Editions Léo Scheer

  • La viveuse Nouv.

    La viveuse

    Aymeric Patricot

    « Tu ne peux pas me faire ça, ma fille. Tu ne peux pas te donner à des hommes sous prétexte de faire le bien. Tu ne peux pas leur donner du plaisir de cette façon-là. Ce ne sont même pas des hommes mais des êtres diminués, des moitiés d'hommes. Il leur manque un bras, une jambe, parfois la moitié du corps, parfois la moitié du cerveau. Ce sont moins que des hommes, et toi, tu es moins qu'une pute. »

    Anaëlle tombe sous le charme d'un jeune invalide et débute une formation d'assistante sexuelle pour handicapés. Mais le jour où son père est atteint d'un cancer, elle décide de l'aider financièrement et, pour cela, de donner plus d'importance à son activité. Comment éviter de perdre ses proches s'ils apprennent ce qu'elle fait ?

    Prostitution, bienveillance, plaisir... Quel sens donner à une pratique que la société elle-même peine à définir ?

    Cherchant l'amour, Anaëlle ne pensait pas devoir affronter les contradictions de l'époque.

    Aymeric Patricot est écrivain et essayiste. La Viveuse est son dixième livre.

  • Sales chiens Nouv.

    Sales chiens

    Hanak Jb

    « Notre vie était impossible à croire, il me fallait rassembler des preuves. À chaque disque, chaque concert, je n'ai cessé d'écrire, comme autant de pièces à conviction. À la mort de mon frère, Fred, j'ai rencontré le néant. Rien. Après une année de stérilité artistique, je me suis replongé dans cet amas de textes, et j'en ai tiré ce témoignage : le road-trip d'une tournée, l'aventure infernale de notre duo au sein d'une scène underground magnifique et infecte à la fois. Tous les jours, 23 heures de souffrances motivées par le shoot d'une heure sur scène.
    Les sales chiens, c'est nous, artistes enragés, mais c'est aussi une métaphore de l'amour inconditionnel qui nous lie toujours, Fred et moi, au-delà de sa disparition. »

    Jb Hanak est musicien, auteur et plasticien. Avec Frédéric Hanak, ils ont créé le groupe dDamage : baptisés par la presse musicale, les « Moutons noirs de la French touch », ils ont été reconnus et salués pour leur parcours artistique sans concession.
    Sales Chiens est son premier roman.

  • L'echappee

    Angie David

    Quatre amies, qui se connaissent depuis le lycée, à Nouméa, s'offrent pour leurs 40 ans un week-end dans un village perdu de la Drôme. Corvolle appartient à Philippe, écrivain raté, qui a troqué ses ambitions contre une idéologie collapsiste.
    Les héroïnes, empreintes de progressisme, prêtes à adhérer aux grandes convictions actuelles, sont des clientes idéales pour un tel projet, excepté la narratrice qui, enceinte d'un premier enfant, se montre critique envers les « clichés » de l'époque, pleine de contradictions et de paradoxes.
     
    Se jouent, d'un côté, les liens quasi familiaux entre ces femmes, et de l'autre, les dissensions politiques qui existent quand on aborde les questions liées à la culture « woke ». Mais de conversations en disputes, n'est-ce pas l'amour qui les unit qui se révélera plus fort ?
     
    Angie David est écrivaine et éditrice. On lui doit, notamment, Dominique Aury (Goncourt de la biographie, 2006) et Sylvia Bataille (2013), parus chez Léo Scheer.

  • La narratrice de ce roman a décidé, un jour, de couper les ponts avec le monde qui l'entoure, de renoncer à sa carrière d'écrivain, de quitter Paris pour se réfugier dans sa maison, perdue dans la campagne, au milieu du pays d'Auge.
    Cela fait maintenant cinq ans qu'elle vit là, recluse, parfaitement solitaire, en dehors de son chien, Paul, qui l'accompagne partout. Depuis, elle n'a plus écrit une ligne.
    À l'origine de ce changement de vie, il y a un traumatisme, si violent qu'elle en a perdu la mémoire. Des bribes de souvenirs vont pourtant refaire surface. Cette femme rendue à elle-même découvre alors qu'elle a été la victime d'un harceleur qui ne lui a laissé aucun répit, au point qu'elle a failli en perdre la vie.
    Aujourd'hui, ce personnage monstrueux l'a retrouvée. Cette fois, elle n'a plus le choix : ce sera lui ou elle.

