Climats (réédition numérique FeniXX)

  • Avant l'envol, l'amant étreint la taille de sa partenaire et plaque son ventre contre le sien. Un bras s'élance, une jambe fléchit. Prompts, décidés, les yeux dans les yeux, en équilibre sur la pointe des pieds, ils se lovent autour d'un axe imaginaire, un balancier qui les transperce et les unit. Ils virevoltent, folâtrent, s'étirent simultanément - écartelés - comme un seul corps (Sollers y voit une fleur, un papillon) qui bâillerait de faim. Arc-boutés l'un contre l'autre, cuisse contre cuisse, ils écartent les jambes comme on écarte un compas, font des grâces - toute la préciosité de ce petit pied qui s'élance, renvoie à la préciosité du bout du doigt, qui pousse le verrou comme on soulève délicatement une tasse de thé. Ils pivotent : s'aviseraient-ils de faire la roue ? C'est ainsi qu'on exécute une danse ; mais s'agira-t-il d'une gaillarde, d'une gigue ou d'un passe-pied ? Peu nous chaut : le pinceau les emporte, comme il emporte le peintre, avec toute l'énergie de la passion.

  • S'il fallait un jour distiller l'esprit de la corrida, c'est peut-être ça qui resterait : des moments qui se suivent et qui ne se ressemblent pas forcément. A la réflexion, qui ne se ressemblent jamais. François Zumbiehl, qui naguère sut faire parler des toreros illustres, arrive ici à rendre les instants éloquents, instants de drame ou de triomphe, instants de transfiguration, qui en apprennent plus sur le monde de la tauromachie que le mieux documenté des traités techniques. Les croquis qu'il propose ici, levés comme à la sanguine, à la taurine, tracent un itinéraire en douce dans ce qu'il est convenu d'appeler "la Planète des toros". Dans ce voyage à la géographie plaisante, précise, tous les lecteurs, les connaisseurs, les amateurs et les autres, trouveront leur voie.

  • Avec une acuité tout à fait fulgurante, je saisis que les mecs, les filles, la Femme, les machos... on s'en tape ! Que chacun ait un rôle n'a aucune importance. On s'en fout complètement. Ce qui compte, c'est le fait et la manière de parler le terrain, d'occuper un espace.
    Être moi, être une femme, c'est occuper l'espace à ma façon.
    Laisser faire, donc.
    Pas besoin d'hurler. Ah, ça non ! Parce que tout ça, c'est une affaire de solitude. De vraie, d'absolue solitude. Une histoire de vérité s'il en est. De ras des pâquerettes, de degré zéro, de vide, quoi.
    C'est pas que tu rases tout. Pas du tout. Mais sans ce vide-là, tu fais rien.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Les fragments qui forment ce petit ouvrage ont été classés par l'auteur selon un ordre assez contestable, sans rapport aucun avec la chronologie de leur rédaction. Sans doute réprouvera-t-on une telle négligence et un manque de soin si ostensible ; on reprochera peut-être à l'auteur la désinvolture avec laquelle, sous le couvert de singer le Hasard, il a rassemblé des évocations et des souvenirs qui n'ont de commun que leur occurrence dans la partie nord du seizième arrondissement. Il est clair qu'il ne s'agissait pas, for him, de réaliser un quelconque Baedeker de Chaillot et de Passy, encore moins de faire l'exacte revue de tout ce qu'on peut y voir, mais plutôt d'inviter le lecteur à faire en sa compagnie une manière de promenade - une petite excursion dans l'espace et le temps.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • De courts voyages initiatiques où la narratrice enchaîne fantasmes et performances, en bateau, en avion, en train, dans les limousines ou les ascenseurs. Tantôt soumise, tantôt maîtresse du jeu, elle stationne, glisse, roule, vole et convole, de pérégrinations sexuelles en représentations mentales des plus élaborées.

