Climats

  • La conversation des sexes : philosophie du consentement Nouv.

    L'affaire Weinstein et le mouvement #MeToo ont mis la question des violences sexuelles au premier plan. Depuis, le consentement renvoie naturellement au consentement sexuel et amoureux, envisagé comme un sésame de l'égalité entre femmes et hommes. Pourtant, il est bien difficile à définir, et soulève trois problèmes. Le problème juridique, bien connu de celles et ceux qui suivent l'actualité, peut être résumé ainsi : que faire pour que les cas de viol, d'agression et de harcèlement sexuels soient efficacement punis ? Le deuxième problème est moral : comment penser des relations amoureuses et sexuelles qui ne soient pas fondées sur des normes sociales sexistes et inégalitaires ? Enfin, le problème politique : comment ne pas reconduire les injustices de genre qui se manifestent dans les rapports amoureux et sexuels ?
    La magistrale analyse du consentement que propose Manon Garcia revisite notre héritage philosophique, plongeant au coeur de la tradition libérale, mettant à nu ses impensés et ses limites. De John Locke aux théoriciennes féministes françaises et américaines, en passant par Michel Foucault et les débats sur la pratique du BDSM, c'est une nouvelle cartographie politique de nos vies privées que dessine cet essai novateur. Au terme de ce livre, il s'agira en somme, pour reprendre la formule de Gloria Steinem, d'« érotiser l'égalité » plutôt que la domination : en ce sens, le consentement sexuel, conçu comme conversation érotique, est sans doute l'avenir de l'amour et du sexe.

  • Une voiture pilotée par une intelligence artificielle est face à un choix tragique : pour éviter un enfant qui traverse la route, elle doit écraser un vieillard sur le bas-côté. Que faire, qui sauver dans l'urgence ? Voilà un dilemme qui rappelle la fameuse expérience de pensée du tramway, et qui illustre les enjeux moraux de l'intelligence artificielle.
    Comment programmer nos robots - de transport, militaires, sexuels ou conversationnels - pour qu'ils prennent les bonnes décisions lorsqu'ils sont confrontés à des choix ? Quelle morale pour les robots ? Y en a-t-il, comme nous, de bons et de mauvais ?
    S'intéresser à l'éthique des algorithmes, c'est plonger au coeur de nos différentes intuitions et théories morales, questionner nos biais et préjugés, mais aussi explorer un nouveau domaine de la
    philosophie, expliqué avec clarté et humour par Martin Gibert, chercheur en éthique de l'intelligence artificielle.

  • Avant l'envol, l'amant étreint la taille de sa partenaire et plaque son ventre contre le sien. Un bras s'élance, une jambe fléchit. Prompts, décidés, les yeux dans les yeux, en équilibre sur la pointe des pieds, ils se lovent autour d'un axe imaginaire, un balancier qui les transperce et les unit. Ils virevoltent, folâtrent, s'étirent simultanément - écartelés - comme un seul corps (Sollers y voit une fleur, un papillon) qui bâillerait de faim. Arc-boutés l'un contre l'autre, cuisse contre cuisse, ils écartent les jambes comme on écarte un compas, font des grâces - toute la préciosité de ce petit pied qui s'élance, renvoie à la préciosité du bout du doigt, qui pousse le verrou comme on soulève délicatement une tasse de thé. Ils pivotent : s'aviseraient-ils de faire la roue ? C'est ainsi qu'on exécute une danse ; mais s'agira-t-il d'une gaillarde, d'une gigue ou d'un passe-pied ? Peu nous chaut : le pinceau les emporte, comme il emporte le peintre, avec toute l'énergie de la passion.

  • « Mon intention était de mettre à disposition du lecteur une sorte de boîte à outils philosophique, une cohérence suffisante pour autoriser un démontage élémentaire de l'Imaginaire capitaliste, tel qu'il domine à présent une part croissante de nos esprits.
    L'idée, en effet, selon laquelle il serait possible de déconstruire l'emprise étouffante que l'Économie et la Technique modernes exercent sur notre vie quotidienne, sans procéder en parallèle à une décontamination systématique de nos imaginaires individuels, me paraît, à la lumière de décennies d'aventures politiques dont l'échec était programmé, définitivement naïve et utopique [...]. On le voit, il s'agissait moins, dans cet essai, d>exposer la philosophie politique de George Orwell dans sa vérité historique, que d'en mettre à l'épreuve les catégories fondamentales pour essayer de penser, aussi précisément que possible, le cours présent des choses et ce vers quoi il nous emporte. Tel est, je crois, l'usage le plus fidèle des leçons d'un éducateur. »