    Nathalie Rheims vit toujours à Paris. Danger en rive est son vingt-deuxième roman.

  • Hubert Blanc-Francard est tombé dans la musique quand il était petit. À l'adolescence, grâce au home studio installé dans sa chambre par son père, il manipule boîtes à rythmes et synthétiseurs. Les années 80 se terminent quand il entre comme DA chez Polydor et participe à l'émergence du rap français, en coproduisant le premier album de MC Solaar.
     
    Quelques années plus tard, c'est la découverte, avec Philippe Zdar, de la musique électronique : sous le pseudonyme de BoomBass, il crée, avec son alter ego, le duo Cassius qui devient, à côté des Daft Punk, l'un des fers de lance de la French touch, qui rayonne dans le monde entier.
     
    Illustré par mille anecdotes et une playlist retraçant trente ans de musique pop, mettant en scène les artistes les plus mythiques, de Serge Gainsbourg à Pharell Williams, BoomBass est le récit de l'intérieur de cette histoire légendaire qui continue de marquer les générations.

    Hubert Blanc-Francard est musicien. Il est le cofondateur du groupe Cassius. BoomBass. Une histoire de la French touch est son premier livre.

  • C'est un récit de l'intérieur sur le soir et les jours qui ont suivi le 13 novembre 2015, une déambulation nocturne entre le bar Le Carillon et le journal Libération.
    C'est une errance dans Paris, une tétanie aussi. La confrontation entre un corps urbain, qui représente la liberté, l'amour et le sexe, devenu inquiétant et dangereux, et celui de la campagne qui, au-delà de l'ennui et de la routine, se révèle, après coup, rassurant.
    C'est comment tu continues de vivre, de manger, d'aller à la plage regarder la mer, alors que l'histoire s'écroule, et que tu as conscience que commence un cycle infini d'états d'urgence et de restrictions.

    Quentin Girard est né en 1986. Il est journaliste à Libération.

  • Vrai faux manuel d'écriture littéraire, cet ouvrage parle de ce qui se publie aujourd'hui en français, et pas seulement. Son propos est organisé selon la fiction d'un « how-to ». Comment éviter les phrases de rien. Comment lire. Comment dialoguer. Comment payer ses dettes. Comment être publié - ou pas...
    Ces pages sont animées d'une même expérience d'écrivain, de lecteur, de chercheur. Beaucoup d'oeuvres admirables sont citées ; et aussi quelques textes plus lamentables. Eh ! il faut bien faire des différences. Pourtant, loin du jeu de massacre, ce guide d'écriture est une contribution singulière à l'oeuvre future de la littérature.
    Laurent Dubreuil est professeur de littérature comparée aux États-Unis. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont, Portraits de l'Amérique en jeune morte (Léo Scheer, 2019).

  • Depuis que Jojo s'est fait larguer, il n'a qu'une peur : finir sa vie seul. Tel un Don Juan bobo impossible à satisfaire, il multiplie les rencontres pour conjurer le sort, et se lance dans une série de dates boiteuses, lamentables, grotesques, qui sont l'occasion de déboulonner les règles du jeu de la séduction dans le monde post-Tinder.
    Avec sa veine caustique, tendre et idéaliste, Tue-l'amour est une réflexion sur l'amour et les conditions de son éclosion. La quête de Jojo est un apprentissage, qui le conduit à tuer une certaine idée du couple, pour lui permettre de s'épanouir. Ceci étant plus facile à dire qu'à faire...
    Louis Daboussy est né à Paris. Tue-l'amour est son premier roman.

