Beauchesne Éditeur

  • Avant-propos
    Alors que les discussions, approbations, contestations allaient bon train concernant le nouveau Baccalauréat, et la part importante (40 %) que le ministre avait dévolue au contrôle continu pour l'ob-tention du nouveau diplôme, un virus veillait ! Ce ne sont pas 40, mais 100 % des notes du contrôle continu qui furent - à cause de la Covid19 - prises en compte pour la session 2020 ! Le virus étant toujours parmi nous, nous ne retrouverons pas encore intégralement, pour la session 2021, les dispositions prévues par les bulletins officiels : comme l'a annoncé, le 5 novembre 2020, le ministre de l'Éducation nationale, les épreuves d'évaluation communes de Première et Terminale seront encore cette année remplacées par le contrôle continu. Il est donc important de faire le point, et pour cette année, et pour l'an prochain ! C'est l'objet du préambule de ce livret, même s'il n'est pas exclu que de nouvelles modifications interviennent avant le mois de mars ! Au cours des pages suivantes, comme chaque année, nous analyserons bien entendu les oeuvres du « programme limitatif ». Les candidats à l'épreuve optionnelle de musique du Baccalauréat, comme ceux de l'enseignement de spécialité, y trouveront suffisamment d'informations pour bien connaître ces oeuvres. Ils y rencontreront également des liens vers l'Internet, ainsi que des reports vers un autre manuel qui a vu le jour en même temps, La musique au logis, qui s'adresse à tous ceux qui souhaitent aller plus loin dans la compréhension de la musique, qu'ils envisagent ou non de se diriger vers des études plus poussées de musicologie. Enfin, pour ceux qui se sentent saisis du soudain courage d'affronter la technique, la partie annexe est là pour leur fournir des méthodes rapides pour apprendre à lire les notes, à lire les rythmes, à affronter une partition, même une partition d'orchestre ! L'initiation à l'acoustique permet de rendre plus logiques les partis pris solfégiques, et de mieux comprendre le développement de l'harmonie. Puisse cette initiation « sans douleur » les pousser plus avant dans l'art musical, qui, comme tout art, nécessite un savoir technique, une pratique assidue et une curiosité sans faille !
    P. Morant

  • De l'aède déclamant Homère à l'éloquence de l'Âge classique, en passant par les orateurs romains et les disputes médiévales, la parole trouve les conditions propices à son épanouissement public. Cet ouvrage aborde successivement les arts et les techniques qui visent dans des contextes variés à la maîtrise de la parole publique, les formes d'autorité associées à cette prise de parole et ses effets de séduction.
    Un cours approfondi, élaboré par des professeurs expérimentés de lettres et de philosophie, ouvre chaque partie composée d'une anthologie d'oeuvres majeures de l'Antiquité, du Moyen Âge, de la Renaissance et de l'Âge classique. Une série de parcours permet la fréquentation suivie des textes, d'Homère à Pascal. Le riche apparat critique, les focus et grands-angles, encadrés de culture générale, en délivrent les clés de compréhension. Les questions guident le lecteur dans le repérage et la mise en oeuvre des procédés de l'art de la parole, pour une expression écrite et orale maîtrisée, tandis que s'élargissent sa conscience historique et son jugement critique. Les arrêts sur image éclairent les liens entre les arts, le langage et la pensée.
    La méthodologie de l'épreuve de spécialité est suivie de sujets « type bac » corrigés et commentés afin de s'entraîner et réviser en toute autonomie.
    Les Pouvoirs de la parole (semestre 1) permettra au lycéen d'exceller au baccalauréat :
    - dans la spécialité Humanités, littérature et philosophie, tant à l'épreuve de fin de première (coeff. 5) qu'à celle de terminale (coeff. 16),
    - et aux épreuves de Français (coeff. 10) en première et de Philosophie en terminale (coeff. 8). Chacun y aiguisera ses compétences orales par la pratique de l'argumentation, fondamentale pour la nouvelle épreuve du baccalauréat, le Grand Oral (coeff. 10).
    Conçu pour offrir au lycéen une véritable culture humaniste, cet ouvrage servira pour candidater avec succès sur PARCOURSUP dans tous les cursus universitaires exigeants : classes préparatoires littéraires, commerciales et scientifiques, Instituts d'études politiques, écoles de commerce et d'ingénieurs, écoles d'art et d'architecture, écoles de journalisme...
    Il accompagnera avec succès l'étudiant tout au long de ses études supérieures (1er et 2e cycle).

