étroitement l'éloquence de la tribune et le trait du dessinateur de presse, le poids des mots du représentant de la nation et le choc de sa représentation.

  • Cet ouvrage réunit une sélection de textes de chercheur(e)s, de praticien(ne)s de la scène, et d'artistes-chercheur(e)s ayant participé à deux colloques successivement consacrés aux dramaturgies - textuelles et scéniques - de la marionnette. Il s'agit, d'une part, de Corps vivant / corps marionnettique : enjeux d'une interaction, organisé par l'Université d'Artois ; et, d'autre part, d'Espace vivant / espace marionnettique : enjeux d'une interaction, ayant eu lieu à l'Université de Strasbourg. Le lecteur aura ainsi l'occasion de constater que, si la marionnette reste un moyen de dire le monde à partir d'un médium spécifique, elle représente aujourd'hui un secteur artistique très diversifié et en perpétuelle évolution, s'enrichissant non seulement de sa confrontation avec les corps vivants de manipulateurs ou d'acteurs, mais réinventant dans le même temps son espace de représentation.

  • La position particulière de Calais, interface naturelle entre le continent et la Grande-Bretagne depuis les temps les plus reculés, en fait un lieu d'observation privilégié des circulations dans le Nord de la France, et plus précisément des déplacements des hommes. Longtemps pris dans un sens restrictif, ce dernier terme a occulté la présence féminine. Pourtant, les femmes sont bien présentes, pas uniquement épouses fidèles de maris voyageurs : pèlerines, filles à marier ou femmes de mauvaise vie, colporteuses ou messagères, activistes ou réfugiées, elles traversent la région de part en part depuis le Moyen Âge. Artistes, femmes du monde (ou du demi-monde), commerçantes, aventurières n'hésitent pas à franchir le détroit, sans parler des sportives qui relèvent ce défi à la nage ! Ce territoire géographiquement limité s'avère ainsi d'une grande richesse et participe, par petites touches ou par des études plus étendues, à bâtir une meilleure vision des déplacements des femmes. Il apporte ainsi sa pierre à l'édifice de l'histoire des femmes comme à celui de l'histoire des circulations et contribue à sa mesure à établir le pont entre les deux.

  • Ce volume s'est donné pour objectif de réfléchir aux notions du traduisible et de l'intraduisible en situation. Quoi de plus passionnant que d'analyser le travail d'un traducteur qui affronte vaillamment un lapsus oral, écrit, un jeu de lettres, de mots ou d'esprit, sans se fourvoyer ? Quelles réalités linguistiques, socioculturelles ou autres se cachent derrière un culturème ou sociolecte épineux ? Quelles sont les solutions méandreuses de dernier recours qui permettent de passer d'un cas intraduisible en théorie à un cas traduit dans la pratique ? La richesse du parcours des auteurs, parfois théoriciens, parfois praticiens, parfois les deux, a permis de répondre à ces questions et à bien d'autres, en alliant tentatives de théorisation de la traduction et pratique traduisante. Sont analysés les moyens employés par les traducteurs, adaptateurs ou interprètes face à leurs blocages et sacrifices, leurs trouvailles et audaces - toutes ces pérégrinations qui peuvent conduire à des prises de position ambivalentes. Les domaines de recherche étudiés sont variés : la littérature, la poésie, la linguistique, l'informatique, le droit, le cinéma, la culture, la société ou encore la religion.

  • Les contributions rassemblées dans ce volume interrogent la notion de phrase, d'un double point de vue linguistique et didactique. Par leur diversité et leur complémentarité, elles apportent un éclairage particulier sur cette notion plurielle, analysée pour le français et pour d'autres langues, dans une perspective contrastive. Un premier volet linguistique propose une réflexion sur la nature même de la phrase et son identification, par le biais d'analyses portant sur certains constituants ciblés, ou de réflexions sur la dimension énonciative, discursive et interprétative de cette unité. Cette partie fait clairement apparaître la nécessité d'une réflexion sur les critères définitoires pertinents, susceptibles de rendre compte au mieux du fonctionnement de la langue. Le second volet offre une perspective didactique : à partir d'analyses de supports d'enseignement, de dispositifs d'apprentissage ou encore de productions d'élèves, les contributions interrogent l'enseignement-apprentissage de la notion en Français Langue Maternelle comme en Français Langue Étrangère. Ces analyses mettent notamment en évidence la nécessité d'établir des passerelles entre linguistique et didactique et interrogent de fait la formation des enseignants sur ces questions centrales.