  • Roman

    Nathalie Rheims

    Sur le bureau de Nathalie Rheims, un encrier en bronze à l'effigie de Méphistophélès. L'auteure croit pouvoir s'adresser à lui, mais on ne convoque pas le Diable aussi facilement. Pour qu'un dialogue soit possible, même imaginaire, il faut trouver un tiers, un nouveau Faust.
    Ce sera Roman, un homme qu'elle ne connaît pas, mais dont l'existence et l'oeuvre la fascinent depuis toujours. Décidée à suivre celui dont le destin s'est accompli d'abord dans ses films, avant de le rattraper dans la vie, Nathalie Rheims explore les mystères de ce que notre monde ressent comme la fin des temps.

    Roman est le vingt et unième livre de Nathalie Rheims.

  • « C'est à cause d'eux qu'on n'a pas de boulot, ou alors des boulots de merde. À cause d'eux que Diane et toi, vous avez des familles dysfonctionnelles. Moi, mon père, en 68, il avait quarante ans, et il défilait sur les Champs-Élysées pour le Général. »

    Louis, trente ans, vient de se faire virer de son agence de pub et vit en colocation. Pour ce « fils de vieux » qui a sauté sur Diên Biên Phu, les responsables de son échec sont les baby-boomers, qui refusent d'abandonner leur place dorée au sommet de la société du spectacle. Pire, en détruisant toute idée de transmission, patrimoniale, culturelle ou même génétique, ils ont laissé une génération sans repères, écartelée entre la tentation du nihilisme et la volonté de dépassement.
    Leur salut ? Renoncer au bien-être et à la sécurité, pour retrouver le goût du combat.

    Alexandre Guyomard est l'auteur de Sur la Panaméricaine, paru chez Léo Scheer en 2012. Il vit actuellement à Panama City.

  • À Villejuif, en banlieue parisienne, Antoine Taupin, cinéaste sur le déclin, est sur le point d'enterrer ses ambitions. Entre les barres d'immeubles et les terrains en friche, il traîne son spleen, tandis que s'ouvre devant lui le chantier du Grand Paris.
    C'est alors qu'à la sortie d'un Picard Surgelés, il croit reconnaître la silhouette de Bill Murray, qui s'engouffre dans une limousine avant de disparaître.
    Qu'est-ce qu'une star internationale pourrait bien faire au beau milieu du Val-de-Marne ? L'apparition du « pape de la mélancolie » incarne-t-elle, pour Antoine, un début de rédemption ?
    Mais un doute subsiste : s'agit-il vraiment de Bill Murray ?

    Alexandre Steiger est comédien, cinéaste et écrivain. Il est l'auteur de La Distance, paru chez Léo Scheer, en 2017.

  • Toute sa vie, Williams Burroughs n'a cessé d'intervenir, avec une méchanceté et une acuité remarquables, dans les grands débats de son époque. Au fil du temps, ses interventions ont fini par constituer une « mythologie », dont deux familles d'individus occupent les rôles principaux : les « Johnsons » et les « Shits ».
    Les Johnsons n'attendent qu'une chose, qu'on les laisse vaquer à leurs propres affaires. Les Shits, eux, obsédés par le droit et la raison, prétendent s'ériger en centre autour duquel toute existence doit graviter. À l'heure où les Shits se multiplient, dans la politique comme sur les réseaux sociaux, la mythologie de Burroughs et les plans qu'il a formés pour se débarrasser des emmerdeurs sont plus que jamais d'actualité. La révolution sera Johnson ou ne sera pas.

    Laurent de Sutter est professeur de théorie du droit à la Vrije Universiteit Brussel. Il est l'auteur d'une vingtaine de livres, dont, chez Léo Scheer, Théorie du trou (2011) et Métaphysique de la putain (2012).

  • Seize minutes et cinquante secondes. C'est le temps qu'il faut pour se rendre du collège de Dreux à celui d'Anet, en traversant la forêt qui sépare les deux établissements ; l'un est qualifié de REP +, l'autre non. Francesco vient d'y être nommé pour enseigner l'italien et découvre ce pays et son système éducatif. La réalité à laquelle il est confronté, parfois brutale, souvent attendrissante, tranche avec l'aura baroque et mélancolique de cette « sylve obscure » peuplée d'animaux, d'arbres et de mythes. À son contact, le récit du quotidien morne et répétitif du professeur et poète se métamorphose, entre allégories affectueuses et désabusées de l'adolescence, et peinture savoureuse de l'Éducation nationale.