  • Comment dire le sacré ? Comment résoudre l'attrait irrésistible pour le principe de l'Unité alors que tout spectacle du réel renvoie à l'évidence troublante de l'altérité ? La musique par la magie des accords, la complexité des sons, la richesse de l'inventivité humaine, ne pouvait-elle pas, à bon droit, espérer rendre possible un tel espoir ? Ne pouvait-elle pas aller jusqu'à exercer un réel pouvoir de régénération de la nature entière, élevant les âmes, fédérant corps et esprits en un même idéal, jusqu'à ce que le mystère opère et que l'esprit de concorde des premiers commencements rejoue la symphonie initiale désaccordée par les colères humaines ?
    A l'aube du XVIe siècle, en cette première Renaissance, un Frère franciscain vénitien, Francesco Giorgio veneto (Zorzi), polyglotte et érudit, releva le défi en un ouvrage encyclopédique extraordinairement original, le De harmonia mundi (publié en 1525), hymne somptueux grâce auquel il espérait, par une écriture symbolique puissante, faire réentendre, aux hommes et à Dieu, les sons oubliés de l'harmonie de la création que les conflits de tous bords menaçaient d'étouffer.
    Un tel projet, salué par les rois et la papauté, pouvait alors se comprendre en ces temps où les guerres de religion n'avaient pas encore dévasté l'Europe, ni les troupes turques menacé les frontières. Mais, comment expliquer que, plus de cinquante ans plus tard, quelques courtes années après la sanglante nuit de la saint Barthélemy (1572), en un temps résolument déboussolé, un chrétien kabbaliste extrêmement renommé, Guy le Fèvre de la Boderie, n'eut de cesse de traduire la totalité de l'hymne latin en français, L'Harmonie du Monde (1578), dans l'espoir engagé que se rejoue, par et avec les accords harmonieux de l'hymne franciscain, l'avènement espéré d'une paix concordiste et harmonieuse politique autant que spirituelle.
    Un tel anachronisme, hymne solaire réapparu inopinément en un décor de sang, met en perspective de façon problématique l'utopie du projet initial mais ainsi, réactualise sous des formes très modulées la quête d'un discours du sacré en quête d'harmonie en des temps susceptibles d'en avoir perdu l'image et le son. Dans son livre La métaphore musicale de l'harmonie du monde à la Renaissance Myriam Jacquemier, spécialiste de l'histoire des idées et des imaginaires de spiritualité à la Renaissance, relève à son tour le défi audacieux de redonner vie et sens à ce rêve puissant d'une paix harmonieuse née de la musicalité du monde, voulue autant par les hommes que par les Dieux. L'aventure paraît d'un autre temps mais une telle étude convoque des problématiques, des thématiques, des recherches rhétoriques d'une évidente universalité et d'une constante contemporanéité. De Platon aux derniers Valois, le lecteur suit, grâce à une écriture érudite mais engagée, les successives représentations des imaginaires politiques et religieux qui, depuis si longtemps, ont investi la musique du pouvoir sacro-saint d'adoucir les moeurs.

  • Le présent volume constitue les Actes du LXIe colloque international d'Études Humanistes, organisé à Tours du 2 au 5 juillet 2018 au Centre d'études supérieures de la Renaissance (CESR). Il s'ouvre sur un Hommage à Christophe Plantin, célèbre imprimeur de la Renaissance né dans la région de Tours dont notre groupe de recherche et cette collection portent le nom. Dans la lignée des travaux sur le transfert des savoirs qui s'est accompli de l'Antiquité à la Renaissance, le livre s'interroge sur la façon dont les femmes illustres de l'Antiquité grecque ont été perçues et réinterprétées du XIVe siècle à la fin du XVIe siècle. Divisé en quatre chapitres, l'ouvrage s'organise autour de quatre questions : quel a été le rôle de Boccace dans l'intérêt porté aux femmes grecques antiques ? Dans quelle mesure les figures mythologiques et les constructions allégoriques ont-elles été un instrument de moralisation et de christianisation de l'héritage païen ? Comment les grandes figures poétiques comme Sappho et les personnages issus des tragédies et romans grecs ont-ils été accueillis et transformés à la Renaissance ? En quoi ces femmes grecques antiques entrent-elles en résonance avec les réflexions menées à la même époque sur le rôle et la place de la femme dans la société ? Dans une perspective résolument transversale, cet ouvrage associe analyses philologiques et littéraires, études iconographiques, recherches historiques et philosophiques.

  • Ce livre envisage un aspect encore peu connu de l'oeuvre de maître Eckhart : sa lecture des Pères latins. Un certain nombre de sources de la pensée eckhartienne ont déjà été étudiées, mais le fait qu'il cite, par exemple, Augustin quelque cinq mille fois dans son oeuvre n'a pas été beaucoup retenu. Or, un dialogue s'est effectué entre les deux auteurs par-delà les siècles, dialogue qui a infléchi la pensée du Thuringien.
    Dans le cadre du projet ANR -17- FRAL - 0002 TEAPREA (Teaching and Preaching with Patristic auctoritates. Meister Eckhart in France and Germany, past and present ), nous réalisons une étude systématique des sources patristiques d'Eckhart, ce qui donnera lieu à la publication d'un Index, regroupant ces sources. Nous étudions aussi les références qu'Eckhart fait aux Pères latins et aux Pères grecs, tant sur le plan thématique que sur celui de ses oeuvres, dans deux ouvrages.
    Ce premier volume est consacré à la lecture qu'Eckhart fait des Pères latins, un second suivra pour les Pères grecs. Ces deux volumes, explicitant l'Index, renouvelleront la compréhension de l'oeuvre eckhartienne.
    Ont participé à ce volume : Silvia Bara-Bancel , Julie Casteigt , Régis Courtray , Jean Devriendt , Jacques Elfassi , Jana Ilnicka , Christian Jung , Jean-Claude Lagarrigue , Dietmar Mieth , Harald Schwaetzer , Marie-Anne Vannier , Markus Vinzent .

