CLAAE

  • Au bout du rouleau

    Joseph Conrad

    • Claae
    • 10 Décembre 2018

    Un vieux capitaine se raconte.
    Disparues les occasions qu'il aurait su comment saisir : et disparu aussi le troupeau aux ailes blanches de ces voiliers qui vivaient de la vie incertaine et turbulente des vents, et tiraient de grosses fortunes de l'écume de la mer. Dans un monde qui rognait les profits au strict minimum, dans un monde qui pouvait faire deux fois par jour le compte de son tonnage libre, et où les affrètements disponibles étaient happés par câble trois mois à l'avance, il n'y avait aucune chance de faire fortune pour un homme qui erre au hasard avec un petit trois-mâts : - en vérité à peine de quoi vivre.
    À l'aube de sa vie un vieux capitaine, dans une nuit sans fin, se raccrochait à tous les espoirs ; et quand l'évidence de son infortune était plus forte que son espérance, il s'efforçait de ne pas croire à la réalité...
    (Re)découvrez ce grand roman classique, et plongez dans le récit d'un vieux capitaine, dans un monde où il n'y avait aucune chance de faire fortune pour un homme qui erre au hasard avec un petit trois-mâts...
    EXTRAIT
    Un pilote voit mieux qu'un autre, parce que sa connaissance des lieux, comme une vision plus pénétrante, précise la forme d'objets rapidement entrevus, perce les voiles de brume que les orages de la mer étendent sur la terre, définit avec assurance les contours d'une côte couverte d'un Iinceul de brouillard, les formes de repères à demi-ensevelis dans une nuit sans étoiles comme dans une tombe à fleur de terre. Il se reconnaît parce qu'il sait déjà. Ce n'est pas à la grande portée de sa vue, mais à son savoir plus étendu que le pilote demande sa certitude, celle de la position du navire d'où peut dépendre le bon renom d'un homme, et la paix de sa conscience, la justification de la confiance qu'on lui a marquée, et sa propre vie aussi, vie qui est trop rarement son entière propriété pour qu'il puisse en disposer, et d'autres vies encore, celles d'humbles êtres dont les affections sont enracinées au loin peut-être, et que le poids du mystère qui les guette rend aussi intéressantes que celles des rois. La science du pilote soulage et rassure le commandant d'un navire; toutefois, dans cette fantaisiste suggestion d'un poisson-pilote escortant une baleine, on ne pouvait attribuer au sérang une connaissance supérieure. Comment l'aurait-il acquise ? Ces deux hommes - le blanc et le brun, - avaient commencé ensemble à faire ces voyages, le même jour : et un Blanc en apprenait naturellement plus en une semaine que ne pouvait le faire en un mois le plus doué des indigènes. Il avait été attaché au commandant comme s'il pouvait lui être utile, comme on dit que le poisson-pilote l'est pour la baleine. Mais de quelle façon - là était la question, - de quelle façon ? Un poisson-pilote... un pilote... un... Mais s'il ne s'agissait pas d'une connaissance supérieure, alors...
    Sterne avait découvert la chose. Elle répugnait son imagination, choquait ses principes d'honnêteté, sa conception de l'humanité. Cette énormité affectait la notion qu'il avait de ce qui est possible en ce monde; c'était comme si, par exemple, le soleil était devenu bleu, et eût jeté une lumière nouvelle et sinistre sur les hommes et la nature. Au premier moment, Sterne se sentit réellement défaillir, comme s'il avait reçu un coup bas; pendant une seconde son regard distrait crut même que la mer avait pris une couleur nouvelle et étrange; et il éprouva dans tous ses membres une sensation d'instabilité, comme si la terre s'était mise à tourner en sens inverse.

  • Pays de Retz

    Marc Elder

    • Claae
    • 10 Décembre 2018

    Un Nantais raconte le pays de ses vacances et de ses souvenirs de jeunesse.
    Marc Elder est le nom de plume de Marcel Tendron, originaire de Nantes (1884-1933), critique d'art, historien et conservateur du château des ducs de Bretagne. Avec ce récit, l'auteur nous raconte le pays de ses vacances, le pays de souvenirs merveilleux de jeunesse.
    Depuis l'âge le plus tendre, l'été me ramène au Pays de Retz.
    Je m'arrête parfois sur cette route de Bourgneuf, un peu au-delà de La Bernerie, au lieu dit le Chambaraud. Il y a là une vigne, un cellier, gloire d'un ancien voilier qui les fonda naguère. Cet homme était court et portait, sur une barbe blanche, un visage qui avait l'air d'un soleil couchant sur la neige. Le vin blanc, qu'il caressait, lui ménagea, non sans prévenir, une congestion radicale. Il finit dans le faste d'un petit bourgeois glorieux et renté, ajoutant aux assises d'une propriété réputée les agréments du yachting et de l'auto...
    Plongez dans ce récit, et tombez sous le charme de la plume de Marcel Tendron, critique d'art, historien et conservateur du château des ducs de Bretagne.
    EXTRAIT
    Brusquement, passé la gendarmerie, le monde s'abîmait dans un désert d'étoiles tout rempli de bruissements comme si le ciel chantait. Le relent fade des vases du marais, mêlé au parfum de violette du sel nouveau, rôdait sur des brises agonisantes, et la mer, encore lointaine, tendait jusqu'à notre visage ses doigts humides. Nous n'avions pas moins de six kilomètres à faire le long des digues qui défendent le polder, tantôt longeant des chaumes clairs, des guérets sombres, tantôt côtoyant des étiers où l'eau dormait, lourde, glacée, inquiétante et déchirée de temps à autre par les soupirs des fonds. Les gammes fluides d'un ruisseau, le cri d'une mouette, la foulée d'un lapin surpris et nos pas sur le sentier mou, voilà toute la vie. Nous marchions vers les étoiles, l'esprit dilaté, les poumons frais, le corps porté sur les flots denses du calme.
    La nuit s'achevait dans la paille du père Papon qui se levait en chemise pour nous conduire à sa grange, en balançant à bout de bras un falot le long de ses tibias secs. Nous surprenions toujours le bonhomme au lit avec sa jeune servante, Sulamite de ce David vendéen. Avant l'aube, le café chauffé aux bousas qui rougeoyaient dans la cheminée fumait sur la table de la ferme. Le mobilier n'était fait que d'épaves : panneaux de rouf, claires-voies, capots... et, jusqu'au linge, tout sentait le roussi. En sortant, nous trouvions sur l'aire un des fils du vieux, armé d'une gigantesque canardière bourrée de deux charges de poudre et d'une poignée de double zéro.
    Depuis bien des années, je n'ai revu ni le Paracaud, ni la ferme des Papon où le grand vieillard a dû s'éteindre, quelque jour, entre la mer et le vent, sous son chaume précaire. Je ne suis ni chasseur ni pêcheur d'instinct, et seul le feu de la jeunesse me poussait au jeu. Mais l'aube se lève toujours là-bas, comme naguère, quand nous étions blottis derrière le mur des caloges, aube floconneuse, grise, lente, qui lutte avec peine contre les ténèbres blanches où les phares clignotent hâtivement avant de mourir. 