  • Et si la crise des Gilets jaunes était aussi la révolte de ces « Gaulois réfractaires » dont parlait Emmanuel Macron ? L'indignation sociale et économique recouperait un besoin de reconnaissance culturelle de la part de ceux que l'on désigne comme les blancs modestes de province.
    Mobilisant le récit et l'analyse, ce livre poursuit une réflexion débutée dans Les Petits Blancs. Pourquoi ces Gaulois s'estiment-ils stigmatisés ? Pourquoi pensent-ils ne pas avoir droit au chapitre au sein des démocraties modernes ? Ne représentent-ils pas une communauté impossible, jugée coupable alors qu'on lui répète qu'elle n'existe pas, tenue pour majoritaire alors qu'elle se vit comme reléguée ? Ils participent pourtant à cette société des cultures en archipel, chère à Édouard Glissant, paradoxalement régie par une forme singulière de libéralisme : le libéralisme identitaire.

    Agrégé de Lettres, diplômé d'HEC et de l'EHESS, Aymeric Patricot est professeur, romancier et essayiste.

  • Après son divorce, une quadragénaire s'apprête à chercher un nouveau conjoint. Elle ignore qu'elle ne vaut plus rien ou presque sur le « marché matrimonial », ainsi que les difficultés relationnelles en tout genre qui l'attendent.
    Or, loin de se résigner, l'héroïne de ce récit trouve une solution révolutionnaire : se mettre en couple avec elle-même. Elle ne se contente pas de trouver le bonheur de cette curieuse manière ; désormais, elle est persuadée qu'à l'avenir, chacun comprendra que cette recette est la seule viable pour l'humanité tout entière.

    Marcela Iacub, directrice de recherche au CNRS, est auteure de nombreux essais dont, récemment, La Fin du couple ou Scandale à la porcherie, et de romans, dont Confessions d'une mangeuse de viande ou Belle et Bête.

  • «  Tout ce que je souhaite, c'est de pouvoir aimer ce qui commence et ce qui finit, sans faire semblant, sans faire passer un effondrement pour une révélation, ni une gestation pour une agonie. »
     
    Le deuxième tome de Kaléidoscope rassemble une nouvelle série de textes de l'écrivain et philosophe Tristan Garcia. Tous sont reliés par un fil secret : la recherche d'une limite entre le monde ancien et le monde nouveau, entre la nostalgie et l'impatience, entre ce que nous gagnons et ce que nous perdons dans les changements de l'époque.
     
    Où débute, où s'arrête une frontière ? Qu'est-ce qu'un esprit réactionnaire ? Comment voir quelque chose d'original dans des images sans cesse recopiées ? Pourquoi lisons-nous des romans policiers ? Autant de questions contemporaines, parfois inattendues, auxquelles ces courts essais se proposent de répondre. La pensée de Tristan Garcia est exigeante, rétive aux fausses simplifications, mais toujours éclairante. Là où le monde nous semble défait, abîmé ou incompréhensible, elle nous guide, du moins nous apprend, ici et maintenant, à ne pas confondre les aurores et les crépuscules. »

    Extrait de: Tristan Garcia. « Kaléidoscope II, Ce qui commence et ce qui finit. » Apple Books.

  • Dans ce roman aux multiples résonances claudéliennes, Rose, mariée trop jeune, s'ennuie, et ressent le besoin de demander à Pierre, son mari, de faire une pause. Elle se donne trois mois pour retrouver cette part d'elle-même qu'elle pense avoir perdue, trois mois qui tiennent en trois pas, ceux de la samba, qu'elle a dansée, adolescente. Elle s'envole pour le Brésil, suivie par Stan, le secrétaire de son mari chargé de la surveiller au cours de ce voyage qui pourrait se révéler dangereux à plus d'un titre.
    Dès son arrivée à Rio, Rose embrasse le rythme de la ville, et les hommes qui surgissent de la nuit : un professeur sensuel, un devin puissant, un intellectuel mystérieux. Enivrée de danse et de liberté, elle oublie un temps les raisons qui l'ont conduite à s'éloigner de Pierre... mais la mémoire n'accorde-t-elle pas que des sursis ?

