EDK Editions

  • Très différents les uns des autres, appartenant à d'autres espaces et à d'autres temps, comme simultanément, à plusieurs champs de savoir, les thèmes traités dans le présent ouvrage, par leur convergence, s'emploient en fait à saisir la réalité humaine dans certaines de ces manifestations les plus significatives, à travers l'opposition fondamentale entre pathologie et création, imaginaire et banal, rêve et adaptation. Chaque thème se trouve alors exploré dans une perspective globale, alors que s'élabore une véritable pensée de la relation en prenant appui, dans le cas de la pathologie notamment, sur le passage du conflit à l'impasse, loin de la psychogenèse et de la causalité linéaire, afin de faire ressortir l'unité dans la diversité, selon une démarche formulée en ces termes par le grand peintre chinois Chi-Tao : Par l'Un, maîtriser la multiplicité ; à partir de la multiplicité, mâitriser l'Un.

  • Que le rêve soit le seul lien, par delà l'oubli, avec l'enfance, éclaire d'un jour nouveau un fait étrange : que le refoulement de l'affect, lié au deuil en particulier, passe toujours par le refoulement de la fonction onirique. Sans rêves en effet, la situation de perte est tout à fait neutralisée, réduite. C'est précisément tout cet aspect de l'expérience humaine, qui touche si près à des impasses précoces, que le travail relationnel sur les rêves est en mesure de réactiver. Le thérapeute de l'adolescent est celui qui est en relation avec le rêve et l'affect, par rapport à lui-même et à l'autre. D'aucune manière, il ne cherche à neutraliser la relation en neutralisant ses propres affects. Ceux-ci doivent être là, mais libres, au cours d'un face à face à raison d'une fois par semaine. Or, c'est cette relation affective, que toute la technique psychanalytique s'emploie à éliminer, en laissant d'ailleurs en suspens toute la problématique de l'affect.
    Sami-Ali

  • Par rapport à l'entrée directe dans la vie dite active, le cadre des études supérieures offre la possibilité d'un espace d'expérimentation et de mise à l'épreuve entre l'adolescence et l'âge mûr. Une période plus ou moins prolongée s'ouvre ainsi, durant laquelle peut s'organiser une aire de transition, « combinaison d'immaturité prolongée et de précocité provoquée » (E. Erikson, 1972).
    Si l'université est un cadre qui présente en apparence de nombreux attraits socio-affectifs, notamment en terme de liberté, ce sentiment peut se heurter à la difficulté de maîtriser les contours propres à ce nouvel univers; véritable « passage » au sens ethnologique, avec son « temps d'étrangeté », « d'apprentissage » des règles, voire des rites, l'étudiant devra en décrypter les contours, « s'affilier », et en faire transitoirement son « métier » (A. Coulon, 1997). Dans ce contexte, l'intégration sociale reste déterminante, et le risque d'isolement et de rupture toujours possible.
    Mais que peut-on dire, spécifiquement, du phénomène de mal-être chez les étudiants ? Essentiellement, qu'il se situe dans un entre-deux : entre les manifestations symptomatiques de l'adolescence, faites d'investissements et de désinvestissements massifs, et la psychopathologie de l'adulte. Ni tout à fait l'un, ni tout à fait l'autre.
    Si notre société offre aux adolescents et jeunes adultes la possibilité d'un sas aux limites aussi floues que de plus en plus étendues, dans le même temps, le droit à l'erreur académique est limité, tout échec pouvant conduire à une sortie du système sans grande possibilité de retour ultérieur. Ajouté à cela qu'aujourd'hui les jeunes vivent dans un climat de grande liberté, avec pour consigne : « Fais ce que tu veux mais sois performant ! », et nous avons là les ingrédients d'une situation anxiogène non négligeable.

  • Croisant leurs regards sur la question des Ancêtres, des psychanalystes et des anthropologues ont choisi de mener une réflexion commune autour de la transmission, de la filiation, de l'ancestralité et des processus d'ancestralisation.

