Editions Boréal

  • Chroniques du monde qui vient Nouv.

    Il y a quelques années à peine, écrit Christian Rioux, «personne ne pouvait imaginer qu'un jour on égorgerait un enseignant en pleine rue pour avoir simplement montré une caricature à ses élèves. Personne n'aurait cru que des militants pourraient saccager les boutiques d'humbles bouchers gagnant honnêtement leur vie. Personne n'avait encore songé que, trente ans après l'abolition de l'apartheid et un demi-siècle après la lutte pour les droits civiques aux États-Unis, la guerre raciale reprendrait son cours et que l'on se déchirerait sur les privilèges de "l'homme blanc". Personne n'aurait cru possible que plus de quarante ans après Les fées ont soif, on pourrait censurer des films, des pièces de théâtre, brûler des livres.»

    C'est qu'un tout nouveau monde est en train de naître autour de nous, et que la naissance et le triomphe de ce «monde qui vient» demandent la ruine définitive de l'ancien. Imperceptible d'abord, puis de plus en plus radical et dévastateur à mesure qu'il s'étend dans toutes les sphères de la vie sociale, ce changement exige en effet le rejet des «vieilles» valeurs héritées de la culture occidentale moderne, accusée de tous les crimes par les militants d'un nouvel ordre idéologique.

    Les chroniques rassemblées dans ce livre, choisies parmi les centaines que Christian Rioux a publiées dans le journal Le Devoir entre 2006 et 2021, racontent par le menu cette guerre qui se déroule à la fois sous nos yeux, dans la société où nous vivons et jusque dans nos propres pensées. Elles retracent l'évolution d'abord anodine puis fulgurante de ce qui pouvait passer il y a quelques années encore pour de simples dérives passagères. En observant et en analysant les événements grands et petits au Québec comme en Europe, l'auteur met au jour les ruses de l'hypocrisie et de l'intolérance, les faussetés répandues par l'ignorance et la bêtise, et nous alerte ainsi sur ce qui guette toute la culture qui structure - pour combien de temps encore ? - nos existences et nos sociétés.

    Écrits d'une plume tantôt ironique, tantôt indignée, toujours franche, ces textes forment un vaste tableau de notre époque de transition, peint avec une clairvoyance rare et l'inquiétude de qui ne peut se résoudre à voir disparaître autour de lui la liberté de l'esprit, le besoin de vérité et le sens de la complexité des affaires humaines.

  • Le Deuil et la Lumière Nouv.

    Les maladies infectieuses ont depuis toujours accompagné les humains. Elles ont marqué leur histoire et parfois bouleversé leurs destinées. Et même si l'on a pu naïvement les croire vaincues, vers la fin des années soixante-dix, cette nouvelle venue que fut le sida nous a soudain rappelé que la saga continuait. Le sida est une maladie infectieuse de plus. Un chapitre de plus dans cette histoire sans fin des microbes, des virus et des hommes. Mais aussi, une maladie pas comme les autres.

    Pas comme les autres parce qu'on l'a vue éclore sous nos yeux (comme ce sera le cas en 2020 avec la COVID-19). Parce qu'elle s'est d'abord attaquée à de jeunes adultes normalement pleins d'énergie et de vie. Parce qu'elle a lugubrement marié l'amour et la mort. Parce qu'elle a provoqué, peut-être même déchaîné, une couverture médiatique alors sans précédent pour une question de santé. Parce qu'elle a causé des scandales comme celui du sang contaminé. Mais aussi parce qu'elle a suscité une mobilisation humanitaire remarquable. Et déclenché une véritable épopée scientifique et médicale.

    Ce livre raconte une histoire du sida, une histoire que j'ai vue se dérouler avec des yeux de journaliste. J'ai couvert ce sujet depuis les tout débuts, il y a près de quarante ans. L'histoire que je présente ici s'est donc écrite de deux façons. En direct, au fil des années et des reportages. Et après coup, avec tout ce que permettent la mémoire de l'auteur, la plongée dans ses carnets de reportage, et les nouvelles recherches et découvertes qu'il a faites en cours de rédaction.

    Récit de l'inoubliable aventure professionnelle que fut la couverture de cette inoubliable aventure humaine, médicale et scientifique, Le Deuil et la Lumière témoigne aussi d'une expérience personnelle. Il témoigne de tout ce que m'a appris et apporté le fait de côtoyer de si près et parfois si intensément la maladie et la mort, la souffrance et le désespoir, en même temps que la grandeur de la solidarité humaine, la sourde force de l'espoir et l'inépuisable beauté du désir de vivre.


    Yanick Villedieu

  • Entre deux feux Nouv.