  • San Francisco, creuset de la révolution numérique qui a déferlé sur nos existences. Dans cette ville où triomphent les geeks avides de gloire et d'argent, Marc, viré de sa propre start-up par ses associés, rumine son échec. Ses rares moments de répit, il les trouve dans des discussions tarifées par webcam interposée avec Luz, une étudiante colombienne, qui l'entraîne dans un règlement de comptes avec une star des réseaux sociaux. Grisé, Marc cherche bientôt à se venger, en s'inspirant des attaques que mène un mystérieux groupuscule contre les géants du Web.
    Ce roman-monde décrit l'envers de la Silicon Valley, dont Palo Alto est l'épicentre, et les ravages sur son tissu social. Par extension, il raconte notre rapport ambigu à la technologie, entre plaisir coupable et souffrances, désir de briller et condition d'otage.

    Loïc Hecht est né en 1984. Journaliste indépendant, il explore les marges de notre monde et les effets de l'emprise digitale sur nos vies. Il a été le rédacteur en chef de Snatch Magazine.
    Le Syndrome de Palo Alto est son premier roman.

  • Robert Marteau (1925-2011) est l'un des derniers grands poètes français de notre époque. Son écriture est hors temps, hors modes, et s'inscrit dans une tradition renouvelée et féconde, à l'écart des sentiers battus.
    Venu de son Poitou natal à la fin de la Deuxième Guerre, Robert Marteau collabore, dès son arrivée à Paris, à la revue Esprit, et publie ses premiers recueils de poésie au Seuil, puis des récits et des journaux chez Gallimard. Un long séjour au Québec, de 1972 à 1984, en fait l'un des écrivains français les
    plus lus outre-Atlantique. Soutenu par Michel Deguy, il participe à Po&sie, puis à Recueil, tout en continuant son travail en prose qui culmine à la parution de Dans l'herbe (2006).
    Cet essai biographique entend faire connaître l'homme et donner à son oeuvre la place qui lui revient.
    Jean-Yves Casanova est écrivain et universitaire. Il a participé, en 2013, à l'organisation d'un colloque sur Robert Marteau (Robert Marteau, arpenteur en vers et en prose, Presses universitaires de Rennes, 2015).

  • L'Amérique se meurt. L'Amérique est morte. Et l'Amérique se survit, un peu vampire, un peu zombie. La jeune défunte parade en une mascarade fantomatique et indécente. Elle éructe depuis le champ de ruines qu'elle hante désormais.
    Amis, rejoignons la sordide sarabande ouverte par Donald Trump ou Mark Zuckerberg. Dansons parmi les canyons vides de l'Utah et les bidonvilles du vieux Sud. Défilons derrière les serial killers, les robots cannibales et les survivalistes. Une dernière fois, rions et pleurons du décès éternellement suspendu d'America.
    Cet essai lyrique donne à voir le grand rêve qui dépérit. Il offre aussi une collection de portraits, un registre de personnages et un ensemble de scènes qui font aujourd'hui de l'expérience américaine un grand spectacle macabre.