  • La philosophie a toujours entretenu un rapport problématique à la question du religieux, aux religions instituées et au pouvoir politique qu'elles exercent sur la société. Au XVIIIe s, la philosophie a fait de la religion un objet à proprement parler, mais dont la réalité demeure problématique jusqu'au jour d'aujourd'hui.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Raisons d'Etat

    Gérald Sfez

    L'expression de « raison d'État » fait scandale : elle paraît signifier un régime d'exception à l'égard de la raison universelle ou commune, qui se recommande pourtant du titre de raison. Elle est l'allégation du droit d'échapper au droit.

    Le présent ouvrage explore les différentes formes de son énonciation et ses titres de légitimité, d'Italie en France et de France en Allemagne. Il découvre autant les dérives que les rationalités qui ont oeuvré à la constitution raisonnable de l'État. Celles-ci ont contribué à l'élaboration du droit public et mis en débat les formes d'exception légitimes auxquelles le pouvoir d'État est contraint d'avoir recours, en politique intérieure et extérieure, dans les situations extrêmes en vue de l'intérêt public.

    /> Ces rationalités ont suivi différents chemins depuis la ratio status médiévale à la mise en place de l'espace machiavélien (Machiavel et Guichardin), à leur bifurcation entre la voie de l'exception juridico-politique (Lipse et Charron) et celle de la maîtrise des ressources de l'État (Botero), leurs relations avec l'absolutisme et la naissance de l'État de bienfaisance. L'ouvrage expose la façon dont ces raisons d'État, multiples et divergentes, tant par leurs problématisations que par les réponses aigues qu'elles apportent, oeuvrent à la formation d'une pensée instruite de l'exception, affrontée aux dilemmes contemporains de la sécurité et de la liberté. Elles nous permettent, encore aujourd'hui, de prendre la mesure d'une zone incompressible de difficultés inhérentes à l'art de gouverner.

    Gérald Sfez est spécialiste de philosophie politique. Il a notamment rédigé plusieurs ouvrages autour de Machiavel et de plusieurs courants de la philosophie politique contemporaine.

  • Nicolas de Cues fait partie de ces philosophes qui n'hésitent pas à confronter leurs thèses aux données de la science. Cherchant à démontrer la puissance de son principe appelé « la coïncidence des opposés », il s'est lancé dans une recherche mathématique pour résoudre le problème de la quadrature du cercle, rédigeant en quatorze ans une douzaine de traités sur la question.

    - Cependant, à la lecture de son oeuvre, de nombreuses questions se posent : Quelle est la nature des objets mathématiques ? Sont-ils des essences indépendantes ou des productions de la pensée humaine ? Quelle est la fonction des objets mathématiques dans la pensée du Cusain ? Sont-ils des illustrations, des analogies, des symboles, des paradigmes ? Comment les mathématiques pourraient-elles préparer à la théologie ? Si une « théologie mathématique » peut faire avancer la théologie, notamment pour penser la Trinité et la Création, des « mathématiques théologiques » sont une catastrophe pour le progrès de la science.

    - Nous nous proposons ici de découvrir les obstacles épistémologiques dans les écrits mathématiques de Nicolas de Cues de façon à montrer comment les définitions théologiques qu'il a données aux notions mathématiques ont pu l'empêcher, malgré lui, de progresser vers la vérité.

    - Jean-Marie Nicolle est agrégé et docteur en philosophie. Il est spécialiste de Nicolas de Cues, membre fondateur de la Société Française Cusanus, membre de l'American Cusanus Society, membre du comité scientifique de la Cusanus Gesellschaft de Trêves. Sa thèse soutenue en 1998 à l'Université Paris X - Nanterre s'intitule : Mathématiques et métaphysique dans l'oeuvre de Nicolas de Cues. Il est l'auteur de deux ouvrages et de nombreux articles sur l'oeuvre cusaine.

  • Tout au long de ce livre, une succession de tableaux se déroulent sous nos yeux en autant d'images qui nous rendent le Christ proche et présent. Le Fils de Dieu se laisse voir à notre regard émerveillé. Il se laisse entendre à toute personne qui lui ouvre son coeur, chacune de ses paroles lui étant adressée et sa voix retentit alors jusque dans les profondeurs les plus secrètes de l'âme.
    C'est la grâce de ce livre qui ne laisse personne indifférent. Jésus, personne vivante, se révèle à chaque page, déployant mille facettes de l'Amour qui émane de Lui et dont l'immensité reste toujours un mystère au fur et à mesure que l'on y est introduit.
    L'auteur nous invite à entrer dans ce mystère infini de l'Amour ardent et vivant qui se donne à nous et nous appelle à Lui. Il trace un magnifique itinéraire spirituel et apostolique, entraînant le lecteur dans un courant d'intense amour du Christ, de sa Personne vivante, de son Corps et de son Sang, de son Coeur ouvert sur le monde.
    Les notes spirituelles de Marie-Benoite Angot, rassemblées en ce livre, ont suscité les « Maisons d'adoration », comme autant d'églises domestiques, contribuant à insuffler dans le monde l'Esprit du Christ. Disséminées ici et là, appelées à essaimer sans cesse, les « Maisons d'adoration » portent en elles un projet novateur qui, de façon étonnante, se rattache aux tous premiers temps de l'Eglise. Elles constituent une association internationale de Fidèles reconnue par le Saint-Siège.