    Représentant d'une histoire individuelle, l'Ancêtre s'inscrit aussi dans une histoire collective, en tant que repère dans la filiation et contenant de la différence des générations. Point d'ancrage des processus d'identification, ni ombre, ni fantôme, l'Ancêtre se distingue du mort. Mort revitalisé , il signe la capacité du sujet à investir sa propre histoire, à se l'approprier et à la partager. Loin d'être neutre et uniforme, l'ancestralité est une notion qui, de par les différences entre les sociétés, ouvre à une diversification des représentations, des croyances et des rituels. Idéal ou force de vie, relique ou fabriqué, l'Ancêtre ne peut se résumer à la question des origines et n'est pas seulement un héritage : il est le maillon d'un système dans lequel s'inscrit l'humain, il est ce nouveau issu d'un processus d'ancestralisation.

  • Cela ne va pas de soi. Ce sont des mouvements contradictoires qui saisissent le plus souvent le lecteur. Cette ambivalence caractérise d'ailleurs la manière dont cette oeuvre fut reçue à l'époque par les éditeurs, le public, la gente littéraire, y compris lors de la publication de ses premiers textes, qui nous paraissent aujourd'hui d'une lecture plus aisée.
    Pourtant quelques signes nous sont parvenus que quelques z'uns ou z' unes avaient pu se laisser traverser par cet écrit, s'être laissés emporter, ambivalence comprise, un peu sur le mode de Molly dans son monologue, qui après avoir dit d'irrecevables vérités, peut donner une sorte d'acquiescement, un yes au sujet désirant, malgré tout, ou précisément avec ce qui rate au niveau de ce tout.
    Nous avons retenu pour ce numéro trois grandes questions où viennent se loger les différentes contributions. [...]

  • Marcel Gauchet et Charles Melman
    Séance du jeudi 29 mars 2012
    Séance du jeudi 5 mai 2012
    Séance du jeudi 24 mai 2012

    Charles Melman
    D'une langue sans signifiant-maître ?

    Marcel Gauchet
    Quel impossible !?

  • Il n'est pas certain qu'aujourd'hui ce soit particulièrement l'amour qui régisse les relations entre contemporains, voire avec les contemporaines. En revanche, et peut-être à titre de conséquence, on aime l'amour, et furieusement parfois. Que faut-il attendre, sinon espérer, de cette affection ?
    Depuis Le Banquet de Platon, Lesbos, Rome et l'ante-Islam, le culte de l'amour divin, Dante et Pétrarque, les trouvères et la suite, dont Rousseau, on essayera de cerner les effets de cette puissante domination. Sans oublier que la cure psychanalytique est, en quelque sorte, une production expérimentale de l'amour authentique et que Freud avait la curieuse idée que la sortie de la névrose passait par la faculté de s'en affranchir. L'histoire du mouvement psychanalytique ne témoigne pas de sa réussite. L'amour - et son avatar : la haine, reste le plus fort. Avec quelques conséquences ?

  • À n'en pas douter Balthus (1908-2001) aura été l'un des peintres les plus singuliers du XXe siècle. Les décors étranges où évoluent ses personnages l'ont longtemps inscrit dans la mouvance surréaliste, influence pourtant qu'il rejetait. Les poses suggestives de ses modèles, jeunes filles en fleur, adolescentes à peine pubères, ont incité maints commentateurs à le considérer comme un peintre érotique. Mais là encore Balthus réfutait pareille définition réductrice de son art, lui qui se revendiquant fervent catholique, affirmait : « Le peintre doit être religieux ou n'être pas. »

    Philippe Gutton, psychanalyste spécialiste de l'adolescence, reprend la question à ses racines dans un souci de ne pas réduire à une interprétation simplificatrice une création si originale. Quelle énigme recèle cette oeuvre ? Que nous disent les figures troublantes qui la hantent ? Que révèlent celles-ci de ce temps charnière qu'est l'adolescence ? Qu'en tant qu'âge de découverte de la génitalité et de la mort, elle est paradigmatique de la créativité à laquelle tout être humain est tenu de croire s'il veut échapper à la mélancolie ; qu'elle ouvre au mystère de la femme advenante, au secret du vivant, bref qu'interrogeant la puberté féminine en tant qu'elle symbolise l'origine, Balthus, selon la meilleure esthétique, tente et réussit à rendre visible l'invisible de l'humain se faisant.