  • L'oeuvre maintenant reconnue, étudiée, admirée de Pierre Guyotat en dissimule une autre, secrète quoique de dimension considérable (ce volume est le premier d'une série) et d'une importance littéraire qu'on ne tardera pas à mesurer. Cette oeuvre « parallèle » tient du journal (brèves évocations de vie ; voyages, politique, arts, ethnographie), du carnet de croquis (notations de corps, projets, indications, didascalies), du carnet de travail enfin (brouillons, séquences et fragments d'où naîtront les livres).
    L'oeuvre, dans sa scandaleuse nouveauté, est ici mise à nu. Parce que c'est dans ces Carnets de bord qu'il est possible d'approcher la création au plus près, de comprendre comment cette représentation immense, brassant Histoire et histoires, s'est imposée à l'auteur lui-même ; de comprendre surtout comment s'est imposée à cette représentation une langue jusque-là « inouïe ». C'est l'intimité même de l'oeuvre qu'on est peu à peu amené à découvrir. C'est aussi la solitude nécessaire de son auteur, traversée par le doute, mais le plus souvent animée d'une détermination peu commune.
    Ce premier volume couvre les années 1962-1969 : notes de prison du printemps 1962 en Algérie ; douloureux retour de guerre, journalisme, voyages (Grèce, Sahara, Cuba) ; avant-garde, engagement politique, sexualités ; ébauches, écriture des deux premières oeuvres majeures : Tombeau pour cinq cent mille soldats et Éden, Éden, Éden ; combat pour leur publication et leur défense.

  • Ils sont sept: ce sont les Ducourneau, natifs d'un village aquitain. Le roman familial commence avec Raoul, qui va mourir, et avec lui le prolétariat gascon. Raoul, c'était le patriarche, un paysan à l'ancienne, sombre et brutal, que les mutations du monde agricole avaient transformé en ouvrier. Autour de cet astre noir gravitent sa femme et leurs cinq enfants, dont le portrait, mélange de rancoeurs et de sarcasmes, donne à voir un monde rural qui aura eu ses grandeurs et ses faiblesses - et qui lentement s'éteint, puisque « tout meurt, même la douleur».

    Après L'Ivraie (Léo Scheer, 2018), diatribe féroce et drôle contre l'Éducation nationale, Bruno Lafourcade décrit, ici, une France périphérique, oubliée, qui commence seulement à faire entendre sa voix.

  • « J'avais fini par imaginer que les reins, parce qu'ils fonctionnent sans qu'on puisse rien en savoir, sont le véritable siège de l'inconscient. J'avais opté pour les maintenir dans cette sphère de mon ignorance. Inutile de fouiller dans ces zones d'ombre, je savais très précisément où cela me conduirait. Qui étais-je pour me croire l'égale de celui qui, seul, peut sonder les reins et les coeurs ? »

    Pour écrire ce texte, Nathalie Rheims n'a pas été guidée par son imagination. Confrontée à une réalité implacable, elle raconte une année de lutte contre un mal singulier, qui, de génération en génération, frappe toutes les femmes de sa famille.
    Arrivée aux limites de ce que le corps et la conscience sont capables d'endurer, elle doit faire un choix, auquel elle n'aurait jamais cru devoir faire face, un choix sublimé par le don, mais rongé par le sentiment de culpabilité.

    Nathalie Rheims est écrivain. Elle vit à Paris. Les Reins et les Coeurs est son 20e livre.

  • L'architecte Christian Gambe accepte la commande d'une mystérieuse industrielle hollandaise : le premier cimetière aux tombes transparentes. C'est le début d'une malédiction. D'un côté, l'internement de son frère écrivain qui semble succomber à la folie ; de l'autre, la vengeance de sa femme, la cantatrice Madeleine Avemo, qui le tient responsable de l'accident de voiture ayant mis fin à sa carrière. Lorsque Christian découvre que tous ces événements sont liés, il comprend qu'on le manipule. Quelle est cette inquiétante inconnue à la Jaguar rôdant autour de son frère ? D'où vient la bague que Christian offre à Madeleine pour son anniversaire ? Pourquoi ce souvenir persistant de Blanche-Neige dans son cercueil de verre ? Et que vient faire ici la momie de Marguerite Duras ?
    Conduit sur un rythme haletant entre Paris, Amsterdam et la Côte d'Azur, Apollon dans la poussière est un polar à l'étrangeté baroque qui n'est pas sans rappeler les films de David Lynch.
    Thomas A. Ravier a récemment publié Les hautes collines (Gallimard, 2017) et Sans le baroque, la musique serait une erreur (Léo Scheer, 2018).

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