    De la Conquête à l'élection du premier gouvernement de Maurice Duplessis en 1936, les hommes politiques du Québec - qu'ils aient été députés, ministres ou premiers ministres - ont utilisé la littérature. Pendant deux siècles, ils se sont présentés comme des gens de culture, souvent même comme des littérateurs. C'est un peu comme si leur capital culturel, plus ou moins important selon les cas, pouvait se transformer en capital politique. L'homme politique en poste et ce qu'il a pu publier au même moment; ce qu'il a aussi pu dire, par la suite, sur son expérience politique. Comment percevaient-ils la littérature? Comment l'utilisaient-ils? Comment les hommes politiques ont-ils pu stigmatiser l'inculture et la maladresse littéraires de l'adversaire pour mieux l'attaquer politiquement?
    Jonathan Livernois s'intéresse à la représentation de la littérature dans le champ politique québécois, à la fois comme objet de politiques gouvernementales, armes discursives, capital culturel et vecteur de fictions politiques. Il a découvert des traces de littérature dans des documents où on ne s'attendait pas à en trouver, notamment dans les monographies et rapports gouvernementaux, ce qui saura étonner le lecteur d'aujourd'hui.
    L'auteur montre qu'au début du XXe siècle l'image de l'homme de lettres/homme d'État s'est délitée tandis que les politiciens se sont professionnalisés, ce qui n'a pas empêché la littérature, ou ses grands récits, de demeurer une arme politique subrepticement redoutable.
    Des élections de 1792 au Petit catéchisme des électeurs de 1935, en passant par les identités plurielles de Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, les prétentions littéraires d'Honoré Mercier et le populisme de Camillien Houde, ce livre renouvelle la compréhension que nous avons de l'histoire intellectuelle, politique et littéraire du Québec.

  • Les Bulles Nouv.

    Sophie en a assez d'être traitée comme une enfant. Rien ne l'énerve plus que lorsque les adultes autour d'elle racontent des blagues dont le sens lui échappe. Et, un soir, son papa lui en raconte toute une, de blague. Une histoire de fées et de bulles à laquelle elle ne croit qu'à moitié et qui ne la fait pas rire du tout.
    Au fond, Sophie sait bien que les histoires inventées de son papa cachent une vérité beaucoup plus sérieuse, plus triste. Et elle n'est pas certaine de vouloir la découvrir. Troublée et inquiète, elle cherchera à démêler le vrai du faux, à comprendre de son mieux ces histoires d'adultes.
    Avec Les Bulles, Reynald Cantin saisit avec beaucoup de sensibilité la fin de l'enfance, ce moment furtif marqué par le désir contradictoire de grandir, de comprendre le monde des adultes, mais aussi de demeurer dans celui, réconfortant et un peu magique, des enfants.

  • Joséphine Marchand et Raoul Dandurand Nouv.

    Cette biographie a ceci de particulier qu'il s'agit de la biographie d'un couple. Ils sont nés la même année, en 1861, tous deux de parents férus de politique. Ils se sont admirés avant de s'aimer, beaux, cultivés, bilingues, « réseauteurs habiles », ambitieux, généreux et, au-delà de tout, compagnons de route soudés autour d'un même projet : faire avancer le Canada français dans des domaines aussi variés que les arts, la culture, la langue, l'éducation, la diplomatie, les droits des femmes et des minorités.

    Joséphine, femme de lettres, fonde en 1893 Le Coin du feu, la première revue destinée aux femmes. Elle s'engage dans les toutes premières luttes féministes et se bat pour l'éducation des femmes. Militante culturelle, elle crée « L'OEuvre des livres gratuits » pour la diffusion de la lecture et se bat pour le développement des arts et la défense de la langue française. Raoul, organisateur politique des libéraux puis sénateur, est un conseiller privilégié de plusieurs premiers ministres. Diplomate, il s'illustre à la Société des Nations pour la défense des minorités et de la paix. Défenseur de l'autonomie du Canada par rapport à l'Empire britannique, il est considéré comme le père de la diplomatie canadienne.

    En puisant abondamment dans le journal de Joséphine et dans les mémoires de Raoul, ainsi que dans la correspondance qu'ils ont échangée, Marie Lavigne et Michèle Stanton-Jean tressent l'histoire de deux vies qui défie l'image que l'on se fait souvent des couples anciens. Elles n'hésitent pas à affirmer que Joséphine a été aussi diplomate que Raoul a été féministe.

    Chez eux, l'antique notion de devoir est remplacée par celles de plaisir et d'accomplissement, plaisir de retrouver en l'autre une complicité irremplaçable, d'escalader la vie à deux, de voir ses idées et ses idéaux triompher.

  • Pas un jour sans un train Nouv.

    Entre le milieu du XIXe siècle et celui du XXe, le train a changé le monde. Il a fait reculer les horizons aussi bien des masses laborieuses que des littérateurs en mal de ciels nouveaux. Est-ce une coïncidence si cette époque fut aussi l'une des plus riches de la littérature occidentale, alors qu'écrivains et écrivaines trouvaient dans ces chemins qui marchent tant la séduction des destinations lointaines que la riche solitude propice à la réflexion et à l'écriture ?