  • Toute psychothérapie, qui touche à l'âme et au corps et qui se veut novatrice, doit entraîner une autre vision de la thérapeutique.

    Cet ouvrage entend montrer qu'à partir de la relation donnée, il est possible de créer des méthodes psychothérapiques nouvelles pour prendre soin des personnes présentant une pathologie psycho- somatique à un moment crucial de leur vie. Psychothérapies qui ne s'avèrent efficaces que parce qu'elles constituent avant tout des moyens de faire des découvertes, dans le sens de la connaissance de l'autre. Disons-le clairement il ne s'agit pas ici d'appliquer une méthode, au risque de s'enfermer dans la redondance, mais plutôt de créer pour que chacun, selon ce qu'il fait, ce qu'il est, apporte librement sa contribution. Et il est important que tout cela aboutisse à un ensemble où peuvent se reconnaître l'unité et la diversité d'une seule et même situation relationnelle.

    Si, d'un bout à l'autre de ces travaux, l'affect et la pathologie psychosomatique constituent le fil conducteur de toute visée thérapeutique, il y a là comme une manière de restituer à la relation et à la conscience onirique une place qui doit lui revenir, mais que ne cesse d'occulter une adaptation s'effectuant à l'intérieur d'un contexte socioculturel marqué par le banal.

  • Quelle est la place de la psychothérapie dans la thérapeutique du cancer ?
    Ce livre aborde, d'une part, la question des limites du cancer et de la place de la psychothérapie dans sa thérapeutique, et, par ailleurs, présente des travaux de recherche sur les impacts du cancer sur différentes approches relationnelles.
    Les propos des patients sont essentiels, le cancer est une situation limite, dans laquelle l'affect, l'image du corps et l'identité sont essentiels. Sont soulevés également les problèmes des soins palliatifs et du suivi des patients.
    L'impasse est un concept issu de la clinique, qui renvoie à la clinique, pour la rendre plus efficace et plus pertinente. Le thérapeute aide à sa compréhension et à son incidence par le patient sur la pathologie.
    Conçue dans cette optique, l'action thérapeutique exige qu'aucune obstruction ne vienne empêcher le thérapeute d'accéder librement à la vie relationnelle onirique et affective, la sienne autant que celle de l'autre, ensuite, que l'affect et la représentation ne sauraient être traités séparément, parce qu'ils sont l'avers et l'envers du même phénomène.
    C'est autour de cette thématique que se situent les travaux de recherche autour du cancer en psychosomatique relationnelle.

  • En instaurant un espace de jeu, le psychodrame permet l'accès à la figuration, étape nécessaire à la représentation des conflits. La prise en compte de la dimension corporelle facilite la dramatisation des conflits et leur intériorisation. Le psychodrame est réservé à des cas difficiles qui nécessitent la présence de plusieurs analystes, ce qui permet d'alléger la massivité d'un transfert projeté sur un seul analyste et d'un contre-transfert qui peut être difficilement supportable. Il s'adresse à des enfants, des adolescents ou des adultes névrosés graves, psychotiques ou états limites.
    Ecrit par des psychanalystes membres de l'Association Psychanalytique Internationale qui ont une longue expérience de l'analyse et du psychodrame, ce livre expose les aspects fondamentaux du psychodrame : son histoire, sa spécificité, le jeu, les acteurs, le meneur de jeu, les doubles.
    Un chapitre important est consacré aux bases théoriques du psychodrame qui sont celles de la psychanalyse mais avec des particularités en ce qui concerne le transfert, la régression, la figuration, la dramatisation, le corps, le groupe, l'interprétation.