  • Une application minutieuse inspirée par un répertoire organistique allant de Frescobaldi jusqu'aux oeuvres de l'auteur lui-même est le mot d'ordre de cet ouvrage qui veut faire suite à celui de La Musique et le Geste, aussi confié aux éditions Beauchesne.
    Remarques porteuses d'expériences pratiques, libres présentations esthétiques accompagnant des lustres de concerts et d'enregistrements et qui permettent d'aller d'emblée à l'essentiel, de toucher ce noyau central qui libère les forces devant présider à l'interprétation. Rencontre entre l'esprit et le monde, comme la rencontre entre La Musique et le Geste, dans ce désir de céder dans l'aura musical au pouvoir de l'écriture.
    Bref, un fil conducteur stratégique et fonctionnel, menant organistes et amateurs d'orgue, au gré de 142 oeuvres abordées, à la source d'une écoute et d'un acte musical efficients et lumineux.
    Bref répertoire des oeuvres présentées
    Parmi les 142 entrées se trouvent les auteurs suivants :
    Frescobaldi, Michelangelo Rossi, Nicolas de Grigny, J. Stanly, Frei Jacinto, José Carlos Seixas, Vivaldi, Gesualdo, Haendel, D. Scarlatti, J.S. Bach (18 entrées), Mozart, F. Liszt, J. Reubke, C. Franck, F. Mendelshonn, R. Schumann, J. Brahms, Ch.M. Widor, Moussorgsky, Vierne, Rachmaninov, Tchaïkovski, Stravinski, Honegger, Dupré, Bacewicz, Max Bauman et... Jean Guillou (64 entrées)

  • Tous, nous proclamons notre amour de la liberté. Si celle-ci est comprise comme capacité d'initiative, comment un chrétien ne serait pas profondément d'accord ? Sur ce point, l'esprit moderne est vraiment l'héritier du christianisme. En effet, pour la tradition chrétienne, la liberté nous est accordée pour que nous puissions coopérer à la réalisation de son dessein bienveillant. Dieu nous a créés pour nous rassembler autour de son Fils bien aimé et nous faire partager sa béatitude. Il nous a donné une capacité d'initiative afin que nous prenions notre part de responsabilité dans la construction de ce monde nouveau. Mais quand dans notre culture, la liberté semble être à elle-même sa propre fin, l'intelligence de la foi s'en trouve déstabilisée. On voit alors naître un conflit entre ceux qui sont influencés par l'approche moderne et ceux qui se veulent fidèles à la tradition. Nous en faisons chaque jour l'expérience, sous le mot liberté nous ne mettons pas tous la même chose. C'est pour comprendre ce malaise et y faire face que cet ouvrage a été rédigé. L'approche historique montre que la notion de libre-arbitre est aussi ancienne que le christianisme et n'a jamais cessé de faire l'objet de recherches et de débats. En même temps, cette approche suggère une perception plus profonde de la réalité que veut désigner l'expression libre-arbitre, que la Bible désigne à travers le symbole du coeur et que nous, modernes, nous nommons à juste titre capacité d'initiative. Cette perception permet un nouveau regard sur la morale, trop souvent décrite comme limitation de la liberté alors qu'elle devrait, comme la grâce, être comprise comme ce qui contribue à la croissance de la capacité d'initiative.
    Dans cet ouvrage, le père Laurent Sentis précise et justifie la conception de la liberté qu'il avait esquissée dans ses travaux précédents : Saint Thomas d'Aquin et le mal, et De l'utilité des vertus. Il propose ainsi le troisième tome d'une trilogie consacrée à l'anthropologie chrétienne.

  • L'un des plus grands mythes de notre littérature trouve son origine historique dans un personnage fantasque, mi-charlatan, mi-homme de science et de culture, le docteur Faust de Kundling. Mais les développements littéraires qui ont suivi sa mort singulière se sont appuyés sur différentes figures qui appartiennent au fonds commun de notre culture occidentale. Au premier rang d'entre elles, celle de Simon le Magicien, connue à travers les Actes des apôtres, la tradition hérésiologique (Justin, Irénée), et surtout le Roman pseudo-clémentin. C'est en effet dans cet ouvrage que l'auteur du premier récit sur Faust, le Faustbuch (1587), a puisé nombre des traits qu'il attribue à son anti-héros : le nom même de Faustus (bien attesté par ailleurs comme patronyme du magicien), les pratiques magiques et l'asservissement au démon, mais aussi la présence à ses côtés d'Hélène de Troie, la compagne de Simon. Cette confusion permit à l'auteur une nouvelle assimilation, celle de Faust avec le pape Alexandre VI Borgia, coupable de « simonie ». L'ouvrage retrace ce parcours littéraire, depuis les Actes des apôtres jusqu'au Faustbuch et quelques-uns des auteurs qui s'en sont inspirés (Marlowe, Goethe, Flaubert, Anatole France).
    Bernard Pouderon est professeur émérite à l'Université de Tours et membre senior de l'Institut Universitaire de France. Helléniste, spécialiste de la littérature chrétienne des premiers siècles, il est rattaché comme chercheur au Centre d'études supérieures de la Renaissance (UMR-CNRS 7323), au sein duquel il anime le programme Christophe Plantin, consacré à la réception de l'Antiquité à la Renaissance.