  • De bouche à oreille, de recueils en romans, sur la scène ou sur la toile, la chanson pour enfants circule, se fixe dans des livres pour la jeunesse, surgit dans les oeuvres dramaturgiques adressées au jeune public, se transforme au fil des époques, des pays, des médias. À partir de corpus très variés - du XVIIIe au XXIe siècle, en France mais aussi dans des espaces culturels aussi divers que le Japon, la République Tchèque ou les États-Unis, dans les recueils, les albums, les romans, les textes de théâtre ou sur scène -, les études rassemblées dans cet ouvrage mettent en évidence la diversité des modalités de circulations et d'inscriptions des chansons au sein de la littérature pour enfants et adolescents. Des chansons dont les mouvements et les métamorphoses interrogent le lien entre l'oralité qui fait leur essence, les supports écrits qui les modèlent ou les fixent, les images qui les reconfigurent, les voix qui les (ré)inventent, les corps qui les incarnent. Ces études montrent tout particulièrement comment les chansons peuvent renouveler la littérature adressée à la jeunesse et contribuer à tracer le territoire en mouvement de la culture de l'enfance.

  • Comment rendre hommage à Alain Viala, à la fécondité de ses travaux, à l'inventivité de son oeuvre sans le transformer en académicien empaillé ? Puisqu'un de ses buts est de décloisonner les genres et d'éviter les prêts-à-penser, on pouvait tout risquer. Des contributeurs enthousiastes ont donné à leur hommage des formes choisies, entre le poème, le témoignage affectueux et la réflexion érudite s'inscrivant dans le prolongement des concepts qu'il a imposés en histoire, sociologie et théorie de la littérature. L'ensemble est ponctué de quelques textes d'Alain Viala, qui dessinent un parcours, menant des postures d'écrivains qui font la dynamique centrale du champ littéraire jusqu'aux bizarreries qui occupent les marges de ce champ. Ce trajet suit le fil des opérations critiques qui ont marqué de manière décisive la pratique des études littéraires : historiciser la littérature, mettre à jour les mécanismes de la valeur, exhiber les tensions et leur fécondité, traverser les frontières, s'engager... Le trajet d'une révolution qui refuse (l'histoire littéraire des grands hommes), revendique (une méthode), désordonne et brouille pour créer du nouveau.

  • Dans cette société du spectacle où le sport est roi, le football fait partie de l'ordinaire de la vie « des gens ». Pas une journée ne passe sans un lot considérable d'informations à ce sujet. Une telle inflation, combinée à une présence médiatique quasiment quotidienne, font de ce sport et de ses experts des éléments de notre décor quotidien. Mais qui sait qu'un joueur sur mille deviendra un jour professionnel ? Qui sait à quoi ressemble cet « élu » ? Qui sait pourquoi tel joueur décrochera son premier contrat professionnel alors que tel autre jouera le reste de sa carrière dans l'anonymat du football amateur ? Qui connaît les ingrédients de la réussite ? Ce livre bâti sur plus de trois ans d'enquête réalisés dans trois clubs professionnels existe à cause de ces questions. Version remaniée d'une thèse de doctorat en Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives, l'ouvrage propose une sociologie au métier de sportif de haut niveau et plus particulièrement au métier de footballeur professionnel. Dans un sport de haut niveau fait de rationalités, de contrôles et de préparations poussées à l'extrême, le hasard et le tâtonnement n'auraient pas leur place. Les éléments de réponse que propose cet ouvrage contestent cette version des faits : la fabrication d'un sportif de haut niveau est aussi structurée par le principe d'incertitude et l'absence de systématisation. Il fallait une sociologie de la formation au métier de footballeur pour découvrir ce que la masse de licenciés et de rêveurs cache mécaniquement.