  • Lettres du Japon

    Rudyard Kipling

    • Claae
    • 10 Décembre 2018

    Le quotidien d'un voyageur journaliste dans un pays qui s'ouvre au monde : le Japon du XIXe siècle.
    Rudyard Kipling fait escale au Japon - à la fin du XIXe siècle - entre un long séjour professionnel en Inde et l'Amérique qu'il ne connait pas encore. Cette étape est une découverte surprenante et ses écrits par ces quelque onze lettres racontent avec malice son quotidien de voyageur journaliste dans un pays qui s'ouvre au monde. Voici des lettres que M. Rudyard Kipling écrivit du Japon pour le grand journal d'Allahabad, The Pioneer, en 1889.
    "Malgré les progrès qu'a pu faire depuis quinze ans un peuple qui marche à pas de géant, j'ai cru qu'il serait d'un haut intérêt pour le public français, à l'heure où le monde a les yeux fixés sur ce peuple, d'apprendre à le connaître par un des plus puissants penseurs de notre époque, et surtout par un homme qui soumet son enthousiasme et son art au souci de l'exactitude et de l'impartialité." L. F.
    Découvrez les lettres que M. Rudyard Kipling écrivit du Japon pour le grand journal d'Allahabad, The Pioneer, en 1889.
    EXTRAIT
    - Allons droit chez nous, en Angleterre, voir les fleurs paraître dans les parcs.
    - Jouissons de ce qui est à portée de notre main, espèce de Philistin.
    Et c'est ce que nous fîmes jusqu'au moment où un nuage assombrit et le vent fronça les biefs de la rivière, et où nous regagnâmes nos pousse-pousse avec un soupir de résignation.
    - Combien de gens supposez-vous que le pays nourrit par kilomètre carré ? demanda le professeur à un tournant de la route, comme nous rentrions.
    ll venait de lire des statistiques.
    - Cinq cent cinquante, répondis-je au hasard. Il est plus fourni d'habitants que Sarun ou Behar. Disons six cents.
    - Quinze cents, en chiffres ronds. Pouvez-vous le croire ?
    - En regardant le paysage, oui; mais je ne pense pas que l'Inde le croira. Supposons que j'écrive mille ?
    - Ils diront de même que vous exagérez. Il vaut mieux s'en tenir au vrai total. Quinze cents par kilomètre carré, et pas trace de pauvreté dans les maisons. Comment s'y prennent-ils ?
    J'aimerais connaître la réponse à cette question. Le Japon, pour ce que j'en sais, est habité presque entièrement par de petits enfants dont le devoir est d'empêcher leurs aînés de devenir trop frivoles. Les bébés, à l'occasion, feront un peu de travail, mais leurs parents interviennent pour les caresser. À l'hôtel Yami, le service est dans les mains de personnages de dix ans, attendu que tout le monde est allé en pique-nique sous les cerisiers. Les petits drôles trouvent le temps de faire le travail d'un homme et de lutter, dans l'intervalle, sur l'escalier. Mon serviteur attitré, appelé l'Évêque en raison de la gravité de son aspect, de son tablier bleu et de ses guêtres, est le plus dégourdi du lot, mais son énergie même ne saurait expliquer les statistiques du professeur au regard de la population...

  • Une oeuvre peu connue aujourd'hui et cependant considérable et étonnante d'authenticité... L'un des plus grands livre d'aventure de tous les temps. Fritz Up de Graff raconte ses incroyables aventures en Amazonie à la fin du XIXe siècle.
    Depuis que les hommes ont commencé à parcourir la surface du globe, ils ont été dévorés du désir de découvrir des terres nouvelles. C'est ce besoin de violer les secrets de la Nature, qui, avec la passion de l'aventure, m'a poussé à entreprendre la série de voyages que je raconte dans ce livre. Je n'ai aucune prétention ni scientifique ni littéraire...
    « Aventure ! Ce mot, c'était le leitmotiv de ma vie, la note qui faisait vibrer par sympathie mon coeur de jeune indompté. Une chance se présentait : l'Amérique du Sud avec ses vastes territoires inexplorés renfermant Dieu sait combien d'étranges secrets m'attendait ; je ne pouvais rester sourd à son appel. Le 18 novembre 1894, je quittai New York à bord de l'Advance avec cent dollars en poche... »
    Lancez vous à la découverte de des chasseurs de têtes en pleine forêt amazonienne, une expédition humaine pleine d'aventures et de découvertes.
    EXTRAIT
    En contemplant l'abri vide de ses habitants, je songeais aux usages de ces peuplades de l'Amazone, chez qui la désertion semble être une habitude invétérée. C'était en effet la deuxième fois en deux mois que le même tour m'était joué. Nous étions évidemment destinés à être livrés à nos propres ressources.
    Je retournai à notre abri et éveillai Jack. En apprenant la nouvelle, il se dressa sur ses couvertures et après une série de jurons énergiques termina par quelques considérations sur les gens de par ici qui ne semblent pas être des compagnons fidèles. En tout cas rien ne servait de discourir, il fallait agir. Nous ne pouvions espérer barrer la route aux fugitifs en coupant à travers à travers bois vers un point de la rivière en aval de celui où nous avions laissé le canot, car, par suite de son cours extrêmement sinueux, nous aurions pu l'atteindre aussi bien vingt milles en amont que vingt milles en aval. Notre seule ressource était de suivre la piste que nous avions tracée à l'aller. Nous emballâmes donc tout ce que les Yumbos nous avaient laissé et toute la journée nous marchâmes aussi vite que nous le pûmes, mais sûrement cette marche fut plus pénible pour nous en plein jour qu'elle ne l'avait été pour Santiago et ses acolytes en pleine nuit.

  • Journal d'un aventurier du 18ème siècle !
    Sa destinée le fit échapper à la disparition de tous les membres de l'expédition de Jean-François de La Pérouse et des frégates l'Astrolabe et la Boussole à Vanikoro dans l'océan Pacifique. Débarqué au sud de la péninsule du Kamtchatka après deux années de navigation, Jean-Baptiste Barthélemy de Lesseps a franchi les fleuves, les lacs gelés, les terrains hostiles, changeant d'équipages et de guides à de multiples reprises pour amener à Versailles au péril de sa vie les documents et nouvelles que lui avait confiés La Pérouse. Son journal a été publié pour la première fois en 1790.
    Plongez dans les mémoires d'un homme qui a franchi fleuves, lacs gelés, et terrains hostiles, changeant d'équipages et de guides à de multiples reprises pour amener à Versailles, au péril de sa vie, les documents contenant d'importantes nouvelles.
    EXTRAIT
    Le dernier coup de collier
    En sortant de Gavenki, nous avions quitté la côte de l'est ; celle de l'ouest se présenta à nous à deux verstes de Poustaretsk ; de sorte que nous avions traversé cette partie du Kamtchatka dans toute sa largeur, qui n'est, comme l'on voit, que de deux cents verstes, c'est-à-dire de cinquante lieues. Nous fîmes ce trajet plus à pied qu'en traîneaux : nos chiens étaient si faibles que nous préférions de nous fatiguer nous-mêmes pour les soulager, rarement encore en allaient-ils plus vite. Nos conducteurs ne pouvaient les faire avancer qu'en s'attelant comme eux pour les aider à tirer nos voitures, et nous les agacions en leur montrant un mouchoir que nous tournions en forme de poisson ; ils suivaient cet appât qui fuyait devant eux, à mesure qu'ils s'approchaient pour s'en saisir.
    Arrivée à Poustaretsk
    C'est par ce moyen que nous vînmes à bout de franchir la montagne qui mène à Poustarestk. Je me crus sauvé en mettant le pied dans ce hameau. Hélas ! nous y trouvâmes les réservoirs à poissons absolument vides.
    Férocité des chiens
    Pendant que nous cherchions en vain, on avait dételé les chiens. Dès qu'ils furent au poteau, ils se jetèrent sur leurs liens et sur leurs harnais ; en une minute tout fut dévoré. En vain essaya-t-on de les retenir ; la plus grande partie s'échappa dans la campagne où ils erraient çà et là, mangeant tout ce que leurs dents pouvaient déchirer. Il en mourait à tous moments quelques-uns qui devenaient aussitôt la proie des autres. Ceux-ci s'élançaient sur ces cadavres et les mettaient en pièces : chaque membre était disputé au ravisseur par une troupe de rivaux qui l'attaquaient avec la même furie ; s'il succombait sous le nombre, il était à son tour l'objet d'un nouveau combat. Pour nous défendre nous-mêmes contre ces chiens affamés, nous étions réduits à ne point sortir sans nos bâtons, ou sans des armes qui puissent les écarter. À l'horreur de les voir ainsi s'entre-dévorer, succédait le triste spectacle de ceux qui assiégeaient la yourte où nous demeurions. Ces pauvres bêtes étaient toutes d'une maigreur à faire compassion ; elles pouvaient à peine remuer : leurs hurlements plaintifs et continuels semblaient nous prier de les secourir, et nous reprocher l'impossibilité où nous étions de le faire. Plusieurs qui souffraient autant du froid que de la faim se couchaient au bord de l'ouverture extérieure, pratiquée dans le toit de la yourte, et par où s'échappe la fumée ; plus ils sentaient la chaleur et plus ils s'en approchaient ; à la fin, soit faiblesse, soit défaut d'équilibre, ils tombaient dans le feu sous nos yeux.