  • Avant-propos

    Le baccalauréat « ancienne mouture » vit donc sa dernière année... Faut-il le déplorer ? Peut-on encore parler d'« examen » pour une épreuve dont le taux de réussite approche ou dépasse les 90 % ? (alors qu'en 1967, ce taux était de 61,7 %, il est cette année de 88,1 % et 91,2 pour le bac général) ! L'état d'esprit coura- geux qui semblait à l'origine de la réforme pouvait laisser espérer aux lycéens, en plus d'une revalorisation du niveau, une ouver- ture plus large dans le choix des matières. Pour la première fois, un élève pourrait en n choisir comme enseignement de spécia- lité (par exemple) mathématiques et musique ! Et une spécialité artistique ne serait plus forcément liée à la lière littéraire ! Oui, mais voilà... Si l'on ignore encore le nombre de créations ou de fermetures d'options que cette réforme a induit en France, dans le lycée où j'enseigne - pour l'exemple que je connais le mieux - elle a purement et simplement abouti à la fermeture des options

    artistiques (arts plastiques et musique). Drôle de progrès ! En imaginant que ce cas ne soit pas unique dans l'hexagone, cela signi e que la préparation au bac que nous proposons dans cette revue pourrait rendre service l'année prochaine à un nombre bien plus important de candidats musiciens (en tout cas en ce qui concerne les candidats libres). Quoi qu'il en soit, nous conti- nuerons à proposer à tous une formule qui va bien au-delà des compétences attendues à l'examen, même si elle ne les élude absolument pas ; en cherchant à toujours stimuler leur curiosité, et à parfaire leurs compétences « pratiques », nous aimerions convier les lycéens à une sorte d'initiation - ou d'incitation si l'on préfère - à la musicologie, qui, j'espère, les satisfera.

    Philippe Morant

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  • Saturne, c'est ici l'Absolu de Hegel, un Absolu pensé si seul qu'il ne vit que de la perpétuelle dévoration de ses propres enfants, craignant d'être détrôné de son absoluité s'il n'absorbe pas, à mesure qu'il la produit, sa propre altérité. C'est cette solitude de Dieu qui est ici interrogée, en suivant au sein de l'oeuvre hégélien l'évolution, puis le plein déploiement conceptuel de la notion de Singularité, qui n'est autre que le nom divin par excellence. Si Dieu, l'Absolu, est pour Hegel la Singularité même, ce n'est que parce qu'il est le mouvement de réflexion réciproque de l'Universel et du Particulier : l'Esprit est la réflexion du Logique dans la Nature, et de la Nature dans le Logique.
    Hegel ou le festin de Saturne se présente alors comme une enquête destinée à dévoiler le meurtre rituel dont la Singularité est le nom dans le Système hégélien. Or, cette Singularité, que nous sommes habitués à entendre individuelle, s'y révèle être boulimique ou, justement, saturnienne. S'ouvrant sur la faillite spéculative des singuliers sensibles au début de la Phénoménologie de l'Esprit, le présent ouvrage ne pourra se conclure qu'avec le triomphe de la Singularité dialectique ne laissant rien - pas même ou surtout pas - son Autre hors d'elle-même, lorsque ce triomphe sera mesuré à l'aune de la conceptualité chrétienne dont se revendique le protestant Hegel, mais qu'il trahit sur un point capital en voulant l'accomplir.
    Mais Saturne, c'est aussi le « soleil noir » des alchimistes, que l'on a pu associer au soleil obombré au moment de la mort du Christ : quoi de plus naturel, dès lors, que d'en faire l'astre tutélaire d'un système qui se construit tout entier autour d'un « Vendredi-saint spéculatif » ? Car, comme Dante dut traverser les neufs cercles de l'Enfer avant d'espérer pouvoir s'élever au Purgatoire, puis au Paradis, l'homme pensant doit traverser le Système de la Science, en subir peut-être les glaçantes tentations, en méditer en tous cas la fascinante rigueur conceptuelle, pour pouvoir ensuite espérer voir scintiller devant lui les lueurs matinales d'un inattendu « dimanche de Pâques spéculatif ».

  • Entée sur un large millénaire de dévotion des humbles et des rois envers sainte Geneviève, la décision que prit Louis XV, en 1744, de lui dédier une nouvelle église sur sa « montagne », trouva en Jacques-Germain Soufflot l'architecte audacieux qui lui donna corps dans un édifice grandiose.
    Trop grandiose, peut-être. L'ouvrage, déjà objet de controverses, n'était pas achevé que la Révolution s'en saisit et en fit le Panthéon français, mausolée des grands hommes.
    Ce fut le premier d'une série singulière d'avatars. Le xixe siècle vit chaque régime politique s'appro­prier le monument qui dominait alors Paris. Croix, drapeaux et essais de statues monumentales alternèrent sur son dôme ; quatre frontons se succédèrent sur sa façade ; à deux reprises, le sang coula sur ses dalles.
    Cela jusqu'à ce qu'en 1885, l'hommage national à l'homme dont la plume avait vibré de toutes les fièvres de son siècle offrît à la IIIe République l'occasion de le figer en Panthéon.
    Ce récit fait revivre les phases de cette histoire tumultueuse, où se lisent plus largement les soubresauts de l'histoire nationale pendant un siècle et demi.