  • Ce volume se veut un hommage au regretté Michel Ballard, qui a contribué à fonder la traductologie et à faire de l'étude de la traduction une discipline à part entière ayant peu à peu gagné son autonomie. La diversité des intervenants, qui ne représentent pas moins de 10 pays (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Grande-Bretagne, Liban, Pologne, Roumanie, Russie, Suisse), témoigne du rayonnement de ce chercheur passionné et de la réception qu'ont eue ses travaux, en France et au-delà. Les articles qui constituent cet ouvrage ne sont pas consacrés à Michel Ballard lui-même, mais ils s'inscrivent dans le droit fil de ses réflexions et reflètent la trajectoire scientifique de cet enseignant-chercheur prônant une « traductologie réaliste », et dont l'approche a toujours été triple : historique, théorique et didactique, les trois composantes se nourrissant mutuellement et offrant, fait rare, une démarche complète, englobante et équilibrée. L'ensemble des contributions présentées ici permet d'explorer et de baliser encore une fois ce vaste champ de recherche passionnant, afin de poursuivre l'élan qu'avait impulsé Michel Ballard et de nous plonger, comme il aimait le faire, et comme le suggère le titre de cet ouvrage, « au coeur de la traductologie ».

  • Non, pour les poètes du Siècle d'Or, la Fable n'est pas un « appareil de divinités poussiéreuses », ni l'aliment d'une froide rhétorique. En atteste l'insistante présence des mythes antiques sortis palpitants des Métamorphoses d'Ovide. Cette oeuvre, véritable best-seller, symbole de la perpétuelle renaissance, avait essaimé avec éclat dans les textes poétiques d'alors, cependant qu'aujourd'hui, dans une indifférence quasi générale, vient de s'écouler l'anniversaire des 2000 ans de la mort de son auteur. Par quels chemins, de toute évidence autres que les grandes sources latines directes, comme certains indices nous le laissaient soupçonner, ces mythes païens étaient-ils parvenus à ces poètes depuis la lointaine Antiquité et le haut Moyen Âge ? De patientes inquisitions nous ont permis d'établir l'existence d'un secteur abondant d'intermédiaires mythographiques resté inexploré et qui fut un espace de prédilection, amplement visité par les poètes. Ce trésor oublié nous l'avons mis au jour, répertorié, analysé en regard de la poésie auriséculaire ; nous l'avons restitué en de larges extraits que nous avons traduits en français afin de les rendre accessibles à toute curiosité non latiniste et non exclusivement hispaniste.

  • Près d'un siècle après l'arrivée de la plus grande vague d'immigration polonaise en France, une partie de ses descendants conserve des traditions polonaises. Cet ouvrage retrace l'évolution de la polonité, c'est-à-dire l'attachement des migrants polonais et de leurs descendants à la Pologne et sa culture, entre 1945 et 2015, au sein des pays miniers de Saône-et-Loire et du Nord - Pas-de-Calais, et identifie les raisons de cette persistance. À partir de sources écrites et orales, le réseau associatif polonais, en particulier les sociétés sportives et artistiques, et le milieu familial sont interrogés pour étudier cette spécificité chez les deuxième, troisième et quatrième générations de migrants polonais. Les constituants et les acteurs de la polonité ainsi que les rôles du territoire sur cette dernière sont déterminés. La dimension comparative confirme l'influence du territoire sur les pratiques, les comportements et l'identité des individus qui peuvent également l'utiliser symboliquement. La lecture de la polonité ici adoptée, pouvant s'appliquer à d'autres populations issues de l'immigration, offre un nouveau regard dans le domaine de l'histoire de l'immigration.

  • L'intérêt de cet ouvrage consiste à confronter différents champs disciplinaires sur la notion de frontière au sens propre comme au sens figuré : frontière linguistique, religieuse, économique, sociale, géographique, culturelle, artistique, religieuse et naturellement politique. On y trouvera dès lors des contributions portant sur l'histoire, la géographie, l'histoire de l'art, l'archéologie et les religions, mais aussi des études linguistiques et culturelles. La définition et la perception de la frontière sont envisagées comme une zone de rencontres, d'échanges, de regroupements mais aussi comme une zone de confrontation ou de fracture politique, religieuse, militaire.