    Dans ces récits, dont il a lu des extraits tout au long de l'été à l'émission Bien entendu à la radio de Radio-Canada, Robert Lalonde évoque la place souvent centrale qu'occupe le chemin de fer dans la vie et l'oeuvre de ses auteurs de prédilection, de Rimbaud à Gabrielle Roy, de Proust à James Baldwin, de Jack Kerouac à Simone de Beauvoir, de Peter Handke à Herman Melville. Il partage aussi avec nous ses propres souvenirs ferroviaires, nous fait monter en sa compagnie à bord des trains qu'il a pris ou qui l'ont fait rêver, l'Al Andalus, qui va de Saint-Jacques-de-Compostelle à Séville, ou encore le tortillard qui longeait le fleuve entre Québec et La Malbaie.

  • Si seulement ma blonde était avec moi [...]. J'admire sa façon de commettre les achats les plus audacieux avec une désinvolture presque eurythmique. Moi, je suis plutôt du genre à laisser l'objet prendre les devants, à me tenir disposé et réceptif devant cette force étrange qui s'en dégage, comme si la moindre babiole manufacturée en Birmanie pouvait renverser le cours de mon existence.

    Un homme en quête d'un cadeau d'anniversaire sent les allées d'une grande surface se refermer sur lui. Un autre en instance de divorce est pris au piège par le téléphone intelligent d'une inconnue qui l'ensorcelle comme le chant d'une sirène. Des parents venus à la grande ville pour aider leur fils à déménager voient dans une place de stationnement vide le signe d'un miracle. Un père de famille est convaincu que la route sans asphalte qui borde sa propriété est responsable de la tragédie qu'il vit.
    Dans un monde où Dieu est mort depuis longtemps, où l'Histoire a pris fin, où les grands récits ont cédé la place aux annonces publicitaires et aux gros titres des journaux à scandale, les personnages de Reliques profanes errent comme des brebis égarées sur le chemin du sens et de la destinée. Soumis aux innombrables tentations de la consommation et de la technologie, ils cherchent dans ce qui les entoure - objets du quotidien, espaces de vie, discours en tout genre - la possibilité d'une transcendance. Leur espoir? S'élever un tant soit peu au-dessus de leur triste réalité... au risque de sombrer, par la force des choses, dans l'idolâtrie.
    Ancré dans des univers tour à tour absurdes, oniriques et fantastiques, ce premier recueil nous offre quatorze nouvelles joueuses et déroutantes qui s'interrogent sur notre condition à l'heure où matérialité et virtualité, telle une hydre à deux têtes, dominent de plus en plus nos vies.

  • André Major a beaucoup contribué au développement de la littérature québécoise depuis le début des années 1960. Après s'être identifié à des groupes comme celui de Parti pris, revue dont il a été membre fondateur, il s'est rapproché d'écrivains qui appartiennent à des cercles différents, voire antagonistes. Passant outre aux divisions idéologiques, il a fréquenté des intellectuels de tous les milieux et de toutes les générations et collaboré à presque toutes les revues culturelles importantes de l'époque, de Liberté à Maintenant en passant par L'Action nationale et Les Écrits du Canada français. Il a aussi participé de façon étroite à la vie littéraire, non seulement par son oeuvre, mais aussi par les chroniques qu'il a publiées dans Le Petit Journal puis dans Le Devoir, par son travail de lecteur aux Éditions du Jour, par sa présence au sein du comité qui crée en 1977 l'Union des écrivains (UNEQ), par les premiers ateliers de création littéraire offerts dans les universités et plus encore par son métier de réalisateur à la radio.

    À partir de sa retraite de Radio-Canada en 1997, l'écrivain connaît un second souffle. Tout en continuant de s'adonner à la fiction, André Major s'identifie de plus en plus à la forme intimiste du carnet et en fait son genre de prédilection. C'est l'écriture discontinue des carnets qui constitue sa manière véritable, le coeur de son oeuvre. Les entretiens proposés ici permettent de saisir en quelque sorte la continuité derrière une telle discontinuité. Ils donnent à entendre l'admirable constance de la voix d'un écrivain qui témoigne de son temps tout en refusant de s'aligner sur les effets de mode, d'un merveilleux accompagnateur des auteurs et des artistes depuis la Révolution tranquille et d'un esprit remarquablement libre. Ce témoin privilégié raconte son histoire, et à travers celle-ci, c'est plus d'un demi-siècle de l'histoire politique et intellectuelle du Québec qu'on redécouvre, en même temps que les étapes de l'élaboration d'une oeuvre de premier plan.

  • Roland Viau propose un fascinant portrait d'Hochelaga avant 1600.