  • Si la notion de chemin spirituel est à peu près absente chez Eckhart et se trouve plutôt remplacée par celle de percée et d'esprit libre, elle est, en revanche, développée par son disciple Henri Suso, tant dans l'Exemplar que dans L'horloge de la Sagesse et elle sera largement reprise dans la Devotio moderna. Aussi cet ouvrage s'interroge-t-il sur l'enjeu de cette mutation, sur le passage d'une réflexion ontologique et anthropologique à une pratique et sur les conséquences de ce transfert.
    Il prend également en compte les modalités de cette transmission, d'où l'étude des textes de référence, voire des réinterprétations des textes des mystiques rhénans qui ont été utilisés ou revus par la Devotio moderna, ce qui permet de comprendre quelle a été la réception de la mystique rhénane.
    L'étude de ces différents points est une contribution importante à l'étude de la mystique rhénane et de la Devotio moderna.
    Les auteurs
    Silvia Bara Bancel, Élisabeth Boncour, Gianluca Cuozzo, Jean Devriendt, Markus Enders, Monique Gruber, Satoshi Kikuchi, Jean-Claude Lagarrigue, Éric Mangin, Dietmar Mieth, Isabelle Raviolo, Harald Schwaetzer, Jean-Louis Sohet, Marie-Anne Vannier, Kirstin Zeyer.

  • Avec une introduction de Max Seckler et une étude d'Hélène Poisson sur les grands thèmes et l'actualité de l'étude de Drey.

    Traductions et notes d'Hélène Poisson.
    PRÉSENTATION
    Johann Sebastian Drey (1777-1853), fondateur de la célèbre « école catholique de Tübingen », a été injustement éclipsé - au prix d'erreurs historiques et dogmatiques - par Johann Adam Möhler. Drey est pourtant l'auteur d'une oeuvre décisive qui vise ni plus ni moins qu'à refonder la théologie en tant que science, une théologie comprise dans l'histoire (contrairement à la scolastique) et notamment à l'aune de son origine toujours présente.
    L'un de ses textes les plus importants est celui dont on trouve ici la première traduction française : Vom Geist und Wesen des Katholicismus a paru en 1819 dans la fameuse revue Theologische Quartalschrift, que Drey a fondée avec trois collègues et qui existe toujours. Au moment où il commence son professorat à l'université de Tübingen, il publie un véritable programme, qui, pour la première fois, fait du catholicisme un concept théologique. Il partage l'enthousiasme du romantisme bouillonnant, mais le recentre fermement. Il reprend les notions d'esprit et d'essence, mais en les sortant du cadre idéologique et confessionnaliste où elles sont enfermées, et pense le catholicisme selon un plan préconfessionnel et non-confessionnel. Qui voudrait, au seul titre de l'écrit, y voir un écrit confessionnel, et pour cette raison le lire ou ne pas le lire, passera à côté de son sens. Drey étudie les rapports du catholicisme (et non pas de l'Église catholique) avec le christianisme originel. Chemin faisant, il renverse deux bastions de la scolastique de l'époque en refondant la théologie de la révélation et le concept de tradition. Il balaye en même temps l'opposition protestante entre le catholicisme comme attachement obstiné au passé et le protestantisme comme liberté et ouverture à l'avenir. Il ne pratique pas pour autant la polémique confessionnelle, et il aura l'estime de ses collègues de la prestigieuse faculté de théologie évangélique de Tübingen. La Restauration aura raison de lui, mais ses idées chemineront de façon souterraine, difficile à déterminer, jusqu'au concile Vatican II où elles feront une entrée timide, faute d'être intégrées dans une pensée organique.
    La présente traduction bénéficie du dernier état des recherches sur Drey, accomplies par Max Seckler, qui rend compte des différentes dimensions de l'oeuvre traduite et de son milieu d'émergence, ainsi que de sa réception aux xixe et xxe siècles. Hélène Poisson en explore certains aspects du point de vue de leur actualité. Cet écrit n'a pas qu'un intérêt historique, il contribue à éclairer les polarisations toujours présentes de la théologie contemporaine.
    Après avoir étudié à Tübingen, Munich, Paris et Rome, Max Seckler a longtemps été professeur de théologie fondamentale à l'université de Tübingen. Internationalement reconnu, membre de plusieurs académies (Bruxelles, Salzbourg, Rome), il a grandement renouvelé la connaissance de Johann Sebastien Drey.
    Hélène Poisson a été traductrice et terminologue de profession ; elle a laissé son métier pour se consacrer à des études de philosophie et de théologie, notamment à l'université Concordia de Montréal.