  • De façon récurrente aujourd'hui, dramaturges, acteurs ou metteurs en scène se référent à la musique pour désigner une composante majeure de leur travail, voire un « modèle d'écriture ». On se propose ici d'étudier ce phénomène en l'abordant sous l'angle du corps, et d'explorer les modalités de mise en relation entre le corps et le fait musical (qu'elle soit littérale, ou plus symbolique), dans les textes comme sur les scènes du théâtre moderne et contemporain, en en cherchant la source dans quelques figures phare du xxe siècle, pour se concentrer ensuite sur quelques dramaturgies très contemporaines. De quoi ce « corps musical » est-il donc le symptôme ? La question est aussi bien esthétique que politique. Une première partie de cette étude abordera les écritures, au sens large du terme ; la seconde traitera de la question du corps au plateau, de l'acteur à la mise en scène : qu'est-ce que le corps fait à la musique, et la musique au corps ? Et surtout, quel modèle de pensée, via cet imaginaire musical, vient informer la représentation théâtrale dans son ensemble ? Clôturant chaque partie, deux tables rondes, - l'une d'écrivains et traducteurs, l'autre de musiciens pour la scène -, permettent d'entendre des points de vue parfois divergents sur cette question de la musique et du corps dans le processus de création.

  • Géographes et sociologues s'accordent pour penser que la ville du XXe siècle a été faite par et pour les hommes. Si les études de genre permettent d'interroger les pratiques et les politiques de la ville aujourd'hui, que peut nous apprendre l'histoire sur la place, l'activité et les représentations des femmes dans les centres urbains ? En faisant converger différents regards (histoire sociale, économique, religieuse et culturelle, histoire du droit et des institutions, études littéraires), les analyses de ce volume contribuent à rendre visibles la présence et les actions des femmes, des plus humbles aux plus célèbres, et les mettent en perspective avec leurs représentations. Paris, en tant que centre urbain majeur et creuset privilégié des modèles sociaux et culturels français, apparaît comme un lieu à la fois exemplaire et singulier pour construire ce savoir. En parcourant les rues de la capitale, en entrant dans ses couvents comme dans ses prisons, en visitant ses salons et ses théâtres, ses lieux de promenade aussi bien que ses lieux de commerce, lectrices et lecteurs verront se dessiner des rapports de genre parfois inattendus, que subissent ou qu'exploitent les Parisiennes.

  • Depuis la naissance du professionnalisme en 1932, plus de 500 footballeurs algériens jouent dans le Championnat de France. D'Ali Benouna à Zinédine Zidane, qui sont ces travailleurs immigrés du sport ? Et quelles sont leurs histoires ? En croisant des archives exceptionnelles et des entretiens inédits avec une centaine d'anciens joueurs et leurs proches, Stanislas Frenkiel révèle un pan méconnu de l'immigration algérienne en France. Loin des masques du business et du spectacle, il met en lumière trois générations de footballeurs professionnels dont les carrières sportives et trajectoires sociales s'inscrivent dans les ambiguïtés et turbulences du XXe siècle : décolonisation et mondialisation, désindustrialisation et émancipation, démocratisation et professionnalisation du sport. À la suite d'une longue et passionnante enquête de terrain et plusieurs dizaines de milliers de kilomètres parcourus en France et en Algérie, l'auteur dévoile un livre de référence sur l'immigration dans le football. Il est issu du remaniement approfondi de sa thèse de doctorat.

  • La Révolution française et les secousses qu'elle a durablement engendrées dans toute l'Europe ont souligné de manière inédite l'influence du Verbe sur la politisation collective. Selon quelles modalités le bouillonnement rhétorique de la Révolution a-t-il été assimilé, mis à distance et pour partie réinventé en Europe occidentale dans le demi-siècle qui a suivi, tant chez les partisans que chez les adversaires du mouvement initié en 1789 ? Quelle a été l'incidence de cette rhétorique fondatrice dans la sensibilité des générations suivantes et dans la politisation d'individus n'appartenant pas aux élites sociales ? Du monde anglo-saxon aux confins méridionaux de l'Europe occidentale en passant par le territoire flamand, la rhétorique de 1789 a fait l'objet d'adaptations profondes et significatives, quand elle n'était pas franchement rejetée. En France même, loin d'une diffusion de valeurs républicaines directement issue du Verbe révolutionnaire, les analyses présentées au fil de cet ouvrage suggèrent toute la complexité des entrelacements argumentatifs dans la maturation progressive d'un modèle politique national jusqu'en 1848.