    À partir des connaissances acquises par l'archéologie, l'ethnohistoire et l'ethnologie sur les sociétés amérindiennes, et en exploitant les documents historiques disponibles, l'auteur replace d'abord Hochelaga au centre d'un vaste réseau fluvial s'étirant du lac Ontario au golfe du Saint-Laurent. Il dresse ensuite l'inventaire des ressources des Hochelaguiens, recrée minutieusement leur mode de vie, l'univers symbolique de la chasse, de l'agriculture. Il aborde la division sexuelle du travail, les règles de classification du végétal, l'ancienneté et la diversité du maïs. Il s'intéresse à la guerre, avançant l'idée d'un lien particulier avec les pratiques funéraires. Enfin, il fait revivre l'imaginaire au sens d'une cosmovision: nature de la guerre, condition d'esclave, exercice de la sexualité et de la parenté, rapports hommes-femmes.

    Les colonisateurs européens ont constaté avec étonnement que cette Laurentie iroquoienne s'est volatilisée entre 1545 et 1585. Personne, à ce jour, n'a pu apporter d'explication convaincante à ce phénomène. Guerre? Migration? Refroidissement climatique? Épidémie associée à la « mondialisation » des microbes? Viau examine rigoureusement ces hypothèses, retenant pour l'essentiel la dernière et validant la probabilité que les Iroquoiens du Saint-Laurent aient résisté à l'envahissement français et contribué à leur refoulement. Il introduit en cela un beau renversement du récit historique colonial traditionnel. Et que serait-il advenu d'éventuels survivants? Pourrait-on encore aujourd'hui trouver des traces de leurs migrations, de leur intégration au sein d'autres nations?

    Gens du fleuve, gens de l'île apporte une contribution majeure aux débats actuels sur les origines autochtones de Montréal. Ce livre, qui prend souvent les allures d'une magnifique « enquête policière », constitue la première et remarquable synthèse de l'histoire de Montréal au XVIe siècle, à la fois savante et accessible.

  • Le nom de sa ville m'est aussi familier que le mien. J'en murmure les envoûtantes syllabes quand je peine à trouver le sommeil, samarkand, samarkand, comme une vieille incantation, et je deviens la fille d'un marchand de soie, qui a fait la route à dos de mule avec son père depuis la Chine en rêvant d'atteindre la vénérable cité des déserts du nord; je suis la Mort qui se couche à côté du Grand Vizir et l'embrasse.

    Combien de villes y a-t-il au monde que nous ne verrons jamais avant de mourir? Ne sont-elles pas les plus intrigantes, les plus ensorcelantes, les seules qui nous obsèdent vraiment? Comment nous empêcher de rêver quand nous entendons les noms de Taganrog, de Cleveland, de Poznan, de Frantsevo, de Baton-Rouge? Et surtout en entendant celui de Samarcande, qui miroite comme un mirage doré flottant au-dessus de l'horizon?
    Hélène Robitaille a décidé d'écrire ces nouvelles qui ont toutes pour cadre imaginaire une de ces villes où elle n'ira pas. Taganrog, par exemple, en Russie, à la frontière de l'Ukraine. Taganrog : parce que c'est la ville où est né Anton Tchekhov. Chacune des autres nous amène dans un lieu vierge de nos pas, chacune est un petit roman, qui se donne le temps de conjurer un monde, de faire naître et mourir des personnages qui continueront obstinément à nous habiter une fois le livre refermé.
    Musiciens, acteurs, homme, femme, mari, fils ou fille, amants, amantes vivent grâce à une écriture qui sait respirer avec eux. Faut-il se désoler que nous n'ayons nous-mêmes pas arpenté ces villes, qu'elles n'existent pour nous que grâce aux sortilèges de la fiction? Faut-il se désoler que notre vie soit traversée souvent de ces sortes de regrets qui nous amènent à réfléchir à tout ce que nous n'accomplissons pas en ce bas monde, avant la mort?

  • En relisant « À propos d'Horace » dans Les Contemplations, où Hugo fustige les cuistres, les dogues, les philistins que furent ses premiers professeurs, Jean-Marc Limoges s'est rappelé la phrase meuglée par ses enseignants lorsqu'à l'école primaire il avait l'audace de demander des explications sur les règles d'accord du participe passé : « C'est plate, mais c'est comme ça ! » À Paris alors ou à Villeray hier, l'enseignement se devait d'être morne, dépourvu de joie et de plaisir, préparant à tout sauf à penser. « En relisant son cri, je me suis rappelé ma crise. Très jeune, j'avais exigé qu'on établisse qui était venu en premier : Adam et Ève ou les hommes des cavernes. » Victor et lui menaient le combat du savoir.

  • À l'instant de ma mort, je souhaite être seul. Tant mieux si je suis dans un transat, face à la mer. On imagine que von Aschenbach revoit sa vie en un instant, qu'il songe à la beauté qu'il a imparfaitement évoquée dans ses oeuvres. Moi qui ne serais au mieux qu'un honnête artisan des mots, je souhaiterais au moment de mon entrée dans le néant revoir en un éclair des gestes de femme, les tiens, Lise, et entendre des voix d'enfants. Ce serait pour moi une mort presque convenable. Mais je serais seul. Ne pas me donner en spectacle.