  • Les textes ici réunis correspondent à une importante période de maturation philosophique de l'auteur. Conscient du caractère crucial de la question de la chair pour la phénoménologie et perplexe devant la manière dont Merleau-Ponty l'élabore, Barbaras interroge le sens d'être du sujet : comment celui-ci peut-il être sous le même rapport, c'est-à-dire sans qu'il soit nécessaire d'introduire en lui la coupure de l'empirique et du transcendantal, appartenir au monde et s'en distinguer, être à la fois devant et au coeur des phénomènes ?
    Avec Patocka, la critique radicale de l'intuitionnisme husserlien et du Dasein heideggerien le conduit à une détermination existentiale de l'existence et du corps propre comme mouvement. Mobilisant ses travaux sur la vie, irréductible à la fois aux lois de la matière et à la conscience, l'auteur comprend ce mouvement du sujet comme celui de la vie même et définit tout vivant comme un existant. Le mouvement vivant par lequel les sujets phénoménalisent le monde s'inscrit dans un mouvement plus originaire du monde lui-même, oeuvre d'une archi-vie et renvoyant à une dynamique phénoménologique.
    Arrimant la phénoménologie à une cosmologie et à une métaphysique, Barbaras la conduit à s'interroger sur ses propres limites. Demeure alors la question du passage de l'apparaître anonyme du monde à l'apparaître à une conscience, de la physis au sujet, de l'archi-vie du monde à la vie des vivants. Rompant ici avec Patocka et écartant l'écueil du naturalisme, l'auteur assume la scission entre la physis proto-phénoménalisante et notre existence phénoménalisante : le mouvement subjectif résulterait d'une rupture au sein de l'archi-mouvement du monde et relèverait d'un pur événement. Par cet archi- événement scissionnaire, le procès de la physis, se séparant de lui-même, donnerait naissance à un sujet dont le mouvement serait nécessairement aspiration à une réconciliation avec soi, tentative de rejoindre l'archi-vie originaire, bref, désir. Celui- ci repose la question de l'unité originaire de la chair. En effet, la dualité qui structure toute la démarche de Barbaras, entre mouvement et événement, apparaît comme l'avatar ultime de la dualité conscience/monde ou sujet/objet ; elle vient buter sur l'épreuve du corps comme sa limite interne.
    Le volume est complété par une bibliographie exhaustive des travaux de Renaud Barbaras, élaborée par Mathias Goy, avec l'aide de Marco Barcaro, Mariana Larison et Petr Prásek.

  • Les textes ici réunis correspondent à une période importante de l'activité philosophique de l'auteur et accompagnent la maturation de sa pensée propre dont rendent compte les Recherches phénoménologiques, éditées parallèlement dans la même collection du « Grenier à sel ». Publiés sur une quinzaine d'années (1999-2015), ils ont incontestablement participé à l'effort d'élaboration théorique qui a traversé ces années, dont ils livrent une sorte de photographie.
    L'effet de perspective produit est saisissant : selon l'aveu même de l'auteur, ils montrent « en accéléré », en en rapprochant un certain nombre d'étapes, le mouvement qui l'a conduit de sa lecture critique de Merleau-Ponty, de Sartre et de Patocka, ainsi que de quelques autres (Maldiney, Garelli), jusqu'à ses ouvrages récents et aux bilans dont témoignent les entretiens également réunis dans les Recherches phénoménologiques. Chacun des articles du présent volume constitue une lecture des auteurs manifestement aimantée par une interrogation théorique qui dépasse l'auteur abordé, mais, à l'évidence, la méditation historique vient nourrir en retour le questionnement philosophique qui en porte la trace. Ainsi, au moment même où il se sépare de Merleau-Ponty, Sartre ou Patocka, Renaud Barbaras semble redevable de leurs analyses. Ce sont ces dialogues ouverts et non clos qu'exposent finalement ces Lectures phénoménologiques.
    Elles intéressent à ce titre aussi bien ceux qui veulent s'introduire à la phénoménologie française dans ses concepts majeurs, comme la chair (Merleau-Ponty) ou le désir (Sartre), ressaisis dans la pensée vivante et agissante de Renaud Barbaras, que ceux qui veulent plus spécifiquement étudier la philosophie que l'on dira à présent proprement « barbarassienne ».