  • Anarchiste tory, c'est-à-dire anarchiste conservateur, c'est ainsi que George Orwell se présentait parfois, lorsqu'il était invité à se définir politiquement. Mais suffit-il qu'une position politique soit inclassable pour être incohérente ? Cet essai s'efforce précisément d'établir qu'il est possible d'être l'un des analystes les plus lucides de l'oppression totalitaire sans renoncer en rien à la critique radicale de l'ordre capitaliste ; que l'on peut être à la fois un défenseur intransigeant de l'égalité sans souscrire aux illusions « progressistes » et « modernistes » au nom desquelles s'accomplit désormais la destruction du monde.

    En établissant la cohérence réelle de cette pensée supposée inclassable, cet essai met en évidence quelques-unes des conditions de cette indispensable critique moderne de la modernité, dont George Orwell est le plus négligé des précurseurs.

  • En 1967, Theodor Adorno tient une conférence à l'université de Vienne, à l'invitation de l'Union des étudiants socialistes d'Autriche, sur la remontée de l'extrême-droite en Allemagne, et notamment l'ascension inquiétante d'un parti, le NPD, qui a toutes les apparences du néonazisme et manquera de peu son entrée au Bundestag allemand deux ans plus tard.
    Transcrit d'après un enregistrement, cet essai inédit a les avantages d'un texte pour partie improvisé : un style direct et très accessible. Adorno y recense les « trucs » auxquels recourt le discours d'extrême-droite, et qui ressemblent à ceux qui reviennent actuellement en vogue sur les réseaux sociaux : la volonté de mêler tous les problèmes dans une accumulation de faits invérifiables ; la « méthode du salami », ou le fait de découper, dans un complexe de réalités, une réalité particulière sur laquelle on concentre le débat ; l'utilisation d'arguments absurdes, etc.
    En somme, Adorno décrivait en 1967, à peu de choses près, une réalité proche de celle de nombreux pays européens aujourd'hui.
    Sa conclusion est un appel à l'intelligence et au combat : refusant de pronostiquer l'avenir de ces mouvements, Adorno rappelle que « la manière dont ces choses évolueront, et la responsabilité de cette évolution, tiennent en dernière instance à nous-mêmes».

  • Les séries ont tout changé : nos loisirs, nos vies, notre rapport à la culture. La « sériephilie » que ces grands récits du XXIe siècle suscitent le prouve : elles sont le coeur de la culture populaire aujourd'hui. Pour Sandra Laugier, fan parmi les fans, elles produisent également une philosophie nouvelle - non pas une philosophie des séries, mais de véritables oeuvres de pensée. Aux ressorts traditionnels de la fiction (romans, films) -
    identification à des personnages, représentations du monde -, la série oppose l'attachement, le care qu'elle suscite chez le spectateur. Aux stéréotypes de genre, elle substitue nombre d'individus singuliers, souvent des héroïnes, aux prises avec les épreuves de la vie ordinaire. En lieu et place de morale traditionnelle, elle bâtit un répertoire de situations, d'expériences et de formes de vie ; elle élabore une compétence du spectateur. Les séries sont le lieu d'une nouvelle conversation démocratique, telle est la thèse radicale de ce livre-somme de Sandra Laugier, pionnière en philosophie de l'étude des séries et du care en France.

  • S'il fallait un jour distiller l'esprit de la corrida, c'est peut-être ça qui resterait : des moments qui se suivent et qui ne se ressemblent pas forcément. A la réflexion, qui ne se ressemblent jamais. François Zumbiehl, qui naguère sut faire parler des toreros illustres, arrive ici à rendre les instants éloquents, instants de drame ou de triomphe, instants de transfiguration, qui en apprennent plus sur le monde de la tauromachie que le mieux documenté des traités techniques. Les croquis qu'il propose ici, levés comme à la sanguine, à la taurine, tracent un itinéraire en douce dans ce qu'il est convenu d'appeler "la Planète des toros". Dans ce voyage à la géographie plaisante, précise, tous les lecteurs, les connaisseurs, les amateurs et les autres, trouveront leur voie.