  • Quand j'étais matelot

    Marthe Oulie

    • Claae
    • 9 Juillet 2018

    Un récit de croisière à la voile rare et moderne.
    Été 1925, de jeunes filles naviguent à la voile vers la Grèce de Marseille à Athènes. Elles ont une vingtaine d'années, libres et intrépides, visitent les îles et les sites archéologiques qui ne sont pas encore envahis par les touristes, rencontrent la flotte anglaise, font la fête, mais connaissent aussi des galères. Cette croisière à bord de Bonita, un vieux yawl sans moteur, réunit Hermine de Saussure le capitaine, Ella Maillart, Marthe Oulié l'auteure et archéologue, Mariel Jean-Brunhes, Yvonne de Saussure, soeur aînée d'Hermine et leur frère Henri-Benedict qui les rejoindra en cours de navigation. Un récit de croisière à la voile rare et moderne il y a plus de quatre-vingt-dix années. Le livre a été publié une première fois en 1930.
    Découvrez les aventures d'Hermine, Ella, Marthe, Mariel, Yvonne et Henri-Benedict à bord de Bonita, un vieu yawl sans moteur, lancés à la conquête des îles grecs.
    EXTRAIT
    Ce courrier de Naples semble le maître tyrannique du port de Palerme : aux moments de son entrée et de sa sortie, les voiliers n'ont pas le droit de circuler. Pendant les heures qui précèdent son départ, les boîtes aux lettres de la ville sont uniquement réservées à son service.
    Les jours suivants, nous errons d'église en église, de palais en palais, à la découverte de cet art normand, si somptueux et si fantaisiste, qui tient à la fois du mauresque, du roman et du gothique. Les mosaïques surtout nous émerveillent au palais du roi Roger et à Monreale, dont la basilique, à qui certains reprochent le clinquant de ses couleurs vives et de ses ors, côtoie le cloître aux si frêles colonnades.
    Est-ce dans l'église de la Martorana que nous vîmes cette étonnante madone du XVIIIe siècle peinte dans le costume décolleté d'une marquise de Watteau ? Et quelle émotion de se trouver au musée en face des bas-reliefs, des métopes de Sélinonte !
    À ces visions artistiques se mêle en moi le souvenir d'avenues de palmiers où, vers cinq heures, des attelages désuets et pleins de morgue caracolaient ; d'autres rues, populaires, grouillantes et poussiéreuses ; et de haltes dans des boutiques où les plus étranges pâtisseries et ces glaces siciliennes gelati et granite réparaient nos forces, avant le retour dans notre maison marine... dont une couchette demeurait vide.
    Mais cette ville superbe en plein mois d'août, nous oppressait, à vrai dire. Les grands temples de l'ouest et du sud nous attiraient. Et bientôt, nous nous trouvions, bâton en main et musette à l'épaule, sur la grande route en lacets qui mène à Ségeste.
    De temps à autre, nous croisions une de ces pittoresques charrettes peintes avec la naïveté et le vif coloris des images d'Épinal, retraçant en quatre tableaux les aventures de Geneviève de Brabant ou celles de Roland. Comme les beaux vases antiques, ces candides peintures étaient signées en toutes lettres du double nom du constructeur de charrettes et du décorateur. Quant aux chevaux, assez jolis, ils n'ont pas de mors. On les conduit au moyen d'un anneau capitonné qui leur encercle le museau.

  • Legendes rustiques

    George Sand

    • Claae
    • 23 Février 2018

    Plongée en plein coeur du terroir
    Mon cher fils,
    Tu as recueilli diverses traditions, chansons et légendes, (...) car ces choses se perdent à mesure que le paysan s'éclaire, et il est bon de sauver de l'oubli qui marche vite, quelques versions de ce grand poème du merveilleux, dont l'humanité s'est nourrie si longtemps et dont les gens de campagne sont aujourd'hui, à leur insu, les derniers bardes...
    George Sand
    George Sand a écrit les Légendes rustiques à partir de récits fantastiques recueillis dans la campagne berrichonne par son fils Maurice.
    Un recueil d'histoires courtes fantastiques rédigées par une grande plume de la littérature française !
    EXTRAIT DE LES LAVEUSES DE NUIT OU LAVANDIÈRES
    Nous avons entendu souvent le battoir des laveuses de nuit résonner dans le silence autour des mares désertes. C'est à s'y tromper. C'est une espèce de grenouille qui produit ce bruit formidable. Mais c'est bien triste d'avoir fait cette puérile découverte et de ne plus pouvoir espérer l'apparition des terribles sorcières, tordant leurs haillons immondes, dans la brume des nuits de novembre, à la pâle clarté d'un croissant blafard reflété par les eaux.
    Cependant, j'ai eu l'émotion d'un récit sincère et assez effrayant sur ce sujet.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    George Sand (1804-1876) est le pseudonyme d'Amandine Aurore Lucile Dupin. Elle a écrit de nombreux romans, nouvelles, contes, pièces de théâtre, une autobiographie, des critiques littéraires et des textes politiques.

  • La mer

    Bernhard Kellermann

    • Claae
    • 23 Février 2018

    L'intégration progressive d'un allemand parmi les pêcheurs de Ouessant
    Après un séjour de quatre mois à la pointe de Pern sur l'île d'Ouessant en 1907 dans la Villa des Tempêtes - ancien bâtiment hébergeant la trompette de brume à vapeur (1885 à 1900), - Bernhard Kellermann publie en 1910 Das Meer, traduit en français en 1924. L'île (Ouessant - jamais nommée), la mer, le vent, les femmes, les hommes partis sur l'Océan sont la matière de ce roman magnifique et intemporel.
    « Nous avions tout ce que le coeur peut désirer. Nous avions des femmes à foison, nous avions à boire, nous avions des tempêtes qui tourbillonnaient à une vitesse de quatre-vingts noeuds. Nous n'avions besoin de rien : merci, passez votre chemin... Dans notre île, il n'y avait ni arbres ni buissons. Elle avait l'air d'une chaîne de montagnes tombée en ruines, et tout autour, les écueils râlaient dans le ressac. Mais nuit et jour il tonnait, écoute ! C'était la mer. Il ventait ; le vent criait continuellement, et quand un humain passait sur la lande, il ondoyait comme un drapeau en loques. À toute heure du jour et de la nuit, les mouettes stridaient. L'île et la mer leur appartenaient... »
    Un roman autobiographique captivant et juste, empli de poésie
    EXTRAIT
    Yann et moi, nous nous mettions sous pression dans un quelconque petit bar ; puis Yann me regardait avec des yeux brillants et humides, et il me bourrait les côtes :
    - Héhé ?
    - Bon, disais-je.
    Yann et moi nous nous comprenions d'une manière quasi mystérieuse.
    - Mais encore un verre ! Hé, patron, encore un verre, vivement !
    Nous démarrions. Et aussitôt nous partions à toute allure, comme si c'était une question de vie ou de mort. Nous n'avions pas une minute à perdre.
    - Seulement, pas de façons, tu entends ? disait Yann. Elles n'attendent que ça...
    - Tiens ! Disais-je, agacé de la perpétuelle tutelle de Yann. Aije fait des façons ? Sacré nom de Dieu !
    - Allons, allons ! Yann riait.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Bernhard Kellermann (1879-1951) est un écrivain allemand. Il publie tout d'abord des romans inspirés de ses voyages, puis il devient correspondant pendant la Première Guerre. À l'issue de la seconde guerre mondiale, il prône la réconciliation entre les deux Allemagne.