    Parmi les oeuvres de fiction que Gilles Archambault nous a données se glisse un courant autobiographique, auquel se rattachent des livres comme Un après-midi de septembre, où il évoque la mort de sa mère, ou Qui de nous deux?, qui est un hommage à toute une vie partagée avec une femme. Gilles Archambault s'y révèle un mémorialiste attentif, subtil, d'une franchise souvent bouleversante même s'il se tient à mille lieues de l'indiscrétion, du sentimentalisme.

    Il se fait tard appartient au même courant. C'est sa carrière d'écrivain qu'il embrasse ici du regard, rappelant ses débuts, ses modèles, ses compagnons de route. Il déploie les mêmes qualités de styliste qui marquent toute son oeuvre et qui refusent joliesse inutile et souci décoratif. La sensibilité qui s'y exprime nous rappelle toutefois à chaque page que cet écrivain n'a jamais cessé d'être également un homme, un amoureux, un père.

  • Chargé de cours en littérature, Vincent Sylvestre rêve d'un ailleurs et de nouvelles perspectives. En attendant une vie meilleure, il s'oublie dans l'alcool, la cocaïne et la violence à la sortie des bars de Sherbrooke. Un soir, pour tenter de se reprendre en mains, il décide sans conviction de se joindre aux Narcomanes Anonymes.

    Là, il rencontre non pas le salut ou la guérison, mais Robert Thompson, un homme qui vit à la lisière du crime et de la frontière américaine. L'amitié improbable qui se développera entre eux entraînera Vincent dans un monde interlope fait de chasse au gros gibier, de virées en pick-up et de danseuses nues. Un ailleurs différent de celui qu'il imaginait, mais un ailleurs qui lui permettra quand même de se regarder en face.

    Sélectionné pour le Prix des libraires 2013, Comme des sentinelles dresse le portrait sans concessions d'un homme au bord de l'abîme, hanté par son passé et ses échecs. Il dessine aussi en filigrane la trajectoire incandescente d'une famille - les Sylvestre - et d'une génération « fin de siècle » que Jean-Philippe Martel déploiera de plus belle dans Chez les Sublimés (Boréal, 2021).

    À travers la figure d'un intellectuel désabusé et sans repères, ce premier roman au ton mordant nous montre que la littérature, si elle n'a rien de salvateur, a au moins le mérite de nous offrir un peu de paix et de lucidité. Et c'est déjà beaucoup.

  • Les jumeaux Astrid et Bjørn ont été forcés de devenir adultes avant l'heure. Voilà cinq ans que leur père, Finn Nilsson, a quitté leur petit village de la Suède pour participer à une expédition dont il n'est jamais revenu.

    Mais un matin de l'an 1137, l'espoir renaît sans crier gare dans le coeur des deux adolescents. Un navire accoste au village avec à son bord l'un des membres de l'équipage de leur père. L'homme n'a plus toute sa tête, mais il est bien vivant! Se pourrait-il que Finn Nilsson ait lui aussi survécu?

    Les jumeaux s'embarquent alors dans un long et périlleux voyage qui les mènera de leur Suède natale à la Sicile, en passant par Constantinople, la Normandie, l'Islande et le Groenland. À travers leurs yeux, c'est une Europe bien différente de celle que nous connaissons aujourd'hui qui se dévoile.

    Mario Fecteau nous livre un récit enlevant, ponctué de revers cruels et de fausses pistes. Malgré les déceptions et les obstacles, Astrid et Bjørn parviendront-ils à retrouver la trace de leur père disparu?

  • Dans la tente de prospecteur dressée derrière la maison, à l'orée de la Massawippi, sous les pruches menacées par les haies de cèdres et les tondeuses à gazon, Guillaume peut déjà entendre les autos au loin. L'autoroute projetée passera à quelques kilomètres de la ferme. Couché sous la toile, pendant que les gens travaillent pour mettre du gaz dans leur char, il sait ce qu'il va faire de sa sabbatique : il racontera des histoires aux enfants. Il leur dira le nom de ses anciens élèves de Kuujjuaq, leur décrira les levers de lune sur la Koksoak.

    Koksoak! Koksoak ! On dirait le cri du corbeau. Ainsi se nomme le fleuve qui traverse Kuujjuak. C'est là que Guillaume a décroché son premier emploi de professeur. Il a enseigné aux Inuits, qui, après la quatrième année du primaire, sont obligés de choisir entre l'anglais et le français. D'abord, il a survolé un pays qu'il croyait aimer mais dont il ignorait tout. Ensuite, il a aperçu le village par le hublot, déposé comme un jouet d'enfant à travers la grisaille, le crachin et le roc. Puis il y a eu ces douze adolescents, capuchons sur la tête, qui le fixaient en silence. Ce n'est qu'après que sont venus les expéditions de chasse upriver, où le caribou se fait de plus en plus rare, et, au beau milieu de la nuit, le match de hockey le plus âprement disputé qu'il ait jamais vu.