  • This book provides a 2012 reference for state-of-the-art gene transfer technology and the different aspects of its clinical translation with a focus on European-based initiatives. As examples of successful outcomes, recent clinical trials are presented together with Ethical, Safety and Regulatory issues, which are discussed. The broad range of various technologies is covered whether addressing direct in vivo gene transfer like with AAV, Adeno or non-viral vectors or ex-vivo genetically engineered cells including induced pluripotent stem cells (iPS) with integrating vectors such as retrovirus, lentivirus or transposon-derived systems. The critical path to clinical implementation is covered in the second part describing currently available tools - such as molecular imaging, ex-vivo organ cultures and high-throughput technologies used for evaluation of criteria towards a go-or-no go decision to move to the clinic; in addition, utmost salient biosafety and immunotoxicology aspects are discussed.
    This book is ideal for postgraduates, undergraduates, scientists, clinicians, regulators and patients' advocacy groups looking for states-of-the-art information as well as emerging prospects - including gene targeting and homologous recombination - in gene transfer intended for clinical translation.
    Dr Odile Cohen-Haguenauer is the Coordinator of Clingene-NoE, the European Network for the Advancement of Clinical Gene Transfer and Therapy.

  • Voici le livre qui va aider ceux, nombreux, qui rencontrent des difficultés ou des troubles liés au désir sexuel, à l'excitation, à l'éjaculation, au manque de plaisir, à des douleurs lors des rapports sexuels, à l'identité sexuelle, à l'orientation sexuelle, à une souffrance par rapport à son choix sexuel en cas d'hétérosexualité, d'homosexualité, d'asexualité, à la sexualité du couple, à des mutilations génitales, des abus sexuels...
    Quel sexologue ? Quel symptôme sexuel ? Quelle relation ?
    Une évaluation approfondie, individuelle et/ou de couple est effectuée afin de comprendre la nature de la problématique pour connaître les ressources et les acquis sur lesquels s'appuyer pour trouver des solutions. Quel est le fonctionnement, le développement sexuel, les aspects relationnels ? Quels traitements ? La sexualité n'étant pas seulement innée. Il est donc toujours possible d'apprendre et s'informer à tout âge.
    Cet ouvrage met à la disposition des lecteurs divers outils thérapeutiques en fonction de la problématique rencontrée. Les différentes approches utilisées sont comportementales, médicamenteuses, corporelles, le travail sur l'imaginaire, la psychomotricité, le travail relationnel et de couple, l'hypnose médicale, l'art-thérapie relationnelle.

  • Avec près d'un Français sur cinq et une personne âgée sur trois qui en souffrent, l'insomnie est le trouble du sommeil le plus fréquemment rencontré. Dans 9% des cas il s'agit d'une insomnie sévère. Ce trouble du sommeil est pourtant loin d'être compris. Véritable souffrance humaine, cette pathologie n'est ni la mieux analysée, ni la mieux formalisée.

    Cet ouvrage se propose d'étudier l'insomnie en adoptant un point de vue original : celui d'un soignant, un clinicien qui cherche à comprendre et à atténuer la souffrance, autant que peut se faire. Jean-Pierre Fresco tend à démontrer les liens étroits et complexes qui unissent ces trois grands domaines physiologiques, physiopathologiques et cliniques que sont le stress, les traumatismes et les insomnies. Grâce à une approche interdisciplinaire, l'étude s'ouvre sur d'importantes questions neurobiologiques et thérapeutiques, mais également plus largement sur une réflexion philosophique et sociétale.