  • Japoneries d'automne

    Pierre Loti

    • Claae
    • 23 Février 2018

    Laissez-vous entrainer au coeur du Japon comme on ne le connaît plus
    « Tant que je vivrai, je reverrai cela : dans le recul profond de ces jardins, cette lente apparition, si longtemps attendue ; tout le reste de la fantasmagorie japonaise s'effacera de ma mémoire, mais cette scène, jamais... Elles sont très loin, très loin ; il leur faudra plusieurs minutes pour arriver jusqu'à nous ; vues de la colline où nous sommes, elles paraissent encore toutes petites comme des poupées - des poupées très larges par la base, tant sont rigides et bouffantes leurs étoffes précieuses, qui ne font du haut en bas qu'un seul pli. Elles semblent avoir des espèces d'ailes noires de chaque côté du visage - et ce sont leurs chevelures, gommées et éployées suivant l'ancienne étiquette de cour. Elles s'abritent sous des ombrelles de toutes couleurs, qui miroitent et chatoient comme leurs vêtements. Celle qui marche en tête en porte une violette, ornée de bouquets blancs qui doivent être des chrysanthèmes : c'est elle évidemment, l'impératrice ! »
    Au seuil du XXe siècle, Pierre Loti décrit avec finesse et humour un Japon tant rural que citadin, à l'aube de sa modernisation et de son ouverture au monde.
    EXTRAIT
    Départ du bord un peu avant le jour, car la frégate qui m'a amené est mouillée bien loin de terre. Sur rade, un ciel clair et froid avec de dernières étoiles. Beaucoup de brise debout, et mon canot avance péniblement, tout aspergé d'eau salée.
    À cette heure, le quai de Kobe est encore un peu obscur, désert, avec seulement quelques rôdeurs en quête d'imprévu. Pour aller au chemin de fer, il faut traverser le quartier cosmopolite des cabarets et des tavernes ; c'est au tout petit jour, frais et pur. Les bouges s'ouvrent ; on voit, au fond, des lampes qui brûlent ; on y entend chanter la Marseillaise, le God Save, l'air national américain. Tous les matelots permissionnaires sont là, s'éveillant pour rentrer à bord. En route, j'en croise des nôtres qui reviennent, leur nuit finie, se carrant comme des seigneurs dans leur djin-richi-cha 1. Incertains de me reconnaître dans la demi-obscurité, ils m'ôtent leur bonnet au passage.
    Au bout de ces rues joyeuses, c'est la gare. Le jour se lève. Un drôle de petit chemin de fer, qui n'a pas l'air sérieux, qui fait l'effet d'une chose pour rire, comme toutes les choses japonaises. Ça existe cependant, cela part et cela marche.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Pierre Loti, né le 14 janvier 1850 à Rochefort et mort le 10 juin 1923 à Hendaye, est un écrivain et officier de marine français. Une grande partie de son oeuvre est d'inspiration autobiographique, nourrie de ses voyages comme par exemple Tahiti, au Sénégal, ou au Japon. Il a gardé toute sa vie une attirance très forte pour la Turquie, où le fascinait la place de la sensualité.

  • Un hiver à Majorque

    George Sand

    • Claae
    • 23 Février 2018

    Alors que son amant, Chopin, est malade, George Sand décide de partir avec lui pour passer l'hiver dans un pays plus chaud
    « Nous arrivâmes à Palma au mois de novembre 1838, par une chaleur comparable à celle de notre mois de juin. Nous avions quitté Paris quinze jours auparavant par un temps extrêmement froid ; ce nous fut un grand plaisir, après avoir senti les premières atteintes de l'hiver, de laisser l'ennemi derrière nous. À ce plaisir se joignit celui de parcourir une ville très caractérisée, et qui possède plusieurs monuments de premier ordre comme beauté ou comme rareté. Mais la difficulté de nous établir vint nous préoccuper bientôt, et nous vîmes que les Espagnols qui nous avaient recommandé Majorque comme le pays le plus hospitalier et le plus fécond en ressources, s'étaient fait grandement illusion, ainsi que nous... »
    Un journal de bord qui met en avant les différences culturelles de l'époque
    EXTRAIT
    Deux touristes anglais découvrirent, il y a, je crois, une cinquantaine d'années, la vallée de Chamonix, ainsi que l'atteste une inscription taillée sur un quartier de roche, à l'entrée de la Mer de Glace. La prétention est un peu forte, si l'on considère la position géographique de ce vallon, mais légitime jusqu'à un certain point, si ces touristes, dont je n'ai pas retenu les noms, indiquèrent les premiers aux poètes et aux peintres ces sites romantiques où Byron rêva son admirable drame de Manfred. On peut dire en général, et en se plaçant au point de vue de la mode, que la Suisse n'a été découverte par le beau monde et par les artistes que depuis le siècle dernier. Jean-Jacques Rousseau est le véritable Christophe Colomb de la poésie alpestre, et, comme l'a très bien observé M. de Chateaubriand, il est le père du romantisme dans notre langue.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Femme de lettre française, George Sand a laissé derrière elle une oeuvre romanesque remarquable, assortie de contes, de nouvelles, de pièces théâtrales, de textes autobiographiques et d'une immense correspondance. Inspirée par les passions qui ont jalonné sa vie, elle s'est battue aussi bien pour son indépendance, sa liberté de penser que pour ses aspirations politiques républicaines.

  • Le corsaire rouge

    James Fenimore Cooper

    • Claae
    • 23 Février 2018

    Une légende des mers
    Voyageur et marin, James Fenimore Cooper retrace la rude épopée des coureurs de mer et l'aventure exaltante des pionniers du Nouveau Monde. Dans ce livre, il raconte l'histoire du Corsaire Rouge, terrible gentilhomme pirate, avec son orgueil de mauvais ange et son sublime amour pour la patrie.
    Un roman d'aventures palpitantes dans le monde de la piraterie !
    EXTRAIT
    Les étrangers étaient au nombre de trois, car c'étaient bien des étrangers, à ce que dit à l'oreille de son compagnon le bonhomme Homespun, qui connaissait non-seulement les noms, mais presque l'histoire secrète de tous ceux, hommes et femmes, qui demeuraient dans un rayon de dix milles autour de sa résidence ; c'étaient des étrangers, et même des étrangers d'un aspect mystérieux et menaçant. Afin que d'autres puissent apprécier le plus ou moins de vraisemblance de cette dernière conjecture, il devient nécessaire d'entrer dans quelques détails sur l'extérieur respectif de ces individus, qui avaient le malheur de n'être pas connus du tailleur babillard de Newport.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Écrivain américain, James Fenimore Cooper (1789-1851) est connu pour ses nombreux romans, dont Le dernier des Mohicans. Engagé dans la Marine américaine à l'âge de dix-sept ans, il la quitte cinq ans plus tard.

  • Dans les pas d'un explorateur
    Un possible passage maritime au Nord-est situé entre les océans Atlantique et Pacifique avait été envisagé depuis le début du XVIe siècle. Adolf Nordenskild est le premier explorateur occidental à parcourir entièrement la voie navigable septentrionale de l'Europe et de l'Asie. La baleinière Vega quitte la Suède le 22 juin 1878 avec à son bord un équipage de vingt et un hommes, des officiers et des scientifiques. Après avoir navigué le long de la côte sibérienne, Nordenskild et son équipage passent l'hiver bloqués par les glaces à une journée du détroit de Béring. Cet hivernage forcé de dix mois est mis à profit pour étudier les moeurs des peuples des confins de la Sibérie, les Tchouktches. Au dégel, ils poursuivent jusqu'au Japon durant l'été 1879, atteignant Yokohama le 2 septembre. Nordenskild retourne en Suède via le canal de Suez et arrive à Stockholm le 24 avril 1880. C'est ce périple qui est relaté dans cet ouvrage.
    Cet ouvrage est composé d'une autobiographie de l'auteur et de lettres écrites au cours de son incroyable voyage aux confins de la Sibérie et de l'Alaska !
    EXTRAIT
    Notre voyage, vous vous le rappelez, a été lent à ses débuts. La tempête et le vent contraire nous retinrent à Maso jusqu'au 25 juillet : ce ne fut que le soir de ce même jour que nous pûmes enfin lever l'ancre. Pour éviter la mer extrêmement houleuse qu'avait soulevée la rude tempête des jours précédents, nous fîmes route d'abord par le détroit de Magero et doublâmes Nordkyn. De là nous gouvernâmes sur le Goucinoï Nos (Gaskap), situé sur la côte occidentale de la Nouvelle-Zemble. Quoique je me fusse proposé, ainsi que j'ai eu précédemment l'honneur de vous en informer, de pénétrer dans la mer de Kara par le détroit le plus méridional qui y donne entrée, le Yougorski Char, nous mîmes le cap plus haut vers le nord. En effet, l'expérience l'a démontré, les glaçons qui, souvent bien avant en été, flottent dans la baie formée entre la côte occidentale de l'île de Vaïgatch et la terre ferme, entravent singulièrement la navigation dans ces parages, si l'on ne remonte pas jusque vers le Goucinoï Nos pour longer ensuite la côte occidentale de la Nouvelle-Zemble et de l'île de Vaïgatch jusqu'au Yougorski Char. Mais cette précaution était inutile cette année, car nous atteignîmes le détroit de Yougor sans voir de glace.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Adolf Erik Nordenskjld (1832-1901) est un scientifique explorateur russe qui dut prendre la nationalité suédoise en raison de ses opinions politiques. À partir de 1858, il explore le Groenland, le Spitzberg, la mer de Kara et tente de rejoindre l'océan Pacifique par le détroit de Béring. Finalement, il réussit et devient le premier explorateur occidental à rejoindre le Japon par le passage du Nord-est lors de son expédition de 1878 1879.