  • Nous ne savons rien de Spinoza ou si peu de choses, que sa silhouette s'est prêtée, plus que toute autre, à une stylisation exemplaire : celle du philosophe par excellence, de l'athée vertueux, que la connaissance vraie des choses conduit à la joie la plus désincarnée. Il y eut pourtant, peu de temps après sa mort, d'édifiantes biographies, celle de Colerus, celle de Lucas, mais elles-mêmes participent déjà du mythe et les anecdotes qu'elles rapportent sont autant d'enluminures en marge du portrait de l'idéal philosophique. Les modernes ont multiplié les éclairages subtils sur la communauté dans laquelle Spinoza avait vécu avant d'en être chassé ignominieusement, mais n'ont rien dit de plus sur l'homme lui-même. Peut-on rêver d'un autre Spinoza ? Ce livre est une dérive imaginaire à partir des traces que la tradition nous a laissées et des textes de Spinoza qui, pourtant, s'y prêtent peu. La figure de Spinoza qui s'en dégage met à mal les sacro-saints clichés qui continuent d'être véhiculés et révèle un homme complexe, avec ses faiblesses et ses contradictions, sa grandeur et sa folie, qui tente de se sauver, de donner le change, par la construction d'un oeuvre, rigoureuse entre toutes, derrière laquelle ils se cache.

  • Bien que ses collègues séraphins et archanges le charrient souvent sur ses origines (il est née sur Terre), et que ses frères humains s'étonnent qu'un familier du ciel n'en rapporte que des nouvelles équivoques ou consternantes, Marcel Cogito insiste, reprend ses aventures où elle l'avaient laissé : dans la nature languedocienne, dont il hante les friches, les prés salés, les escarpements ; en ville, où il passe dégourdir son néant, prendre le pouls de l'art, tester la coexistence réelle ; chez lui enfin, où il dort, prie et meurt.

  • Septimanie, tel fut le nom donné à cette terre conquise par la septième légion romaine et centrée autour de l'antique ville de Nîmes. Terre solaire qui rayonne de tous ses visages de pierre et d'eau, Septimanie rime cependant secrètement avec Gethsémani. Et c'est le chant d'une vie déchirée comme elle, entre exultation de la beauté et savoir de la mort, que nous propose l'oeuvre poétique de Georges Clairefond.

  • Un roman de combat, pourrait-on dire de ce récit d'une cure psychanalytique pratiquée par un analyste encore plus baroque que son patient tant il ne ménage ni l'époque ni ses contemporains. Des îles Borromées à la Sicile, de Paris à Madrid en passant par les mystères d'un laboratoire du Sinaï et d'un "Centre de Recherches" berlinois, à travers une enquête sur les bordels italiens et la jet-society espagnole, avec en contrepoint l'affrontement de deux frères et la liquidation d'un pays, l'auteur nous entraîne dans une délirante quête initiatique. Bouffonneries et larmes, comédies et drames se mêlent ici pour nous offrir, aux toutes dernières pages, l'allégorie finale : la recherche éperdue du sens de la vie à travers les pérégrinations d'une pierre tombale. Publié immédiatement après Insoumission, Psy permet à Roger Curel de poursuivre avec la même pugnacité et une violence intacte la mise en examen d'une société.

  • A l'aube du troisième millénaire, trois écrivains : un homme et deux femmes, refont le Voyage aux Pyrénées. Stéphanie Benson, d'origine anglaise, est d'emblée confrontée au passé colonial, à cet état dont les Pyrénées se remettent mal, et signe avec Chemin de non retour, un journal intime plutôt noir. Alina Reyes évoque la féminité d'une montagne qu'elle connaît bien. Lucien d'Azay, à partir de son voyage en solitaire effectué en hiver, parvient à cerner, petit à petit, jour après jour, de col en ville thermale, les problématiques contemporaines de l'autre montagne européenne.

  • Les mots de tendresse étaient plutôt rares entre papa et maman et quand, quelquefois, leurs regards se croisaient, maman demandait simplement : - Wie gheits, Douvid ? Comment ça va ?

  • Collection Sombres Climats. Sombres : qui ne laissent aucune place à l'espoir. Climats : ensemble des conditions dans lesquelles on vit. Avec ce premier texte Delcour était immédiatement à la marge. Situé au Mexique, baignant dans l'alcool et la drogue, Mezcal Terminal, dans une violence sous-jacente, évoque une série B parfaite.

  • S'inspirant du texte de Raymond Queneau, Lucien d'Azay pastiche dans une espèce de remake des Exercices de style, neuf écrivains d'expression française parmi les plus importants : Alphonse Boudard, Marguerite Duras, Jean Echenoz, J.M.G. Le Clézio, Patrick Modiano, Pascal Quignard, Françoise Sagan, Jorge Semprun, Philippe Sollers.