  • Pierre Cazier, né en 1936, est professeur de latinité tardive à l'Université d'Artois. Après des études de lettres classiques à l'Université de Lille jusqu'à l'Agrégation, il a soutenu - en 1984, à Paris IV - une thèse d'État sur l'oeuvre théologique et politique d'Isidore de Séville, au début du VIIe siècle. Il propose ici un ouvrage destiné à un large public, qui reprend les grandes lignes d'un enseignement donné depuis de nombreuses années à Lille III, et à Arras. Il s'agit de présenter, à un public cultivé, mais non spécialiste, l'essentiel du message biblique dans la perspective de l'Histoire des religions, qui considère les croyances de façon objective, en les situant dans leur contexte historique et sociologique. Le thème qui a été retenu ici, est celui de la souffrance de l'homme et, particulièrement, de l'homme innocent. La Bible, dès ses premières pages, présente le récit de la faute originelle comme la cause des malheurs de l'humanité, dans un monde qui avait pourtant été créé pour le bonheur des hommes. Mais elle contient aussi, dans le livre de Job, une des plus belles protestations d'un juste devant un Dieu qui l'accable sans qu'il ait commis de faute. Ce Cri de Job sert ainsi de pivot autour duquel vont se présenter les grandes questions qui se posent à l'homme. Le monde est-il fait pour lui, ou pour les dieux ? La place de la femme à ses côtés est-elle un châtiment, ou une bénédiction ? Les souffrances qu'il subit sont-elles le châtiment d'une faute commise, une malédiction des dieux injustes, le fait des lois de la nature, ou du simple hasard ? L'interrogation commence avec la littérature mésopotamienne, et se poursuit avec la Bible, qui se situe dans la continuité historique de celle-ci. Par comparaison, la mythologie grecque sert de contrepoint, avant l'exploration, toujours sur les mêmes thèmes, des grandes périodes de la littérature française. La méthode suivie fait appel à de très longues citations de textes, traduits de la façon la plus lisible possible et brièvement commentés, sans érudition superflue, à mi-chemin entre la simple anthologie et une synthèse plus générale, laissant au lecteur le plaisir de la relecture et de la découverte personnelle.

  • Pierre Cazier, né en 1936, est professeur de latinité tardive à l'Université d'Artois. Après des études de lettres classiques à l'Université de Lille jusqu'à l'Agrégation, il a soutenu - en 1984, à Paris IV - une thèse d'État sur l'oeuvre théologique et politique d'Isidore de Séville, au début du VIIe siècle. Il propose ici un ouvrage destiné à un large public, qui reprend les grandes lignes d'un enseignement donné depuis de nombreuses années à Lille III, et à Arras. Il s'agit de présenter, à un public cultivé, mais non spécialiste, l'essentiel du message biblique dans la perspective de l'Histoire des religions, qui considère les croyances de façon objective, en les situant dans leur contexte historique et sociologique. Le thème qui a été retenu ici, est celui de la souffrance de l'homme et, particulièrement, de l'homme innocent. La Bible, dès ses premières pages, présente le récit de la faute originelle comme la cause des malheurs de l'humanité, dans un monde qui avait pourtant été créé pour le bonheur des hommes. Mais elle contient aussi, dans le livre de Job, une des plus belles protestations d'un juste devant un Dieu qui l'accable sans qu'il ait commis de faute. Ce Cri de Job sert ainsi de pivot autour duquel vont se présenter les grandes questions qui se posent à l'homme. Le monde est-il fait pour lui, ou pour les dieux ? La place de la femme à ses côtés est-elle un châtiment, ou une bénédiction ? Les souffrances qu'il subit sont-elles le châtiment d'une faute commise, une malédiction des dieux injustes, le fait des lois de la nature, ou du simple hasard ? L'interrogation commence avec la littérature mésopotamienne, et se poursuit avec la Bible, qui se situe dans la continuité historique de celle-ci. Par comparaison, la mythologie grecque sert de contrepoint, avant l'exploration, toujours sur les mêmes thèmes, des grandes périodes de la littérature française. La méthode suivie fait appel à de très longues citations de textes, traduits de la façon la plus lisible possible et brièvement commentés, sans érudition superflue, à mi-chemin entre la simple anthologie et une synthèse plus générale, laissant au lecteur le plaisir de la relecture et de la découverte personnelle.

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