  • Journal de bord

    Alain Gerbault

    • Claae
    • 23 Février 2018

    A la poursuite de la liberté
    Après une première traversée de l'Atlantique en solitaire en 1923, attiré par le Pacifique et la Polynésie, Alain Gerbault quitte New York en 1924. Il rentre en France en 1929 après avoir navigué autour du monde au gré de son humeur et de ses escales avec le Firecrest : Bermudes, Panama, Galápagos, Gambier, Marquises, Tahiti, Wallis, Fidji, Nouvelle-Guinée, Maurice, Cap-Vert, et bien d'autres, et c'est ce qu'il nous raconte dans cet ouvrage préfacé par Jean- Baptiste Charcot.
    Ce navigateur solitaire est un artiste et un poète sans être un rêveur ; il tire bénéfice pratiquement de ce qu'il voit et ressent - la navigation est d'ailleurs un art, la mer une poésie sans limites. Il sait tout ce que les bons matelots du temps de la voile doivent savoir, il possède à fond le bagage d'un navigateur avisé. Comment a-t-il acquis ces connaissances ? Je l'ignore, mais je sais qu'il a travaillé et travaille toujours, et dans sa volonté de renverser les obstacles, il a improvisé ce que les livres n'ont pu lui donner. Il a apprivoisé et dressé son bateau, ils ne font plus qu'un, et après tout ne sont jamais seuls, car ils ont asservi la mer. - Jean-Baptiste Charcot -
    Laissant derrière lui un destin d'ingénieur tout tracé, Alain Gerbault voyage et nous fait voyager avec lui.
    EXTRAIT
    Après deux mois d'un travail incessant, le Firecrest est prêt et le départ proche. J'ai confiance, car il est maintenant en bonne condition. Le mât neuf est en pin d'Oregon, d'une longueur totale de quatorze mètres. Un nouveau beaupré, en pin d'Oregon lui aussi, remplace celui qui fut brisé dans un ouragan. Le gréement dormant en fil d'acier galvanisé peut supporter un effort de dix tonnes sans se rompre.
    Les voiles sont neuves et cousues d'une manière spéciale. Un nouveau réservoir d'eau claire de deux cents litres conservera l'eau, mieux que les barils de chêne. La sous-barbe de beaupré et le rouleau pour le gui, qui s'étaient brisés pendant ma traversée, sont remplacés par une sous-barbe de bronze et un rouleau en fer galvanisé beaucoup plus solide. La nouvelle grand-voile triangulaire et le gui creux rendront la manoeuvre beaucoup plus aisée.
    Le Firecrest est prêt et le départ est proche. Depuis plus d'un an, je suis à terre. Toutes les difficultés ont été surmontées et je vais bientôt pouvoir repartir.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    L'auteur Alain Gerbault (1893 - 1941) est né dans une famille d'industriels installée à Laval. Il se fait remarquer par son goût pour la compétition et le sport. Il deviendra un excellent joueur de tennis classé. Durant la Première Guerre mondiale, il abandonne ses études d'ingénieur pour s'engager dans l'aviation. En 1921, il décide de changer de vie et achète un voilier en Angleterre : le Firecrest. Après plusieurs navigations en Méditerranée, il part seul traverser l'Atlantique d'est en ouest en 1923. C'est un succès aux USA. Il part en 1924 pour la Polynésie et rentrera une dernière fois en France en 1929. Il disparaît dans l'île de Timor en 1941 après avoir tenté à de multiples reprises d'échapper à la Seconde Guerre mondiale.

  • Seul à travers l'Atlantique

    Alain Gerbault

    • Claae
    • 23 Février 2018

    L'homme, Firecrest, l'océan et rien d'autre.
    1923 : cent un jours de mer, de Gibraltar à New York, seul sur un petit cotre de onze mètres, le Firecrest. Alain Gerbault n'est pas le premier à traverser l'océan Atlantique, mais son exploit a un retentissement considérable, en particulier aux États-Unis d'Amérique.
    Il a emporté sa bibliothèque. Il déclame à la barre ses auteurs préférés comme Coleridge ou Edgar Poe, et passe le plus clair de son temps à recoudre les voiles en lambeaux ou à observer son voilier et la Nature. Soif, fièvre, vagues énormes... et sa joie de vivre.
    Alain Gerbault se consacre tout entier à un seul but, sa traversée en solitaire sans escale. Il se soucie peu de la performance.
    Retour sur une traversée épique de l'Atlantique !
    EXTRAIT
    Dans une maison amie près de New York, une soirée calme, si calme que je me demande si mon extraordinaire aventure des mois derniers est bien arrivée. Par la fenêtre, j'aperçois le détroit de Long Island et le mât de mon petit Firecrest, à quelques centaines de mètres de là, le long de la jetée de Fort Totten. Ce n'est pas un rêve. J'ai traversé seul l'Atlantique et je suis maintenant aux États-Unis. Il y a moins d'un mois, dans les tempêtes au milieu de vagues immenses, j'avais à lutter à chaque instant pour défendre ma vie contre les éléments. J'ai là, sous la main, mon livre de bord que j'ai fidèlement tenu, même par les plus gros temps. J'en tourne les pages, où l'eau de mer n'a pas encore tout à fait séché, et mes yeux tombent sur ce passage de ma croisière.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    Un livre qui donne envie de prendre la mer...et de réaliser ses rêves. - Tatty, Babelio
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Alain Gerbault (1893 - 1941) est né dans une famille d'industriels installée à Laval. Il se fait remarquer par son goût pour la compétition et le sport. Il deviendra un excellent joueur de tennis classé. Durant la Première Guerre mondiale, il abandonne ses études d'ingénieur pour s'engager dans l'aviation. En 1921, il décide de changer de vie et achète un voilier en Angleterre : le Firecrest. Après plusieurs navigations en Méditerranée, il part seul traverser l'Atlantique d'est en ouest en 1923. C'est un succès aux USA. Il part en 1924 pour la Polynésie et rentrera une dernière fois en France en 1929. Il disparaît dans l'île de Timor en 1941 après avoir tenté à de multiples reprises d'échapper à la Seconde Guerre mondiale.