  • Ce qui est malade ce n'est pas le corps, ce n'est pas l'esprit, c'est la personne. Un être humain n'est pas non plus divisé selon l'âme et le corps. L'âme et le corps ne sont pas deux réalités , ce sont deux concepts que nous vous inventons pour rendre compréhensible l'unité. On est toujours obligé de faire des divisions, de distinguer des choses, alors que dans la réalité tout cela est uni. Et toute la théorie relationnelle est en fait une pensée de l'unité. Le corps peut donc traduire des conflits en montrant un dysfonctionnement. Le conflit ne reste pas dans les sphères psychiques mais il est traduit en terme de dysfonctionnement corporel. Il n'y a pas de fonctionnement sans situation relationnelle, ni situation relationnelle sans fonctionnement. On peut bien sûr scinder les deux et c'est comme cela que la psychanalyse a développé une théorie du fonctionnement sans relation, c'est-à-dire ramenée à des processus mentaux : comme s'il y avait des processus internes et des pulsions à l'intérieur du sujet sans relation.

  • Quelle que soit la maladie qui touche le corps réel, allant des affections légères comme le rhume saisonnier aux pathologies cancéreuses par exemple, il paraît impossible d'établir une relation directe entre les variables en question, puisque, partout, on constate que la maladie peut s'associer au rêve autant qu'à son absence, à l'affect autant qu'à la difficulté de s'exprimer.
    Comment le rêve et l'affect s'intègrent-ils dans la relation thérapeutique elle-même ? Celle-ci reste entièrement axée sur la situation conflictuelle évoluant vers l'impasse, qui implique précisément l'impossibilité de sortir de l'enfermement. C'est ici que la théorie relationnelle déploie ses richesses car il ne s'agit pas désormais de « résoudre » l'impasse mais de la « dissoudre », en découvrant au fur et à mesure d'un travail patient et continu, comment elle se constitue réellement, parfois au cours de toute une vie. Cela implique impérativement que le refoulement du rêve et de l'affect soit levé, et que la libération de l'un et de l'autre finisse par modifier tout le fonctionnement subjectif, corps et âme, amenant la modification des termes mêmes de l'impasse, et entraînant du même coup l'amélioration de la pathologie organique, qui reste constamment relationnelle.
    Le lien que le thème de cet ouvrage établit entre la pathologie organique d'une part, et le rêve et l'affect d'autre part, s'impose dans son évidence.

  • Au regard de la clinique contemporaine, tant individuelle que collective, il semble important de distinguer le sadisme et la cruauté qui sont des manifestations des pulsions agressives et destructrices, c'est-à-dire des expressions des pulsions de mort. Le sadisme et la cruauté entretiennent cependant des liens différents avec les pulsions sexuelles et d'autoconservation. Dans la première partie des Trois essais sur la théorie sexuelle, Freud remarque qu'avec le sadisme il s'agit de prendre du plaisir en infligeant de la douleur, le sadisme étant emprunt de sexualité et celui qui agresse s'identifiant à celui qu'il fait souffrir.
    Les contributeurs de cet ouvrage reprennent l'idée d'André Green retravaillée par Dominique Cupa qu'il existe une destructivité à but autoconservatif, narcissique et non pas de jouissance : la cruauté. Celle-ci est prise dans un mouvement où l'autre n'est plus investi, mais désinvesti comme sujet, où il est déshumanisé et peut être alors traité avec la dernière des barbaries.
    Le fil rouge de ce travail a donc été tissé autour de réflexions sur des figures de cruauté qui, au-delà de la sphère thérapeutique, peuvent désorganiser, malmener au plus haut point et marquer, influencer les sphères sociales, culturelles, éthologiques et artistiques.