  • Textes réunis par Guillaume Bady et Diane Cuny.
    Cet ouvrage en hommage à Bernard Pouderon rassemble vingt-quatre contributions qui éclairent d'un jour nouveau le rôle des polémiques religieuses du Ier au IVe siècle de notre ère. Il illustre la variété des approches et l'importance des discussions scientifiques menées par des chercheurs de divers pays. Divisé en quatre chapitres, il s'organise autour de quatre questions : quel rôle jouent les origines pour les courants religieux de l'Antiquité ? Jusqu'où vont l'apologétique juive et les polémiques antijuives ? Quels sont les enjeux des controverses entre auteurs chrétiens et païens ? Quels sont la teneur et la visée des débats au sein du christianisme ?
    Textes juifs, païens et chrétiens, mais aussi gnostiques, manichéens ou orphiques sont ici convoqués et étudiés. De Flavius Josèphe à Grégoire de Nysse, les auteurs montrent comment l'histoire a été instrumentalisée, les citations scripturaires détournées, les sources altérées. Ce faisant, ils mettent en lumière la fécondité des polémiques dans cette période d'effervescence qui est déterminante pour comprendre les religions et leur histoire.
    Les auteurs : Guillaume Bady, Pier Franco Beatrice, Christian Boudignon, Régis Burnet, Marie-Ange Calvet-Sebasti, Matthieu Cassin, Laetitia Ciccolini, Diane Cuny, Gilles Dorival, Michel Fédou, Benoît Gain, Anthony Glaise, Anders-Christian Jacobsen, Alain Le Boulluec, Bernard Meunier, Simon Claude Mimouni, Sébastien Morlet, Olivier Munnich, Tobias Nicklas, Paul-Hubert Poirier, Maryse Robert, Madeleine Scopello, Frederick Stanley Jones, Anna Usacheva, Andrea Villani.
    This collection of twenty-four essays in honor of Professor Bernard Pouderon sheds new light on a number of 1st century through 4th century A. D. religious polemics. These essays combine a variety of academic viewpoints and scientific approaches from researchers who hail from many countries. They cover four questions, each in their own chapter: what role do the origins play for ancient religious currents? How far do Jewish apologetics and anti-Jewish polemics go? What are the stakes of the controversies between Christian and pagan authors? What are the content and purpose of debates within Christianity? These essays delve into Jewish, pagan and Christian, as well as Gnostic, Manichaean or Orphic texts. The authors explain how history was used to further specific objectives, how biblical quotations were made to serve the ideologies of the time, and how sources were altered to shape the desired narrative. The collection shows the importance of polemics from Flavius Josephus to Gregory of Nyssa from this stirring period that is crucial to the understanding of religions and their history.

  • Cet ouvrage est un essai d'histoire du catholicisme mais aussi d'histoire sociale et culturelle des savoirs, et de ce savoir spécifique qu'est la théologie, inscrit dans une réalité ecclésiale, mais dont les modalités de construction, de publication et de circulations ne le différencient pas nécessairement des autres savoirs, en particulier à l'époque moderne. Il analyse une figure désormais classique en histoire des savoirs, celle de l'échec, ou plus précisément celle de la « gloire déchue ». Théophile Raynaud, le théologien que cet ouvrage étudie - sans proposer ni une biographie, ni une exploration exhaustive de son oeuvre - est au moment de sa mort en 1663, célébré comme une des figures majeures de la scène théologique européenne, une sorte de « nouveau Bellarmin ». Une génération après, toutefois, il commence à être décrit comme une figure obsolète de la théologie, avant que la tradition savante ne le transforme en étape marginale de l'histoire de la théologie. L'ouvrage, en reconstituant ce glissement, en examinant la place du travail intellectuel dans la carrière du théologien dans les institutions religieuses et dans son ordre, en examinant comment la position savante le situe dans un espace ecclésial, montre comment et par quels types d'opérations et d'évolutions, au xviie siècle, la place de la théologie recule dans la culture, mais aussi d'une certaine manière dans « l'Église ». À partir de ce constat, il examine aussi comment le théologien affronte les tensions qui traversent l'histoire religieuse du xviie siècle (rapports à l'affirmation du pouvoir politique et de l'espace public, ainsi qu'aux nouvelles configurations de genre) et ce que son oeuvre en révèle. Ce qui apparaît alors n'est pas seulement la variabilité de l'ordre religieux du savoir, mais bien les profondes tensions qui travaillent la dynamique de la confessionnalisation catholique. Cet ouvrage propose en somme une microhistoire des contradictions de la réforme catholique.
    Ancien élève de l'ENS (Paris), ancien membre de l'École française de Rome, Jean-Pascal Gay est professeur d'histoire du christianisme (époques moderne et contemporaine) à l'Université catholique de Louvain. Ses recherches portent sur l'histoire de la Compagnie de Jésus et l'histoire de la théologie comme pratique savante. Il est l'auteur de Morales en conflit. Théologie et polémique au Grand Siècle (Paris, Cerf, 2011) et de Jesuit Civil Wars. Theology, Politics and Government under Tirso González (1687-1705) (Farnham, Burlington, Ashgate, 2012).

  • Avant-propos
    Quel sera le contenu exact de l'enseignement de la musique au lycée à partir de 2019 ? Nous l'ignorons encore. Il faudra pourtant qu'il soit réformé ; car il semble bien que l'esprit et le contenu des épreuves se sclérosent d'année en année ! Témoins le manque de renouvellement de certains sujets (quatre ans pour le jazz oriental, trois pour l'affaire Tailleferre), et l'indigence du programme limitatif pour la session 2019 qui perd encore en quantité et en intérêt : deux nouveaux morceaux seulement, et tous deux associés au même mouvement - par essence lui-même limité : le minimalisme !
    Charge aux professeurs de verdir cette siccité en l'irriguant de leur savoir et de leur passion ! Nous chercherons ici à les aider, et également à fournir à ceux qui n'ont pas d'enseignement musical dans leur établissement, les outils indispensables au bon déroulement de leur apprentissage. Ils trouveront des réponses à leurs interrogations théoriques, des pistes pour leurs recherches personnelles, et des précisions quant au déroulement des épreuves. Puisse ce petit livret les initier à la musicologie, et leur donner envie de poursuivre dans cette voie !
    P. Morant

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