  • Un mort vivait parmi nous

    Jean Galmot

    • Claae
    • 23 Février 2018

    Un roman lyrique par celui dont Blaise Cendrars fit le héros de Rhum !
    Au placer Élysée, dans la haute Guyane, un homme a vécu parmi nous qui n'était qu'une ombre.
    Il avait une âme délicate et tendre, des vêtements à l'ancienne mode et un corps translucide.
    Ce n'était qu'un esprit... et pourtant nous l'avons vu, nous lui avons parlé, il a été notre compagnon dans la jungle aux murs de lianes, d'orchidées et de colibris, dans la jungle aux murs vivants.
    Un homme de l'autre monde est venu parmi nous. Il est venu par le même sentier qui avait ramené au camp de chercheurs d'or, Pierre Deschamps, le chef dragueur, et Marthe, l'ensorceleuse...
    Roman édité pour la première fois en 1922.
    EXTRAIT
    Maître, vous m'avez demandé un mémoire pour des juges.
    Mais la vie qui va s'éteignant en moi, semblable à la lumière horizontale du couchant, n'éclaire plus que les hauteurs du passé.
    Je cherche en vain les mots de colère et de haine... Il est trop tard. Et que dirais-je aux juges ?
    J'ai construit, sous les tropiques, une maison dont les fenêtres donnent à la fois sur l'Orénoque et sur l'Amazone. Des lotus blancs planent sur les étangs en terrasses ; l'ombre des palmiers géants descend sur les îles, et les vents alizés font claquer sur les toits l'oriflamme de mon pays qui, pendant trois siècles, a dominé cette terre ardente.
    Mais les pirates ont donné l'assaut.
    Déjà les colonnes de l'édifice menacent de s'écrouler, la moisson desséchée des cannes à sucre brûle dans la plaine... Ils ont chassé les ouvriers des chantiers... Ils ont pillé jusqu'au secret trésor de mon foyer... Et moi, dans la cellule humide et glaciale, puis dans la chambre d'hôpital où ils me tiennent enfermé, je ne vois plus le jour qu'à travers un grillage.
    Je cherche en vain les mots de colère et de haine. L'horizon qui s'ouvre derrière la pénombre douloureuse du présent est un embrasement de lumières. La lumière du passé jaillit entre les murs qui m'entourent comme une eau grondante à la barrière d'une écluse.
    Maître, vous m'avez demandé un mémoire...
    Dans la nuit qui m'enveloppe, je n'ai trouvé que ce rêve semblable au fond de mon âme à un fleuve phosphorescent, un soir dans la jungle.
    Pendant que les pirates se partagent le butin, j'écris ce qui remplit ma vie. Tout le reste n'est rien.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    « Jean Galmot, héros de Rhum de Cendrars, fut accusé de tous les trafics, adulé en Guyane et victime en 1928 d'un bouillon à l'arsenic. Il écrivit en prison Un mort vivait parmi nous, une épopée suffocante des chercheurs d'or d'Amazonie. » (Antoine de Gaudemar, Libération)
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Jean Galmot (né le 2 juin 1879 à Monpazier, Dordogne - mort le 6 août 1928 à Cayenne, Guyane), journaliste, débarque en Guyane en 1906, s'associe avec d'anciens bagnards et fait commerce d'or. Devenu riche, il s'oppose aux familles créoles et prend parti avec les Noirs et les Indiens contre le bagne de Cayenne. Il achète une plantation pour produire du rhum et organise une collecte de la production des petits producteurs. Il provoque ainsi l'hostilité des autres exploitants prêts à tout pour préserver leurs intérêts. Élu député de la Guyane en 1919, il est impliqué pour escroquerie dans l'Affaire des rhums et son immunité parlementaire est levée avec son accord. Il est arrêté en avril 1921, puis emprisonné à la Santé neuf mois. Il se représente aux élections en Guyane alors que des émeutes éclatent à Cayenne. Jean Galmot meurt subitement.

  • Les Gais Lurons

    Robert Louis Stevenson

    • Claae
    • 23 Février 2018

    Un roman d'aventures débordant de nostalgie...
    Un jeune homme débarque sur l'île d'Aros pour rendre visite à son oncle et à sa cousine. Il rêve de trouver l'épave de l'Espiritu Santo, un navire qui a fait naufrage sur les récifs et dont la cargaison mettrait sa famille à l'abri de tous les soucis. Il ne recherche aucune richesse personnelle, seulement le bonheur des siens. Face à lui, un oncle moins candide qui a récemment fait main basse sur une épave et un butin. Et puis il y a la mer qui impose sa présence, ses colères, les vents...
    Un récit de Robert Louis Stevenson, le pèlerin de la mer !
    EXTRAIT
    Ce fut par une belle matinée de la fin de juillet que je me mis en route vers Aros pour la dernière fois. Une barque m'avait déposé la veille à Grisapol ; je déjeunai tant bien que mal à la petite auberge, y laissai tout mon bagage, en attendant une occasion de revenir le chercher par mer, et commençai d'un coeur léger la traversée du promontoire.
    J'étais loin d'être natif de ces parages, car mon ascendance provenait exclusivement des basses terres. Mais un mien oncle, Gordon Darnaway, dont la jeunesse fut dure et pauvre, avait navigué quelques années, avant d'épouser une jeune femme des îles. Celle-ci s'appelait Mary Maclean ; elle était l'unique héritière de sa famille ; et lorsqu'elle mourut en donnant le jour à une fille, la ferme entourée par la mer, Aros, demeura en la possession de son mari. Ce domaine lui rapportait juste de quoi vivre, comme je le savais très bien ; mais mon oncle était un homme que le mauvais sort avait toujours poursuivi ; encombré qu'il était de ce jeune enfant, il n'osait tenter de recommencer sa vie ; et il restait en Aros, à se ronger les ongles, face à face avec son destin. Les années s'accumulèrent sur sa tête dans cet isolement, sans lui apporter ni aide ni réconfort.
    CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
    « Stevenson, trois syllabes qui tanguent sur l'horizon. Dans leur sillage, une cargaison de romans saturés d'embruns où l'on découvre un chasseur d'absolu, un voleur de feu auprès duquel tant d'écrivains - de James à Borges et à Le Clézio - sont venus faire provision de lumière. « Le dehors guérit », répétait Stevenson. Au générique, une longue nouvelle (Les Gais Lurons) où l'on comprend pourquoi la mer est « voisine de l'enfer ». » (L'express)
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    L'auteur Robert Louis Stevenson (1850, Édimbourg - 1894, Samoa) voyageur et écrivain écossais issu d'une famille de bâtisseurs de phares et de marins, est connu pour le roman L'île au trésor (1883), la nouvelle l'Étrange cas du docteur Jekyll et de M. Hyde (1886) et le récit Voyage avec un âne dans les Cévennes (1879).

  • Le passage du Nord-Ouest a fait rêver bien des navigateurs et provoqué bien des drames...
    En 1845, l'expédition de sir John Franklin disparaît en traversant ce passage, couloir mythique censé relier l'Atlantique au Pacifique à travers l'archipel arctique canadien. À partir de 1848, l'amirauté britannique lance plusieurs expéditions à la recherche des deux navires disparus. Sans succès. En 1851, Lady Franklin envoie la goélette Prince-Albert explorer le canal du Prince-Régent. A son bord, embarque Joseph-René Bellot, un lieu­tenant de vaisseau de la Marine française, sous les ordres du capitaine Kennedy. Pris dans les glaces pendant onze mois, le Prince-Albert regagne difficilement l'Angleterre, sans rapporter la moindre nouvelle de sir Franklin. Pendant le long hiver arctique, Kennedy, Bellot et les hommes de l'équipage explorent le désert glacé qui les retient prisonniers, au prix d'incroyables difficultés.
    C'est le journal de cette expédition, rédigé par Bellot, qui est publié ici. Son jeune auteur - 26 ans à peine - s'y distingue par sa soif de découvertes et de grandes qualités humaines. Sa parfaite intégration au sein d'un équipage de puritains britanniques n'est pas le moins étonnant de ses succès. Le texte s'interrompt alors que le Prince-Albert se libère enfin de ses glaces. L'auteur n'eut pas le temps de le terminer. Un malheureux accident mit fin à la vie de ce brillant officier, formé à Rochefort-sur-Mer.
    Un journal de bord passionnant, d'une haute tenue littéraire et d'une grande qualité scientifique.
    EXTRAIT
    14 SEPTEMBRE. - Je suis revenu hier au soir à quatre heures avec mes trois hommes, plus mort que vif, épuisé autant par la fatigue physique que par le découragement moral.
    J'avais pensé que le plus petit nombre possible d'hommes devait être éloigné du navire et consenti à une réduction d'un homme. - A deux heures du matin, le jeudi 11, nous achevâmes nos préparatifs ; MM. J. Smith, Magnus-Mecurrus et W. Millar, trois hommes accoutumés aux durs voyages de la baie d'Hudson, étaient mes compagnons d'expédition ; à trois heures et demie, après un coup d'oeil jeté du haut de la mâture, nous partîmes par un coup de vent du nord, le thermomètre marquant - 6° 11.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Joseph-René Bellot est un officier de marine et un explorateur français, né à Paris et mort près de l'île Devon, dans l'archipel arctique canadien, aujourd'hui dans le Nunavut (Canada).