  • Trois cent cinquante millions de porteurs chroniques dans le monde, environ un million de décès chaque année, un vaccin efficace mais décrié en France, des traitements de plus en plus performants mais inaccessibles dans les régions les plus touchées par l'endémie... Près d'un demi-siècle après la découverte du virus de l'hépatite B, les défis posés par l'infection restent considérables. L'estimation récente de l'Institut de veille sanitaire a montré que la prévalence de l'infection par le virus de l'hépatite B était voisine de celle de l'infection par le virus de l'hépatite C en France. Les populations migrantes et les couches les plus défavorisées de la société sont les plus touchées. Le développement récent de molécules antivirales puissantes possédant une barrière génétique élevée contre la résistance permet en théorie de contrôler la très grande majorité des hépatites chroniques B. Cependant, l'obligation de traiter longtemps, sans doute à vie, une infection a priori incurable pose des problèmes difficiles d'indication thérapeutique, d'observance et de résistance. Aux campagnes de vaccination massive des nouveau-nés, enfants et adolescents dans la plupart des pays d'Asie, d'Europe et d'Afrique, la France oppose un décalage qui devrait être rapidement corrigé.
    La publication d'un ouvrage de référence sur l'hépatite B, après celui sur l'hépatite C, s'imposait donc. Les meilleurs spécialistes français se sont réunis pour faire le point sur les connaissances les plus récentes, sous l'oeil bienveillant de Harvey Alter, co-découvreur du virus de l'hépatite B avec Baruch Blumberg, prix Nobel de Médecine, alors que l'European Association for the Study of the Liver (EASL) publiait ses première recommandations de pratiques cliniques sur la prise en charge de l'hépatite chronique B et que notre ministre lançait, pour les années 2009-2012, un nouveau plan de lutte contre les hépatites virales. La publication de cet ouvrage arrive, nous semble-t-il, bien à propos.

  • Cet ouvrage est indispensable pour bien comprendre les mécanismes, les interactions et les multiples effets, dans la prévention des maladies humaines, de certains des principaux oligo-éléments tels que le cuivre, le zinc, le fer et le sélénium. Ces oligo-éléments interviennent de manière directe ou indirecte sur le stress oxydatif, l'activité immunitaire ou l'apoptose. Un apport de concentrations adéquates de ces oligo-éléments aura un impact important dans la prévention des maladies du système nerveux (encéphalopathies spongiformes, maladie d'Alzheimer), des maladies inflammatoires et des cancers et influera également sur les rythmes circadiens et le vieillisement.

  • En novembre 1976, se réunissait à Paris le IXe Congrès de la Société française de carcinologie cervico-faciale sous la présidence d'Yves Cachin et le thème adopté était les Cancers de l'Oropharynx. Vingt-cinq ans plus tard, en 2001, la Société française de carcinologie cervico-faciale tenait son XXXIVe Congrès à Nantes. Durant ces vingt-cinq dernières années, malgré les progrès thérapeutiques, le pronostic des carcinomes de l'oropharynx ne s'est pas radicalement transformé et les statistiques de survie sont là pour le confirmer.
    La chirurgie bénéficie actuellement des progrès de la chirurgie réparatrice et en particulier des labeaux pédiculés et des lambeaux libres qui permettent d'obtenir des reconstructions aussi anatomiques et fonctionnelles que possible, ces lambeaux libres sont également utilisés pour réparer les séquelles de la radiothérapie et en particulier l'ostéoradionécrose. La place de la chimiothérapie apparaît actuellement mieux cernée : la chimiothérapie d'induction n'a pas fait la preuve de son efficacité dans les cancers de l'oropharynx. En revanche, les protocoles de chimioradiothérapie concomitante dans les cancers inopérables augmentent le taux de rémission complète de façon notable avec une survie indiscutablement améliorée dans ces cas difficile.

  • Cet ouvrage reproduit les vingt-neuf chroniques parues de fin 1991 à 2002, accompagnées de commentaires qui les résultent dans leur contexte et examinent si, avec le recul, elles se révèlent ou non pertinentes.C'est donc un document qui fournit un éclairage sur ces dix années au cours desquelles la séquence de l'ADN humain, pur fantasme à usage politique au début, est devenue une réalité scientifique- sans pour antant, bien sûr, répondre à toutes les questions que pose la biologie.