  • Avec une acuité tout à fait fulgurante, je saisis que les mecs, les filles, la Femme, les machos... on s'en tape ! Que chacun ait un rôle n'a aucune importance. On s'en fout complètement. Ce qui compte, c'est le fait et la manière de parler le terrain, d'occuper un espace.
    Être moi, être une femme, c'est occuper l'espace à ma façon.
    Laisser faire, donc.
    Pas besoin d'hurler. Ah, ça non ! Parce que tout ça, c'est une affaire de solitude. De vraie, d'absolue solitude. Une histoire de vérité s'il en est. De ras des pâquerettes, de degré zéro, de vide, quoi.
    C'est pas que tu rases tout. Pas du tout. Mais sans ce vide-là, tu fais rien.

  • Fille de France

    Elisa Diallo

    « Existe-t-il des Français enfants d'Africains capables de dire sans hésiter "je suis français" sans la moindre réserve, sans un léger tremblement de l'âme, ce court moment où l'on attend d'être contredit, ou au moins questionné ? Je rêvais parfois de ne plus me sentir fille de France, fille mal-aimée. »
    Une mère française catholique, un père guinéen musulman. Elisa Diallo, fille d'une diversité contrariée par un racisme latent, entame une procédure de naturalisation... pour devenir allemande.
    Ainsi commence son itinéraire singulier au coeur d'une Europe consumée par les passions sur l'immigration, et ce récit bouleversant d'une quête des origines...

  • L'émotion liée aux lieux est singulière par sa force, par sa manière d'envahir, de submerger ; elle n'est pas passagère, elle dure et arrête le pas du promeneur aussi sûrement que l'obstacle sur le chemin. Elle oblige à la pause. À réfléchir. À faire corps. Elle ne ressemble à aucune des émotions de la vie quotidienne, même si elle n'est pas étrangère au saisissement esthétique, à l'engouement, au trouble mystique ou à l'intuition politique, voire à la nostalgie, au repli sur soi ou au dépit romantique.
    Cette émotion a peu à voir avec le paysage, le site ou même la conscience du territoire. Ses racines sont plutôt à chercher dans la permanence du lieu, dans son immobilisme face au temps qui passe. Mais il faut aussi que quelque événement inouï ait eu lieu dans ce paysage. Il faut pouvoir se dire « ça s'est passé là ». Là où je suis maintenant. Devant ce muret de pierres, sur ce chemin de ronde, dans cette pièce décrépite. « Ça s'est passé là » est le sésame. Ensuite, il suffit de se convaincre que le jour faiblissait avec les mêmes couleurs, que le bruissement du ruisseau emplissait pareillement la campagne, que le soleil mordait tout autant la clairière, que la façade du château s'ouvrait sur la même rue...

  • Ce livre propose un pari audacieux : prendre notre relation avec les chiens au sérieux et apprendre "une éthique et une politique dévolues à la prolifération de relations avec des êtres autres qui comptent". Car la catégorie des espèces compagnes est bien plus vaste que celle des animaux de compagnie, elle inclut en effet le riz, les abeilles, la flore intestinale, les tulipes... "Vivre avec les animaux, investir leurs histoires et les nôtres, essayer de dire la vérité au sujet de ces relations, cohabiter au sein d'une histoire active : voilà la tâche des espèces compagnes."
    Pas de grands récits, donc, mais des histoires, dont le but est avant tout, dit Donna Haraway, de mettre des bâtons dans les roues au projet humain d'écrire seuls cette histoire. Des histoires d'amour, mais également de pouvoir, de conflits raciaux et d'idéologies coloniales, des histoires qui aident à élaborer des manières positives de vivre avec toutes les espèces qui sont apparues comme nous sur cette planète.
    Quelle est notre capacité humaine à construire des relations d'altérité qui ne soient pas marquées par des rapports de domination, mais par des relations de respect, d'affection, d'amour - sans qu'il s'agisse d'anthropocentrisme ou d'anthropomorphisme ? Voilà l'une des questions centrales que soulève ce livre devenu incontournable.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Les fragments qui forment ce petit ouvrage ont été classés par l'auteur selon un ordre assez contestable, sans rapport aucun avec la chronologie de leur rédaction. Sans doute réprouvera-t-on une telle négligence et un manque de soin si ostensible ; on reprochera peut-être à l'auteur la désinvolture avec laquelle, sous le couvert de singer le Hasard, il a rassemblé des évocations et des souvenirs qui n'ont de commun que leur occurrence dans la partie nord du seizième arrondissement. Il est clair qu'il ne s'agissait pas, for him, de réaliser un quelconque Baedeker de Chaillot et de Passy, encore moins de faire l'exacte revue de tout ce qu'on peut y voir, mais plutôt d'inviter le lecteur à faire en sa compagnie une manière de promenade - une petite excursion dans l'espace et le temps.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • De courts voyages initiatiques où la narratrice enchaîne fantasmes et performances, en bateau, en avion, en train, dans les limousines ou les ascenseurs. Tantôt soumise, tantôt maîtresse du jeu, elle stationne, glisse, roule, vole et convole, de pérégrinations sexuelles en représentations mentales des plus élaborées.