  • Histoire des Barberousse

    Charles Farine

    • Claae
    • 23 Février 2018

    De 1470 à 1547, le récit de l'incroyable ascension des frères pirates Barberousse !
    Les frères Aroudj et Khaïr Eddin dits Barberousse, régnèrent à Alger au XVIe siècle. À la mort du premier en 1518, son cadet fut proclamé général de la mer et souverain d'Alger par tous les capitaines corsaires. Sélim puis Soliman II mirent à sa disposition les forces navales turques. Leur confiance lui permit d'enchaîner les conquêtes, d'écumer la Méditerranée et de semer la terreur sur ses côtes auprès de la population par des atrocités, des pillages...
    Charles Farine, après de minutieuses recherches dans les archives et publications d'historiens arabes et espagnols, publia cet ouvrage en 1869.
    Un récit sur la piraterie du XVIe siècle à la fois passionnant et richement documenté.
    EXTRAIT
    Mais les victoires de Fernand de Cordoue, de Pierre de Navarre, de Ximénès lui-même tournèrent contre le but qu'ils s'étaient proposé, et la piraterie, souvent vaincue, sans cesse renaissante, sembla grandir par ses défaites mêmes. Singulier résultat ! que nous verrons se reproduire sans cesse dans le cours de cette histoire de deux hommes qui, par leur génie, par leur courage, par leurs crimes même, parvinrent, du seuil d'une chaumière, à gravir les marches d'un trône.
    Ces deux hommes sont Baba Aroudj et Khaïr-Eddin, plus connus sous le nom des Barberousse.

  • Le récit étonnant de la vie d'un personnage haut en couleurs !
    Appelé familièrement « la chevalière » parce qu'il avait pris l'habitude, sur ses vieux jours, de s'habiller en femme en souvenir d'une jeune femme créole qu'il avait aimée, le chevalier de Fréminville fut une des figures les plus curieuses du XIXe siècle. Entré dans la marine en 1801, il prit part à l'expédition de Saint-Domingue. Après 1831, il se spécialisa dans les antiquités de Bretagne.
    L'auteur s'inspire librement des mémoires de Fréminville pour nous raconter sa vie de voyages.
    EXTRAIT
    Mon amour de la mer, de précoces lectures de voyages, un goût inné pour les sciences naturelles, décidèrent de ma vocation de marin, - marin au service de l'Etat, car j'eus toujours une instinctive répugnance du commerce.
    Nous habitions Paris. Quand j'approchai de ma quinzième année, mon père fut parler à des amis qu'il avait au ministère de la Marine. Grâce à leur protection, je reçus un brevet de volontaire ou élève. C'était en novembre 1801.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Eugène Herpin, né le 11 avril 1860 à Saint-Malo, mort à Paramé (aujourd'hui Saint-Malo) le 22 février 19422 est un avocat et historien local français.

  • Contes de bord

    Edouard Corbieres

    • Claae
    • 23 Février 2018

    Histoires maritimes
    Onze récits de mer réunis par Edouard Corbière et publiés en 1834, peu après les Pilotes de l'Iroise et le Négrier, remarqués par la critique en 1832.
    Un ouvrage rassemblant des contes qui ont un thème commun : la mer et la navigation !
    EXTRAIT DE LE ROI-MATELOT
    Aussitôt qu'ils virent Pique-à-Terre à la côte, ils allèrent le chercher en dansant chica et en battant des entrechats à la sauvage. Comme ce jour-là précisément ils avaient un roi à choisir, et qu'il leur fallait une forte pièce pour la fête, ils dirent dans leur baragouin : « Voilà un chrétien qui fera joliment notre affaire. » Pique-à-Terre avait la côte grasse et la mine joufflue, pour son malheur.
    /> On mit donc notre pauvre matelot dans la soute aux provisions à bouche, en attendant l'heure de le passer à la broche. Comme le bois ne manquait pas dans l'île, il était bien sûr de sa cuisson.
    Mais bientôt un des chefs de cette escouade d'avaleurs de chair chrétienne s'avisa de le regarder de près et de lui passer le doigt sur le nez, en jetant un cri à casser les vitres des maisons, s'il y avait eu des vitres dans cette île déserte ; aussitôt plus de trois mille cinq cents nègres, négrillons et négrailles lui passent le doigt sur le nez en défilant la parade devant lui, et en criant comme le premier de ces individus.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Edouard Corbière (1793, Brest - 1875, Morlaix) marin, journaliste polémiste, a fondé la Compagnie des bateaux à vapeur du Havre à Morlaix, ville où il deviendra président de la Chambre de commerce et d'industrie.

  • L'Évangile du soleil

    Alain Gerbault

    • Claae
    • 23 Février 2018

    Récit d'un amoureux des mers !
    Lorsqu'on a vécu comme moi parmi les indigènes, qu'on a profité de leur générosité et de leur hospitalité, et qu'on est devenu leur ami, on a en retour, envers eux, certains devoirs auxquels je ne saurais sans lâcheté me soustraire.
    Ce livre est nécessaire, car je suis obligé de me servir de ma seule réelle influence pour attirer l'attention du public et du gouvernement, pas toujours très bien renseignés sur ce qui se passe dans nos possessions lointaines. [...]
    Ce ne sont ni les opinions d'un philosophe ni celles d'un rêveur, mais d'un voyageur qui a vécu et étudié sur place tous ces problèmes. Il me plaît que lorsque ces notes paraîtront, je sois de nouveau reparti seul au péril de la mer, car j'espère qu'on comprendra que je ne recherche ni les dignités ni les honneurs, et que désirant n'être qu'un marin et rien de plus, j'ai pour seule ambition celle de mériter le surnom de Kim, ami de tout le monde.
    Découvrez la collection Nautonier de La Découvrance : de courts récits de marins et gens de la mer...
    EXTRAIT
    Au port Saint-Georges des Bermudes, j'ai mouillé mes deux ancres après une rude et pénible traversée. Saint-Georges, l'ancienne capitale des îles, est une vieille ville pittoresque aux quais déserts. Elle est aussi calme que New York peut être agité, et ce contraste est pour moi d'une nouveauté charmante. Découvrir à chaque escale des îles toujours différentes par leurs aspects et leurs coutumes, c'est en vérité un des grands charmes de la navigation au long cours.
    Les murs et les toits des maisons sont blanchis à la chaux. C'est le milieu du jour et tout semble dormir. Seuls, sur la place, en face de l'îlot, le long duquel s'est amarré le Firecrest, des enfants s'amusent, et de temps en temps leurs sonores éclats de rire viennent troubler le silence, car les enfants des hommes de couleur rient plus bruyamment que les enfants des Blancs, plusieurs siècles de civilisation ne leur ayant pas appris à dissimuler leurs sentiments sous la contrainte du sourire.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    L'auteur Alain Gerbault (1893 - 1941) est né dans une famille d'industriels installée à Laval. Il se fait remarquer par son goût pour la compétition et le sport et deviendra un excellent joueur de tennis classé. Durant la Première Guerre mondiale, il abandonne ses études d'ingénieur pour s'engager dans l'aviation. En 1921, il décide de changer de vie et achète un voilier en Angleterre : le Firecrest. Après plusieurs navigations en Méditerranée, il part seul traverser l'Atlantique d'est en ouest en 1923. C'est un succès aux USA. Il part en 1924 pour la Polynésie et rentrera une dernière fois en France en 1929. Il disparaît dans l'île de Timor en 1941 après avoir tenté à de multiples reprises d'échapper à la Seconde Guerre mondiale.