  • Le suicide constitue la deuxième cause de décès pour les 15-24 ans, et ce malgré une diminution des taux de suicide d'environ 15 % depuis 1985. Ainsi, actuellement, les jeunes meurent plus par suicide en France qu'en Italie ou en Grèce, aux Pays-Bas, au Portugal ou au Royaume-Uni. Quant à la morbidité suicidaire (tentative de suicide non suivie de décès), le problème persiste et s'aggrave même. Là encore, la France n'est pas en bonne position. Une enquête européenne a montré qu'entre 1989 et 1992 l'incidence a diminué en moyenne de 18 % pour les garçons et de 11 % pour les filles de 15 à 24 ans, sauf en France où elle a augmenté. Si les facteurs de risque de tentative de suicide sont maintenant mieux connus, le mode de prise en charge hospitalière et le devenir des suicidants hospitalisés restent très peu explorés. Face à ce constat, la Fondation de France a pris l'initiative, en 1997, de lancer l'enquête « Jeunes Suicidants à l'Hôpital ».
    Réalisée sous la direction de Marie Choquet, épidémiologiste, directeur de recherche à l'Inserm, et Virginie Granboulan, pédopsychiatre, praticien hospitalier au Centre hospitalier intercommunal de Créteil, l'enquête a été organisée, entre 1997 et 1999, dans neuf centres hospitaliers, auprès de 582 jeunes, hospitalisés après un tentative de suicide, et de leur famille. Elle visait à explorer les questions suivantes : Qui sont ces jeunes suicidants hospitalisés ? Quelles sont leurs caractéristiques sociales, familiales et psychologiques ? Comment vivent-ils au quotidien ? Comment sont-ils pris en charge à l'hôpital pour leur tentative de suicide? Que pensent les jeunes et leurs parents de cette prise en charge ? Que sont devenus ces jeunes un an plus tard ? Quelles différences y a-t-il selon le sexe et l'âge ? Autant de thèmes, analysés à partir de cette enquête, qui permettent de mieux connaître ces jeunes « en mal de vivre » et surtout de bousculer bien des idées reçues les concernant...

  • Actes de la 46e Journée de l'Hôpital Claude Bernard, Paris, le 14 novembre 2003.

  • Le virus de l'hépatite C a été identifié par l'équipe de Michael Houghton en 1989. 2004 marque donc le quinzième anniversaire de cette découverte majeure pour la virologie et l'hépatologie.
    De nombreux progrès ont été accomplis en 15 ans. Une proportion importante des 500 000 malades français a été identifiée. Beaucoup de ces malades ont pu être pris en charge, traités et, pour une part non négligeable, guéris. La France, grâce aux actives campagnes de dépistage menées par la Direction Générale de la Santé, est en tête pour le nombre de malades identifiés et traités. Pour optimiser la prise en charge de l'infection, un Comité Stratégique associé au Programme National Hépatites Virales vient d'être mis en place par le Ministère. Une recherche active est menée en parallèle : l'Inserm lance une action incitative et soutient des groupes de recherche établis et émergents; de nouvelles structures s'organisent à l'Agence Nationale de Recherches sur le Sida (ANRS), qui permettront de financer et d'animer la recherche clinique et fondamentale; l'Europe met en place un réseau d'excellence coordonné par l'Inserm et consacré à la résistance des virus des hépatites aux traitements antiviraux.
    Le quinzième anniversaire de l'identification du virus de l'hépatite C offrait une occasion idéale pour la publication d'un ouvrage de référence sur l'hépatite C. Ce livre fait le point des connaissances après 15 ans, alors que les traitements actuels semblent avoir atteint le maximum de ce qu'ils pouvaient offrir et que de nouvelles approches thérapeutiques voient le jour. Souhaitons que les 15 prochaines années soient celles de l'éradication définitive du virus.

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