  • Bois-Colombes n'est sans doute pas la banlieue paisible que l'on croit. On y voit défiler une théorie de personnages singuliers : Orsoni, inspecteur de police coureur de fond, l'agent(e) Zabeth, perle des Antilles, Paringaux, brigadier de la canine, l'anorexique jeteuse de sorts et, bien sûr, l'assassin, grand amateur de travestis. Aigu, condensé, Patrice Lelorain enchaîne montage cut sur ellipse.

  • À Pékin, en automne. Un commissaire français, ancien élève de Langues O et son alter ego, aussi fin connaisseur de la Chine que lui, mènent l'enquête. Gastronomie, poésie, peinture, histoire, érotisme, autant de terrains sur lesquels les Chinois et les Français se retrouvent et qui sont les ingrédients de ce polar écrit dans les coulisses de la diplomatie et de l'entreprise françaises. Dans ces pages palpitantes qui tiennent autant du roman d'espionnage que des enquêtes d'un juge Di mâtiné de San Antonio, l'auteur met toute son ironie au service de son amour de la Chine et tend au monde de la sinologie un miroir où les habits neufs ne se reflètent pas. Sur le ton gouailleur du titi parisien, il nous fait passer entre deux éclats de rires son analyse du monde chinois, en deçà et au-delà du détroit de Taïwan.

  • Certainement un des livres les plus Sombres Climats paru à ce jour. Un cauchemar : prison, violence, drogue, peur, cruauté, misère, amour, maladie, odeurs, insectes etc... Guillaume Nicloux décline un enchevêtrement de situations quotidiennes dans un univers oppressant et insupportable. Un livre étouffant, onirique, déroutant...

  • SOMBRES : Qui ne laissent aucune place à l'espoir. CLIMATS : Ensemble des conditions dans lesquelles on vit, - Un désespéré avec un Skorpion et un Makarov, c'est un désespéré drôlement débrouillard. Regardez autour de vous, partout dans les rues, ces centaines de jeunes clodos au bout du rouleau. On a jamais pensé qu'ils pourraient un jour se muer en bêtes fauves. Pourtant il n'y avait qu'un pas à leur faire franchir. Elle est inépuisable cette armée de la misère. Il suffit de descendre dans le métro et de faire son choix, la main-d'oeuvre abonde. Organisant des SDF en terroristes, un psychopathe sème la terreur dans Paris.

  • Chroniqueur mental de son propre cerveau, clown bénévole de la pensée (ces expressions sont de lui), Cogito déambule devant nous, entre migraines et colères, entre rêve et pensée, entre la montagne et son évier, entre Dieu et le néant - entre soi et soi. On le voit en cours (il est prof de philo), au café, dans sa voiture, en train de draguer ou de dormir, toujours plus intelligent que les autres (oui, même quand il dort), et que nous, et parfois qu'il ne faudrait. Il y a en lui du M. Hulot, mais en plus spéculatif. On pense aussi au M. Teste de Valéry, au Plume de Michaux... Il y a des comparaisons plus insultantes. C'est d'ailleurs plus drôle que Valéry et, à mon sens, plus intelligent que Michaux. Trop intelligent ? C'est parfois l'impression qu'il produit ; mais on lui pardonne, parce qu'il n'en est pas dupe. L'intelligence compte moins que le coeur. Les idées, moins que la vie.

  • Médecin homéopathe, psychanalyste, le Docteur Allendy (1889-1942) sympathisa activement avec tous les mouvements d'avant-garde d'entre les deux guerres. Ami des peintres : Marcoussis, Gleize, Juan Gris, Robert et Sonia Delaunay, il applaudit au mouvement surréaliste d'André Breton et resta par la suite en relation avec nombre d'entre eux tels que Joseph Delteil et Antonin Artaud. Le Dr. Laforgue l'ayant initié à la psychanalyse, il devint membre fondateur de la "Société Psychanalytique de Paris" et, au-delà des psychanalystes français et suisses, entretint des relations avec d'autres chercheurs plus ou moins dissidents de la même discipline tels Jung, Adler, Otto Rank, Jones. L'importance de son oeuvre littéraire et le rayonnement du "Groupe d'Études Philosophiques et Scientifiques pour l'Examen des Tendances Nouvelles" qu'il avait fondé à la Sorbonne renouvelèrent constamment les contacts avec l'Intelligentsia nationale et internationale "engagée".

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