  • Les naufragés

    Francois-Edouard Raynal

    • Claae
    • 23 Février 2018

    Le témoignage, étape par étape, de la survie d'un groupe de marins perdus sur une île déserte
    Dans la nuit du 2 au 3 janvier 1864, le Grafton sombre au large de la Nouvelle-Zélande. Les cinq hommes qui composent l'équipage, tous de nationalités différentes, trouvent refuge sur une île inhabitée.
    François Édouard Raynal (1830-1895) écrira cette aventure à son retour en France après une vie aventureuse d'une vingtaine d'années. Jules Verne s'inspirera de ce récit pour écrire L'Île mystérieuse.
    Dans la lignée de Robinson Crusoé, inspiré de l'expérience d'Alexandre Selkirk, ce roman autobiographique nous entraîne à l'aventure, dans des conditions extrêmes
    EXTRAIT
    C'était en 1863. J'étais à Sydney, guéri enfin des suites de l'accident que je viens de raconter, mais découragé par les fatigues trop peu récompensées de la rude vie que je menais depuis onze ans dans les mines, et n'ayant plus qu'un désir, celui de revoir la France et mes parents. J'étais parfaitement décidé à quitter l'Australie et je songeais déjà au départ, quand une proposition me fut faite, qui changea tout à coup mes plans et me jeta dans de nouveaux hasards.
    Un de mes amis, Charles Sarpy, que j'avais connu autrefois en France et que j'avais retrouvé établi à Sydney, où il faisait, avec un autre négociant, le commerce des draperies, me communiqua un projet qu'il avait conçu depuis peu et que ni lui ni son associé n'avaient encore confié à personne. Il me déclara en même temps qu'il ne le mettrait à exécution qu'à la condition que j'y prisse part.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    François-Édouard Raynal est un navigateur, écrivain et fonctionnaire français, né le 8 juillet 1830 à Moissac et mort le 8 mai 1895 (ou 1898) à Valence-d'Agen. Il est l'auteur du récit autobiographique Les Naufragés, ou Vingt mois sur un récif des îles Auckland.

  • Voyages au coeur de l'Amérique !
    Ce livre renferme des détails curieux sur les moeurs, usages, cérémonies religieuses, le système militaire, etc. des Cahnuagas, des Indiens des Cinq et Six Nations, Mohawks, Connecedagas, Iroquois, etc., des Indiens chippeways, et autres Sauvages de diverses tribus... avec un état exact des postes situés sur le fleuve Saint-Laurent, le lac Ontario, etc.
    John Long, interprète de langue indienne, est engagé pour les besoins de sa profession, à vivre longtemps au milieu des Indiens ; doué de cet esprit d'observation nécessaire à celui qui visite des climats habités par les hommes de la nature, il ne s'est pas borné à des détails de commerce, quoique fort intéressants par eux-mêmes : son journal est rempli d'instructions utiles sur les moeurs, usages, opinions religieuses et politiques, les cérémonies, les jeux de diverses tribus de ces peuples parmi lesquelles il a vécu. On y lira, non sans beaucoup d'intérêt, l'histoire simple de ces hommes qui doivent à l'orgueil des nations de l'ancien continent, plus peut-être qu'à leur vie grossière, le nom de Sauvages, et dont la plupart démentent souvent par des actions nobles et touchantes, cette injurieuse dénomination.
    Découvrez la collection Pérégrination de La Découvrance : de courts récits de voyageurs à travers le monde et le temps...
    EXTRAIT
    Ayant pris, fort jeune encore, l'engagement de me rendre dans l'Amérique septentrionale en qualité de commis, je quittai Gravesend le 10 avril 1768, à bord du Canada, capitaine Smith, chargé pour Québec et Montréal. Notre voyage fut agréable jusqu'au moment où nous touchâmes les côtes d'Amérique. Le temps devint alors contraire, et nous fûmes obligés de relâcher à Terre-Neuve où nous restâmes quatorze jours. Il ne nous y arriva rien de remarquable, si ce n'est qu'une partie de nos gens étant allée à terre pour chasser. L'un d'eux, M. Jourdan, passager chargé pour Montréal, qui se trouva très fatigué, resta dans les bois. Les autres revinrent à bord vers le soir, non sans inquiétude sur le sort de leur compagnon. Après quatre jours d'une pénible attente, ne pouvant avoir aucune nouvelle de lui, nous perdîmes toute espérance de le revoir ; et comme la neige était fort épaisse sur terre, et le nombre des bêtes féroces, très considérable, nous présumâmes, ou qu'il était mort de froid, ou qu'il avait été dévoré par les animaux. À l'instant où le capitaine se disposait à remettre à la voile, vint à bord un Indien auquel nous nous efforçâmes d'expliquer notre embarras. Il parut nous comprendre, et nous fit signe que son intention était d'aller à la recherche. Nous lui donnâmes quelques coups de rhum pour l'encourager : il descendit dans son canot et rama vers la terre. Le capitaine différa de quelque temps, par humanité, de poursuivre le voyage ; mais l'Indien ne revenant point, nous quittâmes Terre-Neuve, et après une ennuyeuse traversée de près de onze semaines, nous arrivâmes à Québec, capitale du Canada.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    L'auteur anglais, John Long, commença par travailler pour la Hudson's Bay Company en 1768. Trafiquant de fourrure, il circula ensuite pendant près de vingt ans parmi les Indiens d'Amérique du Nord.
    Jean-Baptiste Billecocq (1765-1869), le traducteur, était avocat et écrivain parisien. On lui doit des traductions de voyageurs britanniques essentiellement.

  • Samuel Champlain

    Gabriel Gravier

    • Claae
    • 23 Février 2018

    Portrait du « Père de la Nouvelle-France » par Gabriel Gravier
    Cet ouvrage est une biographie de Samuel Champlain, le Père de la Nouvelle-France, réalisée à partir des archives des mémoires de Champlain et des récits de ses contemporains, par l'historien Gabriel Gravier (1827-1904). A travers Samuel Champlain, c'est l'exploration du Canada et la naissance de la Nouvelle-France qui sont évoqués ici, notamment les difficultés d'établissement des colons, le désintérêt de la monarchie française envers ces « quelques arpents de neige », les rivalités - déjà - avec les Anglais pour le contrôle de ce vaste territoire et les relations complexes avec les Indiens. Champlain noue en effet des relations privilégiées avec les « Sauvages », Montagnais, Algonquins, Hurons..., qu'il aide à se protéger de leur terrible ennemi, les Iroquois.
    L'ouvrage rapporte une foule d'informations sur la vie des Indiens et leur organisation sociale, recueillies par Champlain lui-même. Fondateur de Québec (1608), Samuel Champlain y meurt en 1635 alors qu'il préparait la création de la ville de Montréal.
    Une magnifique biographie qui retrace à la fois le parcours d'un homme ambitieux et celui d'une nation.
    EXTRAIT
    Christophe Colomb, qui ne riait jamais et pontifiait toujours, ne nous apprend-il pas que les sujets du puissant roi Magon ou Mangon naissaient avec une longue queue et qu'ils la dissimulaient sous une tunique qui leur tombait sur les talons ? À la vérité, les sujets du roi Magon avaient une longue queue, mais elle n'était pas attachée où le disait Colomb ; en bon chinois qu'ils étaient, ils la tressaient soigneusement et se la laissaient pendre dans le dos.
    Au moment où Jean Alfonse écrivait son Hydrographie, Copernic découvrait que le soleil est au centre de l'infini, comme assis sur un trône, et qu'il fait tourner en cercle, despotiquement, sa famille d'astres. Cette découverte modifiait notre horizon cosmographique.
    On retrouvait alors un nouveau monde. La vieille Europe tressaillait, lisait avec enthousiasme les récits des marins, les descriptions de constellations, de terres, de mers, d'hommes, d'animaux, de plantes inconnus. L'homme comprenait les harmonies de la nature, admirait, et son ambition ne connaissait plus de limites.
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Gabriel Gravier (né le 19 mars 1928 à Villers-Robert- mort le 25 avril 1996 à Colmar) est un écrivain autodidacte et un ancien inspecteur d'assurances français.

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