  • Nous ne savons rien de Spinoza ou si peu de choses, que sa silhouette s'est prêtée, plus que toute autre, à une stylisation exemplaire : celle du philosophe par excellence, de l'athée vertueux, que la connaissance vraie des choses conduit à la joie la plus désincarnée. Il y eut pourtant, peu de temps après sa mort, d'édifiantes biographies, celle de Colerus, celle de Lucas, mais elles-mêmes participent déjà du mythe et les anecdotes qu'elles rapportent sont autant d'enluminures en marge du portrait de l'idéal philosophique. Les modernes ont multiplié les éclairages subtils sur la communauté dans laquelle Spinoza avait vécu avant d'en être chassé ignominieusement, mais n'ont rien dit de plus sur l'homme lui-même. Peut-on rêver d'un autre Spinoza ? Ce livre est une dérive imaginaire à partir des traces que la tradition nous a laissées et des textes de Spinoza qui, pourtant, s'y prêtent peu. La figure de Spinoza qui s'en dégage met à mal les sacro-saints clichés qui continuent d'être véhiculés et révèle un homme complexe, avec ses faiblesses et ses contradictions, sa grandeur et sa folie, qui tente de se sauver, de donner le change, par la construction d'un oeuvre, rigoureuse entre toutes, derrière laquelle ils se cache.

  • Bien que ses collègues séraphins et archanges le charrient souvent sur ses origines (il est née sur Terre), et que ses frères humains s'étonnent qu'un familier du ciel n'en rapporte que des nouvelles équivoques ou consternantes, Marcel Cogito insiste, reprend ses aventures où elle l'avaient laissé : dans la nature languedocienne, dont il hante les friches, les prés salés, les escarpements ; en ville, où il passe dégourdir son néant, prendre le pouls de l'art, tester la coexistence réelle ; chez lui enfin, où il dort, prie et meurt.

  • Septimanie, tel fut le nom donné à cette terre conquise par la septième légion romaine et centrée autour de l'antique ville de Nîmes. Terre solaire qui rayonne de tous ses visages de pierre et d'eau, Septimanie rime cependant secrètement avec Gethsémani. Et c'est le chant d'une vie déchirée comme elle, entre exultation de la beauté et savoir de la mort, que nous propose l'oeuvre poétique de Georges Clairefond.

  • Un roman de combat, pourrait-on dire de ce récit d'une cure psychanalytique pratiquée par un analyste encore plus baroque que son patient tant il ne ménage ni l'époque ni ses contemporains. Des îles Borromées à la Sicile, de Paris à Madrid en passant par les mystères d'un laboratoire du Sinaï et d'un "Centre de Recherches" berlinois, à travers une enquête sur les bordels italiens et la jet-society espagnole, avec en contrepoint l'affrontement de deux frères et la liquidation d'un pays, l'auteur nous entraîne dans une délirante quête initiatique. Bouffonneries et larmes, comédies et drames se mêlent ici pour nous offrir, aux toutes dernières pages, l'allégorie finale : la recherche éperdue du sens de la vie à travers les pérégrinations d'une pierre tombale. Publié immédiatement après Insoumission, Psy permet à Roger Curel de poursuivre avec la même pugnacité et une violence intacte la mise en examen d'une société.

  • A l'aube du troisième millénaire, trois écrivains : un homme et deux femmes, refont le Voyage aux Pyrénées. Stéphanie Benson, d'origine anglaise, est d'emblée confrontée au passé colonial, à cet état dont les Pyrénées se remettent mal, et signe avec Chemin de non retour, un journal intime plutôt noir. Alina Reyes évoque la féminité d'une montagne qu'elle connaît bien. Lucien d'Azay, à partir de son voyage en solitaire effectué en hiver, parvient à cerner, petit à petit, jour après jour, de col en ville thermale, les problématiques contemporaines de l'autre montagne européenne.

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