    Guillaume comprend que, un jour pas si lointain, ses enfants reviendront en pleurs de la forêt, parce que les bulldozers seront juste derrière la tente. Il ne saura quoi leur dire. Il n'aura que le silence du Nord à leur offrir.

    Jean-François Létourneau signe ici un premier roman qui célèbre le Nord, ses paysages, les gens qui l'habitent, ainsi que cette vie que nous voudrions transmettre, intacte, dans toute sa splendeur, à celles et ceux qui viendront après nous.

  • Les fêtes nationales rythment chaque année la vie des communautés et sont souvent synonymes de congés fériés. Si ces fêtes sont profondément inscrites dans les moeurs, elles sont toutefois un phénomène relativement récent dans l'histoire. Les premières célébrations organisées par des États pour marquer leur naissance ne sont en effet apparues qu'à la fin du XIXe siècle, y compris au Canada. Pourquoi fêter sa nationalité? Pourquoi commémorer la naissance d'un pays?

    Dans cet ouvrage collectif, les différentes contributions retracent les origines et l'évolution de fêtes nationales célébrées à quatre moments de l'année : autour du 24 mai (la fête de la Reine, la fête de l'Empire et la fête de Dollard-des-Ormeaux), le 24 juin (la Saint-Jean-Baptiste, qui deviendra la fête nationale du Québec, mais que les autres communautés d'origine canadienne-française ne cesseront également de revendiquer), le 1er juillet (la « fête de la Confédération », devenue assez tardivement la « fête du Canada ») et le 15 août (l'Assomption, désormais la « fête nationale des Acadiens »).

    Les autrices et auteurs se concentrent exclusivement sur les Canadiens d'expression française et sur la variété de leur ancrage politique au pays. Ils cherchent ainsi à comprendre l'expérience festive de ces communautés dont la langue française est au coeur de la vie. Ils jettent un nouvel éclairage sur les identités nationales au Canada en examinant les interactions entre la vie citoyenne et les mises en scène ritualisées que sont les fêtes nationales.

  • Après avoir occupé divers postes dans la fonction publique, aussi bien à Québec qu'à Ottawa, David Cliche entre à l'exécutif national du Parti québécois en 1990. Il détermine d'emblée quatre dossiers majeurs qu'il faudra régler pour faire en sorte que la question autochtone ne devienne pas un obstacle à la reconnaissance du Québec comme État souverain: trouver une solution dans le dossier du projet Grande-Baleine, qui envenime le climat social et ternit l'image du Québec à l'international; rétablir l'ordre sur le territoire du Québec, la crise d'Oka et la signature d'une entente entre le juge en chef du Québec et un Mohawk masqué ayant donné une image de chaos social; faire établir par des experts internationaux le processus qui permettra au Québec de devenir un État souverain et de confirmer son intégrité territoriale; revoir le programme du PQ eu égard aux peuples autochtones dans la perspective de la souveraineté du Québec.

    Il consacre dès lors toute son énergie à ces quatre dossiers, lui qui sera adjoint parlementaire du premier ministre Jacques Parizeau en ce qui concerne les questions autochtones, de septembre 1994 jusqu'au référendum du 30 octobre 1995.

    Au passage, il raconte de savoureuses anecdotes qui font ressortir la complexité des enjeux humains qui sous-tendent ces grandes questions. Par exemple, cette scène ineffable où, à l'occasion de la mise en place d'une entente concernant les services de police sur le territoire de Kahnawake, il voit le taxi qui l'a mené sur la réserve vandalisé par des protestataires mohawks, devant les caméras de Radio-Canada et sous les yeux éplorés du chauffeur.

    David Cliche a fait appel à ses archives et à ses souvenirs pour écrire un livre où il déploie une réflexion de fond sur ces questions qui restent toujours aussi cruciales aujourd'hui, en même temps qu'il nous livre un témoignage humain des plus émouvants.

  • Charles-Antoine aime bien sa petite vie normale. Ses parents, son amie Marisol, son modeste village de la Côte-Nord... Mais tout bascule le jour où son grand-oncle Lionel hérite d'une vieille maison de la part d'une mystérieuse parente un peu excentrique. Charles-Antoine s'envole pour la Colombie-Britannique en compagnie de Lionel pour voir la maison de ses propres yeux.

    Dans cette bâtisse qui tombe en ruines, il fait une découverte qui changera sa vie : ce qu'il croyait être un simple coffret est en fait un « Exploratus », capable de ramener à la vie - du moins pour quelques heures - les fantômes d'explorateurs disparus depuis des centaines d'années. La dernière chose à laquelle Charles-Antoine s'attendait, c'est de voir apparaître devant lui un Jacques Cartier verbomoteur qui passe son temps à dire des énormités!

    Avec cette nouvelle série pour les jeunes lecteurs, Camille Bouchard promet de nous faire rigoler tout en nous faisant découvrir, à chaque tome, un explorateur qui a contribué à façonner le monde dans lequel nous vivons. Grâce à une bonne dose de magie, l'auteur parvient à accomplir un tour de force : parler d'histoire sans jamais quitter notre époque.

    À partir de 9 ans.

  • Cet ouvrage s'inscrit dans la même démarche d'analyse que les deux précédents livres de Gérard Bouchard (Les Deux Chanoines et Raison et Contradiction, parus en 2003). Il prolonge aussi ses travaux sur l'étude comparée de la formation des identités et cultures nationales dans les collectivités neuves. Dans chaque cas, l'auteur a voulu explorer la formation et les transformations d'imaginaires collectifs confrontés à des contradictions en se demandant comment et dans quelle mesure la raison (ou le discours) parvenait à les surmonter ou à les articuler en faisant appel à des mythes plus ou moins efficaces. Gérard Bouchard centre cette fois l'analyse sur un groupe de penseurs canadiens-français très influents, de la période 1840-1960. L'aire d'observation est donc circonscrite par deux événements tenus pour fondateurs dans l'histoire du Québec, soit l'échec des Rébellions et la Révolution tranquille. Dans les deux cas, le champ culturel canadien-français s'est trouvé profondément bouleversé : le premier événement mettait fin à un mouvement d'émancipation collective porteur des plus grands espoirs; le second, suivant des voies différentes, allait donner naissance à un mouvement de même nature. Gérard Bouchard a voulu étudier des intellectuels qui, chacun à sa façon, ont voulu penser ou repenser la nation (ou la société - ils disaient aussi le peuple, la patrie, la nationalité) canadienne-française en formulant des propositions globales de réaménagement ou de relèvement collectif. C'est ainsi qu'il a analysé la pensée d'Arthur Buies, d'Edmond de Nevers, d'Édouard Montpetit et de Jean-Charles Harvey. Dans un dernier chapitre, il revient sur la pensée du chanoine Lionel Groulx afin de prolonger les conclusions de l'ouvrage qu'il lui a déjà consacré et pour commenter les critiques que celui-ci a suscitées.

  • Depuis des années, Isabelle Daunais poursuit une réflexion tout à fait unique sur le roman, art majeur des Temps modernes. Lire et méditer comme elle le fait ici les grandes oeuvres de l'histoire du roman (Cervantès, Balzac, Flaubert, Proust, Kundera, Philip Roth, Gabrielle Roy) aussi bien que certaines de ses réalisations les plus actuelles (Marie NDiaye, Karl Ove Knausgaard, Hallgrímur Helgason, Yannis Kiourtsakis ou Dominique Fortier) n'est pas un exercice d'érudition, mais une véritable quête philosophique et morale, l'examen - à travers des personnages et des univers fictifs - de certaines des questions les plus concrètes et les plus pressantes que nous nous posons du seul fait de vivre la vie que nous vivons, faite d'incertitude, d'imperfection, de temps qui passe, bref, de simple et commune humanité.

    Avec la sensibilité, l'intelligence, la culture et l'imagination critique qui illuminent sa pensée comme sa prose, Isabelle Daunais explore dans la vingtaine de textes qui composent La Vie au long cours une dimension essentielle de l'art romanesque qui passe trop souvent inaperçue : de toutes les formes d'art, le roman est le seul qui a le pouvoir (et le souci) de saisir la vie humaine et le monde dans leur durée. Plus qu'aux moments mémorables ou spectaculaires qui ponctuent la vie et parfois la transforment, c'est à la continuité du monde et de la réalité qu'il s'intéresse, à tout ce que les actions, les désirs ou les révoltes de l'individu n'atteignent pas et qui, à long terme et quoi qu'il arrive, demeure le fond permanent de l'existence humaine, sa base, son appui. La vie, nous dit le roman, est une entreprise au long cours, dans laquelle le réel finit toujours par triompher du rêve, les petites choses des grands mots, et l'ordinaire de l'exceptionnel. Toujours le monde résiste, et c'est cette résistance qui en fait un lieu à la fois d'humilité, de consolation et de beauté.

  • L'histoire se passe dans les temps anciens, dans une vallée isolée au fond d'un fjord. Tous les villageois se battent à coups de fourche contre les derniers dragons qui attaquent le bétail et brûlent les récoltes. Le jeune Boliwif a trouvé par hasard, dans la montagne, un bébé dragon abandonné qu'il ne peut se résoudre à tuer. Il s'en occupe en cachette, comme d'un animal familier, à l'insu de sa famille et des gens du village. Une véritable amitié se développe entre le garçon et l'animal monstrueux qu'il protège... jusqu'au jour où la caverne où il se cache est découverte. Qu'adviendra-t-il du jeune dragon?

  • Comment expliquer qu'une civilisation qui connaît la mécanique quantique, qui a mis les pieds sur la Lune et qui a les moyens de bouleverser, à elle seule, le climat de la planète n'ait pu faire mieux, pour contrer un nouveau virus, que d'enfermer sa population à double tour pendant des mois, mesure digne du Moyen Âge, créant au passage la plus grande contraction économique de son histoire ? Bien sûr, le virus SRAS-CoV-2, responsable de la COVID-19, dont le taux de mortalité est nettement supérieur à celui de la grippe, représente partout sur la planète une très sérieuse menace à la santé. Toutefois, ce n'est ni la première ni la pire des pandémies que l'humanité ait eu à affronter au cours de son histoire récente.

    Normand Mousseau commence par clarifier l'état du savoir scientifique au sujet de ce virus et de son mode de transmission. Surtout, il propose ensuite une réflexion critique sur les enjeux profonds que cette crise sanitaire a révélés dans notre manière de faire face à l'imprévu. On y voit des experts scientifiques enfermés dans leur spécialité et plus prompts à construire des modèles théoriques qu'à mener des études sur le terrain. Des journalistes qui relaient cette information sans prendre le temps de la critiquer ou de la remettre en contexte. Un appareil d'État lourdement centralisé et laissé exsangue à la suite des réformes des dernières années dans le domaine de la santé. Et des politiciens en mal d'approbation qui profitent de toutes les tribunes pour projeter une image paternaliste, infantilisant le public et justifiant au nom de l'état d'urgence des mesures qui vont à l'encontre de nos traditions démocratiques.

    La pandémie occasionnée par la COVID-19 génère une très lourde facture, économique et humaine, qui retombe surtout sur les épaules des jeunes, des femmes et des plus démunis. Oui, il y avait moyen de faire autrement sans sombrer dans l'insouciance ou les théories du complot, nous dit Normand Mousseau. Et nous pouvons nous donner les outils nécessaires pour mieux traverser cette crise et celles que l'avenir ne manquera pas de nous apporter. Nous y arriverons à condition de ne pas nous laisser aveugler par la peur, et en choisissant collectivement une réponse rationnelle, humaine et généreuse pour tous nos concitoyens.

  • À l'aube des années 1980, avec la complicité de son compagnon, Pierre Villeneuve, et de l'architecte Luc Laporte, Colette Brossoit ouvrait L'Express. Ce restaurant, conçu sur le modèle de la brasserie parisienne, allait tout de suite devenir un des phares de la restauration montréalaise.

    Pendant qu'elle voyait le tout Montréal défiler à sa table, Colette Brossoit entretenait une passion secrète, l'écriture. Férue de théâtre et de littérature, elle notait ses impressions sur les pièces et les films qu'elle voyait, sur les livres qu'elle lisait. Elle donnait libre cours à son enthousiasme pour ses auteurs de prédilection : Tchékhov, Anouilh, Lalonde. Elle se remémorait également, elle qui avait une formation d'actrice, ses débuts au théâtre, sa rencontre avec le clan Villeneuve, avec Hélène Loiselle, qui allait se traduire en de profondes amitiés. Elle y parlait aussi de sa famille de L'Express, avec qui elle a partagé tant d'heures difficiles ou exaltantes. Surtout, elle y revivait son enfance, ses rêves, ses chagrins, son destin de femme, d'amoureuse, d'artiste convertie en femme d'affaires.

    Quand elle nous a quittés en 2017, Colette Brossoit a laissé derrière elle des textes qui ont été recueillis et qui sont présentés ici par son amie Nadine Marchand. On y découvre, une voix unique, à la fois tendre, blessée, déterminée, mordante, la voix d'une femme pour qui l'écriture était la compagne irremplaçable, une femme dont le seul combat a été de vivre pleinement.

  • Dans ses dernières volontés, le roi Henry, père d'Andrew, a désigné trois hommes pour administrer l'Angleterre en attendant que son fils atteigne l'âge adulte. Au baron Charles, père de Gaylord, il a confié la couronne, symbole du pouvoir. Le duc Philip, un homme brutal, a été nommé régent. Lorsque, malgré ses talents de cavalier, le prince héritier fait une terrible chute de cheval, le duc Philip en profite pour mettre le royaume à feu et à sang. Son objectif : récupérer la couronne et prendre la place du prince. Mais Gaylord a réussi à fuir en emportant la couronne. Saura-t-il trouver les appuis nécessaires pour la protéger et la remettre à l'héritier légitime? Le prince Andrew survivra-t-il à ses blessures ? Le troisième homme, le comte William, sera-t-il l'allié ou l'ennemi de Gaylord ?

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